Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
DébatSud Radio (sur YouTube)· 20 août 2025 13 minContradictoireActualité / polémiqueNumériqueJustice

Les plateformes de streaming doivent-elles être contrôlées comme les radios et les télévisions ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 50 %Attaque 30 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:00OuverteRéponse partielle

    Pourquoi n'a-t-on pas vu ce qui se passait pendant des mois et des heures ?

  • 6:00FerméeRéponse directe

    Est-ce que tout ce qu'on a vu est légal ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:00Arthur de la PorteFait
    « Les retraits de contenu problématiques, les retraits de contenu illégaux, c'est le rôle de la police notamment de la justice. »

Modèle mistral-small3.2:24b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

9h sur Sud Radio pour débattre de l'actualité avec nos trois vraies voix du soir. Jean-Luc Benamias en duplexe, je le rappelle, membre de la Ligue des droits de l'homme. Nous sommes également avec Rislen Séica qui est journaliste, podcasteuse et nous sommes avec un élu écologiste, porte-parole d'écologie au centre qui est un élu francilien.

C'est Philippe Bouryaki. Tout de suite, nous parlons du meilleur comme du pire et pour le coup, c'est du pire de nos plateformes. Les vraies voix Sud Radio, le coup de projecteur des vraies voix.

Le coup de projecteur des vraies voix, c'est sur le même sujet qu'hier parce que cette affaire n'en finit plus de nous choquer. La mort de cet influenceur Jean-Portmanu mort en direct pendant son émission sur la plateforme Kicks. Il est mort manifestement dans son sommeil.

Ça a été vu par des internautes qui regardaient ce qui se passait. Ce qui nous a choqué, c'est pas seulement la mort de cet homme, c'est ce qui s'est passé pendant des mois et des mois, des émissions pendant lesquelles il se faisait, en tout cas harceler. Ça se voyait, il se faisait frapper, malmener, physiquement, humilié. souvent on lui parcourit le visage.

Comment on a pu laisser diffuser ça gratuitement en toute légalité manifestement ? Puisque pendant des mois, malgré les signalements, malgré les alertes, parfois des médias, parfois même de médias partent dans une grande enquête, et bien aucun signalement n'a permis d'arrêter ce qui se passait. On va en parler avec notre invité qui nous rejoint.

On est ravi de le retrouver ce soir sur Sud Radio. C'est le député socialiste Arthur de la Porte. Bonsoir.

Bonsoir. Bienvenue sur Sud Radio. Vous êtes porte-parole du Parti socialiste.

Vous êtes député du Calvados et vous êtes aussi parce que votre visage dira beaucoup rappellera des souvenirs à beaucoup d'influenceurs. Vous êtes aussi vous étiez en tout cas le président de la commission d'enquête sur les effets psychologiques d'un certain nombre de plateformes et de réseaux sociaux. Alors, la question que je vous pose, je me la suis posé à moi-même, hein, Arthur de la porte et je pense qu'on peut tous se la poser.

Euh on a beaucoup parlé des dérives de certains influenceurs, des dérives de certains réseaux sociaux, de certaines plateformes et ce qui se passait là pendant des heures et des heures, on l'a pas vu. Pourquoi ? Pourquoi ?

Parce que finalement la tâche est immense et et les réseaux sociaux sont vastes et que c'était pas le réseau sans doute le plus surveillé, le plus visible et on a sans doute pêché. Enfin, je dis on je parle collectivement la société, les régulateurs euh parce que il y a une plétor de contenu, des millions de contenus qui sont publiés chaque jour, des millions de lives qui sont faits chaque jour et par ailleurs, il y a eu pas tant de signalement que ça qui ont été fait finalement par rapport à la masse de signalement qui sont reçus sur les différentes plateformes parce queon avait aussi un public bah qui consentait à regarder ça et même qui donnait de l'argent, parfois beaucoup d'argent pour continuer à voir ces séquences d'humiliation dans le cadre d'une économie. du sordide, il faut bien le dire, d'une économie dégueulasse qui se fait de l'argent sur des contenus problématiques.

Alors, pardon, mais je vais vous poser cette question là. Est-ce que à première vue pour vous tout ce qu'on a vu qui nous nous révolte, c'est légal ? une partie euh une grande partie n'est pas légale n'est pas légale au sens où quand il y a mise en en atteinte de la dignité humaine, alors on tombe sous le coup de la loi.

Il y a une décision importante qui dit euh en 1995 que on ne peut pas, même si on est soi-même consentant, être humilié en échange notamment d'argent parce que là c'est le cas, on gagne de l'argent à s'humilier. Ben non, c'est pas légal. Et donc là, les plateformes auraient dû agir, auraient dû supprimer ou suspendre les comptes problématiques parce que finalement on ne peut pas humilier des gens gratuitement.

Jean-Luc Benamias, bah la porte a totalement raison. Euh mais c'est pas difficile à dire, c'est plus difficile à arrêter. Euh je je je vous dis, j'ai découvert cette histoire aujourd'hui quoi.

Comment on pouvait on arrivait là ? Je savais qu'il existait des réseaux pédocriminels par exemple qui sont abominables par rapport aux enfants, par rapport aux adultes, par rapport à tout ce qui est prostitution. Mais là euh comment alors la porort a répondu en grande partie, on a du mal à tout contrôler.

Euh c'est c'est une des grosses problématiques pour moi de la mise en réseau de tout et de n'importe quoi. Et mais il y a pas que ça aussi hein. Par exemple les vidéos de Jean-Portmanœuvre notamment sur TikTok si on les cumule toutes c'est presque un milliard plus d'un milliard de vues en tout.

C'était pas si réduit que ça Arthur de la porte. Non c'était pas mais en fait c'est pour ça que je dis que c'est pas c'est pas réduit mais par rapport à la masse des contenus finalement ça peut passer en tout cas ça reste dans une certaine communauté. Vous savez, il y a des bulles de filtre et qui fait que moi je vais pas voir ça, vous n'allez pas voir ça.

Par contre, il y a des gens qui vont le voir, il y a beaucoup de gens qui vont le voir. Et et c'est vrai que ben TikTok par exemple, on y revient, a une responsabilité aussi dans le fait de ne pas avoir modéré ses contenus parce que TikTok comme kick se font de l'argent là-dessus. Et donc, c'est pas simplement quelque chose qui est résiduel.

Parfois, j'entends comparer Kick au Dark Web. qui c'est peut-être la poubelle de Twitch et d'ailleurs là où les gens se font bannir parce que leurs contenus sont trop problématiques, ils vont sur une plateforme qui a fait de son fond de commerce le fait de laisser des gens qui continuent à produire des contenus problématiques. ces contenus ne sont pas restés sur K, ils sont allés partout, ils sont allés notamment voilà sur TikTok et ils ont continué à faire de l'argent non seulement sur KCK, mais ils ont aussi fait de l'argent sur TikTok des milliers des dizaines de milliers d'euros he si on cumule je pense les rémunérations les utilisateurs qui gagnent de l'argent un peu en faisant des millions de vues sur sur Jean-Pard encore aujourd'hui hein sur TikTok, je pense que ça ça peut ça peut surprendre mais voilà c'est des milliers d'euros des milliers d'euros que les gens vont gagner quand ils font des vidéos à de 3 4 millions de vues et qui sont parmi les créateurs de contenu rémunérés.

Donc oui, bien sûr, il y a un peu comme on pourrait avoir dans la presse à scandale, ben un attrait des gens pour ce qui choque, c'est un attrait parfois un peu coupable mais du coup ça fait vendre, voilà, ça fait vendre comme on vendait de la presse tabloïde et ben on vend aujourd'hui des vidéos morbides. Voilà, comme quand on aime aller au cinéma, parfois avoir des films d'horreur. Sauf qu'aujourd'hui, le film d'horreur, c'est pas simplement une fiction, c'est réel.

Et donc euh voilà, on a un un vrai sujet verticineux parce que ça met chacun chacune et chacun face bah à son côté un peu obscur, son côté dark euh parce que il y a des gens qui ont payé pour voir ça. Juste avant de donner la parole à nos deux autres vraies voix qui sont avec nous, je voudrais dire ce qu'a dit aujourd'hui Kick la plateforme notamment sur le compte Twitter, son compte X, pardonnez-moi, je cite "Nous sommes profondément attristés par la disparition de Jean-Port Manœuvre. Nous adressons nos sincères condoléances à sa famille, ses amis, sa communauté.

Tous les co-streamers ayant participé à cette diffusion en direct ont été bannis dans l'attente de l'enquête en cours. Nous nous engageons à collaborer pleinement avec les autorités dans le cadre de ce processus. Et en août, nous avons mis fin à notre à notre collaboration avec l'ancienne agence française de réseaux sociaux.

Nous entretenons euh nous entreprenons pardon une révision complète de notre contenu en français. Ridden Selica. Oui.

Euh moi ce que je voulais dire quand même à à monsieur de la Porte, c'est que il y a eu beaucoup de signalements, il y a eu une enquête de médiia part euh ces personnes, ces acolytes, ils ont été aussi en garde à vue. Il y a eu il y a eu une ouverture d'enquête par rapport à cette histoire. Et ensuite pendant un mois, ils ont même été à Malte pour se réfugier.

Ils s'étaient un peu endormis puis ils ont repris en fait leur leur leur challenge complètement ignoble. Moi, je voulais je voudrais dire quelque chose. En fait, il y a il y a un streamer qui m'a dit dernièrement en interview, Bastos, il m'a dit "Le peuple veut du sang".

Il m'a dit "Aujourd'hui, c'est comme l'arène, c'est comme des gladiateurs." Mais juste c'est que aujourd'hui c'est à une puissance exponentielle parce que c'est le monde entier qui regarde. Et puis KCK, c'est pas forcément la poubelle de de Twitch.

KCK, c'est une plateforme australienne qui est plus souple que Twitch manifestamment. Et moi, je dirais, je pense que on pourrait faire une sorte de grande commission d'enquête sur toutes les plateformes et aller plus loin parce que moi je je suis pas d'accord. Tout n'est pas noyé, il faut juste s'intéresser.

Il y a des journé journalistes qui sont intéressés comme nous, complément d'enquête, on s'était intéressé hein, aux arnaques des influenceurs. Je sais pas si vous vous rappelez, monsieur de la porte. Très bien de de ce reportage.

Je je vais vous dire deux choses. La première, c'est que on me posait la question de moi si j'avais vu et donc moi je reçois des dizaines de signalements de gens qui me disent "Ah, regardez cet influenceur c'était tous les jours. Tous les jours je reçois.

Mais moi, je suis pas la justice, je suis pas la police." Par contre là où il y a eu des défauts, il faudra voir ce qui s'est passé, c'est pourquoi les signalements, il y en a eu un de la LDH et un lié aux questions de Méia Part n'ont pas été traités par l'ARCOM. Et le deuxième sujet, c'est qu'est-ce qui s'est passé au niveau judiciaire et au niveau de la police ? sur Non mais bien sûr.

Attention, disons australien relativisons relativison plateforme australienne. Non non non non non non non je finis je fini de vous répondre sur les vous m'z interpel sur dit il y a eu des il y a eu une enquête de police et la police peut très bien ordonner à n'importe quelle plateforme dans le monde de retirer des contenus problématiques. pas lié en fait à une question de compétence parce queen fait la France la la le droit français s'applique partout dans le monde.

Moi je j'ai fait la loi influenceur, vous savez, elle s'applique partout dans le monde à l'exception de l'Union européenne où il y a le principe de pays d'origine qui fonctionne. Ça veut dire que si par exemple l'influenceur est enregistré dans un autre pays européen, alors dans ce cas-là, c'est la loi du pays européen qui s'applique. En fait, c'est à peu près la même chose pour les réseaux sociaux.

Si qui était enregistré en Europe dans un pays européen, ça serait à charge de par exemple l'Irlande d'appliquer une régulation. Là, en l'occurrence, ils étaient pas enregistrés nulle part dans l'Europe. Donc du coup, on pouvait leur poser des questions.

Euh l'ARCOM aurait très bien pu se saisir de ce rôle-là. Ils l'ont pas fait parce qu'ils ont pas forcément traité le signalement de la bonne manière. Mais de toute façon, c'est vrai que c'est pas leur rôle et c'est là où je réponds sur le 2è point de faire ces demandes de retrait de contenu.

Les retraits de contenu problématiques, les retraits de contenu illégaux, c'est le rôle de la police notamment de la justice. Et donc c'est peut-être là au niveau de l'enquête où ils sont pas forcément allés assez loin, notamment parce que Jean-Pierre Manov a dû arriver en disant bah écoutez, moi je consens à ces contenus. Mais sauf qu'en fait voilà, on aurait pu aller plus loin, plus vite et plus largement.

Ce que disent les utilisateurs des réseaux sociaux, c'est que on a un sentiment d'impuissance parce qu'il y a beaucoup de signalements qui sont faits et bien souvent les contenus problématiques, ils restent en ligne. Et donc le sujet, c'est de continuer là-dessus. Alors évidemment et pour le dernier point que vous soulevez, il faudra continuer le travail.

Une grande commission d'enquête, vous savez, une commission d'enquête, moi j'ai fait une commission sur TikTok. Rien qu'en se focalisant sur TikTok et les mineurs, on a bossé comme des dingues. On a fait on a auditionné 170 personnes, ça nous a pris 4 5 mois et une commission d'enquête, ça dure 6 mois, c'est limité.

Donc évidemment que le travail a continué. Moi, j'ai été nommé parlementaire en mission par le gouvernement et je dois rendre un rapport nouvelle décembre prochain. Alors, est-ce que vous êtes prêt à lancer une nouvelle commissioner à travailler là-dessus ?

Mais une commission d'enquête, chaque groupe n'a le droit d'en lancer qu'une par an. Moi, je veux bien lancer autant de commissions d'enquête que vous voulez sur ces sujets-là parce que je pense vous appelez vos collègues d'autres groupes à lancer une commission d'enquête sur ce qui s'est passé. Je je sais pas sur ce sujet-là qu'il faut lancer une commission d'enquête parce que les sujets sont structurels.

On a aujourd'hui un problème du ce que je disais tout à l'heure d'une économie du sordide. Et donc ce qui se passe c'est que bah vous avez toutes les plateformes toutes les plateformes, il y a pas m et qui gagne de l'argent. Donc la question c'est comment on les régule ?

Comment on renforce l'application du droit européen ? comment on met en place des procédures efficaces pour les retraits rapides de contenu ? C'est en train d'arriver he il y a des signaleurs de confiance qui sont en train d'être authentifiés pour directement demander voilà à beta et cetera de retirer les contenus dans les 48 heures.

Maintenant le sujet c'est de continuer à renforcer notre droit et je peux vous dire que au Parlement on y travaille. En tout cas moi j'y prends ma part et on va continuer à le faire parce qu'en effet commission d'enquête ou pas il faut qu'on continue à à faire évoluer notre droit sur un espace qui ne peut pas être le fin ouest. On en reparlera pourquoi pas avec vous et avec vous tous d'ailleurs.

Merci Arthur de la Porte d'être intervenu ce soir sur Sud Radio. Je rappelle par ailleurs porte-parole du PS et député socialiste du Calvados. Merci à nos trois vraies voix.

Philippe Bouraki, je le rappelle écologiste porte-parole d'écologie au centre. Merci à Jean-Luc Benamias, membre de la Ligue des droits de l'homme qui s'est mobilisé dès le début d'ailleurs dans cette histoire et avant le dénouement tragique. Il faut quand même le saluer.

Et merci à vous Rislen Celica. On peut retrouver vos podcast sur Oui, donc sur toutes les plateformes d'écoute et sur YouTube, Risléica et merci pour la liberté d'expression que j'ai pu avoir aujourd'hui. Mais bienvenue à vous sur Sud Radio, c'est le principe, parlons vrai, même quand on n'est pas d'accord, on est là pour débattre.

Allez, je vous laisse entre les mains de Jean-François Aili qu'en plus vous aurez le bonheur de retrouver demain dans le grand matin Sud Radio.