Gouvernement, budget: l'interview en intégralité de Laurent Wauquiez
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 25 %Défensif 40 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 16:53Laurent WauquiezChiffre
« ça a coûté 10 à 12 milliards d'euros »
- 17:03Laurent WauquiezChiffre
« ça coûte 5 à 6 milliards d'euros. »
Temps de parole
- Présentateur68 %
- Présentateur 227 %
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C'est une première dans l'histoire de la Vème République, un ancien président donc en détention.
La sortie ici de Nicolas Sarkozy de son domicile, main dans la main, avec sa femme Carla.
On t'aime Nicolas ! Je suis tellement triste, à la fois triste et révoltée.
J'éprouve une peine profonde pour la France qui se trouve humiliée, ce sont les mots de Nicolas Sarkozy sur ses réseaux sociaux.
On a envie de montrer notre affection à Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy qui va monter !
Il y a des motards et puis il y a des caméras, comme des caméras du Tour de France, qui suivent la voiture présidentielle, exactement comme en 2007. Le véhicule de Nicolas Sarkozy entre dans la cour de la prison et voilà les portes qui se referment.
C'est un jour funeste pour lui, pour la France et pour nos institutions.
La demande de mise en liberté de Nicolas Sarkozy a été déposée. Il n'a rien demandé, pas de traitement de faveur. Il a trois parloirs de 45 minutes par semaine dédiés à sa famille. J'irai voir Nicolas Sarkozy pour m'assurer de sa sécurité. Il y a un risque qu'une telle visite soit ressentie comme une forme d'atteinte à l'indépendance des magistrats.
Voilà pour l'image du jour, image compilée par Stéphanie Zenati et Bertrand Séguier. Laurent Wauquiez, vous avez été ministre pendant tout le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Qu'est-ce que vous avez ressenti ce matin devant ces images quand les portes de la prison se sont refermées ? Ce sont dures ces images. Moi j'ai appris la politique aux côtés de Nicolas Sarkozy. J'ai une immense estime pour lui. Et au-delà de ça, il y a un lien d'affection et d'amitié très profond qui nous unit. Et je pense que pour tous ceux qui l'aiment, qui ont cette affection et ce lien avec lui, c'est des images qui sont très dures.
Et je pense même que dans la façon dont il s'est comporté aujourd'hui, il y avait beaucoup de dignité. Et j'espère que même pour des gens qui n'ont pas voté pour lui, ça les a touchés. Parce que je trouve qu'il s'est comporté avec une très grande dignité, avec de la gravité, avec beaucoup de dignité. Je l'ai eu au téléphone il y a encore quelques jours. J'ai vraiment été frappé par son courage, par sa combativité, par la façon dont il fait face. Et voilà, je pense à sa famille, je pense à ses enfants. C'est un moment d'épreuve. Très dur, très lourd d'épreuve. Est-ce que vous parlez comme lui d'un complot de la justice, ourdi contre l'ancien chef de l'État, ou vous ne reprenez pas ces mots ?
Non, en revanche, je vais dire les choses comme je le ressens, avec la sensibilité qui est la mienne et ce lien que j'ai avec lui. C'est penser qu'il est au moment où on parle en prison, alors qu'il n'a pas encore été jugé en appel, et qu'il est présumé innocent, je ne peux pas le comprendre. Ce qui est le commun de milliers et de milliers de détenus en France. Alors je vais y revenir. Vous avez raison. C'est un régime qui existe, ça s'appelle l'exécution provisoire, ça s'appelle le mandat de dépôt. Et quand je vous dis ce que je vous dis, je ne le dis pas en empiétant sur la séparation des pouvoirs. Je considère qu'un politique n'a pas à juger. Ce n'est pas mon travail.
Donc vous ne reprendrez pas l'expression de violation de l'État de droit ou de complot ? On l'entend à vos propos là. Non, parce que je considère juste qu'à ma place, comme député, je n'ai pas à juger à la place d'un juge. Et en sens inverse, un juge ne doit pas faire la loi à la place du politique. Là, vous avez le sentiment que ça a été le cas dans cette affaire ? Non, le sentiment que j'ai quand je regarde cette affaire, c'est que la loi est mal faite. Et qu'elle est mal faite sur l'exécution provisoire. L'exécution provisoire, elle doit être réservée à des cas dangereux et de menaces à l'ordre public. Ça n'est en aucun cas la situation de Nicolas Sarkozy.
Des faits d'une gravité exceptionnelle, a dit le tribunal quand il a condamné Nicolas Sarkozy, pour justifier cette mesure. Oui, et il a appliqué la loi, mais je considère que la loi est mal faite. Donc il faut réécrire la loi. Emmanuel Macron, aujourd'hui, dit « je suis ouvert à un débat au calme sur les modalités de l'exécution provisoire ». Je rappelle que la loi, elle est toute récente, elle a été votée en 2019 par les parlementaires. Oui, mais c'est une loi qui était conçue pour des cas dangereux de gens qui étaient une menace à l'ordre public et qui pouvaient être en situation de récidive. Donc on exclut les politiques de l'exécution provisoire ?
Non, mais un ancien président de la République qui n'est plus président de la République, qui peut me dire qu'il se retrouve encore en situation de pouvoir se retrouver dans le même sujet qu'on a jugé ? Ça n'a pas de sens. Ça n'a pas de sens. Et donc je considère que la loi est mal faite. Donc vous êtes prêt à en déposer une nouvelle ? Je pense qu'on est là pour ça. Et que quand il y a des choses qui sont mal faites, il faut qu'on les corrige. J'essaye de le faire en mettant de côté. Parfois la colère que je peux avoir en voyant ces images, la peine que j'ai pour lui. Mais je pense qu'en tout cas, il y a un débat qu'on doit ouvrir sur l'exécution provisoire.
Elle est légitime dans certains cas, elle est illégitime dans d'autres. Et je pense que là, sur Nicolas Sarkozy, c'est profondément pas un cas dans lequel elle aurait dû être. Et on entend que ce débat, vous êtes prête à le porter, vous, peut-être dans les jours, dans les semaines qui viennent, à l'Assemblée nationale. Oui, et je pense d'ailleurs qu'on va avoir une loi sur la justice qui doit arriver. Ce sera sans doute aussi l'occasion de poser cette question, que au moins ça serve à ça. Et je pense que ça fait partie des combats que Nicolas Sarkozy veut continuer à porter.
Laurent Wauquiez, je voudrais qu'on rembobine un petit peu ce qui s'est passé ces derniers jours et ces dernières semaines. Parce que je pense qu'une partie des téléspectateurs qui nous regardent sont un peu perdus et à juste titre. Est-ce que, d'abord, vous avez compris pourquoi votre patron, Bruno Rotailleau, le chef des Républicains, a fait exploser le gouvernement de Sébastien Lecornu ? Il a dit que c'était parce qu'il ne voulait pas du retour de Bruno Le Maire. Est-ce que vous le croyez ? Est-ce qu'il est sincère quand il dit ça ? Oui, bien sûr. Il est sincère. Donc vous auriez fait la même chose que lui ? Vous auriez claqué la porte d'un tweet à 21h30 ? Non.
Et je vais dire les choses très simplement et calmement. Pendant 15 jours, vous l'avez noté, je n'ai pas fait le tour des médias. Parce que je me suis astreint en ligne. On prend des décisions ensemble. Ça a été des moments durs pour notre famille politique. Il y a eu beaucoup de débats, beaucoup d'échanges, des confrontations. On n'était pas d'accord. J'ai essayé de respecter les décisions collectives et de ne pas aller dans les médias pour ajouter de la division à la division. Vous dites qu'on prend des décisions ensemble. Là, ils ne vous avaient pas consulté avant de claquer la porte. Est-ce que ça a été difficile ? Je ne vais pas vous dire l'inverse.
C'est-à-dire que quand le dimanche 5 octobre, au soir, sur un tweet, sans nous en parler, Bruno Retailleau change complètement de position, bien sûr que ça a été difficile. Maintenant, moi, ce que je veux, c'est qu'on laisse ça de côté. J'essaye de remettre de l'apaisement. Je pense qu'il faut qu'on retrouve de l'unité. On a un combat à mener sur lequel les Français nous attendent. C'est cette question du budget. Et je pense que dans ce combat, il faut qu'on soit très unis. Maintenant, Bruno redevient sénateur. On va avoir besoin de ce travail commun entre les députés et les sénateurs. Et il faut que la droite défende ses convictions. Oui, les Français ont été perdus.
Ils n'ont rien compris à ces changements de position. Et vous diriez qu'il a affaibli les Républicains en mettant le feu avec ce tweet à 21h22 qui a un peu stupéfait tout le monde. Je vous ai dit que je ne voulais pas faire de commentaire qui soit désobligeant. On aura noté que vous l'appelez Bruno, ce qui est un signe d'apaisement sans doute ce soir. Prenez-le comme un signe d'apaisement. Vous auriez pu dire M. Retailleau ou l'ancien ministre. C'est la bonne interprétation. Le gouvernement Lecornu compte aujourd'hui six ministres issus des Républicains. Vous étiez favorable, vous l'êtes toujours je suppose, à leur participation.
Contrairement à Bruno Retailleau qui ne veut pas de cette participation. Il y a une procédure d'exclusion qui est lancée. Je crois que les instances du parti vont se réunir demain. Quelle sera votre position ? D'abord, on était tous favorables à la participation. Je rappelle que quand on délibère ensemble et que la droite décide ensemble, on est le dimanche soir, on est sur le Lecornu 1. À ce moment-là, tout le monde est d'accord pour participer et considère qu'il faut qu'on assume nos responsabilités. Vous dites qu'on était tous d'accord, mais parfois, si vous passez l'expression, vous n'avez pas toujours été d'accord avec vous-même.
Le 5 octobre, vous dites participer, ce serait cautionné, il ne faut pas participer. Et une semaine après, vous dites qu'il faut participer. On a l'impression, pardon Laurent Wauquiez, que parfois, votre boussole, c'est uniquement de dire l'inverse de Bruno Retailleau. Vous avez changé d'avis en une semaine. Non, et je ne vais pas vous laisser dire ça. J'ai été très constant depuis un an, depuis la dissolution. C'est quoi mes trois repères ? Toujours les mêmes. Le premier, d'abord, je ne vote pas de censure à la légère.
La censure, ça coûte aux Français, ça fait payer l'addition, l'instabilité coûte à peu près 10 à 12 milliards d'euros à chaque fois qu'on fait tomber un gouvernement et qu'on n'a pas de budget. Vous relivez vos propos du 5 octobre dernier, Laurent Wauquiez. Participer, c'est cautionné, ce serait faire un chèque en blanc, ce serait une erreur ? Vous me laissez aller au bout de ma réponse ? De la deuxième chose, je me suis appliqué à moi-même ce que vous dites, je ne suis jamais allé dans un gouvernement depuis la dissolution. On me l'a proposé à deux reprises. J'ai refusé, donc avec une constance totale. Moi, je n'ai pas décidé de participer au gouvernement.
Vous l'avez raison, vous l'avez rappelé, c'est ma position. Et la troisième chose, c'est que je veux que la voix de la droite soit indépendante. Et on va parler du budget. Je veux que la voix de la droite, elle corresponde à nos convictions, nos valeurs. Ces trois sujets-là, je n'ai jamais changé d'avis. Maintenant, pour répondre à votre question, très simplement sur les six ministres. Vous les virez ou vous ne les virez pas ? Ça suffit. Il faut qu'on retrouve de l'apaisement. On ne va pas se mettre à exclure tout le monde. Et donc, maintenant, il faut retrouver du travail en commun, il faut retrouver de la sérénité.
Et la position exprimée par Gérard Larcher ce week-end, qui a écarté l'exclusion, en disant maintenant, il faut tourner la page et se concentrer sur l'avenir, me semble être une bonne position. Il a écarté en disant, on ne les suspend pas pour l'instant, on attend de voir ce qui se passe pendant le budget, on verra à la fin. Très bien. Position un peu médiane. Parfait. Stop. C'est-à-dire, pour bien que vous compreniez mon état d'esprit, ça a été qu'un jour catastrophique. J'en ai parfaitement conscience. Très mauvaise image, projetée par la droite, vous avez raison. Et vous avez raison de rappeler les incohérences qu'il y a eu. Moi, j'essaye de garder un cap qui soit clair.
Et j'essaye surtout maintenant de tourner cette page. Et que dans la seule question qui va compter pour les Français, qu'est-ce qu'on va devenir avec ce budget ? Qu'est-ce que la droite va faire ? Que la position de la droite républicaine et des députés que je représente, elle soit parfaitement claire et déterminée. Donc votre message, on l'a compris à Bruno Retailleau ce soir, et sans doute aussi aux militants, aux sympathisants des Républicains, si on se calme. Si vous demandez à Bruno Retailleau de ne pas exclure les six ministres du parti, s'ils sont exclus, vous ferez quoi ? Et surtout, pardonnez-moi, on retravaille sur le fond.
Parce que ce qui a été catastrophique pendant 15 jours, c'est que c'était la pire image de la politique, c'est-à-dire la tambouille, les places, les postes, la pire image. Je vous l'ai dit, moi j'ai refusé d'aller au gouvernement. Et donc j'ai été très constant dessus, ça me donne une grande liberté pour l'aborder ici, autour de cette table. Et donc mon souhait, c'est que demain on retrouve de la sérénité, et qu'il n'y ait pas des exclusions dans tous les sens, c'est pas comme ça qu'on construit une famille politique. Et si ce n'est pas le cas, que ferez-vous, si les ministres sont exclus ? J'espère convaincre. Ne m'enlevez pas l'espoir de convaincre.
Juste, dernière question sur Bruno Retailleau, après on parle du budget. Trois propositions à vous soumettre. Bruno Retailleau, c'est un ami, un allié ou un adversaire ? Un ami, un allié ou un adversaire ? C'est un ami, il est dans ma famille politique. Moi en politique, aujourd'hui, j'ai un seul adversaire, je ne m'en trompe pas, c'est la France insoumise. Pour moi, c'est la première menace pour la République et pour l'avenir de notre pays. C'est eux que je considère être les plus dangereux. Voilà. Et donc évidemment, que Bruno pour moi n'est pas un ennemi, ça n'aurait aucun sens de vous dire ça. C'est des adversaires, c'est pas ennemi. Je n'ai pas d'adversaire dans ma famille politique.
On peut avoir des tensions, on peut avoir de la concurrence, on peut avoir de la compétition. Ça, c'est la vie et ça s'assume. Mais je n'aime pas l'idée d'adversaire dans ma famille politique. Vous nous avez dit, il y a un instant, j'ai refusé par deux fois d'être ministre, récemment ? Michel Barnier me l'avait proposé, François Bayron me l'avait proposé et j'ai, dès le début, dit très clairement à Sébastien Lecornu que je ne le souhaitais pas. Donc je suis un homme libre et j'ai été très constant sur cette position. Quelle sera la ligne directrice des Républicains pendant l'examen du budget qui a commencé cette semaine en commission, j'allais dire pour du beurre ?
Pas tout à fait, mais le texte qui va arriver vendredi devant l'hémicycle on prendra le texte d'origine. C'est quoi la ligne ? C'est moins d'impôts ? C'est moins de dépenses ? Il fallait en retenir une. C'est une ligne très simple et très claire. Nous sommes contre toutes les augmentations d'impôts et de taxes et nous sommes pour les économies et la baisse de la dépense. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que pendant les deux mois qui vont venir, dans la bataille budgétaire, les députés de la droite auront une obsession, c'est protéger les Français contre un budget d'augmentation de taxes et d'impôts.
Donc par exemple, les 14 milliards d'impôts prévus aujourd'hui, vous souhaitez que ce soit raboté sévèrement ? Je n'ai pas dit raboté, j'ai dit tout enlevé. Tout. C'est-à-dire que nous sommes contre toute taxe et toute impôts. Je vais juste expliquer. On a un budget dans lequel on va assommer les Français d'impôts et de charges. Je ne pense pas que c'est comme ça que vous redressez un pays. Je pense qu'on a le record de la fiscalité et que donc le redressement doit se faire intégralement par des économies sur la dépense. Je peux vous interrompre une seconde ? Vous nous dites, j'entends ce que vous dites, il faut moins d'impôts, on va être veillé, les 14 milliards c'est trop.
Hier, les députés ont voté aux commissions, les députés à l'Assemblée nationale en commission, un amendement des Républicains qui prolonge la contribution sur les hauts revenus, contribution pour ceux qui gagnent plus de 250 000 euros par an, jusqu'à ce qu'on revienne sous les 3% de déficit. C'est-à-dire sans doute pour de nombreuses années. C'est la droite qui a déposé cet amendement. C'est l'un de vos députés. Non, attention, il faut être très précis. C'est un amendement qui prévoit la disparition de cette contribution exceptionnelle. Il est fait pour ça. La disparition quand on sera sous les 3%. Elle était exceptionnelle pour l'instant, cette contribution. Oui, je suis bien d'accord.
Et le problème, c'est que si on ne faisait rien, elle resterait durable. Et donc ce que ce député a fait, Nicolas Ré, qui est un ami impliqué dans l'Allier, c'est de prévoir la disparition. Mais faisant ça, vous prolongez une partie des 14 milliards d'impôts qui est prévu dans le budget. Non, au contraire. Vous l'éteindrez en 2028 ou 2029. Mais dans le prochain budget, ça y sera. On prévoit la suppression. Je vais vous donner des exemples très concrets. Comme ça, chacun peut juger. La parole que je vous donne, elle est très simple. On est contre toutes les augmentations d'impôts et de charges. Prenons des exemples.
Depuis deux jours, les députés de la droite se battent à la Commission des finances pour supprimer méthodiquement tout ce qui est prévu dans le budget. Qu'est-ce qu'on a déjà réussi à supprimer ? La taxation sur l'essence qui était prévue. Nous sommes parvenus à revenir sur la suppression de l'abattement de 10% pour les retraités. Nous sommes parvenus à faire sauter ce qui était prévu, la fiscalisation des frais de scolarité pour les enfants, collèges ou lycées. On est parvenus à faire sauter la taxe sur les entreprises familiales, ce qui pour moi était une folie.
Et également, une mesure qui était quand même choquante, la fiscalisation des indemnités journalières pour les malades chroniques. Et donc ce travail-là, c'est celui qu'on va mener méthodiquement en faisant sauter un par un toutes ces taxes et tous ces impôts, ces 14 milliards. Mais, en face, il y a l'esprit de responsabilité. Il n'y a que faire ça, c'est facile. Mais il va manquer des milliards en plus. C'est pour ça que de l'autre côté, on va s'astreindre à mettre des économies supplémentaires sur la dépense. Une seule ligne, contre toutes les taxes et tous les impôts. En revanche, mettre des économies supplémentaires sur la table. Et pourquoi je crois à ça ?
Vous ne pouvez pas entraîner l'adhésion des Français à un plan d'économie sur la dépense si vous leur dites, non seulement on va faire des efforts sur la dépense, mais en plus, vos impôts vont augmenter. Ça n'a pas de sens. Au final, à quel moment vous prendrez votre décision de savoir si vous votez ou non le budget et sur quels critères ? Si vous obtenez qu'il y ait zéro euro d'impôt en plus l'an prochain ou vous pouvez quand même faire des compromis ? D'abord, moi je ne me lance pas dans une bataille en présumant qu'on va être défait. Donc l'objectif, c'est de tout faire sauter. Vous avez 50 députés, il y en a 579. 50 députés, très déterminés. Vous avez 10% des députés de l'Assemblée.
Très déterminés, avec un rapporteur général du budget et le rapporteur général des affaires sociales. Donc on va entendre la droite. Et vous avez raison, on ne gagne pas toutes les batailles. En commission des finances, par exemple, on a perdu au cours de ces deux jours une bataille sur l'impôt sur le revenu. Je voulais éviter que l'impôt sur le revenu augmente pour les Français. L'amendement déposé par un de mes députés, Jean-Didier Berger, a été repoussé. Et vous savez par qui ? Par un vote commun du Rassemblement National et de la France Insoumise. L'avantage qu'il va y avoir dans cette période, c'est que le débat budgétaire, ça va être un moment de vérité.
Parce qu'au cours de la semaine qui s'est écoulée, il y a eu beaucoup de tartufferies, beaucoup d'hypocrisie, beaucoup de balais masques. Et donc là, ce qui m'intéresse, c'est que dans un budget, vous allez pouvoir juger qui vote quoi et avec qui. Nous, vous pourrez contrôler. Notre ligne, elle sera très simple, toujours la même. Ce qui veut dire que le vote des LR sur l'ensemble du budget, il n'est pas automatique à la fin. C'est exactement ce que je vous dis. Ça, c'est votre petit message à Sébastien Lecornu qui est, je ne sais pas si vous le tutoyez ou vous le voyez, mais vous regardez beaucoup le PS en ce moment, n'oubliez pas votre aile droite. Non, c'est même beaucoup plus fort que ça.
C'est-à-dire, ce n'est pas parce qu'on n'a pas censuré le gouvernement qu'on va voter automatiquement le budget tel qu'il est et a fortiori un budget qui serait sous la coupe des socialistes. Parce que notre devoir, c'est de protéger les Français contre un budget socialiste d'augmentation d'impôts. Et ensuite, vous m'avez demandé... Vous avez prononcé le mot de censure, Laurent Wauquiez, sur les 50 députés de votre groupe, dont vous, une seule, a voté la censure à Sébastien Lecornu. Est-ce que ça veut dire que c'est un totem d'immunité que vous offrez à Sébastien Lecornu ou est-ce que vous lui dites « Attention, ce qu'on a fait une fois, ça pourrait changer.
Nous pourrions un jour voter une censure et vous renversez. » Je n'aime pas ce genre de chantage et j'ai toujours là aussi été très constant depuis la dissolution. Pourquoi ? Agiter la censure à la légère, ça n'est pas responsable dans la période actuelle. Parce que c'est la dissolution qui arrive derrière ? Non. Pour quelque chose de beaucoup plus grave que ça, c'est que ça coûte très cher aux Français. Vous savez, quand on a fait tomber Michel Barnier et qu'il n'y a pas eu de budget, ça a coûté 10 à 12 milliards d'euros aux Français. Pourquoi ?
Quand il y a de l'instabilité, l'économie est déstabilisée, les Français consomment moins, moins d'activité pour les commerçants, les entreprises, les artisans. Déjà ça, ça coûte 5 à 6 milliards d'euros. Deux, la deuxième chose, c'est que comme notre économie est moins crédible, ceux qui nous prêtent demandent des taux d'intérêt beaucoup plus élevés. Ce n'est pas seulement l'État, c'est ceux qui nous écoutent, le prêt à la consommation, le prêt immobilier, le prêt d'investissement. Et enfin, vous ne faites pas d'économie sur la dépense parce qu'il n'y a pas de gouvernement.
Donc si je suis votre argument, Laurent Wauquiez, ça veut dire que vous voterez la suspension de la réforme des retraites qui a permis à Sébastien Lecornu de conclure un accord et de rester plus longtemps au nom de la stabilité politique. Non. Si vous suivez mon argument, ce que je suis en train de vous dire, c'est que je ne censure pas à la légère. Ça peut venir, mais je ne censure pas à la légère. Par contre, on ne votera pas le budget n'importe comment. Si le budget ne correspond pas à ce qu'on veut, s'il y a des augmentations d'impôts, on n'ira pas. Et il y a un point dont on n'a pas parlé qui compte beaucoup pour nous.
C'est que je pense qu'un des problèmes majeurs du pays aujourd'hui, c'est la cistana et la dévalorisation du travail. Le cancer de la cistana, on se souvient de votre phrase il y a quelques années. Exactement. Notre pays est en train de crever de ça. On est dans un pays dans lequel c'est profondément injuste. Celui qui travaille, celui qui a travaillé toute sa vie, n'est pas reconnu, n'est pas récompensé. Et on a créé petit à petit un système social dans lequel celui qui ne travaille pas finit par être mieux rémunéré que celui qui travaille. Et donc, vous m'interrogez sur ce qui compte pour moi dans le budget. Il y a deux choses que je veux obtenir.
C'était ma question il y a quelques minutes, mais vous y répondez là. Allez-y. La première chose, c'est que je veux qu'on puisse lutter contre la cistana et donc qu'il y ait enfin une allocation sociale unique plafonnée à 70% du SMIC pour qu'on ne puisse plus jamais gagner plus d'argent en restant chez soi qu'en allant travailler. C'est la première chose. Mais de l'autre côté, toujours la même obsession pour moi. On fait des efforts, mais il y a aussi une récompense pour la France qui se donne du mal. Je souhaite le retour intégral de la défiscalisation des heures supplémentaires qu'avait mis en place Nicolas Sarkozy qui était une excellente mesure.
Qui existe déjà jusqu'à un plafond assez élevé aujourd'hui et qui pourrait revenir. Et qui ne marche pas parce qu'en fait elle coûte cher aux employeurs, elle est plafonnée au-dessus de 250 salariés, il n'y a pas la possibilité de racheter les RTT pour les cadres et donc ce n'est pas du tout la mesure simple et claire qu'on connaissait à l'époque. Et donc vous m'interrogez sur mes batailles, les batailles des députés, il y a ces deux points fondamentaux. Un, la lutte contre la cistana avec une allocation sociale unique. Deux, le retour intégral de la défiscalisation des heures supplémentaires.
Il y a une phrase que vous avez prononcée à plusieurs reprises, Laurent Wauquiez, là je parle de la situation politique dans son ensemble qui a marqué des esprits. Vous avez dit à plusieurs reprises je veux rassembler la droite de Gérald Darmanin à Sarah Knafow. Est-ce que c'est toujours valable ? Est-ce que vous pourriez le redire là ? Oui. Dans cet arc que vous souhaitez donc de Gérald Darmanin à Sarah Knafow, il y a le RN ? Non. Ah ! Sarah Knafow, vous la mettez sur l'aile gauche du RN. Elle n'est pas incluse dedans. Éric Zemmour, donc Éric Zemmour, oui. Je suis pour le rassemblement de la droite. Oui.
Et sur cette question qu'en fait vous posez qui est celle de l'union des droites, dans l'union des droites ce qui compte c'est droite. Mais c'est pas le RN. Marine Le Pen elle-même, vous l'avez écoutée, a plusieurs reprises à expliquer qu'elle n'était pas de droite, qu'elle ne partageait pas les idées de la droite sur l'économie. Dans le débat budgétaire, vous allez le voir, ils ne sont pas pour des économies sur la dépense. Ils l'ont encore rappelé en commission des finances. Elle refuse de prendre des mesures de lutte contre l'assistanat. Vous savez qu'un des combats qui m'était très cher, c'est qu'en contrepartie du RSA, il y ait des heures de travail.
Marine Le Pen est contre cette mesure. Et donc, elle-même, elle indique qu'elle n'est pas de droite. Mais j'essaye de bien comprendre ce serait quoi. Une coalition, un jour, avec Gérald Darmanin, ministre, et Sarah Knafo, ministre, et vous, ministre, vous pourriez travailler dans la même équipe ? J'essaye de comprendre ce que c'est. Oui, c'est ça, rassemblement. Derrière ce mot qui sert aussi parfois d'épouvantail d'union des droites, qu'est-ce que vous mettez ? Attention, vous m'avez bien compris. Moi, je parle du rassemblement de la droite depuis Gérald Darmanin à Sarah Knafo. Bien sûr, ça veut dire remettre les gens ensemble. Pourquoi ?
Parce qu'aujourd'hui, pour reprendre la citation des tontons flingueurs, la droite, c'est une droite version puzzle. Il y en a de partout. Vous avez des bouts de droite qui sont dans la Macronie de droite. Vous avez de la droite qui est chez les Républicains. Vous avez de la droite qui est partie du côté de Sarah Knafo de Reconquête. Vous avez la droite qui est partie chez Éric Ciotti. Vous la mettez à l'intérieur ? Moi, je veux rassembler tous ceux qui partagent les valeurs de la droite. Donc Éric Ciotti, il en fait partie ? Éric Ciotti, aujourd'hui, il a fait le choix d'être sur le porte-bagages du RN et donc il n'a pas fait le même choix.
C'est une sorte de NFP de droite, de nouveau front populaire de droite. C'est ça. Vous me permettrez... Où on met sous le tapis les désaccords pour faire une alliance, par exemple, s'il y avait une dissolution de l'Assemblée. Mais surtout sur le fond, c'est-à-dire des propositions qu'on porte. Si on veut redresser le pays, il y a deux jambes qu'il faut arriver à réactiver. La première, il faut retrouver de la fermeté sur le régalien, la défense de l'autorité, du respect, tout simplement protéger notre pays contre l'effondrement à la fois de la sécurité et l'immigration hors de contrôle.
Mais la deuxième jambe, c'est la valorisation du travail, la lutte contre la sistanat, la protection, comme je vous l'ai expliqué ce soir, des Français contre les impôts et les charges qui sont en train de tuer notre pays. Ce qui veut dire, pardon, Laurent, que si Emmanuel Macron dissout l'Assemblée dans quelques semaines ou dans quelques mois parce que le Sébastien Lecornu, le gouvernement, n'a pas fonctionné. Dès le lendemain de la dissolution, vous tendez la main à tous les autres partis de droite pour se réunir, pour faire un programme commun. En fait, ce que moi je veux, ce n'est pas qu'on fasse ça en précipitation pour sauver des postes dans le cadre d'une dissolution.
Ce que je veux, c'est qu'on commence maintenant. Et je me suis employé à envoyer des signaux à tout le monde. Et il vous répond quoi, par exemple, Éric Zemmour ? Vous l'avez contacté ? Je le construis petit à petit. Vous le voyez ? Non, mais je vois tout le monde. Moi, je n'ai pas d'exclusif. Quand je vois Marine Le Pen à l'Assemblée nationale, je la salue. Quand je vois Olivier Faure, je le salue. Il n'est pas dedans, Olivier Faure, a priori. Non, là c'est très clair pour moi. Je ne suis pas devenu socialiste. Est-ce qu'il y a des contacts aujourd'hui ? Il y a des discussions et j'essaye de les nourrir. Et j'essaye surtout de faire en sorte qu'on puisse remettre la droite ensemble.
Pourquoi ? Parce que je ne veux pas qu'en 2027, le choix des Français, ce soit entre Jean-Luc Mélenchon et le Rassemblement national. Je veux qu'il y ait sur la table une proposition de droite sérieuse sur l'économie, de lutte contre la cistanat et forte sur le régalien. Mais avouez, Laurent Wauquiez, sans vous manquer de respect, qu'on a parfois un tout petit peu de mal à vous suivre. Vous pouvez... Je vais vous expliquer. Vous nous dites qu'on n'exclut pas les ministres LR qui travaillent avec les macronistes. Donc on doit pouvoir travailler aussi avec les macronistes. Et en même temps, on doit pouvoir travailler avec Éric Zemmour. Où est la boussole ?
Mais la boussole, elle est très simple. C'est la défense du fond et de ce que je vous ai dit. C'est-à-dire, pardon, mais tous ces gens-là dont vous parlez, à l'époque où Nicolas Sarkozy était président de la République, ils étaient dans ce grand mouvement qu'il avait été capable de faire et qui allait du centre droit à des personnalités comme Philippe de Villiers ou Christine Boutin. Et donc il avait fait cette grande alliance de la droite. Et puis petit à petit, de division en division, d'exclusion en exclusion, on aboutit à une droite toute raccornée, recroquevillée sur elle-même. Mais je ne veux pas de ça.
Je veux qu'on fasse réélargir la droite et pas sur des partages de postes, mais sur des idées, des convictions. C'est ça qui compte. Et donc c'est pour ça que ce soir, je ne vous parle pas de tel poste, tel ministre ou faire tel accord à la sauvette. Ce qui m'intéresse, c'est qu'on veut faire quoi ? Protéger les Français contre les impôts, baisser enfin la dépense dans un pays qui est mort du gaspillage de la dépense publique et puis la fermeté sur le régalien. Voilà, juste la droite, toute la droite, rien que la droite. C'est déjà bien, non ? Oui, je prends un cas concret il y a quelques jours lors d'une élection législative partielle.
Je sais de quoi, vous savez de quoi je veux vous parler. Une candidate socialiste était opposée à un candidat du parti d'Éric Ciotti et donc allié à Marine Le Pen. Bruno Retailleau a dit entre les deux tours aucune voix dans cette élection ne doit aller à la gauche. Vous auriez dit la même chose que lui ? Vous dites la même chose que lui ? Moi, ma ligne directrice c'est toujours la même, je n'en change pas, c'est celle de notre parti politique et on l'a défini. Le barrage et le front républicain c'est contre la France insoumise. Donc pas contre une socialiste ? Et donc quand il y a la France insoumise, on appelle systématiquement qui est en face de la France insoumise.
Ça c'est une différence notable avec Bruno Retailleau. En tout cas, ça... Vous dites que le front républicain existe encore sauf contre la France insoumise. Pardon, vous m'avez bien compris. C'est le front républicain contre la France insoumise. Et sur le RN, vous dites quoi ? Un socialiste face à du RN ? Sur le RN, je suis désolé, moi j'ai toujours considéré que c'était liberté de vote et que je n'applique pas cette espèce de ligne magino-moral. Mon premier adversaire, la première menace aujourd'hui pour la République, c'est la France insoumise.