Débat agricole François Asselineau / Xavier Beulin - Février 2014 -
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:12OuverteRéponse directe
Et si on sortait de l'euro ?
- 1:00RelanceRéponse partielle
Il faut être d'extrême droite aujourd'hui.
- 3:33OuverteRéponse directe
Sortir de l'euro totalement, et dans ce cas-là, quel coût ?
- 5:13OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est une folie de sortir de l'euro aujourd'hui ou est-ce qu'au contraire, il faut chiffrer concrètement ce qu'on risque de perdre et ce qu'on pourrait regagner ?
- 12:19OuverteRéponse directe
Marc Majewski, concrètement, au niveau de l'exploitation agricole, pour vous, comment cela vous apparaît-il, cette sortie de l'euro hypothétique ?
- 18:09OuverteRéponse directe
Pourquoi dites-vous que les médias ne vous invitent pas ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:25Invité politiqueFait
« L'Union Populaire Républicaine, un mouvement qui s'est créé le 25 mars 2007, qui appelle tous les Français à se rassembler au-delà du clivage droite-gauche pour sortir la France de l'Union Européenne et de l'euro. »
- 1:36Invité politiqueFait
« Le peuple suédois, le 14 septembre 2003, a refusé par référendum d'entrer dans l'euro. »
- 1:46Invité politiqueChiffre
« Le taux de croissance en Suède est 50% supérieur au taux de croissance de la zone euro. »
- 2:24Invité politiqueFait
« Il n'y a pas d'exemple dans l'histoire de l'humanité d'une monnaie plurinationale comme l'euro qui n'est finie par exploser. »
- 4:20Invité politiqueChiffre
« Jacques Sapir et Philippe Murer, qui sont deux professeurs d'économie, l'un à l'École des hautes études en sciences sociales, l'autre à la Sorbonne, qui ont fait 9 scénarios d'évolution de la sortie de l'euro. Il en résulte quoi ? Ça a été publié chez la Fondation Respublica. Il en résulte, selon leurs calculs, que la France pourrait perdre entre 1 et 2 millions de chômeurs, 1 à 2 millions de personnes qui retrouveraient un emploi. »
- 4:51Invité politiqueChiffre
« Actuellement, en France, nous perdons tous les jours 500 emplois et notamment 250 emplois industriels. »
- 9:49Invité politiqueChiffre
« L'euro valait 0,85 dollars à la mi-2001 et montait à la mi-2008 à 1,65 et retombait à 1,20 dollars en 2012 et maintenant est à 1,37. »
- 11:21Invité politiqueFait
« L'article 282 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne interdit à la Banque centrale d'obéir à la BCE, d'obéir au gouvernement et ne lui fixe que comme seul objectif la lutte contre l'inflation. »
- 12:26InvitéFait
« Sortir de l'euro, on a dans l'idée que l'euro est fort et que sortir de l'euro, c'est avec les pays du Sud et donc avoir une dévaluation de fait. »
- 15:56Invité politiqueChiffre
« Lorsque l'euro est passé de 1,65 à 1,20, ça représentait 25% de perte de l'euro par rapport au dollar. »
- 16:19Invité politiqueChiffre
« Une étude qui a été faite par deux économistes chevronnés qui montrent que nous aurions un formidable taux de croissance supplémentaire en 4 ans de plus 8 à plus 21% sur 4 ans. »
- 17:30Invité politiqueChiffre
« Le fait d'avoir eu un franc qui fondait par rapport au Deutschmark de 1949 à 1999, on est passé de zéro. Un Deutschmark valait 0,80 en 1949. 0,80 francs, enfin c'était 80 centimes. 0,80 francs, il était monté à 3,50 francs en 1999 lorsqu'il s'est fondu dans l'euro. »
- 20:43Invité politiqueChiffre
« En Grèce, il y a quelques semaines, j'étais à un colloque avec un parti qui est comparable au nôtre qui s'appelle l'EPAM qui veut sortir la Grèce de l'euro parce que c'est une situation catastrophique. Vous avez 61,4% des moins de 25 ans qui sont au chômage et 28% des adultes qui sont au chômage. »
- 21:04Invité politiqueFait
« Un, ils ne passent pas dans les médias et on leur envoie dans la figure un mouvement d'extrême droite néo-nazis qui s'appelle Aube Dorée. »
Temps de parole
- François Asselineau58 %
- Invité24 %
- Présentateur11 %
- Invité 28 %
≈ 1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Mesdames et Messieurs, bonjour. Très heureux de vous retrouver ici en direct du Salon de l'Agriculture. Dans le cadre de cette émission, on va poser une vraie question. Et si on sortait de l'euro ? Et toute la difficulté va être de l'approcher de la façon la plus objective possible, sans tabou. Et pour en parler, je suis en compagnie de Marc Castellino. Bonjour. Bonjour. Alors vous êtes président de l'UPR. L'UPR, une phrase, c'est ?
L'Union Populaire Républicaine, un mouvement qui s'est créé le 25 mars 2007, qui appelle tous les Français à se rassembler au-delà du clivage droite-gauche pour sortir la France de l'Union Européenne et de l'euro.
À ma droite, Xavier Belin, président de la FN, mais je ne sais pas s'il faut vous présenter encore. Mais sur la question de l'euro, ça va être intéressant d'avoir votre avis.
Oui.
Très directement. Et puis Marc Majewski, bonjour. Alors prenez le micro, ça marchera mieux. Vous travaillez au sein de Serf France. Vous allez nous apporter justement une vision objective de cette question. Marc Castellino, j'ai une première question pour moi à sortir de l'euro. Il faut être d'extrême droite aujourd'hui.
Alors mon prénom, c'est François Castellino. Non, il ne faut pas être d'extrême droite pour sortir de l'euro. Je vous rappelle par exemple qu'il y a quelques semaines, cinq prix Nobel d'économie, messieurs Thomas Sargent, Paul Krugman, Joseph Stiglitz, qui sont trois prix Nobel d'économie américains, plus Christopher Pissarides, un prix Nobel d'économie chypriote, plus Sir James Mirlis, un prix Nobel d'économie britannique, ont fait une tribune ensemble dans le magazine expansion.com pour conseiller aux Espagnols de sortir en urgence de l'euro. Ce ne sont pas des prix Nobel, ces prix Nobel ne sont pas des gens d'extrême droite.
De la même façon, le peuple suédois, le 14 septembre 2003, a refusé par référendum d'entrer dans l'euro. Depuis lors, personne ne parle de ce qui se passe en Suède. Et pourquoi ? Parce que le taux de croissance en Suède est 50% supérieur au taux de croissance de la zone euro. Donc arrêtons ce système. Les médias de grande diffusion adorent faire croire aux Français que si on était pour la sortie de l'Europe ou de l'euro, c'est forcément qu'on est d'extrême droite.
C'est faux. C'est un mensonge. En plus, vous êtes du serail. Vous êtes un énarque. Vous avez connu le système de l'intérieur. Oui.
Ce n'est pas uniquement un défaut. C'est aussi une qualité. Parce que je connais mes dossiers. J'ai été notamment délégué général à l'intelligence économique au ministère des Finances. Ce qui, a priori, n'est pas une preuve d'imbécilité, quand même. Donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire que je connais mes dossiers. Je sais où l'euro nous emmène. Il n'y a pas d'exemple. Et je pèse mes mots. Il n'y a pas d'exemple dans l'histoire de l'humanité d'une monnaie plurinationale comme l'euro qui n'est finie par exploser. Je pourrais vous en parler pendant toute la nuit. Toutes les monnaies du même genre ont explosé pour une raison simple.
C'est qu'une monnaie force tous ceux qui l'utilisent à avoir une convergence systématique de la compétitivité de leur économie. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'en gros, l'euro nous force. Force les pays du sud de l'Europe. Les Grecs, les Italiens, les Français, les Portugais, les Espagnols, mais aussi les Irlandais, à de plus en plus imiter, en tout point, l'économie allemande. La compétitivité des économies allemandes, les rapports sociaux de l'économie allemande, les salaires de l'économie allemande, etc. Et ça force, à contrario, les pays du Nord, notamment l'Allemagne, à faire preuve de solidarité financière constante vis-à-vis des pays du Sud, une espèce d'Europe des transferts.
Déjà, ça ne marche pas. Croyez-moi, ça finira de toute façon par exploser. La question, c'est donc pas « Et si on restait dans l'euro ? » La question qu'on devrait se poser, c'est « Qu'est-ce qui se passe si on reste dans l'euro ? »
Pour vous, la solution, c'est un euro fort, un euro faible. Sortir de l'euro totalement, et dans ce cas-là, quel coût ?
Alors, sortir de l'euro, d'abord, juridiquement, il faut sortir de l'Union européenne. Il n'y a pas d'autre solution. Les coûts ont été chiffrés. Enfin, on est dans le domaine des hypothèses. Je connais le discours des prophètes de l'Apocalypse qui disent aux Français « Ça va être épouvantable. » Notez bien d'ailleurs que ce sont en général les mêmes qui avaient promis, voici 22 ans, au moment de Maastricht, que l'euro allait nous apporter la richesse, la croissance et le plein emploi. Ils se sont trompés sur tout il y a 22 ans. Pourquoi voulez-vous leur faire confiance maintenant ?
Je vous renvoie à une étude qui a été faite, qui est sortie il y a quelques semaines, par Jacques Sapir et Philippe Murer, qui sont deux professeurs d'économie, l'un à l'École des hautes études en sciences sociales, l'autre à la Sorbonne, qui ont fait 9 scénarios d'évolution de la sortie de l'euro. Il en résulte quoi ? Ça a été publié chez la Fondation Respublica. Il en résulte, selon leurs calculs, que la France pourrait perdre entre 1 et 2 millions de chômeurs, 1 à 2 millions de personnes qui retrouveraient un emploi. Une fantastique croissance retrouvée et également une relocalisation des industries.
J'en profite d'ailleurs pour dire que ce n'est pas parce que nous sommes ici au Salon de l'Agriculture qu'il faut oublier que l'euro concerne en fait beaucoup d'autres secteurs d'activité et notamment l'industrie. Actuellement, en France, nous perdons tous les jours 500 emplois et notamment 250 emplois industriels. Il n'y a pas que l'euro. L'euro, la cherté de l'euro sur les marchés financiers est beaucoup trop chère pour la compétitivité de l'économie française. Il y a un autre problème. C'est la totale liberté de circulation des mouvements de capitaux.
Xavier Belin, est-ce que c'est une folie de sortir de l'euro aujourd'hui ou est-ce qu'au contraire, il faut chiffrer concrètement ce qu'on risque de perdre et ce qu'on pourrait regagner en matière peut-être
grâce à la dévaluation de compétitivité ? Je pense d'abord qu'on ne peut pas être binaire pour ou contre. Il faut avoir des arguments. Alors il vient d'en être développé un certain nombre. Nous, si on regarde sur une période de 20 à 25 ans, on s'est aperçu de quoi ? D'abord, lorsqu'il n'y avait pas d'euro, nous avions des dévaluations certes compétitives, mais on avait surtout des écarts sur le volet agricole qui fait l'objet d'un marché commun depuis les années 60, des différentiels extrêmement lourds avec ce qu'on avait inventé à l'époque. À l'époque, le mot n'était pas très joli, mais des montants compensatoires monétaires, des MCM.
Nous avons souffert en France d'autres ces montants compensatoires. En clair, on donnait un avantage compétitif aux Allemands au seul fait que leur monnaie était plus évaluée que la nôtre. Deuxième chose, je note quand même qu'il y a 18 pays en Europe qui ont fait le choix de l'euro. 19 l'année prochaine au 1er janvier, la Lituanie va se rajouter à la liste, plus sans doute un autre qui est le Danemark qui est en train de réfléchir activement à son entrée. Sur 28 Etats membres, on peut se poser la question est-ce qu'on a fait fausse route ? Troisième élément, et je crois que c'est celui-là sur lequel on peut peut-être converger avec M.
Asselineau, c'est que finalement, la question, ce n'est peut-être pas celle de la monnaie unique que celle d'une forme d'harmonisation malgré tout de l'économie européenne. Et sur ce point-là, oui, il y a des problèmes à gérer. On n'a pas... Alors, on a une banque centrale, certes, mais on n'a pas une sorte de gouvernement économique de l'Europe à un moment où quand même, regardons ce qui se passe aux Etats-Unis, regardons ce qui se passe en Chine, regardons ce qui se passe chez les Etats-Unis, chez les émergents, est-ce que demain, la France seule a les moyens de se battre dans une compétitivité extrêmement ardue ? Je crois que tous ces éléments-là sont à prendre en compte.
J'ajoute un quatrième élément, parce qu'on peut le regarder offensivement et défensivement. Oui, quand l'euro est fort, nos exportations sont quand même pénalisées, je le reconnais. A l'inverse, un pays comme la France qui creuse son déficit chaque année sur un poste essentiellement qui est l'énergie, l'énergie que nous achetons à l'extérieur de nos frontières, de fait, nous la payons quand même moins cher avec un euro fort. Donc, voilà, tous les arguments se contrebalancent. Je dis simplement aujourd'hui, « Attention, on a une politique agricole commune, on a une monnaie unique, que resterait-il de l'Europe si demain, l'euro devait disparaître ?
» Je ne suis pas sûr que l'Europe elle-même y résiste. Et moi, je ne partage pas l'idée que faire sauter l'euro, c'est également accompagner un mouvement, finalement, de déconstruction européenne. Je pense qu'au contraire, on a intérêt à renforcer cette construction européenne.
C'est ce point qui est important. On ne peut pas quitter l'euro sans quitter l'Europe ? C'est l'article 50 ?
Ça, c'est d'un point de vue juridique que je vous dis, il n'y a pas de clause de sortie. Ça a d'ailleurs été confirmé par la Commission européenne. Xavier Belin sort un argument que je connais bien, qui est l'argument selon lequel la France serait trop petite.
Mais si la France était trop petite, alors que nous sommes la cinquième puissance économique mondiale, que notre langue partage avec l'anglais le privilège d'être une langue parlée sur les cinq continents, que nous avons la deuxième zone économique exclusive maritime mondiale, que nous sommes la troisième puissance nucléaire au monde, que nous avons la première ou la deuxième industrie agroalimentaire mondiale, alors je me demande ce que font les 190 pays aux Nations Unies qui sont plus petits que nous.
Allez donc dire à Singapour, qui est grand comme la moitié de l'île de France, de fusionner avec les 27 pays à l'entour, allez dire à Israël de fusionner avec les 27 pays à l'entour, allez dire à la Nouvelle-Zélande qu'avec 3 millions d'habitants, ils sont trop petits. Ça c'est un argument qui est un argument fallacieux. Non, du tout, du tout. Non, si, c'est un...
Si, je vais vous dire pourquoi. En dehors de l'énergie, 70 à 75% de nos échanges se font avec l'Union Européenne. Le seul fait d'avoir une monnaie unique est un avantage incomparable. Et ça, vous ne pouvez pas le nier.
Si, je le nie totalement parce que ça n'est pas parce que nous avons 75% de notre commerce extérieur avec des pays de l'Union Européenne que nous ne sommes pas victimes du taux de change de l'euro à l'intérieur même de la zone de l'Union Européenne. Parce que les produits qui sont, que ce soit des produits agricoles ou des produits industriels qui sont fabriqués ou produits en zone dollar vont coûter de moins en moins cher. C'est comme ça, par exemple, que Renault perd des parts de marché à l'intérieur de la zone euro parce que les automobiles qui sont fabriquées en zone dollar, par exemple des automobiles coréennes, arrivent de moins en moins cher sur le marché de l'Union Européenne.
Donc ça, c'est un point qui est tout à fait important à souligner. L'euro pénalise, y compris, sur les marchés intérieurs. S'agissant d'ailleurs du coût de l'énergie, Xavier Belin est trop averti des évolutions de l'euro pour avoir oublié que l'euro valait 0,85 dollars à la mi-2001 et montait à la mi-2008 à 1,65 et retombait à 1,20 dollars en 2012 et maintenant est à 1,37. Donc l'euro fait le yo-yo. Est-ce que, Xavier Belin, vous êtes prêt à faire couper votre main pour me dire que... Est-ce que vous êtes certain que dans 4 ans, l'euro ne sera pas retombé à 1 dollar ? Donc vos arguments, à ce moment-là, se retourneront contre vous.
Vous êtes en train de nous prouver que ce dont a besoin un pays, c'est d'avoir la maîtrise de sa monnaie nationale et de son taux de change externe par rapport notamment au dollar.
Non, je pense que là-dessus... Xavier Belin. Moi, je ne peux pas être d'accord là-dessus. Mais vous avez la parole. Non, je ne peux pas être d'accord parce qu'on a besoin de stabilité. Or, encore une fois, les variations que vous exprimez, elles sont du fait d'abord et avant tout du dollar dont on sait la manipulation par les Américains comme du yuan chinois dont on sait la manipulation par le gouvernement chinois. La stabilité de la zone euro, de mon point de vue, elle est menacée aujourd'hui par un autre phénomène qui est l'absence de politique économique concertée.
Si demain, et ce n'est pas être sur le doigt sur la couture du pantalon, si demain, France, Allemagne, avec les autres pays de la zone euro ont une vraie convergence sociale et économique, vous verrez que l'euro sera de plus en plus attractif et de fait, nous permettra de regagner les parts du marché que nous perdons aujourd'hui. C'est ça, moi, qui m'importe. Ce n'est pas un problème de monnaie, c'est d'abord un problème de comportement des gouvernements, et en particulier des gouvernements européens.
Enfin connaisseurs du traité européen, vous savez que l'article 282 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne interdit à la Banque centrale d'obéir, à la BCE, d'obéir au gouvernement et ne lui fixe que comme seul objectif la lutte contre l'inflation. Elle n'a absolument pas du tout d'objectif de taux de change externe. C'est la raison pour laquelle l'euro connaît ses évolutions erratiques vis-à-vis du dollar, justement. Allez-y, et après on donnera la parole à Marc.
C'est notre troisième invité quand même. Non, ce n'est pas l'Europe aujourd'hui qui décrète notamment du taux d'endettement des États. Si la France aujourd'hui a un déficit public, un taux d'endettement comme elle le connaît, ce n'est pas la cause de l'Europe. C'est bien parce que nous avons une gestion interne aujourd'hui qui n'est pas satisfaisante.
Et heureusement qu'il y a l'Europe des fois pour nous ramener à la réalité. Absolument. C'est plutôt un garde-fou
intéressant de ce point de vue-là.
Alors si vous me permettez, alors effectivement, dans le public, il y a beaucoup de vos fans, donc c'est pour ça que vous êtes très applaudi. Il faut bien le préciser. Marc Majewski, concrètement, au niveau de l'exploitation agricole, pour vous, comment cela vous apparaît-il, cette sortie de l'euro
hypothétique ? Au final, ici on est au Salon de l'agriculture, donc c'est intéressant de se poser la question du point de vue de l'exploitant agricole. Quel est l'intérêt pour lui d'une éventuelle sortie de l'euro ? Sortir de l'euro, on a dans l'idée que l'euro est fort et que sortir de l'euro, c'est avec les pays du Sud et donc avoir une dévaluation de fait. Qu'est-ce que ça donne ? Ça donne effectivement un avantage ponctuel à l'export sur quelques productions puisque finalement, l'agriculture française, elle a des points forts à l'export, mais malgré tout, ce n'est pas la majorité.
Donc ça pourrait donner un petit coup d'accélérateur sur les céréales et quelques autres points d'exportation. Mais par contre, tous les exploitants agricoles seraient impactés par des importations de pétrole, d'azote qui seraient renchéries. Donc de ce point de vue-là, sortir de l'euro pour avoir bénéficié d'une monnaie faible, même à court terme, je ne trouve pas ça évident. Et d'autant plus qu'à plus long terme, on connaît l'effet de toutes les dévaluations compétitives. Ça renforce les effets inflationnistes. Donc ce que l'on gagne sur du court terme, on le repère en grande partie sur le long terme.
le raisonnement aurait pu être différent effectivement si on était dans un contexte espagnol, italien, grec, il y a 4 ans. Peut-être qu'eux avaient besoin à un moment donné d'un choc compétitif qui aurait pu être par cette voie-là ou par une autre voie. En France, aujourd'hui, pour un agriculteur, franchement, je ne vois pas du tout l'intérêt de sortir de l'euro du point de vue strictement technique et économique.
François Asselineau va vous répondre parce que notamment vous étiez en Grèce il n'y a pas longtemps. Oui, alors,
je vais d'abord répondre si vous me le permettez à Xavier Belin sur l'affaire de l'endettement. Je signale quand même que la France est loin d'être le pays le plus endetté de la zone euro. Je veux dire, en termes de pourcentage du PIB, vous avez des pays comme la Belgique, par exemple, ou même l'Allemagne qui ont des pourcentages haut identiques, sinon supérieurs, notamment la Grèce ou la Belgique sont très supérieurs. Mais on n'est pas très bon. Et je signale, et je signale, et je signale...
Les prélèvements sociaux, oui, mais si vous êtes contribuable comme moi, vous contribuez fiscalement, vous contribuez socialement, on ne peut pas nier le fait que nous soyons dans un pays où le niveau des prélèvements est à un niveau excessif. Et en particulier, c'est pour ça que j'insiste sur l'endettement, si nous n'avions pas le taux de prélèvements sociaux que connaissent d'autres pays de la zone euro, alors on pourrait se dire que l'endettement est supportable. Mais aujourd'hui, il ne l'est pas parce que nous avons déjà une base sociale qui est extrêmement forte.
Oui, mais cette affaire des prélèvements sociaux, je suis désolé de le dire, nous ne sommes pas les champions du monde. Le Danemark, la Suède, la Norvège ont des prélèvements sociaux en pourcentage du PIB qui sont supérieurs à la France et ces pays se portent quand même beaucoup mieux que nous. Pourquoi ? Parce qu'ils ont gardé leur monnaie nationale. Donc ça n'est pas un argument solide. Il se trouve que les Français ont toujours, depuis très longtemps, eu des prélèvements sociaux supérieurs à la moyenne. En 1900, le prélèvement sociaux en France était 19% du PIB, ils étaient 6% aux Etats-Unis. Déjà à l'époque, la France avait des prélèvements sociaux très importants.
Je ne suis pas un apôtre de l'augmentation sans cesse des prélèvements sociaux. C'est bien entendu. Non, non, non. C'est bien entendu. Ce que je veux dire simplement, c'est que vous avez un impact de la monnaie qui est extrêmement important. Et puis, le représentant de CR France nous explique que ça pourrait effectivement renchérir le coût des intrants, comme on dit, pour une exploitation agricole. Oui, c'est vrai. Mais c'est exactement ce qui s'est passé entre 2008 et 2012. Lorsque l'euro est passé de 1,65 à 1,20, ça représentait 25% de perte de l'euro par rapport au dollar. Donc ça s'est bien passé. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que si nous avons...
Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que si nous avons une dépréciation monétaire qui se produit, il y a d'autres phénomènes induits en termes macro-économiques qui se produiront. Je citais tout à l'heure une étude qui a été faite par deux économistes chevronnés qui montrent que nous aurions un formidable taux de croissance supplémentaire en 4 ans de plus 8 à plus 21% sur 4 ans. La croissance apportera de la consommation des ménages. La consommation des ménages apportera notamment des rentrées fiscales et apportera aussi une relance de la consommation des produits agricoles.
En refaisant comme ça l'économie sur le papier, on sait aussi que ça amènerait des taux d'intérêt beaucoup plus élevés. Et donc, on peut tout construire. Alors,
moi, je suis quelqu'un... Excusez-moi. Moi, j'ai un bon sens paysan. J'en parlais avec Xavier Belin. Mais oui, on est en l'égard du même département. Bon, moi, mes arrières-grands-parents étaient des gens du Loiret. Quelqu'un qui a du bon sens, qui ne regarde pas les choses comme un technocrate, il se dit quoi ? Est-ce que la France se porte mieux maintenant ou elle se portait mieux pendant les 30 glorieuses ?
C'est une question.
Xavier Belin,
pour vous... Nous sommes le nombre de...
Attendez, ce raisonnement-là, vous pouvez le tenir dans beaucoup de pays du monde en ce moment. Bon. On n'est pas dans les pays émergents, on est dans les pays développés. Oui, chez les émergents, c'est ce que je dis. Et surtout, on choisissait une période. Pourquoi pas remonter alors après à l'entre-deux-guerres ? Non, mais c'est vrai que l'Angleterre
se porte pas mal là, actuellement. Et elle n'a pas l'euro, pourtant.
Le fait d'avoir eu un franc qui fondait par rapport au Deutschmark de 1949 à 1999, on est passé de zéro. Un Deutschmark valait 0,80 en 1949. 0,80 francs, enfin c'était 80 centimes. 0,80 francs, il était monté à 3,50 francs en 1999 lorsqu'il s'est fondu dans l'euro. Donc le Deutschmark s'est continuellement apprécié par rapport au franc. Et alors, c'était la période où les Français se sont considérablement enrichis. Il faut bien que les Français comprennent qu'il n'y a pas de corrélation entre la valeur externe d'une monnaie et l'enrichissement d'une nation. Ça, c'est extrêmement
important à comprendre. Alors, il nous reste deux minutes. J'ai envie de consacrer ces deux minutes à vous poser quelques questions un peu directes. On vous connaît peu aujourd'hui. Pourquoi dites-vous que les médias ne vous invitent pas ? Parce que c'est un fait. Mais pourquoi ?
Écoutez, il faut leur demander. Moi, je passe mon temps à demander aux médias d'être... Je crois que vous savez que les médias de grande diffusion, parce que je passe beaucoup sur Internet, notre site upr.fr, upr.fr, j'insiste... Je crois qu'ils l'ont entendu. Eh bien, il est actuellement, selon Alexa Rankin, le deuxième site politique le plus visité au monde parmi les partis politiques français. Je crois que pour beaucoup de journalistes, il y a des journalistes qui parfois regardent ça d'un petit peu loin, ils ont le sentiment que si on veut sortir de l'Union européenne et de l'euro, alors c'est qu'on est d'extrême droite. Non, la réponse est non.
D'ailleurs, le Front National ne propose ni la sortie de l'Union européenne ni même la sortie de l'euro. On peut vous rassurer là-dessus. Non, mais Mélenchon, lui, il veut rester dans l'Union fédérale. Non, non, attends. Il a dit d'ailleurs, il a traité de maréchalistes ceux qui voulaient rester, qui voulaient sortir de l'euro. Nous, nous avons un mouvement qui rassemble les Français de tous les horizons, avec d'ailleurs plutôt une majorité de Français de gauche, sur un programme qui est d'ailleurs directement inspiré de celui du Conseil national de la résistance.
C'est peut-être réducteur, mais qu'est-ce qui vous sépare aujourd'hui de Nicolas Dupont-Aignan qu'on va recevoir demain, je crois, dans quelques jours ? Eh bien, aller sur son site,
regarder son programme, comme pour Mme Le Pen, regarder leur profession de foi de 2012 ou regarder leur profession de foi. Il ne propose jamais de sortir de l'Union européenne par un article que nous sommes le seul mouvement politique à expliquer aux Français. D'ailleurs, on devrait faire... L'article 50. L'article 50 du traité sur l'Union européenne que d'ailleurs les Britanniques, c'est pas un gouvernement d'extrême droite, les Britanniques envisagent de le mettre en œuvre. Eh bien, nous, nous disons, on devrait avoir un débat. D'ailleurs, invitez-moi, avec Xavier Belin, on va parler de l'article 50 dans une autre émission,
si vous voulez. Vous pensez qu'aujourd'hui, on ferait preuve de trop de dogmatisme, c'est ça ? Absolument. Il faut... Nous sommes en démocratie.
En démocratie, on a le droit de débattre de tous les articles. Vous avez une occasion rêvée, dans trois mois, avec les élections européennes, d'exprimer votre programme. Absolument. Là, vous allez passer sur les médias. Qu'est-ce que vous allez faire ? Vous allez présenter des listes ? Oui, on va présenter des listes dans les huit circonscriptions
internationales. Mais est-ce que vous êtes certain, M. Belin, que je vais passer sur les médias de grande diffusion ? Écoutez, si votre propos est intéressant... Nous allons en tout cas saisir le Conseil supérieur de l'audiovisuel. Oui, il y a quand même des règles dans ce pays. On va essayer de les saisir.
Vous êtes combien aujourd'hui ? 4200. 4200. Vous utilisez Internet essentiellement ?
Essentiellement Internet et les réseaux sociaux. Et on a actuellement 10 adhérents de plus par jour. 10 adhérents de plus par jour ouvrable en moyenne. C'est vraiment beaucoup, je vous assure. Uniquement par le bouche-à-oreille et les réseaux sociaux. Ça, c'est la vraie révolution Internet. En Grèce, il y a quelques semaines. En Grèce, il y a quelques semaines, j'étais à un colloque avec un parti qui est comparable au nôtre qui s'appelle l'EPAM qui veut sortir la Grèce de l'euro parce que c'est une situation catastrophique. Vous avez 61,4% des moins de 25 ans qui sont au chômage et 28% des adultes qui sont au chômage. Ce mouvement s'est créé en Grèce pour faire sortir la Grèce de l'euro.
Eh bien, qu'est-ce qu'on leur objecte ? Un, ils ne passent pas dans les médias et on leur envoie dans la figure un mouvement d'extrême droite néo-nazis qui s'appelle Aube Dorée. Mais eux n'ont rien à voir avec ça. Donc, il faut bien mettre dans la tête des Français que sortir de l'Union européenne et de l'euro, ce sont des sujets qui sont des sujets techniques qu'il faut étudier à fond et qui ne doivent pas être assimilés. Et ça sera la dernière remarque.
Ce n'est pas technique. Non, là, on n'est pas technique, mais il faut simplement rappeler qu'à l'époque, la Grèce ne remplissait pas les conditions d'entrée dans l'euro. Qu'elle veuille en sortir aujourd'hui, ça ne pose aucun état d'âme aux autres Européens, entre guillemets. Là, on est sur un autre débat. On est sur un débat de construction européenne. Ne faisons pas de la monnaie le bouc émissaire de la construction européenne. Regardons les choses de manière plus fondamentale.
Je dis pour ma part que si politiquement, si économiquement, si socialement, on n'a pas un certain nombre de convergences à l'intérieur de l'Union, alors oui, la question de l'euro se reposera comme vous la posez aujourd'hui. C'est pour ça qu'il faut travailler d'abord sur ces cégés-là et on verra comment traiter la monnaie demain.
Messieurs, je vous remercie. C'était passionnant. Ça fait 20 minutes qu'on débat. Et je vous remercie à nouveau. Et on se retrouve dans quelques minutes pour une nouvelle émission sur TVA Grille.
François Asselineau