Dissolution : Emmanuel Macron défend son bilan - Bruno Le Maire - C à Vous - 12/06/2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 1:01OuverteRéponse partielle
Avec quel programme, Bruno Le Maire ? Est-ce qu'il suffit d'invoquer le refus de l'esprit de la défaite ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron a affirmé ce matin qu'il ne ferait pas campagne au-delà de la conférence de presse de ce matin. Pourquoi ?
- 4:32OuverteRéponse directe
Donc là, le président va s'effacer. Certains députés sortants ne veulent surtout pas que sur leurs affiches et leurs tracts de campagne figurent le visage du président.
- 5:19RelanceRéponse directe
Comment les électeurs qui ont soutenu M. Glucksmann peuvent-ils soutenir une alliance qui, par définition, si elle devait l'emporter, proposerait Jean-Luc Mélenchon comme Premier ministre ?
- 6:17OuverteRéponse directe
Un pari de refondation d'autant plus difficile, Patrick, que l'électorat du Rassemblement National a évolué, c'est le sujet de votre édito.
- 11:37RelanceRéponse directe
Votre réaction, Bruno Le Maire, sur la difficulté que vous allez avoir de convaincre ces électeurs de ne pas avoir peur d'élire le RN, mais au contraire d'avoir peur que le RN ne change pas leur situation.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:56Invité politiqueChiffre
« L'extrême gauche, c'est 350 milliards d'euros de dépenses supplémentaires. »
- 2:00Invité politiqueChiffre
« Du côté de l'extrême droite, c'est plus de 100 milliards d'euros de dépenses supplémentaires. »
- 2:06Invité politiqueChiffre
« Rien que les baisses de TVA que propose Marine Le Pen, c'est 27 milliards d'euros de dépenses immédiates. »
- 16:17Invité politiqueChiffre
« On passera probablement de 3 à 4, un point de taux d'intérêt en plus. Ça coûte 3,5 milliards d'euros pour l'année 2024. »
- 17:35Invité politiquePromesse
« Je suis attaché à cette réforme de l'assurance chômage. »
- 19:58Invité politiqueFait
« La réforme des retraites, ça ne répond pas d'économie. »
- 20:01Invité politiqueFait
« Le fait qu'on travaille plus longtemps, ça génère plus de travail, et ça fait des économies des finances publiques qui sont absolument considérables. »
Temps de parole
- Bruno Le Maire58 %
- Présentateur19 %
- Présentateur 29 %
- Invité5 %
- Invité 23 %
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Bruno Le Maire, vous êtes dans le même état d'esprit que le Président, vous êtes vous aussi un indécrottable optimisme parce qu'on n'a pas le sentiment que c'est l'optimisme qui règne actuellement dans le camp de la majorité, on avait plutôt le sentiment d'une sidération générale à l'image du Premier ministre qui a resté silencieux pendant presque deux jours.
Mon état d'esprit, c'est un état d'esprit combatif.
Et optimiste ?
Combatif, déterminé. Je ne suis pas là pour être optimiste, pessimiste. Oui, mais moi je suis en campagne, je irai soutenir les candidats hier dans mon ancienne circonscription de l'heure, ce week-end en Haute-Savoie, je serai de tous les combats de cette élection législative qui est la plus importante depuis 1958, depuis la création de la Ve République. Donc il faut être combatif, volontariste, déterminé, il faut être un combattant de la démocratie parce que ce qui se joue aujourd'hui, ce n'est pas un combat pour les législatives. C'est le combat de la France. C'est ça qui se joue dans exactement 20 jours.
Avec quel programme, Bruno Le Maire ? Est-ce qu'il suffit d'invoquer le refus de l'esprit de la défaite ?
Je dirais plutôt, je n'aime pas tellement ce terme de programme, je dirais plutôt quel projet pour notre pays. Et pour moi, il tient en trois mots très simples. Le premier, il a été rappelé par le président de la République, c'est l'autorité. Il y a une demande d'autorité, de sécurité, de lutte contre la délinquance partout sur nos territoires, dans les grandes villes, dans les quartiers, comme dans les communes rurales. Je sais qu'Éric Dupond-Moretti travaille activement aujourd'hui à des propositions très fortes sur la délinquance des mineurs. Tant mieux, c'est exactement ce qu'il faut. La sécurité est le premier des droits.
Il doit être garanti pour tout, pour tous, partout sur le territoire. Deuxième idée très simple, la prospérité. Enfin, que chacun comprenne bien que le programme de l'extrême gauche comme le programme de l'extrême droite, c'est l'appauvrissement très concret des Français. Aucun des programmes n'est financé. D'un côté, l'extrême gauche, c'est 350 milliards d'euros de dépenses supplémentaires. Du côté de l'extrême droite, c'est plus de 100 milliards d'euros de dépenses supplémentaires. Rien que les baisses de TVA que propose Marine Le Pen. C'est 27 milliards d'euros de dépenses immédiates. C'est l'équivalent de ce qu'on devrait trouver comme économie pour rétablir les comptes publics.
Alors, je les vois bien en train de nous expliquer déjà, M. Bardella. Ah, mais en fait, on ne sait pas très bien ce qu'on va faire. Peut-être qu'on va bouger sur la retraite. Pourquoi ? Bah, tout simplement parce qu'ils ne savent pas comment faire. Ils commencent à dire, ah, on va trouver des comptes publics dans un état désastreux, donc on ne pourra peut-être pas faire ce que l'on veut. Mais les comptes publics, ils sont transparents. Le RN est à l'Assemblée nationale, il est informé sur le budget. Donc, ils sont en train de s'esquiver. Soit ils appliquent leur programme, et ce sera la flambée des taux, l'appauvrissement des Français, un coût du crédit plus cher pour tout le monde.
C'est un coûtage de gueule, c'est se moquer des électeurs. Deuxième projet, la prospérité. Troisième élément de notre projet, auquel je tiens beaucoup, c'est la défense de notre culture française. Parce que, évidemment que partout sur le territoire, on voit aujourd'hui beaucoup de personnes qui se disent, mais entre des mouvements culturels venus des États-Unis, et la montée de l'islam radical, partout, de l'antisémitisme chronique, d'un islam politique qui veut renverser les valeurs de la France, elle est où notre culture française ? La valorisation de nos figures historiques, de notre histoire, de notre passé.
Ce qui est en train de se produire aujourd'hui, et qui est très grave, Anne-Élisabeth Lemoyne, c'est pas simplement que les programmes de l'extrême droite et de l'extrême gauche ne tiennent pas la route du point de vue économique, c'est qu'il n'y a plus de valeur en politique. Dostoevsky disait, si Dieu n'existe pas, tout est permis. Ce que nous montre la vie politique française aujourd'hui dans les oppositions, c'est que si les valeurs n'existent pas, tout est permis. Le PS de Léon Blum peut s'allier avec la France insoumise antisémite. Et les républicains d'Éric Ciotti, héritiers du gaullisme, peuvent s'allier avec les descendants de l'OAS qui ont voulu assassiner le général de Gaulle.
Il n'y a plus de valeur en politique. Tout est possible. La seule formation politique qui a un projet clair et qui n'a jamais bougé sur ses valeurs, c'est la nôtre.
Emmanuel Macron a affirmé ce matin qu'il ne ferait pas campagne au-delà de la conférence de presse de ce matin. C'est parce qu'il a entendu Édouard Philippe dire qu'il n'était pas très sain que ce soit lui qui soit le chef de cette campagne.
Chef de l'État, par définition, il est au-dessus des partis. Donc il lance la campagne. Il a pris la décision de dissoudre. C'est le 12 de la Constitution, prérogatif du président de la République. Maintenant, on part en campagne. Il y a un chef de campagne naturel. C'est le Premier ministre, Gabriel Attal. Il y a des combattants, c'est les ministres. Ils ont des responsabilités éminentes, donc ils ont aussi un rôle éminent à jouer dans la campagne.
Donc là, le président va s'effacer. Certains députés sortants ne veulent surtout pas que sur leurs affiches et leurs tracts de campagne figurent le visage du président.
Vous savez, Anne-Elisabeth Thoma, je pense que la plus grande force de notre famille politique, une fois encore, c'est qu'on peut avoir des nuances sur telle proposition ou telle autre. Mais nos valeurs, notre projet, l'autorité, la prospérité, la défense de la culture française, tout ça nous rassemble. Voilà. Et donc, plaidons plutôt l'unité, le rassemblement de tous plutôt que d'essayer de pointer du doigt le comportement de l'un ou de l'autre. Ça ne va pas nous mener très loin. Et l'heure est trop grave pour céder à la moindre division.
Bon. Emmanuel Macron qui a appelé à une refondation qui était la base d'ailleurs de son projet en 2017 et qui a lancé des appels à ceux qui ne se reconnaissent pas dans les extrêmes.
Comment les électeurs qui ont soutenu M. Glucksmann, qui a mené une campagne vraiment respectable, digne avec beaucoup d'idées fortes, peuvent-ils soutenir une alliance qui, par définition, si elle devait l'emporter, proposerait Jean-Luc Mélenchon comme Premier ministre ? Pour moi, la clarification qui s'impose entre maintenant et la fin de semaine, c'est que tous les responsables politiques, sociodémocrates et écologistes se posent la question de savoir s'ils veulent une alliance avec des gens qu'ils ont combattu et avec lesquels ils sont en profond désaccord.
Je pense que la responsabilité des responsables de la majorité, si ou des députés sortants, ou des responsables de cette gauche sociale, démocrate et écologiste, étaient de dire « on ne veut pas de cette alliance impossible », ce serait alors, oui, dès le premier tour, de bâtir avec eux quelque chose et de ne pas mettre de candidat face à eux.
Un pari de refondation d'autant plus difficile, Patrick, que l'électorat du Rassemblement National a évolué, c'est le sujet de votre édito. Vous vous êtes donc penché sur le profil des électeurs RN de dimanche dernier et sur les chances de les faire changer de vote d'ici trois semaines.
Je me suis appuyé sur les données d'Ipsos, c'est l'enquête électorale la plus solide menée par France Télévisions et Radio France auprès d'un échantillon de près de 9000 personnes avec deux motivations dominantes, vous le savez, immigration et pouvoir d'achat, 43 et 45% des sujets cités parmi les trois premiers, l'insécurité est loin derrière, 21%, fiscalité et chômage ont quasiment disparu, si c'est 4%, cela c'est pour l'ensemble des électeurs, pour les seuls votants Bardella, l'immigration écrase tout le reste, 79%.
Et ils n'ont pas agi sur un coup de tête, on dit souvent que les citoyens se déterminent de plus en plus au dernier moment, pas les électeurs RN qui à 83% avaient fixé leur vote depuis plus d'un mois. La campagne, les discours, les débats télévisés n'ont eu aucun effet, Bardella a d'ailleurs fait toute la course en tête dans les sondages à plus de 30%. Dans quelle catégorie de la population le Rassemblement national a-t-il progressé ?
Partout, je vous ai présenté lundi cette carte de France uniforme à 93% des communes où le RN est arrivé en tête, qui montre une déferlante bleue sur la France des campagnes, sur fond de colère agricole, de désindustrialisation, de départ des médecins, des commerces et des services publics, tout cela n'est pas neuf, ce qui est nouveau c'est que le RN ne fait plus peur, parole des lecteurs recueillies ces derniers jours. – Un ras-le-bol.
– Français, ils en ont jusqu'à là.
– Insécurité. – Le pouvoir d'achat.
– Parce que ça change. – Le renouveau. – Un changement, un grand changement. – Il est temps peut-être de passer à autre chose, et pourquoi pas avec le Front National. – Comment on va savoir s'ils n'arrivent pas, si on ne leur donne pas l'opportunité ? – Moi j'ai voté pour eux, uniquement pour ça. L'essence, le pain, le manger, le loyer, le gaz, l'électricité, tout ce que je paye en fait, tous les mois. – C'est pour ça que vous avez voté Jean-Denard Bardella ? – C'est pour ça, en espérant que ça va changer. Peut-être que je me trompe, ou pas.
Peut-être que je me trompe ou pas, on n'a pas essayé. Il y a dans le pays un désir, le mot n'est pas trop fort, un désir de voir comment ça fait, comment ça peut se passer, une France gouvernée par l'extrême droite. – Un désir qui s'est étendu au milieu favori. – Oui, on a souvent opposé depuis 2017 la France qui va bien, celle qui vote Macron à la France qui va mal, celle de Le Pen, la France qui va mal a encore de bonnes raisons de se plaindre. On vient d'évoquer le pouvoir d'achat à l'instant, mais désormais, il y a un vote RN important, parfois dominant dans l'autre France, celle qui va bien et qui vous a en grande partie abandonné. Bardella dimanche est arrivé en tête.
Chez les électeurs qui déclarent plus de 3 000 euros nets mensuels, en tête chez les entrepreneurs, artisans et commerçants. Il fait presque jeu égal avec renaissance. Chez les retraités CSP+, et chez ceux qui arrivent à mettre de l'argent de côté, il domine chez les Bac plus 2, chez ceux qui se situent parmi les classes moyennes supérieures, qui se situent eux-mêmes, qui disent on fait partie des classes moyennes supérieures, et même chez ceux qui se disent satisfaits de leur vie, 25% de vote RN. C'est ainsi que l'extrême droite a tissé sa toile électorale, pas seulement dans des territoires ruraux délaissés, mais aussi au milieu de terres agricoles prospères, dans des banlieues cossues.
Tassin-Admi-Lune, l'une des communes les plus riches de l'agglomération lyonnaise, ce n'est qu'un exemple, sur des bords de mer peuplés de riches retraités, pas de problème de fin de mois, pas de chômage, pas d'immigrés, peu d'insécurité. Les exemples abondent, où le succès du RN est a priori difficile à cerner. Que disent les électeurs de ces communes ? Qu'ils sont en colère, ou qu'ils ont peur, en tout cas qu'ils ont moins peur du RN que de ce qu'il pourrait leur arriver, et qu'ils ont vu à la télé, extrait de deux reportages radio pour France Info et RTL, dans deux cités tranquilles, où le RN a explosé les compteurs à Plumelec, dans le Bormillan, et à Joigny, dans Lyon.
C'est une ville qui est assez tranquille, quand même. Alors, pourquoi vous parlez d'insécurité ? En général, avec les coups de couteau, avec ceci, avec cela, et puis tout, ça peut venir aussi chez nous. Pour l'instant, c'est calme, mais on ne sait jamais. Je veux retrouver ma France, réinstaurer un peu de l'ordre et puis du respect, quoi. Pas sur Plumelec, mais surtout quand je regarde les infos dans les grandes villes, comme Paris, tout ça, les régions parisiennes. Avec mon mari, on a même arrêté de regarder les infos, tellement ça nous horripile, tout ça.
On voit là la difficulté de convaincre des électeurs qu'ils ont tort d'avoir peur et d'éprouver la panique identitaire répandue sur certains écrans. Mais il y a plus profond et sans doute plus rédhibitoire encore pour le camp présidentiel. Que voulez-vous dire ? Je veux parler de l'effet répulsif exercé par Emmanuel Macron, on l'a évoqué il y a un instant, y compris chez une bonne partie de ses anciens électeurs. Question d'Ipsos, diriez-vous que vous n'appréciez ni sa personnalité, ni son action ? Réponse oui à 56%. Vous me direz, il en reste 44%. Mais non, j'apprécie son action, mais pas sa personnalité, 12%. J'apprécie sa personnalité, mais pas son action, 16%.
Total 84%, il n'en reste que 16%, à peine plus que le score de Valérie Ayet pour apprécier son action et sa personnalité à la fois. C'est-à-dire que retourner en moins de 20 jours un vote anti-Macron, celui de dimanche dernier, en vote anti-RN, ce que tente le chef de l'État, paraît tenir de la gageure. Votre réaction, Bruno Le Maire, sur la difficulté que vous allez avoir de convaincre ces électeurs de ne... non pas d'avoir peur d'élire le RN, mais au contraire d'avoir peur que le RN ne change pas leur situation.
Il faut écouter les gens, leur répondre, et dénoncer les mensonges et les tromperies économiques et financières du Rassemblement national. Écoutez les gens, je reviens à ma circonscription. Bien sûr que la sécurité, la délinquance, nos réponses doivent être plus fortes que ce que nous avons fait. J'ai vu il n'y a pas très longtemps une de mes anciennes électrices qui habitait à Vain-Nord-sur-Rave, dans le sud de ma circonscription. Elle venait de se faire cambrioler. C'est une femme très modeste. Elle a eu cette remarque, mais M. Le Maire, déjà qu'on n'a rien, en plus on nous le vole.
Donc si on n'est pas capable de répondre avec beaucoup de fermeté à ce besoin d'autorité, de lutte contre la délinquance, d'exécution de la règle de droit, par exemple sur les obligations de quitter le territoire français pour les immigrés en situation illégale, là, effectivement, va se répandre comme une traînée de poudre la volonté de recourir à des solutions qui n'en sont pas. Parce que Mme Le Pen, je vous rassure tout de suite, n'a aucune solution concrète pour répondre à ces sujets. Qui n'éprouvent pas directement cette insécurité, comme on vient l'entendre.
Parce que ce qui se passe à Incarville, dans mon département de l'Eure, lorsque vous avez des agents pénitentiaires qui se font mitrailler à un péage par lequel tout le monde passe, mais que vous habitiez à Nantes, que vous habitiez à Lille, que vous habitiez à Bordeaux, que vous habitiez à Nice, vous vous dites que ça peut arriver chez nous. Donc il est impératif de rétablir partout sur le territoire français l'autorité de l'État. Et Mme Le Pen n'a aucune solution là-dessus. La deuxième chose, c'est que j'entendais cette interview, elle était intéressante. Ce monsieur qui dit « Je vais essayer, mais peut-être que je me trompe ». Et j'ai envie de lui répondre ce soir.
Monsieur, vous vous trompez. Mme Le Pen et Jordan Bardella n'amélioreront pas votre quotidien, n'amélioreront pas votre pouvoir d'achat. Ils vont baisser la TVA sur l'essence. Eh oui, ils vont baisser la TVA sur l'essence. Vous savez combien ça coûte ? Ça coûte une dizaine de milliards d'euros. Ça veut dire quoi ? Il faudra bien aller chercher quelque part ces dizaines de milliards d'euros. On va aller chercher chez les artisans, chez les commerçants, chez les patrons de PME, de TPO. On va augmenter leurs impôts pour payer cette baisse de TVA. Cette baisse de TVA, par ailleurs, ça profite à qui ? À l'Arabie Saoudite. Aux producteurs de pétrole.
Parce que dans le fond, c'est ça la France de Mme Le Pen. C'est une France fossilisée. On ne bouge plus. On reste dépendant du pétrole saoudien. On reste dépendant du gaz russe. Et puis quand ces prix-là augmentent, tant pis pour votre porte-monnaie. Nous, à l'inverse, on investit dans l'électricité décarbonée. On investit dans les centrales nucléaires. Je le redis, le prix d'électricité va baisser. Votre facture d'électricité va baisser en février prochain de 10 à 15%. Après la hausse du prix du gaz en juillet. Mais la facture d'électricité va baisser. Pourquoi ? Parce que nous, nous avons investi dans les réacteurs nucléaires. On les a modernisés, on les a réparés.
Et on produit plus d'électricité nucléaire. Donc vous avez le choix. Entre la solution de la majorité, qui est de produire plus d'électricité pour qu'elle soit moins chère et que votre facture baisse. Ou rester comme Mme Le Pen le propose. Fossiliser. C'est le musée grévin de la politique française. Avec des déformes. On prend la France telle qu'elle est, on la met sous forme de cire et on ne bouge plus. Ça appauvrira tous les Français. Quant au gaz, elle va faire quoi Mme Le Pen ? Elle ne va pas investir dans la réparation des réseaux. Je rappelle qu'aujourd'hui, si le prix du gaz augmente, c'est d'abord en partie le marché. Et en partie parce qu'il faut moderniser les réseaux.
Elle va le payer comment, la modernisation du réseau ? Alors attention aux manipulations, aux mensonges et aux raccourcis de Marine Le Pen. Que chacun prenne 20 secondes, il ne faut pas beaucoup plus, pour lire les propositions concrètes de Marine Le Pen. Ils verront que c'est une augmentation de 100 milliards d'euros de dépenses, qui va lier pied et point la France à des pays étrangers sur le gaz et sur le pétrole, et qu'à la fin, il faudra bien payer l'addition.
Et ceux qui paieront l'addition, c'est les plus modestes, c'est les retraités dont ne pourra plus payer les retraites, et c'est les artisans, les commerçants et TPE, PME dont on dira « Désolé, la pressante majorité a baissé vos impôts, nous on n'a plus le choix, on va augmenter vos impôts ».
Les dépenses que vous évoquez, qui sont prévues par le Rassemblement National, elles inquiètent les marchés financiers. Il y a une vraie nervosité depuis dimanche soir. Est-ce que ça a déjà coûté de l'argent à la France ?
Ça a coûté très exactement, pour être très précis. Le passage de 3,1 à 3,2% de taux d'intérêt sur les obligations insimilables du Trésor à 10 ans, 350 millions d'euros pour l'année 2024, si cette hausse se maintient. À terme, pour 5 ans, ce sera 3 milliards d'euros. Si demain, le Rassemblement National, avec son projet qui ne peut pas être financé, qui ne tient pas la route 5 secondes, parce qu'il propose 100 milliards d'euros de dépenses, il faut faire des économies aujourd'hui. Vous aurez une augmentation encore plus forte des taux d'intérêt. On passera probablement de 3 à 4, un point de taux d'intérêt en plus. Ça coûte 3,5 milliards d'euros pour l'année 2024.
Ça coûtera 17 milliards d'euros à horizon 5 ans. C'est-à-dire que toutes les économies qui ont été faites sur la réforme des retraites, elles partiront dans la charge supplémentaire d'intérêt de la dette française. On me dira, c'est la dette, c'est pas grave, c'est pas nous. Allez demander un crédit chez votre banquier. Vous verrez combien va vous coûter une fois qu'on aura s'aborder la dette française, s'aborder la crédibilité de la signature française que nous avons maintenue depuis des mois. Votre crédit immobilier va vous coûter plus cher. Et là aussi, je m'adresse aux artisans, aux patrons, aux commerçants, aux grands chefs d'entreprise. Vous voulez investir ?
Des taux d'intérêt pour lever de l'argent et pour investir vont coûter plus cher. Vous investirez moins, vous créerez moins de prospérité et vous créerez moins d'emplois. C'est pour ça que je dis avec beaucoup de gravité, parce qu'après il sera trop tard pour que chacun le comprenne. Le programme du Rassemblement national, c'est l'appauvrissement de tous les Français, sans exception. Les plus riches comme les plus modestes.
Bruno Le Maire, Emmanuel Macron, on l'a entendu tout à l'heure, a dit assumer la réforme sur l'assurance chômage présentée il y a quelques jours par Gabriel Attal, mais il a dit aussi souhaiter en construire les modalités après les législatives. Est-ce que cela voulait dire qu'on pourrait assouplir ces modalités ? Oui, je pense que le président de la République a été clair.
Moi je suis tout aussi clair, je suis attaché à cette réforme de l'assurance chômage. Je considère que c'est en accompagnant mieux les chômeurs, dès qu'ils se retrouvent au chômage, et en réduisant la durée d'indemnisation, qu'on peut espérer atteindre pour la première fois depuis 50 ans le plein emploi. Mais l'intérêt c'est justement de s'ouvrir et de dire, voilà, vous trouvez que cette réforme est trop dure, va trop loin. C'est ma position, mais ce qui est intéressant c'est de rassembler, de rassembler des électeurs de gauche, de centre-gauche, des électeurs de Raphaël Guzman qui sont cocus depuis 48 heures.
Ils avaient voté pour quelqu'un qui leur avait dit, je défends la social-démocratie, et les voilà qui sont dans les filets d'un parti extrémiste, antisémite, dont certains membres, l'NPA par exemple, ont fait l'objet de poursuites pour antisémisme et apologie du terrorisme. Mais ils ne doivent pas dormir la nuit. Raphaël Guzman a fait une belle campagne, ils font discuter avec eux. Du côté des Républicains, ce sera intéressant aussi de voir si certains électeurs, certains élus qui sont dégoûtés de voir cette tragique obédie qui se place dans cet ancien grand parti gaulliste auquel j'ai appartenu, ne se disent pas, mais venons discuter effectivement de la réforme de l'assurance chômage.
Si on est complètement fermé, on ne peut pas s'ouvrir aux autres.
Et sur la réforme des retraites, Jordan Bardella a été interrogé hier soir au 20h de France 2.
Il est aujourd'hui inconcevable que des gens qui font des métiers difficiles, qui font des métiers de force, qui ont commencé à travailler très tôt, soient contraints de travailler beaucoup plus tard.
Donc vous la supprimerez ou vous ne la supprimerez pas ?
Alors, nous reviendrons évidemment sur la réforme Macron qui est une réforme sur le plan économique catastrophique. Enfin, qui fait faire des économies malgré tout. Non, elle ne fait pas des économies, et je vais vous dire...
La vôtre, elle est budgétée à 22 milliards.
Non, non, pas du tout. La première décision que je prendrais, ça n'a jamais été fait, c'est de réaliser un audit financier sur les comptes de l'État.
C'est stupéfiant comme il dit n'importe quoi.
Oui.
Avec beaucoup d'assurance. Enfin, ça n'a jamais été fait, c'est nouveau un audit sur les finances de l'État. Enfin, très franchement, c'est le coup classique de toute nouvelle majorité qui arrive, qui ne veut pas assumer ses dépenses, et qui dit « Ah ben c'est les autres, avant ils avaient trop dépensé, donc on ne peut pas faire notre programme ». Enfin, ce coup-là, il est fait depuis que la République existe, ce n'est pas très nouveau. Je le dis à M. Bardella, il est très jeune, donc peut-être qu'il n'a pas dans son histoire politique vu à quel point ça avait été utilisé. Ça avait été utilisé par M. Balladur, ça avait été utilisé par M.
Juppé, c'était utilisé à chaque fois pour ne pas prendre ses responsabilités. Deuxième chose, la réforme des retraites, ça ne répond pas d'économie. Si, désolé, ce n'est pas la raison principale pour laquelle on l'a faite, mais le fait qu'on travaille plus longtemps, ça génère plus de travail, et ça fait des économies des finances publiques qui sont absolument considérables. Et je veux le dire là aussi, avec beaucoup de clarté, beaucoup de simplicité, ne vous laissez pas tromper. Enfin, ouvrez les yeux, je m'exprime devant tous les Français, ouvrez les yeux sur les mensonges et les illusions du Rassemblement National. – Et enfin, troisième chose, est-ce qu'on peut faire confiance ?
Un chef de parti qui vous dit un jour, il y a six mois, la réforme des retraites, elle est scandaleuse, elle est injuste, je la combattrai, la main sur le cœur, j'arrive au pouvoir, je la retire tout de suite. Six mois après, finalement, je ne sais pas très bien ce que je vais faire. De la même façon que Marine Le Pen nous avait dit l'euro, c'est mort, il faut un panier de monnaie. Quatre ans plus tard, elle est pour l'euro. Qui vous a dit je suis pour l'hydroxychloroquine pour soigner les Français pendant la crise du Covid. Ah ben non, finalement, j'ai réfléchi, c'est plutôt le vaccin. On ne peut pas faire confiance à un parti qui change de position au gré de l'air du temps.
Parce qu'il n'en a aucune, sauf prendre le pouvoir, appauvrir les Français et diviser notre société.
Bruno Le Maire