Cancers des jeunes, un tsunami à venir ?
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« La consommation de certains additifs alimentaires est associée à un risque accru de cancer. »
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[musique] Je m'appelle Soline, j'ai 28 ans et j'ai eu un cancer du sein quand j'avais 23 ans, donc en 2021. La première étape, ça a été l'opération. C'était une tumorectomie.
Donc ça veut dire qu'on m'a retiré uniquement la partie malade [musique] du sein. Je prends un médicament en même temps que mon petit déjeuner. C'est de l'hormonothérapie pour limiter les risques [musique] de de récid.
Bonjour. Au quotidien, ça a quand même pas mal d'effets secondaires. Donc on apprend à vivre avec certains, d'autres ben les subit plus qu'on les plus qu'on vit avec.
Mais euh mais effectivement, il y a pas mal d'effets secondaires qui touchent à enfin ça va être des bouffé de chaleur, ça va être des crampes, ça va être une peau très sèche, prise de poids. Merci beaucoup. Merci beaucoup.
Bonne journée. C'est un traitement qui est prescrit entre 5 et 10 ans. J'en suis à 4 ans, donc normalement il me reste qu'un an.
Et oui, j'ai très très très hâte que ce soit terminé. J'ai prévu de faire une grosse fête quand tout ça se termine. [rires] Longtemps considéré comme une maladie de l'âge mû, le cancer touche désormais des patients de plus en plus jeunes.
Ça devient réflexe. Après, c'est vrai que parfois je me dis tiens, est-ce que je l'ai pris ? Est-ce que je l'ai pas pris ?
Ça m'arrive des fois de plus trop savoir. Et puis j'ai pas encore passé le cap d'acheter un [musique] pilulier. Je me dis non, je suis trop jeune.
J'ai découvert mon cancer vraiment de totalement par hasard. Euh je venais de finir mes études. J'étais de retour chez mes parents en Bretagne et puis comme je cherchais mon premier emploi, je passais beaucoup de temps sur Instagram et un jour je suis tombée sur un tuto qui expliquait comment se palper la poitrine et puis bon je me suis dit c'est un truc de grand-mère pourquoi je vois ça ?
Ça me concerne pas. Et puis euh je me suis vraiment sentie ridicule en faisant les gestes bah jusqu'au moment où j'ai senti une boule bien dure dans mon sein. Donc là panique à bord, j'ai été voir ma maman qui m'a dit "Ah oui, moi j'ai pas ça" et cetera.
Donc, j'ai pris rendez-vous chez mon médecin traitant 3 jours plus tard et euh et donc lui m'a prescrit une une échographie en me disant "De toute façon, vous êtes jeune, une mamo à votre âge, on verra rien." Et puis donc lors du rendez-vous, donc on fait la l'échographie puis on me dit "Vous allez faire une mammographie". Donc déjà, je me suis dit tiens bah le médecin, il m'a dit qu'on verrait rien.
Étrange. Puis finalement, donc de jours plus tard, la biopsie a eu lieu. La biopsie, je savais même pas que c'était dans que c'était un examen qui servait à valider ou non un cancer.
Et là, le médecin traitant m'a expliqué donc enfin m'a expliqué avec des termes médicaux que je n'ai pas compris, que j'avais un carcinome canalaire infiltrant de gradien. Enfin que des termes qui m'étaient inconnus, donc je les ai pas vraiment retenu sur le moment. Et puis finalement au moment de partir, je le je lui demande bah quelle va être la suite après l'opération.
Est-ce qu'il y aura autre chose ? Est-ce que c'est terminé ? Et puis là, il m'a dit "Ah ben non, non, après il y aura sûrement de la radiothérapie, sûrement de l'hormonothérapie et peut-être de la chimiothérapie." Et en fait, c'est le mot chimiothérapie qui m'a fait comprendre que j'avais un cancer mais sinon personne me l'avait dit.
Sportive, non fumeuse et sans antécédents familiaux, rien ne prédestinait Soline à être atteinte d'un cancer. Quand on a 23 ans, on a un peu l'impression que notre vie démarre et en fait elle s'arrête déjà alors que enfin on est confronté à la mort quand même. Donc ouais, ça fait se poser beaucoup de questions et on le vis certainement pas de la même façon quand on a 20 ans que quand on en a 75.
Je me suis vraiment interrogée sur le est-ce que c'est des choses que j'ai pu respirer ? Est-ce que c'est des choses que j'ai pu manger ? Est-ce que c'est un cocktail de plein de choses ?
Est-ce que est-ce que c'est parce que il y a telle usine proche de là où j'ai grandi et du coup ça a pu avoir un impact ? Oui, après enfin je pense que je vais me faire 50000 scénarios mais pour l'instant j'aurai jamais la réponse. Première cause [musique] de mortalité en France, le nombre de nouveaux cas de cancer d'apparition précoce abondit de près de 80 % en 30 ans.
Certains médecins évoquent même un tsunami à venir chez les patients de moins de 50 ans. Pour mieux comprendre si cette augmentation est de diagnostics plus précoces ou s'il y a une épidémie réelle, la sénatrice Sonia de la Provoté a rédigé une proposition de loi pour créer un registre national des cancers. Cette proposition de loi est l'aboutissement de plusieurs années d'engagement et d'échange pour confirmer l'utilité d'un tel registre.
Adopté à l'unanimité, ce registre national des cancers va désormais recenser tous les cas qui surviennent en France de façon exhaustive. Il y a des registres locaux hein qui existent donc comme dans le département du Calvados où on un registre des cancers digestifs et un registre des cancers généralistes. Et donc ça couvre à peu près entre 20 et 24 % de la population française.
Tout le reste n'est que de l'extrapolation avec des données numériques qu'on arrive à recueillir par-ci parl qui sont partiel partiales, parcellaire. C'est quand même dommage de pas tout avoir alors qu'on pourrait peut-être avec un registre en tout cas avoir ses certitudes. Jusqu'à présent, une trentaine de registres locaux existaient mais ils étaient incomplets et ne couvraient qu'un quart de la population française.
En fournissant une base de données fiable, la création d'un registre national [musique] permettra d'améliorer la connaissance sur le cancer, son dépistage et sa prise en charge. Soutenu par les collectifs de patients, la sénatrice reçoit Solen, membre de l'association Générose, qui lutte contre les cancers du sein précoce. Pour ces patientes, la création du registre national des cancers est essentielle.
C'est hyper précieux parce que ça aura des des conséquences énormes. Euh bah à chaque fois, on a mis un petit on reviendra pas en arrière quoi. Voilà, c'est ça.
Ouais, c'est ça. C'est vraiment hyper important. C'est essentiel, on en a besoin.
Nous au départ, on se questionnait depuis très longtemps sur les chiffres, sur cette augmentation chez les jeunes qu'on observait quand même quotidiennement. Ouais. Bah oui.
Oui. Euh la santé environnementale, l'exposition au perturbateurs endocrinien. Ça ça tous ces sujets là face au registre aussi.
Voilà. Face à l'inquiétude des associations de patients, la sénatrice espère que le registre pourra faire émerger des explications sur la hausse de certains cancers pour des cancers rares, des cancers émergents comme par exemple les cancers du pancréas, on a l'émergence aussi de certains cancers du cerveau. On se pose des questions sur certains sur certaines hémopathies.
Enfin, tous ces sujets-là, on voit bien ont besoin d'être adossé à la vérité des chiffres. On a des territoires ruraux, on parle de l'exposition pesticides qui sont pas du tout couverts. Donc on sait pas, on sait pas, on imagine, on se dit oui euh effectivement, on voit qu'il y a pas mal de cancer traités, mais on n pas la vérité.
Euh et puis on a des territoires urbains où il y a les expositions environnementales, euh on le sait hein, les pollutions et cetera, où il y a des pratiques de sétentarité, enfin voilà qui l'urbain est lié à ça et pour le coup et ben on peut pas non plus les regarder parce qu'on n pas la vérité des chiffres également. Devant l'explosion des cancers digestifs chez les jeunes, les médecins s'interrogent. [musique] À Bayon, au centre hospitalier de la côte Basque, le docteur Mathias Brugel voit depuis quelques années une hausse du nombre de ses patients [musique] atteints du cancer, du pancréas.
On dénombre environ 16000 nouveaux cas de cancer par an en France, de cancer du pancréas. Donc on a noté ces dernières années une franche augmentation du nombre de cas de cancer. Entre les années 90 et les années 2020-2023, d'après le dernier rapport de santé publique France, on note un doublement du nombre de cas de cancer chez l'homme et un triplement du nombre de cas de cancer chez la femme.
Le cancer du pancréas progresse, mais les facteurs de risque avérés comme le tabac et l'alcool ne suffisent pas selon le docteur Brugel à expliquer son augmentation. Il avait une jaunice quand il est arrivé. C'est ça.
Il est arrivé avec un cter assez franc. On a fait un scanner qui découvrait qu'il y avait une lésion du pancréas. On constate des patients qui n'ont pas de facteur de risque particulier.
Alors, il y a l'hypothèse bien sûr de la malchance. On sait que le cancer, c'est une maladie de l'ADN et que lors de la réplication d'une cellule, il peut y avoir des erreurs de l'ADN qui engendrent une anomalie puis un cancer. Néanmoins, je pense que il est nécessaire d'investiguer d'autres causes que simplement la malchance et de se cacher derrière la malchance pour essayer d'expliquer ces nouveaux cas de cancer.
Donc s'intéresser à l'exposition environnementale de ces patients-là me paraître absolument indispensable. Médecin mais aussi chercheur, Mathias Brugel a mené une étude pour mieux comprendre les liens entre pesticides et cancer du pancréas. On a essayé d'apporter une nouvelle pierre à l'édifice en dosant les pesticides dans la graisse de patients atteints de cancer du pancréas.
Et en comparant cette quantité de pesticides dans la graisse avec des patients dit témoins, il y a plus de risque de développer un cancer du pancréas quand on a plus de pesticides dans la Grèce. On a du mal à comprendre pourquoi il y a certaines anomalies épidémiologiques qui s'appliquent à la France et qui ne s'appliquent pas à d'autres pays qui ont un niveau de consommation similaire ou comparable, un niveau de richesse qui est comparable et ça pour l'instant ça ça reste mal compris. Souvent détecté [musique] à un stade avancé, le cancer du pancréas est en passe de devenir la deuxième cause de mortalité [musique] par cancer en France.
Aujourd'hui en rémission, Yann [musique] a récemment repris le travail à mi-temps après 7 ans passé à faire des allers-retours à l'hôpital. Désormais sortie d'affaires, Yann participe [musique] à une étude menée par la start-up Cure 51 visant à percer [musique] le mystère des survivants du cancer. En France et ailleurs, que ça soit dans les pays de l'OCDE ou les pays émergents, le taux d'incidence du cancer il progresse et ça a longtemps été une maladie de vieux le cancer, c'est plus du tout le cas.
Donc en effet, si on prend par exemple le cancer du pancréas, si je prends l'exemple de la France, ça devient la deuxième cause de mortalité parmi les cancers derrière le cancer du poumon et ça touche des populations de plus en plus jeunes. Et et donc comprendre comment des gens qui étaient condamnés à mort à qui restaient statistiquement 6 mois à vivre ont survécu 5 ans, 10 ans, 15 ans à cette maladie, c'est un facteur d'espoir énorme pour la communauté scientifique et pour tous les patients. En charge du comité patient chez CUR 51, Gan organise la Rosaline Race, une course à pied qui doit relier la start-up à l'hôpital où il a été soigné.
Tout un symbole. L'année dernière, du coup, on s'était arrêté à tous les feux rouges. Enfin, c'était un peu gênant.
Faudra trouver un tracé peut-être plus adéquate. Euh, l'avantage, c'est que ça permet aussi pour les autres qui sont plus à la traine de pouvoir attraper le et de faire des mini pauses. Juste, je vais valider ce point là tout à l'heure avec Morgan.
Sian pense aujourd'hui à l'avenir. À l'annonce du diagnostic [musique] il y a 7 ans, les médecins lui laissent peu d'espoir quant à ses chances de survie. C'est un cancer qui avance silencieusement et donc bah c'était le cas pour moi.
Ça veut dire que j'avais très peu de symptômes. J'avais juste des remontées acides comme beaucoup de monde finalement. Et donc je suis allé voir mon médecin généraliste qui m'a prescrit des traitements contre l'acidité qui marchaient plutôt bien mais ça revenait.
Euh et donc euh le médecin avait décidé de d'investiguer un petit peu plus euh longuement et de m'envoyer ensuite chez un gastro-entérologue. Euh sauf que le cancer de du pancréas avance silencieusement et il avance vite. Euh et donc le diagnostic, il s'est fait finalement à l'hôpital euh aux urgences parce que en grossissant la tumeur du pancréas étant localisée pas très loin de l'estomac, elle m'avait bloqué la digestion et je pouvais plus m'alimenter. en pratiquant une biopsie.
C'est là qu'ils ont pu poser le diagnostic précis, cancer du pancréas métastatique, donc le stade le plus avancé et donc il s'était propagé sur le foie. Moi à ce moment-là, c'est un coup de massue. En fait, je savais que le diagnostic pouvait être grave mais je mesurais pas l'ampleur de la gravité en fait d'un cancer du pancréas.
Pour moi, le cancer c'était clairement pas une maladie queon attribue à des jeunes 35 ans au moment du diagnostic. Évidemment, je m'attends pas du tout à avoir un cancer. Je suis aussi papa de d'une petite fille de 4 ans et pour moi c'est juste enfin il y a pas d'option autre que se battre quoi.
Euh donc voilà, je me mets tout de suite en mode de guerrier où je me dis bon on va affronter ces traitements et puis benah on va voir ce qui se passe. Je savais que la chimiothérapie c'était pas forcément quelque chose de très facile à vivre, bien au contraire. Et c'est effectivement ce qui s'est passé pour moi dès la première séance.
J'étais vert fluo, j'ai vomi mes tripes et si je savais à ce moment-là que j'allais devoir en affronter plus d'une centaine, ça m'aurait peut-être un peu découragé. Après des années de traitement et deux opérations, Yann se questionne sur l'origine de son cancer. C'est une question qui raisonnait d'autant plus que moi je je pense pas avoir de facteurs de risque.
J'étais pas en situation d'obésité. Je mangeais plutôt sainement. Euh je faisais un petit peu de sport.
Euh enfin voilà, j'avais une hygiène de vie qui en tout cas je fumais pas. Euh je je bois occasionnellement, donc je cochais aucune des cases en fait he des facteurs de risque et donc peut-être qu'il faut pas passer beaucoup de temps, moi en tant que patient à essayer de comprendre d'où ça vient mais plutôt se battre sur comment je fais pour guérir. [musique] Le nombre de cancers du pancréas explose.
La France détient aussi le taux d'incidence du cancer du sein le plus élevé au monde. Avec l'association Jeun et Rose, Solen organise des ateliers pour sensibiliser aux gestes de prévention car les politiques [musique] de dépistage du cancer du sein ne visent pas les femmes jeunes. En France, on a un dépistage organisé pour les personnes qui ont plus de 50 ans.
Tous les 2 ans, elles sont invitées à aller faire une mammographie. Les personnes qui ont aussi des qui sont à risque, donc parce qu'elles sont porteuses d'une mutation ou parce qu'il y a eu beaucoup de cas dans leur famille, peuvent aussi avoir accès à un dépistage, mais toutes les personnes lambda ne sont pas concernées par ce dépistage. Et donc le le seul moyen de d'être proactif pour sa santé, c'est de connaître son corps, c'est de se palper la poitrine.
L'idée derrière ces rencontres, c'est parce que quand on est jeune avec un cancer du sein, finalement, on n pas les mêmes problématiques que n'importe qui d'autre avec un cancer du sein. On peut avoir des problématiques qui sont liées à la parentalité, à la non parentalité aussi du fait des traitements. Ça peut être aussi des problématiques de carrière, des problématiques de couple.
Enfin, il y a vraiment plein de choses qui finalement quand on se retrouve avec Muriel 75 ans qui est très très gentil mais qui ne comprend pas ce qu'on vit [rires] où on peut se sentir un peu seul. Et donc le but de Jeanérose c'est voilà, c'est de briser cette solitude. C'est pour ça qu'on organise ces rencontres.
Dernière mission de Jean Herose, ça s'appelle les ateliers Pouettepouette. C'est ce pourquoi vous êtes là aussi aujourd'hui. Donc là, c'est vraiment la prévention.
On vous explique les gestes à réaliser pour l'autoexamen à ma mère. Tu en as où là ? Rentrer là.
Tu as fait ça ? Alors si tu vas ici alors il y a deux kistes qui ben là tu vois tu avais le j'avais le doigt dessus. Tu vas sentir que ça roule un petit peu alors que celle-ci tu peux faire ce que tu veux.
Elle est accroché quoi. Et en fait euh pour t'expliquer en fait ça ça va plutôt être des kistes. Donc le contour tu vois qu'il est assez lisse.
Euh l'intérieur il est assez à queue tandis que là euh vous allez avoir des cellules cancéreuses donc avec un contour assez irrégulier. Puis après s'il y a vraiment des choses dans ta poitrine qui t'inquiètent, tu peux aussi aller voir le médecin ou le jour où tu as rendez-vous chez le gynéco, tu lui en parles. Euh lui il va te rassurer et toi le soir tu te repales la poitrine.
Exactement. Comme tu sais que tout va bien, ça te sert de base pour la suite en te disant "OK, là j'ai une boule mais le médecin m'a expliqué ce que c'était donc j'en suis pas inquiète." Et les fois suivantes, bah tu continueras de sentir cette boule là, mais tu sauras qu'elle est normale entre guillemets.
Les participantes à cet atelier de prévention se sentent démunis face aux causes probables de l'augmentation du nombre de cancers du sein. Tout ce qui est les produits transformés aujourd'hui, microbi les microglastiques, tous les en fait même la pollution, tout ce qu'il y a autour de nous, tous les perturbateurs exactement en fait. C'est énormément de choses qui peuvent causer un cancer.
Il y en a dans toute notre consommation, notre alimentation. C'est il y a pas encore suffisamment de d'études, je pense, qui qui prouve le direct lien entre ça et les cancers. Mais il y a de plus en plus de de médecins qui en parlent et c'est pas un mystère non plus s'il y a de plus en plus de femmes et de jeunes de nos âges qui ont des cancers.
Les preuves manquent à l'heure actuelle afin de démontrer une corrélation entre les causes environnementales et l'explosion du nombre de cancers. Pour y remédier, une équipe de recherche dirigée par Mathilde Touvier mène l'étude Nutrinette santé depuis 2009 auprès de 180000 volontaires. Aujourd'hui, on a vraiment des questions de recherche qui se posent sur des expositions, par exemple à certains additifs alimentaires, à certains pesticides, aux aliments ultra transformés.
On a voulu ici avoir une étude avec un niveau de précision important. Donc euh 3 journées d'enregistrement alimentaire de 24h tous les 6 mois euh où les participants vont même remplir euh le nom commercial, la marque des produits consommés. Donc nous ça nous permet vraiment d'avoir un niveau de détail très très fin.
Euh et on a aussi collecté euh ces échantillons de sang, d'urine, de de sel pour étudier les mécanismes physiologiques, pathologiques qui soutendent ces relations alimentation santé. En analysant les données des participants à l'étude Nutrinet santé, Mathilde Touvier et son équipe ont démontré que la consommation de certains additifs alimentaires est associée à un risque accru de cancer. Les niveaux de preuve ne sont pas encore suffisants pour pouvoir conclure avec fermeté.
On voit toutefois qu'il y a des liens avérés entre alimentation et risque de cancer. cancer du pancréas, cancer coloral, vraiment différents types de cancer, cancer du sein également euh avec cette fois-ci des facteurs de risque qui sont historiquement très connu. Euh on pense par exemple aux charcuteries qui ont été classés cancérigènes par le centre international de recherche contre le cancer de l'OMS ou encore des viandes rouges classées cancérigène probable.
Si le lien de causalité entre alimentation et cancer est avéré, d'autres facteurs de risque sont encore mal évalués, en particulier [musique] les expositions multiples. Le caractère très complexe de notre époque, c'est l'effet cocktail. C'est qu'on a c'est-à-dire qu'on a probablement plusieurs expositions.
Enfin, on voit bien comme la perturbateur endocrinien, les pollutions atmosphériques itératives, les ondes aussi. Enfin, on sait pas, c'est quand même un changement majeur de notre environnement, la saturation en de notre environnement. Tout ça, c'est très intriqué.
Il y a pas de réponse simple à ce sujet. Ce qui est certain, c'est que le registre, ça a fait partie de l'arsenal des pouvoirs publics pour bien prendre en charge la question du cancer dans notre pays. Et pour le coup, il est vital, il est essentiel en fait.
Voilà. Jusqu'ici, la France ne disposait pas de registre national [musique] recensant les cas de cancer de façon exhaustive. Elle faisait figure d'exception en Europe.
Désormais [musique] en vigueur, ce registre pourrait aussi améliorer le parcours de soins des patients. Bonjour. Bonjour.
Quel patient aujourd'hui à M que check justement à la deux. Ouais. Comment est-ce qu'il va là aujourd'hui ?
Il est douloureux. Ouais. pas bien dormi.
À l'hôpital Saint-Louis à Paris, le docteur Boissel soigne des patients âgés de 15 à 30 ans. Il espère que le registre national va favoriser un suivi des jeunes tout au long de leur vie. On va guérir 85 % de ces jeunes et on est très intéressé par le devenir au long cours de de ces patients.
Quelles sont les séquelles qui vont développer ? Comment est-ce qu'elles vont être prises en charge ? que ce soit des séquelles somatiques, c'estàdire de du corps, mais aussi des des séquelles psychologiques psychosociales, organisationnel. comment est-ce qu'on va être en capacité de les accompagner à la fois dans la détection de la prise en charge de de ces séqueles mais aussi dans leur retour vers on va dire la la vie normale même si c'est un terme que je n'aime pas beaucoup utiliser pour mieux accompagner les jeunes touchés par un cancer [musique] Hugo s'est engagé au sein de l'association Aida ce [musique] soir-là il a donné rendez-vous à deux autres bénévoles.
Ils viennent jouer avec un patient de leur âge, hospitalisé pour un cancer dans le service du docteur Boissel. Hugo du coup Lorien c'est toi du coup vous rappelez des règles ou pas ? Je fais un petit jeu en arrière et tout.
OK déjà pas avoir fumé une heure avant. Ouais parfum pareil pas de parfum on égûte. Parfait on va se laver les mains avant de rentrer dans la salle et ensuite on part pour 1h30 ça va le faire.
Génial. Parfait. Je pars du principe que je suis juste avec des jeunes et qu'on va juste jouer et s'amuser ensemble.
Et c'est ça le principal et c'est pour ça que j'oublie toute la partie cancer qu' peut avoir et je me dis juste qu'on va être ensemble pendant 1h30. Ah ouais, du coup maintenant on est obligé de reprendre des masques. Mature, enfin bref, il y a des thèmes, on s'en fout.
On pioche une carte au pif et genre il y a un thème par exemple coton tige, du coup question 1, c'est genre un coton tige, est-ce qu'il y a du coton dedans ? Donc tu réponds oui ou non ? Tu sais que c'est la question 10 c'est genre qui a inventé de protige genre là tu es tu es foutu.
OK. Allez let's go. C'est ça.
Quelle est la durée des jours exprimé en heure dans une année bisexile ? Bah c'est comme une année pas bisextile quoi. Donc la réponse c'est quoi ?
C'est 24 he c'est ça. Ah bien wou. [rires] Ouais.
Yes. De base je viens pas souvent je sors pas beaucoup de ma chambre. Ça veut dire en vrai ça fait plaisir.
Voilà, ça fait plaisir parce que c'est des personnes de on va faire notre âge tout ça notre génération donc ça donne les sourires quand même. Ça remonte un peu le moral. Comme j'ai la forme, je profite avant que bah je reprends la chimie, tout ça et que j'auraiis pas la foi de sortir.
Loriane a perdu son cousin âgé de 30 ans d'un cancer du pancréas. Depuis, elle est devenue bénévole. Moi, j'avais un rapport qui était souvent négatif en fait avec l'hôpital et là, on découvre des salles de jeu, des moments comme ça intemporel où on perd complètement la notion du temps sans téléphone et en fait ça t'apprend tout sur l'humain, sur les relations, sur les jeunes.
On découvre des jeunes voilà qui sûrement des choses qui sont enfin hyper dures lesquelles on pourrait même pas imaginer mais qui ont malgré tout ça un moment pour jouer un jeu de société, faire des blagues, rigoler avec nous et cetera et moi je ressors boosté en général de ces expériences. là [chant] la course ça m'apporte beaucoup déjà physiquement et mentalement. Moi, je me dis que si je fais du sport, je vais bien.
Si je vais bien, bah je réduis euh le risque de retomber malade. Prendre le dessus sur la maladie et essayer de d'aller de l'avant, tourner la page. Là, on part pour la Rosaline Race et donc pour la deuxème année, on va relier depuis nos bureaux ici à Paris un hôpital qui est qui a beaucoup de sens pour moi, c'est l'hôpital qui me suit.
Euh au niveau de mon cancer, c'est l'hôpital Foche à Sura. Donc là, on est parti pour 11 km de course. [musique] [musique] [applaudissements] OK, ça marche.
Allez, on bravo ! [musique][applaudissements] 7 ans après l'annonce du diagnostic, Yann se décrit comme un miraculé mais l'épreuve ne l'a pas laissé indemne. Comme lui, ce sont près de 15000 jeunes diagnostiqués chaque année qui vont devoir vivre avec les séquelles du cancer. [musique]