"On a plus les moyens d'arroser le sable comme en 2022" : Marylise Léon de la CFDT estime sur RTL qu'"il ne faut pas tout attendre de l'État" face aux prix des carburants
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:28OuverteRéponse directe
Est-ce que les transporteurs ont raison de poursuivre leur mobilisation ? Est-ce que vous les soutenez ?
- 2:33RelanceRéponse directe
Ça veut dire quoi ? Pardon, mais le gouvernement n'a pas pris la mesure du problème ?
- 3:08FerméeRéponse directe
Et en tout cas, vous ne demandez pas des aides pour tous sur les carburants ?
- 4:26OuverteRéponse directe
Bon, Marie-Élysée, c'est une grève saisonnière, c'est une habitude en fin d'année scolaire où il y a vraiment matière à s'inquiéter ?
- 5:11OuverteRéponse directe
L'attractivité, c'est le salaire, donc j'imagine ?
- 5:23RelanceRéponse partielle
Vous demandez des aides du gouvernement ciblé, vous demandez des augmentations pour les proches.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10InvitéFait
« Elle est la secrétaire générale de la CFDT, le premier syndicat du pays. »
- 1:41PrésentateurFait
« il faut pouvoir soutenir aussi ces personnes et le pouvoir d'achat des personnes qui doivent travailler. »
- 2:02PrésentateurChiffre
« on a obtenu 15% d'augmentation pour les assistantes maternelles, par exemple. »
- 2:23PrésentateurFait
« J'entends beaucoup aussi de la solution miracle, c'est de faire du télétravail, sauf qu'il y a deux tiers des salariés. »
- 3:36PrésentateurFait
« Les aides qui ont été attribuées, de façon indifférenciée, elles ont d'abord été bénéfiques au plus aisé. »
- 5:38PrésentateurChiffre
« 68 000 emplois non pourvus dans les fonctions publiques. »
- 6:07PrésentateurFait
« On doit transposer une directive européenne qui est plus ambitieuse que le droit français. »
- 8:39PrésentateurChiffre
« On est un peu plus de 645 000 adhérents et adhérentes. »
- 8:48PrésentateurFait
« On n'a pas discuté de cette cotisation depuis 1995. »
Temps de parole
- Présentateur84 %
- Invité16 %
≈ 6,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Thomas Soto, RTL Matin.
Elle est la secrétaire générale de la CFDT, le premier syndicat du pays. Marie-Lise Léon est l'invitée d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Marie-Lise Léon. Alors que les prix des carburants continuent de flamber, le gouvernement a donc annoncé 70 millions d'aides pour les transporteurs, pour les agriculteurs, pour les pêcheurs. Des aides qui, dit-il, pourraient être reconduites au mois de mai ou au mois de juin si besoin. Visiblement, ça ne leur suffit pas. Il y a déjà ce matin encore des manifestations du côté de Nantes de transporteurs routiers. Est-ce qu'ils ont raison de poursuivre leur mobilisation ? Est-ce que vous les soutenez ?
Je pense qu'il y a certains secteurs, effectivement, qui doivent être soutenus. Mais moi, j'ai envie de parler des salariés qui sont concernés par cette augmentation du prix des carburants. Je pense aux aides à domicile, aux personnes qui sont dans le social, le médico-social, qui ont besoin de leur voiture pour pouvoir aller travailler. Et qui, pour beaucoup d'entre elles, je parle des personnes, mais ce sont surtout des travailleuses, des femmes. Des infirmières libérales, notamment. Alors, il y a les infirmières libérales.
Moi, j'ai aussi envie de vous parler des salariés, des agents des fonctions publiques qui sont directement frappés par cette augmentation, qui ont, pour certaines, des indemnités kilométriques. Je pense notamment à des aides à domicile, c'est 35 centimes par kilomètre. Donc, en fait, ça ne couvre pas. Ça ne couvre même pas les frais d'essence, d'amortissement de la voiture, etc. Les frais d'entretien des véhicules. Déjà, les indemnités actuelles ne les couvrent pas. Mais avec cette augmentation du prix des carburants, c'est un véritable coût sur le reste à vivre, en fait, de ces personnes. Moi, j'entends qu'il y a des secteurs qui doivent être soutenus.
Moi, je vous dis, aujourd'hui, il y a des employeurs qui doivent jouer le jeu de la négociation et intégrer le fait qu'aujourd'hui, il y a des salariés qui perdent de l'argent par rapport à il y a quelques semaines en venant travailler. Donc, il faut pouvoir soutenir aussi ces personnes et le pouvoir d'achat des personnes qui doivent travailler. Je pense que les employeurs doivent remettre les choses sur la table et avoir des vraies négociations salariales. Il y a des secteurs d'activité où c'est le cas. Je pense que, par exemple, à une négo qui a été menée par la CFDT, on a obtenu 15% d'augmentation pour les assistantes maternelles, par exemple.
Donc, quand on se met autour de la table et qu'il y a un diagnostic posé et qu'il y a des vrais enjeux et que les uns et les autres ont envie d'arriver à un accord et d'améliorer la vie des travailleurs et des travailleuses, on y arrive. Et aujourd'hui, j'entends qu'il y a des secteurs particulièrement touchés. J'entends beaucoup aussi de la solution miracle, c'est de faire du télétravail, sauf qu'il y a deux tiers des salariés. Ce n'est pas bien ça d'encourager le télétravail ? Mais il n'y a que deux tiers des salariés, des agents qui peuvent télétravailler.
Ça veut dire quoi ? Pardon, mais le gouvernement n'a pas pris la mesure du problème ?
Si, il a pris la mesure du problème, mais je pense qu'il ne faut pas tout attendre de l'État. Aussi, il y a une responsabilisation des employeurs à avoir et plusieurs leviers d'action, de la négociation salariale, travailler sur les inégalités entre les hommes et les femmes.
Beaucoup d'entreprises sont en difficulté, même avec ces surcoûts de carburant.
Je ne dis pas qu'on va partager de l'argent qui n'existe pas. Je vous dis que lorsqu'il y a des secteurs qui peuvent le faire, il faut qu'il y ait une dynamique de négociation salariale et d'accompagnement au pouvoir d'achat beaucoup plus importante que ce qu'on a aujourd'hui.
Et en tout cas, vous ne demandez pas des aides pour tous sur les carburants ?
Non, il faut de l'aide ciblée. Oui, je pense qu'on n'a plus les moyens d'arroser le sable comme on l'a fait en 2022. On sait que les aides généralisées, ça nous arrive de temps en temps. Je pense que c'est important de se dire qu'aujourd'hui, à l'égard des finances publiques et de la façon dont on peut cibler des aides, c'est aussi de la justice sociale et de la justice fiscale. On peut faire le bilan de 2022. Les aides qui ont été attribuées, de façon indifférenciée, elles ont d'abord été bénéfiques au plus aisé. Moi, je pense qu'aujourd'hui, ce n'est pas forcément juste...
Donc l'appel que vous lancez, c'est vraiment aux entreprises ce matin ?
Un appel aux entreprises et à l'État pour qu'ils fassent véritablement des aides ciblées et qu'on puisse véritablement tenir l'état des finances publiques. Et puis, qu'on amorce une vraie transition écologique. Aujourd'hui, on en est encore à s'arracher les cheveux et de se dire là-là, on est dépendant des énergies fossiles. C'est exactement le même constat qu'on faisait en 2022. Je pense que quatre ans plus tard, on n'en a pas tiré les enseignements. Il faut que certains secteurs, notamment le secteur routier, tirent aussi les enseignements de cette dépendance et amorcent une vraie transition vers une transition écologique juste.
Autre mobilisation du jour, celle des enseignants qui protestent contre des suppressions de postes et des fermetures de classes. Bon, Marie-Élysée, c'est une grève saisonnière, c'est une habitude en fin d'année scolaire où il y a vraiment matière à s'inquiéter ?
Non, il y a matière à s'inquiéter parce qu'aujourd'hui, il y a des annonces importantes massives de fermeture de classes alors qu'on sait qu'il y a dans beaucoup d'établissements... Justifié par la démographie. Oui, mais la démographie, ok. Mais l'un des premiers... Il y a deux problèmes dans l'enseignement. C'est la question de l'attractivité des métiers, la question du nombre d'enfants par classe. Aujourd'hui, on a les moyens et on a la possibilité de dire justement la démographie baisse, on peut alléger la densité et le fait qu'il y ait... On peut assumer le fait qu'il y ait moins d'enfants par classe.
Je pense que ça serait bénéfique à la fois pour les enfants mais aussi pour les enseignants. L'attractivité, c'est le salaire, donc j'imagine ? Et l'ensemble de la communauté éducative parce qu'il n'y a pas que les enseignants, bien entendu, qui sont concernés. L'attractivité des métiers, c'est la question des salaires, Vous avez dit vous-même, on ne peut pas arroser le sable il y a deux minutes.
Vous demandez des aides du gouvernement ciblé, vous demandez des augmentations pour les proches.
Je vous parle d'être ciblé pour un objet précis. Là, vous me répondez, salaire des fonctionnaires. Aujourd'hui, il y a un véritable problème de pouvoir d'achat des fonctionnaires et des agents des fonctions publiques de façon générale. 68 000 emplois non pourvus dans les fonctions publiques. Si c'était si formidable de bosser dans les fonctions publiques, je pense qu'il y aurait beaucoup plus de candidats. Aujourd'hui, on a un problème de rémunération, un problème de reconnaissance du travail, d'impossibilité pour beaucoup d'entre eux d'avoir des vraies perspectives salariales.
Et je reviens sur un sujet qui nous tient particulièrement à cœur à la CFDT, c'est la question de l'égalité salariale entre les hommes et les femmes.
On n'y est toujours pas.
On n'y est toujours pas. On doit transposer une directive européenne qui est plus ambitieuse que le droit français. Je pense qu'il faut que l'Europe nous tire vers le haut et nous permette d'avoir plus de transparence salariale. Je suis convaincue qu'on ne résout pas les écarts, qu'on ne voit pas. Il faut plus de transparence, y compris dans les fonctions publiques. On a tendance à dire qu'il y a des grilles salariales, donc il n'y a pas d'inégalités.
Ce n'est pas aussi simple que ça dans les fonctions publiques, il y a aussi des inégalités.
Bien entendu. Parce qu'il n'y a pas forcément de transparence sur l'attribution des primes, sur l'attribution des promotions, et qu'il y a aussi des inégalités salariales entre les agents et les agentes.
Marie-Lise Léon, le populaire du centre, titre École en colère. L'Union de Reims, titre Prof, agriculteur, transporteur, mobilisation sur tous les fronts. Comment vous définissez le climat social en ce moment dans le pays ? Est-ce qu'il vous inquiète ? Est-ce que les gens sont résignés ?
Non, les gens sont inquiets. Les salariés, les agents, dans tous les secteurs d'activité, je vois énormément d'inquiétudes et d'angoisse liées au climat et au contexte géopolitique. Je vois aussi des inquiétudes face à des responsables politiques qui nous semblent abandonner un certain nombre d'enjeux prioritaires. et je pense à la transition écologique juste. Aujourd'hui, une actualité en chasse une autre. Une priorité prend le pas sur celle de la veille. Et c'est cette incapacité à se projeter qui inquiète énormément. Et en fait, aujourd'hui, on a des responsables politiques qui vont au mieux nous parler de 2027. Donc, on est vraiment sur des enjeux de très court terme, moyen terme.
Et moi, en tant que responsable syndicale, c'est d'essayer de lever le nez du guidon et de se dire comment on réfléchit un peu au-delà et comment on pense aussi le temps long.
Alors, si on se projette dans le temps long, il y a un congrès de la CFDT fin juin à Bordeaux. Est-ce que vous serez candidat ? C'est très court, là. C'est pour le mandat suivant. Attendez ma question. Est-ce que vous serez candidate à votre propre succès ?
Je suis proposée dans le cadre du bureau national sortant. Donc, je suis dans la liste des candidats qui seront au bureau national. Je souhaite continuer. Et je pense qu'on a beaucoup, beaucoup de belles choses à faire et de transformation et de l'organisation et à répondre aux défis actuels du monde du travail avec l'intelligence artificielle, par exemple.
Il paraît que vous allez augmenter les cotisations pour ne plus dépendre d'un finissement public. D'abord, est-ce que c'est vrai ? J'ai lu que c'était votre arme anti-RN, ça.
Non, c'est pas... Alors, je vais remettre les choses comme elles sont. On a un enjeu, toujours, depuis de nombreuses années à la CFDT, qui est la question de notre autonomie vis-à-vis des ressources financières de notre organisation. Donc, on est un peu plus de 645 000 adhérents et adhérentes. Donc, les cotisations sont une très large part de notre financement. Et vous allez les augmenter ou pas parce qu'on arrive au bout, là ? Alors, on arrive au bout. On n'a pas discuté de cette cotisation depuis 1995. C'était à l'époque du Minitel. Et donc, aujourd'hui, la CFDT, elle a besoin aussi de financer d'autres moyens, plus de proximité.
Et donc, on va proposer, on va avoir un débat sur cette capacité de financement. J'y suis favorable parce que je le propose et je suis plutôt cohérente avec moi-même.
Est-ce que, pour vous, le RN est dans l'arc républicain, aujourd'hui ?
La CFDT est clairement en opposition avec leur vision de société. On en a fait un enjeu aussi ces dernières années de sensibilisation du monde du travail sur leur vision d'une société qui stigmatise les étrangers, qui veut de la division dans le monde du travail. Et on a fait de notre priorité la lutte contre les idées de l'extrême droite.
Pour la CFDT,
il n'y a pas de signe égal entre l'extrême gauche et l'extrême droite. Je crois qu'on est très clair là-dessus.
Merci beaucoup à vous, Marie-Zélande, d'être venu sur RTL ce matin. Restez avec nous.