Déclaration du Président Emmanuel Macron à l'issue du Salon de l'agriculture.
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00Emmanuel MacronFait
« On a eu la réunion de travail qui était prévue avec nos pêcheurs. Qui aurait dit, ce matin, que 12 heures plus tard on se retrouverait ici à continuer de travailler et d'avancer ? »
- 7:00Emmanuel MacronFait
« Il y a des gens qui n'avaient pas envie d'écouter, qui avaient juste envie, pour certains, de casser ou de siffler. Cela, il ne faut pas que ça empêche les autres de faire parce que ça n'a jamais réglé un problème. »
- 9:00Emmanuel MacronFait
« Il y a des vrais sujets qui ne vont pas. Il y a des complexités. Ils ont raison de dire qu'il y a des choses pour lesquelles on marche totalement sur la tête. »
- 11:00Emmanuel MacronPromesse
« On l'a déjà fait avec EGalim 1, 2 et 3, mais on doit aller plus loin. »
- 13:00Emmanuel MacronFait
« Il faut mieux accompagner, il faut simplifier mais il ne faut pas tout lâcher. »
- 15:00Emmanuel MacronFait
« La ferme française ne marche pas s'il n'y a pas l'Europe. Elle ne marche pas, s'il n'y a pas la PAC et elle ne marche pas si on ne continue pas nous-mêmes à importer des choses de l'Europe dont on a parfois besoin pour nourrir nos bêtes ou autres. »
- 17:00Emmanuel MacronFait
« Ce qu'on est collectivement en train de bâtir, c'est un nouveau pacte de la nation avec ses agriculteurs, comme on l'a fait dans les années 60. »
- 19:00Emmanuel MacronFait
« Il faut un sursaut européen en matière agricole, parce que cette PAC qu'on a pensée avant beaucoup de ces crises, elle n'est plus adaptée. »
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[INAUDIBLE] avec l'inauguration. D'abord, on n'a pas fini, on va encore aller chez les Brasseurs. On a quelques rendez-vous.
Là, on a eu la réunion de travail qui était prévue avec nos pêcheurs. Qui aurait dit, ce matin, que 12 heures plus tard on se retrouverait ici à continuer de travailler et d'avancer ? On fait les choses, on avance et on travaille.
On voit les filières, on voit les agriculteurs et les familles qui sont là pour le salon. Donc on fait, on avance et c'est ce que méritent les agriculteurs français et la ferme française. Je veux ici d'abord remercier celles et ceux qui m'ont accueilli et remercier les organisateurs du salon et tous les exposants, parce que c'est extrêmement important et, je l'ai dit, c'est le fruit de plusieurs mois et parfois plusieurs années de travail pour nos exploitants qui sont là.
C'est une édition importante, un anniversaire important pour notre salon, et je remercie son président, une fois encore, d'être là au rendez-vous. Cela fait 16 ans, maintenant. Il est là ?
Il est où, le président ? Il est là-bas, au téléphone. C'est sa 16ème année, je crois qu'il arrête cette année.
Voilà, il va passer le relais. Mais c'est un rendez-vous important, et je souhaite que les familles françaises puissent se rendre ici tout au long de la semaine pour venir découvrir l'agriculture de manière apaisée. Après, ce matin il y avait de la colère, de l'impatience et des demandes.
Moi, j'ai été, comme à chaque fois d'ailleurs, au contact et à disposition, pas simplement pour échanger mais pour écouter, expliquer ce qu'on avait déjà fait, lancer des nouvelles actions, donner des rendez-vous et agir. Après, il y a des gens qui n'avaient pas envie d'écouter, qui avaient juste envie, pour certains, de casser ou de siffler. Cela, il ne faut pas que ça empêche les autres de faire parce que ça n'a jamais réglé un problème.
Monsieur le Président, vous avez dit qu'il y avait des gens ici qui étaient venus avec le projet politique de servir le RN. Vous parlez de qui ? Qui sont ces gens ?
Vous les avez vus comme moi. Bien sûr, il y en a dans ce syndicat. Il y en a aussi dans d'autres, mais c'est le principal qui avait très clairement assumé cela, qui est connu pour cela, qui a des élus qui sont engagés sur des listes et qui, très clairement d'ailleurs, malgré les discussions et les échanges, a dit "On y va !".
C'est tout. On a le droit de ne pas être dupes. Moi, je suis pour l'échange honnête et républicain.
Je suis pour répondre à des problématiques et je pense que nos agriculteurs ont besoin qu'on travaille. Il y a des vrais sujets qui ne vont pas. Il y a des complexités.
Ils ont raison de dire qu'il y a des choses pour lesquelles on marche totalement sur la tête. C'est tout à fait légitime de dire qu'il faut mieux défendre le revenu. On l'a déjà fait avec EGalim 1, 2 et 3, mais on doit aller plus loin.
C'est ce que j'ai proposé. C'est vrai qu'on doit avoir une Europe qui assume de produire et de protéger davantage. Mais je refuse d'avoir une politisation de ces débats et de profiter de la détresse ou de la colère pour essayer de revenir par la fenêtre et de porter un projet d'appauvrissement du pays.
Parce que que leur disent-ils ? Ils leur disent "Allez, on va se débarrasser des normes, ça va bien se passer, vous allez voir. Tout ce qu'on vous raconte sur l'environnement, on laisse tomber." C'est de la folie, de faire ça.
C'est de la folie pour aujourd'hui, pour la santé des agriculteurs eux-mêmes, pour la santé de nos compatriotes et même pour notre compétitivité, parce que c'est une transition qui se fait dans toutes nos économies. Il faut le faire de manière responsable. Il faut mieux accompagner, il faut simplifier mais il ne faut pas tout lâcher.
Puis les mêmes leur disent : "Vous savez, on va arrêter avec l'Europe, c'est trop compliqué. On va vous protéger dans une démagogie complète. On va fermer les frontières quand ça ne vous arrange pas." Mais ils oublient de leur dire que par ailleurs, la ferme française ne marche pas s'il n'y a pas l'Europe.
Elle ne marche pas, s'il n'y a pas la PAC et elle ne marche pas si on ne continue pas nous-mêmes à importer des choses de l'Europe dont on a parfois besoin pour nourrir nos bêtes ou autres, et exporter nous-mêmes des productions qui sont les nôtres dans le reste de l'Europe. Comme j'avais eu l'occasion de le dire dans les deux débats présidentiels qui m'ont opposé au deuxième tour au Rassemblement national, je veux bien un projet qui explique aux gens qu'on va fermer les frontières et que les autres vont continuer à les ouvrir pour nous, mais ça n'existe pas. C'est un message pour Jordan Bardella qui vient demain ?
C'est un message pour tout le monde. On ne peut pas raconter des craques aux agriculteurs. Il faut arrêter.
Donc il y a des choses qui ne vont pas assez vite, c'est tout à fait vrai. Il y a des choses qui ne marchent pas bien. Il y a des choses qui m'exaspèrent, moi aussi.
C'est-à-dire que, quand on prend des engagements, ça ne bouge pas assez sur le terrain, mais on a un travail et une transition. Ce qu'on est collectivement en train de bâtir, c'est un nouveau pacte de la nation avec ses agriculteurs, comme on l'a fait dans les années 60 où il y a eu un pacte de la nation avec les agriculteurs pour nourrir, et il a été tenu. La ferme française a été au rendez-vous, mais elle l'a été sur un modèle productif qu'on doit changer.
C'est un modèle productif dans lequel on a mis beaucoup de rendement, de la chimie, etc. Il ne faut stigmatiser personne parce que c'est un modèle qui a été pensé et conçu comme ça. Mais les agriculteurs ont fait le boulot.
Aujourd'hui, c'est un nouveau pacte qu'on fait, qui doit défendre le revenu et la souveraineté alimentaire, et qui repose sur ces trois valeurs, ces trois objectifs que j'ai définis : nourrir, donc on doit assumer de produire, et notre souveraineté alimentaire et agricole. Deuxièmement, protéger, c'est-à-dire qu'on doit assumer la protection de nos sols, de notre biodiversité et de la variété de nos espèces. C'est aussi la protection de nos agriculteurs et de tous nos compatriotes.
Et renouveler, parce qu'un des grands défis, c'est aussi d'attirer des jeunes et de les installer. Pour faire ça, il faut du revenu. Il faut encore améliorer les relations commerciales, il faut de la simplification, il faut de la concurrence loyale, et il faut une Europe qui marche mieux et plus fort.
Monsieur le Président, il y a un certain nombre de sujets qui sont européens. Aujourd'hui, votre camp n'a pas de tête de liste pour les élections en juin prochain. Ne vous inquiétez pas, ça va venir.
Qui sera la tête de liste ? Est-ce que cela veut dire, s'il n'y en a pas aujourd'hui, que ce sera vous qui ferez campagne ? Est-ce qu'il y a un désavantage par rapport au RN qui a déjà son candidat ?
Non, parce que moi, je vous le dis, je pense et je suis convaincu que le Salon de l'agriculture n'est pas le lieu d'une campagne. Il y en a qui ont commencé leur campagne avec des sifflets ou autres, mais ce n'est pas à la hauteur du débat. Vous avez fait des campagnes présidentielles au Salon de l'agriculture.
Des campagnes présidentielles. Mais là, la campagne européenne dans une crise...
J'ai fait des campagnes présidentielles dans des moments, comme tous les candidats à la présidentielle, où l'agriculture n'était pas dans cette situation-là. Vous savez quel sera votre candidat ? Vous avez le nom, vous ? - Oui, parfaitement. - Un indice ?
Non. Ça commence par quel mot ? Ça finit par "beaune" ?
Ça n'est pas le lieu pour faire campagne, mais c'est vous-même qui avez mis le sujet du Rassemblement national sur la table en faisant en quelque sorte l'amalgame entre la coordination rurale et le RN. Mais parce que c'est une réalité, je n'ai pas fait d'amalgame. Alors, expliquez-nous.
Je ne mets pas tout le monde dans le même sac parce qu'il y a des gens avec lesquels j'ai débattu ce matin, de différentes coordinations, des départements qui voulaient débattre et qui parlaient de leurs problèmes. Après, je ne suis dupe de rien. J'ai vu aussi des gens, je les reconnais, je connais les slogans qu'ils ont et je sais très bien de qui il s'agit.
Le principal slogan était "Macron démission", il est assez partagé, on ne peut pas dire que ce soit le RN. Oui enfin, s'il était si partagé que ça, vous m'excuserez mais je n'aurais pas été élu en 2017, ni réélu en 2022, en attendant. Donc on va remettre l'église au milieu du village.
Est-ce que vous-même, vous n'ouvrez pas la course aux Européennes, en tenant ce discours ? Non, ce que je dis simplement, c'est que, ce que je vois ici, les projets, les tracts qu'on a vus aussi et les appels à la mobilisation, je sais d'où ils viennent. Donc je dis simplement que le temps des élections européennes va venir, c'est le 9 juin.
Ce sera un homme ou une femme ? Il y aura une tête de liste qui sera désignée pour le bloc central et ensemble, et qui sera officialisée dans les prochains jours. C'est dans 4 mois, quand même.
Qu'est-ce que vous dites aux agriculteurs pour le reste de ce salon : "Faites la fête sans penser à vos problèmes, tout est réglé ?" Pas du tout. Mais attendez, vous m'avez entendu ce matin pendant 2 heures et demie.
Premièrement, je dis qu'il faut respecter le Salon. Il faut permettre aux gens de venir en toute quiétude, tranquillement avec leur famille, pour pouvoir en profiter et que les exposants qui sont là puissent valoriser leurs produits. Ils font un investissement en venant.
C'est le fruit de leur travail en amont, mais ils font aussi parfois une dépense pour venir sur les stands, donc il faut que ça se passe bien. Deuxièmement, on est au boulot. Moi, je l'ai dit, dès lundi, on a la réunion d'urgence sur la trésorerie.
On continue le travail. Il y a les 62 mesures du gouvernement et j'ai lancé de nouveaux chantiers. Moi, je leur ai donné rendez-vous dans 3 semaines à l'Élysée, donc on ne sera pas au même point à ce moment-là.
C'est un travail d'arrache-pied qui va se faire avec les syndicats et les professions. Ce que j'ai aussi demandé aux syndicats, c'est maintenant, dans les prochains jours, de clarifier le cadre de référence. Parce que vous voyez bien dans le dialogue qu'on a eu ce matin avec les exploitants, quand vous avez des centaines de demandes, le gouvernement a fait une réponse en 62 points que beaucoup de gens ne suivent pas forcément.
Donc on finit par ne plus savoir quelles sont les revendications et donc ne plus savoir exactement ce qui fait qu'on arrête une crise. Elle a commencé avec le GNR, et le gouvernement y a répondu. Il y a eu beaucoup d'éléments de simplification et il y a eu 62 réponses.
Donc maintenant, le rôle des syndicats est de nous dire quelles sont les 4 ou 5 attentes clés pour qu'on puisse y apporter une réponse structurée. Vous semblez cibler la coordination rurale qui effectivement… - Mais moi je n'aime pas… - Je finis juste ma question. Non mais je vais vous dire pourquoi, je ne cible personne.
Je dis juste que j'ai tenu ce matin, ce qui ne s'est jamais fait par un président de la République, une réunion avec tous les syndicats avant l'ouverture du salon. Ce n'est pas la tradition. Vous n'aviez pas trop le choix parce que votre grand débat n'a pas pu avoir lieu.
Non, mais ce n'était pas le mien, c'était celui qui était demandé. Pardon, moi j'essaie de faire ce qui est utile. Pour la première fois, il y a une réunion intersyndicale.
Je réunis les gens. Je leur demande quels sont leurs points. Je leur dis ce que je vais dire.
Ensuite, on se met d'accord ensemble. On dit qu'on calme les choses et on en fait venir une vingtaine et après, j'ai des responsables nationaux qui descendent et qui disent "On n'a rien entendu, vous pouvez continuer". Donc je dis que ça s'appelle ne pas tenir des accords.
Je n'aime pas ça. Quand on me prend pour un imbécile, je n'aime pas ça, c'est tout. Monsieur le Président, qui vous a pris pour un imbécile, la FNSEA aussi ?
Non, mais en tout cas résolument, les messages qui ont été donnés après les échanges qu'on a eus n'étaient pas ceux qui m'avaient été tenus en tête à tête, c'est tout. Une précision, parce qu'il y a des agriculteurs qui n'ont pas compris la mesure sur le prix plancher que vous avez annoncée. Le prix plancher européen, le prix plancher national, est-ce que vous pouvez nous expliquer un peu ?
D'abord, qu'est-ce qu'on a fait ces dernières années avec EGalim, on a construit des indicateurs de référence, c'est-à-dire qu'on a demandé quels étaient nos coûts de production pour construire un indicateur par filière. Simplement, premièrement il y a des filières qui n'ont pas suivi ces indicateurs et deuxièmement, cet indicateur les contractualise sur cette base, mais ce n'est pas obligatoire et ce n'est pas forcément un plancher. C'est-à-dire que vous pouvez avoir d'autres volumes qui sont en dessous de cet indicateur.
Aujourd'hui, il est clair que, sur la base des indicateurs qui sont faits et qui ont été définis par ce qu'on appelle EGalim 2, on doit pouvoir construire une forme de prix minimum. C'est ce qui permettra de protéger. C'est ce qui fait qu'on définit, dans une filière, quel est en gros le coût de production d'un produit et qu'on dit que ce n'est pas possible qu'il soit vendu en dessous de ce coût de production. - À l'échelle européenne ?
Cela, c'est à l'échelle française. On va déjà le faire, et on peut le faire. Donc ça, c'est ce que nous allons faire.
Ce qu'on a poussé, c'est qu'on puisse le faire à l'échelle européenne. Donc, à l'échelle européenne, on va essayer de se battre pour avoir une espèce de prix plancher filière par filière. Mais surtout, ce que j'ai dit à l'échelle européenne, c'est qu'on veut un EGalim européen pour attraper les centrales d'achat.
Tout cela est un un peu technique, mais nos agriculteurs le connaissent très bien parce qu'ils le vivent. C'est qu'aujourd'hui, quand il y a des négociations commerciales comme celles qui se sont finies il y a quelques semaines, on a une situation où, pour contourner la loi française, vous avez des groupes qui n'achètent pas avec leurs bras français, mais vont utiliser une centrale d'achat qu'ils vont mettre à Amsterdam ou dans d'autres pays et qui vont permettre de contourner la loi française et le respect de ses 10 indicateurs. D'où les contrôles actuels lancés par… D'où les contrôles qu'on fait, mais d'où aussi le fait qu'on ait besoin de mesures qui soient cohérentes au niveau européenne.
Parce que, vous le voyez bien, on a besoin de l'attraper par l'Europe. Là, la Commission européenne nous suit. Ça fait partie du dialogue stratégique qu'on a amorcé.
Donc il y a tout un pan européen, c'est ce que vous avez dit. Là-dessus, c'est tout à fait vrai que ce sont aussi des sujets européens. Pour ça, il vous faut un candidat, que vous avez d'ailleurs déjà en tête.
Voilà, donc ça va venir en temps et en heure. Mais donc l'Europe est au cœur de ce salon, de toute façon. Parce qu'on a besoin d'avoir une réponse européenne pour les coûts de centrales d'achat, pour essayer d'avoir un prix minimum européen, pour avoir une concurrence loyale, pour avoir des contrôles européens et surtout pour revoir la stratégie qui aujourd'hui doit assumer de mieux produire, de produire davantage en Europe.
Donc ça, c'est ce qu'on va porter. Je veux insister sur un point qu'il faut que nos compatriotes aient en tête : la crise agricole est européenne, elle n'est pas que française. Les mouvements durent d'ailleurs depuis beaucoup plus longtemps en Allemagne et dans d'autres pays et sont beaucoup plus violents dans de nombreux pays européens.
Donc la France n'est pas du tout isolée en la matière. La France est simplement le pays où on a remis le plus d'engagement au niveau national. Moi, je veux être au contact parce que c'est notre tradition, c'est notre art de vivre à la française et ce sont aussi nos paysages.
Donc moi, je considère que s'engager pour l'agriculture, c'est une nécessité, mais c'est une crise européenne. Vous souhaitez être au contact mais aujourd'hui, c'est inédit, on a l'impression qu'on a vu plus de CRS que de vaches. Il y avait beaucoup de CRS, je le déplore.
Mais pourquoi ? Parce qu'il y avait aussi beaucoup de gens qui étaient un peu excités. Après, vous avez vu cet après-midi, moi j'ai vu plus de Français et de Françaises qui étaient là, exploitants, familles et autres.
Si vous m'avez suivi cet après-midi et en toute honnêteté, là on a vu des Françaises et des Français comme on le voit à chaque salon. Parce que vous avez changé de hall, aussi. Bien sûr, pour une raison simple, parce que je ne voulais pas continuer d'empêcher de fonctionner le hall.
Il y a des gens aussi qui ont payé un salon, qui doivent pouvoir vivre, donc c'est aussi par respect. Je me suis adapté et j'ai vu les filières ici pour permettre que des gens qui ont payé leurs stands, qui ont attendu ce matin et n'ont pas pu fonctionner, puissent le faire cet après-midi. On essaie d'être intelligents collectivement, mais on ne doit jamais céder aux énervements.
Vous savez, aujourd'hui il a dû y avoir 40 à 50 000 entrées. Il y avait 300 ou 400 personnes qui étaient des gens énervés. Non, ce sont les chiffres qui viennent de m'être donnés.
Vous pourrez voir avec la préfecture de police comme avec les organisateurs. - 500 ? Franchement, on n'a jamais vu d'images aussi violentes au salon de l'agriculture.
Plusieurs grosses centaines. Eh bien ne les félicitez pas de ça. C'est dramatique et c'est ridicule de la part d'agriculteurs d'avoir fait de la violence sur un salon qui est le leur.
Mais, mettons que vous en aviez 500. Si vous en avez 500 alors que vous avez eu 50 000 visiteurs, on ne peut pas dire que c'est la majorité. Donc il ne faut pas que ces 500, si vous voulez, empêchent les autres de fonctionner et les familles de circuler.
C'est aussi pour ça qu'on va s'organiser. Une dernière question, en termes national simplement. Cela fait deux ans que l'invasion de l'Ukraine par la Russie a commencé.
Aujourd'hui, quand vous regardez la situation, est-ce que la Russie est en train de prendre l'ascendant ? Puis on a appris que le corps d'Alexeï Navalny avait été restitué à la famille. Qu'attendez-vous désormais pour la suite ?
Je ne vais pas faire de commentaires internationaux parce que lundi, donc dans deux jours, je réunis à Paris plusieurs dizaines de dirigeants européens et internationaux pour renforcer l'aide à l'Ukraine, mais surtout avoir une discussion stratégique sur la nature et les caractéristiques de notre aide à l'Ukraine. Je suis convaincu, je l'ai dit quand j'ai reçu le président Zelensky, que nous sommes à un moment critique et qu'on doit aujourd'hui renforcer notre posture, donner de la visibilité et nous réengager encore davantage. Il faut voir aussi comment crédibiliser le fait que la Russie ne peut pas gagner en Ukraine, mais que maintenant elle a décidé de nous attaquer nous-mêmes.
Donc on doit accepter aussi de mener des actions nouvelles, c'est de ça dont on va parler lundi. C'est sûr que les Russes ne sont pas en train de gagner en Ukraine ? Aujourd'hui résolument, non.
Il y a deux ans, jour pour jour, j'étais dans le salon aux côtés de nos agriculteurs. Vous êtes parti très tôt. Évidemment, j'avais passé la nuit au téléphone.
On a agi toute la journée. Mais, il y a deux ans jour pour jour, le président russe disait : "Je mène une opération spéciale. Dans trois semaines, c'est fini." Ce n'est pas le cas.
Il y a deux ans, il n'imaginait pas que la Suède et la Finlande allaient rejoindre l'OTAN. Ce sera ratifié lundi pour la Suède, et c'est déjà fait pour la Finlande. Militairement, Poutine est en train de gagner.
Les pertes sont à peu près similaires d'un côté et de l'autre et il n'a pas avancé, ce n'est pas vrai. Les positions sont en train de se figer. Simplement stratégiquement, on voit bien qu'avec le temps, l'Ukraine ayant des ressources limitées, nous on doit renforcer les munitions, les ressources militaires et ce qu'on envoie, mais on doit aussi réfléchir à comment on gère cet effort dans le temps et comment on s'assure que la Russie ne gagnera pas.
Mais ce que je veux nous faire toucher du doigt parce que tout se tient, c'est que la situation agricole que nous vivons, pourquoi on a cette crise en Europe ? Parce que nos agriculteurs vivent une multicrise, et on doit y répondre. On parle aussi du poulet ukrainien.
Quelle est la multicrise qu'ils vivent ? Premièrement, des changements de comportement. Deuxièmement, la transition écologique, une crise en profondeur qui est ce nouveau pacte qu'on doit faire.
Troisièmement, ils ont pris le Covid. On les a défendus, etc., mais on les a beaucoup sollicités.
Quatrièmement ensuite, l'inflation. Deux années d'inflation qui ont tout déréglé dans les prix, et une guerre en Ukraine, qui a fait quoi ? Qu'on a ouvert le marché ukrainien pour aider, ce qui a totalement déstabilisé le poulet, l'œuf, le sucre et les céréales.
Avec en ce moment aussi, on le voit bien, des déstabilisations qui viennent du côté russe, avec des volumes qui sont lâchés en masse et qui viennent faire baisser les prix. Donc, ce que j'ai porté il y a plusieurs semaines en Europe et que je dis là aux agriculteurs, c'est aussi qu'il faut un sursaut européen en matière agricole, parce que cette PAC qu'on a pensée avant beaucoup de ces crises, elle n'est plus adaptée. Quand la PAC a été pensée et conçue, on avait juste eu le Covid, mais on n'avait pas eu ces années d'inflation, on n'avait pas eu la guerre, on n'avait pas eu tout ça.
Donc on doit totalement repenser notre modèle si on veut réussir cette transition. C'est pour ça qu'on a besoin d'une PAC et d'un engagement européen qui dit qu'on produit plus, qu'on protège mieux et qu'on met plus de financements sur la transition. Cela, on doit le faire vite parce que nos agriculteurs ont besoin d'une réponse nationale, ce qu'on fait là, mais il faut une manière profonde, une réponse européenne plus adaptée.
Vous allez boire un whisky aux 3 Brasseurs ou pas ? Je vais prendre une bière aux 3 Brasseurs. Merci beaucoup.
Vous êtes les bienvenus, d'ailleurs. - Avec plaisir. - Venez boire une bière !
Merci beaucoup. Merci, Monsieur le Président. On va boire un coup chez les Brasseurs, venez.
Ça va, jeune homme ? - N'oubliez pas les planchers. - Vous m'avez entendu ?
Je vous ai entendu, mais ce n'est jamais assez. Première priorité, avant l'école, avant tout. Alors, non… École, santé, emploi et écologie.
Emmanuel Macron