Les médecins en grève : Débat Yohan Saynac x Guillaume Garot x Lucas Poittevin
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 30 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Quelles solutions proposez-vous pour mieux répartir les médecins sur le territoire ?
- 1:00OuverteRéponse partielle
Johann Senac, quels territoires sont concernés par cette régulation ?
- 3:00RelanceRéponse directe
Guillaume Garot, pourquoi cette régulation ne découragerait-elle pas les vocations ?
- 5:20OuverteRéponse directe
Johann Senac, quels sont les déterminants de l'installation des médecins ?
- 7:30RelanceRéponse partielle
Le problème n'est-il pas ailleurs que la répartition ?
- 11:20OuverteRéponse directe
Guillaume Garot, comment agir sur le temps administratif des médecins ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:30Guillaume GarotChiffre
« Il y a aujourd'hui 6 millions de Français qui n'ont pas de médecin traitant. »
- 8:30Johann SenacFait
« En Île-de-France, on est l'un des premiers déserts médicaux du pays. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Sud Radio, la vérité en face. Patrick Roger. Les médecins généralistes, c'est bien souvent difficile dans beaucoup d'endroits aujourd'hui d'en trouver parce qu'il n'y a pas un bon renouvellement, suffisamment de renouvellement.
D'où les propositions depuis un certain temps, on a revu le numérus closus pour qu'il y ait plus de médecins formés. Alors maintenant, il faut du temps parce que les études de médecine sont assez longues. Et cette proposition qui est venue de Guillaume Garot qui est un député PS qui vient de Mayenne qui est avec nous en ligne.
Bonjour Guillaume Garot. Bonjour Patrick Roger. Bon, vous avez décidé, vous avez proposé une solution en avec une régulation, on va voir ça dans le détail, mais de l'installation en fait des médecins pour ne pas qu'on s'installe n'importe où, mais l'on soit obligé de s'installer plutôt dans des zones qui soient sous-dotées plutôt que dans des zones qui soient surdotées.
On va voir ça dans un instant. Le gouvernement n'est pas tout à fait sur les mign et a revu un petit peu les choses. Et puis euh donc bah les syndicats de médecin ne sont pas tous d'accord avec vous.
Nous avons un représentant Johann Senac qui est médecin généraliste en Île-de-France et qui est cadre au syndicat MG France. Bonjour Johan Senac. Bonjour.
Bon vous êtes au téléphone avec nous parce qu'il y a un petit peu d'encombrement. Voilà, je dis tout aux auditeurs, c'est la vérité en face hein. On est en toute transparence.
Donc voilà, vous êtes au téléphone avec nous. Euh qu'est-ce que vous reprochez ? Donc Johann Senac a la proposition propositions qui sont faites et cette idée de mieux contrôler l'installation de jeunes médecins qui bah du coup qui ne pourrai pas ouvrir là où ils veulent.
Ben ce point sur le principe, je commencerai par dire que moi je suis je suis d'accord avec les enjeux enfin je partage les enjeux d'une meilleure répartition des médecins. Ça c'est pour commencer on a on défendra évidemment les mêmes valeurs. En revanche sur la question de cette proposition de loi, moi ce qui enfin il y a il y a quand même quelques zones d'imprécision.
Je je ne comprends pas dans quelle ville en fait on ce qu'on on souhaiterait interdire l'installation de nouveaux de nouveaux médecins. Est-ce que ce sont dans les 5 % les mieux dotés ? les euh 10 % les mieux dotés, les 25 % les mieux dotés, vous savez.
Et ça ça devrait figurer dans cette proposition de loi. Le fait qu'on ait pas cette donnée-là euh je trouve que ça rajoute du flou. Et en fait aujourd'hui, il y a quand même très peu de territoires où on a suffisamment de médecins.
H euh il y a la semaine dernière, notre présidente interrogé monsieur le député justement sur la ville de Laaval. la ville de la Valle euh qui euh est mieux doté que 83 % du territoire en médecin généraliste. Est-ce que si cette proposition de loi de passé euh est-ce qu'on interdirait à des nouveaux médecins de venir renforcer l'offre de soin en médecine générale à l'Aval ?
Ouais. Ouais. Bah Guillaume Garot, redites-nous simplement pour les auditeurs ce que vous et pour répondre à Johann Snac, ce que vous vous proposez avec votre proposition de loi.
Alors qui est une proposition de loi transpartisane ? pas simplement la mienne. Vous savez que nous la portons de façon collective avec des députés de gauche, de droite, du centre et nous sommes 255 députés de l'Assemblée nationale à l'avoir cigné.
Notre logique, elle est toute simple. Nous disons à nos médecins, n'allez pas vous installer dans les territoires où il y a déjà suffisamment de médecins, de vos collègues, mais allez le faire, allez vous installer, allez vous exercer, allez exercer dans les territoires où on manque de médecin. C'est en effet la question de la répartition de nos forces médicales parce que il faut le redire hein, des des choses toutes simples mais il y a aujourd'hui 6 millions de Français qui n'ont pas de médecin traitant.
H il y a 8 millions de français qui vivent dans ce qu'on appelle un un désert médical. Et ce qui est plus grave encore, c'est que les inégalités entre les territoires et donc entre les Français ne cessent de se dégrader, ne cesse de se creuser année après année. Ça veut dire que que on a toujours plus d'installations dans les départements qui étaient déjà il y a 10 ans les mieux dotés.
Hm hm. Euh donc et vous savez dans les stations de montagne, dans les Pyrénées atlantiques, dans dans d'autres départements encore ou dans des cœurs d'agglomération. Et à l'inverse, vous avez toujours moins d'installations dans les départements qui déjà il y a 10 ans étaient les moins bien notés, étaient déjà en souffrance.
Donc ça veut dire que plus ça va, moins ça va. Donc face à ça, nous disons il faut réguler l'installation sur le modèle de ce que j'indiquais et qui et et et cette régulation, savez-vous, elle existe déjà pour les autres professions de santé, pour une grande majorité des autres professions de santé, les dentistes depuis le 1er janvier. et ça n'a pas posé de problème.
Bon euh pour les infirmiers, pour les kinés, pour les sages-femmes, c'est aussi la même chose. Et et sans parler même des pharmaciens. Les pharmaciens sont régulés depuis des dizaines d'années et heureusement parce que ça nous permet d'avoir des pharmacies partout en France.
Je dis bien partout en France. Bon donc pourquoi ça fonctionnerait pour les autres professions de santé que ça ne fonctionnerait pas avec nos nos médecins ? Donc notre proposition, elle est elle est elle est toute simple et euh notre notre représentant de MG France que je salue bien sûr qui vous écoute voilà monsieur Snac, docteur Sennac, euh quels territoires sont concernés ?
Nous nous avons voté à l'Assemblée nationale la création d'un de ce qu'on appelle un indicateur territorial de l'offre de soins pour objectiver précisément la carte des déserts médicaux et de façon plus générale la carte de l'offre de soins dans notre dans notre pays pour dire ben là il y a suffisamment de médecins ailleurs il y en a pas aujourd'hui dans l'état actuel du droit pour répondre jusqu'au ou il y a 13 % du territoire national qui est considéré comme suffisamment doté en présence médical 13 % et il y a 87 % du territoire qui pour le coup est en situation beaucoup plus compliqué avec la désertification qu'on voit. Ce qui veut dire que cette liberté d'installation elle prévaut de façon générale et que rien ne changera pour les 87 % du territoire. Voyez, c'est ça qu'il faut dire.
Il faut pas se faire. Alors, où est le problème finalement ? Si on vous écoute Guillaume Garot, pour vous il y a pas il y a pas trop de problème.
C'est-à-dire que finalement on pourra s'installer un peu partout s voilà, n'allez pas vous installer là où il y a déjà suffisamment de recolle. C'est un principe de bon sens quand même. Voilà.
Ouais. Ouais. Bon d'accord, mais il y a pas beaucoup d'endroits puisque finalement il n'y a que 13 % donc c'est mais c'est très important dans les 13 % il y a des concentrations alors c'est vrai mais je pense qu'il doit y avoir d'autres problèmes.
Johan Senin, qu'est-ce que vous vous réclamez ? Qu'est-ce que vous demandez ? Et vous avez Guillaume Guer Garot qui porte cette proposition transpartisane.
Qu'est-ce que vous souhaitez vous pour que les médecins aillent s'installer un peu partout et qu'il y ait bah un renouvellement de du parc entre guillemets des médecins généralistes ? Al les déterminants de l'installation ils sont ils sont plutôt bien connus. Qui a des par dites-le dites-le parce que les auditeurs connaissent pas forcément parce qu'il y a des arguments des uns des autres.
Dites bien sûr si si vous voulez dans les territoires en très grande souffrance, on sait bien qu'il s'agit alors certes de déserts médicaux mais ce sont des déserts tout court. Bien souvent, il y a des problèmes qui relèvent de l'aménagement du territoire. Il y a des difficultés tout simplement de trouver un emploi pour le conjoint, de pouvoir avoir une carte d'enfant lorsque c'est nécessaire et cetera et cetera.
Donc ce sont des des problématiques bien plus larges. Mais ça c'est pas vrai. Attendez Johann Senac quand même.
Ça ce n'est pas vrai partout. Ce n'est pas vrai. Partout en région parisienne, vous avez des endroits qui sont où il y a des universités, où il y a une clientèle et cetera.
Et moi, je connais en fait beaucoup de cabinets où il n'y a pas de repreneurs, des villes qui ont pris des locaux pour installer des médecins généralistes où il y a du monde et il n'y a personne. Donc là, c'est qu'il y a un autre problème de l'autre côté. Non, mais bien sûr, vous avez tout à fait raison.
En Île-de-France, on est l'un des premiers déserts médicaux du pays. Je moi j'exerce en région parisienne, je je vois très bien de quoi on parle, évidemment en zone d'intervention renforcé. Donc euh parce que en fait il y a également un problème tout simplement de ressources qui nous différencie des autres professions de santé qui ont été citées h euh qui sont certes régulées pour les sages-femmes, les infirmiers, les kinés.
H euh ben c'est tout simplement la démographie qui est positive dans ces professions. Hm. Et en dépit du fait d'ailleurs qu'ils sont régulés, l'adresse publie un rapport il y a encore quelques mois qui montre que nous sommes mieux moins mal répartis, je vais le dire comme ça, que ces professions régulées à l'exception des pharmaciens mais qui ne sont pas testés, ça figure pas dans le rapport de l'adresse.
Donc tout ça pour dire que sur quoi est-ce que l'on peut jouer ? Bah tout simplement, c'est donner envie à des médecins généralistes de d'exercer le métier de médecin traitant. Aujourd'hui, vous savez que sur 100 médecins généralistes, vous en avez 55 qui fait autre chose que de la médecine générale traitante.
Qui font quoi alors ? Donc si on rajoute de la contrainte et de l'obligation, le moi ma crainte c'est qu'on passe à des effectifs qui se réduisent encore parce que les possibilités de j'allais dire d'exercer autrement évidemment qu'elles existent et d'ailleurs à des postes qui peuvent être tout à fait nécessaires, justifié par ailleurs hein. Mais vous voyez, il faut renforcer l'attractivité du métier et ça c'est en facilitant l'exercice, la qualité de vie des professionnels et pas en en faisant des bouquémissaires. que je déplore dans les débats actuels, c'est c'est qu'on on est quand même assez souvent culpabilisé avec un discours assez assez difficile, des arguments qui sont d'ailleurs pas toujours très très justes, voilà, sur les études qui nous auraient été payées, des choses comme ça qui ont été ou ça beaucoup de gens le disent.
Oui. En disant bah oui, c'est vrai, les études de médecine entre guillemets, c'est gratuit et ensuite vous êtes payé quand vous continuez en interne. Ce qui est pas faux, hein, Johann Senac, c'est pas faux ça en fait.
Ça a été il ça a été évalué en gros ce que un étudiant médecine rapporte à la collectivité. Donc ça a été évidemment démenti. Puis surtout je veux dire ça reviendrait à remettre en question le principe de l'université publique qui permet l'accès à l'instruction pour des gens qui comme moi quand j'étais plus jeune n'avait pas forcément des moyens de faire des grandes écoles.
Donc c'estou Non mais c'est c'est vrai. Mais quand vous avez dit 50 % des médecins généralistes font autre chose, c'est-à-dire ils font quoi ? Ah mais ça peut être très varié.
Ça peut être par exemple de la gériatrie, de la médecine d'urgence, de la médecine du sport, exercer dans des centres de soins non programmés, en PMI, dans des hospitalisations à domicile. Donc c'est en fait vraiment Non, mais je vais poser la question à tous les deux, vous allez me répondre en une minute. Est-ce que le problème n'est pas ailleurs que de cette répartition et que finalement c'est un faux problème ?
Parce que quand on regarde les chiffres selon le ministère de la santé, il faut aujourd'hui plus de deux médecins, deux médecins grosso modo pour en remplacer un qui part la retraite. C'est-à-dire qu'on fait moins d'heures qu'auparavant parce que il y avait beaucoup de charges et on en fait moins. Donc ça c'est le ça c'est le le premier point.
Deuxième point, chez les médecins généralistes, on le dit souvent, on passe beaucoup trop de temps avec les problèmes administratifs, on n'en peuv. Moi, je connais des médecins qui ont pris en fait leur retraite parce qu'ils ont dit "J'en ai ralbol." On me demande en fait à chaque fois de revoir les logiciels, l'administration et tout.
Et quand et puis troisièmement, je vais ajouter en fait une chose. Quand on regarde la densité médicale en France moyenne, elle est de plus de 300 médecins pour 100000 habitants. Ça c'était en 2023 je crois.
Quand on regarde ailleurs dans d'autres pays, par exemple les Pays-Bas, bah on est à 180. Alors je parle pas de la Grèce hein, on est à moins de 50 % 100000 habitants. Donc on se dit il y a quelque chose qui va pas là.
Euh non. Et Johann Senc, est-ce qu'il y a il y a pas un autre problème quoi sur le temps consacré à la médecine par ces médecins où ils sont trop occupés à autre chose ou ils ont envie de moins travailler ? Qu'en est-il là-dessus ?
Je vous réponds très rapidement, mais c'est assez juste. Ce qu'on ce qu'on note sur les 20 dernières années, c'est que le profil des patients a changé. C'est-à-dire qu'on a de plus en plus de patients qui ont des pathologies chroniques qui nécessitent qu'on prenne du temps.
Ça c'est le premier point, c'est très net. Deuxième chose, c'est le poids de effectivement de l'administratif qui a aussi augmenté au fil des ans et et qui nous occupe un temps médical important. Ça, vous avez tout à fait raison.
Ces deux éléments sont à prendre en compte. qui augment sur le temps de travail. Oui.
Sur le temps de travail. Non mais c'est c'est vrai. Bah attendez, c'est l'évolution de la société aussi bien sûr.
Donc les médecins n'ont pas envie de travailler 60 70 he alors que d'autres travaillent moins de 40h quoi. Là ils sont voilà, ils sont à 50 aujourd'hui. C'est une étude d'octolip sur agenda.
Donc pour le coup c'est assez assez objectif. Euh 50 he par semaine mais avec un temps effectivement administratif important. Mais quand vous comparez aujourd'hui des médecins qui sont en train de partir à la retraite, enfin qui sont vraiment sur la fin de carrière et des plus jeunes, il y a pas il y a quasiment pas de différence sur le temps de travail.
C'est une étude en cours là du conseil de l'ordre. Il y a assez il y a très très peu de différence. En fait, ce que l'on voit c'est vraiment un alourdissement de l'exercice et c'est c'est assez difficile à peut-être à se représenter quand on n'est pas dans le métier, mais je vous assure que le le profil des patients est devenu compliqué et le poil administratif est aussi euh quelque chose de de très complexe par ailleurs.
Oui. Guillaume Garo, est-ce que c'est pas là qu'il aurait fallu agir quoi notamment ? Mais il faut agir sur tous les leviers.
Il y a pas une solution, il y a pas une solution miracle. La régulation n'en est pas une mais euh au sens solution miracle. Mais ce que je veux dire, c'est que euh la régulation c'est la solution qu'on n'a pas mise en œuvre jusqu'à présent.
Donc si on veut que les autres solutions fonctionnent, il faut aussi qu'il y ait cette solution de la régulation. Alors pour répondre aux arguments qui vient d'être avancés, on nous dit "Ah, vous allez décourager les les vocations pour la médecine générale". Je peux rassurer là-dessus, notre régulation, elle concerne autant les médecins généralistes que les autres spécialistes.
Donc ça concerne l'ensemble des praticiens. Ensuite, on me dit "Ah mais vous allez décourager les jeunes générations de s'engager vers la médecine." C'est faux, archi faux.
Regardez le nombre de vœux à parcours sup. Ouais. Et le nombre d'étudiants qui est ensuite en première année de médecine, il y a une place en en année de médecine en première année pour 34 vœux de lycéen. 34 vœux de lycéen.
Donc les vocations, elles existent aujourd'hui. Les jeunes, ils ont envie de devenir médecins. Mais euh les faire médecine, pas forcément médecin, mais de faire médecine.
Oui. Faire médecine médecine en général, c'est pour devenir médecin. Oui, mais c'est des après c'est spécialisé, on peut aller en fait sur un certain nombre d'autres choses et pas forcément généraliste dans son dans son dans son cabinet hein.
Mais bien sûr et c'est pour ça que je vous dis que notre régulation concerne et les généralistes et les spécialistes. Tout le monde traité sur un pied d'égalité en fonction en en mais en fonction toujours des besoins de santé d'un territoire. C'est quand même ça que franchement on doit nous porter l'intérêt général.
Enfin, on est des parlementaires, c'est notre mission, c'est notre responsabilité. On doit d'abord penser à qui ? aux Français, aux citoyens qui se sentent exclus aujourd'hui, qui se sentent citoyens de seconde zone parce qu'ils ont pas de médecin.
C'est quand même ça qu'on vit tous les jours nous dans nos départements. Je veux quand même le le rappeler. Alors sur le reste, Patrick Roger, vous vous vous citez la question du temps de travail, c'est vrai, mais c'est une évolution de l'ensemble de la de la société, ce qui veut dire qu'il faudra probablement demain former davantage de médecins.
Ouais. Si euh ben bien sûr parce que la population elle augmente et parce que la population elle vieillit donc former davantage de de médecins. Ensuite sur le temps administratif, c'est une vraie question, je suis d'accord là-dessus.
Alors le gouvernement avait pris euh le le cette mesure d'assistants euh médicaux pour faire euh du travail administratif au côté de nos médecins. Je pense que c'est une bonne formule et comment il faut voir comment on peut financer ça durablement. Mais ce que je veux dire, c'est que les politiques d'incitation à l'installation qui ont été mené depuis 10 20 25 ans dans notre pays, pour utile qu'elles soit, ne sont pas pour autant suffisantes et ça coûte fort cher au budget de de la nation et de l'État et de la sécurité sociale.
Et donc à un moment donné, il faut que nous on se pose la question encore une fois législateur de l'efficacité de notre dépense publique et voir si justement avec la régulation on peut pas rendre plus efficace toutes les dépenses qui ont été mises en œuvre au salut de notre système de santé. Ouais. Bon, on manquait de médecin et on pourrait en avoir trop dans 2040.
C'est ce que c'est le Conseil national de l'ordre qui alerte en disant bah oui oui, c'est vrai. Là, on va peut-être former trop de médecins pour la suite. C'est quand même un vaste problème.
On va continuer dans débattre. J'aimerais vous entendre juste aussi sur la répartition des médecins parce que ce que nous disait Johann Senac, c'est intéressant, c'est-à-dire que il y en a moins qui vont vers le métier, la fonction de médecin généraliste en France. Aujourd'hui, on a un peu moins de 100000 généralistes et on a 130000 spécialistes.
C'est-à-dire qu'on va vers des spécialités. Pourquoi ? Bah parce que on se spécialise et on a quelque chose qui peut sembler plus intéressant pour certains et puis sans doute aussi pour certains parce que ça paye mieux.
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C'était très intéressant entre un représentant de d'un syndicat de médecin là, il y a Johann Senac à l'instant et Guillaume Garot qui propose cette loi qui est transpartisane. Là, nous avons pour terminer cette émission la vérité en face sur Sud Radio, nous avons deux médecins mais alors tous les deux aux extrémités si je puis dire. C'est Lucas Poidvin qui est président de l'Association nationale des des étudiants.
Bonjour. Bonjour. Et un auditeur qui vient de nous appeler qui est un ancien médecin qui je pense est à la retraite, c'est Marc.
Bonjour Marc. Oui, bonjour. Bonjour, c'est une radio.
Bon, vous avez entendu ce débat avant de donner la parole à Lucas, qu'en pensez-vous ? Quelle est votre position avec l'expérience que vous avez justement par rapport à ce conflit ? C'est à qui ?
Bah, c'est à vous Marc. À vous Marc puisque bah vous avez l'expérience. Moi je suis Non mais moi je suis d'anciennes années.
Bon le souci c'est que moi je simplement demander quel gouvernement a décidé. Alors c'est complètement de choses hein. Quel gouvernement a décidé de modifier les études médicales de même dans une seule faculté dentaire, pharmacie, médecine, sage-femme et tout alors qu'avant il y avait une faculté pour chaque chose ce qui fait qu'il y avait pas de compétition.
En plus, on avait le droit à deux examens et alors moi je suis à mon époque heureusement on en prenait 20 à 25 % à la fin de la première année, sinon je suis jamais devenu médecin. Et là avec cette formule forcément le gars qui arrive en prier trimestre ben non, tu pourras pas faire mes films. Qu'est-ce qu'il fait ?
Ben voilà, il va arrêter les études et ça décourage. Donc pourquoi on a assemblé tout ça en une seule une seule faculté ? Moi je suis je suis trop vieux, j'ai pas compris qui est-ce qui a décidé ça ?
Est-ce que c'est voilà un député du Mor que monsieur Garot ? J'en sais rien mais je trouve ça scandaleux. Alors vous vous sur la ré Oui oui.
Non mais c'est intéressant votre remarque. Bah je sais pas si vous allez pouvoir répondre. Vous avez Lucas Poevin est avec nous association nationale des étudiants.
Sa remarque est juste à Marc ou pas ? Alors, c'est ça, c'est-à-dire que depuis déjà maintenant de très nombreuses années, on réforme continuellement les études de médecine. Donc, on a réformé l'entrée dans les études de santé avec des résultats qui sont pas forcément meilleurs qu'avant.
On a réformé le cycle avec des problématiques de santé mentale ensuite qui ont été renforcé qui ont été illustrées par plusieurs enquêtes. On a réformé le 3è cycle avec encore l'ajout d'une 4e année d'internat de médecine générale parce que il fallait que les étudiants puissent rester dans les hôpitaux et pour pouvoir absorber la le flux de patients. Et donc nous, on se pose une véritable question aujourd'hui, c'est encore pendant combien de réformes on va devoir mettre en place et combien de temps on va laisser reposer la charge des erreurs politiques qui ont été commises sur les 40 dernières années sur les médecins qui sont encore en formation.
Donc même pas diplômé mais encore en formation. Ouais, on paye les erreurs du passé quoi. C'est ce que vous dites hein Lucas.
Lucas Poideva. Bon et vous voudriez quoi vous euh en résumant ça en en en 2 minutes, on a entendu l'un de vos collègues he qui est médecin généraliste et DMG France. Qu'est-ce que vous souhaitez vous pour demain ?
Alors nous ce qu'on ce qu'on souhaite déjà c'est qu'on on se base sur les les bons constats. Aujourd'hui, on a 87 % du territoire qui est en zone sous-dotée, mais parallèlement et c'est toujours les chiffres de l'ordre des médecins, on a 98 % de la population qui habite à moins de 10 minutes d'un médecin généraliste. Et donc le problème aujourd'hui, c'est pas la répartition des médecins sur le territoire, mais c'est le nombre.
C'est-à-dire que on n'est pas loin de d'un médecin généraliste, mais on est loin d'un médecin généraliste qui sont en capacité de nous prendre en charge. Et donc face à ça, nous ce qu'on demande c'est qu'on puisse déjà ben former plus de médecins, qu'on puisse former mieux les médecins. Donc c'est-à-dire aller chercher sur des territoires qui aujourd'hui n'ont pas d'antenne de médecine pouvoir aller en former davantage, améliorer la qualité de la formation pour ne pas dégoûter les jeunes et les détourner du métier de médecin une fois qu'ils ont terminé leur le leur travail et ensuite c'est-à-dire faciliter et décloisonner les exercices.
Aujourd'hui, par exemple, si on veut pouvoir exercer pendant quelques temps dans dans un service d'urgence de proximité, dans un territoire un peu plus loin, on a énormément de contraintes administrative et réglementaire qui nous empêche de le faire. Et donc quand le premier ministre annonce qu'il va falloir faire de jours dans des zones sous-dotées au plus loin de notre cabinet, aujourd'hui ce n'est tout simplement pas possible parce qu'il y a trop de leviers qui nous empêchent de le faire. Et donc la première chose, nous ce qu'on demande, c'est qu'on puisse accompagner les jeunes, qu'on puisse déverrouiller un peu le système plutôt que de tout de suite contraindre parce que ça ne fonctionnera pas.
Ouais. Et puis il y a peut-être ce problème, c'est-à-dire que euh c'est vrai, les nouvelles générations veulent aussi peut-être un peu moins travailler que les précédents. C'est-à-dire que aujourd'hui quand on remplace un médecin qui part en retraite, bah il en faut deux.
Ben ça c'est le alors ça non, c'est c'est aussi des chiffres qui sont à prendre en relatif. Quand on regarde les chiffres de l'ordre des médecins sur le temps de travail, les anciennes générations travaillent à peu près 55 heures par semaine. Quand on regarde les chiffres sur les nouvelles générations, donc les moins de 30 ans, on est sur 52 heures par semaine.
Alors oui, il y a 3 heures de moins. Pour autant, c'est du temps qui est pas forcément laissé à la pratique médicale, mais aussi du temps qui pourrait être économisé sur par exemple des secrétaires médicals qui permettraient d'absorber la charge administrative, des auxiliaires médicaux aussi qui pourraient prendre en charge en première partie si les patients. Il y a beaucoup de de choses qu'on peut essayer de mettre en place pour préserver ce temps médical et faire en sorte à ce qu'il soit vraiment consacré aux activités de soins pour les patients bien sûr et un peu moins l'administratif.
Merci d'avoir été avec nous dans la vérité en face. On a débordé un petit peu évidemment parce que il y avait beaucoup de monde au téléphone dans un instant. Valérie expert bien sûr et Gill Ganszman Sud Radio Média et ensuite les débats.
Guillaume Garot