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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 21 octobre 2020 27 minAutoproduitActualité / polémiqueSécuritéEurope & internationalSantéInstitutions & élections

#RDLS123 : Samuel Paty, terrorisme, Bolivie, 18€ aux urgences

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Locuteur 1Fait
    « La jeune fille qui dit avoir été chassée de la salle de cour en réalité ne s'y trouvait pas. »
  • 3:30Locuteur 1Fait
    « Le parent d'élève qui est intervenu en réalité, était directement lié à un activiste de l'islamisme radical. »
  • 6:00Locuteur 1Fait
    « Il faut partir des buts de l'ennemi pour calculer sa réplique. »
  • 9:00Locuteur 1Fait
    « Des millions de musulmans détestent ce qui a été fait, en ont horreur, apprennent à leurs enfants le contraire. »
  • 18:00Locuteur 1Fait
    « Si vous acceptez de mettre le doigt dans la déchiqueteuse de la haine, c'est un film que vous ne rembobinez pas. »
  • 22:00Locuteur 1Fait
    « Les élections sont truquées, elles ont été manipulées, nanani, nanana. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bon c'est la 123e édition de la Revue de la Semaine. Générique tout de suite. [Musique] Bon il y à un moment qu'on n'a pas fait de revue de la semaine.

Comme vous vous en êtes rendu compte mais pour autant on n'a pas chômé, l'actualité a été extrêmement dense et m'a sollicité pour différentes vidéos qu'on a mises en ligne à chaque fois pour que ceux que ça intéresse puissent suivre. Et maintenant il faut un petit peu un retour au calme, faire un petit point qui survolent l'ensemble des choses dont on s'est préoccupées. Mais j'espère que vous avez aimé le vlog qu'on a fait à propos de notre sortie contre les bassines dans les Deux-Sèvres.

Auparavant on avait fait le vlog sur la sortie dans le Doubs. Si vous nous suivez sur la chaîne YouTube, je pense que ça vous plaît aussi de voir ces situations, comment on les traite, comment on les décrit, comment on les filme parce que c'est une équipe qui est avec moi, il y a Flore, il y a Antoine, il y a Lise qui organise les déplacements et souvent d'autres amis qui nous aident, là-bas à Besançon, dans le Doubs pardon, c'était une équipe sur place, dans les Deux-Sèvres également. Donc à chaque fois c'est un investissement militant assez important et on compose comme ça un sujet sur lequel vous allez nous voir ensuite beaucoup intervenir pendant les deux ans qui viennent devant nous.

Bon, je vous fais le bilan, évidemment le premier élément qui s'impose à l'esprit, c'est le massacre de cet enseignant là-bas dans les Yvelines. Vous savez tout sur le sujet ou plus exactement vous découvrez une fois de plus que tout ce qui est fait dans l'émotion et la précipitation est rarement très intelligent. Parce que vous voyez qu'on découvre à présent la véritable nature des problèmes qui étaient posées.

La jeune fille qui dit avoir été chassée de la salle de cour en réalité ne s'y trouvait pas. Le parent d'élève qui est intervenu en réalité, était directement lié à un activiste de l'islamisme radical etc. Je n'ai pas envie de refaire l'histoire devant vous.

Qu'est ce qui compte dans ce genre de circonstances ? De ce que nous, on a appris, c'est que il faut partir des buts de l'ennemi pour calculer sa réplique. Il faut pas partir comme ça en général de l'émotion et puis vous savez tous ceux qui ont des solutions ultimes et définitives de dernière minute, qu'ils vous assènent comme ça : "il faut lever l'anonymat sur internet".

Dans le cas qui nous occupait, il n'y avait rien d'anonyme, tout le monde était connu, bon, et ainsi de suite… Il faut se méfier de ses emportements rapides, essayer de bien discerner dans la situation ce qu'il y a lieu de faire. Et donc ne pas donner le point à ceux qui vous agressent. Alors c'est clair la stratégie des terroristes islamistes, c'est là même dans tous les pays du monde.

C'est ce qu'ils ont fait en France, ont fait en Algérie, ont fait en Tunisie, ils l'ont fait au Maroc, ils l'ont fait dans le reste du monde, et à chaque fois elles font parler. D'abord faire très peur et quand ils font très peur, ils commencent à imposer leur loi, parce que c'est eux qui commandent vos affects. Il ne faut pas se fier au grand bruit médiatique qui a lieu aussitôt parce que sur tous les plateaux quelqu'un a quelque chose à dire, on sollicite beaucoup les responsables politiques pour qu'ils s'expriment, pour qu'ils disent tout de suite quelque chose.

Ça c'est la surface de la société, mais en profondeur, les gens qui ont peur sont très nombreux et ils ont raison d'avoir peur parce que c'est humain, c'est naturel. Vous vous dites mais ça pourrait m'arriver, bon, statistiquement ça serait assez exceptionnel mais c'est normal que vous vous posiez ce genre de question. Donc, la peur c'est pas une affaire secondaire dans ce type de situation.

La question est de dominer la peur, pas de l'annuler, les êtres humains sont construits pour avoir peur devant le danger. Donc il s'agit de la dominer, moi j'ai souvent cette phrase, je dis que les courageux, c'est ceux qui dominent la peur. Les autres qui n'ont pas peur, normalement il y a un problème, ils ne sont pas vraiment courageux.

Voilà, juste ils ne connaissent pas la peur donc comme ils ne la ressentent pas, ils ne la dominent pas. Donc, premièrement vaincre la peur. Deuxièmement, éviter de se diviser.

Ça peut vous paraître banal, c'est pas facile pour un opposant politique de dire dans ces moments là, je fais l'unité nationale. Il y a deux raisons, la première c'est que vous ne savez pas ce que l'autre va dire en face. Moi quand je reprends la phrase de M.

Castex, que je dis : "il faut l'unité, je reprends votre phrase monsieur le Premier Ministre. Nous n'aurons pas peur, vous ne nous faites pas peur, dit-il aux terroristes, nous sommes la France". Je ne sais pas ce qu'il va… il peut abuser de la situation, d'ailleurs il ne s'en est pas privé.

Il m'a répondu en disant "je note votre soutien au gouvernement". Non, c'est pas ce que j'ai dit. Mais bon, à l'heure qu'il est, vous savez, c'est comme ça, toutes les roublardises, toutes les mauvaises fois sont possibles et toutes se valent.

Le tam-tam médiatique reprenant tout ce qui permet de relancer sans cesse le scandale, la peur, l'émotion, la polémique, le venin. C'est ce qui leur plaît. Et ils ont donc une attitude qui est assez profondément anti patriotique et qui facilite le travail de l'ennemi.

Pourquoi, parce que l'ennemi lui, c'est ça qu'il regarde, il fait peur et il essaye d'affoler, de diviser. Alors déjà, son premier objectif pour un terroriste islamiste est de se dire, "on va arriver à séparer les musulmans de tout le reste de la population". Donc, il y a pas besoin d'être très intelligent pour comprendre que la première tâche à faire, c'est d'empêcher cette coupure et donc de comprendre déjà un fait fondamental : des millions de musulmans détestent ce qui a été fait, en ont horreur, apprennent à leurs enfants le contraire.

C'est à dire qu'ils apprennent à respecter le maître ou la maîtresse d'école, à respecter la loi, à se comporter dignement, à refuser la violence. Donc, à quoi bon, quel est l'intérêt de rendre suspects plusieurs millions de personnes au nom d'un énergumène que tout le monde rejette ? Donc ne pas jouer ce jeu là.

Je n'aime pas ceux qui font les malins en disant "Ils combattent ceux qui refusent l'amalgame". Non, il faut refuser l'amalgame et il faut le dire et il faut le répéter. Parce que sinon, on arrive à des idioties comme celle que j'ai entendue sur une chaîne de service public qui dit "au fond, ceux qui sont musulmans, pour eux c'est juste une question de degré de passer au terrorisme".

C'est invraisemblable ! Ce n'est pas acceptable de dire ça, ce n'est pas vrai. C'est un mensonge, c'est un mensonge qui sème de la haine.

Ensuite, éviter de nous diviser dans les institutions du pays parce que ça aussi, l'ennemi regarde. Qu'est-ce que vous croyez ? Qu'un terroriste islamiste c'est un ami de la démocratie ?

Mais même quand eux ils gagnent les élections, ils ne laissent pas la démocratie. Regardez ce qu'ils ont fait dans les pays où ils sont arrivés au pouvoir. Non, ils n'attendent que ça, que la démocratie montre qu'elle est un régime déchu.

Et je dois vous dire que ce que nous avons vécu à l'Assemblée nationale, mardi, aux questions d'actualité, m'a consterné et affligé. Parce que voir des gens que je connais, qui sont, pour la plupart d'entre eux, on est pas d'accord politiquement mais ce sont des gens respectables, pour des objectifs politiques se mettre à taper, à faire claquer leurs tablettes, huer le Premier Ministre quand il parle, vraiment ça ce n'est pas à la hauteur de l'événement. Le Premier Ministre, il aurait pu aussi éviter de profiter de la circonstance pour vanter l'action de son gouvernement, pour dire, nous avons créé des postes, nous avons fait ceci, cela.

Alors les autres crient "Menteur" etc. bref, la pagaille, le spectacle du désordre, du manque de respect pour soi même et pour l'institution. Les mêmes qui vous expliquent que la situation est grave, qu'il faut défendre la République, se comportent de cette façon invraisemblable, politicienne.

L'homme dont on pleure la mort n'est même pas encore enterré. On attend même pas la fin du deuil national pour reprendre la discussion. On aurait attendu, peut-être aussi que ça aurait fait descendre la température.

Mais vous avez eu des boutes-feux qui étaient là. Et évidemment les médias se précipitent dessus, vous avez Valls qui est, un coup un élu de Barcelone, et qui vient ici nous faire la leçon de république alors qu'il est monarchiste en Espagne, et qui dit : "Mélenchon est responsable et complice du crime". Du crime, je serais complice d'un crime !

Manuel Valls, lui, il a été complice d'une situation tout à fait discutable, notamment en Tunisie quand son parti, le parti socialiste, soutenait le parti socialiste tunisien qui gouvernait avec le parti islamiste. Et je pourrais comme ça vous faire la liste pour chacun, je n'ai pas envie, ça me saoule. Je pense qu'on doit tenir notre place, l'unité du pays par dessus tout.

Et ne croyez pas que je sois un naïf, et je ne confonds pas "unité du pays" avec "union nationale". Je n'ai pas dit, "c'est fini nous ne sommes plus une opposition", je sais pas quoi, "nous n'avons plus rien à dire au gouvernement et nous soutenons le gouvernement" comme a dit Jean Castex. Non, ce n'est pas notre point de vue, mais je vous le redis solennellement les gens, si vous acceptez de mettre le doigt dans la déchiqueteuse de la haine, c'est un film que vous ne rembobinez pas, partout où on s'abandonne à ça, ça fini en guerre civile et les guerres civiles ne cessent jamais que jusqu'au dernier mort.

Vous comprenez ça ? Il ne faut pas laisser faire ça. Partout où j'ai vu que la pente était prise, j'ai vu le mal qu'ont eu les sociétés et les gens raisonnables à sortir de l'impasse de la violence.

Je dis bien les gens raisonnables, dans toutes les situations tristes et sombres de l'Histoire, il y a toujours des gens qui se regroupent pour tenir le parti de la raison. C'était vrai dans les guerres de religions en France, ça a été vrai ensuite à chacune des étapes où il a fallu combattre des dictatures, combattre des guerres de religions dans le monde. Il y a toujours des gens raisonnables, et moi je vous appelle à être ces gens là, les justes, ceux qui tiennent bon.

Alors bon, nous avons été odieusement insultés, je vous demande de ne pas entrer dans le jeu, alors après, bon, moi je subis comme d'habitude, on me prend un mot, alors au lieu de dire : "Il y a un problème avec la population tchétchène du pays", parce que, comme vous m'avez entendu l'expliquer, ils viennent d'une guerre civile terrifiante, et qu'il y a là dedans des éléments qui appartiennent à l'islamisme radicalisé qui s'y trouvent. Bon, je n'ai jamais voulu dire que tous les Tchétchènes étaient des assassins en puissance, enfin, ce n'est pas moi qui parle comme ça, et ce n'est pas parce que j'ai prononcé le mot communauté que, au lieu de continuer à combattre le terrorisme islamique, au lieu de combattre les fascistes qui y font écho, c'est moi qu'on va combattre, qu'on va accuser d'être responsable de la situation, et pour un mot, on va m'accrocher une cible de plus dans le dos. Tout ça n'est pas raisonnable, j'espère que ça finira pas trop mal, et qu'on va s'en sortir, en tous cas, pour s'en sortir, chacun doit tenir sa place, moi je tiendrai la mienne, c'est celle de l'unité du pays, et pas par romantisme ou par aveuglement, c'est parce que je ne veux pas voir la suite d'un pays qui serait à la fois sous contrôle sanitaire, sous contrôle de l'extrême droite, sous contrôle des islamistes, et sous contrôle de la meute innombrable des imbéciles qui aboient avec ceux qui font le plus de bruit.

Bon, on va donc vivre un moment un peu compliqué, j'ai de bons antécédents. À Jean Jaurès, on reprochait d'être un collabo des Allemands, à Marcel Cachin, et aux autres dirigeants communistes d'être des judéo-bolchéviques, et à chaque étape, il y en a eu pour ceux qui tenaient le flambeau de la raison. C'est notre tour, nous voilà repeints en islamo-gauchiste, moi qui ne suis ni islamiste, ni gauchiste, et à qui toutes les pierres sont destinées.

Dans l'Assemblée nationale, vous avez entendu du bruit pendant que je parlais, il y a eu quatre ou cinq exaltés qui ne respectent rien, et qui se sont laissés aller à crier : "collabo", alors bon, un ou deux, je crois, de l'extrême droite, et puis le député d’Évry, Francis Chouat qui criait : "collabo", ça lui va bien ! et le député des Français de l'étranger, M. Meyer Habib qui vocifère depuis sa place comme on le sait, ça n'a pas grande importance.

Nous on ne réglera pas nos comptes, on ne le fera pas. Laissez-les, là où ils sont, comme ils sont, et ne leur faisons pas le cadeau de faire de la surenchère derrière, voilà pour ce moment, on va le dominer par la raison, et la fermeté de notre engagement. Bon alors pendant que tout ça se passe, je vous signale quand même que le monde continue à fonctionner hein, il faudrait peut-être s'en souvenir.

Alors, l'élection au États-Unis d'Amérique s'annonce fort mal pour Trump, et comme elle s'annonce fort mal pour Trump, on ne sait pas comment il va réagir. Par contre, il y a une élection qui s'est fort bien passée pour nous, c'est l'élection qui a eu lieu en Bolivie, bon alors peut-être que… ceux qui m'écoutent, je sais que se sont des gens qui suivent, qui s'intéressent à beaucoup de choses. En Bolivie, vous vous rappelez, il y a eu une élection présidentielle qui a été gagnée par Evo Morales, et aussitôt, le proconsul nord-américain qui se trouve là, l'extrême droite bolivienne, les États-Unis d'Amérique, et évidemment ses larbins en Europe, et en particulier en France où se trouve le bataillon le plus soudé d'atlantistes aveuglés ont répété tous en cadence : "Les élections sont truquées, elles ont été manipulées", nanani, nanana Vous avez des gens qui ne savent même pas où est la Bolivie comme Eric Naulleau, qui s'était mis à crier : "Voilà les agents de Caracas… ", ça c'est pour nous, "… et Cuba qui répètent à l'unisson avec leur maître que cette élection était parfaitement légale etc." Alors ils ont commencé par dire que tout avait été truqué, et quelque temps plus tard, certains nombres d'organismes internationaux disent : "Ben non, l'élection n'est pas truquée".

Mais trop tard, entre temps, ils avaient viré par la force Evo Morales, tabassé toute sa famille, tabassé tous ses proches, fait de la chasse à l'Indien un peu partout, et une sorte de folle illuminée s'est pointée à la Présidence en tenant la Bible à pleines mains, imaginez-vous si ça avait été le Coran, ce qu'on aurait entendu dire, pour crier : "Ça y est, victoire de la démocratie, du machin, du truc et du bidule". Bref, ils sont restés au pouvoir huit mois, le temps quand même d'organiser des élections, et pendant les huit mois, évidemment, ils se sont comportés comme se comportent toujours ces gens là, c'est à dire qu'ils ont volé, pillé, assassiné des gens bien sûr, martyrisé les Indiens, menti à longueur de journée dans leurs émissions d'information en continu, ça vous avez une idée de ce que ça peut être, et ils se sont dit allez, maintenant on va voter. Alors le proconsul américain, lui, les votes c'est pas trop son truc, et il a commencé à leur dire : "Écoutez, peut-être que vous êtes en train de vous faire des idées parce que nous, on fait des enquêtes d'opinion, on n'est pas tranquille", ben en effet, ils pouvaient ne pas être tranquilles.

Donc, ils ont payé la folle dont je viens de vous parler il y a cinq minutes pour qu'elle retire sa candidature, les espagnols lui ont donné un passeport pour qu'elle puisse s'en aller plus vite, et puis un peu de menue monnaie hein, parce que quand même, tout ça, ça fait des frais, pour essayer de regrouper leurs candidats. Et malgré ça, ils se sont pris une taule totale, et ce sont donc les amis d'Evo Morales, nos amis, le Président, le Vice-président élus au premier tour, du jamais vu pour la gauche dans toute l'Amérique latine, premier tour, avec des scores à vous décoiffer, y compris dans des villes qui sont, que je connais, hein, plutôt de droite, et ben là aussi ils ont voté à fond pour les nôtres. Pourquoi ?

Ben parce que les nôtres, c'est le parti des gens honnêtes, qui ne trichent pas aux élections, qui ne volent pas, qui ne pillent pas, qui ne vendent pas les biens de l’État. Alors quand vous êtes un bolivien, même de droite, bon disons, faut pas exagérer, mettons du centre droit parce qu'à droite, ils sont tous avec les fascistes, mais bon, là bas hein, eh bien vous vous dites : "Moi je préfère des gens honnêtes, même si je ne suis pas de leur avis politique à des voyous". Et ils ont donc voté massivement pour les nôtres et puis surtout, en plus, ils sont boliviens, donc ils ont une certaine fierté, et leur fierté nationale c'est que, ils n'aiment pas que se soit les États-Unis d'Amérique qui décident qui ils doivent élire en Bolivie, c'est comme ça, il va falloir que les Nord-Américains s'y fassent.

Ils ont subi une déroute, les commentateurs en France, c'était jouissif hein, parce que bon, vous vous suivez pas ça au millimètre, mais nous oui parce que ça nous fait trop plaisir, voir tous ceux qui disent : "C'est une victoire inattendue". Tu parles, ils étaient tous persuadés que l'élection précédente, ils s'étaient persuadés, ils répétaient comme ça, comme des perroquets les éléments de langage que leur filent les agences d'influence. Il faut lire, des grands journaux français avec de puissants analystes, bien payés pour réfléchir sur l'état du monde, ils n'ont rien vu venir, ils seraient venu nous voir, on leur aurait expliqué, d'ailleurs, dans la presse nord-américaine, ils étaient plus avancés qu'en France.

En France c'est les bénis oui-oui, ils répètent ce qu'on leur dit de dire, aux États-Unis il y a quand même plus de liberté de la presse, mais la liberté, c'est la pluralité de la presse, parce que eux, ils n'arrêtent pas de faire des vocalises avec l'indépendance de la presse, si c'est pour que des gens soi-disant indépendants, qui appartiennent à des milliardaires répètent tous la même chose. C'est quoi l'intérêt pour le public qu'ils répètent tous la même chose de manière indépendante ou de manière asservie parce que de toute façon, ils font le jeu des puissants. Donc, vraiment, c'est un moment que je vous invite à savourer parce que c'est pas toujours que ça arrive, mais quand ça arrive et qu'ils restent aussi bêtes comme ça à ne plus savoir quoi dire, profitez-en !

Et j'espère que ça annonce un retournement du cycle en Amérique latine, au demeurant, il y a des élections imminentes qui vont avoir lieu au Chili pour convoquer une Assemblée nationale constituante. Alors ça, vous vous imaginez le bien que ça me fait à cause des liens qu'on a tous avec le Chili depuis Salvador Allende, son assassinat par le général Pinochet et l'ambassadeur des États-Unis de l'époque, et donc, nous voilà parti à avoir une constituante au Chili. Le peuple chilien va sûrement faire des choses tout à fait extraordinaires parce que, c'est comme le peuple bolivien, ce sont des peuples qui sont politiquement mobilisés, ils s'intéressent, ils participent, ils font des choses.

En France, il faudra bien que les gens fassent des choses aussi, ils en font, mais il faut bien reconnaître que en ce moment, on ne peut pas dire que les mobilisations sociales soient au top, mais comment voudriez-vous qu'elles le soient ? Vous avez vu les pillons qu'on prend ? Tous les jours, Covid-19, entrée, plat principal, dessert, tous les jours, l'islamisme, les musulmans ou sinon, les musulmans et l'islamisme, tous les jours !

Le Premier Ministre, le Ministre de ceci, le Ministre de cela etc., présents sur toutes les chaînes de télé, et derrière, une meute, maintenant ils se sont tous lâchés, une meute de soi-disant commentateurs, experts, qui sont tous d'extrême droite, qui prennent des positions qui leurs auraient certainement valu des manifestations il y a 15 ans ou 20 ans, et maintenant ils sont là, ils se lâchent tranquillement. On est passé d'un jour après l'autre, alors au début, c'était bazooka sur les insoumis, et comme toute la bonne société, personne n'avait rien à dire, ne serait-ce que par, je ne parle pas d'élégance hein, oublions ça, déjà un peu de courage et d'expérience politique, savoir que quand on laisse un truc pareil se faire, ça dévale la pente, et ben voilà, la pente est dévalée.

Hier vous aviez sur une vidéo éditoriale, et vous avez un personnage qui compte dans la vie médiatique de ce pays parce qu'il sert de repère à tous ses collègues qui ont pour lui de l'admiration, qui le recopient souvent, M. Christophe Barbier, il ne faut pas vous tromper, c'est quelqu'un d'important, les autres éditorialistes le copient souvent, l'imitent ou reprennent ses arguments. Et lui, et bien il explique que, oui, il est d'accord avec M.

Darmanin, les rayons casher ou halal dans les supermarchés c'est pas bien parce qu'on voit les gens qui y vont et donc, ça veut dire : "Tiens, ils sont musulmans, tiens, ils sont juifs", et pour lui, c'est un problème. C'est quoi le problème ? C'est quoi le problème ?

Il y a des musulmans, il y a des juifs, ils ont quand même bien le droit de l'être, et si ça leur convient de manger comme ça, je vois pas pourquoi nous, on va aller se mêler d'organiser aussi les rayons dans les supermarchés, on n'a pas été élu chef de rayon de supermarché, et depuis quand les éditorialistes doivent expliquer comment on range les yaourts, la viande dans les supermarchés ? Est ce que tout le monde se rend bien compte du niveau de ridicule auquel on est arrivé, et d'absurdité ? Parce que si le problème c'est de ne pas montrer du doigt les gens, alors la pire idée, c'est de leur dire d'aller dans des boutiques qui seraient spécialisées à fournir la nourriture correspondant à une religion, c'est fou tout ça, c'est d'une bêtise absolue !

Mais enfin bon, c'est pas eux le problème, c'est moi, c'est bien connu. Alors, on peut dire que vraiment, c'est un effondrement intellectuel, moral qui s'opère. J'ai lu un article super dans Télérama, je le mettrai en bas dans les liens, où l'auteur avec, avec un humour absolument extraordinaire a mis bout-à-bout tout ce que des imbéciles réunis sur un plateau ont proposé, alors là, l'une voulait envoyer des gens au bagne je ne sais où, pas en Guyane parce qu'il fait trop chaud, mais plutôt en terre Adélie où il fait moins 20° ou moins 30°, enfin n'importe quoi, n'importe quoi.

Et ça, ça occupe des heures d'audience et d'antenne, et on voit que ça n'aide pas à penser, ça empêche de penser, et c'est ça le fonctionnement pervers du mécanisme du robinet ouvert médiatique, c'est que ça empêche de penser, ça empêche de penser, c'est fait pour ça, et puis ça pousse à la haine, par exemple, à la manif samedi, je me rappelle, il y avait un gars d'une chaîne d'info en continu qui passait de l'un à l'autre en disant : "Vous trouvez normal que Mélenchon soit là ? " En attendant de trouver quelqu'un, ils ont trouvé hein, un imbécile pour dire : "Non non ! Mélenchon c'est pas supportable".

Après ils montrent ça à l'antenne : "Allez battez vous, et maintenant combat entre l'araignée géante et le criquet". C'est cette mentalité de guerre permanente qu'ils cultivent, nous encore une fois, on doit y résister, mais j'étais parti de la Bolivie pour vous dire ça : ça paie de résister. Nos amis en Bolivie ont résisté à la violence, à la surenchère de violence, ils ne l'ont pas fait, Evo Morales a préféré démissionner que de provoquer une guerre civile pour défendre sa victoire électorale et à partir de là, nous avons pu réorganiser nos forces pour repartir à l'assaut à l'élection que nous venons de gagner.

Je forme les mêmes vœux pour le Chili, je forme les mêmes vœux pour l’Équateur, et si on pouvait renverser la tendance en Amérique Latine, il y aurait beaucoup à apprendre, à condition évidemment que la gauche française, qui est quand même spécialisée dans le nombrilisme et l'art de donner des leçons aux autres, veuille bien aller se pencher une fois pour voir comment ça se passe là bas, et pourquoi nos amis arrivent à appliquer des politiques sociales, gouverner dans la paix, et quand on les chasse de force, ils reviennent par la force des urnes, et ça, c'est le triomphe d'une ligne stratégique "La révolution par les urnes". Alors je ne finis pas sans vous avoir demandé de jeter un œil sur mon intervention à l'Assemblée nationale sur les urgences payantes. Je parlais après Caroline Fiat qui a fait une superbissime intervention sur le projet de loi de finance de la Sécurité sociale qui a concentré les interrogations qu'il y avait à porter.

Véran était tout nerveux en l'écoutant, on dirait qu'il ne supporte pas, lui il est toubib, l'autre elle est aide soignante, déjà, il ne supporte pas, mais son intervention était un cadre magnifique. Alors moi, j'avais pris 5 minutes pour parler d'un seul sujet : le fait que dorénavant, quand vous allez a ux urgences, vous payerez 18 euros, des fois c'est moins, vous payerez 18 euros si, une fois que vous êtes allé aux urgences, et ben on vous dit : "Bon ben, madame, monsieur, bah, voilà une ordonnance ou bien, bon allez, prenez ces 3 cachets là", mais que vous n'êtes pas hospitalisé, si vous n'êtes pas hospitalisé, 18 euros, pouf ! En plus du reste hein !

Donc c'est une mesure anti pauvre, parce que les gens ils vont aux urgences pas pour se faire plaisir hein, c'est parce qu'ils ne sont pas capables de dire eux-même ce qu'ils ont, sinon ils seraient médecins, et puis deuxièmement, souvent parce qu'il n'y a aucun autre endroit où aller, il n'y a pas de médecin, pas de rendez-vous possible avant des jours et des jours, et puis des fois il n'y a aucune structures pour accompagner les gens. Donc, c'est un impôt sur les pauvres qui fait que les gens vont dire : "Ben j'y vais pas parce que si ils ne m'hospitalisent pas, je vais me prendre 18 euros" et 18 euros, c'est beaucoup pour beaucoup de gens, alors, ils n'iront pas, eh bien, si ce qu'ils ont est grave eh ben, ils iront à l'hôpital à la fin mais, ils iront sur une civière, en ambulance et ils devront être hospitalisés, alors que si le mal avait été soigné à temps, peut-être qu'il n'y aurait pas eu besoin que ça aille aussi loin. Alors je voulais vous alerter parce que j'aimerais bien qu'il y en ait qui prennent de initiatives pour, d'abord faire savoir que cette mesure est en place, parce que j'aime mieux vous dire que des incidents aux urgences, il va y en avoir quelques-uns quand les gens vont apprendre qu'ils doivent donner 18 euros hein, d'accord.

Vous avez mal au ventre, vous ne savez pas pourquoi, on vous dit : "Mais c'est rien". Vous vous avez très mal, "Prenez ce cachet, ça va aller mieux". Bon, vous allez prendre le cachet, ça va allez mieux, boum, 18 euros !

Parce qu'on vous a pas hospitalisé, donc vous voyez bien les gens, vous savez bien comment… Alors vous allez vous dire : "Ah, il ne faut pas que je m'écoute, j'ai mal mais je n'y vais pas, parce que on ne sait jamais, moi, les 18 euros, je ne les ai pas, je n'y vais pas". Bon ben voilà, et puis dans la nuit ça va encore plus mal et le lendemain encore plus mal, voilà, je voulais vous le dire. Bon, et bien c'est fini alors si ça vous a plu, des petits pouces bleus parce que là, en ce moment, on a besoin d'avoir le moral hein, parce qu'on prend cher, on a besoin d'avoir le moral, et bon ben vous pouvez vous abonner, ça n'arrête pas d'ailleurs de monter, les abonnements, on espère arriver à 500 milles bientôt, ça pourrait aider pour les campagnes qu'il y aurait à faire ensuite, parce que vous pourrez venir voir directement ce qui se dit, voilà.

Bon, puis il y a les liens à la fin de notre truc là. Allez, au revoir, à la semaine prochaine, promis, je reviens. – Sous-titrage : Le Crayon d'Oreille -