Émission spéciale nouveau gouvernement. Avec Gaspard Gantzer et Beatrice Giblin
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 43 %Défensif 27 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:28OuverteRéponse directe
Un commentaire donc sur ce nouveau gouvernement.
- 2:15OuverteRéponse directe
Onze ministres de sensibilité gauche, c'est un rééquilibre ?
- 4:01OuverteRéponse directe
Un commentaire sur ce nouveau gouvernement, Gaspard Gantzer.
- 5:53OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça signifie lorsqu'on prend l'un de ses conseillers comme ministre ?
- 7:21OuverteRéponse directe
Est-ce pour cela que le gouvernement a mis tant de temps à être formé ?
- 10:35OuverteRéponse directe
Comment interpréter cette déception sur la rupture promise ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43InvitéFait
« Le commentaire le plus fréquent qu'on a pu entendre, c'est continuité et non rupture. »
- 1:52InvitéFait
« On a une parité, parce que maintenant, on fait quand même beaucoup d'efforts pour avoir la parité. »
- 4:16InvitéFait
« La première qualité d'un ministre, c'est sa loyauté. »
- 4:49InvitéFait
« Il y a un corollaire plus négatif : c'est quand même une forme de technocratisation de l'action publique. »
- 10:06InvitéFait
« Les fonctions ministérielles sont devenues très particulières. Il s'agit d'être le porte-parole de la politique du gouvernement. »
- 34:39InvitéChiffre
« ça va prendre 50 ans et ça va coûter des fortunes »
- 35:34InvitéFait
« on enverra du blé avec des prix intéressants pour l'Algérie »
- 35:41InvitéFait
« on achètera du pétrole algérien en le payant plus cher »
- 36:20InvitéChiffre
« que les ménages plus aisés et 18 centimes de moins au litre d'essence »
- 38:40InvitéFait
« c'est ce qui s'est passé avec la première guerre mondiale, on a bloqué les loyers »
- 40:20InvitéFait
« Emmanuel Macron a été élu pour 5 ans, c'est son dernier mandat »
- 42:58InvitéFait
« je n'ai aucun doute sur le fait que la majorité présidentielle va remporter l'élection »
- 43:24InvitéFait
« oui je pense que c'est dramatique »
- 43:30InvitéFait
« un peu comme on l'avait en 1993 après les élections législatives »
- 46:47InvitéChiffre
« Marine Le Pen qui a réussi à faire plusieurs millions de voix à l'élection présidentielle »
Temps de parole
- Invité46 %
- Invité 236 %
- Présentateur17 %
≈ 2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les matins de France Culture, Guillaume Erner. Le premier conseil des ministres du second quinquennat d'Emmanuel Macron se réunit ce lundi matin. L'Elysée a d'ailleurs indiqué dimanche que les ministres candidats aux législatives devront quitter le gouvernement en cas de défaite, comme c'est désormais la norme, pour tout d'abord évoquer ce nouveau gouvernement et sa composition. Nous sommes en compagnie de Gaspard Ganser. Bonjour. Vous êtes directeur de l'agence Ganser, ancien conseiller communication du président François Hollande. Béatrice Giblin, bonjour. Vous êtes géographe directrice de la revue Géopolitique et de Géographie Hérodote. Un commentaire donc sur ce nouveau gouvernement.
Écoutez, le commentaire le plus fréquent qu'on a pu entendre, c'est continuité et non rupture, à peine de changement. Tout ça pour ça, un si long mois de négociation, une présentation. Bon, si on regarde les choses avec un peu de distance, oui, bien sûr, continuité, puisqu'on a quelques poids lourds qu'on garde, bien évidemment. Mais on a aussi des changements de poste, ce qui n'est quand même pas rien, et puis quelques têtes nouvelles qui arrivent.
Moi, je dirais surtout qu'on a appris en cinq ans, c'est-à-dire que c'est désormais plutôt des professionnels de la politique et de l'expérience politique, et je le dis de façon positive, je ne le dis pas de façon négative, qui sont maintenant aux manettes, dans une situation qui est quand même extrêmement délicate. Et quand je prends le terme de délicat, c'est presque un euphémisme. On est dans une situation extrêmement difficile. Donc, il vaut peut-être mieux avoir des personnes avec un peu d'expérience et de savoir-faire, je crois, dans cette situation. On a une parité, parce que maintenant, on fait quand même beaucoup d'efforts pour avoir la parité.
Et puis, j'ai eu la curiosité de regarder combien il y avait de ministres qui venaient de la gauche ou qui avaient vraiment une sensibilité de gauche. Ça fait quand même onze, ce qui n'est pas rien, puisque ça ne fait plus du tiers du gouvernement actuel. Ça me semble effectivement un rééquilibre.
Oui, onze, parce que j'en vois quelques-uns, mais je ne vous donne pas la liste exhaustive, Béatrice Giblin.
Moi, je peux vous la donner, si vous voulez. Quelques-uns pour que... Évidemment, Pape Ndié, Elisabeth Borne, qui a été directrice adjointe du cabinet de Lionel Jospin, Bourguignon, qui est une députée socialiste du Pays de Calais, Dussops, qui est aussi un ancien socialiste, Guérini, qui a été un ancien socialiste, Attal, Bohn, tout ça, c'était des Strauss-Caniens, Browne Pivé, Véran, Isabelle Rome, elle est quand même aussi fortement sur une tendance plutôt gauche, même Rima Abdul-Malak, bien évidemment, elle a été quand même...
C'est la nouvelle ministre de la Culture.
La nouvelle ministre de la Culture, elle a quand même été au cabinet de Christophe Girard, à la mairie de Paris, proche de Delanoë. Voilà, donc si vous mettez tous ces noms-là, vous avez... ou des centristes fortement teintés centre-gauche, on va dire, donc c'est pas rien, ça me semble... Ça n'a pas été tellement relevé, ça. Moi, ça me semble important.
Et puis le dernier point, je dirais, c'est que je pense que ce trio de femmes, qui est la première ministre à la planification écologique, épaulée par un secrétaire général à la planification écologique, qui a été nommé, qui est Antoine Pellion, et qui est déjà en charge de l'écologie à Matignon, plus, évidemment, ces deux ministres, Amélie de Montchalin et Agnès Pannier-Rinaché, ça, je pense que c'est un trio. Elles se connaissent. Si Elisabeth Borne, parce que je pense que là, c'est elle qui les a sans doute choisis, ont décidé de travailler avec elles. Je pense qu'on va avoir une écologie, peut-être pragmatique, mais avec une certaine efficacité.
On continue dans les commentaires avec vous, Gaspard Gantzer, sur ce nouveau gouvernement.
Je souscris, évidemment, à tout ce qui a été dit. J'ajouterai peut-être deux ou trois remarques complémentaires. La première, sur l'expérience et la professionnalisation. Elles ont un corollaire, quand même, qui est peut-être à la fois positif et négatif. Le positif, c'est que, quand même, dans une période de crise, on a quand même besoin d'une équipe qui tourne. On est quand même très loin de l'équipe de 2017, qui était très fraîche. Il n'y avait eu que deux ministres qui avaient déjà de l'expérience, qui avaient été nommés à cette époque-là, enfin, qui étaient sortants. C'était Jean-Yves Laudrian et Mme Girardin, même si Bruno Le Maire faisait un retour à l'époque.
On a un gouvernement très inexpérimenté en 2017. Et c'est vrai que les premiers mois avaient été un peu chaotiques de ce point de vue-là. Je crois qu'Emmanuel Macron en a quand même retenu les leçons. Mais il y a un corollaire plus négatif. C'est quand même une forme de technocratisation de l'action publique. Là, c'est vrai que, pour le coup, on est dans le canal historique de ce qu'a fait la Vème République. C'est-à-dire quand même une République très bureaucratique, avec des gens qui sont quand même beaucoup des experts. Elisabeth Borne, jusqu'à présent, n'a jamais été élue. Elle est polytechnicienne. C'est une femme absolument remarquable.
Mais on n'est pas dans l'archétype de l'élu local de la Vème ou de la Vème République. Amélie Monchonin.
Donc, à la différence de son prédécesseur.
Oui, qui était lui aussi énarque, mais qui avait quand même été maire de... C'était élu local. Maire de Pral. Léatrice Giblin dit non. Si, mais on ne peut pas dire vraiment que ce soit à l'opposé. Non, c'est le même genre de profil. Parce que c'est le même genre de profil, quand même. Et toute sa carrière l'a montré. Non, mais c'est le même genre de profil. On a quand même des gens qui sont des grands techniciens. Ce qui est très utile en période de crise. Parce qu'on a besoin de gens qui sont quand même de résoudre des problèmes. Mais ça dit quelque chose aussi d'un état d'esprit. Donc, il y a ces énarques qui sont quand même très nombreux. Ces gens qui viennent de la technostructure.
Et puis, il y a quand même un nombre assez record d'anciens conseillers du Président de la République qui se retrouvent...
Qu'est-ce que ça signifie ? Parce que ce n'est pas la première fois. Alors, par exemple, la ministre de la Culture et l'ancienne conseillère culture d'Emmanuel Macron. François Hollande avait fait la même chose.
Avec Oudrezoulet, oui.
Qu'est-ce que ça signifie lorsqu'on prend l'un de ses conseillers comme ministre ?
Alors, c'était aussi le cas pour Emmanuel Bonne, qui est ministre des Affaires Européennes et qui était conseiller d'Emmanuel Macron. Je pense que ça signifie deux choses. La première chose, c'est que la première qualité d'un ministre, c'est sa loyauté. Et donc, le Président de la République aime bien choisir ses collaborateurs qu'il a déjà pu éprouver, dont il sait qu'il peut leur faire confiance, dont il connaît les qualités. Et puis aussi, ça dénote une volonté, quand même, une forme de verticalité du pouvoir. Plus que jamais, le pouvoir part de l'Élysée et on s'entoure de ses plus proches, des gens avec qui on a travaillé pour avancer.
C'est une pratique assez vieille, sous la Ve République. Elle n'est pas du tout nouvelle. Il y a plein d'autres exemples. Il y a même des anciens collaborateurs qui sont devenus premiers ministres. Je pense, par exemple, à Pierre Bérégovoy, qui avait été secrétaire général de l'Élysée au début des années 80, avant de devenir ministre, puis premier ministre. Je pense aussi, bien sûr, à Dominique de Villepin, qui avait été secrétaire général de l'Élysée, qui après est devenu ministre des Affaires étrangères de l'Intérieur, puis premier ministre. Claude Guéant, qui est devenu ministre de l'Intérieur. Bon, je pourrais multiplier les exemples de ne plus en pouvoir.
Donc, c'est une forme de tranquillité, de simplicité. Mais il faut y faire attention, parce que je pense que dans les panachages qui sont essentiels dans un gouvernement, il y a la parité, il y a le profil aussi politique. Mais il y a aussi cette capacité à avoir aussi des gens qui viennent beaucoup du terrain, des élus locaux.
Alors, ça signifie aussi, lorsqu'on prend des conseillers pour en faire des ministres, Béatrice Giblin, ça veut dire qu'on a des profils qui sont plutôt des profils technocratiques. En tout cas, là aussi, pas des profils d'élus a priori.
Oui, alors technocratique, il y a quelque chose de toujours négatif dans le côté technocrate. Alors, on pourrait dire de bons techniciens. Des experts. Bon, ou des experts, avec une compétence sur des questions qui sont très, très compliquées. Et je crois que le temps de l'élu local... Moi, ce qui m'a frappée, c'est qu'on ne se préoccupe plus du tout de la géographie. Alors qu'autrefois, il fallait qu'on fasse attention à nos grands élus. Il nous fallait quelqu'un de l'Est, il nous fallait quelqu'un de la Bretagne, mon Dieu, surtout. Et puis, peut-être un secrétaire national qui aurait pu être, peut-être, de Corse aurait été pas mal, ça. On était très soucieux de ces équilibres.
J'ai l'impression que ça, c'est absolument terminé. Pourquoi ? Justement, c'est une question que je me suis posée. C'est une bonne question. Oui, merci de me la poser. Bon, mais je crois que, d'abord, LRM, enfin, puisque maintenant ça s'appelle, comment on dit, Renaissance, c'est ça. Bon, n'a pas d'élus locaux, vraiment, de grands élus locaux bien implantés qui pourraient se faire entendre. Ça, déjà, quand on est arrivé en 2017, évidemment, il n'y en avait pas, mais il n'y en a pas tellement beaucoup plus, 5 ans plus tard.
Deuxièmement, je me demande si, mais c'est vraiment une hypothèse, si la fin du cumul des mandats, où on n'a plus, si vous voulez, un grand-mère qui était député, capable de se faire entendre. C'est-à-dire qu'on mesure un peu les inconvénients de la mort des cumuls des mandats. On a pensé que ça serait très bien, c'est comme ça en Allemagne, on devrait faire comme ça, sur le plan démocratique, ça sera beaucoup mieux. Je ne suis pas sûre que ce soit vraiment une si grande réussite que ça. La preuve en est, c'est que pas mal de gens se posent la question. C'est-à-dire qu'autrefois, si vous voulez, vos grands élus, ils pesaient ce qu'on appelle les territoires.
Et je sais que ça m'énerve, cette expression à tout bout de champ, comme si c'était des acteurs. Mais cette représentation géographique, avec ces ancrages qu'il y avait, il fallait en tenir compte. Et puis, le dernier point, c'est que vous n'avez plus de grosses structures de partis, avec de grands élus locaux. Si vous voulez, vous ne pouviez pas passer les fédérations du Pas-de-Calais, du Nord et des Bouches-du-Rhône pour les socialistes. Il fallait quand même en tenir compte. Et idem, d'une certaine façon, pour les Républicains. Ça me semble être des éléments d'explication. Je donne un élément complémentaire à Jésus-Christ, à ce qui a été dit.
C'est qu'aujourd'hui, en réalité, quand même, les fonctions ministérielles sont devenues très particulières. Il s'agit d'être le porte-parole de la politique du gouvernement, d'exécuter une politique qui a quand même été largement décidée à l'Elysée. Mais l'autonomie d'un ministre est relativement faible. C'est vrai sous Emmanuel Macron, c'était aussi assez vrai sous François Hollande et sous Nicolas Sarkozy. Et c'est vrai que quand vous êtes maire de Marseille, maire de Bordeaux, président de la région Occitanie ou président d'un grand conseil départemental, en fait, vous êtes le maître chez vous.
Et vous avez assez peu intérêt à quitter vos fonctions d'élus locales pour une fonction précaire, dans laquelle vous aurez une marge de manœuvre relativement limitée.
Est-ce pour cela, selon vous, Gaspard Ganser, que le gouvernement ait mis, finalement, tant de temps, plus de trois semaines à être formé, parce que ses fonctions, les fonctions de ministre, sont peut-être moins attirantes qu'auparavant ?
Je pense qu'elles sont toujours aussi exaltantes, surtout dans une période de crise. Je pense que c'est toujours un honneur de servir son pays, en tout cas j'espère. En revanche, c'est sûr que ce n'est pas forcément un bon plan, comme on pourrait dire vulgairement, parce qu'on se retrouve sous les feux des critiques, on a relativement peu de moyens pour agir, et tout se décide à l'Élysée. Il y a un seul patron, honnêtement, c'est Emmanuel Macron, et on n'est plus autant des grands ministres de la 5e République qui avaient beaucoup de marge de manœuvre.
Oui, moi je pense aussi que, dans cette situation que je redis, très difficile, ce qui nous attend ne va vraiment pas être simple, on a effectivement besoin d'avoir une équipe dont on pense que, à la fois, je crois que le mot d'ordre, en fait, c'est l'efficacité. Voilà. On essaye de prendre les meilleurs, en fonction des critères qu'on estime être les meilleurs, et ce n'est pas forcément d'être un bon élu local qui est le meilleur. On va prendre celui qui va pouvoir trancher dans des situations extrêmement difficiles, qui va être capable de mettre en relation des domaines différents, qui va connaître, je pense par exemple à Amélie de Montchalin et à Agnès Pannier-Runacher.
Je veux dire, travailler l'écologie, c'est travailler avec les industriels. Si vous ne connaissez pas du tout l'entreprise, si vous n'y avez jamais mis les mains, si vous ne connaissez pas leur langage, si vous ne connaissez pas la psychologie des gens que vous avez en face de vous, pour essayer de leur vendre, de les convaincre de ce qu'il est urgent de faire, vous savez, votre politique écologiste, elle va en prendre un coup. Donc je crois que c'est vraiment ça la préoccupation qui a présidé à la composition de ce gouvernement.
Alors, les commentaires de la presse sont divers, mais enfin il y a une forme de déception sur la rupture qui était promise, espérée, ou qui était évoquée par le président de la République, Gaspard Ganser. Comment interpréter cette déception ? Est-ce que c'est toujours déceptif un gouvernement ? Est-ce qu'au fur et à mesure des étapes de la formation du gouvernement, finalement, les choses ont été plus complexes que ce que le président de la République pouvait imaginer au départ ?
Première chose, quand même, on dit rarement « waouh » quand on voit la composition d'un gouvernement. C'est peut-être arrivé en 1997, quand Gaspard est devenu Premier ministre avec cette Dream Team, ou peut-être aussi quand Nicolas Sarkozy a composé son premier gouvernement en 2007, mais il y a toujours une déception. Moi, j'ai participé à plusieurs compositions de gouvernement quand je travaillais à l'Élysée avec François Hollande, et on relève toujours une ou deux personnalités, mais on ne dit jamais « ah, bravo l'artiste, c'est exceptionnel ». Je crois qu'Emmanuel Macron, il faut le rappeler, a été réélu, ce n'est pas pour faire exactement l'inverse de ce qu'il a fait depuis cinq ans.
Non, mais il a dit « ça ne sera pas un mandat de plus ».
Non, bien sûr, sur le fond, sur la ligne politique, par exemple, on y reviendra certainement, mais en matière économique comme en matière écologique, je ne pense pas qu'il va y avoir des grandes inflexions par rapport à ce qui a été conduit depuis cinq ans. En revanche, on attendait des ruptures sur la méthode, et maintenant, on va devoir juger sur pièce. Est-ce qu'il y aura davantage de concertation, de dialogue, peut-être que dans le mandat précédent ? Là, je pense qu'il y a une promesse qui a été formulée, et j'espère qu'elle sera tenue.
Puis, il y a quand même des inflexions importantes, on y reviendra certainement par la suite, mais les nominations de Papendia, d'une part, et de Rima Abdulmalak, d'autre part, sont des signaux quand même extrêmement forts, de par leur parcours, de par leur origine, mais aussi de par les positions que ces deux ministres, l'un de l'Éducation nationale, l'autre du ministère de la Culture, ont toujours défendu, et ça, pour le coup, il y a une inflexion dans la ligne, parce que Papendia a toujours tenu les propos symétriquement inverses par rapport à ce que Jean-Michel Blanquer tenait pendant cinq ans. Donc, la rupture, elle est là, la rupture. Et pour la ministre de la Culture ?
Pour la ministre de la Culture, c'est moins, on va dire, sur les positions précédentes qui ont été tenues, parce que Rima Abdulmalak n'était pas une personne publique, mais on va dire qu'il y a beaucoup de modernité. Imaginez, surtout, c'était la conseillère culture de la République,
doit être en ligne.
Oui, mais elle ne s'exprimait pas. En revanche, pour la connaître depuis de nombreuses années, puisque j'ai travaillé à ses côtés, à la mairie de Paris, au cabinet de Bertrand Delannou, mais aussi au cabinet de Christophe Girard, c'est quelqu'un qui a une vision extrêmement moderne, créative de la culture, profondément universelle. Je ne dis pas que ce n'était pas le cas de Roselyne Blachelot, mais qui était plus classique dans sa façon de diriger le ministère de la Culture. Elle a fait plutôt du bon travail dans une période de crise.
Mais Rima Abdulmalak va apporter un souffle nouveau, beaucoup tourné vers l'extérieur, beaucoup tourné vers la diversité, beaucoup tourné vers la création, et je pense qu'on va le sentir assez vite.
D'être rigible là.
Oui, moi, je reviens sur Pabndaïa. Quand vous dites que c'est vraiment à la limite l'antithèse ou l'opposé de Blanquer, je dirais oui et non. Parce que quand même, Pabndaïa a toujours eu des positions extrêmement républicaines, extrêmement respectueux de la laïcité, très sensible. Bon, il n'est pas... Je veux dire, quand on voit les déclarations qu'il y a pu y avoir de Zemmour ou de Marine Le Pen, voire même de gens de droite, c'est absolument scandaleux. Bien sûr. Ils n'ont jamais rien lu de Pabndaïa, ils n'ont jamais écouté le moindre de ses entretiens. Enfin, bon, ils n'ont eu pas la moindre curiosité.
Il n'a jamais mené, excusez-moi de vous couper, mais il n'a jamais mené de guerre contre le wokisme. Et c'est sur ce point-là. Je pense que Pabndaïa, pour dire les choses du fond de ma pensée, comme ça, il n'y aura pas d'ambiguïté. Je pense que Pabndaïa est dans le vrai quand Jean-Michel Blanquer était totalement dans le faux. Et donc, on rétablit la vérité. Alors, je dirais qu'il y a un blanquer du début du quinquennat et un blanquer de la fin.
Alors, qu'est-ce qui caractérise les deux périodes ?
Le début, je pense que c'était sur un discours qui était d'ailleurs assez bien entendu des enseignants sur la nécessité, par exemple, de diviser par deux dans les situations difficiles là où ça décrochait, de revaloriser les primes de ceux qui travaillaient dans ces zones-là. Le début n'a pas été pris de façon très négative, mais c'est après. Parce qu'il y a eu une forme de radicalisation dans son discours sur la laïcité intégriste, je vais dire, d'une certaine façon.
Bon, mais là, c'était une manière de faire de la politique.
Oui, mais qui n'était pas, à mon avis, la plus habile. On va voir ce qui se passe dans le Loiret, vu qu'il est candidat. Mais je pense que ça lui a coûté un peu. Cette position, si vous voulez, de toute puissance, parce qu'elle était à la tête d'un ministère comme ça, il en connaissait très bien l'administration et le personnel. Et ça, ça va être sans doute une des difficultés de Pam Diaï. Il avait été directeur de l'enseignement, donc il connaissait bien la machine.
Mais cette connaissance de la machine lui a servi au début, puis après j'ai l'impression qu'il a pris, pour le dire vulgairement, un peu la grosse tête, et qui s'est permis, si vous voulez, des prises de position bien au-delà et fausses. Là, moi, je suis tout à fait d'accord avec vous, sur le wokisme, sur l'islamo-gauchisme. Bon, il est allé marcher sur tous les terrains. En particulier, le wokisme et l'islamo-gauchisme, c'était ce qui, soi-disant, se passait à l'université. Je dis bien soi-disant, alors que lui, il n'était pas vraiment en charge de l'université, puisque c'était Frédéric Vidal.
Et sa popularité auprès des enseignants était relative en full titre de manière plus franche que moi.
Ça s'est effondrée. Elle s'est effondrée. Non, le début n'était pas si hostile que ça.
Béatrice Giblin, géographe, vous dirigez la revue de géopolitique et de géographie. Hérodote Gaspard Ganser, directeur de l'agence Ganser, ancien conseiller communication du président François Land. On se retrouve dans une vingtaine de minutes pour évoquer la formation de ce gouvernement. La première polémique autour du cas de Damien Abad, accusé de viol qui place l'exécutif sur la défensive. Et puis également les missions et les urgences de ce gouvernement. 7h09, les matins de France Culture, Guillaume Erner. De 8h21 sur France Culture, nous retrouvons nos invités. Béatrice Giblin, géographe, directrice de la revue de géopolitique et de géographie.
Hérodote Gaspard Ganser, directeur de l'agence Ganser, ancien conseiller communication du président François Hollande. Dans son biais politique, Frédéric Saïs a expliqué qu'il s'agissait peut-être de la fin des ambitieux. Beaucoup de politiques, aujourd'hui, ne considèrent plus que la politique, c'est une mission, une vocation. C'est un métier. Donc si c'est un métier, ça peut avoir un début et une fin. Cela peut peut-être aussi expliquer les difficultés de formation du gouvernement. Une réaction, Gaspard Ganser ?
Oui, je souscris totalement à ce qui a été dit à l'instant. Et on pourrait même rajouter d'autres exemples. Cédrico était ministre du numérique, secrétaire d'État, il quitte. Beaucoup de députés, notamment à Paris, en région parisienne, ont décidé de passer la main. Adrien Taquet, qui était ministre aussi. D'ailleurs, c'est souvent des gens du même profil, ce qui est intéressant. C'est-à-dire des hommes d'une quarantaine d'années qui venaient plutôt du secteur privé, ont décidé de faire un tour en politique et qui passent à autre chose.
Certainement parce qu'ils ont un rapport plutôt désenchanté à l'action politique, mais aussi peut-être parce qu'ils ont conscience qu'ils ont touché leur propre plafond de verre. Moi, je trouve ça formidable si c'est effectivement pour aller s'occuper de leur famille. Et moi-même, qui ai beaucoup sacrifié pour mon travail quand j'étais à l'Élysée, je trouve ça très bien de pouvoir avoir des périodes dans lesquelles on travaille beaucoup pour la politique et d'autres dans lesquelles on s'occupe davantage des siens, de sa femme, de ses enfants.
Mais en même temps, il y a quelque chose qui me gêne plus profondément, mais qui n'est pas contre les personnes concernées, c'est que ça montre aussi qu'il n'y a plus d'espoir révolutionnaire. Excusez-moi pour le grand mot. C'est-à-dire que normalement, la politique, c'est quelque chose qui doit vous emporter, vous dépasser totalement, un peu comme l'engagement dans les ordres, quelque chose qui doit vous pousser tellement fort qu'en fait, rien n'est plus important. A l'évidence, de ce point de vue-là, on a un sentiment de fin de l'histoire, il n'y a plus ce souffle révolutionnaire. Faire de la politique, c'est une étape dans une carrière. Je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous.
Je pense que les couples sont aussi dans d'autres équilibres que ce qu'ils pouvaient être autrefois. Autrefois, les femmes étaient quand même travaillées peu et étaient à la maison et tenaient la famille avec les enfants. Maintenant, les femmes, elles ont envie de carrière. Elles se sont souvent rencontrées leurs compagnons en faisant leurs études. Et elles ne voient pas pourquoi, au nom du service de tout un chacun, pour le bien commun, elles devraient totalement se sacrifier. Et elles ont bien raison. Elles ont bien raison. Et je pense qu'on va prendre l'exemple de Julien de Normandie. Vous avez dit, c'est des hommes dans la quarantaine.
Les enfants qui étaient tout petits, maintenant, ils commencent à avoir 5, 6, 7, 8, 10 ans. Ils commencent à être un petit peu plus compliqués. Petits enfants, petits problèmes. Grands enfants, grands problèmes. Donc, on a besoin de s'occuper des siens. Et peut-être qu'un certain nombre de femmes mettent le marché en main. Ou tu lâches la politique et tu t'occupes de nous. Ou c'est moi qui me tire. Et le donnant, je suis évidemment tout à fait d'accord. Et c'est d'ailleurs pour ça que j'ai relevé que c'était quasiment que des hommes d'une quarantaine d'années. Certainement, parce qu'au bout d'un moment, ils se sont rendus compte que l'engagement politique était effectivement très important.
Mais que la vie de famille, leur relation avec leurs femmes, ou leurs compagnons d'ailleurs, parce qu'il y a toute forme de couple, étaient plus importantes que le reste. Après, je pointais juste du fait que, le souffle révolutionnaire, à un moment donné, vous savez, dans les révolutions en 1917, on n'en est plus là, heureusement même plus tard, on considérait que s'engager en politique consistait à mettre sa vie privée totalement de côté. Ce n'est plus le cas. Moi, je trouve que c'est un signe positif de l'époque, mais je remarque juste que ce n'est plus le cas. Ou d'autres ambitions,
par exemple des ambitions dans le privé, Gaspard Ganser, parce qu'on peut très bien imaginer que la politique, alors cela aussi, fait souvent polémique, que ce soit une sorte de viatique pour obtenir une position dans le privé. Est-ce que, par exemple, certains trajets peuvent évoquer ce type de carrière ?
Alors, c'est vrai qu'on a été troublé par le choix de poste de Jean-Baptiste Djébari, qui était au transport et qu'il est parti dans une entreprise qui est quand même proche du secteur d'activité, donc il a eu la tutelle, mais il est passé à travers les fourches codines de la haute autorité et de la transparence de la vie publique, donc ce n'est pas tellement le sujet.
Mais qu'on soit troublé ou pas, ça signifie que l'on envisage la politique comme une parenthèse, après cette parenthèse, sauf s'il s'agit de prendre sa retraite à 40 ans et je crois que la retraite à 40 ans n'est plus d'actualité, dans lequel cas vous serez obligé, à mon sens, d'aller travailler dans le privé avec peut-être, je ne sais pas, des perspectives de carrière qui pourraient être plus rémunératrices.
Je ne crois pas du tout que la politique puisse servir de tremplin pour ces personnes, les personnes qu'on a citées tout à l'heure, Julien de Normandie, il aurait pu parfaire une carrière dans le privé depuis très longtemps et s'il est parti en politique, je ne suis pas sûr qu'il en bénéficie beaucoup dans le secteur privé. En revanche, c'est sûr que pour avoir vu les deux côtés, c'est-à-dire le côté action politique et que maintenant je suis chef d'entreprise et que je vois comment ça fonctionne dans le privé, c'est sûr que ce n'est pas le même rapport au travail.
C'est-à-dire que contrairement à ce qu'on pense, quand on travaille dans le secteur politique, on travaille énormément, c'est-à-dire à peu près tout le temps, H2477, et on ne va pas plein des hommes et des femmes politiques qui le font pour des rémunérations qui sont très importantes, mais qui n'ont rien à voir, absolument rien à voir avec ce qui peut arriver dans le secteur privé dans lequel vous êtes globalement maître de votre emploi du temps et votre rémunération peut parfois être multipliée par 5 ou par 10, ce qui évidemment pose problème parce que ces rémunérations sont évidemment beaucoup trop importantes dans le secteur privé. Béatrice Giblin.
Oui, moi je pense quand même que la politique, quand on a été au service de son pays, comme vous le dites, 24h sur 24, 7 jours sur 7, qu'on puisse après ça partir dans le privé et peut-être faire bénéficier le privé de cette expérience publique du politique et du monde politique, moi honnêtement, ça ne me choque pas. Le pantouflage, ça a toujours existé. Alors, si après vous êtes mauvais, évidemment, ça posera des problèmes et on ne vous gardera pas dans le privé. La sanction tombera sûrement. Mais d'un autre côté, je trouve ça pas si mal que ça de pouvoir un peu faire des navettes et puis au fond, une forme d'équilibre qui pourrait se faire.
donc moi, ça ne me choque pas et c'est quand même un sacré boulot que d'être au service du politique. Bon, moi, j'ai connu un mari qui était en cabinet ministériel. j'avais trois jeunes enfants. J'en ai quand même un sacré souvenir.
Ah oui, donc, vos propos de tout à l'heure étaient des propos d'expérience.
Je vais évidemment pas dire le contraire sur les allers-retours entre le public et le privé. Moi-même, j'ai travaillé plus de 10 ans au secteur public. Je suis aujourd'hui dans le secteur privé. J'espère que j'apporte aussi des choses au secteur privé et peut-être qu'un jour, dans 5 ans, dans 10 ans, dans 15 ans, dans 20 ans, je reviendrai.
Autre commentaire à faire au sujet, donc, de Damien Abad, un ministre déjà chargé d'affaires, dit Libération, puisqu'il est visé par deux accusations de viol révélées samedi par Mediapart. Un commentaire, Béatrice Giblin, sur le cas de ce ministre.
Écoutez, ça semble un peu étonnant qu'au moment de la composition du gouvernement, il n'y ait jamais eu de rumeurs, de bruits, de vents, comme quoi cette situation était probable. Vraiment spontanément comme ça, j'ai envie de dire, quelle que soit l'importance de prendre la prise du responsable, du président du groupe parlementaire LR à l'Assemblée qui avait tapé pendant 5 ans sans arrêt sur la politique du gouvernement, même si ça semblait être une prise exceptionnelle, prise politique, moi, je ne comprends pas qu'on ait pris le risque, si vous voulez, parce qu'aujourd'hui, c'est quand même un terrain sur lequel on ne peut pas passer là-dessus.
Et je vois mal qu'il puisse rester au gouvernement très très longtemps. Le prix à payer, je trouve, le rapport qualité-prix entre garder Abad et avoir ce problème-là sur les bras, alors qu'on démarre même à l'instant, après l'histoire Jérôme Perra, ça me semble pour le moins au-dessus.
Mais Gaspard Ganser, pensez-vous que le gouvernement ou je ne sais quel responsable de la majorité ait pu être averti de ce que cet homme est accusé d'avoir fait et, je ne sais pas, d'avoir passé outre ces différents faits ?
Ça me semble vraiment très étonnant. En fait, je n'arrive pas à savoir quelle est la vérité sur ce sujet, parce qu'à l'évidence, s'ils étaient au courant, pourquoi avoir pris le risque ? Lui, il le nie avec force,
bien entendu.
Oui, j'ai vu qu'Elisabeth Borne dit qu'elle n'était pas au courant. Je ne sais pas si Emmanuel Macron l'était. Il faut évidemment les croire par principe, même si on attend de voir quel est le déroulé des faits, des événements et on imagine que la presse permettra d'en savoir plus au cours des jours qui viennent. En tout cas, ce qui est certain, c'est que du point de vue de la stricte communication, c'est une affaire atroce pour le gouvernement, parce qu'on ne parle déjà plus de la composition du gouvernement dans son ensemble et des très belles recrues qu'il y a pu avoir, et bien d'autres. Et on est déjà en train de parler de cette polémique, de ce premier couac.
Donc, c'est une sorte de retour de moumbrang terrible pour le gouvernement. Après, n'oublions pas d'une part que la justice va faire son office. Elle l'a déjà fait sur la première affaire, donc on attend de voir s'il y aura des suites. Sur la deuxième affaire, ça n'a pas été le cas. Donc, c'est à elle de révéler la vérité, parce qu'évidemment, si ces faits sont avérés, ils sont extrêmement graves.
Maître Giblin.
Oui, je suis quand même très étonnée de cette prise de risque en ce moment. Il y a tant de problèmes très délicats et difficiles à gérer. De se dire, bon, la première a été jugée, c'était affaire classée, donc c'est tout. On n'a pas de risque là-dessus. J'ai beaucoup de doutes, parce qu'on sait quand même comment ça fonctionne dans les milieux politiques et comment vos petits amis sont tout à fait en place pour vous mettre les pots de banane aux bons endroits.
Mais c'est assez systématique, Béatrice Giblin. À chaque formation de gouvernement, il y a des découvertes très rapides sur le plan patrimonial. Il y a différents cas célèbres sur des impôts qui auraient pu être réglés et des phobies. Bref, c'est devenu une sorte de cas de figure dans les quelques jours qui suivent la formation du gouvernement.
Mais oui, et c'est pour ça que je suis d'autant plus surprise qu'ils aient pris le risque, parce qu'ils savent très bien que ce genre de choses va sortir et que ces pains bénis à ce moment-là, je pense même si vous voulez à la NUP ou NUPES, qui ont fait le ménage auprès d'un de leurs candidats à... C'était... À la députation. À Vénitieux. À Vénitieux. Bon, en disant nous, on fait le ménage tout de suite, etc. Et de dire bon, Alice Coffin, vous voyez, nous, on a sorti cette affaire, bon, nous, on est propres et puis vous, vous laissez filer là-dessus. Enfin, je pense qu'en ce moment, c'est tout à fait vraiment de ménage. Quelle que soit la réalité des faits ?
Non, ce qui est intéressant, c'est la terrible logique humaine qui a l'épreuve dans ce genre de cas, parce qu'on imagine assez bien que c'est le camp des Républicains assez peu content de voir un de ses membres et le président du groupe partir qui a dû balancer une série de peaux de bananes. C'est malheureusement souvent comme ça que ça se passe. Après, est-ce que Emmanuel Macron le savait ? Je ne le sais pas. En revanche, ce qu'on a observé, c'est qu'Emmanuel Macron n'aimait pas forcément décider de la combustion du gouvernement sous la pression de l'opinion publique ou de la presse. On l'a vu à plusieurs reprises.
On n'en a pas parlé ce matin, mais Éric Dupond-Moretti, qui a été quand même l'objet d'une procédure judiciaire pour dire les choses le plus simplement possible et toujours membre du gouvernement. Qui est actuellement donc en cours. Qui est toujours en cours, voilà. Qui a été confirmé
donc à son poste alors que...
Voilà, en tout cas, on aurait pu se poser la question. En tout cas, il a été maintenu à son poste et Emmanuel Macron n'a pas eu envie de se laisser dicter sa conduite en la matière. Puis par le passé, il y avait eu aussi Gérald Darmanin qui avait quand même fait l'objet de plusieurs accusations. Les procédures dont il a fait l'objet ont été aussi classées sans suite ou bénéficiées d'un non-lieu. Et là aussi, Emmanuel Macron avait décidé de tenir.
Donc il est aussi possible que le président de la République, c'est une hypothèse que l'on forme, il n'est pas possible d'en avoir la certitude, ait pu se dire écoutez, moi je ne réagis pas en regardant ce qui est dit dans la presse mais ce qui est dit dans les faits. Il y a eu une procédure qui a été classée sans suite. La deuxième, il n'y a pas de procédure en cours. Je n'avais pas à en tirer d'autres conséquences que de maintenir M. Abad au gouvernement.
Mais j'attends de voir ce qui va se passer au cours des prochains jours parce que là, Damien Abad est quand même vraiment sous les feux de l'actualité et sur les réseaux sociaux, les militants féministes mais toutes les personnes d'ailleurs, au-delà des militants qui sont sensibles comme moi et comme nous tous à la question des femmes, à la lutte contre les agressions sexuelles, évidemment à la dénonciation de l'impunité dont un certain nombre d'hommes politiques ont pu faire l'objet ou bénéficier, ne vont pas lâcher l'affaire tout de suite.
Oui, par rapport à Gipon Moretti, il est en cours d'une réforme de la justice, il y a eu les états généraux de la justice, il est, j'allais dire, avec un travail qui a été commencé, il a quand même sérieusement amélioré les budgets de la justice, il a un problème de fond avec les magistrats et en particulier avec le syndicat de la magistrature et il y a effectivement une procédure judiciaire et ça je pense que Macron, comme vous l'avez dit, le président n'aime pas que l'opinion publique lui dicte ses choix et là il veut qu'on continue sur ce travail de réforme de la justice et donc Dupond Moretti, il lui laisse, j'allais dire, les reines pour continuer ce travail-là qui a commencé et qui n'allait pas céder aux magistrats en mettant quelqu'un d'autre.
Le travail était en cours, on le continuait. Damien Abad, le risque est plus grand, il n'était pas au gouvernement donc il pouvait avant même que ça sorte publiquement dire, écoutez, désolé mais il y a ça qui est en cours, bon, on ne va pas, d'ailleurs Damien Abad a dit longtemps avant véritablement de quitter son parti, il a fallu vraiment la pression des gentils camarades pour qu'ils se mettent en disponibilité où il y a une formule qui n'était même pas celle de la démission. En retrait. En retrait, voilà, vous avez raison, en retrait. Donc c'est là où je trouve que la situation n'est quand même pas tout à fait comparable entre Dupond-Moretti et Damien Abad.
L'autre question qui se pose aujourd'hui maintenant que ce gouvernement est formé et que le premier conseil des ministres va avoir lieu aujourd'hui ce sont bien entendu les priorités, les urgences et les défis. Première d'entre elles c'est probablement la transition écologique dans un contexte qui ne se pose pas comme il aurait pu se poser il y a quelques mois avant la guerre en Ukraine avec un renchérissement des coûts de l'énergie qui peuvent être une difficulté supplémentaire ou une opportunité. Comment essayer de réorganiser l'agenda entre la question de la transition écologique, la question du pouvoir d'achat avec l'inflation qui rôde et le risque sur l'emploi Gaspard-Ganzer ?
Le gouvernement commence sur un terrain très glissant c'est une sacrée patinoire d'abord sur le pouvoir d'achat puisqu'il y a une urgence c'est aider notamment les travailleurs les plus modestes à ne pas subir de plein fouet comme c'est déjà le cas la hausse des prix de l'énergie mais aussi des loyers et des prix de l'alimentaire donc là il y a un certain nombre de chèques de bonus qui vont être donnés on va tripler la prime Macron vraiment on va continuer de raser gratis et je pense qu'ils ont raison d'ailleurs parce qu'il y a vraiment une urgence mais ça ne va pas pouvoir durer pendant 5 ans comme ça la dette a déjà largement explosé la banque centrale européenne relève les taux et le goulet se resserre de plus en plus autour du coût du gouvernement qui va à un moment donné devoir faire des économies ou augmenter les impôts et on se prépare des temps extrêmement difficiles donc là on est dans l'urgence mais au moyen terme on ne voit pas trop comment ça va se dessiner avec des contraintes de plus en plus fortes et puis sur la question énergétique la question écologique de façon plus large il y a beaucoup de promesses beaucoup d'engagements qui ont été faits moi je vais me l'emporter tenter de les croire en revanche pour l'instant on a assez du mal à cerner comment est-ce qu'ils vont faire à part l'idée d'augmenter la production nucléaire de recréer des centrales mais bon c'est le discours qu'on tenait dans les années 60 je ne trouve pas qu'il y ait beaucoup de modernité en la matière avec de toute façon un effet retard puisque ça va prendre 50 ans et ça va coûter des fortunes sachant qu'on ne sait toujours pas comment retraiter les déchets que ça reste quand même une énergie dangereuse et il n'y a pas encore d'installation d'un discours sur les économies d'énergie ou d'un discours même j'ose le mot sur la décroissance pour l'instant on continue de dire allez consommons investissons continuons à croître etc or on sait que il n'y a pas de planète B comme on le disait à un moment donné et qu'à un moment donné il va falloir faire des économies d'énergie et de consommation de façon générale on peut difficilement faire une campagne électorale sur le thème du sang et des larmes de la décroissance ça va être très dur peut-être qu'un jour il faudrait peut-être qu'un jour il faudrait mais je pense que la maturité d'opinion publique quand vous voyez comment les propositions de la NUPES sont envoyées y compris sur le tract avec les 10 propositions pour séduire un électorat issu de l'immigration maghrébine et surtout algérienne on enverra du blé avec des prix intéressants pour l'Algérie on achètera du pétrole algérien en le payant plus cher enfin etc je veux dire là à partir du moment où on dit à peu près n'importe quoi je crois qu'on peut dire ça c'est difficile de vous faire une campagne électorale en disant ça va être absolument affreux bon on voit quand même des pistes qui se dessinent il y en a une c'est le fameux leasing pour les voitures électriques pour les ménages modestes mais la difficulté c'est effectivement de cibler sur les ménages modestes sans faire une usine à gaz pour être bien sûr de tabler au bon endroit de cibler au bon endroit parce qu'au fond que les ménages plus aisés et 18 centimes de moins au litre d'essence c'est bien mais c'est pas ça qui change vraiment leur mode de vie mais ça coûte quand même assez cher à l'ensemble du budget de l'Etat
avec une difficulté supplémentaire Béatrice Giblin vous êtes géographe vous connaissez bien la question bien souvent le poste donc énergie le poste notamment transport des ménages modestes est le plus élevé parce que ce sont eux qui ont le moins de facilité à se loger à côté des centres urbains et s'il fallait faire je ne sais pas une transition dans le domaine écologique à plusieurs niveaux il y a aussi une politique de l'habitat à faire d'ailleurs je note qu'il n'y a pas de secrétaire d'Etat au logement
il n'y en a pas pour le moment on peut penser qu'il risque d'y en avoir un pour les élections législatives passées c'est à dire que le problème c'est qu'il faut construire là où il y a de l'emploi et là où il y a de l'emploi c'est déjà dans des densités de population très élevées l'île de France reste quand même le lieu dans lequel les créations d'emplois sont les plus nombreuses les plus variées et pour finir vous finissez par revenir travailler en région parisienne même si vous espériez rester en province parfois donc là il y a une vraie question on ne peut plus construire en hauteur parce que ça fait hurler tout le monde on veut du pavillon parce que tout est fait quand même pour vous donner à penser que le pavillon c'est mieux donc avec du jardin donc ça veut dire des densités faibles donc ça veut dire de l'artifilisation des sols voilà c'est à dire que vous avez une opinion publique qui n'a pas envie et qui a de moins en moins envie de vivre dans des zones denses mais au contraire de vivre dans un encadrement enfin la ville à la campagne avec tous les services possibles donc c'est un problème difficile qu'on construise pas c'est en France c'est évident que les bailleurs sociaux ont besoin d'argent pour construire c'est à dire qu'il faut qu'ils touchent des loyers conséquents pour pouvoir réinvestir même si la caisse des dépôts est là pour donner un coup de main si on veut qu'on construit alors à ce moment là il ne faut pas bloquer les loyers comme c'est une idée qui court on a vu déjà que des exemples de blocage de loyers dans l'histoire ont eu des conséquences absolument catastrophiques c'est ce qui s'est passé avec la première guerre mondiale on a bloqué les loyers on les a laissés bloquer très très longtemps résultat tous vos maçons de la région de Limoges du Limousin ils ont perdu leur savoir-faire parce qu'il n'y avait plus rien à construire donc c'est extrêmement délicat cette question là et quand Elisabeth Borne dit méfions-nous d'un certain nombre d'idées qui semblent bonnes mais ça va avoir des conséquences catastrophiques moi je trouve que le logement est un très très bel exemple non qu'on arrive à trouver le moyen de soutenir les classes modestes qui habitent en milieu semi-rural on va dire ou en rural avec un mode de vie urbain parce qu'en fait c'est un peu ça de façon à ce qu'ils puissent continuer à faire leurs 60 km par jour ou leurs 100 km par jour ce qui est beaucoup ça ça me semble être du court terme rapide qu'il faut faire après dans l'écologie vous avez du court terme avec le pouvoir d'achat du moyen terme et du long terme mais ce qui est vrai pour tout ce qui est les thèmes la santé l'éducation l'écologie il va falloir gérer des calendriers différents et ça ne va pas être simple mais justement je pense qu'on est au coeur du sujet et du problème je pense que le gouvernement à l'heure actuelle se pose la question du règlement de problèmes très urgents le pouvoir d'achat la hausse des prix de l'énergie qu'il faut absolument traiter mais en même temps faire de la politique ce n'est pas gérer simplement une succession de crises c'est évidemment le premier devoir du léviathan protecteur de garantir la sécurité qu'elle soit sanitaire publique économique sociale mais je pense qu'on peut attendre davantage de la politique Emmanuel Macron a été élu pour 5 ans c'est son dernier mandat il a l'occasion de transformer profondément la société il n'a pas pu le faire totalement dans son premier mandat en raison de la succession des crises et peut-être de la nécessité de les traiter en urgence mais ce qui est intéressant aujourd'hui c'est de se poser la question quel va être le récit dans le domaine de l'écologie est-ce qu'on va continuer à croître indéfiniment en essayant de gérer notre mix énergétique ou est-ce qu'on va peut-être installer dans le débat public la nécessité de faire des économies de décroître dans le domaine démocratique est-ce que l'on va continuer avec cette 5ème république très verticale ou est-ce qu'on va essayer de réinventer la participation citoyenne dans le domaine européen est-ce qu'on va assumer qu'on va vers une plus grande fédéralisation de nos politiques publiques ou est-ce qu'on va aller du côté de la nation moi c'est ces questions-là qui m'intéressent quel est le récit que l'on construit pour les 5 prochaines années et pas simplement de savoir même si c'est indispensable de combien de centaines d'euros on va augmenter la prime Macron au cours des prochaines semaines vous avez parfaitement parfaitement raison je pense quand même que enfin en tout cas je fais crédit à des gens comme Elisabeth Borne à Emmanuel Macron d'avoir quand même des projets à long terme on ne change pas une société en 5 ans même pas en 10 ans c'est quand même lourd à faire à faire évoluer on a quand même quelques blocages en particulier y compris syndicaux qui ne sont pas si faciles que ça à faire bouger mais là compte tenu si vous voulez des réseaux sociaux compte tenu de l'information en continu compte tenu d'une opinion en public avec le souvenir des gilets jaunes il est bien évident que dans l'immédiat en particulier jusqu'aux législatives il faut essayer de calmer le jeu c'est une priorité rien ne dit après quand on regarde quand même le nombre de membres du gouvernement préoccupés par l'écologie à des postes qui sont importants moi je continue à penser que ça sera quand même l'axe central du gouvernement on verra bien
espérons le la question en tout cas qui se pose maintenant pour ce gouvernement c'est d'aller jusqu'aux législatives un commentaire Gaspard Wanzer sur ces élections qui se profilent
je pense que la logique de la 5ème république présidentialiste avec un mandat de 5 ans et des élections législatives qui succèdent à l'élection présidentielle va s'appliquer avec une très grande brutalité je n'ai aucun doute sur le fait que la majorité présidentielle va remporter l'élection c'est vrai ? vous n'avez aucun doute j'ai aucun doute parce que le scrutin uninominale à deux tours favorise énormément les partis centraux comme l'est la majorité présidentielle alors je ne dis pas qu'ils vont avoir les 577 députés sur les 577 en revanche ils pourraient repasser ce son dans quelques semaines je pense qu'ils vont avoir
un beau pari en tout cas ce serait glorieux
je ne prends pas beaucoup de risques honnêtement mais je pense qu'ils vont faire plus de 400 députés plus de 400 députés ?
oui je pense que c'est dramatique d'ailleurs je ne dis pas du tout que je le souhaite parce que je pense qu'on va avoir cette chambre au palais Bourbon introuvable un peu comme on l'avait en 1993 après les élections législatives dans lesquelles on a vu plus de 400 députés de l'UDF et du RPR à l'époque parce que les oppositions ne sont pas en capacité d'intégrer d'incarner une alternance équivalente à celle de la majorité présidentielle je pense que la coalition de gauche va avoir beaucoup de députés peut-être 50 peut-être 100 ce qui est beaucoup plus que ce qui est le cas à l'heure actuelle mais ils n'arriveront pas à avoir 200 députés comme parfois les oppositions avaient pu les avoir quand c'était les républicains ou le PS dans une logique d'alternance plus classique gauche-droite
parce qu'en tout cas en termes d'intention de vote je dis bien d'intention de vote au premier tour et il est compliqué de les transformer en siège bien entendu le NUPES ou la NUPES comment dit-on
d'ailleurs
il faudrait on aura un petit problème de communication sur le terme donc enfin en tout cas vous voyez ce que je veux dire l'alliance de gauche à 27% des attentions de vote tandis que les candidats soutenus par la majorité présidentielle sont à 28% et le rassemblement national à 21%
mais c'est vraiment important c'est important pour les auditeurs mais si vous êtes deuxième dans toutes les circonscriptions vous perdez toutes les circonscriptions donc c'est ça le problème la logique c'est pour ça qu'il est indispensable de faire de la proportionnelle
et c'est surtout ce qui effectivement entrave le nombre de députés pour le rassemblement national là les projections sont assez basses et puis pour
le vote de Mélenchon présidentiel est un vote géographiquement très concentré il fait beaucoup de voix dans ce qui était l'ancienne banlieue rouge là il en fait beaucoup avec une abstention qui est quand même forte et il fait beaucoup de voix sur on va dire le sud de la France pour faire simple mais dans le quart nord-est qui est le quart de la population anciennement ouvrière et défavorisée vous n'avez pas une forte percée de Mélenchon à ce moment là ça veut dire que même s'il a une mobilisation de son électorat elle sera concentrée donc il fera peut-être des dégâts de circonscription avec des scores tout à fait intéressants remarquables mais néanmoins toujours avec une très forte abstention quand vous voyez qu'on va dire jusqu'à 25 ans entre 18 et 25 ans voire 30 ans il y a 30% des gens qui ont l'intention d'aller voter ou 35% des gens qui ont allé voter et que les personnes âgées c'est 65 ça vous donne déjà une idée de ce que disait Ganser sur ce qui va se passer et c'est pas une bonne chose
l'Ipsos dans ses dernières projections donne pour la NUPES entre 165 et 195 sièges pour Renaissance le Modem et Horizon donc la majorité présidentielle entre 290 et 330 sièges et effectivement pour le Rassemblement National 20 à 45 sièges ce qui est beaucoup plus bas que le score obtenu au second tour quant aux Républicains il serait entre 35 et 65 sièges donc un effet de ce que vous évoquiez tout à l'heure Gaspard Ganser
Oui ça montre aussi qu'il y a un gros problème avec ce mode de scrutin parce que certes il a permis de la stabilité politique sous la Ve République mais il conduit à une déformation du corps électoral qui n'est plus acceptable dans une démocratie évidemment moi je combattrais toute ma vie les idées du Rassemblement National mais je trouve ça pas du tout normal que Marine Le Pen qui a réussi à faire plusieurs millions de voix à l'élection présidentielle qui est arrivée en finale pour la deuxième fois de suite et peut-être un nombre de députés pour son parti inférieur à 50 il y a eu une anomalie démocratique
Un mot de conclusion ?
Elle l'a d'ailleurs parfaitement intégré puisque la campagne qu'elle fait pour les législatives est une campagne exclusivement pour l'instant contre Mélenchon et en ayant voulu faire aucune alliance avec Reconquête c'est là le problème dans le système électoral que nous avons si vous ne faites pas d'alliance et bien vous n'arrivez pas effectivement à emporter le morceau donc nécessité de mettre de la proportionnelle et on n'a pas besoin d'une réunion du Parlement au complet pour mettre de la proportionnelle seulement ce dosage-là est toujours un peu délicat à faire
Merci beaucoup Gaspard Ganser Merci Béatrice Giblin Merci Béatrice Giblin
Merci Béatrice Giblin