Conférence de presse du Président Emmanuel Macron sur la situation au Proche et Moyen-Orient.
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 10:00RelanceRéponse directe
Selon vos renseignements, à quel délai l'Iran pourrait fabriquer une bombe atomique ? Ces frappes israéliennes sont-elles justifiées ?
- 15:00OuverteRéponse directe
Jusqu'où ira le soutien français à Israël en cas de riposte iranienne ?
- 20:00OuverteRéponse directe
Quel message avez-vous passé aux dirigeants régionaux ? Craignez-vous un conflit généralisé ?
- 25:00RelanceRéponse partielle
La conférence de New York reportée est-elle un échec ? Quels risques de contagion ?
- 30:00OuverteRéponse directe
Le conflit Israël-Iran aura-t-il des conséquences en France ?
- 35:00OuverteRéponse directe
Y avait-il un élément positif dans l'attaque contre l'Iran ? La France peut-elle calmer les choses avec les Européens ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00Emmanuel MacronFait
« Nous ne pouvons pas vivre dans un monde où l'Iran posséderait la bombe atomique. »
- 12:00Emmanuel MacronPromesse
« Nous avons pris toutes les décisions pour faire face aux évolutions de la situation et assurer la sécurité des Français. »
- 18:00Emmanuel MacronFait
« Nous sommes pour un chemin diplomatique sur la question du nucléaire et du balistique iranien. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Monsieur le Ministre, Mon Général, Mesdames et Messieurs, merci beaucoup pour votre présence. Israël a donc conduit, ces dernières heures, des attaques contre l'Iran, son programme nucléaire et ses missiles. La France n'a pas participé à la conduite de ces frappes.
Elles ont repris cet après-midi, et devraient probablement durer. C'est une nouvelle étape dans la guerre qui se joue dans la région. Je sais l'inquiétude légitime de nos compatriotes face à ces événements.
La France a condamné depuis longtemps, et à de multiples reprises, l'accélération du programme nucléaire et balistique iranien. L'Iran a continué d'enrichir de l'uranium sans aucune justification civile, et à des niveaux désormais très proches de ce qui est nécessaire pour un engin nucléaire, accumulant près de 40 fois plus d'uranium enrichi que ce qui lui était autorisé. Elle s'est ainsi affranchie de toutes ses obligations vis-à-vis de la communauté internationale, rompant ses propres promesses.
Cette semaine encore, l'Agence internationale de l'énergie atomique, juge de paix en la matière, a constaté l'impossibilité d'assurer qu'il s'agissait d'un programme pacifique. Parallèlement, l'Iran développe, à marche forcée, un programme de missiles. Certains sont en théorie capables d'emporter un engin nucléaire, d'autres ont la portée permettant d'atteindre certaines parties de notre territoire national.
L'Iran porte une lourde responsabilité dans la déstabilisation de toute la région. Il a soutenu le Hamas, le Hezbollah et les Houthis, s'est félicité de l'attentat terroriste du 7 octobre, à la suite duquel 50 compatriotes ont perdu la vie, et détient toujours deux otages français, Cécile Kohler et Jacques Paris. Je veux ici redire à leur famille notre solidarité et notre détermination à obtenir leur libération.
L'Iran fournit aussi des missiles à la Russie pour l'aider dans son agression contre l'Ukraine. Donc je le dis avec la plus grande clarté, le risque de cette marche vers l'arme nucléaire par l'Iran menace la région, l'Europe et plus généralement la stabilité collective. Nous ne pouvons pas vivre dans un monde où l'Iran posséderait la bombe atomique, car c'est une menace existentielle et une menace pour notre sécurité à tous.
Mais nul n'est plus directement visé qu'Israël, dont l'Iran appelle sans relâche à la destruction. Je l'ai souvent répété, Israël a le droit, comme chaque peuple, de vivre délivré de l'angoisse de l'anéantissement, du risque de l'attaque et de la menace du terrorisme. Nous restons attachés à cette exigence pour la sécurité d'Israël.
Je l'ai réaffirmé ce matin au Premier ministre Benyamin Netanyahou. Face au risque majeur de déstabilisation pour toute la région, la France appelle désormais toutes les parties à la plus grande retenue pour éviter l'escalade. La question du nucléaire iranien est une question grave, une question existentielle.
C'est par la négociation qu'elle doit désormais être réglée. C'est pourquoi je regrette que l'Iran n'ait pas pris au sérieux les propositions avancées par les États-Unis, et ait refusé jusqu'alors toutes les concessions, comme les gestes nécessaires. Nous appelons à la reprise du dialogue et à la conclusion d'un accord, seul chemin pour désamorcer la situation, et nous sommes prêts à mettre tous nos efforts pour atteindre cet objectif.
Depuis ce matin, j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec le président Trump, nos alliés européens, en particulier britanniques et allemands, ainsi que nos partenaires dans la région, jusqu'à l'instant même, les dirigeants d'Arabie saoudite, du Bahreïn, de la Jordanie, du Qatar, des Émirats arabes unis, de l'Égypte ou du Liban. Nous serons aux côtés de nos partenaires dans la région, auxquels j'ai rappelé notre solidarité et notre engagement, y compris celui de nos forces pour les protéger. Ce matin, j'ai tenu un conseil de sécurité et de défense nationale sur la situation au Proche et Moyen-Orient et ses conséquences pour notre pays.
Avec les ministres concernés, nous avons pris toutes les décisions pour faire face aux évolutions de la situation et assurer la sécurité des Français partout sur notre territoire. Nous avons en particulier décidé du renforcement de notre dispositif Sentinelle, pour faire face à toutes les potentielles menaces sur le territoire national. Plusieurs mesures ont aussi été actées pour garantir la sécurité de nos ressortissants, de nos troupes et de nos ambassades dans la région.
Je demande à nos compatriotes de ne pas se rendre sur place, quel que soit le prétexte. Notre dispositif militaire dans la région est quant à lui en alerte. Mesdames et Messieurs, ces événements de la nuit, et ce que je viens de rappeler, sont évidemment à remettre dans la perspective du conflit plus large qui se joue dans la région et de l'histoire plus longue, en particulier depuis les attaques terroristes du 7 octobre 2023 et la guerre en cours à Gaza.
Ces dernières heures ne doivent pas nous détourner de la nécessité d'établir un cessez-le-feu permanent à Gaza, assorti de la libération de tous les otages et d'une aide massive à la population palestinienne, soumise à un blocus humanitaire injustifiable. Je viens ici de rappeler tout ce que nous avons à faire et la gravité de la situation depuis cette nuit. Mais ceci ne doit en aucun cas nous faire oublier Gaza.
Les efforts pour rétablir le cessez-le-feu, rompu depuis le 1ᵉʳ mars, n'ont pas abouti, à ce stade. Pourquoi ? Parce que cette logique militaire, celle de l'occupation, des déplacements et du siège, ne mène nulle part, si ce n'est à un conflit permanent.
Pour arrêter la guerre, il faut redonner une perspective de paix afin de bâtir les deux États et d'assurer la paix et la sécurité pour tous. C'est ce que porte la France depuis le 7 octobre, fidèle, en cela, à son engagement historique. C'est aussi le rappel qu'une vie vaut une vie et que, pour la France, il n'y a pas de double standard.
C'est par cette exigence que seront restaurées la paix et la sécurité régionale. Aujourd'hui, à Paris, la société civile israélienne et la société civile palestinienne étaient venues porter ce message, et je regarde leur engagement avec espérance. Elles se sont réunies au Conseil économique, social et environnemental, et ont remis au ministre des Affaires étrangères un appel à l'action, l'Appel de Paris, auquel je compte désormais donner suite.
Ces voix soutiennent en particulier l'initiative annoncée avec le prince héritier d'Arabie saoudite, pour relancer la création d'un État palestinien et la pleine intégration d'Israël au Moyen-Orient, qui se traduira par une conférence internationale sous l'égide des Nations Unies, à New York. Les objectifs, que nous poursuivons à travers cette conférence internationale, co-organisée avec l'Arabie saoudite, sont les suivants : en premier lieu, sécuriser la libération des otages, et permettre l'arrivée, dans la bande de Gaza, d'une aide humanitaire massive ; ensuite, consolider le cessez-le-feu le plus durable possible ; troisièmement, enclencher un processus politique qui se substitue aux armes et qui permette d'obtenir une réforme de l'autorité palestinienne, et la mise en place d'une administration sous l'autorité palestinienne, dans la bande de Gaza, excluant le Hamas, qui doit être désarmé. L'objectif est donc un État palestinien démilitarisé, reconnaissant l'existence et la sécurité d'Israël, qui doit recevoir le soutien d'une mission internationale de stabilisation.
C'est le préalable indispensable à l'intégration régionale d'Israël et à l'établissement de sa reconnaissance mutuelle. Si nous devons décaler la tenue de cette conférence pour des raisons logistiques et sécuritaires, dans la mesure où les dirigeants de l'autorité palestinienne ne peuvent pas rejoindre les Nations Unies, elle aura lieu au plus vite. Dès les prochains jours, en lien évidemment avec les dirigeants de la région et plus particulièrement avec l'Arabie saoudite, une date sera refixée.
Ce report ne saurait remettre en cause notre détermination à avancer vers la mise en œuvre de la solution des deux États, quelles que soient les circonstances. J'ai dit ma détermination à reconnaître l'État de Palestine. Elle est entière, et c'est une décision souveraine.
En ces heures, l'urgence d'un Moyen-Orient en paix est d'autant plus grande. Je mettrai à profit les grandes échéances des prochains jours, et notamment le sommet du G7, dès la semaine prochaine, pour rapprocher les points de vue de nos partenaires, nous concerter plus avant avec les États-Unis d'Amérique, et avancer dans ce sens. Chaque jour et chaque heure, la France agit pour la paix et la sécurité pour tous au Moyen-Orient.
Je vous remercie, et je vais maintenant répondre à vos questions. Bonjour, Monsieur le Président, Francesco Fontemaggi, pour l'Agence France Presse. Vous avez détaillé l'état d'avancement du programme nucléaire iranien.
Selon les renseignements que vous avez, cet état d'avancement, à quel délai est-il de la fabrication d'une bombe atomique ? Est-ce que vous avez quelque chose de plus précis à nous dire là-dessus ? Si je comprends bien, votre démonstration, ces renseignements que vous aviez, en tout cas cet état d'avancement, justifiaient l'opération menée cette nuit et encore aujourd'hui par Israël ?
Est-ce que c'est cela, votre conclusion ? Est-ce qu'elle justifie aussi que ces opérations continuent dans la durée, comme vous l'avez dit et comme l'a dit le gouvernement israélien ? Par ailleurs, est-ce que le timing, au moment où il y avait un effort diplomatique entre les États-Unis et l'Iran, ne fait pas que cette opération vient troubler de possibles avancées diplomatiques ?
Merci. Les informations que nous avons et que nous partageons avec nos partenaires, ce dont nous disposons aussi, les informations de nos partenaires, et je dirais plus encore, les informations qui ont été partagées par l'AIEA, l'Agence internationale de l'énergie atomique, qui est en charge du suivi de ce programme, sont plus que préoccupantes. C'est sur la base de ces informations que nous avons eu un vote majoritaire qui a, comme je le disais, qualifié le programme en cours, remis de la pression sur l'Iran et demandé de nouvelles précisions.
Donc oui, l'Iran a poursuivi son programme, ces derniers mois, a continué d'enrichir et est proche d'un stade critique, c'est-à-dire celui qui permet en effet de produire des engins nucléaires, et qui déclenche la mécanique qui permet ensuite d'avoir des armes nucléaires. Donc la situation est très préoccupante, à cet égard, et ce programme ne répond pas aux engagements qui avaient été pris naguère par l'Iran elle-même. Pour autant, la voie que la France continuait de poursuivre avec constance est une voie diplomatique, c'est-à-dire celle qui consiste à redonner la légitimité à l'AIEA de poursuivre son programme, à demander de suivre l'ensemble des sites d'enrichissement, et de revenir à des seuils qui correspondent aux engagements internationaux.
Nous avons fait partie des pays les plus exigeants et les plus constants sur la question du nucléaire iranien comme du balistique iranien, mais nous avons toujours privilégié la voie de la discussion diplomatique et des exigences techniques de l'AIEA plutôt que l'intervention militaire. C'est pourquoi la France n'était pas engagée dans une discussion avec Israël sur ce sujet, et ne recommandait pas des attaques de la part d'Israël. La situation que je viens de décrire a conduit Israël à prendre cette décision.
Est-ce que nous la soutenons pour autant, nous avons voulu l'accompagner ou l'avons planifié avec eux ? La réponse est non. Je rappelais simplement un contexte qui fait que oui, la situation dans laquelle nous étions entrés était très clairement une menace pour Israël et pour nous tous.
Nous, nous avions privilégié une autre voie. Les choses se sont passées comme elles se sont passées ces dernières heures. Elles ont d'ailleurs conduit à la neutralisation de responsables qui avaient eux-mêmes, par leurs déclarations et parfois par leurs actes, conduit des activités qui étaient dangereuses pour notre propre pays.
Aujourd'hui, notre souhait, comme je viens de le rappeler, c'est que les discussions reprennent. Donc nous appelons d'une part à ce qu'il n'y ait pas d'escalade dans les représailles iraniennes et, d'autre part, à ce qu'Israël puisse aider au plus vite les États-Unis d'Amérique et les Européens à reprendre les discussions avec les Iraniens pour se remettre autour de la table et reprendre le contrôle sur ce programme. La situation créée par ces frappes, ouvre une ère nouvelle de la guerre dans la région, et doit conduire Israël à enfin accepter le cessez-le-feu, la libération des otages et une reprise des discussions politiques.
Je l'ai dit tout à l'heure au Premier ministre Netanyahu, parce que, s'il y a une chose qui unit Israël avec tous ses voisins dans la région, c'est la menace iranienne. Puisque celle-ci est redevenue aujourd'hui la priorité et que les heures, les jours et les semaines qui viennent seront structurés par les risques de riposte, et donc évidemment la sécurité d'Israël et de toute la région, plus que jamais, c'est l'intérêt même d'Israël, politique et sécuritaire, d'acter un cessez-le-feu, d'obtenir la libération des otages par le Hamas, et de réenclencher cette dynamique. Donc je pense que c'est cette fenêtre que nous devons saisir, et c'est le travail que nous conduirons dans les prochains jours avec Israël, d'une part, mais aussi avec les États-Unis, le Qatar, l'Égypte et l'ensemble des négociateurs qui sont impliqués dans cette discussion.
Philippe Ricard, pour Le Monde. Monsieur le Président, bonjour. Vous avez souligné, dès ce matin, le soutien de la France au droit d'Israël à se défendre.
Je voulais savoir jusqu'où pourrait aller ce soutien. Est-ce qu'il s'agit, puisque les forces françaises, comme vous l'avez dit, sont en alerte dans la région, d'aider Israël en cas de riposte massive de l'Iran dans les prochaines heures ou prochains jours ? Est-ce qu'il s'agit éventuellement d'accompagner Israël dans ses opérations offensives sur le territoire iranien, ou est-ce que vous placez la frontière dans le soutien de la France à Israël ?
Puis vous parlez de la reprise des négociations, que vous appelez de vos vœux. Sous quelle forme ? Est-ce une négociation qui doit continuer dans la forme actuelle, c'est-à-dire entre Washington et Téhéran, ou est-ce que les Européens doivent dorénavant y être associés, puisqu'on a vu que la première phase n'avait pas été tellement concluante, les Européens et associés, voire la Chine et la Russie comme au temps du JCPOA ?
Merci. Merci beaucoup. Le soutien, celui que nous avons toujours apporté, j'ai toujours été clair, n'est pas un soutien inconditionnel et sans limite.
J'ai d'ailleurs été clair lorsqu'il s'est agi de lutter contre le terrorisme du Hamas, que nous avons condamné avec force, le 7 octobre dernier. Nous avons soutenu toutes les opérations ciblées d'Israël, et sa volonté de très clairement se protéger du terrorisme, mais en aucun cas nous n'avons soutenu les opérations qui mettaient en danger la vie des civils. C'est pourquoi nous avons appelé, dès la fin octobre 2023, à un cessez-le-feu sur le territoire.
Pour ce qui est de l'Iran, nous soutenons la sécurité d'Israël. Donc, si Israël devait être attaqué dans le cadre de représailles par l'Iran, la France, compte tenu de ses emprises et si elle était en situation de le faire, participerait aux opérations de protection et de défense d'Israël. J'ai marqué notre disponibilité en ce sens.
À l'inverse, je n'envisage aucunement de participer à quelque opération offensive que ce soit. Ce n'est pas notre rôle et ce n'est pas le chemin que nous choisissons, je l'ai déjà dit. Nous sommes pour un chemin diplomatique sur la question du nucléaire et du balistique iranien.
Pour ce qui est des négociations de cessez-le-feu, comme des négociations nucléaires et balistiques, je crois en effet à l'efficacité d'impliquer les Européens, qui sont des partenaires de confiance. Nos contacts, comme notre travail, sont permanents. J'ai passé la journée à échanger avec l'ensemble des négociateurs du cessez-le-feu, comme avec tous les acteurs de la sous-région.
Donc oui, mon souhait est que nous puissions être réinclus dans ces actions et ces opérations, qu'il s'agisse du cessez-le-feu ou de la discussion sur le nucléaire iranien. Néanmoins, la lucidité me conduit à dire que, si je vois une fenêtre s'ouvrir sur les négociations sur le cessez-le-feu à Gaza, les prochaines heures et les prochains jours seront difficiles pour rouvrir des négociations efficaces avec l'Iran sur la question du nucléaire. Mais nous devons y travailler et nous réengager sur ce sujet.
Bonjour, Monsieur le Président, Hussein Kneiber, de la chaîne Al-Arabiya. Vous vous êtes entretenu aujourd'hui avec un grand nombre de dirigeants régionaux et internationaux. Quel était le message que vous avez pu passer à vos partenaires au nom de la France ?
Craignez-vous aujourd'hui un conflit généralisé au Proche-Orient ? Craignez-vous des répercussions sur le Liban, qui a souvent été la caisse de résonance des conflits régionaux ? Merci.
Merci beaucoup. J'ai d'abord voulu partager l'analyse de la situation avec tous les partenaires de la région, ensuite insister sur la sécurité de la France, de ses emprises, de nos ressortissants, de nos diplomates comme de nos troupes et, avec beaucoup de ces pays, voulu aussi apporter mon soutien et dire la présence de la France en cas de riposte qui pourrait affecter la sécurité de ces derniers. Quant au Liban, la France reste, comme toujours, vigilante et préoccupée par la sécurité du Liban qui, vous avez raison, peut être menacée depuis son propre sol comme depuis l'extérieur, dans ce contexte.
Nous avons aussi des contacts multiples pour essayer de limiter ce risque, et de tout faire pour qu'il n'y ait pas un embrasement. La situation aujourd'hui, soyons honnêtes et lucides, est une situation à haut risque. Nul ne peut dire qu'elle est maîtrisée, et les risques d'escalade, y compris d'escalade non contrôlée, existent.
C'est pourquoi il faut la plus grande vigilance. C'est pourquoi il faut redoubler d'efforts et de prises de contact. Il faut garder un calme, une lucidité et un sérieux dans tout ce qui est fait.
C'est ce que nous essayons de faire. Très clairement, les heures et les jours qui viennent sont extrêmement dangereux pour toute la région et au-delà. Bonjour, Monsieur le Président, Léopold Audebert pour BFMTV.
Je rebondis sur ce que vous disiez avec cette réunion à New York, le 18 juin, donc reportée, vous l'avez annoncé. Est-ce que c'est un échec, de manière globale ? Si oui, qui est responsable de cette situation aujourd'hui ?
Vous avez évoqué, tout à l'heure, le risque de contagion, si je comprends bien, à d'autres d'autres conflits. Est-ce que vous pouvez nous expliquer votre point de vue ? Vous avez notamment fait référence à la Russie.
Je vous remercie. C'est d'abord un choix de pragmatisme et de sécurité. Quel sens aurait une telle conférence, dans laquelle le prince héritier d'Arabie saoudite et moi-même devions être et que nous coprésidions, où le président de l'Autorité palestinienne devait prendre verbalement des engagements forts, au-delà même de la lettre qu'il a déjà écrite, qui sont des engagements et des déclarations historiques, si tous les dirigeants de la région, pour des raisons évidentes, sont tenus chez eux ?
Aujourd'hui même, le prince héritier comme le président de l'Autorité palestinienne m'ont indiqué qu'ils n'étaient pas en situation logistique, physique, sécuritaire et politique de se rendre à New York. Donc ce sont juste des raisons pragmatiques et de la pure lucidité. Néanmoins, la dynamique créée par cette conférence est une dynamique inarrêtable.
D'abord, parce que nous avons obtenu, ces dernières semaines, des engagements historiques de plusieurs, de l'Autorité palestinienne, qui a enfin reconnu et condamné les attaques terroristes du 7 octobre, qui s'est engagée, comme elle ne l'avait jamais fait, dans un processus de reconnaissance avec Israël et dans sa volonté de créer les conditions politiques et sécuritaires des deux États et d'une sécurité régionale, dans la volonté affichée et réaffichée, obtenue il y a quelques semaines, lors de mon voyage en Égypte, d'avoir une implication égyptienne dans la sécurité de Gaza le jour d'après, mais aussi dans les engagements historiques du président Prabowo, obtenus il y a quelques jours à peine, en Indonésie, affirmant pour la première fois haut et fort, une fois ce processus déclenché, sa capacité à reconnaître Israël et sa sécurité. Tout cela, c'est la dynamique de cette conférence qui l'a créé, ce que la rencontre d'aujourd'hui, entre les sociétés civiles israéliennes et palestiniennes, la convergence de vues, la même détresse et les mêmes souffrances, exprimées durant toute cette journée, mais exprimées depuis des mois et parfois non entendues à travers le monde, de ces deux peuples, nous oblige. Je vous le dis, ce mouvement est inarrêtable.
Donc, dès que les conditions sécuritaires nous le permettront, nous le ferons. Ensuite, pour les risques, je ne vais pas documenter le pire, mais nous nous préparons à tout. Il est évident que, selon les ripostes qui seront décidées par l'Iran, mais aussi si Israël devait continuer des opérations en Iran, sur le sol iranien, qui aillent au-delà des cibles jusqu'alors indiquées, nous rentrerions dans des situations dont aujourd'hui nul ne peut totalement se figurer les conséquences.
Ensuite, nous restons très vigilants sur les solidarités qui se sont dessinées, ces derniers mois. Je note que les mêmes drones iraniens sont utilisés sur le théâtre ukrainien par les Russes. Je note les propos que la Fédération de Russie a commencé à tenir dès ce matin.
Donc je vois des solidarités inquiétantes, mais je les ai déjà dénoncées, et nous avons marqué cette vigilance depuis des mois. C'est pourquoi je pense qu'il est indispensable que les discussions reprennent, à Gaza, sur la question du cessez-le-feu et de la libération des otages, et sur la question d'un cessez-le-feu en Ukraine, d'une reprise de discussions sur une paix juste et durable, et sur la question du nucléaire iranien, pour lui donner un cadre négocié. C'est ce à quoi appelle la France et ce à quoi elle œuvrera.
Mais vous voyez les liens entre les acteurs les plus dangereux, et vous voyez le risque d'escalade lorsque certains de ces acteurs ont manifesté, ces derniers mois, leur incapacité à calibrer leurs gestes. Bonjour, Monsieur le Président, Romain Cluzel pour RMC. Vous avez annoncé le renforcement de l'opération Sentinelle sur le territoire français.
Ce matin, le Premier ministre, François Bayrou, a également réagi. Il a évoqué, je cite, des risques qui vont impacter notre vie de tous les jours, comme la guerre en Ukraine a impacté notre vie de tous les jours. Est-ce que vous aussi, vous considérez que ce conflit entre Israël et l'Iran aura des conséquences en France, et si oui, sur quel plan ?
On comprend sécuritaire et peut-être économique. Merci pour vos précisions. Il est trop tôt pour les identifier, mais il y en a de manière évidente.
Il y a très clairement, de toute façon, une vigilance sécuritaire. C'est pourquoi nous décidons de ce renforcement. Parce que l'Iran, par le passé, a aussi montré sa capacité, dans ses ripostes ou ses actions, à mener des actions terroristes sur des sols étrangers.
Ensuite, parce que l'Iran a des capacités balistiques qui peuvent toucher le sol européen, donc elle est aussi une menace à cet égard, même si, comme je le rappelle, la France, comme d'ailleurs tous ses autres partenaires européens et comme les États-Unis d'Amérique, n'ont en aucun cas participé ni aux opérations des dernières heures, ni à leur planification. Ensuite, il est très clair qu'en fonction de l'évolution de la situation, des bombardements et des cibles qui seront prises, l'économie mondiale peut être impactée, qu'il s'agisse des routes commerciales et des menaces sur le détroit d'Ormuz, qu'il s'agisse des capacités de production pétrolière mondiale, ou qu'il s'agisse de tous les autres sujets pour lesquels la région a un impact très clair. Notre principale préoccupation est sécuritaire aujourd'hui mais, compte tenu de l'incapacité de qui que ce soit à se prononcer sur la durée et l'étendue des opérations et des ripostes, nous devons nous préparer aussi à des conséquences économiques.
Il est trop tôt pour répondre à votre question de manière précise, mais il n'est pas trop tôt pour nous tenir groupés, unis, conscients et solidaires dans ce moment que nous avons à vivre. Je sais que nous en avons la capacité. Le peuple français a su le faire lorsque nous avons été frappés par la crise énergétique qui était liée à la guerre d'agression russe menée en Ukraine.
Nous avons aussi continué à mener l'effort de soutien donc nous sommes aussi résistants. Simplement, il faut à chaque fois dire les choses telles qu'elles sont, de la manière la plus précise. Je vous dis aujourd'hui tout ce que je sais.
Je vous dis aussi tout ce que je ne sais pas, et je reviendrai évidemment vers vous dès que la situation évoluera, pour vous tenir informés et vous dire les conséquences pour nos compatriotes qui sont dans la région, qu'ils soient diplomates, militaires ou que ce soient nos ressortissants, mais aussi pour notre pays. Y a-t-il d'autres questions ? Oui, Monsieur le Président, je voudrais vous demander, sur l'attaque israélienne contre l'Iran, s'il y avait un élément positif d'une attaque contre des forces pareilles ?
Deuxièmement, est-ce que la France programme, avec les Européens, une possibilité de calmer les choses ? Troisièmement, concernant vos rapports personnels avec Monsieur Netanyahou et le gouvernement israélien, est-ce que le fait que vous ayez menacé Israël de sanctions peut aider dans l'avenir que vous voyez pour la région ? Est-ce que finalement l'attaque contre l'Iran, contre des forces comme celles de l'Iran aident à l'instauration d'une solution régionale avec un État palestinien et les projets que vous avez voulu effectuer dans votre conférence ?
Comme je vous l'ai dit, nous n'avons pas participé à ces frappes. Nous ne partageons pas cette approche ni la nécessité d'une opération militaire. Néanmoins, quand je regarde les résultats de ces frappes, elles ont permis de réduire des capacités d'enrichissement, elles ont permis de réduire des capacités balistiques, et ont donc des effets qui vont dans le sens recherché.
Maintenant, il faut reprendre la discussion et essayer d'avancer sur un terrain plus diplomatique et technique. Pour ce qui est des Européens ensuite, je pense qu'ils ont un rôle à jouer dans la mesure où ils ont d'abord la continuité du dossier nucléaire en tête, que nous avons tenu une position constante et que nous nous sommes avérés être, pour tous les interlocuteurs de ce dossier, les seuls à être véritablement constants, c'est-à-dire que nous avons été, à un moment, plus exigeants que les Américains à l'égard du programme nucléaire iranien, et que nous avons d'ailleurs durci la position, en 2015, dans les dernières étapes de cette négociation, qu'ensuite nous sommes restés attachés au JCPOA et que nous ne l'avons pas quitté, quand les Américains ont changé d'avis, que nous considérons que c'est toujours le même cadre qui doit préexister et que d'ailleurs, les discussions qui s'étaient tenues, cette semaine, à l'AIEA se faisaient dans ce cadre. Donc je pense que, pour toutes les parties prenantes, les Européens ont à la fois la connaissance dans la profondeur du dossier, les compétences, en particulier pour la France, qui est un État doté de compétences techniques nucléaires fortes et une cohérence.
Enfin, je considère que notre responsabilité, notre rôle et notre position sont toujours les mêmes. Nous sommes attachés à la paix et la sécurité pour tous. Oui, parfois nous avons des désaccords avec Israël, et nous les assumons.
Ou plutôt, nous avons des désaccords avec le Premier ministre Netanyahou et son gouvernement, et nous les assumons. Parce que parfois, nous considérons que les décisions qu'il prend sont mauvaises pour la sécurité d'Israël elle-même et, lorsqu'il mène une opération massive terrestre, qui fait tant de victimes civiles à Gaza, nous considérons que c'est à la fois une trahison de ce qu'est l'histoire même et l'identité d'Israël et dangereux pour la sécurité d'Israël aujourd'hui et demain. Voilà.
Donc, si je devais vous résumer les choses et la position française, elle est assez simple. Nous sommes pour la paix, la sécurité et la stabilité pour tous dans la région. Nous ne voulons pas d'un Proche et Moyen-Orient avec un Iran qui soit doté de l'arme nucléaire.
Nous ne voulons pas d'un Proche et Moyen-Orient, où Gaza soit durablement occupée et des civils maltraités. Nous croyons que la solution et la stabilité, c'est un Israël vivant en paix, à côté d'un État palestinien vivant en paix et en sécurité, et ayant reconnu l'existence et les droits d'Israël à se défendre dans la région. C'est ce que nous poursuivons.
Et je crois que c'est une perspective honnête, cohérente et j'espère réaliste. Vous vouliez poser une question ? Je vous en prie, on peut poser une dernière question.
Je suis le petit fils d'Oded et Yocheved Lifschitz, au nom des otages et d'Amos Gitaï, je souhaitais vous demander qui dirigera la bande de Gaza ? Sur qui peut-on compter pour ne plus vivre dans la terreur ni faire de la Palestine, un refuge pour le Hamas ? Je tenais à vous remercier pour votre sensibilité à l'égard de la population israélienne et de Gaza, ainsi que pour votre soutien indéfectible aux familles des otages.
Merci Monsieur le Président Merci beaucoup Permettez moi de rappeler que la libération des otages, la démilitarisation du Hamas et le cessez-le-feu sont les 3 conditions préalables établies dans le cadre de cette opération et nos objectifs clés à court terme. Ils doivent toutefois être considérés par la bande de Gaza, comme une première étape vers un État palestinien à part entière. C'est pourquoi la conférence est si importante.
La reconnaissance d'un État palestinien est l'élément déclencheur. Elle est liée à la libération des otages et à la démilitarisation du Hamas. En ce qui concerne votre question, nous avons pour objectif d'obtenir un cessez-le-feu sur le long terme, la libération des otages et une administration civile à Gaza dans laquelle l'Autorité palestinienne aura un rôle prépondérant qui impliquera certaines personnes importantes issues de la région, avec l'approbation d'Israël, à l'exclusion, bien évidemment, de tout dirigeant du Hamas.
Cette période de transition sera accompagnée d'une présence militaire et de forces armées de la région. Nous souhaitons mettre en place un cadre de surveillance et une convention des Nations unies pour un tel déploiement. De nombreux dirigeants de la région se sont engagés à faire partie d'un tel dispositif de sécurité, assorti d'un processus permanent de résolution des conflits avec Israël.
En parallèle, nous devons absolument mettre fin aux attaques quotidiennes contre le peuple palestinien en Cisjordanie. À court terme, nous refuserons toute action pouvant compromettre la mise en place de cette solution à deux États. Rien ne justifie ce qui se passe en Cisjordanie.
Nous voulons mettre en place une opération politique visant à obtenir la reconnaissance d'un État palestinien à l'échelle internationale et à adopter une approche progressive vers celle-ci, et afin d'obtenir les fonctions que dispose un membre à part entière des Nations Unies en procédant pas à pas et en atteignant les objectifs mentionnés précédemment. J'espère avoir été clair. Vous savez, pendant des mois, j'espérais un cessez-le-feu et une libération des otages avant que toute décision soit prise.
J'espère que la situation résultant des récentes frappes pourra tout changer et que nous pourrons rouvrir ces discussions. Malheureusement, nous ne pouvons pas conditionner les opérations ni l'application d'un cessez-le-feu, ni la libération des otages. Pour les obtenir, nous devons déclencher quelque chose de nouveau pour ne pas nous laisser piéger par l'absence de volonté d'avancer par les parties impliquées.
Ceci clôture la conférence de presse. Merci beaucoup, Monsieur le Président. Merci à tous.
Merci beaucoup à toutes et tous et à bientôt.
Emmanuel Macron