"Des couches, du café, de l'alimentaire" : sur Amazon, le Black Friday sert aussi pour le quotidien
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France Info
Bonsoir Frédéric Duval.
Bonsoir Fanny Gaudet, Guinochet.
Merci d'être avec nous aujourd'hui. C'est un jour important pour vous. Vous êtes le patron d'Amazon France. Merci d'être sur France Info. Votre plateforme d'achat, on ne la présente pas puisqu'il y a près de 35 millions de Français qui l'utilisent chaque mois. Black Friday, Vendredi Noir, des promotions à foison qui se poursuivent d'ailleurs tout le week-end. C'est votre journée phare. C'est le pic de vente aujourd'hui ?
C'est un des pics de vente de l'année et le Black Friday est devenu un moment très attendu, incontournable pour l'ensemble des Français et pour Amazon. C'est le moment d'accompagner le pouvoir d'achat des Français au travers de, comme vous l'avez dit, des centaines de milliers de promotions.
L'année dernière, ça avait été un chiffre record que vous n'avez pas voulu dévoiler mais en tout cas, vous aviez fait dans un communiqué que c'était vraiment des ventes records. Est-ce que vous attendez à la même chose aujourd'hui ?
On espère faire mieux encore et les Français viennent toujours...
Qu'est-ce que vous donnez vos indicateurs aujourd'hui ?
Les indicateurs disent que les Français sont toujours plus nombreux à profiter du Black Friday. Et vous savez, cette année, en particulier en plus, on a énormément d'offres d'entreprises françaises qui sont disponibles sur le site. Plus que les années précédentes ? Oui, plus que les années précédentes. Oui, plus que les années précédentes. La vitrine française, si je l'illustre, elle a aujourd'hui 12 millions d'articles différents qui sont des entreprises qui fabriquent en France, qui créent en France...
Et qui vendent par votre plateforme.
Et qui vendent par notre intermédiaire. Et quand on veut expliquer ce que c'est que 12 millions d'articles, c'est beaucoup 12 millions d'articles, eh bien c'est l'équivalent de 120 hypermarchés dans lesquels vous auriez mis des références différentes dans chacun d'entre eux. Donc, si on veut acheter français, c'est véritablement...
Donc, si on veut acheter français, on passe par une plateforme américaine ?
Si on veut acheter français, on vient sur Amazon.fr et on va dans le Black Friday, on sélectionne la vitrine française et on a une offre incroyable de produits pour s'équiper.
Ça, c'est pour l'offre, effectivement. Qu'est-ce que vous observez dans les achats ? Les Français, aujourd'hui, ils achètent essentiellement quoi en cette période de Black Friday ?
Alors, pendant cette période de Black Friday, ils achètent trois choses en particulier. La première chose qu'ils achètent, et c'est assez nouveau, c'est des biens de consommation courante.
C'est-à-dire ?
C'est des couches, du café, de l'alimentaire, des détergents, plein de choses comme ça.
Ils font des réserves.
Ils achètent, ils profitent des grandes, des bonnes affaires pour, effectivement, stocker un petit peu de produits et faire en sorte que, voilà, ça sera moins cher pour eux dans leur quotidien. La deuxième chose, ce sont des équipements classiques, donc des cafetières, des électroménagers, la téléphonie, bien sûr, exactement. Et puis, enfin, évidemment, on anticipe les cadeaux de Noël et donc, on a beaucoup de jouets, beaucoup de choses. Donc, en fait, voilà, trois choses, des produits, des quotidiens, de l'équipement et puis des cadeaux de Noël.
Justement, on parle pouvoir d'achat. Vous disiez qu'un certain nombre, c'était nouveau, de Français aujourd'hui profitent de ces promotions pour faire des réserves. Ça veut dire qu'aujourd'hui, il y a des tensions plus fortes que vous observez en termes de pouvoir d'achat, de budget dépensé sur votre site ?
Ce qu'on voit, c'est qu'effectivement, il y a une tendance à ce que les Français profitent plus pendant cette période de Black Friday de ces offres qui sont des offres du quotidien. On sait aussi, dans les sondages, que le pouvoir d'achat, c'est la préoccupation numéro un, aujourd'hui, des Français.
Vous l'observez, le reste de l'année, par exemple, vous voyez des changements de consommation importants ?
Je ne dirais pas qu'on ne voit des changements de consommation. On voit, en tout cas, pendant cette période-là, une intensification, effectivement, des commandes sur les produits du quotidien.
Alors, on est le Black Friday aujourd'hui, vous le répétez, il y a aussi des grèves dans certains pays, notamment aux Etats-Unis, avec un mouvement Make Amazon Pay pour faire en sorte qu'Amazon paye mieux. Est-ce qu'en France, vous avez eu des mouvements de grève aujourd'hui ?
Non, on n'a aucun mouvement de grève significatif.
Significatif, ça veut dire quoi ?
Pour être très clair, on a eu 10 personnes sur notre site de Bretigny-sur-Orge qui sont sorties sur 5500 employés. Je pense que ça illustre les conditions de travail excellentes que nous offrons. et non, au contraire, on a 25 000 salariés aujourd'hui en France qui sont dédiés totalement à réaliser une expérience extraordinaire pour tous les clients en France à l'occasion de ce Black Friday.
Justement, comment vous faites face à cette hausse des achats en fin d'année ? Ça veut dire que vous embauchez des intérimaires, vous renforcez encore vos équipes ?
Oui, oui, oui. Alors, on a 25 000 permanents aujourd'hui en France et puis on ajoute à cela, pendant la période de Noël, 8 500 saisonniers qui vont nous aider à faire en sorte de répondre aux besoins très temporaires qui est celle de la période de Noël.
Rappelez-nous, vous avez combien de sites aujourd'hui en France ?
En France, on a 35 sites.
Donc, vous êtes vraiment réparti sur tous les hexagones.
Si je fais un petit peu machine arrière, on est arrivé en 2000, donc il y a 25 ans, on a investi un peu plus de 30 milliards d'euros en France et on a créé 25 000 emplois. 25 ans, 25 000 emplois, on a créé à peu près 25 000 emplois permanents, tous les ans, pendant 25 ans.
Alors justement, cette entreprise, vous êtes capable de nous dire ça fait 25 ans qu'elle est là et vous, ça fait 20 ans que vous la connaissez puisque ça fait 20 ans que vous travaillez chez Amazon. Alors, auparavant, vous étiez passé par, vous étiez ingénieur chez Renault, chez Technicolor, Thomson Multimedia, mais il y a 20 ans, donc vous êtes rentré comme contrôleur financier, c'est bien ça chez Amazon ?
Je suis rentré dans une entreprise qui avait 19 salariés à Paris et 80 à peu près salariés dans notre petit site de Bretigny-sur-Ange.
Et vous avez gravi les échelons ?
Et on a gravi, j'ai gravi les échelons, j'ai grandi avec l'entreprise, on est désormais 25 000 en France, on a 35 sites répartis sur toute la France et oui, on est au service de tous les Français, de toutes les entreprises françaises pour développer leur activité.
C'est assez rare de rester aussi longtemps dans une entreprise, non ?
Ça témoigne certainement que chez Amazon, on se sent bien. On a une grande...
Ce n'est pas ce que disent tout le temps les syndicats.
Oui, sur les conditions de travail. Ce que je peux vous dire, c'est que nos salariés, qu'ils soient dans nos bureaux parisiens ou bien dans nos centres de distribution ou dans nos agences de distribution, restent avec nous. On a un taux de rotation dans nos centres de distribution qui est environ six fois moins important que dans le reste de la logistique en France. Six fois moins, ça commence à faire beaucoup.
Est-ce que ça veut dire que vous avez un profil ? Donc, vous étiez ingénieur, vous êtes rentré par la finance. Est-ce que pour faire carrière chez Amazon, il faut, comme la vôtre, il faut avoir un profil de financier quand même ?
Non. Non, non. Pour faire carrière chez Amazon, assez souvent, et c'est la majorité des cas, on vient et on ne demande aucun diplôme. Il n'y a besoin d'aucun diplôme. Vous savez, notre site, par exemple, à côté de Metz, on a créé 4000 emplois là-bas, 70% des gens que nous avons recrutés étaient au chômage, 66% de ces 70%
étaient au chômage
de longue durée.
Oui, c'est des zones sinistrées.
C'est des zones qui, aujourd'hui, on a remis au travail beaucoup, beaucoup de gens qui en avaient besoin. Et donc, c'est une fierté. Et par ailleurs, au sein de nos centres de distribution, on offre à nos salariés des formations académiques du type BEP-CAP, BAC, BTS, ou bien même des formations externes lorsqu'ils veulent s'investir dans un autre métier.
Alors, on parle budget, finance, en ce moment, il y a le débat budgétaire qui se déroule à l'Assemblée nationale et au Sénat. Les GAFAM dont vous faites partie sont visés. Il y a aussi la taxe sur les multinationales qui vous attend, la contribution exceptionnelle mais qui risque d'être prolongée cette année. Vous attendez à payer plus d'impôts cette année ?
Moi, je ne commande pas. Je suis quelqu'un de légaliste. Quand nos parlementaires et notre gouvernement aura fini à établir un budget, on appliquera. Mais pour l'instant, on ne commande pas. L'année dernière,
vous avez payé combien d'impôts ?
On a payé l'an dernier 900 millions d'euros. Parce que souvent,
vous êtes attaqué. On dit, ces GAFAM, ils font de l'optimisation fiscale.
Non, mais alors, c'est effectivement ce qui nous est reproché et on publie depuis maintenant cinq ans les impôts qu'on paye en France. Donc, si je peux parler de 2024, 12 milliards d'euros de chiffre d'affaires en France, 900 millions d'euros de taxes payées directement. Quand on fait le ratio entre les deux et qu'on compare ce ratio... Mais vous ne donnez pas
le bénéfice.
Le bénéfice, il est... Non, on parle des taxes qu'on paye. Mais quand on compare ce taux de prélèvement fiscal aux autres acteurs du commerce, on est 20% au-dessus de la moyenne. Donc, vous voyez, on paye notre juste part et même peut-être un petit peu plus et c'est très bien. On est très contents de contribuer. On verra en fait. Je pense que c'est très difficile de dire parce qu'on voit bien que les débats sont... Ce qu'on fait, c'est qu'on suit ça de façon très précise effectivement et on essaye de regarder...
Est-ce que ça peut remettre en question les investissements que vous faites en France ?
Aujourd'hui, non, puisqu'on a annoncé en 2026 qu'on va démarrer trois centres de distribution supplémentaire. L'un à Lyon, l'autre à Yécombray à côté de Chartres et puis un troisième à côté de Beauvais. Donc, on est parti pour investir et lancer trois investissements majeurs puisque ça présentera environ 5000 emplois.
Alors, une dernière question parce qu'évidemment, on ne peut pas passer sous silence. Le débat, la polyennie qui se tient actuellement sur les plateformes qui sont dans le viseur du gouvernement, que ce soit Chine, AliExpress pour des ventes notamment de poupées pédopornographiques, on voit que ces plateformes sont sous le coup de procédures judiciaires. Selon vous, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut interdire Chine, AliExpress ?
D'abord, on n'est pas effectivement concerné par ces procédures. Nous, ce qu'on fait, vous savez, je ne veux pas commenter ce que font Chine et AliExpress. Moi, ce que je peux vous dire, c'est ce que nous faisons. Et ce que nous faisons... Vous dites,
on n'est pas concerné, en tout cas en Suède, Amazon est quand même sous le coup d'une enquête. En France, on n'est pas concerné.
Et ce qu'on fait au quotidien, c'est qu'on vérifie effectivement que lorsqu'une offre est placée sur notre site, elle est analysée. Et avant même d'être au contact du public, on vérifie que cette offre, elle est en ligne avec la réglementation locale.
Vous avez renforcé vos contrôles sur ces sujets ?
Et on le fait en plus avec une collaboration extrêmement forte avec la DGCC-RF. Donc la direction des fraudes ? Absolument. Et on fait en sorte que toutes nos offres soient conformes à la législation.
Vous avez renforcé vos contrôles justement ces derniers temps ?
On investit tous les ans des centaines de millions de dollars et d'euros pour faire en sorte qu'effectivement ces contrôles soient renforcés.
Merci beaucoup Frédéric Duval, le patron d'Amazon France, d'avoir été notre invité éco ce soir sur France Info. Merci beaucoup.