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InterviewBFM TV (sur YouTube)· 27 février 2023ComplaisantActualité / polémiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

Sécheresse: l'interview du ministre Christophe Béchu sur BFMTV en intégralité

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Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Quelles sont les zones les plus préoccupantes selon vous ?

  • 2:01OuverteRéponse directe

    Allez-vous décréter des restrictions dans les jours à venir ?

  • 4:01OuverteRéponse directe

    Quel type de décision pourrait être prise dans les jours à venir ?

  • 6:01OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a des Français qui peuvent se retrouver à ne pas pouvoir utiliser leur robinet ?

  • 8:01OuverteRéponse directe

    Comment allez-vous accompagner nos agriculteurs dans les jours qui viennent ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:10Christophe BéchuChiffre
    « On a les deux tiers des débits d'étiage qui sont inférieurs à la normale. »
  • 0:20Christophe BéchuChiffre
    « On a même un cinquième des rivières qui sont en dessous de la moyenne de la décennale sèche. »
  • 0:30Christophe BéchuChiffre
    « Depuis août 2021, nous avons eu 15 mois déficitaires. »
  • 2:10Christophe BéchuPromesse
    « D'ici la fin du mois de mars, tous les comités départementaux de ressources en eau se réunissent département par département. »
  • 2:30Christophe BéchuChiffre
    « 700 communes, en 2022, ont connu des problèmes d'eau potable. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Monsieur le ministre, merci d'avoir accepté notre invitation. Vous venez de rencontrer les préfets de cette région particulièrement. Bonsoir, touchés par la sécheresse.

Quelles sont les zones les plus préoccupantes selon vous ? Toute la France, la totalité des départements à la minute où nous parlons sont en dessous des normales quand on regarde l'humidité des sols. On a les deux tiers des débits d'étiage qui sont inférieurs à la normale.

On a même un cinquième des rivières qui sont en dessous de la moyenne de la décennale sèche. Et si je dois zoomer, on a trois régions. L'Occitanie, la région sud et Auvergne-Rhône-Alpes où l'humidité des sols est comparable à celle de la fin d'un mois de mai.

Ça fait au cours des 18 derniers mois, depuis août 2021, nous avons eu 15 mois déficitaires. Le vrai problème, c'est que le déficit de février, il s'ajoute à des mois qui, depuis septembre, n'ont pas été plus pluvieux. Ils l'ont même été moins que l'année dernière à la même époque.

Mais la sécheresse, c'est le fait qu'on a eu des nappes phréatiques en sortie d'été, historiquement basses, qui ne sont absolument pas rechargées. Et on est donc dans un état de vigilance qui m'a conduit à réunir ce soir tous les préfets qui coordonnent les bassins. La semaine prochaine, ce sera tous les préfets de France.

Et avec une consigne, c'est que d'ici la fin du mois de mars, tous les comités départementaux de ressources en eau se réunissent département par département pour faire le point et pour prendre les arrêtés au-delà des cinq que vous avez cités qui seront nécessaires pour éviter des décisions très douloureuses quand on se rapprochera de l'été si le ciel n'est pas plus clément. Donc d'ici fin mars, vous voulez absolument une photo totale et très précise de la situation dans le pays. Mais allez-vous décréter des restrictions dans les jours à venir ?

Elles ont commencé. Vous savez, l'été dernier, à la fin du mois de juillet, j'ai signé un décret permettant précisément de prendre des restrictions toute l'année. Parce que ce n'était pas en juillet dernier qu'on pouvait régler la sécheresse qu'on avait connue.

Les décisions à prendre pour essayer d'anticiper le pire, il faut les prendre en hiver, il faut les prendre dans les premiers jours du printemps. On a deux mois devant nous, à peu près, pour espérer de la pluie parce que c'est ce qu'on appelle la période de recharge des nappes phréatiques qui s'étend jusqu'au milieu du mois d'avril. Mais ne pas prendre de mesures de restrictions aujourd'hui quand on voit l'état des nappes, quand on voit l'état des cours d'eau, ce serait totalement irresponsable.

Donc j'ai demandé au préfet de ne pas avoir la main qui tremble et département par département de prendre les mesures qui s'imposent, pas de surréaction, mais des actions qui permettent d'éviter, je le redis, qu'à l'approche de l'été, on soit dans des conflits d'usage tels que ça devienne un problème. Donc cette réunion avec les préfets va se traduire par des décisions dans les jours à venir très précises et localisées. Je vous ai bien compris.

C'est exactement ça. De la même manière que votre journaliste, juste avant que vous me passiez la parole, faisait état des départements qui connaissent aujourd'hui des restrictions, l'Isère, les Pyrénées-Orientales, les Bouches-du-Rhône, le Var notamment. D'autres départements, dans les jours, dans les semaines qui vont suivre, vont eux aussi, pour un certain nombre, basculer, sauf si on avait des pluies qui nous permettaient d'avoir des recharges importantes.

Je ne fais pas ça de gaieté de cœur, mais notre responsabilité, c'est de tenir compte de l'état des nappes et de la ressource disponible pour ne pas se retrouver devant des dilemmes à l'approche de l'été, devant des assets qui seraient catastrophiques pour la mortalité des poissons, devant des situations qui, pour les activités humaines, pour l'eau potable, nous placeraient devant des difficultés insondables. Il y a un chiffre qu'on n'a sans doute pas assez donné. 700 communes, en 2022, ont connu des problèmes d'eau potable. 700.

Ce chiffre, vu les situations aujourd'hui que nous connaissons sur une partie du territoire, si on ne prend pas de mesures, le risque, c'est qu'on ait encore plus de communes qui connaissent des difficultés d'eau potable l'été prochain. Je ne peux pas m'y résoudre. C'est la raison pour laquelle la Première ministre va déclencher le comité interministériel de crise sécheresse dans les prochains jours et pour laquelle nous sommes en train de multiplier à la fois les réunions et puis les prises de décisions.

Monsieur le ministre, pour être très précis pour nos téléspectateurs, sachant que les décisions ne sont pas prises, mais qu'on comprend ce soir que vous êtes en train de consulter, notamment avec nos préfets, pour aller vers des décisions tout à fait précises. Quel type de décision pourrait être prise dans les jours à venir ? Est-ce qu'on peut quand même nous préparer à cette situation ?

Quel type de restrictions, bien entendu ? Les restrictions, elles ne vont pas être prises pour toute la France. On regarde, territoire par territoire, en fonction de l'état des cours d'eau et des naples, le type de décision à prendre.

Il y a quatre types. Il y a la vigilance qui consiste à multiplier les messages d'information. Il y a l'alerte, c'est le début des restrictions.

Il y a l'alerte renforcée qui s'applique à l'heure actuelle dans plusieurs départements. Et ensuite, il y a la crise dans laquelle tous les usages en dehors de l'eau potable sont interdits. C'est dans cette gamme d'arrêtés que des décisions vont être prises dans les départements français d'ici la fin du mois de mars.

Je ne peux pas préjuger territoire par territoire de ce qui va se passer. Mais je vous ai cité quelques régions dans lesquelles on avait des difficultés particulières. Il va de soi que là où on a des difficultés les plus grandes, c'est là où les arrêtés de restrictions seront les plus importants.

Je le redis, s'il ne pleut pas, l'espoir évidemment que nous avons tous, c'est d'avoir un mois de mars qui soit très pluvieux et qui permette une recharge des nappes. Mais est-ce qu'il y a des Français qui peuvent dans les semaines à venir se retrouver à ne pas pouvoir à certains moments soit à subir des coupeurs d'eau, soit à ne pas pouvoir utiliser très simplement leur robinet parce que ça n'est plus considéré comme possible ? Non.

La restriction ne conduit pas à interdire l'usage d'eau potable. Malheureusement, des réseaux qui sont défaillants, des réseaux qui ne sont pas interconnectés entre communes, des déficits au niveau des points de captage amènent des Français dans cette situation. On a connu, au pic de l'été dernier, 300 communes qui étaient alimentées par citernage et 200 qui l'étaient avec des bouteilles qui étaient acheminées la plupart du temps dans des villages de petite taille.

Mais si on a une sécheresse qui dure et qui s'amplifie, le risque d'avoir des communes de plus grande taille qui puissent elles-mêmes être touchées par ce type de phénomène nécessite les mesures dont je suis en train de parler. Au Salon de l'agriculture, le président de la République a appelé à la sobriété, sobriété hydrique d'une certaine façon, et vous avez déclaré qu'il fallait faire dès à présent des économies d'eau. On l'entend encore ce soir.

Donc après, la sobriété énergétique, on passe dans notre pays à ce qu'il faudrait appeler désormais la sobriété hydrique. On s'est effectivement habitués dans ce domaine à se dire qu'on ne manquerait jamais d'eau. Vous, moi, ceux qui sont sur votre plateau, en moyenne, un Français, c'est 149 litres d'eau potable par jour et par personne.

Si on devait nous livrer tous les matins les packs correspondant à notre consommation journalière, je pense que la sobriété, on l'appliquerait de manière plus naturelle que ce que nous faisons les uns et les autres. 20% de l'eau potable qu'on produit dans notre pays part dans des fuites à cause de réseaux qui ne sont pas assez entretenus. On traite les eaux usées et on ne les réutilise pas.

Moins de 1%, alors que les Italiens en réutilisent 10%, les Espagnols près de 20% et dans d'autres pays, ça va même au-delà de 50%. On a de l'eau de pluie qu'on n'utilise pas. On met de l'eau potable dans nos toilettes parce qu'on a aujourd'hui des décrets qui empêchent que l'eau grise puisse alimenter en double circuit des choses de ce type.

Donc on a plein de leviers pour lutter contre des formes de gaspillage d'eau parce qu'on s'est habitué à une forme d'abondance et on a une sobriété à la fois évidemment au niveau individuel mais également pour les usages industriels et agricoles. Il faut qu'on se mette tous dans la tête que collectivement, le dérèglement climatique va amener une diminution de l'eau disponible dans les années qui viennent. On en a malheureusement un triste aperçu.

D'après les spécialistes, c'est entre 10 et 40% au milieu de ce siècle d'eau que nous pourrions avoir en moins. Donc ça veut dire des évolutions vers des pratiques qui soient aussi plus vertueuses parce qu'on a besoin d'une agriculture pour se nourrir. Elle a besoin d'eau mais si on n'a pas plus d'eau, ce ne sera pas des décisions gouvernementales qui la créeront.

Alors, ce sera ma dernière question. Comment allez-vous accompagner nos agriculteurs dans les jours qui viennent, notamment dans leur accès à l'eau ? Dès demain matin, j'aurai l'occasion assez tôt d'être au salon de l'agriculture avec une partie d'entre eux.

Ça fait évidemment partie des sujets sur lesquels il faut qu'on arrive à trouver des solutions. Il n'y a pas d'alternative à moyen terme que la sobriété, que d'aller vers des usages qui nécessitent moins d'eau compte tenu de l'évolution du climat. Et entre les deux, il y a les innovations, il y a l'irrigation goutte à goutte, il peut y avoir des solutions temporaires avec des retenues mais en étant sur une tente globale de sobriété.

Quand sera connu très exactement le plan national pour l'eau qui a été annoncé fin janvier ? Il le sera dans le courant du mois de mars. On est sur les ultimes arbitrages et évidemment la situation actuelle conduit à faire évoluer une ou deux mesures.

Merci beaucoup Christophe Béchut d'avoir pris la parole ce soir sur BFM TV.

Sécheresse: l'interview du ministre Christophe Béchu sur BFMTV en intégralité — Christophe Béchu · Pourquijevote