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Audition parlementaireSénat (sur YouTube)· 3 avril 2026 114 minFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesEurope & internationalInstitutions & élections

La diplomatie climatique en pratique

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 8 %Défensif 17 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Comment préparez-vous les négociations climatiques avec les différents ministères ?

  • 30:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que la mobilisation des États-Unis passe aussi par les villes et les États fédérés ?

  • 40:00OuverteRéponse directe

    Quel bilan faites-vous de la COP 30 ?

  • 50:00OuverteRéponse directe

    Le rythme annuel des COP est-il toujours pertinent ?

  • 1:00:00OuverteRéponse directe

    L'élargissement de la base des contributeurs financiers est-il réalisable ?

  • 1:10:00OuverteRéponse directe

    L'Europe parle-t-elle d'une seule voix en matière de climat ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 20:00ambassadeurChiffre
    « La France fait la sienne avec plus de 6 milliards d'euros mobilisés dont plus d'un tiers dédié à accompagner les victimes du changement climatique. »
  • 42:00ambassadeurChiffre
    « L'Europe représente aujourd'hui à peu près 50 % de la finance climat. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Monsieur le rapporteur, mes chers collègues, donc nous avons le plaisir aujourd'hui de recevoir Benoît Faraco qui est ambassadeur chargé des négociations sur le changement climatique pour les énergies renouvelables et la prévention des risques climatiques ensemble dispositif. Je rappelle que notre mission d'information est est consacre à la diplomatie climatique et qu'elle est résute d'une demande du groupe RDPI notamment notre rapporteur TA Rosfrit qui est à côté côté de moi. Monsieur Master vous je vous remercie on vous remercie de votre présence parmi nous.

Il était normal qu'on puisse bien sûr entendre le grand ordinateur de la diplomatie climatique que vous représentez ici. Vous occupez vos fonctions depuis mai 2025 et nous avons eu le loisir au début de notre travaux d'écouter votre prédresseur depuis Prague Stéphane Crusa. Vous avez un poste qui est singulier on va dire par rapport à beaucoup d'autres pays et et aussi d'autres ambassadeurs que nous avons.

Vous vous appuyez sur des administrations, des ministères des affaires étrangères, de l'écologie, des finances et même c'est pas une administration, j'allais dire un état dans l'état, l'AFD, l'Agence française de développement. Et c'est ce qui tout ça vous former et vous dirigez, vous êtes l'animateur, le buteur de l'équipe Climat. Euh nous sommes donc bien sûr impatient d'entendre de vos analyses à la fois sur l'organisation de la de votre diplomatie, les liens avec les différents ministères mais également et surtout sur la situation et les perspectives dans un monde aujourd'hui dominé par la fraca des armes et encore marqué par l'échec de la dernière COP. propose donc d'avoir une première intervention de 7 8 minutes et puis ensuite mon collègue rapporteur et les collègues ici présents prendront la suite en vous indiquant que quelques-uns parmi nous dont moi le premier il se peut que nous soyons obligés normalement de de quitter la séance pour l'intervention en hémicycle puisque nous avons en même temps c'est le hasard du calendrier une convention et nous sommes plusieurs ici de la même de la même de la même commission et donc nous prendrons la parole donc voilà donc n'y voyez pas de de maladresse en tout cas de manque de respect de notre part une obligation d'obligation et donc je vous laisse la parole en vous remerciant mes merci merci beaucoup monsieur le président et et merci à à cette commission de m'accueillir aujourd'hui entre entre deux avions puisque les affaires reprennent en matière de diplomatie climatique les deux premiers mois de l'année sont en général assez assez peu chargés après les COPES qui ont lieu en général en en novembre et en décembre et je pense que c'est aujourd'hui un un moment important euh de l'année parce que c'est vraiment le le le lancement.

J'étais à Houston il y a il y a quelques jours pour pour la Séraoui qui est le grand rendez-vous américain sur sur les enjeux énergétiques et puis dans les dans les semaines à venir, mais j'y reviendrai, on aura l'occasion de euh [raclement de gorge] de de d'avoir un certain nombre de de rendez-vous internationaux à la fois sous l'ône de la présidence française du G7, mais aussi parce que au mois d'avril se tient le dialogue de Petéberg qui marque en général la reprise des négociations formelles dans dans la diplomatie climatique. En introduction et je vais essayer d'être d'être bref sur un sujet et une matière qui est riche. Je voudrais vous présenter rapidement les grands enjeux 10 ans après l'accord de Paris pour vous dire aussi un peu comment j'envisage les choses dans un moment que je considère comme étant un moment charnière. 10 ans après l'accord de Paris, on la la COP 30 a finalement je ne sais pas comment le formuler si si c'était la la dernière COPE d'un ancien cycle ou la première d'un nouveau cycle.

Mais mais en quelque sorte euh 10 ans après l'accord de Paris, on vit désormais à son rythme puisqu'on a validé l'ensemble des texte relatif à la mise en œuvre. Les derniers ont été adoptés juste avant mon arrivée donc sous la houlette de de mon prédécesseur Stéphane Crusa à la COP 29 à Bakou et et la COPE de Bem, la COP la COP 30 était finalement une COP de transition qui marque l'entrée dans une période où on vit au rythme de la Cor de Paris. Euh et le rythme de l'accord de Paris, c'est euh un accord qui se fonde sur des contributions euh par chacun euh des États partis à l'accord de Paris publié tous les 5 ans euh et euh 3 ans après la publication de ces contributions, les dernières dates de Glasgow avec un petit décalage dans le calendrier qui avait été lié à l'épisode de Covid par ce qu'on appelle un bilan mondial.

Le premier a eu lieu à la COP 28 en 2023 et et là on est on était à la COP 30 sur un nouveau cycle de publication des contributions, ce qui était une des priorités de notre diplomatie pour un nouveau bilan mondial. Et c'est désormais dans cette perspective que l'on s'inscrit qui aura lieu à la COP euh 33 en 2028. part dont j'essaie de pas mélanger les dates et les numéros de cop mais on en a eu tellement que je je souhaite vous donner les informations les les plus exactes précise.

On est dans un contexte où de mon point de vue l'accord de Paris fonctionne. C'est-à-dire que malgré euh les difficultés, les tensions qu'on qu'on a vécu sur sur la la scène géopolitique et le nouveau retrait annoncé en janvier dernier des États-Unis de l'accord de Paris, euh les décisions adoptées à Bélhem, si elles sont décevantes sur le relèvement de l'ambition, elle marque quand même une forme d'adhésion euh à l'accord de Paris et à ses principes et du coup à cette euh à cette rythmique euh qui veut que tous les 5 ans, on publie des nouveaux engagements euh qui doivent être euh à la fois fondés sur la science, mais aussi les plus ambitieux. euh possible.

C'est ce qui ce qui c'est c'est c'est le cœur de la de la machine. Et aujourd'hui, on a environ euh 130 contributions qui ont été publié. la quasi-totalité euh des pays du G20 qui l'ont fait puisque l'Inde nous a fait euh le plaisir de nous transmettre enfin de transmettre à l'ONU sa contribution en fin de semaine dernière euh dans le dans les G20 qui représentent à peu près 80 % des émissions.

On a euh désormais tous les pays qui ont qui ont transmis leur leurs objectifs climatiques pour 2035 à l'exception notable de de l'Argentine. Dans dans ce contexte, l'accord de Paris, il fonctionne parce qu'il a permis aussi de nous éloigner sensiblement des niveaux de réchauffement qui étaient projetés il y a 10 ans. On était sur des trajectoires qui nous emmenaient autour de 4 à 5°gr.

On est désormais au vu du dernier rapport publié à l'ONU sur une trajectoire qui est plus proche de 2,3 à 2,5°. Donc on a sensiblement amélioré la situation toutefois sans être encore sur la bonne trajectoire. les deux accords les les deux objectifs de température de l'accord de Paris, je vous refais pas l'histoire, c'est 2°gr et faire tous les efforts possibles pour rester en dessous de de 1,5 1,5°.

Mon troisème message sur ces sujets-là, c'est que l'Europe et la France font leur part euh sur deux grands objectifs. D'abord sur les émissions. D'une part, parce que jusque-l et depuis l'existence du régime climatique, à chaque fois que l'Europe a pris un objectif de réduction d'émission, que ce soit dans le protocole de Kyoto à l'époque en en en 2012 ou pour 2020, elle a tenu voir dépassé euh et elle est aujourd'hui sur la trajectoire qui devrait nous permettre de tenir l'objectif pour 2030 qui est un objectif à 55 % de de réduction d'émission.

Et à la pour la COP de de Bélhem, elle a présenté un nouveau un nouvel objectif avec une fourchette de réduction d'émission pour 2035 et un objectif inscrit dans le dans le droit européen de 90 % en 2040, fondé là encore sur sur la science et sur les travaux notamment du panel d'experts européens sur sur le climat. Nous sommes aussi au rendez-vous de nos engagements financiers. L'Europe représente aujourd'hui à peu près 50 % de la finance climat.

On aura peut-être l'occasion d'y revenir dans les questions, mais vous savez qu'on a vécu sur un objectif de 100 milliards de dollars mobilisés de finances publiques et privées en soutien au pays en développement. On a fait notre part. La France fait la sienne avec plus de 6 milliards d'euros mobilisés dont plus d'un tiers dédié à accompagner les victimes du changement climatique, ceux qui souffrent des impacts.

C'est ce qu'on ce qu'on appelle l'adaptation. Euh et donc aujourd'hui euh l'Europe considère qu'elle est au rendez-vous euh et et qu'il est légitime euh de se poser la question et c'est un peu les perspectives que que je vais vous dresser maintenant rapidement pour euh pour les années à venir euh d'attendre plus de ses partenaires euh et notamment des principaux émetteurs, les fameux pays du G20 qui sont en fait un peu plus un peu plus que ça. C'est une 30 une trentaine 35 pays qu'on peut qualifier aujourd'hui de de de grands émetteurs.

Dans les perspectives que que je voudrais dresser, d'abord la la première euh analyse, c'est qu'aujourd'hui euh le désengagement des États-Unis qui n'avaient pas réussi euh lors de la première sortie de de l'accord de Paris en 2017 euh à déstabiliser le régime climatique n'a pas réussi à le faire. Encore une fois, même si les textes sont sans doute insuffisants, regarde des données scientifiques, les textes adoptés à à la COP 30, il y a quand même une réinfirmation du consensus et une conviction assez profonde qui qui habite l'équipe que j'ai que j'ai l'honneur de diriger qui est de dire que aujourd'hui l'immense majorité des pays de la planète soutiennent l'accord de Paris et sont engagés à l'intérieur avec sans doute un certain nombre de difficultés. J'ai évoqué tout à l'heure et c'est mon deuxième point euh le fait qu'on n'est pas encore sur la trajectoire pour rester en en en dessous de de 2 degrés euh et que globalement les engagements de ce fameux de ce fameux G20 ou ou G30 sont encore insuffisants pour espérer euh rester en dessous de 2 degrés.

Marqué aussi par un énorme un énorme paradoxe, c'est que depuis l'accord de Paris, année après année, on a battu chaque année des records d'émission, ce qui interroge quand même sur l'efficacité sur l'efficacité du dispositif. Mais là encore, je je veux y voir de l'espoir puisque si les engagements qui ont été présentés par par plus de 130 pays à la COP à la COP 30 sont tenus, on devrait atteindre autour de 2030 un pic d'émission euh ce qui serait quand même une transformation une transformation assez historique. Et puis peut-être troisème grand élément de perspective, pardon, quel dernier élément de perspective, on a adopté en 2000 en 2024 à Bakou à la COP 29 décision sur le financement du climat qui donne des perspectives là aussi pour les pour les 10 prochaines années et qui vise pour dans son dans son cœur de de décision à mobiliser 300 milliards de dollars à l'horizon 2035 et et qui ouvre aussi la porte à des formes de nouvelles solidarité et à l'élargissement de la base des contributeurs, ce qui est une une dynamique assez intéressante qui obéit à une des priorité que c'était fixé la diplomatie française dans les années dans les années passées.

Et et dans ce contexte, pour pour conclure rapidement mon propos, je voudrais vous fixer quelques priorités qui sont qui sont les miennes et celles de l'équipe que que j'ai l'honneur de diriger sous sous la houlette de la ministre de la transition écologique, du ministère du ministre de l'affaire étrangère et puis des du ministre de l'économie, des finances et de l'énergie. Euh première priorité sans doute un peu nouvelle par rapport à ce qu'a pu faire la diplomatie française jusque-là, la défense de la science qui aujourd'hui euh est malmené, attaqué, critiqué, défendre la science, défendre le GC et préserver l'intégrité de la de l'information. Ce sont des phénomènes nouveaux, la désinformation climatique qu'on voit apparaître de plus en plus et sur lequel euh nous avons souhaité euh mobiliser notre notre réseau diplomatique comme il le fait d'ailleurs sur d'autres grands sujets liés à la manipulation de de l'information dans dans la géopolitique internationale.

Deuxième priorité, travailler avec les pays du G20 et notamment les grands émergents en développant des partenariats euh et notamment des partenariats économiques et financiers. Je tiens à souligner ici que aujourd'hui et j'aurais pu euh être plus beaucoup plus long là-dessus, l'accord de Paris n'a pas uniquement permis de de transformer euh la trajectoire d'émission, il a aussi permis une profonde transformation de notre économie et de l'économie mondiale. Il y a 10 ans, quand on négociait l'accord de Paris, la solution la plus évidente pour donner accès à l'énergie aux populations les plus pauvres sur la planète, c'était le charbon.

Aujourd'hui, la plus compétitive, c'est le solaire. Euh et et on le retrouve sur un certain nombre de secteurs, sur le secteur des transports avec la l'apparition de de la batterie du véhicule électrique, avec l'apparition de l'intelligence artificielle et de tout ce qu'elle nous permet dans dans l'efficacité énergétique. Et aujourd'hui, quand on regarde l'écosystème économique français, euh on a une industrie de la décarbonation en France, on en a une en Europe qui a des compétences, qui a des savoir-faires et qui peut être mieux mobilisé au service de l'accompagnement de nos grands partenaires émetteurs dans le développement de ces technologies puisqu'on est aujourd'hui dans une dans une dans une phase de mise en œuvre de l'accord de Paris.

Troisème priorité, défendre la politique industrielle européenne et les mesures environnementales associées, notamment les mécanismes d'ajustement carbone aux frontières là aussi qui depuis quelques années sont violemment critiqués dans les inseintes onusiennes alors que la France est très attachée à la cohérence entre sa politique industrielle et sa politique environnementale. 4è priorité, continuer à aligner les flux les flux financiers. Vous le savez, l'Europe est pionnier en matière de développement du prix du carbone grâce son système européen d'échange des des quotas.

C'est un système qui fonctionne, qui a permis justement de tenir les objectifs que j'ai évoqué tout à l'heure. Et à la COP 30, on a pu par exemple engager des partenariats avec la Chine et le Brésil pour qu'ils développent et étendent des systèmes identiques et qu'ils l'appliquent à leurs propres industries, ce qui a le mérite aussi de rétablir un level playing field en en matière de de compétitivité. J'ai déjà mentionné l'élargissement de la base des donateurs.

Tous ceux qui ont une responsabilité en matière de de changement climatique sont invités à contribuer. La France en a fait une une grande priorité. Dans le même temps, nous défendons et nous continuerons à défendre les financements innovants, notamment les contributions euh globales de solidarité.

Et puis 5e priorité pour moi, mieux travailler sur l'adaptation. Euh vous savez, la France a lancé avec la traque un exercice intéressant qui a permis de mobiliser ses territoires, ses entreprises et l'ensemble de ces administrations sur des scénarios permettant de faire face à un réchauffement climatique à la au niveau de 4°gr. Euh très honnêtement, dans ces négociations internationales et dans la diplomatie climatique, on est souvent sur des débats un peu principiels sur les questions d'adaptation alors que les 10 prochaines années, si on écoute les scientifiques, nous disent que les impacts du changement climatique seront terribles pour notre sécurité alimentaire, pour l'eau, pour un certain nombre de populations qui vivent dans dans les zones côtières.

Il faut mieux s'y préparer. Je crois que là-dessus, on a clairement intérêt à à changer d'échelle. Et puis dernier point et je m'arrête là, dernière grande priorité pour la France, protéger les grands écosystèmes.

Euh les forêts tropicales et les océans sont des puits de carbone sans lesquels on n'atteindra pas les les objectifs de l'accord de Paris. Euh dans ce cadre-là, vous connaissez l'engagement de la France à la fois avec le sommet de Nice sur les océans, mais aussi le One Forest Sommit que nous avions pu organiser euh au au Gabon pour essayer de de trouver des moyens de protéger nos forêts tropicales. Ça fait partie des sujets que je porte avec Olivier Poivre d'Avor et Barbara Pompili qui sont mes homologues en charge de de l'in et des forêts, sur lesquelles nous travaillons ensemble euh parce qu'on a beaucoup à gagner et notamment du temps en la matière.

Je vous remercie. Merci monsieur ambassadeur pour à la fois cette photographie puis aussi la mise en perspective d'un semble d'enjeux et et c'est vrai que ce que vous avez dit au introduction sur les choses qui avancent et font du bien même si vous l'avez dit également il y a encore beaucoup beaucoup à faire pour atteindre les engagements en prix. Je vais maintenant laisser la parole à notre rapporteur TVR qui va poser maintenant les questions avant que nos collègues puissent prendre la parole.

Merci monsieur le président. Bonjour et bienvenue à notre invité, monsieur l'ambassadeur ainsi que toute l'équipe et puis mes salutations à mes à nos collègues qui sont ici présents et à toute l'équipe de la mission. Donc monsieur l'ambassadeur, merci pour ces premières réponses très complètes.

Je voudrais juste revenir quelques minutes sur le fonctionnement de l'équipe France. Euh c'est vrai que nous avons eu déjà quelques auditions, mais c'est vrai qu'on on voudrait bien comprendre comment cela fonctionne. Vous avez cité effectivement plusieurs ministres de tutel.

Euh comment préparez-vous ces négociations climatiques ? Et pour qu'on y voit un peu plus clair, voilà sur et je vous propose déjà de peut-être de nous arrêter quelques instants sur ce mode de fonctionnement pour que la la mission soit bien éclairée sur le sujet. Merci beaucoup.

Très bien. En effet, peut-être pour pour commencer et pour resituer le le travail qui est le mien, monsieur le président, vous avez mentionné tout à l'heure une forme de particularité française avec cette équipe interministérielle, mais je souhaite préciser au préalable que le travail de la France s'inscrit avant tout dans une coordination faite au niveau européen. Très concrètement et si je le prends par ce par ce bout là, c'est parce que le grand moment de la diplomatie climatique, c'est sont donc les COP, les fameuses conférences des partis dont le mandat est défini par une formation du Conseil des ministres européens, la la formation environnement.

Euh et ça c'est un c'est un fait historique, ça fait euh pratiquement depuis le début de de ces négociations et c'est le cas dans l'ensemble des autres convention que nous travaillons dans dans ce cadre-là. Donc avec un mandat qui est négocié, partagé euh par validé par les ministres les ministres de l'environnement n'excluant pas et et je le dis avec beaucoup de de bonheur parce que je suis convaincu que c'est c'est utile et nécessaire et que ça réplique un peu le le modèle français avec chaque année souvent des des formations du conseil des ministres de l'économie ou des ministres de l'affaire étrangère qui apportent aussi euh une contribution au débat et ça a notamment été le cas pendant que nous préparions il y a il y a plus de 10 ans l'accord de Paris où les contributions des ministres des finances ou les contributions des des ministères des affaires étrangères sont particulièrement utiles pour traiter de l'ensemble de l'ensemble des sujets. Euh si j'en viens maintenant à à la manière nous sommes organisés en France et puis après je vous ferai le petit cheminement qui nous emmène jusqu'au jusqu'au niveau européen.

Donc moi j'ai la chance et c'est une c'est je pense c'est c'est une vraie ça ça puie ces histoires dans dans une mobilisation qui est même antérieur à la Corde de Paris puisque il y a 20 ans existait une mission interministérielle sur l'effet de serre la miè dans lequel se trouvait à l'époque le chef de délégation française et qui avait déjà cette cette dimension interministérielle parce que la France a finalement compris assez tôt que pour réussir à faire avancer ces sujets au niveau international il fallait à la fois des compétences techniques et la matière l'est profondément. La matière, elle est technique parce que elle vient aussi d'un constat scientifique logique et qu'on a besoin de comprendre en profondeur ce qui se passe. Elle est technique aussi parce qu'elle est profondément sectorielle.

Une fois que vous avez posé le diagnostic des émissions de gaz à effet de serre, et ben vous regardez 80 % c'est l'énergie et donc globalement l'industrie, les transports, le logement des secteurs que que l'on connaît bien et qui par ailleurs sont traités sont traités en tant que tel dans nos politiques publiques publiques nationales. Mais c'est aussi un énorme travail diplomatique à la fois parce que nous sommes dans un cadre nuusien et que il y a un certain nombre de règles et de de modes de fonctionnement qui sont propres qui sont propres à ces à ces négociations. Et puis parce que sur ce sujet qui est un sujet majeur et sur lequel l'un des points de départ qui a suscité sans doute cette mobilisation internationale, c'était le rapport de Nickstern qui disait "Regardez bien, il faut agir pour le climat parce que en fait le coût de l'action est inférieur au coût que nous aurions à affronter en matière d'impact du changement climatique.

Il y a une dimension qui est profondément économique à la fois dans la nature du problème et dans la nature des solutions sur lesquelles on est amené à à travailler. Et donc cette histoire de c'est c'est un peu l'histoire de de la jeunesse de cette fameuse mission interministérielle sur les faits de serre euh du du début des années 2000 qui s'est transformé à l'occasion de la COP 21 euh sous l'autorité de de Laurence Toubyana notamment en équipe de France interministérielle. Euh elle a le plaisir de de s'appuyer sur des agents qui viennent du Kedorsé, des agents qui viennent du ministère de l'écologie.

Alors là, avec parfois en fonction des portefeuilles des gens qui font et de l'énergie et de l'écologie, mais en fait globalement ça reste quand même des ingénieurs du corps des mines et des ingénieurs du corps des pot et en gros les directions inférentes, la DAEI et la DG la DGEC qui sont qui sont compétentes sur ces sujets, c'est la direction des de la mondialisation au K d'Orsé qui [grognement] qui qui s'occupe de de ces sujets s'agissant du ministère des affaires étrangères et bien sûr la direction générale du trésor pour pour Bercy qui nous permet parce qu'elle est l'interlocuteur aussi naturel de ceux qui tiennent une grande partie des cordons de la bourse, c'est-à-dire les banques multilatérales de développement et les autres institutions financières internationales, le cœur du réacteur et puis je pense que la beauté de cette équipe euh je vous en ai cité les les trois composantes majeures économie, environnement et et affaires étrangères, mais on a on accueille avec beaucoup de bonheur aussi des agents qui ont des des spécialités un peu particulières. On a notamment quelques collègues qui viennent du ministère de l'agriculture qui est un secteur à la fois contributeur euh aux émissions de gaz à effet de serre mais surtout l'un des premiers impacté par par les conséquences du changement climatique. On a aussi bien entendu des agents du ministère de la recherche euh pour nous accompagner sur notamment tout ce qui a trait à la connaissance scientifique puisque vous savez que le le JC le groupe intergouvernemental d'experts sur le climat est celui qui qui nous alimente.

Donc toute cette équipe est pilotée sous maoulette de manière très pratique. on fait au moins une réunion par mois et puis c'est eux qui composent les délégations qui ne participent au aux événements internationaux. Alors, on essaie à chaque fois de faire coller les compétences plus particulières des uns et des autres euh euh à la composition des délégations, mais pour les deux grands moments de l'année que sont les sessions intermédiaires et les COP, c'est cette équipe-là qui qui m'accompagne avec évidemment dans sa périphérie et vous l'avez mentionné tout à l'heure, l'Agence française de développement qui est notre bras armé financier s'agissant des engagements que que j'ai pu rappeler que j'ai pu rappeler tout à l'heure.

Et puis peut-être un mot euh aussi sur euh l'intégration le qu'on a de de deux jeunes euh délégués euh dans la délégation française. C'est une pratique que mes prédécesseurs avaient mis en place et que j'ai souhaité conserver qui nous permet aussi une forme d'interface avec euh des mouvements de jeunesse et les mouvements les plus engagés sur le climat. Donc voilà, c'est on a aussi cette particularitél.

Ça c'est le premier cercle et puis peut-être qu'on on y reviendra dans dans des questions ultérieures. La délégation française lors des grands moments et et des copes internationales, elle est un peu élargie euh à l'ensemble de la société civile, c'estàd le monde de l'entreprise, des collectivités territoriales, des élus, euh de la recherche et des S tank parce qu'on considère et ça aussi c'est l'héritage de de la COP 21 que on a besoin d'une mobilisation générale pour agir sur ces sur ces sujets climatiques et que la diplomatie française qui s'appuie sur la grande qualité du réseau diplomatique et c'est notamment particulièrement utile pour convaincre nos nos partenaires les plus émetteurs, elle vaut aussi par le rayonnement de ces acteurs non gouvernementaux. Et donc, j'ai une vision assez extensive de ce qu'est l'équipe de France puisque le premier cercle est effectivement composé de fonctionnaires et d'agents de l'État, mais je considère que nos alliés dans la société civile qui portent globalement à à peu de nuances près les mêmes messages que nous sont aussi des allieux précieux pour pour convaincre nos partenaires.

Merci monsieur le président. Merci pour euh euh ces réponses. Je rebondis juste sur la société civile.

Effectivement, est-ce que c'est un moyen aussi de continuer à travailler avec les États-Unis puisque on entend parler d'une mobilisation non pas non plus de l'état fédéral mais peut-être de grandes villes ou de d'États américains qui souhaitent poursuivre les discussions. Est-ce que c'est un une réalité que vous constatez ? Alors, évidemment euh bien évidemment et je pense que ça ne s'arrête pas malheureusement qu'aux États-Unis euh puisqu'on a vu un certain nombre de partenaires parfois hésiter sur sur ces sujets.

Je pense par exemple au Brésil où nous avons longtemps travaillé avec des gouverneurs notamment sur la priorité de lutte contre contre la déforestation. Mais c'est clair que la diplomatie des villes ou des régions par exemple a énormément de valeur euh pour continuer à à travailler avec la Californie qui doit aujourd'hui être la 4e puissance mondiale si on l'isole du reste des États-Unis et qui continue à aller de l'avant. Et donc ça nous permet effectivement d'avoir y compris avec des réseaux scientifiques qui parfois sont mal menés.

Aujourd'hui, je parlais de de d'intégrité de l'information climatique. Euh pour nous, ce sont d'autres canaux mais qui ont qui ont une vertu énorme dans le monde compliqué dans lequel nous vivons aujourd'hui. Très bien.

Je voulais je voulais aussi revenir sur Bem parce que en entendant vos propos introductifs, je n'ai pas senti en tout cas personnellement mais je me trompe peut-être euh une forme de scepticisme qu'on a pu entendre chez d'autres interlocuteurs qu'on a eu depuis le début de la mission qui tirait un un piètre bilan de Bélè vous m'aviez l'air plus positif sur le sujet. Alors, est-ce que vous pouvez nous nous en parler un peu plus ou ou en tout cas quelle perspective vous avez depuis Bél et en préparation notamment de la COP 31 ? Al oui, je voulais pas vous donner l'impression que Bem a été un succès phénoménal, mais simplement je pense que dans le contexte dans lequel nous nous vivions et après et on pourra peut-être parler aussi de ce qui se passe en dehors des des instances climatiques et et notamment de ce qui s'était passé à l'organisation Maritime Internationale quelques quelques semaines avant où pour l'affaire courte, nous avions fixé, c'était une priorité portée par mon collègue Olivier Provo d'Harvore pour la conférence de Nice que nous avions tenu en joint sur les océans des avancées sur la question de la décarbonation du secteur maritime euh qui avait trouvé un consensus au mois d'avril 2025 et qui n'a pas réussi à être adopté par l'assemblée plainère de de l'organisation Maritime International en octobre notamment sous la pression extrêmement forte des États-Unis et d'un certain nombre de leurs alliés.

Dans ce contexte-elà le bilan qu'on peut faire de Bem, il est pour moi enfin en demi-te. Euh il y a eu euh un risque et des tentatives d'attaque sur le régime climatique qui ont été désamorcé et en ce sens-là [raclement de gorge] euh je trouve que la COP a fait son boulot. Euh sachant que la la grande priorité, le grand objectif de cette année en matière de changement climatique, c'était d'obtenir ces contribution.

Euh l'Europe euh a eu un peu de mal aussi à tenir les délais puisque ces contributions, elles étaient attendues pour je crois le 17 février de l'année 2025 et l'Europe l'a publié quelques jours avant Bélhem. comme la Chine et comme un certain nombre de pays. Puis je vous faisais par tout à l'heure référence à l'Inde qui doit être le 3e ou le 4e émetteur mondial de gaz à effet de serre et qu'il a publié bien après la COP pratiquement pratiquement 4 mois après sur ce critère-là.

Là aussi le le bilan est en demi-te, mais on a quand même noté une adhésion assez forte des des grands pays émetteurs au régime climatique et à une forme de défense de ce système dont aujourd'hui l'ensemble de nos partenaires hormis les États-Unis nous disent que de toute façon on ne ferait pas beaucoup mieux que le que l'accord de Paris. C'est que c'est pas la peine de faire table rase du du régime climatique pour le mettre enfin pour essayer d' d'en reconstruire un parce que c'est c'est un régime qui fonctionne et qui fonctionne assez bien. Là où nous avons été profondément déçus à à Bélhem, je pense que c'est pour deux raisons principales.

La première, c'est parce que on a et l'Union européenne a été très mobilisée sur ce sujet, essayer de tirer une nouvelle fois la sonnette d'alarme sur le fait que nous nous rapprochions de plus en plus d'une limite où dans laquelle nous on pourrait bientôt dire que nous ne tiendrons pas notamment l'objectif de 1,5°gr euh de de réchauffement climatique au regard des des données scientifiques. Je fais par exemple référence au au rapport qui s'appelle Emission Gab de UNEP qui a été du programme des Nations- Unies sur sur l'environnement qui a été publié quelques quelques jours avant la COP et qui montre que encore une fois nous ne sommes pas nous ne sommes pas sur la bonne trajectoire. l'Union européenne a fortement dans cette dans dans cette copenaires s'engage à faire un petit peu plus à dire on a nos objectifs pour 2035, ils sont pas sans doute à la hauteur de ce que recommanderaient les scientifiques et donc il faut qu'on trouve un mécanisme pour améliorer en quelque sorte nos engagements.

Considérant aussi que l'Europe avec sa contribution et son objectif en 2040 avait poussé les fer au feu et en étant le plus ambitieux possible et fondé sur sur des analyses scientifiques assez assez carrées. Euh et là-dessus, on a été très isolé. Euh on a eu beaucoup de mal à convaincre nos partenaires et nos nos autres grands partenaires émergents de s'engager dans cette logique là.

Et et donc si vous voulez, il y avait une sorte de de sentiment et plus qu'un sentiment d'ailleurs, une une un vrai une vraie difficulté à faire que ce moment qui est l'instance de décision du de l'accord de Paris se dise accélérons. on n'a pas accéléré et je pense que ça c'est assez dommageable au regard notamment de de de l'augmentation des impacts du changement du changement climatique que que nous vivions et c'est d'autant plus regrettable et c'est la la deuxième très grande déception que euh les Brésiliens avaient fait une proposition assez intéressante de réorganiser en fait toutes les coalitions qui ne sont pas à proprement parler situé dans l'accord de Paris. C'est ce que dans les négociations et dans les COP, on appelle la zone verte, c'est la zone ouverte à la société civile, aux collectivités territoriales, aux entreprises qui elle était toutes au rendez-vous euh et qui nous ont dit sur les émissions de métade, nous on est prêt à faire beaucoup plus sur la le développement de la voiture électrique, on est prêt à faire beaucoup plus sur la question de la gestion de l'eau face au stress hydrique, on est prêt à faire beaucoup plus et donc on avait une communauté économique d'investisseurs, de de gouvernements locaux qui développaient des solutions, qui disaient "Ben en fait, nous on a les solutions et c'est profondément vrai hein, 10 ans après l'accord de Paris, on a énormément de solutions qui sont là qui ont on a la technologie, on a la maturité économique et en fait on n pas réussi un peu à transformer l'essai.

Euh donc on a protégé le régime climatique. Ça c'est une je pense c une un enseignement fort et et on n' pas ralenti par contre on n pas accéléré. C'est sans doute pour ça que aujourd'hui ce bilan à la COP 30, il est il est profondément profondément en demi-teinte.

Le fait aussi qu'il manque quand même aujourd'hui entre 40 et 50 pays qui n'est pas soumis leur contribution. Alors ça va beaucoup mieux he depuis que l'Inde a publié son son engagement la semaine dernière. vous m'auriez entendu lundi dernier.

Je pense que j'aurais été beaucoup plus beaucoup plus pessimiste, mais ça montre quand même une dynamique et ça montre aussi que finalement on a aujourd'hui peut-être dans un certain nombre de pays un tissu économique, un tissu d'élus locaux et sans doute un tissu citoyen qui a peut-être un peu plus d'avance sur les décideurs politiques en tout cas ceux qui se réunissent au COP et que c'est ce manière-là qu'on arrivera sans doute à corriger le tir et à retrouver un moment un chemin avec plus d'ambition. Merci. Je pour rester sur les cops, euh ce rythme annuel vous semble euh toujours pertinent.

Est-ce qu'on a pas l'impression de courir après une autre COPE dès qu'on en a fini une ? Est-ce que qu'on a pu entendre des avis euh euh je ne citerai pas le nom des auteurs, mais euh euh partager sur ce sujet d'une COP tous les ans où finalement on recherche une négociation pour aboutir, pour avoir un bon bilan euh et comme vous l'avez pu le souligner, parfois lorsqu'on évite euh de casser ce qui a été produit, on a un bilan plus mitigé alors que c'est déjà aussi comme vous le disiez, si j'ai bien compris, une victoire en soi. Voilà.

Que pensez-vous de ce rythme des copon on cherche bien entendu à faire des recommandations et ça fait partie de nos investigations. Non, c'est c'est une question une question délicate à laquelle il y a plusieurs manières d'y répondre. Si si je fais l'analogie avec il y a la question du rythme annuel des COPESP et il y a la question de choisir chaque année à la dernière minute ou pas qui organise la COPE et ce qu'on peut avoir un peu de prévisibilité pardon ou pas.

Euh et quand on a euh moi je faisais partie de de l'équipe de Laurent Fabius il y a il y a il y a une quinzaine d'années, on a eu 3 ans pour préparer la COP 21 euh puisque la décision elle a été euh elle a été annoncée je pense à la COP de 2012 et ça nous laissait 3 années euh pleines euh pour accueillir euh pour accueillir la COP Laurent Fabus répétant à l'envie à l'époque de toute façon nous n'étions que le seul candidat donc il y avait pas eu de match pour que que l'on soit choisi. À ce moment-là, on avait déjà de la visibilité parce qu'on savait qu'avant nous viendrait le Pérou et avant nous la Pologne. Et le fait d'avoir un plan de travail avec un objectif à 3 ans, c'était quelque chose d'extrêmement utile et extrêmement précieux. ce qui n'est pas la même chose que euh certaines COPES où on décide un peu à la dernière minute et ça a été le cas cette année puisque jusqu'à ce que nos amis turcs et nos amis australiens se mettent d'accord, ils étaient tous les deux candidats pour pour l'accueil de de la prochaine COPE qui font que quand on a une présidence qui n'a qu'un an finalement pour organiser une COPE, c'est sans doute plus délicat aussi d'en faire quelque chose d'utile.

Après si si si la question est celle du rythme annuel des COP ou pas, je pense qu'il faut la la relier à ce que j'ai essayé de décrire dans mon introduction qui est qu'on a on est en train de vivre une transition dans dans la mise en œuvre de l'accord de Paris. Euh moi, j'ai aucun doute que les 10 COP précédents, la COP 30 étaient des COP utiles. Euh parce que à chaque fois ça nous a permis, hein, c'est ce que je disais manière un peu imagée, si l'accord de Paris était une loi, chacune des COPES après jusqu'à la COP 29 a permis d'adopter des décrets d'application et comme c'est des décrets d'application qui ne se font qu'au consensus, il est important d'avoir des moments collectifs de de validation.

Et donc je pense que rétrospectivement les 10 cops précédentes ont été particulièrement utiles. Maintenant nous sommes dans une autre phase euh qui est celle que je décrivais avec ce rythme basé sur de enfin sur des périodes de 3 + 2, c'est-à-dire un bilan mondial tous les 3 ans et ensuite la publication de nouvelles de nouveaux objectifs qui doivent se fonder sur le bilan mondial identifie déjà clairement quelles sont les grandes copes les grandes copes politiques en quelque sorte. Euh et donc ce sera euh pour les prochaines échéances qui euh qui sont dans dans le collimateur de l'équipe de France, euh la fameuse COP 33 euh dont la pour le pour laquelle la présidence n'a pas été encore désignée mais qui devrait avoir lieu selon la règle de le enf tournant des présidences tournantes de l'ONU en Asie.

Euh puis euh la COP 35 en 2030 euh donc 5 ans après Bélhem où là les les États devraient venir avec leurs nouveaux objectifs pour 2040. Et entre-temps, l'enjeu principal, même si il est on a parfois quelques petits rendez-vous techniques, notamment sur l'agenda financier où en fait on s'est donné un un calendrier de travail qui est pas exactement le même que celui du de ce de ce système en 3 ans plus 2 ans. Euh entre-temps, on a sans doute plus besoin de se travailler à la mise en œuvre.

Est-ce que les engagements que nous avons pris collectivement devant le monde entier qui sont publiés sur le site des Nations- Unies, on est en route pour les mettre en œuvre ? Est-ce qu'on a besoin de coopération technique, de coopération financière pour travailler plus en profondeur sur l'industrie, sur l'eau, sur l'agriculture ? C'est peut-être aussi comme ça qu'on pourrait imaginer les rendez-vous intermédiaires.

Euh mais aujourd'hui, et c'est c'est le souhait que que j'ai développé à la tête de cette équipe, on est déjà en train de préparer la prochaine très grande COPE qui sera celle de 2033. en essayant bien sûr de poser des jalons sur les sur les deux les deux prochaines, c'est-à-dire celle qui aura lieu en Turquie avec cette coprésidence avec l'Australie en en la COP 31 en 2026 et la COP éthiopienne. Et ça c'est une bonne chose d'avoir 2 ans de visibilité pour nos amis africains pour la préparer, d'en faire des copes utiles pour la préparation de de ce grand rendez-vous.

C'est un peu comme ça aujourd'hui que voilà que je vois les choses. Merci beaucoup. Vous parliez tout à l'heure de l'élargissement effectivement de la base des contributeurs.

Euh ce qui pose la question en fait finalement de l'architecture initiale des pays contributeurs bénéficiaires. Euh vous avez bon espoir d'y aboutir parce que je on nous en a beaucoup parlé effectivement certaines ONG nous ont dit mais attention si on commence à toucher à l'architecture on remet on va dire sur l'ouvrage des discussions trop complexes pour pouvoir avancer rapidement avec la crainte de ne pas avancer du tout euh on pense bien entendu à la Chine comme à d'autres grands pays mais est-ce que vous pensez qu'il y a une fenêtre de négociation ? On peut le souhaiter mais est-ce que concrètement vous pensez qu'il y a une fenêtre de négociation qui s'ouvre sur le sujet ou est-ce qu'il y a une position très fermée de ceux qui sont appelés à contribuer aussi ?

Alors là aussi, il y a il y a plusieurs manières de de répondre à cette question en voyant le verre à moitié vide ou à moitié plein. D'une certaine manière, depuis quelques années, on sent que les choses bougent. Le Brésil a par exemple pour la COP 30 lancé une grande initiative euh qui était une initiative assez intéressante dans la philosophie, même si elle pose encore beaucoup de questions, qui s'appelait la Tropical Forest Forever Facility TFF.

Alors, vous découvrirez que dans le la diplomatie climatique, on est fan d'acronyme, donc on en invente toujours deux ou trois par an. Mais mais c'est un instrument qui a été porté d'ailleurs sur une idée euh originale de la France qui cherchait à à mobiliser de manière un peu différente de l'argent pour la protection des des grandes forêts tropicales euh dans lequel euh les deux premiers pays à s'engager étaient le Brésil euh et l'Indonésie. Euh alors c'était au à ce stade, ça a été porté au titre d'engagement politique.

La matérialité des de la mise à disposition des ressources à ma connaissance n'est pas n'est pas avérée. Et on peut y voir comme on pourrait voir dans la participation des Émirats à l'occasion de leur COP 28 en 2023 au fond perte et préjudice des signaux intéressants allant vers la reconnaissance que on va avoir besoin d'aller dans cette dans dans cette direction là pour répondre à à l'objectif. Et encore une fois euh nous avons obtenu euh en à la COP 29 en 2024 une décision au consensus euh qui a pas été une décision facile euh qui a été portée en qui a été débattu jusque dans les dernières minutes et et les dernières secondes de la COP qui reconnaît l'élargissement de la base des donateurs et qui dit que dans le fameux objectif de 300 milliards qui vient remplacer celui de de 200 milliards euh on a on prendra en compte ces nouvelles contributions.

Alors, on dit pas combien, on dit pas de qui, mais en tout cas, on a un consensus construit avec les grands émergents, avec les pays qui aujourd'hui ont une responsabilité historique significative en matière de changement climatique qui reconnaît cet élément-là adossé bien sûr à la au fait que et ça c'est l'un des principes clés de l'accord de Paris que bien entendu les pays qui industrialisés, les fameux pays de l'annexa ont une responsabilité à continuer à prendre leur responsabilité et à prendre les devants en la matière. Ce sont des signaux qui sont qui sont quand même intéressants. Et si on regarde dans le détail de ce qui est communiqué notamment par la Chine, depuis quelques années, elle commence à dire qu'elle fait des choses en matière de financement climat dans les pays dans enfin dans dans dans des états tiers, ce qu'elle ne faisait pas il y a quelques années.

Donc tout ça est un faisceau d'indice qui montre que les conditions de température et de pression s'améliorent. Est-ce qu'elles sont totalement réunies ? Absolument pas.

Et en même temps, et je pense que la la position de la France là-dessus est assez claire, c'est une priorité absolue pour qu'on puisse continuer à faire vivre ce régime climatique et on fera en sorte que enfin de mettre tous les moyens nécessaires pour que ce cet élargissement de la base des contributeurs soit euh atteint, on va dire, d'ici d'ici 2030. Je pense que c'est on est dans un moment où on va avoir de temps en temps des grandes avancées puis sans doute mais c'est comme ça aussi faut que fonctionne le multilatéralisme des moments peut-être un peu plus euh un peu plus conservateur mais moi j'ai l'impression que c'est une dynamique qui est en train de de se créer et qui de toute façon est quasiment une condition sinéquanon pour que ce régime d'une part il fonctionne parce qu'on a besoin de plus de ressources. On a besoin de plus de ressources publiques et on a besoin de plus de ressources privées et on a besoin que chacun agisse à la hauteur de sa responsabilité.

J'en profite pour dire aussi que en matière de financement climat, l'Europe en général et la France en particulier font beaucoup plus que leur juste part. Euh c'est-à-dire que si on ne devait si on ne contribuait qu'à la hauteur euh de ce qu'est notre responsabilité historique euh et même si c'est des choses qui sont en général assez mal définie puisque il est très difficile de qualifier la question de la de la responsabilité historique, l'ensemble des analyses qui qui sont produites sur la question des financements montre que parmi les grands pays industrialisés, l'Europe fait sans doute plus euh que ce qu'elle ne devrait faire. Ce qui veut dire aussi qu'on a un certain nombre de p de partenaires de pays industrialisés qui ne sont peut-être pas encore aujourd'hui à la hauteur de ce qu'il faudrait faire en matière de financement climat et que si on veut déclencher des contributions de la part notamment des grands émergents, il faudra aussi un moment que l'ensemble des pays industrialisés fasse leur juste part.

Alors président, j'ai évidemment d'autres questions mais comme certains collègues doivent partir avec vous, je sais pas si on imprime je reprends. Merci. Moi j'ai une toute petite question, c'est sur la coordination européenne parce que des interlocuteurs précédents que nous avons pu auditionner nous ont précisément donné comme recommandation qui était nécessaire que l'Europe parle d'une seule voix.

Donc, est-ce que vous êtes si optimiste que ça sur le modèle de fonctionnement actuel ? Est-ce qu'il y a pas des pistes d'amélioration précisément euh sur l'organisation des COPS en amont ? Euh moi je suis enfin je suis per nature optimiste, mais je pense que ça fait 10 ans voir plus 20 ans que l'Europe en matière de climat parle d'une seule voix.

Euh et ce processus, il a énormément de défauts et notamment un manque de lourdeur et enfin une énorme lourdeur et parfois un manque de réactivité dans une négociation où euh euh nos partenaires sont peut-être parfois plus agiles que nous, ils ont moins besoin de de temps de coordination et donc ça c'est des choses sur lesquelles on peut travailler. Mais encore une fois, je pense que enf d'une part, on a toujours parlé d'une seule voix, ce qui veut dire qu'on s'est mis d'accord avant et que une fois qu'on s'est mis d'accord, on amène aussi la puissance de ce qu'est l'Union européenne en matière de en matière de diplomatie de diplomatie climatique et c'est-à-dire ce que je vous disais tout à l'heure sur les financements. Euh si on fait à peu près entre 45 et 50 % de 50 milliards, c'est de 100 milliards, c'est qu'on fait 50 milliards d'euros par an.

Et quand on parle, on est écouté pour cette raisonlà. Et quand on dit que bah finalement, si ça n'avance pas aussi vite, on pourrait être moins allant sur la question financière. Ça suscite aussi un certain nombre de de réactions de partenaires, ce qui ce qui dans le jeu diplomatique a a de mon point de vue de mon point de vue de beaucoup de valeur.

Et puis ça nous permet et je pense que c'est aussi la grande force de l'Union européenne d'avoir cette cohérence entre ce qu'on fait au niveau national ou communautaire et ce qu'on fait à l'international. Euh et ça je pense que c'est quelque chose qui est qui est extrêmement important quand vous regardez ceux qui analysent et qui commentent aujourd'hui nos objectifs climatique. Aujourd'hui, la voix de la France en et la voix de l'Europe en matière de climat, c'est un peu le triple A si vous voulez.

C'estàd que en fait c'est des gens sérieux. Quand ils viennent prendre un engagement, ils le tiennent et en général leur engagement il est plutôt dans le haut du panier de tous ceux qui font. Et ça on ne serait pas capable de le faire si on était 27 États membres. dispersé et on le voit d'ailleurs euh et on a pu le voir à la COP 30 où nos partenaires qui sont rassemblés dans d'autres groupes, il y a notamment un groupe de l'ombrel qui rassemble l'Australie, le Canada, le Royaume-Uni désormais qui n'arrivent plus aujourd'hui à parler de manière coordonnée et à apporter quelque chose à à ces négociations.

Alors cette cette approche européenne qui fait qu'on a toujours parlé d'une seule voie, moi je suis attaché à ce qu'on puisse continuer à le faire. Euh elle a aussi euh un petit défaut dans ces négociations, c'est qu'elle nous expose parce que on est devenu enfin on est l'acteur sérieux de la salle et donc dans un jeu parfois compliqué de négociation qui qui mais qui ça fait partie des joies du multilatéralisme et ben on est la cible des critiques. On nous attaque sur le Sibam, on nous attaque sur les financements mais c'est parce qu'on a un rôle de leader et que bah qu'on est aujourd'hui l'acteur le plus important et le plus fort de ces négociations.

Il faut s'attendre aussi à ce que la critique pleuve parfois. Donc ça rend les choses pas forcément simples. Mais en tout cas, moi je suis très très attaché à ce que cette coordination européenne elle fonctionne et si je devais peut-être me permettre euh un regard un tout petit peu critique ou en tout cas un besoin euh au niveau européen, c'est que là aussi c'est pas pour jeter des fleurs à à l'équipe de France, mais on est très cohérent dans notre diplomatie.

Moi, j'ai aucun enfin je porte une voix qui est la voie unifiée du ministère des finances, du ministère de étrangères et du ministère de l'écologie. Je suis capable de parler commerce et climat de manière intégrée. Vous verrez, je crois la FD tout à l'heure qui vous dira à quel point nos priorités sont parfaitement alignées avec not la puissance financière que représente la FD.

C'est quelque chose que l'Europe fait peut-être assez peu et assez mal. La coordination entre ministres du développement, du commerce, des finances ou ou de la politique de développement. Ça, je pense que c'est quelque chose qui dans un moment où on est rentré dans la mise en œuvre de l'accord de Paris mériterait d'être d'être renforcé et clarifié.

Merci. Euh moi, j'ai euh deux questions mais rapides. Enfin, une bonne c'est comme à la fin, on rendra un rapport donc si vous avez des propositions, on sera problème.

Mais je laisserai le rapporteur aller là-dessus. Moi, j'ai une question plus globale au moment où finalement le alors j'entends tout ce que vous dites sur on arrive à coordonner en France, on arrive à coordonner au niveau européen et on essaie de faire que les copes en tout cas les mot de point mais il n'en don pas moins que la question du l'avenir du multilatéralisme et des coup de putois elle est posée et alors il y a ceux qui disent il faut tout péter pour construire autre chose ou sur d'autres valeurs. Il y a ceux qui disent il faut rien bouger et puis il y a un moment peut-être s'interroger sur ce qu'il faudrait faire bouger.

Donc ma question c'est est-ce que avec toutes ces ces ces forces on va dire qui risquent de péter le système comment vous imaginez les choses c'est qu'est-ce que il y aura pas d'impact sur ce que vous évoquez sur la question des COP où on peut imaginer d'autres évolutions si demain une partie voulait en sortir si d'autres disaient il faut changer parce que vous l'avez dit aussi par ailleurs, c'est que l'Europe qui pourtant est décrit par beaucoup d'autres reste le premier financeur. Donc tout ça, il y a quand même un jeu parfois de dupe. Voilà sur sur la la pression de peut-être du la recomposition multilatérale, est-ce qu'il y aura un impact potentiel ou alors une chance, une opportunité de créer autre chose ou de faire évoluer vers autre chose ?

Parce que là le président République le président République président américain lui s'occupe par exemple du conseil de la paix qui son pendant qui est le conseil de sécurité mais rien ne lui interdit rien interdit on sait bien sa capacité à inventer demain une forme de COP mais la vraie COP puisque lui considère qu'il y a pas de de sujets climatiqu donc et donc d'avoir comme ça par des moyens de pression qui soient militaire qui soit économique financier la création d'une autre structure qui aurait de qui de fait affaiblirait de façon conséquente le dispositif qui qui vit depuis maintenant quelques années. Alors le diplomate que que je suis devenu sera profondément prudent pour envisager l'avenir et les propositions qui pourraient émaner du côté de du côté des États-Unis puisque je pense que les derniers mois nous montrent que nous vivons dans un dans un monde qui est profondément profondément imprévisible. Euh là aussi, moi j'ai j'ai plusieurs grilles de lecture. d'abord sur le multilatéralisme à mon sentiment, mais encore une fois, ce n'est qu'un sentiment, c'est que euh notamment chez nos partenaires émergents et on l'a vu dans l'Afrique du Sud, par exemple dans son G20 où ils se sont battus jusqu'à la dernière minute pour faire avancer des sujets climat et j'aurais pu dire aussi qu'effectivement la diplomatie climatique, elle ne s'arrête pas que au régime de la convention 4 des Nations Unies sur le changement climatique, mais qu'elle étend aussi ces ces ces enjeux à ce qui peut se passer en G7 à qui ce qui peut se passer en en G20.

Euh je pense que l'ensemble des pays émergents et et finalement si on regarde la dynamique mondiale des émissions, puisqueaujourd'hui la croissance des émissions se fait dans ces pays-là, sont convaincus qu'en fait il n'y a pas de meilleur accord que l'accord de Paris. C'est un peu le message qu'ils ont envoyé qu'ils ont envoyé à la COP. Après avec sans doute des lectures un peu différentes de une fois qu'on est dans la grande maison de l'accord de Paris, est-ce que on fait entrée plat des sers, c'est-à-dire adaptation, atténuation, finance ou est-ce queon fait que entrée plat ou que plat des sers ?

Et je pense que le risque de de de l'effritement de l'accord de Paris, il est plutôt de l'intérieur que que de l'extérieur à court terme. Et en même temps euh et je pense que c'est quelque chose qu'on a essayé de faire euh assez rapidement euh avec le président de la République et en fait dès 2000 dès 2017, si je refais un peu la la séquence en en 2017, je crois que c'est au mois de juin que le président américain annonce le retrait des États-Unis de l'accord de Paris. Euh en décembre 2017, on réunit à la scène musicale, je crois, plus de 130 ou 140 chefs d'état dans un mouvement qui était un mouvement de soutien multilatéralisme et qui viennent tous réaffirmer leur engagement.

Euh alors qu'on sait qu'à l'époque, les États-Unis ont cherché à débaucher en quelque sorte un certain nombre de partenaires et à créer une dynamique pour justement entraîner entraîner de une sortie de l'accord de Paris. Ils n'y ont pas réussi lors du premier mandat lors du premier mandat américain et il n'ont pas jusqu'à la date d'aujourd'hui vraiment réussi dans ce dans ce de dans ce deuxè dans ce deuxème retrait. Ce qui montre qu'il y a quand même un attachement assez profond euh au multilatéralisme euh des diplomates euh je pense des ministres de l'environnement et de plus en plus des ministres des ministres sectoriels. et et dans une des dans une analyse un peu post partoum de la COP 30, le président de la COP André Desago puisqu'il a écrit une quinzaine de lettres à l'ensemble des des chefs de délégation et des ministres faisait une analyse que le multilatéralisme c'était finalement notre maison commune qui allait plus vraiment beaucoup bouger mais qu'à l'intérieur il était possible de créer des des coalitions. ce qu'il appelle le plurilatéralisme euh des coalitions d'acteurs ambitieux qui veulent avancer plus vite et c'est sans doute par ce biais-là euh y compris en se fondant sur ce qu'on a essayé de faire depuis depuis une dizaine d'années avec les fameux One Planet Summit, c'est-à-dire ouvrir un peu les portes et les fenêtres de la maison onusienne au monde de l'entreprise, au monde des investisseurs, aux collectivités territoriales, ce qu'on a pu faire à Nice, par exemple en créant une coalition des villes côtières pour rassembler un peu tous les élus qui se posent la question de qu'est-ce qu'on fait face à la hausse du niveau des mères en ouvrant les portes et les fenêtres de de du du régime onusien à d'autres acteurs en parlant finances, en faisant des choses, avancer des choses sur l'agriculture, sur la protection des forêts, sur l'interdiction de l'exploitation des grands fonds marins.

On fait aussi des choses pour le climat, on les fait pas dans un format multilatéral au consensus où tout le où en fait celui qui ne veut pas dire oui est capable de bloquer tout le monde. Mais on arrive en créant ces coalitions à compléter le multilatéralisme et sans doute de mon point de vue à à le rendre plus réellisilient. Vous évoquiez tout à l'heure le rôle des collectivités territoriales notamment aux États-Unis qui continuent leur politique climatique.

On a un certain nombre qui ont là aussi étendu leur système de prix du carbone ou renforcer un certain nombre de de régulations environnementales. Ça ça permet je pense de consolider une dynamique qui montre que par ailleurs l'économie réelle est en train de se transformer. Je rentre des États-Unis, mais j'avais eu déjà ce sentiment en octobre en septembre dernier lors de l'Assemblée générale des Nations- Unies.

Les investissements dans la transition énergétique aux États-Unis, c'est-à-dire dans l'hydrogène, les batteries, les réseaux électriques, les énergies renouvelables, n'ont jamais été aussi élevé qu'en 2025. Euh la Chine est en train de devenir euh l'un des plus grands producteurs mondials euh d'énergie décarbonée. La France avec son modèle nucléaire renouvelable hydro éolien et solaire a exporté 20 % de sa consommation d'électricité ramenant dans les caisses de l'État entre 5 dans les caisses de DF pardon entre 5 et et et 6 milliards d'euros l'an dernier et et aujourd'hui je pense que mais mais en tout cas tout ça dit que aujourd'hui les signaux économiques qui sont qui nous sont envoyés le fait que les énergies renouvelables soient la solution la plus compétitive en en Afrique pour produire l'électricité que des pays comme l'Éthiopie, le Kenya se disent "On va arrêter d'importer des voitures thermique, on ne va importer que des voitures électriques" parce que c'est comme ça on met fin à notre dépendance aux hydrocarbures et on arrête d'acheter en en devise nationale des choses qui se vendent en devise étrangère montre qu'en fait l'économie a déjà choisi et que je pense que ça c'est une force de résistance assez massive pour la lutte contre le changement climatique parce que ce qui motive les acteurs c'est aussi des questions de sécurité de souveraineté énergétique. en sortant des énergies fossiles, c'est d'être partie prenante de la compétition internationale en sécurisant les chaînes de valeur industrielle, que ce soit sur l'acier vert, sur le ciment, mais aussi sur les minerais critiques.

Et ça ça crée, je pense des forces de résistance en dehors du système onusien qui font que globalement les acteurs qui sont autour de la table se disent qu'ils ont plutôt intérêt à coopérer parce que cette direction, elle est déjà prise par l'immense majorité des pays de la planète. Dernier mot parce que c'est mon côté taquin, mais vous avez raison de rappeler que enfin d'abord ce que vous dites important et intéressant que l'économie a choisi, que les États ont choisi, que la question de la souveraineté est maintenant au cœur de tout euh et notamment le rapport à l'énergie fossile. Mais aujourd'hui, quand on regarde tout le moyen tout toute la l'enjeu du basculement vers une autre économie, on sait bien qu'on peut être dépendant d'un pays ou d'un bloc de pays pour un autre. et la question des terras des min et cetera et donc dans toute cette transition notamment le rôle de la Chine sa capacité à dominer à la fois la production mais et j'ai même dire quasiment surtout la transformation est aussi un enjeu et donc la question qui nous est posé c'est si c'est juste passé d'une dépendance à une autre j'ai pas de j'ai pas de mettre de points de plus ou de moins aux uns autres mais c'est aussi quand même une question qui nous est posée collectivement notamment dans le modèle français puisqu'on sait bien que c'est un des enjeux mais je peux je peux que souscrire à cette analyse Après l'histoire récente du mois passé, mais l'histoire récente de de de l'invasion de de l'Ukraine, de la tentative d'invasion de l'Ukraine par la Russie montre que les énergies fossiles figurent au tout premier rang des dépendances et que l'avantage des technologies qui sont les technologies climatiques, c'est que c'est ce sont aussi des technologies de la souveraineté et et de l'indépendance.

Vous avez raison de souligner que il faut absolument pas remplacer une dépendance par une autre. C'est pour ça que par exemple nous travaillons aujourd'hui avec l'Inde dans le cadre de l'Alliance solaire internationale à des partenariats triangulaires avec l'Afrique. Et moi ce qui me marque c'est que l'Inde est parfois un partenaire exigeant voire difficile dans les négociations internationales.

Il regarde avec beaucoup d'intérêt et d'envie les règles européennes en matière de miner critique de recyclage des batteries par exemple en nous disant vous avez forcé dans votre réglementation de la bonne norme environnementale à garder sur le territoire européen les matières qui compos qui composent les batteries pour justement essayer de vous émanciper de dépendance ce type de partenariat là où ce qu'on essaie de faire avec les pays africains sur la transition énergétique pour leur donner les moyens de mettre en production des nouvelles unités de production de minerais critiques pour justement augmenter l'offre et et réduire la la enfin ou répondre à la concentration du marché. Ça fait partie des projets qui pour moi sont doublement vertueux parce qu'il nous permettent d'agir à la fois pour le climat et à la fois pour la souveraineté. On vous remercie une nouvelle fois.

Merci à vous. Merci encore monsieur l'ambassadeur. Alors, je voulais vous parler, vous avez parlé tout à l'heure dans la 5e priorité je crois de l'adaptation.

Je voulais revenir sur cette priorité euh pour parler effectivement des comment dire des états insulaires et en particulier aussi de nos outres maères. Donc ça il y aura plusieurs questions en une, mais euh quel comment déclineriez-vous cette priorité liée à l'adaptation ? Euh quel regard portez-vous sur euh alors vous parliez d'acronyme tout à l'heure, les traqus au sein de du PNAC.

Euh donc cette trajectoire de référence pour l'adaptation au changement climatique et et son application éventuelle dans les outresem outreem qui euh euh sont aussi à la recherche évidemment de financement qui n'ont pas accès naturellement par essence aux financements internationaux sur ces sujets. C'est étant sénateur de Polynésie française un des sujets qu'on regarde avec bien sûr avec beaucoup d'attention, mais euh euh il y aurait-il une voie possible aussi de euh de track à l'international qui inclurait à la fois nos autres maes et les États-voisins que ce soit dans le Pacifique ou ailleurs ? C'est un peu une une bouteille à la mer que je lance mais voilà.

Pouvez-vous nous en dire plus sur c priorité de l'adaptation ? Non mais alors là aussi vous avez tout à fait tout à fait raison. L'accord de Paris prévoit sur l'adaptation la définition de ce qu'on appelle un objectif mondial d'adaptation.

En anglais GGA, Global Goal on adaptation. Euh et on est 10 ans après l'accord de Paris et on l'a toujours pas adopté. Euh il était censé être validé après 2 ans de travail technique à la COP 30. finalement les une partie des négociateurs et c'était vraiment pas notre option considérer qu'il fallait 2 ans de plus et donc on fixait l'ob l'adoption de cet objectif euh pour la pour la COP 32 qui se tiendra en Éthiopie.

Moi, je le regrette profondément euh parce que je pense que l'exemple français justement euh qui s'est dit euh bah en fait euh on va poser les choses et on va faire un scénario de référence pour pour l'adaptation au changement climatique, ça a quand même permis de déverrouiller un certain nombre de de choses importantes. Là où finalement dans le champ de la diplomatie climatique, on se borne souvent sur la question d'adaptation à faire deux choses, c'est-à-dire à construire des indicateurs. C'est tout à fait louable de vouloir faire des indicateurs parce que c'est beaucoup mieux de mesurer ce ce dont on discute et de ce dont on négocie.

Euh mais souvent on résume la question de l'adaptation à la question de d'un transfert financier entre ceux qui sont responsables et ceux qui ne le seraient pas du tout. euh qui est une vision un peu étriquée euh de l'adaptation et qui surtout euh je trouve euh laisse un peu trop de côté ceux qui euh et à force dans nos outresemers font d'ors et déjà face à des conséquences assez assez extraordinaires et parfois marquantes euh du changement climatique. Dans ce contexte là, nous on essaie de faire deux choses, c'est-à-dire effectivement de partager cette idée de la traque.

Et là, on essaie de simplement d'évangéliser d'une certaine manière en disant "On a essayé cette méthode et et elle a provoqué des choses intéressantes." Elle a provoqué des choses intéressantes parce qu'elle a permis à beaucoup d'acteurs et c'est un peu aussi à ça que servent les négociations internationales de se saisir du sujet. Euh la TRAC a permis euh aux grands gestionnaires d'infrastructure de se poser des questions qui se posaient pas jusque-là.

Euh à des acteurs privés de changer un peu leur trajectoire d'investissement, euh à des maires, à des des élus de collectivité territoriale de se projeter dans quelque chose et du coup d'avoir aussi des réponses qui leur permettent de prendre des grands choix d'aménagement du du territoire. Et donc nous, on essaie dans un premier temps de faire valoir cette expérience française. Alors on peut pas l'imposer mais on peut la proposer et c'est ce qu'on fait c'est ce qu'on fait c'est ce qu'on fait énormément.

La deuxième chose qu'on essaie de faire sur l'adaptation euh c'est euh de sans doute de faire évoluer un peu la logique parce que parce que aujourd'hui moi j'ai la conviction que si on continue à manier des concepts, on passe à côté des besoins des populations sur le sur le terrain et et donc je souhaite qu'on puisse être beaucoup plus précis quand on parle d'adaptation. L'adaptation c'est quoi ? C'est de l'eau, c'est de l'agriculture, c'est de la résilience du bâti, c'est de la prévention des risques et des alertes précoces qui permettent notamment dans les territoires dans les territoires ultramarins de mettre les gens à l'abri avant avant la l'arrivée de d'un cyclone ou d'un ouragan.

C'est la question de l'assurance euh qui aujourd'hui euh et là aussi nos concitoyens de enfin nos compatriotes de d'outre mer le savent bien, l'accès à l'assurance est parfois extrêmement difficile. Euh là où je pense qu'en ayant des conversations peut-être sous les formes plurilatérales que j'ai évoqué tout à l'heure, c'est peut-être pas le modèle métropolitain d'assurance qu'il faut proposer, mais il existe des modèles d'assurance qu'on peut déployer sur sur les territoires ultramarins. Et et moi j'ai en tête un certain nombre encore une fois de nos compatriotes vivants dans des territoires frappés par à la fois dans la Caraïbe et dans l'océan Indien par des par des cyclones et des ouragans.

Quand on on discute avec les assureurs, ils nous disent pour tout de suite on peut rien faire parce qu'on éétait pas calibré mais on peut discuter pour pour la suite pour faire des des choses. Et ça ça fait partie ça fait partie pour moi des des sujets des sujets sur lesquels on pourrait mieux travailler en s'appuyant sur sur nos autres mèes et y compris mais je vous invite peut-être aussi à poser cette question à la FD qui est un bailleur enfin un partenaire financier à la fois des des de des pays en développement mais aussi des territoires ultramarins. Moi je crois beaucoup à à l'exemplarité de de de ce qu'on peut de ce qu'on peut expérimenter avec nos territoires qui par ailleurs ne sont pas inactifs sur ces sujets.

On a eu le plaisir d'avoir la Guyane très présente à à à Bélhem pour raconter comment elle contribuait à protéger la forêt. La Guyenne, c'est une exemplarité en matière de lutte contre la déforestation puisqu'il n'y a presque pas de déforestation en Guyenne et qu'on arrive à conserver sur ce territoire une des une des parties les les plus belles et les les plus les plus riches en biodiversité de de la forêt amazonienne. Mais je pense aussi à ce qu'on a pu faire sur les Sargas par exemple où là aussi on a essayé notamment dans le prolongement des négociations climat ce qu'on a pu faire à à Nice d'essayer de provoquer un dialogue régional sur les sargas pour essayer à la fois de partager les diagnostics, les connaissances scientifiques et les solutions.

Et moi j'y crois beaucoup. Je pense que dans ce plurilatéralisme qui va être la norme dans dans les prochaines années, on a beaucoup à faire euh avec nos nos avec l'ensemble des des territoires des territoires d'outreem et y compris sur des questions d'innovation financière. Enfin, je pense que c'est vraiment euh c'est vraiment des choses intéressantes.

Je suis très fier aujourd'hui quand je discute et j'étais il y a quelques jours avec des partenaires des petits état insulaire en en développement en réflexion sur euh l'opérationnalisation de la transition en dehors des énergies fossiles. et j'avais le bonheur de leur raconter la modernisation de la centrale électrique de la Réunion qui est passée enfin qui s'est converti à la biomasse liquide permettant à la fois de valoriser des produits locaux en partie mais aussi de réduire une dépendance massive à l'importation d'énergie fossile qui sur un territoire insulaire est une aberration économique absolue puisque il n'y a pas d'intérêt économique à importer massivement des hydrocarbures. c'est une perte nette pour l'économie nationale.

Et donc typiquement ce voilà c'est c'est cesatoires que sont l'ensemble de nos de nos territoires et je pense en en particulier dans cette année où nous aurons une préc à Fidji avec un point d'étape à tout Valou. Je compte m'appuyer fortement sur les expérimentations et l'engagement des territoires français du Pacifique pour qu'on puisse continuer aussi à nouer des des partenariats régionaux avec avec la communauté du Pacifique. Mais mais sur juste pour rester 2 minutes sur ce sujet précis et et donc il y a des vous travaillez avec le ministère des autres mères sur ces questionslà.

Comment comment se passe opérationnellement cette concertation, cette consultation, cette association de nos nos territoires ? Alors en pratique et pardon, j'ai j'ai pas beaucoup de bouteilles dans mon dans mon poste puisque j'y suis que depuis l'envisager de de depuis euh depuis 6 mois. Mais mais d'expérience, moi je je le le ministère des outresemèes est effectivement un partenaire un un partenaire utile que que l'on peut mobiliser, mais je crois aussi beaucoup au dialogue pratiquement en direct avec les élus et les représentants économiques du territoire des territoires. simplement parce que le ministère des autres mères est un ministère qui a déjà énormément de choses à gérer et pas forcément toujours et et pour avoir géré quand dans dans mes fonctions précédentes des crises notamment des crises climatiques avec eux euh le voilà face aux urgences dont il don dont ils ont à s'occuper, c'était pas toujours le le plus efficace mais en tout cas c'est je pense que c'est une bonne idée de renforcer au niveau au niveau central les relations avec le ministère des autres mer puisse mieux mobiliser et vous vous avez pu entendre que j'ai une vision très extensive de ce qu'est l'équipe de France du climat des expériences française d'élus de représentants du territoire dans les négociations directement parce que des fois des discussions de paire à paire sont plus efficaces que des discussions de diplomate à diplomat pour être tout à fait honnête sur ce point-là vous préch convainc d'autant plus que l'article 74 de la constitution vous le savez confie quand même des compétences assez élargies à nos exécutifs locaux donc merci beaucoup pour cette précision Euh je rebondis également, j'arrête pas de rebondir depuis le début de cette mission, mais euh sur l'innovation en matière de financement.

Il s'est tenu en Polynésie récemment un un colloque sur la question du carbone bleu et des crédits carbone. On connaît aussi toutes les difficultés qu'il y a autour de du référencement de ces initiatives. Ça fait partie de des financements qui sont présentés comme innovants.

Il y en a peut-être d'autres. Euh est-ce que quel quelle appréciation avez-vous de cette parce que vous avez fait référence deux ou trois fois depuis le début de votre intervention à cette innovation financière ? On posera la question bien entendu à la FD mais voilà que quelle perspective donnez-vous sur cette et quel code part pensez-vous euh réaliste euh donner à ces ces modes de financement nouveaux ?

Merci. Alors sur la question du du des crédits carbone et du carbone bleu, là aussi c'est un sujet majeur parce que [raclement de gorge] historiquement dans les négociations internationales, on s'est beaucoup plus intéressé au carbone au carbone vert qu'au carbone bleu. Oui.

Euh historiquement, c'était beaucoup plus simple et aujourd'hui, il vous suffit de pratiquement de monter euh dans un avion ou d'acheter euh quelque chose sur internet pour qu'on vous propose de participer à la protection de la forêt pour compenser euh l'empreinte carbone de l'achat du bien ou du service que que vous avez décidé d'acheter. Et on n' jamais vraiment réussi à le faire sur sur les océans qui sont pourtant paradoxalement le premier le premier puit de carbone. Alors, c'est lié à plein de choses.

D'une part, c'est qu'il y a une partie du pit de carbone océanique qui est situé dans les eaux internationales et qui par nature n'appartient à personne. Ça c'est la la haute mer. Et et en même temps en France, on a on a souhaité c'est ce qu'on a fait des choses enfin c'est des choses qu'on a commencé à faire dans le premier One Planet Summit sur la biodiversité qui s'est réuni là aussi avec un peu de décalage mais qui a servi de support au au aux négociations du cadre 2030 sur la biodiversité. on avait lancé une coalition sur le carbone bleu euh et dans mes fonctions antérieures, j'ai eu le bonheur de demander au ministère de la transition écologique à l'époque d'accélérer notamment pour euh en faire un un un levier de financement innovant la labellisation des crédits carbone dans le cadre du label bac carbone qui vous savez qui est le pendant domestique de ce sujet.

Je crois qu'on avait un des très beaux projets notamment de Mangrov euh il me semble que c'était en Guadeloupe qui ont fait un peu figure de prototype. Euh [raclement de gorge][toux] donc moi j'y crois à titre à titre personnel, je ne mime pas les les difficultés méthodologiques et scientifiques euh mais qui sont liées à la la nature de de ces projets, hein. C'est des choses qu'on on mesure aujourd'hui et on qualifie encore un peu moins bien ce qui se passe sous l'eau que ce qui se passe sur terre.

Donc c'est c'est il y a encore un énorme travail scientifique à faire, mais c'est aussi pour ça qu'on a qu'on a souhaité que la France soit un peu pionnière dans cette dans dans ce domaine là parce qu'on y croit et puis parce que dans sa loi climat pour pour 2040, l'Union européenne envisage de recourir jusqu'à 5 % de crédit carbone internationaux pour atteindre son objectif. Euh et ça ça veut dire que globalement il va falloir produire des crédits carbon avec un attachement en plus tout particulier. Euh mais là aussi nos autres mères ont une forme d'exemplarité et de leadership sur le sujet.

On a beaucoup regardé ce qui générait du captage et de la séquestration biologique du carbone mais qui avait aussi des cobénéfices sur la biodiversité. Et c'est notamment le cas des mangroves et des réciifs coraliens. Et la France depuis quelques années en partenariat avec le Royaume-Uni explore beaucoup ses ces pistes pour reconnaître à la fois un apport pour le climat et pour la biodiversité.

Et ça ça rejoint et ça fait écho à des choses qu'on a pu faire en en Polynésie mais aussi en Nouvelle-Calédonie avec le parc de la mer de Coraille où la protection des des récifs coraliens sont non seulement un bénéfice important pour le climat à la fois parce que ça séquestre du carbone mais aussi parce que ça constitue une barrière naturelle contre la hausse du niveau des mers mais quelque chose d'indispensable aussi pour notre biodiversité. Le corail, c'est aussi une nurserie de poisson qui permet en fait la régénération des stocks aliotiques. Et et donc toutes tous ces éléments-l espérant que d'ici 2030, date à laquelle on les les premiers crédits carbone vont vont se matérialiser, on puisse faire émerger aussi des projets de de de carbone bleu à la condition qu'on ait résolu l'ensemble des étapes méthodologiques qui sont parfois un peu complexes à à suivre.

Merci beaucoup. Je vois le temps qui filme mais on peut peut-être encore se donner une ou deux questions si si cela vous va. C'est c'est passionnant donc mais je veux pas non plus abuser de votre temps.

Euh c'est une question autour de la des possibilités offertes par la géoingénierie. On n pas encore abordé ce sujet. Quel est votre regard euh sur cette géoingénierie qu'on entend de plus en plus évoquer ?

Est-ce que vous pensez qu'il y a là une aussi une perspective sérieuse et ou au contraire que ces possibilités sont plutôt surestimées. Quel est votre avis sur le sujet ? Alors, la famille de la géoingénierie, c'est une famille euh de de j'ose pas employer ce terme solution parce que ce serait ce serait caricatural, mais de technologies euh dont certaines ont énormément de valeur euh puisque euh la géingénierie, c'est par exemple renforcer l'effet d'albé de la planète en peignant les toits en les toits en blanc par exemple.

Euh ça c'est qualifié de géo-ingénierie et c'est des solutions qui sont tout à fait louables parce qu'elles visent à à limiter la quantité de enfin à augmenter la quantité de chaleur qui est réverbérée vers euh vers les hautes couches de de l'atmosphère et qui a beaucoup de de vertus parce qu'en plus ça apporte du confort thermique au aux habitants des des des logements que don dont on peint les les toits en blanc. Euh et donc il y a un certain nombre de solutions de de générogénéie qui sont des solutions de bon sens et qu'il faut encourager. Mais mais je pense que votre votre question est plus large et fait surtout référence à euh des technologies comme euh le alors je je j'ai le terme en anglais mais je suis pas sûr, je vais me tourner. le modification du rayonnement solaire, c'est ce s en [grognement] en anglais, pardon, encore un acronyme euh où où l'ensemble de ces technologies qui viseraient à modifier euh la composition soit de la basse atmosphère, soit de la haute atmosphère pour en fait essayer de provoquer euh de manière artificielle une forme de refroidissement euh de du système terre.

Euh là-dessus, je pense qu'on est on est assez clair et là aussi euh au niveau européen euh pour fermer la porte à l'ensemble de ces technologie au moins tant que euh il n'y a pas une gouvernance solide et une approche scientifique rigoureuse de ces technologies. Et et ce qu'on voit aujourd'hui se développer, même si ça reste à l'état d'idées et de concept, c'est un certain nombre d'acteurs soit publics, soit privés qui envisagerait des expérimentations de ce type de technologie, soit en envoyant des produits, je crois que c'est du soufre, mais là aussi je ne suis pas scientifique, donc si je me trompe, je vous prie de de bien vouloir m'en excuser, voir éventuellement de faire ce qu'on appelle de l'ensemancement de nuage là aussi visant à refroidir artificiellement une partie, une région, une région du monde. Euh et et aujourd'hui, moi encore une fois, je ne suis pas scientifique et et et je souhaite que l'équipe de France que je pilote se ce se documente et se renseigne et je crois qu'on a un très très bon rapport de enfin je crois je suis sûr qu'on a un très très bon rapport de de l'Académie des Sciences là-dessus et que par ailleurs, on a un certain nombre de de Français qui sont très investis dans la science climatique et et dans le GC qui nous appellent à la plus grande prudence euh en la matière, ne serait-ce qu'en fait aujourd'hui on ne mesure pas euh l'ensemble des effets de ce type de technologie et que certains sans doute à raison pensent que le remède serait pire que le mal euh et que dans ces conditions là, il nous semble totalement inenvisageable de développer de développer ces technologies à force et pardon de le dire ici mais dans on évoquait tout à l'heure le multilatéralisme qui avait du mal aujourd'hui à produire du consensus et de la décision en l'absence d'un cadre de gouvernance sur des sujets qui touchent à notre sécurité collective.

Il me semble qu'il faut absolument éviter de jouer au docteur Folamour. La référence est claire. Très bien.

Euh peut-être une dernière question, monsieur l'ambassadeur. S'il fallait, vous l'avez longuement décrit tout à l'heure, mais je je veux dire s'il fallait encore améliorer le système de l'équipe France et et être encore plus performant dans la préparation des prochaines COP pour que cette diplomatie climatique puisse être encore plus efficace, si on peut s'exprimer en terme d'efficacité euh au sens général sur les objectifs climatiques qui sont recherchés. Quel quelles recommandations pourriez-vous formuler ou quelles attentes pourriez-vous avoir ?

On s'attache autant que possible nous à pouvoir faire aussi des recommandations dans le casre de cette mission. Mais quelle serait selon vous les quelques éléments précis sur lesquels on pourrait encore progresser ou qui sur lesquels vous souhaiteriez attirer notre attention particulière ? Alors, je je ne voudrais pas commencer par jeter des fleurs à mes prédécesseurs, mais mais je pense que le le euh aujourd'hui la qualité euh à la fois de l'équipe de France que j'ai l'honneur de piloter, mais aussi l'engagement politique qui ont pu être ceux euh du président de la République, des ministres des affaires étrangères, des ministres de la transition écologique et et des ministres de l'économie et finances des des 15 dernières années sur ce sujet et quelque chose qui nous donne une voix unique, forte et crédible.

On est reconnu partout sur la planète et moi je suis invité dans mes modestes fonctions simplement parce que je suis français et parce que grâce à cette équipe, grâce à cet engagement au plus haut niveau depuis euh depuis des années, la voix de la France est entendue et écoutée écoutée sur ces sujets. On nous invite à parler, on vient voir ce qui se passe en France et moi j'en tire une grande fierté. Euh et une fois que j'ai dit ça, je je dirais pas ne changer rien parce que parce que je pense que dans le monde dans lequel on vit euh euh il faut il faut continuer à à se poser la question.

Euh je pense que euh l'une des grandes euh priorités pour moi et sans doute euh pour améliorer euh notre efficacité, c'est de réussir à mieux mobiliser notamment notre réseau diplomatique. Et je je vous disais tout à l'heure, on a des champions français. Euh alors, je sais pas si au Sénat c'est comme à la télé, on n' pas le droit de citer des marques, mais euh mais vous les retrouverez tous euh dans l'aéronautique, dans la transition énergétique, euh dans euh les technologies digitales, dans les réseaux électriques, dans les transports et notamment les transports urbains.

On a ce qui se fait de mieux en matière d'entreprise en France sur ces sujets-là. Ça c'est des solutions qu'on peut déployer partout sur la planète et notamment on est des champions de la champion du monde de la ville durable. Euh les gens regardent ce qu'on a fait aux Jeux Olympiques en matière de durabilité avec une forme d'émerveillement et être plus offensif sur ces sujets-là euh grâce à la richesse de notre réseau diplomatique dans les pays euh les plus émetteurs pour diffuser nos solutions.

Et c'est pareil sur j'ai oublié de dire qu'on avait des champions mondiaux sur l'eau aussi qui sont ceux qui font aujourd'hui les technologies de dessement de réutilisation des eaux usées. Je pense qu'on pourrait amplifier encore plus notre action en mobilisant mieux notre notre réseau diplomatique qui est déjà tous nos ambassadeurs organisé des petits événements de célébration des 10 ans de l'accord de Paris et les gens venaient et venaient écouter ce qu'on avait à dire. Euh on a parlé tout à l'heure de la traque euh ce genre de choses et et à l'identique, je pourrais passer des heures à vous raconter des projets magnifiques que j'ai eu l'occasion de voir euh plutôt dans la Caraïbe et et dans l'océan Indien parce que le Pacifique c'est c'est un peu loin pour un ambassadeur climat qui fait attention à à son empreinte carbone mais j'espère avoir l'occasion cette année avant avant Fidji d'aller d'aller dans les outresemes du Pacifique.

Mais bientôt vous pourrez le compenser par du carbone bleu. Et ben ce sera ce sera avec plaisir. Ça risque de me coûter un peu cher mais je le ferai avec bonheur.

Non, mais tout ça pour dire queen fait au-delà de du fonctionnement administratif, on a cet écosystème d'élus, d'entreprise qu'il faut valoriser et et c'est c'est notre meilleur allié dans dans le monde dans lequel dans lequel on vit encore une fois parce que c'est ce monde là, il a un peu d'avance par rapport par rapport au à l'espace multilatéral qui est qui est un peu figé et puis vraiment ce que je disais tout à l'heure, pardon, 3è piste d'amélioration mais qui concerne surtout l'échelon européen, cette mise en cohérence des différents volets économie, finances, commerce, développement, elle a ce qu'on fait en France n'est pas encore répliqué au niveau européen. Et là-dessus, je pense qu'on gagnerait aussi à faire en sorte que les ministres du commerce et les ministres du climat de l'Union européenne se parlent, que les ministres du développement et les ministres du climat ou de l'énergie se parlent parce que ça ça nous rendrait encore plus efficace et et plus plus influent sur la scène internationale. je créerai une équipe interministérielle européenne du climat.

Mais vraiment parce que en fait euh encore une fois on on peut parler de la lourdeur de l'Union européenne mais c'est quand même c'est quand même une puissance remarquable. Euh euh et parfois on regrette que l'Union européenne ne soit pas enfin soit un peu trop un indiplomatique. En matière de climat, on a tout ce qu'il faut pour être un géant diplomatique.

Donc ça fait partie des des pistes sur lesquelles nous allons essayer de travailler. Je vous remercie. Devenir un géant diplomatique à l'échelle européenne, ça sera le mot de la de la fin.

Alors, monsieur l'ambassadeur, vous vouliez rajouter quelque chose ? Non, non, je voulais simplement vous remercier remercier l'ensemble de de vos collègues parce que j'en ça pourrait durer des heures. Ces sujets me me passionnent et et j'ai vraiment apprécié le le temps d'échange que nous avons vu aujourd'hui.

Merci beaucoup à vous et pour le temps que vous avez pris aussi. On on est très ouvert à toute contribution écrite que vous souhaiteriez partager avec nous. Si éventuellement il y a des sujets que vous n'avez pas pu développer là et qui vous venez après euh vous êtes les bienvenus pour que nous puissions utilement compléter notre rapport et et merci beaucoup en tout cas pour cette audition.

J'ai j'ai pris énormément de notes en tout cas pour ma part mais je sais que toute l'équipe également. Donc merci. Un grand merci à vous.

Très bon après-midi. Bon après-midi. Euh et j'querai d'ailleurs oui pardon ce sujet le 8 avril prochain puisque je suis coprapporteur sur l'audition du candidat proposé par le présublique à la direction générale de la FD monsieur Monsieur Christophe LCtier.