Aide à mourir, TVA sociale... Sophie Primas, porte-parole du gouvernement est l'invitée politique
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Sophie Prima. Bonjour Alex Bouillaguet. On commence par ce qui s'est passé hier à l'Assemblée nationale.
Les députés ont largement adopté les deux textes sur la fin de vie. Celui sur le développement des soins palliatifs, l'autre sur l'aide à mourir. Comment vous vous qualifiez ce moment ?
C'est un pas décisif, c'est un pas historique. C'est un pas. Je crois ce qui est à noter dans ces moments politiques un peu perturbés où l'Assemblée nationale est assez bouillonnante, c'est la qualité des discussions, la qualité des débats.
Le président de la République dans son intervention télévisée avait indiqué que si les débats s'en lisaient, alors il procéderaiit peut-être au référendum. Je crois que les débats ont été de qualité. Alors parfois c'est vif, parfois on échange des arguments de façon vive, mais là le parlement a pris toute sa place et a débattu.
Donc on peut se réjouir, c'est un pas puisque maintenant c'est le début d'un process. Vous dites c'est le début d'un process. La suite va se passer au Sénat.
Ça se passera à l'automne, à la rentrée. Euh on sait que le le Sénat est est à une majorité de droite. Est-ce que ça veut dire ce texte risque d'être tricoté ?
Non, c'est pas détricoté, c'est précisé. Il y a des éléments qui seront peut-être retirés, d'autres autres. Ça c'est la beauté du débat parlementaire.
Je crois que le Sénat n'a pas l'intention euh de détricoter l'ensemble des dispositions. Je pense qu'il y a des sujets par exemple comme le délit d'entras qu'on fait beaucoup parler y compris à l'Assemblée nationale qui pour c'est-à-dire le fait d'empêcher quelqu'un éventuellement de demander une aide à mourir. Voilà, de punir ceux qui pourraient empêcher voilà l'aide à mourir.
Bon, il y a des précisions encore à apporter. Il y a des zones d'ombre, il y a des zones de discussion. Donc le débat va se poursuivre au Sénat peut-être dans une autre tonalité.
Ensuite, il reviendra puisque ce n'est pas une lecture accélérée qu'on a deux lectures dans chaque chambre et c'est bien parce que c'est un sujet profondément humain, profondément sociétal et je trouve que le débat est vraiment de qualité. Mais vous, vous pensez que ce texte pourra être voté avant la fin du quincana d'Emmanuel Macron ? C'est le souhait du président de la République, c'est le souhait du premier ministre et je pense que c'est le souhait aussi des présidents de l'Assemblée.
Et vous, quelle est votre position ? Je sais que vous êtes élu enfin issu des Républicains. Vous vous êtes pour cette aide active à Mourin ?
Je suis à la fois très attachée aux libertés individuelles. Donc je comprends la volonté des personnes qui souffrent vraiment de de mettre fin à leur jour car c'est intolérable physiquement où la perspective leur paraît intolérable sur une maladie qui est incurable et irréversible. Je suis aussi très touchée par les arguments sur notre société de solidarité, de fraternité, sur notre capacité, sur les dérives possibles.
Donc là à l'Assemblée nationale, je pense que j'aurais fait ce qu' le Premier ministre a dit qu'il fais qu'il aurait fait hier, c'està-dire je me serais abstenu pour laisser le débat encore perdurer. Je pense qu'on a besoin encore de de certitude. On a besoin encore d'affiner d'affiner le la pensée.
Euh hier euh François Baou a dit euh que tous les Français devaient se préparer à faire des efforts. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la situation financière est telle que celle qu'il a présenté au français il y a quelques semaines, c'est-à-dire assez préoccupante, voire très préoccupante.
Nous avons des déficits à la fois du budget général et puis du budget des finances sociales qui est très préoccupant. vous savez 14 milliards l'année dernière, on sera cette année sur 22 milliards. Donc il y a il y a vraiment une dérou m'excuser, c'est il l'a déjà dit, enfin il a déjà dit attention attention c'est c'est compliqué, c'est l'Himalaya, c'est H sommets.
Maintenant concrètement ça veut dire quoi pour les Français Concrètement, nous sommes au travail. Il le dit également depuis cette conférence et d'ailleurs depuis qu'il est arrivé à Matignon comme premier ministre responsabilité, il y passe la quasi-totalité de son temps à travailler, à faire travailler les parties prenantes, aussi bien les services de l'État, mais aussi toutes les parties prenantes de la sphère sociale, de la sphère du budget de l'État, des collectivités territoriales, du parlement et nous travaillons, nous regardons toutes les pistes et je pense que l'effort sera compris s'il est partagé. Euh effort compris, partagé, un plan donc qui sera annoncé euh mi-juillet.
Euh pour l'instant, il a pas donné de piste. Il y a quand même cette idée de de de TVA sociale. Alors, les détracteurs de cette TVA disent que c'est un impôt injuste parce que finalement il touche tout le monde quels que soi les revenus.
Comment est-ce que vous allez justifier auprès des Français et bien une baisse de leur pouvoir d'achat ? Alors, nous n'y sommes pas euh puisqu'en fait l'idée qui est dans l'air et qui est beaucoup commentée aujourd'hui est de repenser le financement de notre modèle social. Et donc l'idée qui est derrière et qui est sous-jacente est que celle justement du pouvoir d'achat et de dire qu'aujourd'hui euh notre modèle social pèse beaucoup trop sur ceux qui travaillent.
Il suffit de regarder votre notre fiche de paye à tout, c'est de regarder la différence entre le brut et le net pour voir que les cotisations sociales qui financent une partie de notre modèle social sont très très élevées et elles seront de plus en plus élevées si on ne gère pas les déficits. Et donc la question c'est de se dire est-ce qu'on peut rendre du pouvoir d'achat en rendant en fait plus de salair on comprend mais je reviens quand même j'arrive et donc qui serait le retour de la piste qui est évoquée par les économistes et par ceux qui travaillent et la TVA sociale mais elle n'est pas décidée à ce jour elle est dans la réflexion comme d'autres pistes et donc c'est beaucoup trop tôt pour commenter cette piste sur la TVA sociale. Vous dites dans la réflexion donc ce serait une hausse de combien, d'un point, sur quel produit ?
On est on n'est pas du tout à ce stade de la réflexion donc je ne veux pas faire d'annonce ce matin. Tout est sur la table aujourd'hui et nous sommes en train de travailler avec les partenaires sociaux. D'ailleurs, je note que les partenaires sociaux sont très intéressés pour travailler sur ce modèle social.
Alors les partent justement c les partenaires sociaux, ils sont pas tous d'accord, hein. On sait qu'effectivement le MEDEF est pour la TVA sociale, donc le patronat d'une manière générale, mais en revanche, du côté des syndicats, la CGT c'est niet, la CFDT aussi et puis politiquement la gauche est contre, le RN est compte. Ça veut dire que c'est c'est la censure assurée cette affaire de TVA sociale.
Écoutez, chacun prendra ses responsabilités au moment des choix. Ce qui est très important, c'est que chacun se rende bien compte de l'état des finances publiques françaises. On attend aujourd'hui des notations.
Euh on on est face à un objectif de de réduction des déficits et de redressement de notre pays. C'est très important. C'est pas juste pour se faire plaisir ou pour avoir une médaille sur son sur son veston.
C'est parce que euh la dette aujourd'hui en France est tellement pesante que le service de la dette, c'est-à-dire l'intérêt de la dette, va être supérieur l'année prochaine au ministère de l'éducation nationale. On peut pas continuer comme ça. On est en train aujourd'hui de creuser des déficits qui nous coûtent à nous mais qui vont coûter sur deux générations.
Donc il faut qu'on prenne nos responsabilités. Chacun les prendra avec ses différences mais il faut qu'ensemble on trouve les voies. C'est pour ça qu'on fait de la concertation.
Effectivement, on voit bien que l'intérêt de la TVA sociale, grosso modo, à une hausse de un point, c'est entre 11 et 13 milliards dans les caisses. Mais certains spécialistes disent aussi bah que ça peut casser la croissance, créer de l'inflation, casser la consommation. Oui, on a toutes les hypothèses sur la table.
Ce qui nous importe, c'est à la fois le redressement des finances, je vous le dis, mais aussi le pouvoir d'achat des des Français. Le pouvoir d'achat, je vous le dis, c'est la différence entre le brut et le net sur sa fiche de salaire et puis c'est la consommation. Euh il y a aujourd'hui un taux de TVA à 5 % à 55 sur les produits basiques.
Euh celui-là, il me semble que je je n'en sais rien. Euh toutes les hypothèses encore une fois sont sur la table. Mais il semblerait de bonnes gestion que nous ne touchions pas aux produits les plus basiques qui représentent une part très importante du panier des plus modestes.
Je pense que des voilà si on venait à travailler sur la TVA sociale, des réflexions comme celle-ci seraient menées. Donc c'est-à-dire plutôt sur le taux qui est le plus courant qui est le taux à 20 %. Et puis vous savez quand on augmente la TVA d'un % ou d'em % ou 2 % enf je ne sais pas de combien ça ne se répercute pas tout le temps sur les prix de vente.
Il y a une absorption du système sur ces sur la TVA qui est aussi qui est aussi possible. Donc tous les mécanismes sont sur la table mais je insiste sur cette question de TVA sociale. La décision n'est pas prise du tout.
Euh un référendum sur les finances publiques est toujours sur la table hein. C'est ce qu'a dit François Baï hier. Et pourtant euh on peut pas dire qu'Emmanuel Macron était vraiment emballé par cette initiative.
B je pense qu'Emmanuel Macron euh attend les propositions du Premier ministre. Vous savez que c'est le président de la République qui décide du référendum sur proposition du gouvernement ou d'ailleurs des assemblées. Euh et donc le président de la République attend éventuellement des propositions du Premier ministre.
On verra si c'est pertinent effectivement à un moment de faire trancher cette question par les Français. Et du coup cette question ce serait quoi ? Ce serait dire aux Français est-ce que vous êtes prêt à payer plus d'impôts pour rembourser les dettes ? français s veulent payer de plus impôts.
Je doute que la réponse soit positive. En revanche, si on propose une trajectoire, si on propose une répartition des efforts puisque les le président le premier ministre l'a dit les tout tout le monde participera à cet effort de redressement, peut-être que là il y a une question un petit peu plus générale et plus large qu'il faudra faire trancher par les Français. Il y a aussi ce conclave he des retraites qui courent enfin qui se réunit depuis de de de 3 mois.
François Baïrou s'était engagé à ce que les conclusions des partenaires sociaux soient traduit dans un texte de loi soumis au Parlement. Tout ça c'est demain puisque ça devait se faire début juin. Est-ce que la promesse sera tenue ?
Est-ce qu'il y aura un texte de loi dès avant avant avant la la fin de la session extraordinaire qui devrait être mi-juillet au Parlement ? À fin de la avant la fin de la session extraordinaire. Celle-ci euh très honnêtement le calendrier me paraît serré.
Les partenaires sociaux nous ont demandé un petit peu plus de temps pour arriver à leur conclusion et nous proposer leurs solutions. Euh et évidemment c'est c'est de leur ressort et nous l'avons accepté. Derrière pour le traduire en un texte et le faire passer dans le calendrier extrêmement serré de cette section extraordinaire, ça me paraît un peu périlleux.
Euh donc vous me dites ça serait peut-être décalé à l'automne au moment du budget. peut-être à l'automne dans le cadre mais j'attends les conclusions de ce conclave qui ne serait tardé d'ailleurs puisque je crois que c'est mi-juin. Euh un un dernier mot sur ce qu'a dit François Baïou hier hein qui vous concernait sur euh pour avoir évoqué donc recadré pour avoir évoqué la fin du Macronif.
Déjà est-ce que vous avez juste compris le tolet le tolet que vous avez provoqué Ellisabeth Borne qui dit faut faut qu'elle s'excuse ? Je je j'ai été un peu surprise par ce toler puisque ma phrase était de dire que le mandat du président Macron s'arrêterait dans 2 ans et que par conséquent une nouvelle ère s'arrêterait. Je n'ai pas dit que ses idées allaient s'arrêter ou que les les les personnes qui l'avaient suivi en 2017 allaient arrêter leur carrière.
Donc j'étais un peu surprise par l'ampleur de de des reprises, par l'ampleur de l'émotion. Je m'en suis expliqué avec le président de la République, avec le premier ministre. Voilà.
L'affaire est close me semble-t-il. Vous vous excusez pas. Enfin, mais je n'ai pas dit quelque chose qui mérite des excuses.
Voilà, je suis désolée de l'émotion que ça a provoqué. Ce n'était pas mon intention, mais je ne m'excuse pas sur ce que je dit. Euh si le macronisme n'est pas fini, hein, puisque c'est ce que semble dire François Bairou, qui qui est son héritier pour vous ?
Est-ce que c'est c'est une question que vous devez poser. Est-ce que c'est Édouard Philippe ? Est-ce que c'est Gabriel à table ?
Est-ce qu'ils ont quand même tous l'air de prendre leur distance avec le président ? Oui, c'est vrai qu'on qu'on note effectivement dans les propos ou dans le programme par exemple d'Édouard Philippe, tel qu'il le commence à le présenter, euh voilà des différences euh qui qui sont des différences par rapport à à la ligne politique qui a été euh qui a été celle d'Emmanuel Macron. Mais c'est la vie politique.
La vie politique avance. La France est plus dans le même état. euh des des événements géopolitiques se se passent autour de nous qui influent aussi sur notre notre politique intérieure.
Donc que chacun ait des nuances vis-à-vis de ce qui a été fait en 2017 puis en 2022. Ça me semble être la vie politique normale. Et un dernier mot rapide sur Gabriel Atal qui veut interdire le port du voile pour les moins de 15 ans.
Beaucoup s'accordent à dire que bon c'est pas forcément applicable. Est-ce que déjà vous ça vous semble une bonne idée ? Écoutez, je me réjouis que le groupe Renaissance qui le qui le préside prenne ce sujet de l'entrisme à Bralcorp.
C'est un sujet qu'on doit partager tous, tous les Français. Pas le surestimer, pas le sous-estimer, mais savoir lire les les signes qui qui sont les signes de l'entriste. Donc, c'est plutôt une bonne idée d'essayer de faire ça.
Je sais pas si c'est constitutionnel. J'ai pas vu le texte qui l'a pas déposé encore. Donc on va voir.
Je crois que ça fait l'objet d'une discussion à l'intérieur même du groupe. Mais je je je n'ai pas à m'exprimer sur cette proposition de loi que je n'ai pas vu et que je n'ai pas lu et qui n'est pas déposée. Donc on verra si elle est constitutionnelle, si elle est applicable et on verra dans quelle mesure on peut travailler euh le gouvernement et euh le groupe Renaissance pour aller dans ce sens qui est un sens de défense de la laïcité.
Sí.
Sophie Primas