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InterviewPublic Sénat (sur YouTube)· 26 septembre 2025 26 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeInstitutions & électionsAgriculture & alimentationÉconomie & entreprises

Vincent Delahaye : « Il est étrange d’avoir un président de la République qui aille en prison »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Quelle une choisissez-vous ?

  • 0:30OuverteRéponse directe

    Vous dites avoir été choqué, c'est-à-dire que vous ne vous attendiez pas à ce qu'il soit condamné à de la prison et de la prison de manière immédiate ?

  • 2:00OuverteRéponse partielle

    Comment vous l'expliquez ?

  • 3:30OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous vous attendiez à une telle condamnation pour Nicolas Sarkozy qui ira donc en prison ?

  • 4:30OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça abîme l'image de la droite ?

  • 5:30OuverteRéponse directe

    Vous entendiez à l'instant le sénateur Vincent Delahaye un traitement particulier pour les élus ? Vous partagez ça ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Vincent DelahayeChiffre
    « La décision du tribunal de Paris était pour moi est choquante. Je comprends pas la lourdeur de la peine parce que ce qui a été retenu c'est à l'association de malfaiteurs. »
  • 2:30Vincent DelahayeFait
    « Je pense que les juges n'aiment pas trop les élus d'une façon générale. »
  • 9:00Cécile CukermanChiffre
    « 26 % de prévenus qui sont aujourd'hui en prison en attente d'un procès. »
  • 11:00Vincent DelahayeFait
    « Est-ce que ça va devenir la règle ? Et en l'occurrence, on a l'impression que les juges ont décidé d'aller au-delà de ce qui était requis par le parquet. »
  • 17:00Vincent DelahayeFait
    « Moi je souhaite qu'il y a un bilan de la redistribution qui soit faite. Il y a une redistribution qui est très forte en France. »
  • 19:00Vincent DelahayeFait
    « On a l'impôt sur la fortune immobilière. Vous savez, c'est ce qui a remplacé l'ISF. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

On va revenir sur ces actualités avec vous. Bonjour Vincent Deon. Merci beaucoup d'être notre invité sénateur Union centriste de l'essonne.

On va évidemment revenir sur la condamnation he de Nicolas Sarkozi qui fait la une de la grande majorité de la presse régionale ce matin et on va regarder trois justement de presse régionale ensemble à une du journal du centre j'irai dormir en prison mais la tête haute déclaration de Nicolas Sarkozy à l'issue hier de sa condamnation. Et puis deux autres sujets à la une de la presse régionale, le bien public, le coût de pression des agriculteurs, une cinquantaine de tracteurs qui se sont rassemblés dans le centre-ville de Dijon pour marquer leur opposition au Mercossour et puis l'autre une, c'est celle de la Marseillaise, monte du travail, de la colère et des projets, des rassemblements à Marseille et à ISTRE pour préparer la prochaine journée d'action. Ce sera le 2 octobre.

Quelle une choisissez-vous ? Bah la première celle sur Nicolas Sarkozy parce que c'est honnêtement moi ça m'a choqué. La décision du tribunal de Paris était pour moi est choquante.

Je comprends pas la lourdeur de la peine parce que ce qui a été retenu c'est à l'association de malfaiteurs. Et association de malfaiteurs en général c'est à peu près 3 ans de de prison. C'est pas 5 ans.

Donc déjà je comprends pas trop. Et puis l'exécution provisoire, euh on se demande si ça va devenir une règle cette exécution provisoire. elle empêche quand même euh les avocats de de la victime quoi, de non de condamner euh de de d'agir ou de réagir.

Hm. On va y venir hein justement sur cette exécution provisoire dans quelques instants puisque ça fait partie euh des éléments qui font débat mais euh vous dites vous avez été choqué, c'estàd que vous vous attendiez pas à ce qu'il soit condamné à de la prison et de la prison de manière immédiate. Moi, je m'attendais à ce qu'il soit condamné à de la prison.

Ensuite, je pensais qu'on lui mettrait un bracelet et que voilà, il n'irait pas forcément en prison, sachant que nos prisons sont plus que pleines, hein. On narrête pas de dire que elles débordent, qu'il y a quand même un certain nombre de délinquants ou de voir de criminels qui ne restent pas si longtemps que ça en prison. Et euh en l'occurrence Nicolas Sarkozi jusqu'à présent s'est montré euh tout à fait euh réceptif au aux convocations de la justice et s'est toujours présenté.

Donc, on comprend pas très bien pourquoi pourquoi il y a cette exécution provisoire. Voilà. Et à il a dit lui-même hier hein qu'il a toujours répondu aux convocations de la justice et du coup qui ait des sanctions, qu'il y ait des inéliggibilité, des amendes, un bracelet, tout ça, moi ça me choque pas.

À partir du moment où il est condamné, il y a a quelque chose, il doit payer. Ben voilà, il y a il y a pas de souci. Là on je pense qu'on va beaucoup trop loin.

La justice va beaucoup trop loin. Et comment vous l'expliquez ? Bah je je pense que les juges n'aiment pas trop les élus d'une façon générale.

Je pense que les élus, on dit on dit souvent que les élus doivent être des citoyens comme les autres, mais en réalité souvent ils sont traités quand même de façon un peu particulière, plus sévèrement. Et je pense plus sévèrement. Je pense que les élus sont peuvent être dans le collimateur à un moment donné.

Donc je pense que c'est pas normal. Bien sûr qu'il faudrait quand même que ça c'est les élus en général. C'est pas Nicolas.

Non non pas pas Nicolas Sarin en particulier. Je pense que c'est les élus en général sur plein de sujets. On a l'impression qu'il y a il y a quand même des choses très fortes qui sont euh qui ne correspondent pas à la réalité et à ce qui serait acceptable par tous les citoyens.

On va aller justement voir la réaction d'un élu local, c'est le maire LR de Saint-Malot. Bonjour Gill Lurton, merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Est-ce que vous vous attendiez à une telle condamnation pour Nicolas Sarkozy qui ira donc en prison ?

Non, je ne m'y attendais euh pas du tout et euh je voudrais vraiment redire que Nicolas Sarkozy était un grand euh président de la République. C'est un président de la République qui dans des crises pas faciles a su euh réformer le pays. Et je voudrais profiter de l'occasion qu'il m'est donné pour euh lui redire euh ma sympathie à lui mais aussi à sa famille qui doit beaucoup souffrir de cette décision.

Ça abîme l'image de sa famille certes de sa famille politique surtout. Est-ce que ça abîme l'image de la droite vous qui êtes à l'air ? Je alors je ne suis plus au parti, je suis divers droite mais euh mais je ne sais pas si ça abîme l'image de la droite.

Ce que euh je sais euh c'est que un pays qui met en cause euh les euh décisions de justice, c'est un pays dans lequel la démocratie risque d'être quand même menacée. Moi, je tiens beaucoup à l'indépendance de la justice et au respect des décisions de justice. Je ne sais pas ce qu'il y a dans le dossier de Nicolas Sarkozi, mais je fais très très attention quand je parle de la justice.

Il n'empêche que la décision qui a été prononcée hier me paraît particulièrement sévère, d'autant plus sévère que Nicolas Serkozy est un ancien président de la République et que cette décision, elle provoque bien un véritable séisme dans la vie politique française. C'est mauvais aussi pour l'image du pays. C'est mauvais pour l'image du pays.

Oui, je pense que les pays étrangers nous regardent. Et puis euh je vous le disais, moi j'hésite toujours beaucoup à mettre en cause la justice, mais je vois bien que malgré tout à travers cette décision, beaucoup de personnel politique met en cause la décision qui a été prise vraiment la justice, elle est garante de la démocratie, elle est garante de la liberté, elle est garante de la sécurité, elle est garante de l'ordre dans notre pays et je pense qu'il faut faire très très attention à tout ce que nous disions dans ce domaine. Vous entendiez à l'instant le le sénateur Vincent Deavait un traitement particulier pour les élus ?

Vous partagez ça ? Je le partage. Euh je ressens bien que dans dans le domaine des décisions qui sont prises à notre égard, je pense naturellement aux campagnes électorales.

Nous allons rentrer en campagne électorale municipale euh d'ici quelques semaines. Je vois bien que d'une situation où rien n'était réglementé dans le passé, nous sommes passés à un extrême où il faut vraiment que nous fassions attention à tout, y compris à ce au mots que nous prononçons pendant la période des 6 mois qui précèdent les élections et qu'aujourd'hui tout devient cause de recours à l'encontre des élus. Mais je vois bien que les décisions qui sont prises à l'encontre des élus, notamment dans le cadre des campagnes électorales, c'est ce que je connais euh le mieux, sont en général particulièrement sévères.

Merci beaucoup. Merci Gill Lurton euh d'avoir été avec nous, un maire de Saint-Malot. Euh ça abîme l'image de la France comme l'a dit monsieur le Oui, clairement.

Clairement, moi je pense que vu de l'étranger, ça doit ça ça fait quand même très très bizarre d'avoir un un ancien président de la République qui va se retrouver en prison. Je ça je pense que et et je voudrais revenir sur le traitement particulier des élus mais je veux pas dire que les élus doivent pas être exemplaires hein et faire très attention à tout mais je pense que c'est c'est absolument indispensable. Par contre, ils doivent être traités sur le plan judiciaire de comme tout citoyen et pas de façon euh particulièrement sévère.

Et et là, on a l'impression que vraiment avec alors il faut effectivement a priori pas commenter les décisions de justice, mais on est bien obligé de donner son point de vue et en démocratie je dirais que on donne notre point de vue. Ça veut pas dire qu'on met en cause la justice en général et on a besoin d'une justice indépendante et qui soit une séparation des pouvoirs. Il a une séparation du pouvoir.

Ça c'est très clair. C'est très clair. Ce qui ne veut pas dire qu'on ne puisse pas donner un avis personnel sur une décision qui a été prise.

Euh ce matin dans la presse, on peut lire évidemment beaucoup hein d'éditoriaux puisque la presse parle énormément de cette condamnation, notamment qui parle de désacralisation du pouvoir. Est-ce que vous partagez ça ? Peut-être, peut-être.

Honnêtement, je je peux pas vous dire pour moi est-ce que c'est une désacralisation du pouvoir. En tout cas, en tout cas, c'est quelque chose de très fort. C'est sûr.

C'est sûr que c'est c'est très très fort. Quand on parle de déflagration, je pense que c'est le maire de Saint-Malot parlait de séisme politique. Je pense que ça n est çaen est un.

On va écouter une autre réaction, c'est celle de votre collègue sénatrice Cécile Cuckerman. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous. Sénatrice de la Loire, président du groupe communiste ici au Sénat.

Euh cette condamnation Nicolas SarkoZi, on a dit hier que c'était une gravité extrême pour l'état de droit. Qu'est-ce que vous en dites madame Cuckerman ? Mais tout d'abord, je pense qu'en état de droit euh tous les citoyens sont égaux devant la justice.

Je pense au contraire et et à la différence de ce que nous pouvons entendre d'ailleurs très majoritairement depuis hier que finalement notre pays la France sort d'un système d'impunité et finalement et peut-être malheureusement pour la personne en tant qu'individu je crois qu'on ne peut jamais se féliciter quand quelqu'un et d'ailleurs quel que soit le citoyen part en prison parce que nous savons que c'est un temps difficile pour l'individu mais dès lors que les législateurs que nous sommes ont décidé d'un certain nombre de règles que la justice en toute indépendance s'en saisit et les applique à sa juste valeur et bien tout citoyen doit s'y soumettre. Est-ce que ça ça pose la question et c'est dans le débat notamment mis dans le débat par Gérard Larchet le président du Sénat de l'exécution provisoire ? C'est une bonne chose ou ça questionne comme le dit Gérard Larchet ?

Mais je pense que cela peut questionner bien évidemment, mais tout autant, en tout cas pour ma part euh que les 26 % de prévenus qui sont aujourd'hui en prison en attente d'un procès. Donc nous avons un problème dans son ensemble aujourd'hui qui est le rapport à la prison et qui est le sentiment qu'effectivement indépendamment de la présomption d'innocence, indépendamment du temps du procès et des recours d'appel, finalement nous avons de plus en plus de gens qui sont en prison. Donc je crois que si on veut ouvrir ce débat là, il faut l'ouvrir dans son entièreté et y compris sur euh qu'est-ce que la prison, qu'est-ce qu'elle doit être et d'ailleurs quelles sont euh l'état de nos prisons.

Donc il ne peut pas y avoir, je crois de poids de mesure et encore plus de la part des élus que nous sommes dans cette période de crise de confiance envers envers la politique. Il n'y a pas des il n'y a pas à privilégier les élus, il n'y a pas à les sanctionner davantage. En revanche, si nous voulons ouvrir ce débat là, nous l'ouvrons dans son entièreté.

Mais j'ai envie de dire, je donne rendez-vous à mes collègues dans l'hémicycle pour effectivement sortir des logiques de peine toujours plus fortes, de volonté d'incarcérer davantage et repenser la question de la peine, de la sanction et de comment l'on effectue sa peine dans notre pays. Je laisse Vincent Dela vous répondre là-dessus. Non, sur le fait qu'il y ait pas de poids de mesure, moi je suis tout à fait d'accord et c'est ce que je disais.

C'est pour ça que moi je pense que les élus doivent être traités comme les citoyens et c'est pour ça qu'il faut pas qu'il y ait de poids de mesure. On a parfois l'impression qu'il il y a un petit peu au détriment des élus. Voilà.

Moi ce que ce que je pense d'une façon générale mais est-ce qu'il faut revoir les questions de la de la peine et du rôle de la prison ? Des peines, Despine. Moi, moi je suis aussi préoccupé par euh le sentiment d'impunité qui est quand même assez développé dans notre pays.

Et euh alors je pense qu'il doit y avoir des peines qui doivent être vraiment appliquées. Souvent, elles sont pas appliquées. Donc il y a des peines mais elles sont pas forcément appliquées.

Donc ça aussi ça fait partie du débat. Mais moi, je suis prêt à voir ce débat là et et c'est vrai que c'est important parce que c'est un sujet majeur. Euh c'est la sanction.

Et la sanction, ça existe dans toute société, dans tout groupe humain et on doit savoir comment on applique la sanction et parfois on a l'impression que cette sanction là est pas bien appliquée. Voilà. Cécile Cukerman là-dessus.

Mais je constate que quand on l'applique en tout cas pour les élus, cela ne nous satisfait pas. Donc je crois qu'on a un débat mais effectivement je ne sais je pense qu'on peut utiliser ce terme de différentes manières. Moi, je pense effectivement que la décision d'hier, et je le redis, mon objectif dans ma vie n'est pas d'envoyer Nicolas Sarkozi en prison par principe.

En tout cas, peut-être que le vrai séisme hier, c'est que nous entrons effectivement dans un nouveau rapport qui fait que les élus ne sont pas en retrait de ce type de décision de justice que nous avons compris à nous réinterroger collectivement parce que j'entends que la justice n'aime pas les élus, mais j'entends aussi beaucoup d'élus ne pas aimer la justice. Je crois qu'on on a besoin un peu de d'équilibre et je rejoins ce que dit notre collègue Vincent Deè. Je crois que nous avons besoin d'avoir une réflexion profonde finalement sur les peines, les sanctions, leur application et ce séisme peut-être que c'est ce qu'il peut nous permettre.

Aujourd'hui, nous avons effectivement un homme politique de premier rang ex-président de la République qui a une condamnation et cette condamnation va s'appliquer étant entendu que il va bénéficier comme tout autre détenu des différentes règles à commencer par celle de son âge qui fait que comme il a 70 ans, il pourra demander dès le premier jour de son incarcération un aménagement de peine au regard de sa situation d'état de santé. Merci beaucoup. Merci Cécile Cukerman d'avoir été avec nous, présidente du groupe communiste ici au Sénat et Nicolas Sarcodi qui a donc été condamné à une peine de prison avec exécution provisoire tout comme l'a été Marine Le Pen quelques mois avant l'exécution provisoire.

Cette exécution provisoire justement c'est l'objet de votre éclairage Quentin. On peut le dire parmi les aspects du jugement qui font le plus débat. Il y a donc cette exécution provisoire de la Pine.

Oui, on avait parlé de cette exécution provisoire lors effectivement Orian de la condamnation de Marine Le Pen en mars dernier. Pour rappel, l'exécution provise, c'est un mécanisme qui permet de faire appliquer la décision du tribunal en tout ou parti immédiatement après son prononcé. en principe l'appel d'un jugement a effet suspensif, c'est-à-dire qu'il suspend l'exécution des peines et des mesures prononcées.

L'exécution provisoire fait donc exception à cette règle et de nombreuses personnalités politiques demandent à ouvrir le débat autour de ce mécanisme. effectivement a commencé par Gérard Archer, le président du Sénat, il a tweeté hier cette réaction : "Il y a un questionnement grandissant au sein de la société sur l'exécution prévisoire d'une condamnation alors que les voies de recours ne sont pas épuisées et je le partage." Même chose pour François Xavier Bami qui écrit "Ce traitement exceptionnel que rien ne justifie, dit tout de ce jugement politique." Il a cette expression : "S'il croyait tant à leur sentence, qu'est-ce que les juges avaient à craindre d'une décision d'appel ?" Et Marine Le Pen a également dénoncé cette exécution provisoire.

Voilà la présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale qui a été condamnée à une peine d'inéligibilité avec exécution provisoire qui pourrait d'ailleurs l'empêcher de se représenter aux élections législatives en cas de nouvelles dissolutions. Elle écrit "La négation du double degré de juridiction par la voie de la généralisation de l'exécution provisoire par certaines juridictions représentent un grand danger au regard des grands principes de notre droit au premier rang desquels se trouve la présomption d'innocence. D'après les avocats contactés par publicsenat.fr hier, cette exécution provisoire, elle aurait été prononcée aussi pour souligner la gravité de la condamnation.

Les juges ont pu l'ajouter pour souligner le devoir de probiter des élus. C'est ce qu'on lit dans cet article de Simon Barbari que je vous conseille vivement. Alors Vincent de Laa êtes-vous d'accord ?

Vous commencez à l'évoquer avec Cécile Kukerman pour que le Parlement légifère à nouveau se penche, débatte sur cette question très précisément. En tout cas, qu'on se s'interroge et qu'on se questionne, moi je pense que c'est souhaitable parce que est-ce que ça va devenir la règle ? Et en l'occurrence, on a l'impression que les juges ont décidé d'aller au-delà de ce qui était requis par le parquet le parquet.

Et c'est là où je je trouve que la peine est très sévère et en plus n'a pas permis aux avocats de la défense de dire d'intervenir et de justifier éventuellement la non implication de cette exécution provisoire. Donc voilà, c'est honnêtement ça mérite ça mérite qu'on se penche sur le sujet et qu'on revienne peut-être un peu sur les les règles dans la matière. Ces affaires, elles sont instruites sur des très longues périodes.

Même Nicolas SarkoZi a parlé hier de 10 ans d'instruction. On parle de fait qui remonte aux années 2000. Est-ce que l'exécution provisoire, elle est pas aussi une manière aux yeux des citoyens et de la part des magistrats de montrer que les justiciables ne peuvent pas échapper au prè de prononcé même en première instance ?

Écoutez, Nicolas Sarkozi a 70 ans. Euh l'espérance de vie est bien plus longue que 70 ans. Donc honnêtement, il il y avait encore du temps, même si on souhaite que la justice aille le plus vite possible, mais en même temps, il faut bien faire son travail et moi, je souhaite que la justice fasse bien son travail.

Il faut aussi parfois du temps après les faits, il faut parfois du temps. Mais ça fait beaucoup quand même. Ça fait ça fait très long effectivement.

Ceci étant, moi je je j'aurais trouvé normal qu'on laisse la procédure de recours se faire et voilà. Mais est-ce qu'on est dans une remise en cause du double degré de juridiction comme le dit Marine Le Pen ? On en est pas loin.

On en est pas loin parce que en réalité euh normalement la double juridiction c'est suspensif quoi. Quand vous faites appel, c'est suspensif. Et là, en l'occurrence, on est dans un domaine d'exception.

Ce que ce qui a été ce qui a été dit. Donc est-ce que l'exception va devenir la règle ? Ça c'est la question aussi qui on peut se poser.

Et alors très concrètement, est-ce que vous pensez que un groupe politique en particulier peut proposer faire une proposition de loi dans les prochains mois ? C'est quelque chose qui est envisageable que vous avez entendu des collègues évoqués ? Non, pas encore.

À ce stade, pas encore. Non, non. On va passer à l'autre titre de l'actualité du jour.

C'est cette mobilisation des agriculteurs un peu partout dans le pays. Et pour en parler, on va aller chez vous dans les sones retrouver Teddy Vori. Bonjour Teddy.

Merci beaucoup d'être avec nous rédacteur en chef du républicain de les Teddy. On revient avec vous sur cette mobilisation des agriculteurs et parmi les secteurs mobilisés, il y a les betterraviers. Oui, bonjour Orian.

Bonjour Vincent Volet. En effet en ess la récolte des betteraves est en cours. Les craintes sont très fortes dans le sud du département. cette année encore la la jeunisse s'est très largement répandu faute de d'alternative au néonicotinoïde et et que la loi du plomb n'avait n'avait pas pu rétablir.

Alors la filière, la présence de la culture sont en danger en esse. Alors qu'est-ce qu'il faut faire pour les sauver monsieur le sénateur ? Est-ce qu'il faut que le législateur intervienne de nouveau et de manière plus efficace pour aider nos agriculteurs ?

Ben écoutez le le Bonjour Ted dit le législateur est déjà intervenu puisque on a déjà effectivement eu la loi qu'on appelle du plomb mais qui en fait est du plombénonville. Franck Ménonville c'est un de mes collègues et je tiens je tiens à saluer le travail aussi qu'il a réalisé là-dessus. Euh la partie qui concerne effectivement les betteres et les betterraviers c'est le conseil constitutionnel.

C'est pas le c'est pas le parlement he c'est le conseil constitutionnel qui a décidé de censurer la mesure en question. Et c'est vrai que euh on aurait besoin d'alternative, il y en a pas franchement. et on a l'impression queon met nos agriculteurs en concurrence avec euh d'autres producteurs dans d'autres pays qui n'ont pas les mêmes règles.

Donc c'est ça le problème. C'est aussi un peu le problème du Mercossure euh qui est discuté parce que on se dit "OK, on veut bien se mettre en concurrence mais qu'on ait tous les mêmes règles et nous on a l'impression que on s'impose des règles qu'on impose pas aux autres et donc ça c'est vraiment un gros problème." Il faut continuer bien sûr à se à se battre sur cette question parce que les agriculteurs, c'est pas des privilégiés, c'est pas des nantis, c'est des gens qu'on doit aider, qu'on doit favoriser et on avait une industrie agroalimentaire qui était très performante.

Aujourd'hui, on l'a plus. Malheureusement, c'est comme dans pas mal d'industries, on a perdu beaucoup de d'influence et d'action quoi de de poids et il faut retrouver une industrie agroalimentaire qui soit performante. Ty, vous avez une autre question ?

Oui, justement notre balance commerciale, notre balance agricole va sans doute être dans le rouge cette année, une première depuis l'après-gerre et j'ai parlé hier un grand nombre d'exploitants qui s'interrogent sur sur les choix diplomatiques de la France qui sont fait, les tensions avec l'Algérie qui était notre premier client euh pour le blé qui est la culture rine en essonne. Il y a déjà un impact qui est ressenti. Euh la reconnaissance de la Palestine fait craindre également des tensions avec Israël et l'Égypte qui sont également des gros clients de la France.

Est-ce que vous pensez que les les ces enjeux sont pris en compte suffisamment par notre diplomatie aujourd'hui euh justement à l'ô de la situation très difficile de de notre agriculture et de la ferme France en général ? Bah c'est c'est une question qui est pas évidente hein. Tu dit euh c'est c'est c'est pas facile parce que moi je suis pas dans les dans la diplomatie et au ministère des affaires étrangères.

J'ai du mal à savoir effectivement ce qui est pris en compte et ce qui n'est pas prise en compte. Euh c'est vrai qu'il faut y faire attention. C'est une dimension qui doit être prise en compte à mon avis peut-être un peu plus qu'elle ne l'est aujourd'hui, mais c'est pas la seule non plus.

On imagine bien que le président de la République, il a il a il y a plein de dimensions différentes à prendre en compte. Donc là, honnêtement, j'ai j'ai du mal à répondre si c'est suffisamment pris en compte. En tout cas, c'est une dimension qui doit être dans la réflexion.

Les agriculteurs aujourd'hui, ils sont aussi mobilisés contre le mercour. Est-ce que la bataille est perdue pour la France sur ce dossier ? B euh honnêtement honnêtement, j'ai l'impression que le processus est malheureusement bien parti euh entre que ou mal parti hein, ça dépend du de quel côté on se place mais euh c'est pas parce que euh un processus est mal parti ou mal engagé qu'il faut pas euh continuer à se battre ou à réfléchir en tout cas à la question.

Moi, moi je suis je suis je suis pas contre favoriser les échanges euh économiques parce que c'est bon pour tout le monde hein. Ça doit être bon pour tout le monde. Normalement, tout le monde va pouvoir s'y retrouver.

Sauf que comme je le disais à l'instant, il faut que les règles soient les mêmes pour tous. Merci Teddivori. Merci beaucoup d'avoir été euh avec nous et la une du Républicain de la semaine, c'est la campagne des municipales qui débutent.

C'est à la une de votre journal. Merci Teddy et à très bientôt. On va terminer en parlant du budget Vincent Deil.

C'est un un sujet que vous vous suivez tout particulièrement ici au Sénat. Est-ce que Sébastien Lecornu va réussir à construire un budget non censuré dans les temps selon vous ? Est-ce qu'il va réussir à faire un grand écart en 15 jours ?

En tout cas, il a annoncé que il ne formerait son gouvernement que si il arrivait à un accord sur le budget. Pour l'instant, je ne le vois pas cet accord. Je vois que les socialistes réclament à nouveau beaucoup d'augmentation d'impôts et que de l'autre côté les républicains ne souhaitent pas du tout d'augmentation d'impôau.

Donc elle est insoluble l'équation mais mécaniquement l'équation est quasiment insoluble. C'est déjà difficile quand on a une majorité mais alors quand on n pas de majorité c'est quasiment injouable. Donc moi je je sais pas ce qui ce qui va se passer.

Pour ma part, moi je je souhaite alors parce queon parle beaucoup des riches et d'imposer les riches. Alors c'est vrai que ça c'est toujours bien de dire que c'est les autres qui vont payer hein. D'abord les riches, on en a besoin pour tirer notre économie.

Quand on a besoin de gens qui investissent, il faut bien avoir de l'argent pour investir. Et si on veut que les riches partent tous ailleurs, bah il faut il suffit de le dire. Mais dans ces cas-là, on aura que nos yeux pour pleurer.

Donc il faut il faut il faut faire attention à ce qu'on fait. Moi, je souhaite qu'il y a un bilan de la redistribution qui soit faite. Il y a une redistribution qui est très forte en France, hein.

Je pense qu'on on est sans doute dans le les pays qui redistribuent le plus. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que les écarts après impôts et après aide sociale, les écarts sont bien minimisés entre les plus hauts revenus et les et les plus bas.

Donc il faut que qu'on fasse un bilan de la redistribution, ça veut dire par la Cour des comptes. Ben que la Cour des comptes soit saisie par la commission des finances du Sénat pour faire un bilan de cette redistribution et que on puisse partir sur des choses objectives et non pas dis dire "Ah ben, il suffit de faire payer les riches, vous êtes riches, ben on va vous faire payer." Et voilà.

Et donc, mais est-ce que quand même vous vous entendez la la demande des Français de plus de justice fiscale ? Ça va au-delà des demandes de la gauche justice fiscale, elle existe déjà. Mais ça veut dire que vous êtes contre toute forme de taxation des plus riches alors qu'on je suis je ne suis pas contre.

Moi je ne suis pas contre. Aujourd'hui, on a l'impôt sur la fortune immobilière. Vous savez, c'est ce qui a remplacé l'ISF.

En fait, on taxe l'immobilier et l'immobilier, c'est souvent sur, j'allais dire, les petits riches. Nous, on avait proposé au Sénat et on avait fait adopter une transformation sur l'impôt, sur la fortune improductive, ce qui n'est pas productif. Et c'est là où je prise, vous revenez à la charge chaque budget.

Ah ben on revient on revient à la charge sur ce sujet-là et on va continuer à revenir à la charge. Et moi je pense qu'il faut d'abord faire des économies. Donc il faut diminuer la dépense.

C'est pour ça que je je sors le 10 octobre un livre qui s'appellera des économies en veux-tu en voilà et euh où il y aura quand même pas mal de d'idées de d'économie. Et je pense que c'est là-dessus qu'on devrait réfléchir en premier plutôt que se dire on va on va retaxer alors qu'on a on a la l'impôt le plus élevé au monde. On est champion du monde des impôts.

Donc à un moment donné il faut se dire faut s'arrêter et il faut se dire faut réduire la dépense. François Baou il chiffrait les économies à 44 milliards. Il faut rester sur ce chiffre selon vous.

Ouais je pense je pense que on doit être entre 120 et 150 milliards d'économie sur les 4 à 5 ans qui viennent. Donc si on ne fait pas les efforts aujourd'hui à hauteur de 44 milliards, il faudra les faire plus tard. Mais c'est ce qu'on nous annonce depuis des années.

Depuis des années, à chaque fois, on nous dit "Ah ben cette année, on va pas on va faire un petit peu d'économie, mais on en ça vous paraît possible de garder ce chiffre de 44000 alors que François Baïou a chuté dessus ? Et moi, je pense que sur n'importe quel chiffre, vous allez chuter. Là, moi mon mon pronostic que euh le gouvernement va chuter quel que soit le chiffre qu'il retiennent.

Donc, vous pouvez retenir 25 milliards. En plus, on sait même pas comment ils sont calculés. Donc si vous pouvez me dire comment ils sont calculés, vous êtes très fortes.

Moi je sais même pas le dire. Donc c'est c'est à un moment donné c'est c'est vrai que c'est assez pénible. On va vers une des solutions.

C'est pour vous ce qui va se passer ensuite si vous voulez mon pric. Oui, c'est je pense qu'il y aura une dissolution. Merci Vincent de la merci beaucoup d'avoir été notre invité ce matin.

C. [Musique]