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[SNCF] H.Maurey :"Comment faire en sorte que les gestes barrières soient respectés après le 11 mai?"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Comment faire en sorte que les gestes barrières soient respectés après le 11 mai ?

  • 2:00FerméeRéponse directe

    Quelle est la part actuelle des TGV et TER en circulation ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Comment gérez-vous la protection sanitaire de vos salariés ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Quel est l'impact économique de la crise sur le groupe SNCF ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Comment envisagez-vous la reprise après le 11 mai ?

  • 10:00RelanceRéponse partielle

    Quelles mesures concrètes pour les petites lignes ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bien, bonjour à toutes et à tous. Je crois que l'ensemble des participants à cette audition sont désormais connectés. Donc, je suis très heureux que nous puissions ce matin accueillir Jean-Pierre Farandou, qui est le président directeur général de la SNCF, M.

Faniché, qui est président directeur général de la SNCF Voyageurs, et M. Frédéric Delorme, qui est président directeur général de FRET SNCF. Donc, M.

Delorme sera là uniquement en audio, puisqu'il a un petit problème de camérage. J'indique cela pour mes collègues sénateurs. Messieurs les présidents, merci d'avoir accepté de participer à cette audition.

Nous avons auditionné la semaine dernière Jean-Baptiste Djebari, secrétaire d'État de transport, avec lequel nous avons déjà eu l'occasion d'évoquer en partie la question des transports ferroviaires. Mais nous souhaitions évidemment pouvoir aller plus avant et plus loin avec vous sur cette question, qui évidemment nous préoccupe beaucoup et est au cœur des travaux de notre commission. Nous avons d'ailleurs installé un groupe de suivi avec des référents sur cette question.

Et tout à l'heure, vous aurez l'occasion d'entendre notamment Didier Mandéli, qui vous interpellera sûrement sur un certain nombre de sujets. La situation sanitaire a évidemment conduit votre groupe à devoir s'adapter aussi rapidement que profondément. Vous avez dû diminuer de manière drastique l'offre de transport, non pas comme c'est en général le cas pour s'adapter à la demande, mais pour s'adapter à des nécessités impérieuses fixées par l'État en termes de sécurité sanitaire.

Aujourd'hui, je crois que ce sont seulement 7% des TGV et 15% des TER qui circulent. Mais le chiffre est encore plus réduit quand on prend en compte le nombre de voyageurs, et je crois que vous l'indiquerez tout à l'heure. Sur la question du fret, vous avez dû continuer à assurer l'approvisionnement du pays.

Et c'est pour ça que malgré la crise, d'ailleurs, le volume fret s'est maintenu à un niveau relativement important, parce que je crois que ce sont 60% des trains prévus au plan de transport qui fonctionnent aujourd'hui en matière de fret. Alors, toutes ces modifications ont rendu nécessaire le fait que vous adaptiez profondément le mode de fonctionnement de votre entreprise, et vous en parlerez certainement, avec bien sûr la nécessité d'assurer la protection de vos salariés. Cette réorganisation, elle a aussi, et peut-être surtout, des répercussions économiques et financières qui sont importantes pour votre groupe, pour le fret, bien sûr, qui est déjà dans une situation dont on connaît tous la fragilité, mais au-delà, je crois, pour l'ensemble du groupe qui subit de plein fouet cette situation, qui, après avoir subi les conséquences de la grève aujourd'hui, subit les conséquences de cette pandémie.

Et c'est vrai que nous sommes relativement inquiets par rapport à la situation du groupe, par rapport à ses résultats, par rapport à sa trajectoire financière, par rapport aussi aux investissements qu'il doit réaliser. Et Jean-Baptiste Djébari disait lui-même qu'il devrait sans doute hiérarchiser les investissements qui sont prévus, et vous imaginez les inquiétudes que l'on peut avoir, notamment, sur l'avenir des petites lignes. Et on se pose aussi la question de savoir si, dans ce contexte, dans ce climat, la question de l'ouverture à la concurrence n'est pas, si ce n'est remise en cause, en tout cas retardée ou en tout cas plus difficile que prévue à l'origine.

Au-delà de ces sujets d'actualité, nous aimerions vous entendre, messieurs les présidents, sur l'après. L'après 11 mai, comment on remet en service des lignes qui ont été à l'arrêt pendant deux mois, en termes d'infrastructures, en termes de matériel notamment, et comment on fait en sorte que les gestes barrières, dont apparemment, et très certainement, il faudra continuer à mettre en œuvre pendant de longs mois, comment on met en œuvre ces gestes barrières dans les transports de voyageurs, et avec quelles conséquences pour vous, en termes d'organisation et en termes financiers. Voilà, monsieur le Président Farandou, quelques éléments que je voulais mettre sur la table au début de cette audition.

Je vais bien sûr vous laisser la parole pour un propos liminaire, et ensuite je donnerai la parole à mes collègues qui ont déjà fait savoir qu'ils souhaitaient vous interroger, ainsi que les présidents de vos filiales. À vous, monsieur Farandou. Très bien, merci monsieur le Président Moray, merci beaucoup de m'accueillir, en quelque sorte, même par la vidéo, auprès de votre commission.

Je salue aussi bien sûr le rapporteur de la commission et tous les membres de la commission. Évidemment, j'ai prévu d'un petit propos introductif pour démarrer. Je suis accompagné aussi du Président Fannichet, qui est le Président de SNCL Voyageurs, qui pourra peut-être développer les aspects que vous avez soulevés sur l'offre Voyageurs, aujourd'hui et demain.

Et puis aussi Frédéric Delorme, le Président de notre SA à fret, vous avez aussi souligné la question du fret, qui est très présent pendant la crise. Pour autant, nous savons tous qu'il y a des sujets de fonds, qui se posent sur l'activité fret ferroviaire. Donc, ça peut être aussi intéressant qu'il soit capable de détailler, et ses analyses et ses propositions.

Mon premier propos, ça sera la réaction de la SNCF pendant la crise. Je crois que ce qui nous a guidés, c'est la mobilisation d'une entreprise publique au service des Français. Je crois que c'est dans ces conditions-là qu'on retrouve l'essence même de ce qu'est une grande entreprise de service public.

Nous nous sommes mobilisés avec tous les cheminots, à la fois pour assurer le service essentiel demandé par le pays, pour les voyageurs comme pour le fret. Nous avons bien sûr intégré les consignes de protection des Français, de protection sanitaire, et puis bien sûr, en ayant toujours en tête la protection de mes salariés, de nos salariés, les cheminots, tout en étant en première ligne de la deuxième ligne, pour aller faire tourner les trains, il faut sortir, il faut sortir de chez soi. On a bien sûr des gens confinés, les gens des fonctions support sont en télétravail, mais on a aussi beaucoup de cheminots, plusieurs milliers de cheminots qui sortent dans les pauses d'aiguillage, qui sortent dans les cadres de train, qui sortent dans les chantiers, on a aussi des chantiers qui se sont poursuivis, dans les ateliers de maintenance.

En fait, on a aussi toute cette force industrielle de la SNCF qui ne s'arrête pas à arrêter, qui ne s'arrête pas pendant cette grande crise. On a réagi très vite en mettant en place dès les premiers jours une task force, excusez-moi d'ambicisme, une force de très haut niveau. qui est en relation avec les pouvoirs publics, puisque nous avons, bien sûr, nous sommes inscrits dans les orientations données par les pouvoirs publics en matière sanitaire, donc nous respectons strictement, et nous avons amplifié d'ailleurs aussi l'information sur les gestes barrières, à la fois pour notre propre personnel, mais aussi pour les voyageurs.

Nous avons diffusé beaucoup de messages dans les premiers jours où il fallait faire la promotion des gestes barrières, des gestes qui sauvent, j'allais dire, pendant cette période de virus. Le plan de transport a été considérablement abaissé progressivement, c'est une notion d'un peu de marge d'escalier que nous avons descendu au fur et à mesure que la situation sanitaire du pays se durcissait en quelque sorte, et Christophe Fanichet d'ailleurs m'a aidé à organiser cette réduction de l'offre. Nous l'avons fait progressivement, nous l'avons fait bien sûr en liaison avec des autorités organisatrices de mobilité, dans les régions en province, et Île-de-France et Mobilité en Île-de-France.

On peut souligner la qualité des relations, je crois, qui se sont installées, des contacts fréquents, à la fois bien sûr région par région, avec nos directions régionales, mais on peut souligner aussi l'action de Franck Lacroix, qui est à la fois directeur des TER, mais aussi directeur général de territoire. Nous avons eu le souci depuis le début d'avoir certes une approche centralisée de la crise pour coordonner l'action de la SNCF sur l'ensemble du territoire national, mais aussi d'avoir des relais locaux, des relais régionaux, pour ajuster très finement notre offre et notre action région par région. Je crois qu'on a à peu près réussi à le faire, on a en ce moment un cycle de réunions hebdomadaires avec les vice-présidents de transport, j'ai moi-même pu appeler plusieurs fois des présidents dans les jours pour ajuster nos visions respectives au fur et à mesure où nous avons progressivement calé cette offre qui est maintenant à peu près arrivée à une espèce de détiage.

Donc on le rappelle, l'offre TGV est très très basse, on n'a que 40 TGV par jour qui circulent, alors que d'habitude c'est entre 600 et 700. Donc on voit une offre TGV considérablement réduite, ce qui est logique par rapport au confinement. Le confinement est à la demande des pouvoirs publics, que les gens ne se déplacent pas partout dans le territoire, donc il y a une grande cohérence par rapport à cette offre minimale, mais elle est toujours là, parce que je crois que c'est important d'assurer le lien territorial au plan national.

Il peut y avoir aussi quelques personnes qui ont besoin peut-être d'aller aider leurs parents en situation de santé précaire à l'autre bout du pays. Donc j'ai tenu, les pouvoirs publics en ont été d'accord, on va maintenir un flux minimal d'offres TGV dans le pays. Ensuite, sur les TER, on est autour de 15%, comme vous l'avez dit, Président.

Donc c'est vraiment une logique domicile-travail essentiellement, donc ça fonctionne. Et sur l'île de France, c'est pareil, on est à peu près à 20-25% d'offres en île de France, selon les lignes. C'est là où le nombre de personnes à transporter est la plus importante, puisqu'on a beaucoup de centres névralgiques qui sont en région Île-de-France.

Et au-delà des soignants, bien évidemment, qui sont le cœur de cible, nous avons d'ailleurs ajusté les horaires ou des trains ou des cartes, que parfois nous avons mis en complément, nous avons vraiment centré sur les besoins premiers des personnels soignants, dans les hôpitaux en particulier, avec les prises de services décalées. Mais on a aussi, on n'oublie pas, les soldats de la deuxième ligne, dont nous faisons partie, en quelque sorte, avec tous ces personnels dont nous avons besoin pour assurer le fonctionnement de notre pays. Sur le fret, je pense que, Frédéric y reviendra, nous avons fait davantage.

Le fret, nous avons à peu près 60 ou 65% des trains de fret qui circulent par rapport à une offre habituelle. Donc, il y a d'abord les trains vitaux, vraiment absolument vitaux, fonctionnement stratégique du pays, ça peut être des carburants, par exemple, dont on a besoin, ça peut être du chlore pour les traitements des eaux, et c'est tout l'alimentaire, bien sûr, aussi. Mais on a eu aussi le souci de favoriser le maintien de l'activité économique du pays.

Donc, c'est pour ça qu'on est allé un peu au-delà des trains vitaux, d'un point de vue absolument nécessaire. On est allé un peu au-delà, à la demande de nos clients, d'ailleurs. Et d'ailleurs, aujourd'hui, on traite à peu près l'essentiel de la demande de nos clients.

Maintenant, on a quelques clients qui souffrent. Je pense à Arcelor ou la sidérologie, de manière plus générale, où les commandes de production d'acier ont baissé. C'est d'ailleurs lié à la seconde catégorie de clients, que sont l'automobile.

L'automobile aussi souffre beaucoup, en nous transportant d'habitude pas mal d'automobiles. Donc, en gros, on fait face quasiment à l'essentiel de la demande qui nous est faite, et nous sommes vraiment un acteur important de la continuité économique du pays. On peut citer l'exemple des céréales.

Peut-être que parmi vous, il y a des sénateurs qui viennent des zones céréalières de notre pays. Nous avons joué un rôle majeur pour écouler des céréales stockées dans les silos vers les ports, notamment pour l'export ou même pour la consommation interne, vers les grands moulins, par exemple, pour fabriquer de la farine. Il est important de vider les silos, sinon quand la récolte arrive, les céréaliers ne savent plus où mettre la récolte.

Donc, c'est absolument vital d'écouler les stocks dans les silos. Et vraiment, je pense que nous avons été exemplaires. Je veux aussi souligner, on ne le fait pas souvent parce qu'on ne les voit pas, l'action de nos collègues de SNCF Réseau, notamment les postes d'aiguillage, puisque notamment pour les céréales, il faut aller les chercher dans les campagnes.

Les céréaliers ne sont pas installés dans les centres-villes. Et donc, il faut ouvrir des petits postes d'aiguillage et des lignes capillaires qui permettent d'aller chercher les marchandises au plus près de leur production. Donc, le fret démontre qu'il est un acteur majeur de l'économie du pays.

J'allais dire, c'est particulièrement dans les périodes compliquées que les choses peut-être se voient davantage. Un point que vous avez soulevé aussi, c'est la protection sanitaire de nos personnels. Bien sûr, ça nous a guidés.

Bien évidemment, les mesures, on voit, elles ont été prises dans le temps. L'application stricte des gestes barrières. Nous avons rédigé des fiches métiers.

Nous avons revu les fiches métiers « normales » pour les adapter aux circonstances sanitaires du Covid-19. Nous avons aussi eu le courage de fermer des services, notamment, qui n'étaient pas indispensables, je pense, aux services de vente aux guichets. Parce que là, justement, on avait, au fil du temps, enlevé les égiaphones.

Les fameuses égiaphones étaient bien sûr terminées, enlevées depuis des années. Donc, il n'y avait pas de barrière physique entre nos personnels de vente et la clientèle. Donc, il nous est apparu plus sûr, finalement, et pour les clients et pour nos salariés, d'arrêter la vente aux guichets.

Mais sur le contrôle des trains, c'est pareil, nous avons recentré l'action des contrôleurs sur leur action de sécurité indispensable à la mise en circulation des trains. Voilà quelques exemples où nous avons pris des décisions un peu radicales pour moins exposer nos personnels. Et quand on le combine, bien sûr, avec la réduction drastique de l'offre, on voit bien qu'on a eu, ça a eu pour effet, d'exposer moins de cheminots aux risques sanitaires.

Sur l'usage des masques, je pense que c'est peut-être un sujet sur lequel on reviendra. Peut-être pour rappeler, alors c'est des choses qui ne sont pas connues, on n'a pas fait trop de publicité là-dessus. Nous avions, la SNCF, un stock de précaution.

Contrairement peut-être à d'autres entreprises, la SNCF était plus fourmi que cigale. Et nous avions constitué un stock stratégique de masques. Mais sur ce stock, un stratégique de masques a été mis sous contrôle de l'État dès le début de la crise.

Nous l'avons conservé physiquement, mais avec un contrôle strict de l'État. L'État nous a demandé quand même de donner tous les masques FFP2 que nous avions, nous avions plusieurs centaines de milliers. Nous avons donné à l'État pour que l'État puisse approvisionner les hôpitaux.

Donc ça, les masques FFP2 de la SNCF sont partis très vite dans le circuit. Et on peut le comprendre, bien évidemment, des masques à destination des soignants. Et nous avons gardé un stock de masques chirurgicaux à disposition.

Entre parenthèses, d'ailleurs, nous avons donné une partie de ces masques à la RATP qui n'avait peut-être pas eu la même précaution que nous en se dotant de masques. Nous, on en avait. Et depuis le début, nous avons une utilisation sous contrôle de l'État et sous validation de l'État, ténue au départ, que nous avons un peu amplifié au fil du temps sur les masques.

Nous avons dû gérer, bien sûr, le risque pour les personnels en contact avec les clients, qui ont été soumis d'abord au risque sanitaire, et puis quand même aux médias, qui ont installé le risque très important autour de ce virus. Donc, il fallait les sécuriser en quelque sorte. Donc, nous avons mis en place un système de kit.

Donc, chaque contrôleur, chaque agent de la surveillance générale, la sûreté ferroviaire, dont on a bien besoin aussi dans ces périodes, et les conducteurs qui sont seuls à bord des trains et qui peuvent intervenir parfois dans la partie occupée par les voyageurs, nous avons doté de deux masques chacun, dotation individuelle, qui leur permettait de se protéger si les circonstances le demandaient. Nous avons aussi élargi ce stock de masques à des collectifs. Donc, il y a des stocks de précaution dans des collectifs de gares, par exemple, ou de postes d'aiguillage.

Et puis, plus récemment, quand on a vu monter aussi les problèmes de respect des gestes barrières, nous avons doté nos personnels de maintenance, à la fois des matériels roulants et de la voix, de masques à titre plus individuel, puisque les lieux étaient confinés dans les postes d'aiguillage, et à la fois, on ne pouvait pas toujours maintenir une distance suffisante entre les salariés dont nous avons, fin mars, élargi ces dotations de masques. Voilà, donc nous avons maintenant une doctrine qui a évolué au fil du temps. Bien sûr, nous-mêmes, nous avons, comme les pouvoirs publics, évolué, nos dispositifs ont évolué au fur et à mesure.

Je voulais aussi pointer le dialogue avec les syndicats, qui a été de qualité. Ce n'est pas toujours simple à la SNCF, vous le savez. Peut-être qu'on y voit aussi, peut-être le bénéfice de relations sociales qu'on a pu améliorer dans l'entreprise.

C'est un paradoxe, on a conduit une grande grève autour des retraites, mais une forme de respect mutuel est installée, des coûts mutuels, et nous avons bien sûr travaillé avec les organisations syndicales sur ces règles de protection. Nous avons joué la transparence totale, puisque nous avons une conférence sanitaire interne au sein de la SNCF, où nous faisons le point sanitaire des cheminots malades, et nous avons associé, par exemple, un représentant des syndicats à ces conférences sanitaires. Donc, ils ont accès à toute l'information en toute transparence.

Voilà. Donc, le fait qu'à la fois, nous avons montré notre sérieux dans les règles de protection de nos salariés et le fait de jouer la transparence nous a permis de réduire le risque d'un emballement des syndicats, notamment à cause de droits de retrait. Nous avons bien quelques petits droits de retrait sporadiques à droite, à gauche, mais franchement, c'est sous contrôle.

Ils ne nous ont pas eu à gérer des droits de retrait massif, ce qui aurait bien sûr pénalisé lourdement la mise en place du service essentiel ferroviaire. Pourvu que ça dure, bien évidemment, pourvu que ça dure, et d'ailleurs, nous commençons à travailler avec eux sur les conditions de reprise, parce qu'il faudra les associer à la manière d'augmenter considérablement le nombre de trains que nous serons amenés à produire à partir du 11 mai, qui est la date cible qui a été indiquée par le président de la République et sur laquelle nous allons maintenant tous travailler. Je regarde l'aide des sages que je voulais vous donner.

Peut-être vous dire qu'au-delà de cet effort de participation directe au plan de transport en situation sanitaire dégradée, il y a eu les plus de la SNCF. Le plus spectaculaire, c'est sur les TGV sanitaires. C'est une idée vers de Christophe Fannichet.

Il faut rendre à César. Le président Fannichet qui a eu cette idée-là, elle est formidable. Elle remplit de fierté les cheminots.

Alors, selon le modeste, nous sommes un tout petit maillon d'une grande chaîne sanitaire, mais c'est vrai que là, c'est une contribution beaucoup plus directe à l'effort sanitaire du pays. C'est beaucoup de travail. C'est deux ou trois jours de préparation pour équiper les trains au transport sanitaire.

Ça devient des petits hôpitaux. Les trains deviennent des petits hôpitaux avec de l'air comprimé qui est embarqué à bord, des installations électriques, pour faire marcher tous les appareils nécessaires au maintien des malades qui sont embarquées. Donc, c'est un gros travail aussi de sécurisation de la circulation.

Bien sûr, ces trains-là n'ont pas droit à la panne, n'ont pas droit à l'erreur. Et tout leur travail est très surveillé pour être sûrs à 100% qu'ils arriveront en destination dans les meilleures conditions. C'est vrai que c'est un petit bout de fierté chenote de participer plus directement à l'effort sanitaire.

Au-delà de ça aussi, je crois que j'étais un des premiers à proposer à la réserve, nous avons des réservistes au sein de la SNCF de se mettre à disposition du plan résilience monté par l'État. Nous avons 500 réservistes qui ont été mis à disposition de la défense pour donner un coup de main dans le cadre du plan résilience à l'effort du pays. Oui, aussi beaucoup de générosité de la part des cheminots, la fondation SNCF, l'SNCF immobilier fait des tas de choses.

Enfin, voilà, toutes les forces de la SNCF ont eu le souci de faire plus encore que de faire rouler des traits dans cette période difficile. Les territoires, j'avais parlé, je répondrai à vos questions. L'aspect économique, alors oui, nous allons subir de lourdes pertes, c'est encore trop tôt pour les chiffrer.

Elles sont lourdes, elles sont considérables. On commence bien sûr déjà à anticiper et sur les sujets de trésorerie et sur les sujets d'économie post-crise. Sur la trésorerie, la SNCF est solide, nous avons des trésoreries court terme, donc nous sommes une entreprise solide.

Pour autant, nous devons faire attention à ces sujets de trésorerie, sans panique, sans crainte excessive. La SNCF tiendra, je rassure tout le monde, nous paierons des salaires, nous paierons des fournisseurs. Nous faisons d'ailleurs attention aux petites entreprises, nous faisons attention à ne pas jouer avec des délais de paiement pour tous nos fournisseurs en général, mais sur les petites entreprises en particulier.

Pour autant, nous allons sur les marchés pour lever de la ressource. Nous l'avons fait récemment la semaine dernière, nous avons levé 1,2 milliard de 150 millions d'euros, avec des green bonds d'ailleurs, puisque nous avions cette possibilité de le faire, donc une finance tournée vers le développement durable. Voilà, donc nous serons prudents, nous serons actifs, mais sans panique, et la SNCF tiendra bien sûr au plan financier, même si c'est une année particulière, nous devrons au-delà des financements normaux prévus, notamment pour financer les investissements de la SNCF, qui sont toujours importants bien sûr, nous aurons bien sûr à rajouter les décalages de rentrée que nous allons enregistrer avec cette activité très réduite pendant quelques mois, et quelques mois que durera ce confinement.

Le fret, alors le fret, je vais vite, puisque Frédéric Delon peut-être développera ou répondra à vos questions. Bon, le fret, c'est un souci de préoccupation économique, on savait que la situation du fret est compliquée, une société anonyme a été créée en début d'année dans le cadre de la nouvelle SNCF, elle est dotée de fonds propres, de 170 millions d'euros de fonds propres, elle peut tenir quelques temps, mais au fond, la condition que j'ai, et je ferai court, c'est que si on veut que le fret ferroviaire se porte bien dans le pays, et au-delà de la seule SNCF, il y a d'autres opérateurs privés qui exploitent du fret ferroviaire dans le pays, il faut qu'elle soit aidée. Comme d'autres pays européens l'ont fait, nous pensons que le maintien et le développement de frais ferroviaires est possible et souhaitable dans ce pays, mais à l'instar de ce qui a été fait dans d'autres pays européens, il faut qu'il y ait des systèmes d'aide qui se mettent en place pour donner une vraie perspective, une vraie durabilité au transfert de fret.

Voilà, donc, et ce principe d'aide, à mon avis, sera encore plus important en sortie de crise, parce que, bien évidemment, même si nous faisons rouler des trains, on voit bien que l'activité économique sera compliquée dans notre pays à la sortie de cette grève. Voilà, pour conclure, je redirais que la SNCF prend toute sa place dans l'effort du pays, en ce moment, pendant la crise, bien évidemment. Je peux le dire, les cheminots sont très engagés, on retrouve vraiment ces valeurs profondes d'appartenance et de conviction à un service public, à un grand service public français, au service des Français, au service des territoires, et ce rôle-là, je souhaite qu'il soit prolongé au-delà de la crise, parce qu'au fond, je pense qu'aussi bien en fret qu'en voyageur, le ferroviaire et la SNCF, c'est notre acteur du ferroviaire, est vraiment la solution pour une mobilité à la fois durable, bien évidemment, au service des territoires, mais aussi une mobilité sanitaire, parce que, quand on compare avec la voiture, on peut contrôler et réguler les gens qui prennent le train, on ne peut pas contrôler les gens qui prennent la voiture, on l'a vu encore, avec les départs en week-end ou en vacances, de manière un peu débridée, le train est quelque chose de régulé, et l'usage de la voiture l'est beaucoup moins, et donc, pour moi, le train doit être la solution d'une mobilité durable et sanitaire.

Voilà les points que je voulais citer dans mon introduction, et c'est bien volontiers, maintenant, que je répondrai aux questions que vous souhaiterez me poser avec l'aide du président Delorme et du président Fannichet. Merci beaucoup pour votre écoute. Bien, merci beaucoup, monsieur le président.