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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 4 juillet 2023 20 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesSécuritéImmigration & asile

Geoffroy Roux de Bezieux : "Nous demandons des aides très ciblées", pour les commerces brûlés ou pillés

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:47OuverteRéponse directe

    Quelle lecture faites-vous de l'embrasement qu'a connu le pays ?

  • 1:48FerméeRéponse partielle

    Y a-t-il des entreprises qui vont déposer le bilan après cette semaine ?

  • 1:59RelanceÉludée

    Et combien ?

  • 2:28FerméeRéponse directe

    Donc, vous demandez de l'aide au gouvernement ?

  • 2:38OuverteRéponse directe

    Y a-t-il un risque économique pour la France, pour son image à l'étranger ?

  • 2:50OuverteRéponse directe

    Vous voyez un risque sérieux pour la saison touristique, pour les JO dans un an ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:55Invité politiqueFait
    « Nous, ce qu'on constate d'abord, c'est une violence très très très forte, mais très organisée. »
  • 1:00Invité politiqueFait
    « Les pillages sont systématiques, mais ils sont presque organisés comme une entreprise économique. »
  • 1:38InvitéChiffre
    « Vous estimez ce matin dans le Parisien que les dégâts à plus d'un milliard d'euros. »
  • 2:05Invité politiquePromesse
    « notamment le fait qu'on puisse remettre le chômage partiel quand le magasin a brûlé. »
  • 2:12Invité politiquePromesse
    « Le moratoire sur les charges qui existaient au moment du Covid. »
  • 2:54Invité politiqueChiffre
    « D'abord, je confirme ce chiffre, de 20 à 25%, les grands outils. »
  • 4:02Invité politiqueFait
    « Oui, il y a un taux de chômage plus élevé. »
  • 4:27Invité politiqueFait
    « Le premier employeur de Seine-Saint-Denis, c'est probablement le trafic de drogue. »
  • 9:09Invité politiqueFait
    « On a signé un certain nombre d'accords, dont le dernier sur le partage de la valeur qui est repris quasiment intégralement par le Parlement. »
  • 9:34PrésentateurChiffre
    « Le nombre d'entreprises adhérentes au MEDEF est passé sous votre présidence de 123 000 à 190 000. »
  • 11:07Invité politiquePromesse
    « Je souhaite que Emmanuel Macron réussisse, parce que c'est la France qui réussisse. »
  • 14:23Invité politiqueChiffre
    « Le salaire moyen par employé en France a augmenté de 5,8%. »
  • 16:39Invité politiqueChiffre
    « moi je suis d'accord avec cet argument, on est à 7% de chômage, on n'est pas à 4%. »
  • 18:30PrésentateurFait
    « Un travailleur social disait hier sur votre antenne qu'il y avait du travail mais pas pour les gens des banlieues. »

Temps de parole

  • Invité politique63 %
  • Présentateur15 %
  • Invité15 %
  • Présentateur 26 %

5,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9-30. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le président du MEDEF dans le grand entretien. Question réaction 01-45-24-7000 et application de France Inter. Geoffroy Roux de Bézieux, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro dans deux semaines presque jour pour jour. Vous ne serez plus patron du MEDEF que vous avez présidé ces cinq dernières années. Vous en aviez été le vice-président les cinq années précédentes. On va revenir sur votre bilan et sur ce moment qui, on l'imagine, doit être tout de même un peu particulier dans un instant.

Mais d'abord, quelques questions sur l'actualité qui secoue la France depuis une semaine avec les violences qui ont suivi la mort du jeune Naël. Quelle lecture faites-vous de l'embrasement qu'a connu le pays ?

0:51
Invité politique

Difficile quand on est dans l'événement d'avoir une lecture. Nous, ce qu'on constate d'abord, c'est une violence très très très forte, mais très organisée. Les pillages sont systématiques, mais ils sont presque organisés comme une entreprise économique. Il y a des guetteurs, il y a des checkpoints.

1:11
Invité

Et il y a les réseaux sociaux.

1:12
Invité politique

Les réseaux sociaux, mais il y a aussi des magasins qui se font racketter où on dit que si vous ne payez pas, on viendra vous détruire. Enfin, c'était il y a quelques jours maintenant. Et puis, quand les magasins sont pillés, c'est tout qui est pris. On a même volé des caisses enregistreuses. Et puis derrière, on met le feu. Donc, c'est très particulier. Et évidemment, c'est un impact à la fois énorme et limité, puisqu'il est très concentré.

1:38
Invité

Alors, vous estimez ce matin dans le Parisien que les dégâts à plus d'un milliard d'euros. Au total, ce sont au moins une dizaine de centres commerciaux et plus de 200 enseignes de grandes distributions qui ont été attaquées et pillées, 250 bureaux de tabac, 300 agences bancaires, des magasins de vêtements, des restaurants. Y a-t-il des entreprises qui vont tout simplement déposer le bilan après cette semaine ?

1:56
Invité politique

Alors, il y a forcément ce risque-là. C'est pour ça que nous, on dit...

1:59
Invité

Et combien ?

1:59
Invité politique

Je ne peux pas répondre à cette question. Mais on ne demande non pas le retour du quoi qu'il en coûte, mais des aides très ciblées, notamment le fait qu'on puisse remettre le chômage partiel quand le magasin a brûlé. Forcément, on veut garder les employés. Le moratoire sur les charges qui existaient au moment du Covid. Et puis, surtout, presque plus important, le fait qu'on accélère les permis de reconstruire, qu'on n'ait pas les procédures classiques, quand on reconstruit à l'identique, que ça ne prenne pas 6 ou 8 mois d'instructions pour redémarrer tous les gens qui en ont parlé.

2:28
Invité

Donc, vous demandez de l'aide au gouvernement ?

2:29
Invité politique

Oui, mais de manière limitée, ponctuelle. Là où ça a brûlé, un McDo qui a brûlé, ou une ancienne de grande distribution soit brûlée, on peut la reconstruire très rapidement et repartir.

2:38
Invité

Y a-t-il un risque, selon vous, un risque économique pour la France, pour son image à l'étranger, pour son attractivité ? Ce matin, le Figaro évoque 20 à 25% d'annulation de séjours de touristes étrangers début juillet à Paris. Vous voyez un risque sérieux pour la saison touristique, pour les JO dans un an ?

2:54
Invité politique

D'abord, je confirme ce chiffre, de 20 à 25%, les grands outils. Il y a des pays comme les Etats-Unis qui ont déconseillé leur ressortissant de venir en France. Après, l'expérience montre que si ça s'arrête, et j'ai l'impression que c'est en train de s'arrêter, très prudent sur ce qu'on peut dire, ça passe vite. Après les Gilets jaunes, qui avaient duré plus longtemps, il y a eu deux à trois mois. Et puis, alors évidemment, ce qui tombe mal, c'est qu'on arrive en plein été. Sur les JO, je ne crois pas que ça aura un impact, ni sur la Coupe du monde de rugby. Par contre, il faut que, sur le plan sécuritaire, on prenne les précautions nécessaires.

3:28
Invité

Et sur la croissance ?

3:29
Invité politique

Non, la croissance ralentit. La France résiste mieux que les autres pays d'Europe. Elle ralentit. Mais ce n'est pas assez signifié sur le plan économique pour avoir un impact.

3:39
Présentateur

Dominique Seau faisait hier une lecture socio-économique de ces événements, rappelant que les banlieues sont des zones où il y a trois fois plus de pauvreté, beaucoup plus de familles monoparentales, des mères qui élèvent seuls leurs enfants. Les quartiers, selon vous, Geoffroy, à roues de bézieux, doivent-ils être davantage aidés ? Ou vous pensez, comme une partie de la classe politique, qu'ils le sont déjà suffisamment ?

4:00
Invité politique

Je vais prendre le problème un peu différemment. Oui, il y a un taux de chômage plus élevé. Oui, c'est plus difficile, ne serait-ce que pour votre question de transport, de trouver un job. Mais des emplois, il y en a. Tous les chefs d'entreprise, dans tous les secteurs, et ça, de cruter. Et parfois, sans diplôme. La sécurité privée, pour prendre un exemple évident, recrute. Donc, ça ne peut pas être qu'un problème économique. Et d'ailleurs, on a bien vu que c'était très organisé par des réseaux mafieux. Il y a une économie parallèle en banlieue. Il faut dire ce qu'il y a. Le premier employeur de Seine-Saint-Denis, c'est probablement le trafic de drogue.

Donc, je ne suis pas sûr qu'il faille une lecture complètement économique.

4:35
Invité

Vous êtes sûr de ce que vous dites ? Non, je vous pose la question. Non, je dis ça. Le président du département de Seine-Saint-Denis, qui en tant que premier employeur, c'est le trafic de drogue.

4:43
Invité politique

Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui travaillent de manière informelle dans l'économie souterraine. C'est ça qu'il faut dire. Donc, on ne peut pas dire que c'est seulement un problème économique. Je pense qu'il y a des sujets d'emploi. Nous, on est pré-employés. Le rôle des entreprises, c'est d'employer. Et il y a probablement des cas de discrimination. Mais moi, je vous citais un entrepreneur d'origine marocaine qui a écrit sur son poste. J'ai trouvé ça très juste. Il y a une minorité casseuse, mais il y a une majorité qui travaille. Et finalement, le plus gros dégât de cette période, c'est de donner l'image que dans les banlieues, on est des casseurs, on n'a pas envie de travailler.

Non, je pense qu'il y a très grande majorité des gens. Et d'ailleurs, elles travaillent dans nos entreprises, ils créent de la richesse, ils payent leurs impôts. Et c'est le message qu'il faut, je pense, passer pour essayer de fermer cette séquence.

5:29
Invité

En tout cas, pendant les cinq ans de votre mandat de président du MEDEF, vous avez connu plusieurs crises. Le mouvement des Gilets jaunes et les violences qui l'ont accompagné. Le long mouvement de contestation contre la réforme des retraites. Et maintenant, l'embrasement de ces derniers jours. On ne va pas mettre tous les événements sur le même plan, évidemment. Mais qu'est-ce que ces éruptions disent de la France ? Pensez-vous aussi, comme Emmanuel Macron, qu'il y a un processus de décivilisation qui soit à l'œuvre dans le pays ?

5:53
Invité politique

En tout cas, ce qu'on voit dans beaucoup de démocraties, en France comme ailleurs, c'est les pays qui ne trouvent plus de ciment commun. Le seul ciment commun qu'on trouve, enfin, un des ciments communs, il y a le sport parfois, mais il y a l'entreprise. Parce que, dans toute cette période, que ce soit pendant les Gilets jaunes, pendant le Covid, ou pendant les manifestations des retraites qui sont de nature différente, l'entreprise restait un lieu, finalement, de protection où les gens continuent à travailler. Il y a des conflits en entreprise, comme dans tout les Gilets jaunes. Oui, c'est ce que j'allais vous dire, ce n'est pas non plus le paradis.

Non, mais sûr que ce n'est pas le paradis, c'est un lieu où il y a des hommes, des femmes qui forcément ont des intérêts divergents. Mais pendant toute cette période-là, pendant toute cette période-là, on n'a pas vu la conflictualité monter. Et il y a eu du dialogue, le dialogue social, contrairement parfois à ce qu'on lit, ce qu'on entend est fort dans les entreprises. Parfois il aboutit, parfois il n'aboutit pas. Mais en tout cas, ça reste un lieu où on peut travailler, quelle que soit sa religion, son ethnie, son origine sociale, son quartier, etc.

6:52
Présentateur

Alors, venons-en à votre bilan, Geoffroy Roux de Bézieux. On connaîtra le nom de votre successeur après-demain. Ça se joue entre Dominique Carlac, actuellement vice-président du MEDEF, et Patrick Martin, aujourd'hui président délégué du MEDEF. Lors d'une de vos dernières conférences de presse, le 20 juin dernier, évoquant votre bilan, vous avez déclaré « Je pars avec le sentiment du devoir accompli. Il est difficile de faire mieux. » Fin de citation. Je dis ça, moi. En termes de modestie, il est difficile de faire mieux. Je ne savais pas avoir dit ça, mais bon, écoutez, c'était dans un moment

7:23
Invité politique

d'euphorie, on va dire.

7:24
Présentateur

Oui.

7:25
Invité politique

Vous êtes content de vous. Vous êtes content de vous. Non, disons d'abord que vous l'avez dit, avec toutes les crises qu'il y a eu, c'est difficile, j'allais dire, d'avoir un fil rouge parce qu'à chaque fois qu'on essaie de monter un centre de choses, évidemment, la crise arrive. Moi, ce que je mets à mon actif, très immodestement, c'est l'image de l'entreprise qui s'est considérables améliorée. Alors, évidemment, je ne suis pas le seul. L'image du MEDEF, très clairement. Le fait qu'on a créé quand même au total durant ce mandat plus d'un million et demi d'emplois, évidemment, là aussi, c'est lié à la bousbaisse d'impôts, c'est lié à un certain de facteurs. C'est ça.

7:59
Invité

Vous reconnaissez vous-même avoir été aidé depuis six ans par un gouvernement qui a été clairement pro-business. Vous le dites vous-même.

8:09
Invité politique

Et donc, le pays. Parce que quand il y a un million et demi de personnes qui travaillent, c'est bon pour tout le monde. Et ces fameuses baisses d'impôts que certains reprochent, en fait, ce qui est intéressant, c'est que maintenant, elles rapportent plus en recettes fiscales avec un taux plus bas. Donc, elles ont fonctionné. Donc, oui, globalement, c'est une période qui a été bonne pour les entreprises et bonne pour le pays. Après, j'ai certainement plein de regrets et plein de choses que j'ai mal faites.

8:32
Invité

Quels regrets ?

8:33
Invité politique

D'abord, peut-être le fait qu'on ne s'est pas assez occupé de l'Europe. Aujourd'hui, il y a beaucoup, beaucoup de législations qui viennent de l'Europe sur le plan environnemental, notamment. Et en fait, les Français en général, d'ailleurs, côté politique comme côté lobby, que ce soit syndical ou patron, ne sont pas assez présents. Le fonctionnement du Parlement européen, c'est un régime de coalition. On n'a pas cette culture-là. Ça, ça fait partie des regrets. Dans les fiertés aussi, parce que je voudrais quand même le citer, le fait que, quand je suis arrivé, il n'y avait pratiquement plus de dialogue social au niveau national.

Le gouvernement ne boycottait et les syndicats et le patron n'a parlé plus. On a signé un certain nombre d'accords, dont le dernier sur le partage de la valeur qui est repris quasiment intégralement par le Parlement. Et là, on va proposer dans quelques heures ou jours un agenda social pour la prochaine année. Donc, on a remis le dialogue social à sa place. C'est-à-dire, c'est pas, d'ailleurs, je précise, il ne s'agit pas de tout négocier par les partenaires sociaux. On n'est pas capable de le faire, mais qu'il ait sa place à côté de la démocratie parlementaire.

9:34
Présentateur

Le nombre d'entreprises adhérentes au MEDEF est passé sous votre présidence de 123 000 à 190 000. Du côté des syndicats, la CFDT, la CGT ont aussi annoncé des adhésions en hausse ces derniers mois. Diriez-vous qu'il y a une renaissance du syndicalisme qu'on disait moribond ? C'est un mouvement de fond, selon vous, où ces adhésions

9:56
Invité politique

sont conjoncturelles ? D'abord, je vais peut-être vous surprendre, je trouve que c'est une bonne chose. C'est-à-dire que nous, on a besoin d'interlocuteurs en face, que ce soit au niveau national ou au niveau de l'entreprise. Après, ce qu'on constatait depuis 30 ans, dans la France en général, c'est un recul de l'engagement associatif ou du moins, pour être très juste, c'est un recul de l'engagement de long terme. C'est-à-dire, on s'engage pour une cause, pour une pétition, pour une manif, mais pas dans la durée. Si de jeunes salariés s'engagent dans le syndicalisme, je trouve ça bien.

D'ailleurs, dans l'agenda social qu'on propose, on a mis une proposition qui est la valorisation des parcours syndicaux. Pour que s'engager dans un syndicat, ça ne soit pas, j'allais dire, la fin de sa carrière professionnelle. Ce qui est parfois le cas dans certaines entreprises.

10:40
Invité

Vous avez souvent...

10:41
Invité politique

Quand elle répond, je n'ai pas répondu à la question, si c'est de long terme, c'est trop tôt pour le dire, puisque ça vient de la manif des retraites.

10:47
Invité

Ça vient de la manif des retraites, effectivement. Vous avez souvent critiqué l'absence de dialogue social d'Emmanuel Macron et du gouvernement, notamment pendant cette réforme des retraites. Vous l'avez dit. Emmanuel Macron, qui pourrait annoncer dans les prochains jours un nouveau gouvernement. Qu'est-ce que vous lui souhaitez pour ces quatre dernières années de présidence et de mandat ? Plus de dialogue social ? Continuer les réformes ?

11:07
Invité politique

Je souhaite que Emmanuel Macron réussisse, parce que c'est la France qui réussisse. Par exemple, un jugement politique, c'est que globalement, on a besoin d'un pays qui réussisse. Après, sur le point du dialogue social, je pense qu'il a changé. Clairement. Puisque là, il nous a donné...

11:19
Invité

Sur quoi ? Sur la réforme des retraites ?

11:21
Invité politique

Non, non. Post-réforme des retraites. Puisqu'il a donné 100 jours aux partenaires sociaux pour écrire un agenda. Ce qu'on est en train de faire. Encore une fois, je pense qu'à 24h48 près, j'aurais pu vous l'annoncer. On attend quelques signatures syndicales pour tout dire. La CGT, je crois, doit se réunir aujourd'hui. Donc, il a donné 100 jours aux partenaires sociaux pour écrire un agenda. Je pense que nous, on relèvera ce défi-là. C'est-à-dire qu'on va se mettre au travail. Donc, il y a quand même un changement. Et la meilleure preuve, c'est ce qui a été fait sur l'accord partage de la valeur où le gouvernement avait dit qu'on prendra intégralement cet accord.

Et c'est passé au Parlement en l'État sans en changer une virgule.

12:01
Présentateur

On va faire un petit détour par le standard d'Inter. On nous attend Sylvie. Bonjour Sylvie. Bienvenue. Bonjour messieurs. Bonjour madame. Bonjour à tous. Bonjour. On vous écoute. Alors voilà. Pourquoi lorsqu'il y a des incidents, que ce soit ceux qui viennent de se passer ou d'autres, on se tourne toujours vers l'État pour dépanner les entreprises ?

Pourquoi n'instaurerions-nous pas un fonds de solidarité entre grandes et petites moyennes entreprises pour que lorsqu'il y a quelque chose à réparer, quelle que soit la cause, cette solidarité joue et qu'on arrête enfin de se tourner vers l'État, c'est-à-dire vers les contribuables, quand on sait que les grandes entreprises reçoivent chaque année plus de 120 milliards d'aides et qu'elles ne contribuent seulement qu'à hauteur de 80 au contrat social. Donc je pense qu'il faut changer les logiciels et pour moi, ce genre d'événement est révélateur d'une logique de pensée qui n'a plus lieu d'être, une logique de pensée verticale.

Il faut qu'on raisonne horizontalement et qu'on fasse du lien entre tout, que ce soit l'aspect économique, financier, social, environnemental et même, j'ajouterais, la santé également. Bien compris, Sylvie. Merci pour cette question. Geoffroy Roux de Bézieux vous répond.

13:21
Invité politique

Oui, juste une petite correction. Il ne faut pas laisser dire que les grandes entreprises payent moins d'impôts que les petites. C'est inexact. Il y a plein d'exemptions d'impôts qui sont les moins de 10, les moins de 20. Maintenant, pourquoi pas ? Ça existe d'ailleurs sous la forme d'assurance puisque je ne l'ai pas dit tout à l'heure, mais l'essentiel des dégâts va être remboursé par les assurances. Nous, ce qu'on demande juste, c'est un moratoire sur les paiements vers l'État. Donc l'État,

13:47
Invité

on va demander de la bienveillance aux compagnies d'assurance.

13:49
Invité politique

Et de la rapidité surtout. En fait, le sujet, c'est plus une vitesse de remboursement. 90% des dégâts sont assurés.

13:55
Invité

On en vient maintenant aux questions qui fâchent. Geoffroy Roux de Bézieux parce qu'il y en a quand même sur votre bilan. Les deux questions qui fâchent, c'est l'emploi des seniors et les salaires. Les salaires d'abord, le 1er juin sur France Info, vous avez déclaré que les salaires vont être revus car on n'arrive pas à embaucher la loi de l'offre et de la demande à basculer, dites-vous, en faveur des salariés mais en attendant, avez-vous suffisamment mis la pression sur les entreprises pour augmenter les salaires ? Bruno Le Maire trouve que pas assez. Est-ce que vous faites un miracle pas sur ça ?

14:21
Invité politique

Non, non, non, non. Pour une raison simple, les chiffres, ils sont ce qu'ils sont. Le salaire moyen par employé en France a augmenté de 5,8%. Dernier chiffre, je crois que ça date de mai, c'est-à-dire exactement l'inflation.

14:30
Invité

Oui, mais la plupart, c'est les primes. Ce n'est pas des augmentations salaires. C'est ce que nous expliquait Éric Ayer. C'est que les primes ont augmenté mais pas les salaires. Non, non, non,

14:38
Invité politique

ce n'est pas vrai. C'est la combinaison des primes et des salaires. Mais au total, le pouvoir d'achat a été maintenu. Et pardon de le dire, mais Bruno Le Maire ou le gouvernement est mal placé puisqu'on a maintenu le pouvoir d'achat de nos salaires du privé, ce qui n'est pas le cas dans la fonction publique. Donc, l'employeur privé a fait son op. Est-ce qu'on peut faire mieux ? Oui, certaines entreprises ont fait d'ailleurs beaucoup mieux. Le problème, c'est que la situation économique d'emprise est très différenciée en fonction du secteur. Le luxe se porte très bien, l'aviation est repartie, mais le commerce, par exemple, le commerce de textiles va mal.

Donc, c'est très difficile de généraliser. Et vous avez posé une question sur la pression. Mais moi, mon job, ce n'est pas de mettre, ou ma mission, si vous voulez, puisque c'est bénévole, ce n'est pas de mettre la pression sur l'entreprise puisque chaque chef d'entreprise regarde son compte d'exploitation, s'il a besoin d'embaucher, pas besoin d'embaucher et décide ou discute ou négocie avec ses syndicats. Donc, c'est au niveau de l'entreprise et de la branche. On n'est plus en 68 où on peut faire un grand grenelle des salaires. C'est fini, ça.

15:29
Invité

Ah oui ? Vous pensez ?

15:31
Invité politique

Ah mais oui, parce qu'il n'y a pas, et même légalement, ce n'est pas que je pense, on ne peut pas, on n'a pas, si vous voulez, de système, à part le SMIC, bien sûr. À part le SMIC, c'est ce que je veux dire. Oui, oui, mais le SMIC est décidé, comme vous le savez, en dehors des partenaires sociaux. Mais à part le SMIC, il n'y a pas un système qui permet de dire que tous les journalistes vont être augmentés de 25% l'année prochaine.

15:48
Présentateur

Le projet de loi Immigration comprend un titre de séjour pour les métiers en tension. La droite vous accuse de pallier vos problèmes de recrutement en pratiquant une politique de moins dix ans sociale. Ils vous disent en substance augmenter les salaires et les Français accepteront les offres de travail et on n'aura pas besoin de demander de recourir à l'immigration économique. Qu'est-ce que vous répondez à cet argument ?

16:12
Invité politique

Je d'abord réponds à d'autres propos qui ont été tenus qui disaient le patronat a demandé des quotas d'immigration. Non, ça n'est pas vrai. La seule chose qu'on demande, nous, c'est une homogénéisation du système de régularisation puisqu'il y a une circulaire qui s'appelle la circulaire VALS qui est décidée dans chaque préfecture de manière différente. Donc on veut simplement que sur le territoire les critères soient les mêmes. Par ailleurs, moi je suis d'accord avec cet argument, on est à 7% de chômage, on n'est pas à 4%. Donc il reste un certain nombre de gens qui pourraient être employés dans les métiers en tension ou d'ailleurs dans les métiers en général.

16:46
Invité

Si les salaires étaient meilleurs.

16:47
Invité politique

Pardon ? Si les salaires étaient meilleurs. Les salaires, mais pas que, puisqu'on les a augmentés. Il y a des problèmes de transport, il y a des problèmes de logement énormes. Les saisonniers, c'est un exemple, on a des demandes de saisonniers mais on n'arrive pas à les loger. Donc c'est un ensemble de choses, on fait baisser le chômage puisqu'il a baissé en gros de 9 à 7 depuis 5 ans, on doit pouvoir faire mieux. Ce qu'on ne veut pas, Nicolas Demand, c'est d'être instrumentalisé soit par l'extrême droite sur le thème vous êtes des immigrationnistes, soit pour l'extrême droite sur le thème vous êtes des éclavagistes et on voit bien comment on peut taper sur les entreprises des deux côtés.

17:18
Invité

En tout cas, il y a un problème sur l'emploi des seniors. Ça reconnaissait le... Les seniors, je n'ai pas répondu. Oui. Voilà, la France est sous la moyenne de l'OCDE pour le tout emploi des seniors. 57% chez nous contre 74% en Allemagne reconnaissait que sur ce point-là, vous n'avez pas su du tout inverser la cour.

17:35
Invité politique

Alors,

17:36
Invité

pardon d'être dur mais c'est vrai que c'est...

17:37
Invité politique

Vous pouvez être aussi dur que vous voulez, je vais vous répondre. D'abord, oui, on peut faire beaucoup mieux. N'oubliez pas que tous les pays qui ont un taux d'emploi de seniors plus élevé ont un âge de la retraite plus élevé. Donc, c'est aussi lié. C'est pour ça que le premier point de négociation qu'on va essayer d'ouvrir dès la rentrée, ça sera mon successeur ou ma successeuse, c'est l'emploi des seniors parce que oui, les entreprises ont des efforts à faire, non seulement pour employer plus de seniors, pour les garder et pour adapter les cadences et les postes de travail. Parce que je pense qu'il y a aussi un sujet d'employabilité évident.

18:13
Présentateur

Question de Marc sur l'application de France Inter. Un travailleur social disait hier sur votre antenne qu'il y avait du travail mais pas pour les gens des banlieues. Il y a toujours des incompatibilités pour les gens qui se présentent. Alors, c'est beau les discours mais la réalité est tout autre. D'abord,

18:30
Invité politique

le chômage a baissé pour tout le monde y compris pour les banlieues. Mais, c'est vrai, dans certains quartiers le taux de chômage reste deux fois, deux fois et demie la moyenne nationale. Est-ce qu'il y a de la discrimination dans certaines emprises probablement ? Je ne peux pas dire qu'il n'y en a pas. Nous, tous les ans, on fait un baromètre de l'inclusivité. On voit les choses baisser mais il reste des problèmes de discrimination. Il y a des enquêtes qui sont faites, vous savez, sur les CV anonymes. Est-ce qu'on peut faire mieux ? Certainement.

Mais je veux dire, ce qui va finalement aider à résoudre ce problème, c'est encore une fois la loi de l'offre et la demande parce qu'on a tellement besoin de recruter. Je vous ai cité le chiffre de la sécurité privée, je ne sais plus si je l'ai dit. On cherche plusieurs dizaines de milliers d'employés dans la sécurité privée, notamment en vue des Jeux olympiques. Donc, la discrimination, elle va disparaître heureusement grâce à ça.

19:16
Invité

Qu'est-ce que vous allez faire maintenant ?

19:18
Invité politique

Du sport, du vélo et pas de la politique si c'est votre question. Que je devinais. Que je devinais. Non,

19:25
Invité

il paraît que vous avez à confier à un proche ministre de Macron, c'est un métier de merde. C'est vrai ça que vous avez dit ça ?

19:30
Invité politique

Écoutez, je ne sais pas d'où vient cette citation. Non, je ne ferai pas de politique parce que j'ai la chance d'avoir fait de la politique sans en avoir vraiment les contraintes et une certaine liberté. Je veux garder ma liberté. Donc, voilà, je ferai des choses. Je vais revenir dans mes entreprises et puis je m'occuperai un peu de l'intergénal mais sous une forme différente.

19:47
Invité

Mais vous allez reprendre le travail ? Je veux dire, ce n'est pas la retraite encore ?

19:51
Invité politique

Non, non, pas la retraite mais je travaille un peu quand même. Merci Geoffroy,

19:54
Invité

merci à vous d'avoir été

19:56
Présentateur

au micro d'Inter ce matin.

Geoffroy Roux de Bezieux : "Nous demandons des aides très ciblées", pour les commerces brûlés ou pillés · Pourquijevote