Santé mentale : comment améliorer la prise en charge ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Prévention, solidarité, accès aux soins, innovation. La mutualité française présente [musique] et la santé ça va ? Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans et la santé ça va.
C'est le sujet qui s'est invité dans l'actualité, la santé mentale. Il faut dire que les chiffres sont alarmants. 13 millions de français sont seraient touchés par des troubles psychologiques.
Un français sur 5 donc dont 3 millions avec des troubles sévères. Autre chiffre, 67 jours d'attente en moyenne pour un rendez-vous en centre médico psychologique. Ça [musique] fait donc plus de 2 mois d'attente.
Résultat, beaucoup de Français renoncent à se faire accompagner [musique] psychologiquement parce que trop cher, trop compliqué. Question : comment sortir de l'impasse, améliorer la prise en charge en cette année où la santé mentale a été [musique] décrétée grande cause nationale. Et puis comment expliquer ce qui ressemble à une épidémie silencieuse ?
On en parle avec nos invités. Céline Brin, vous êtes sénatrice de scène maritime, vous êtes rapporteuse. Bonjour du rapport du Sénat sur la santé mentale et Angèle Malâre Lansac.
Vous êtes très engagé sur les questions de santé mentale dont vous avez fait un combat. Vous êtes délégué général de l'Alliance pour la santé mentale. C'est 3000 acteurs.
Votre objectif prévenir, sensibiliser et démocratiser le sujet. C'est vrai que la santé mentale, alors j'ai regardé la définition de l'OMS. C'est quoi la santé mentale ?
Euh c'est un bien-être qui nous permet un de faire face au stress de la vie, de réaliser son potentiel, de bien apprendre, bien travailler, de contribuer à la vie, à la communauté. C'est vrai qu'autant la santé physique, on voit très bien ce que c'est avoir mal quelque part. La santé mentale, c'est plus compliqué au point qu'il faut faire une petite définition avant d'en parler.
Exactement. C'est vrai que ce sujet-là, il est encore très méconnu. En fait, la santé mentale, ça fait pleinement partie de la santé et on a toutes et tous une santé mentale.
Elle peut se dégrader, elle s'altère, elle bouge tout au long de la vie. Et vous l'avez dit, il y a chaque année une personne sur 5 qui est touchée par des maladies, des maladies psychiatriques. Et dans ces maladiesl, on a énormément de maladies.
C'est comme dans les maladies physiques, on a beaucoup de maladies. sur les maladies psychiatriques, vous avez des dépressions, des troubles anxieux, la schizophrénie, les toques, euh les troubles du comportement alimentaire. Donc c'est c'est vraiment très très hétérogène avec des maladies qui sont plus légères et ponctuelles et d'autres qui vont être vraiment chroniques et s'installer tout au long de la vie avec des effets très sévères et des effets très forts sur la vie des personnes concernées mais aussi sur leurs proches.
Céline Bruna, c'est vrai que c'est un sujet dont on parle de plus en plus. Est-ce que c'est parce que c'est, j'ai parlé d'épidémie silencieuse, est-ce que c'est parce que c'est une épidémie qu'on ne voit pas mais qui malheureusement s'étend au sein de la population ? Ça s'étend et effectivement il y a des des de plus en plus de gens qui sont victimes de ces problèmes de santé mentale. vous disiez, c'est un peu différent de la santé physique mais pas tout à fait parce que y compris l'Organisation mondiale de la santé a défini la santé comme pas seulement le fait de pas être malade, c'est-à-dire qu'on se donne l'objectif collectivement d'un bien-être qui est peut-être une quête mais et mentale. et je vous rejoins sur le fait que ce qui est très bien, c'est que de plus en plus, on prend conscience que la santé mentale fait partie intégrante de la santé alors que c'était un peu à part jusqu'à présent.
Mais on voit effectivement depuis à peu près le milieu des années 2010 des phénomènes qui s'accentuent terriblement, notamment parmi la jeunesse et c'est parmi la jeunesse et c'est depuis 2010 parce que on a beaucoup on a l'impression que c'est le Covid qui a qui qui est un avant et un après. Moi, les gens que j'ai pu euh les spécialistes, les gens qui sont les les scientifiques qui se sont penchés sur le sujet disent que oui, c'est à peu près milieu des années 2010 que le Covid a eu un effet catalyseur mais que c'est pas forcément le Covid qui a généré. Il y avait déjà une un accroissement d'un certain nombre de pathologies au préalable.
Angèle Malatre Lanc, vous êtes très engagé sur ces problèmes de santé mentale. Quand on se casse une jambe ou quand on a une maladie, on n pas honte de le dire. En revanche, la santé mentale, ça reste un sujet tabou.
Il y a ce chiffre, une personne sur deux concernées n'ose pas en parler. Oui, c'est un tabou, ça fait peur en fait. C'est un sujet qui est dans c'est vraiment un imaginaire collectif hein.
Les maladies psychiatriques, ça évoque la folie, la violence, la faiblesse, il faut vraiment sortir de ça parce qu'effectivement encore une fois ça touche énormément de personnes et comme une maladie physique, on peut aller consulter. Alors, il y a une question d'accès au soin, on en parlera, je crois, mais vraiment, il faut agir le plus tôt possible, comme pour toutes les maladies. Le plus tôt, on va pouvoir consulter, prendre conscience qu'on a une maladie, le plus tôt, on va pouvoir aussi être soigné et puis se se rétablir.
Et puis en plus de ça, il y a des grosses difficultés pour accéder aux soins. Donc, tout s'accumuler, ça fait qu'on on perd parfois énormément de chance. C'est ce qu'on appelle la perte de chance.
Je prends les troubles bipolaires par exemple dont nous a parlé Nicolas de Moran en racontant vraiment son histoire entre le moment où il a les premiers symptômes, le moment où on lui pose un diagnostique, c'est 10 ans. Et ben ça c'est la moyenne en population générale. Il se passe 10 ans.
Quand vous savez que ces troupes démarrent à la fin de l'adolescence, au début de l'âge adulte, à des moments où vous commencez vos études, vous construisez votre vie de famille, à ces moments-là, ne pas savoir que vous êtes malade, rester comme ça avec cette souffrance là et pas pouvoir en parler. Il ne veut pas le savoir parce qu'il ne le sait pas ou bien parce qu'il le tait. Il le cache.
Il ne veut pas en parler. Les deux, on comprend pas ce qu'on a. On a des on a des signaux qui font peur.
On se dit "Mais je suis pas fou, je suis pas faible et donc on comprend pas que ça peut être soigné, ça peut tout à fait être des maladies avec lesquelles alors soit on vit au long cours, soit même on guérit." Donc il faut vraiment avoir ça en tête. Ce sont des pathologies dont on peut avec lesquelles on peut vraiment vivre.
Donc il faut vraiment avoir cette idée-là qu'il y a pas de honte, il y a pas de tabou et dans les familles aussi pouvoir en parler dans les écoles, dans le monde du travail. Il y a vraiment un sujet à démocratiser. Et aujourd'hui ce qui est intéressant avec cette année toute particulière, mais ça avait démarré avec le Covid et puis dans les pays anglo-saxons, ça avait démarré bien avant, on en parle beaucoup plus.
Il y a des séries, il y a des livres, il y a des témoignages, il y a des sportifs qui prennent la parole, il y a des artistes qui prennent la parole. Tout ça ça aide si vous voulez à libérer la parole et à se dire bon bah peut-être que moi aussi finalement je je je suis touchée par une de ces maladies et je peux peut-être faire quelque chose. Euh ce n'est pas ce n'est pas une fatalité.
Alors justement euh la question du diagnostic dont vous parlez bah précisément je vous propose de voir euh ce reportage d'un jeune homme de 40 ans qui est atteint de schizophrénie mais vous allez le voir pendant une bonne partie de sa vie le problème c'est qu'il ne le savait pas qu'on ne le lui avait pas diagnostiqué. reportage. Ça marche bien.
En vrai, j'adore mes plantes et [musique] euh et j'avoue que ça fait partie du bien-être de s'en occuper [musique] aussi. David est un des 600000 schizophrènes diagnostiqués en France. Aujourd'hui, il a un traitement, un logement et un [musique] travail.
Mais ce chemin lui a pris 14 ans. Personne n'a détecté les prémisses de sa maladie à l'adolescence. Je suis là, j'étais un peu différent des autres mais j'étais pas trop différent pour que ça pose problème et malgré tout ça s'est déclaré quand même au bout d'un moment quoi.
C'est quelque chose dont on parlait dans votre famille ? Non, on parlait très peu de santé mentale dans ma famille et encore maintenant on en parle pas assez à mon goût. Et pour le coup, je parle de ma famille mais je pense que c'est pareil pour tout le monde dans la société hein.
Euh entre les personnes qu'on a trouble psi qu'on ont pas, il y a il y a 10000 personnes qui se situent entre ces deux extrêmes, quoi. Il aura fallu que David traverse [musique] des épisodes traumatisants seuls à plusieurs reprises sans traitement, [musique] sans diagnostic avant d'être enfin pris en charge. Moi, les premières manifestations de que j'ai vécu de la schizophrénie, je savais pas que c'est de la schizophrénie à l'époque puisque j'étais bah un adolescent un peu reclu.
J'avais 14 15 ans, j'ai commencé à moins voir mes amis, à rester chez moi, peut-être à avoir des difficultés un peu de concentration, des choses comme ça. Après, quand j'ai eu 18 19 ans, j'ai eu des premiers épisodes psychotiques. Donc, j'ai j'ai eu des hallucinations et des délires.
J'en ai eu pendant une dizaine d'années de temps en temps. Ça s'est résolu un peu tout seul à chaque fois jusqu'à ce que j'ai eu un épisode psychotique beaucoup plus fort où j'ai terminé dans un arbre, où j'ai grappé dans un arbre parce que j'étais pour le coup en pleine crise de paranoïa. Et là, du coup, j'ai dû aller à l'hôpital, j'ai eu un traitement.
On m'a pas donné un diagnostic précis dès le début. On m'a surtout dit que j'avais fait des épisodes psychotiques et qu'il fallait que ce soit traité. Malgré son hospitalisation, David estime qu'il a continué à affronter sa maladie de façon très solitaire, comme si l'érance se poursuivait même après le diagnostic.
Après un premier épisode psychotique, on considère en effet que plus d'un patient sur deux rechutent dans l'année. Vous sortez de l'hôpital alors que vous êtes réduit à néant parce que traumatisme d'avoir appris que vous aviez un trouble d'une manière ou d'une autre, traumatisme de l'hospitalisation qui s'est souvent mal passé, traumatis traumatisme du stigma de la société. Donc vous sortez, vous êtes moins que rien quoi.
Vous avez l'impression d'être vraiment d' souvent vous avez des idées suicidaires en plus enfin sur le à cause de tout ça plus l'estime de soi et cetera. Et là, on vous dit juste bah voilà une ordonnance, vous allez chercher vos médicaments et vous revenez dans un mois. Il y a rien, il y a aucun support, aucun aucune aide.
Donc c'est hyper compliqué. Je comprends que beaucoup de gens rejutent derrière. Sur l'ensemble des 13 millions de Français atteints de troubles de la santé mentale, on estime que 40 à 60 % sont peu ou pas pris en charge avec des conséquences importantes sur le quotidien.
Ma maladie a eu pas mal d'impact sur mon métier déjà parce que au début j'étais donc avec des des patrons. Donc un patron qui perd son employé pendant 2 mois l'été parce qu'il est hospitalisé et qui a du mal quand il revient à reprendre le travail. C'est compliqué.
Après, j'ai eu des rechutes dans des moments où j'étais mon propre patron et j'ai perdu des clients parce que évidemment le client il là parce que il veut que son jardin soit attendu tous les 15 jours. Quand on fait un trou de 3 mois parce qu'on va moins bien, ça ne marche pas. Céline Brunin, ce que monte ce reportage, c'est d'abord 40 à 60 % ne sont pas pris en charge et quand ils sont pris en charge, on le voit, il va à l'hôpital, on lui donne des médocs et hop, tu rentres chez toi.
Il y a pas plus d'accompagnement de psychiatres ? Bah non, on manque terriblement de soignants et notamment de psychiatres. Et puis je crois qu'il faudrait que dans ce qu'on appelle la première ligne des soignants, par exemple les généralistes, il y a une formation sur justement les maladies psychiatriques parce qu'on dit qu'il y a sans doute à peu près 30 % des patients d'un médecin généraliste qui s'ouvre qui souffrent de troubles psychiques.
Mais le médecin lui-même qui est généraliste qui n'a pas ou peu fait de formation psychiatrique lors de son cursus et ben il est pas forcément lui-même à même de détecter ça et d'orienter parce qu'il s'agit évidemment pas que le généraliste traite tout mais qu'il puisse conseiller un psychiatre. Ce qu'on propose par exemple nous dans le rapport qu'on a produit, c'est que il y ait autour des soignants de première ligne, notamment des généralistes, des équipes pluridisciplinaires qui les aident à détecter ce genre de maladie. Ça peut être un psychiatre auquel le médecin va pouvoir confier son questionnement sur un patient.
Ça peut être des infirmiers en pratique avancée spécialisé dans la santé mentale qui savent repérer, qui savent poser des questions, accompagner, orienter. Exactement. être dans des centres de santé, dans des maisons de santé pluridisciplinaires pour que on puisse mieux détecter à l'école parce qu'evidemment quand on identifie qu'il y a un tel problème dans la jeunesse, il faut absolument s'emparer des questions de santé scolaire.
On manque terriblement de médecins scolaires, on manque aussi d'infirmières scolaires et eux aussi il faut les former à toutes ces problématiques, ce qui n'est pas forcément le cas aujourd'hui. Angèle malâtre lance sac, on va pas accuser la génération précédente, mais est-ce qu'on éétait pas dans une société ? On disait arrête de t'écouter, arrête d'être reclu dans ta chambre de sors un peu, va voir tes amis.
Et malheureusement, c'est toujours le cas. On le disait aujourd'hui, une personne sur trois serait gêné de travailler avec une personne qui a des troubles psychiques, même de déjeuner avec une personne qui a des troubles psychiques. Ça fait peur effectivement, ça continue à faire peur et aussi on est très démuni parce qu'on a pas l'information.
Et je pense que je rejoins tout à fait ce que ce que disait madame la sénatrice, c'est-à-dire qu'il faut qu'on remonte un peu la chaîne et qu'on agisse le plus en amont possible. Dès l'école, la famille. dès l'école déjà vous apprendre ce que sont les émotions, ça les compétences psychosociales, on appelle ça c'est vous apprendre à gérer les émotions, à à identifier les signes qui peuvent alerter, à essayer de comprendre un peu ce que c'est que d'aller pas bien et que non, vous êtes pas tout seul en fait, vous pouvez en parler avec des gens, voilà, apprendre un petit peu les premiers gestes et après dans l'ensemble de la société, il y a des formations qui existent pour ça.
Je pense par exemple au secourisme en santé mentale comme le secourisme, vous savez, vous passez de jours à vous former sur qu'est-ce qu'on fait si quelqu'un se sent pas bien. Il y a du secourisme en santé mentale, de journées de formation pour identifier les signaux et savoir comment orienter, comment réagir et ne plus avoir peur. Et ça c'est les familles, les écoles, le monde du travail, les centres d'action sociales.
Il faut vraiment que toute la société ait un niveau de compréhension plus élevé sur cette thématique-là. Céline Bruna, je reviens sur le mot épidémie. Qu'est-ce qui s'est passé depuis les années 2010 pour que de plus en plus euh alors je sais pas d'ailleurs on vous direz si c'est une question d'âge d'adolescent ou de de citoyen général soit rattrapé par ses problèmes de santé mentale.
Il parlait de d'une enfance reclue, je sais pas est-ce que les jeux vidéos, les écrans font qu'on on vit de plus en plus dans sa bulle et que ça accouche problème de santé mentale contestablement le rôle des réseaux sociaux qui n'ont de sociaux ou de social que le nom puisque justement il contribue à un isolement de plus en plus important et au fait que les interactions sociales qu'on peut connaître dans la vraie vie, dans des associations, dans des groupes et cetera, c'est aussi des lieux où il y a des phénomènes de harcèlement qui se développent et qui sont de plus en plus intrusifs. C'est-à-dire que on connaît le harcèlement à l'école par exemple de tout temps, mais lorsqu'on rentrait chez soi, on était un peu protégé. Les réseaux sociaux font que vous êtes attrapé à n'importe quel moment et n'importe où dans votre vie.
Et quand on est un peu fragile, quand on est à dos, ça peut vous casser. Bah quand on est ado, on est en pleine construction. Donc fragile ou pas, on cherche, on se questionne et effectivement ça peut créer des des terra plus propices.
Mais il y a pas que ça. Il y a aujourd'hui ce que ma génération ne connaissait évidemment pas, ce qu'on appelle l'écoanxiété, des jeunes qui sont extrêmement inquiets du devenir de la planète et de eux dans sur la planète. Il y a aujourd'hui des conflits, des guerres euh qui questionnent, il y a Et puis on voit aussi qu'il y a quand même une corrélation entre les problèmes de santé mentale, voir les maladies psychiques ou psychiatriques avec la précarité des familles, des individus.
C'est-à-dire que l'impression d'avoir raté sa vie, pas seulement les difficultés du quotidien, des difficultés à se loger, des difficultés financières, euh le fait que chaque chose qui peut paraître banale pour chacun d'entre nous soit un parcours du combattant parce que on n pas les moyens, parce qu'on vit dans un logement qui est pas adapté ou qui est insalubre, parce qu'on s'inquiète pour l'avenir et celui de ses enfants. Tout ça crée aussi enfin il y a il y a une il y a des raisons aussi sociales à ces ces maladies. Angèle malâre l'ensac peut-être pour pour dire que on n pas attendu 2025 pour avoir une urgence ni même 2020.
Il y a enfin la psychiatrie est en crise depuis toujours, j'ai envie de dire. Et la question de la santé mentale, moi ça fait une quinzaine d'années que je travaille dessus mais c'était déjà un énorme sujet. D'ailleurs, les acteurs du champ de la santé mentale avaient déjà demandé à ce que ce soit une grande cause nationale en 2013.
À l'époque, je pense que la société n'était pas prête. on était pas prêt à en parler parce que effectivement la période du confinement a levé le voile sur quelque chose qui existait. Il s'est passé un phénomène très particulier sur la jeunesse.
On a eu un doublement quand même des troubles anxieux et dépressifs chez les 18 24 et là on voit un phénomène chez les jeunes et notamment chez les jeunes filles qui est particulièrement inquiétant. Si vous regardez par exemple l'enquête en classe de santé publique France, elle vous dit les lycéennes, c'est 25 % d'entre elles qui ont déjà pensé à la mort dans l'année. Enfin qui ont qui ont pensé à voilà à mettre fin à leur jour. 25 % 10 % chez les garçons.
Donc on voit bien que chez les jeunes le suicide première cause de mortalité chez les jeunes âgés de 15 35 ans. C'est incroyable hein. C'est c'est c'est très très fort.
Et on voit bien ce phénomène là de de plus en plus jeune beaucoup chez les filles. Alors je rejoins, c'est très multifactoriel la santé mentale. Précarité, les violences, la question évidemment des écrans, vous en avez parlé, mais les incertitudes, ce qui se passe dans le monde, tout ça en fait mêlé va en fait entraîner et pouvoir entraîner des des pathologies.
Donc il faut être très vigilant là-dessus. Est-ce qu'il y a un âge à surveiller ? On a vu dans le reportage.
Bon, depuis tout petit, je me sentais un petit peu différent et à 17 18 ans, ça a basculé et je suis jusqu'à monter dans l'arbre parce que j'ai fait une crise de paranoï. Très impressionnant ce témoignage. Il est très révélateur et je le trouve voilà, il il est il est émouvant aussi parce qu'on voit bien en fait la difficulté de ce jeune, c'est 75 % des troupes se se développent avant l'âge de 25 ans.
Il faut absolument faire un focus très fort sur la question des jeunes. Euh et effectivement le encore une fois le plus tôt on va agir alors c'est vraiment cet âge un peu charnière 15 qui est vraiment un âge sur lequel il faut être très très vigilant pour repérer les premiers signes et avoir un accès beaucoup plus facilité. euh au système de soins.
Aujourd'hui, c'est quand même un peu le brouillard. La première ligne, c'est-à-dire vers qui je m'oriente et il le raconte très bien, sa première orientation, c'est les urgences psychiatriques. Et les urgences psychiatriques, c'est pas euh voilà, c'est pas comme il l'a dit, on vous fait une prescription, vous allez la pharmacie, vous prenez vos médicaments c'est les urgences.
Bon ben voilà, vous êtes dans les urgences, c'est très dur, souvent c'est des conditions qui sont quand même pas simples et donc le rapport à la psychiatrie va pas être simple pour la suite. Donc comment est-ce qu'on arrive à avoir des premières lignes qui vous accueillent plutôt et dans de meilleures conditions ? Ben je vous propose précisément de retrouver David qui du coup s'est dit et bien je vais de mon expérience je vais l'utiliser pour aider les autres.
C'est ce qu'on appelle être père aidant. Alors David travaille à l'hôpital de Roy Malmaison. Il travaille également dans une structure associative, la maison Perchée.
Reportage [musique] par là. Ouais, tu peux on peut s'assoir là ? Ouais, vas-y.
Vas-y. Depuis 2022, David a un nouveau travail. Il est médiateur de Santé Père.
Merci. Merci. Je vous en prie.
Oui, d'ailleurs la dernière fois qu'on s'était vu, du coup, tu venais de trouver un nouveau boulot. Ouais. Ouais.
J'ai bah j'ai commencé dans cette boîte en en avril dernier et ça se passe très bien. J'ai validé ma période d'essai. Juste un peu nerveux mais j'ai une managuse qui est vraiment adorable.
Ouais. David intervient à la maison Perchée à Paris, [musique] un lieu où les personnes avec un trouble de la santé mentale s'épaulent. Il accompagne Alexandre depuis plusieurs mois schizophrène comme lui.
Ouais. Souvent en fait je m'imagine ce que les autres pensent ou imaginent de moi en fait. Hm.
Et euh peut-être ça pourrait se travailler. Euh David a suivi un cursus de médiateur de santé paè à l'université. Pour les personnes qui l'accompagne, il incarne surtout une forme d'espoir qui leur permet de se projeter dans ton parcours du rétablissement, là où tu euh là tu en es aujourd'hui.
Et en fait, c'est l'aisance en fait. Et je moi j'ai encore des fluctuations comme je peux en parler là maintenant mais je ce que j'aime beaucoup chez toi c'est ta ta douceur et que tu tu choisisses les bons mots en fait et et tu es vraiment quelqu'un d'inspirant. Bah merci merci beaucoup.
Comme ça je pense. C'est comme ça. Ouais.
Alors je pense que j'ai l'énoncé de cet exercice. Voilà c'est celui-là. David intervient aussi à l'hôpital de jour de Rua Malmaon où il anime des ateliers.
Son approche est devenue une ressource indispensable pour les psychologues avec qui il travaille comme Peggy Leborgne. Dans tes participant, j'ai pas mal de mes patients et ils m'en ont fait un retour et ils avaient beaucoup plaisir à à m'expliquer. Ça fait Ouais, ça fait du bien de voir qu'ils peuvent se projeter.
Pour moi, David, ben c'est aussi la personne sur lequelle je vais m'appuyer pour lui parler d'une situation que j'ai avec un patient où je me dis là, je sens mes propres limites et finalement, il faudrait peut-être qu'il puisse m'apporter sa vision à lui, sa perception. Et maintenant, je m'autorise à lui poser des questions en disant "Mais quand je fais ça, je me représente des certaines choses sur les personnes de ce que vivent les personnes concernées, mais est-ce que je suis à côté de la plaque Et bah ça fait du bien de pouvoir en discuter librement aussi et c'est parfois nous qui nous mettons des barrières. Pour David, la paix aidance est une victoire face à ces dizaines d'années d'érance médicale.
Ça donnait un sens à mon vécu, ça donnait un sens à ma vie. Le fait d'avoir d'être passé par des moments de grande souffrance à cause de la maladie et de se dire que bah j'allais en faire quelque chose d'utile pour les autres. Donc ça c'est important.
Après, c'est vrai que bah avoir un travail comme ça où on se dit qu'on aide les gens, qu'on qu'on fait le bien, enfin, il y a un peu de ça aussi. Donc c'est c'est quelque chose qui me tient à cœur. Oui, c'est quelque chose un métier vraiment passion.
Depuis 2023, la haute autorité de santé recommande de développer [musique] le recours au père et dents. Angèle Malat Lanc, ce qui est frappant dans ce reportage, c'est qu'on a l'impression qu'il saide autant lui-même, David, qu'il aide les autres. Quand il a dit "Ben, j'ai trouvé un sens à ma souffrance, elle permet d'apporter du bien-être aux autres.
Utiliser son savoir, son savoir expérientiel en fait, c'est très fort parce que à la fois ça va aider les autres. On le voit là, la maison perchée, il il aide quelqu'un aussi à se projeter. La personne va lui poser plus facilement des questions qu'on va poser à son médecin.
On est plus à l'aise avec quelqu'un qui a vécu la même chose. Et puis aussi ça va transformer les pratiques. J'ai envie de dire c'est des nouveaux métiers dans un service.
Voilà, le médecin, l'infirmier, la psychologue, on le voit tout d'un coup, elles vont pouvoir discuter des patients avec quelqu'un qui a vécu ça. Et là, ça change tout en terme de de pratique de soin. C'est vraiment quelque chose de hyper intéressant.
La pérdence, on a vraiment à évoluer là-dessus. Il y en a pas assez aujourd'hui en France. Il faut vraiment essayer de démultiplier ça parce qu'on sait à quel point c'est utile et toute la recherche scientifique nous montre aussi que c'est efficace aussi cliniquement et ça aide énormément ce que disent ces deux reportages et ce que ce dont nous fait part David, c'est le besoin d'accompagnement.
C'est-à-dire que on ne peut effectivement pas renvoyer quelqu'un avec ses médicaments chez lui en lui disant "Débrouille-toi." Alors est-ce qu'il y a des structures pour ça ? Les fameux centres médicopsychologiques ?
Il y a les centres médicaux psychologiques qu'il faut renforcer parce que les délais d'attente qu'on a évoqué 67 jours. Oui, ça peut même être parfois plus d'un an. Donc ça c'est pas donc je vais mal rendez-vous dans 2 mois et demi.
Bah quand vous avez moi j'ai des parents qui m'ont expliqué qu'ils avaient été orientés vers un CMP, un centre médico-sychologique et qu'on leur avait dit bah on pourra pas vous accueillir avant un an. C'est insupportable pour les familles, pour les patients et pour les gens qui travaillent dans ces centres médicaux psychologiques qui ne travaillent pas pour dire au patient revenez enfin et mais besoin d'accompagnement, ça veut dire aussi que par exemple les hôpitaux devraient pouvoir mettre en place des équipes mobiles qui aillent au devant des patients qui aillent à leur domicile voir si ça va, voir si il y a des patients qui à un moment donné se disent "Je prends plus mes médicaments parce que de toute façon ça sert à rien qu'il faut essayer de raccrocher." Enfin, il y a vraiment la notion, je pense, d'accompagnement est très très importante, beaucoup plus que dans toute autre maladie.
Angèle, maladre Lanc, on parle des familles, on imagine la détresse des parents face à une maladie un qui est qui fait peur, de qu'on ne comprend pas et trois à laquelle on ne trouve pas de solution. Quand on appelle un centre médico psychologique qui vous dit rendez-vous dans dans 3 mois, extrêmement difficile. Extrê déjà d'accepter que son enfant effectivement soit mal.
Alors souvent on est très culpabilisé en tant que parent donc ça c'est très difficile. Qu'est-ce que j'ai fait ? Est-ce que c'est de ma faute ?
Enfin il y a parfois un peu cette culture là en France de dire que c'est la faute des parents. Si les enfants sont malades, il faut vraiment sortir de ça. Il y a aussi de l'accompagnement, on parlait de la pai et danse pour les malades pour les pour les parents, pour les proches.
Il y a une association qui s'appelle Luna femme qui est formidable et qui permet aussi d'avoir des ressources, d'échanger, d'avoir des groupes aussi pour comprendre vers qui je peux m'orienter et cetera. Et c'est vrai que pour les parents cette grande difficulté, une fois que j'ai accepté, c'est vers qui je me tourne. Et pour les jeunes, vous avez des maisons des adolescents mais très hétérogène sur le territoire.
Vous avez des points d'accueil écoute jeûne, vous avez des consultations de psychologues qui peuvent être remboursées ou pas. Alors c'est un peu fouilli, c'est-à-dire qu'on sait pas vraiment. Alors, certaines sont remboursées quand vous passez par le dispositif mon soutien psy, d'autres le sont pas.
Euh donc vous avez comme ça, c'est c'est très hétérogène, vous avez des lignes d'écoute, vous avez donc vers qui je me tourne, c'est pas très clair. Euh et euh euh ça plus le tabou, plus le fait qu'on sait pas trop si c'est une maladie, pas une maladie, euh plus les difficultés à trouver des soignants, tout ça fait que effectivement bah on perd beaucoup de temps et finalement tout ce temps-là, c'est des moments où on aurait pu soigner plus tôt, arriver plus tôt, mettre en place des traitements plus tôt pour que la personne elle puisse continuer sa vie normalement. Céline Brin, Royaume-Uni, ils ont euh eu cette initiative, c'est le programme Improv Improving Access Psychological Therapies, pardon pour mon accent.
Euh ce qui fait que on peut passer par son médecin, par un médecin généraliste pour avoir accès à une aide ou même par un euh un questionnaire en ligne. Mais et du coup ça fonctionne ça fonctionne soit-disant très bien hein. Taux de taux de rétablissement 50 % 15000 Britanniques sont traités par an avec ce système.
Il faut effectivement qu'on puisse avoir un accès le plus direct possible. Mais vous disiez par son médecin traitant, il y a quand même 6 millions de nos concitoyens qui n'ont pas médecin traitant. Et donc il faut qu'on forme beaucoup plus qu'on le fait aujourd'hui de médecins.
Euh et parmi ces médecins des psychiatres des psychiatres spécialisés dans l'enfance et la jeunesse puisque on a une crise terrible en terme de pédopsychiatrie. On en manque terriblement. Il y a des hôpitaux qui n'en ont plus.
Il y a des départements qui sont complètement indigents de ce point de vue-là et il faut vraiment que la grande cause nationale débouche sur un plan d'action ambitieux et très concret. Euh parce que sinon on et c'est pas le cas pour l'instant parce que c'est une grande cause nation. C'est insuffisamment le cas.
Ça a été oui, ça a été régé en grande cause nationale, ce qui est très bien parce que ça a notamment permis bah qu'on ait ce genre de de discussion d'échange et que des personnes connues ou moins connues permettent la digmatisation de ces maladies et du coup permettre des gens qui peuvent en être victimes de se dire "Ah bah c'est peut-être ça que dont je souffre mais on peut pas s'en tenir à ça." Je crois qu'il y a vraiment un effort euh en terme de formation, de recrutement. On ne peut pas après tout ce qu'on se dit sur la santé des jeunes laisser la médecine et la santé scolaire dans l'état où elle est aujourd'hui.
Un infirmier scolaire, il doit suivre 1500 ou 2000 élèves. Que peut-il faire ? Les médecins scolaires, on doit en avoir 850, c'est-à-dire même pas 60 % des postes qui sont pourtant ouverts.
Merci beaucoup. Je vais quand même donner deux numéros bons à savoir. Un numéro d'aide pour les problèmes psychologiques, c'est le 311 14.
Il y a également le fil santé jeune 0800 235 236, site internet également filsantéjeune.com. Merci beaucoup et la santé ça va, c'est terminé.
On se retrouve pour un prochain numéro sur Public Sénat. À bientôt. [musique] Prévention, solidarité, accès aux soins, innovation.
C'était et la santé ça va avec la mutualité française.
Céline Brulin