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Autrefranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 27 avril 2026 24 minContradictoireMixte

Tentative d'assassinat de Donald Trump, l'image du président américain... Le "8h30 franceinfo" de Corentin Sellin

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0:01
Présentateur

France Info. Bonjour Corentin Sélin. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul Barcelone. Bonjour à tous. Ça devait être une soirée de gala dans un grand hôtel, mais un homme armé a ouvert le feu. C'était samedi soir à Washington alors que Donald Trump était en plein dîner des correspondants de la Maison Blanche. On écoute les mots du président américain juste après les faits.

0:25
Invité

Personne ne m'avait dit que c'était un métier aussi dangereux. Si Marco me l'avait dit, peut-être que je n'aurais pas été candidat. Peut-être que j'aurais dit, je passe mon tour. C'est un métier dangereux, mais je ne vois pas ça comme ça. Je suis ici pour faire un travail et ça fait partie du travail.

0:40
Présentateur

Corentin Sélin, c'est la troisième tentative d'assassinat de Donald Trump en deux ans. Est-ce que c'est un évalement banal au regard de l'histoire de la politique américaine ou le signe que Donald Trump est un président particulièrement ciblé ?

0:55
Invité politique

Alors la réponse qu'apporte l'histoire est nécessairement nuancée. On peut rappeler par exemple qu'un président aujourd'hui un peu oublié comme Gerald Ford en 1975 avait subi en un mois deux tentatives d'assassinat. Et donc, alors que ce n'était pas un président, j'allais dire, clivant politiquement comme peut l'être aujourd'hui Donald Trump, il faut rappeler que depuis 1835, une première tentative d'assassinat contre un président américain, Andrew Jackson, à l'époque, il y a eu régulièrement des tentatives d'assassinat et malheureusement des assassinats de présidents américains. Donc du point de vue de l'histoire, on s'inscrit dans quelque chose qui remonte à un temps très long.

1:36
Présentateur

Quatre présidents américains assassinés ?

1:38
Invité politique

Voilà, évidemment, on pense d'abord à John Fitzgerald Kennedy, un assassinat qui a marqué l'histoire dans la seconde partie du XXe siècle. Maintenant, effectivement, là, avec Donald Trump, on a de nouveau une récurrence forte qui interroge sur la polarisation de la vie politique américaine. Là aussi, il faut être très nuancé et regarder ce que nous disent les chiffres. L'année dernière, dans un grand rapport annuel qui est le rapport sur les valeurs américaines du think tank P2RI, on apprend que 17% des Américains trouvent la violence politique justifiée. Bon, alors on se dit 17%, c'est quand même beaucoup.

Maintenant, on a une autre enquête qui nous dit, une enquête du laboratoire sur la polarisation politique, qui nous dit 1% à peine des Américains, et Dieu merci, trouvent le meurtre partisan justifié. Alors là, on peut être un peu plus rassuré. Oui, mais en même temps, on sait qu'on est dans un pays où les armes sont en circulation, j'allais dire, très libre. Et où on a, alors les statistiques varient, mais on aurait 120 armes à feu pour 100 habitants.

2:56
Présentateur

C'est un des pays où il y a plus d'armes à feu en circulation que d'habitants.

3:00
Invité politique

Voilà, exactement.

3:01
Présentateur

C'est quand même un chiffre assez éloquent.

3:02
Invité politique

Et donc, forcément, si on a même un tout petit pourcentage de personnes qui sont, j'allais dire, convaincus que la violence politique et que la violence létale est un moyen politique légitime, évidemment, ça prend une toute autre ampleur avec ces armes en accès libre.

3:18
Présentateur

Mais sur les événements de samedi, on reparlera dans un instant de la violence en politique, particulièrement aux États-Unis. Est-ce qu'il n'y a pas un décalage entre la puissance dont se revendique Donald Trump, dont se revendique de manière générale les États-Unis, et la faille de sécurité avec cet homme, 31 ans, étudiant californien, qui est venu par le train depuis Los Angeles manifestement, et qui a réussi à pénétrer, même à réserver une chambre d'hôtel au Hilton, à Washington, samedi ?

3:41
Invité politique

Oui. Alors là aussi, peut-être, on va essayer de nuancer. Du point de vue du Secret Service, cette fois-ci, j'allais dire, le contrat final a été atteint, puisque le criminel en puissance a été intercepté, a été neutralisé, avant même d'être entré dans la salle de réception. Dieu merci, l'agent du Secret Service, qui a été visé par un tir, a été protégé par son gilet par balle. Il n'y a pas de victime. Donc du point de vue du Secret Service, j'allais dire, par rapport, et surtout ces 10-15 dernières années, à toute une série d'erreurs qui ont pu être commises par ce service de protection du président américain, là, j'allais dire, le contrat a été rempli.

Maintenant, ce qui est plus étonnant, et là où vous avez raison, là où on s'étonne, c'est quand on apprend que le ministère de la Sécurité Intérieure, dont dépend le Secret Service, n'avait pas qualifié cet événement, donc le dîner des correspondants de presse de la Maison Blanche, avec le plus haut degré de sécurité.

4:41
Présentateur

Alors même qu'il y avait Donald Trump le président, J. Devin son vice-président, Mélania Trump, tout l'état-major américain.

4:46
Invité politique

Absolument. Ça, c'est très étonnant. C'est-à-dire qu'on avait quand même, donc, toute la fine fleur, j'allais dire, des élites washingtoniennes politiques médiatiques. On avait la quasi-totalité du gouvernement américain, et ce n'aurait pas été un événement de sécurité le plus élevé possible.

5:06
Présentateur

Comment vous l'expliquez ? C'est quoi ? C'est de l'amateurisme ? On parle souvent de l'amateurisme de l'administration Trump ou de son entourage.

5:12
Invité politique

Alors, déjà, il faut savoir, et là aussi l'histoire est très éclairante, il faut savoir que le Secret Service, depuis qu'il a pris sa mission de protection, sa mission première de protection du président et de sa famille, c'est-à-dire depuis le début du XXe siècle, parce qu'auparavant, il faut le rappeler, le Secret Service n'avait pas été fondé du tout pour ça. Il était fait pour enquêter sur les trafics de fausses monnaies. Et le Secret Service s'est construit dans ses erreurs, c'est-à-dire que c'est par les erreurs qui ont été faites au fil du temps dans la protection qu'il a amélioré graduellement sa protection du président.

Et là, je crois qu'aujourd'hui, dans ce cas précis, simplement, il faut se rendre compte de ce que c'est. On est dans un événement d'abord privé, qui n'est pas organisé par la Maison-Blanche, mais qui est organisé par l'Association des Correspondants de Presse de la Maison-Blanche. Deuxièmement, dans un grand hôtel qu'on a choisi, parce que c'est l'un des seuls à Washington où il y a une salle de réception suffisamment grande pour recevoir plusieurs milliers d'invités, plusieurs milliers de convives, et donc c'est extrêmement difficile à sécuriser. Et par ailleurs, le Secret Service et ses dirigeants s'en plaignent régulièrement. Il n'a pas des moyens illimités.

Donc, comment vous faites pour sécuriser un lieu sur lequel, j'allais dire, le Secret Service n'a pas entièrement la main, avec des moyens qui sont bien sûr colossaux, mais qui ne sont pas illimités ? Eh bien, ça peut expliquer certaines failles comme celles que je viens de décrire.

6:37
Présentateur

Le suspect, Corentin Selin, c'est un professeur californien de 31 ans. Alors, il ciblait des membres de l'administration Trump, selon le ministère américain de la Justice. Il a été décrit comme un loup solitaire. Il aurait publié un manifeste anti-chrétien, selon Donald Trump. Mais tout de même, en apparence, on dit qu'il avait fait de bonnes études, qu'il avait une situation. Ça pourrait être un citoyen lambda qui passe à l'acte, pour des raisons politiques. Qu'est-ce que cela dit de la société américaine ? Est-ce que c'est devenu fréquent ?

7:09
Invité politique

Alors, premièrement, il faut toujours rappeler que dans le passé historique, même si souvent on a eu effectivement des profils, on va dire, d'illuminés en quête de gloire, même dans ce cas des illuminés en quête de gloire, il y avait toujours des motifs politiques dans leur action. Ça, c'est très intéressant. Le premier, j'y fais allusion, le premier Rome qui a essayé d'assassiner un président des Etats-Unis, donc Lawrence contre le président Andrew Jackson, certes, il était complètement illuminé. Lui, il se prenait pour le roi d'Angleterre, Richard III. Mais en même temps, il en voulait à Jackson de vouloir supprimer la première banque fédérale des Etats-Unis.

Et il avait des revendications politiques très précises. Donc, ce que je veux dire, c'est qu'il ne faut pas opposer, on va dire, peut-être les illuminés, la folie, et les motifs politiques, on peut avoir un dérangement mental et avoir quand même des motifs politiques.

8:04
Présentateur

D'autant que là, il y a des motifs politiques, puisque cet étudiant californien évoque l'affaire Epstein, évoque tout un tas d'affaires, estime que Donald Trump a des mains sales. Malgré tout, est-ce que ça ne pose pas, mais peut-être d'ailleurs, comme en France, la question de la santé mentale aux Etats-Unis ?

8:17
Invité politique

Alors, forcément, effectivement, il y a une question de santé mentale, surtout que les premiers témoignages qu'on a sur cet assassin en puissance, celui qui a tenté d'assassiner Donald Trump samedi. On note quelqu'un qui, à l'université, était repéré comme étant extrêmement solitaire, extrêmement isolé, donc avec un profil, peut-être, oui, qui pouvait laisser à penser, mais là, on ne va pas s'avancer, je ne suis pas spécialiste de santé mentale, mais effectivement, on pourra peut-être retrouver des signes précurseurs, au moins, en tout cas, de troubles mentaux.

Mais encore une fois, attention de ne pas se dire, voilà, il y a soit un tireur, j'allais dire, à motif politique, ou à l'opposé, un tireur illuminé, on peut avoir...

9:06
Présentateur

Ça peut être lié.

9:07
Invité politique

Voilà, ça peut être lié.

9:08
Présentateur

En tout cas, dans ce contexte, on parlait de la violence, qui était assez inhérente à l'histoire de la politique américaine, le port d'armes aux Etats-Unis, il n'est absolument pas remis en cause. Cet événement ne pourrait pas peut-être faire avancer la société américaine ?

9:22
Invité politique

Alors, ça, on peut être beaucoup plus catégorique. Non. D'ailleurs, le ministre de la Justice par intérim, Todd Blanche, qui hier a fait la tournée des télévisions pour, j'allais dire, donner des nouvelles sur l'enquête et faire le point. Alors, c'était un petit peu étrange, d'ailleurs, parce qu'il faut rappeler que c'est l'ancien avocat privé de Donald Trump. Donc, voilà, ça, c'est une petite singularité.

Il a bien noté à plusieurs reprises que, selon lui, cela n'avait rien à voir avec les lois sur les armes et avec la circulation sur les armes à feu, reprenant la vieille thématique républicaine et conservatrice, qui est de dire que le problème n'est pas dans la libre circulation des armes à feu, mais dans le problème de ceux qui les utilisent et de leur santé mentale en particulier. Et il faut rappeler que depuis 2008 est l'arrêt Hillel de la Cour suprême qui a, j'allais dire, réaffirmé le droit individuel pour chaque citoyen de détenir, de posséder et de transporter une arme.

Ça veut dire que la violence et la mort font partie aujourd'hui de la vie politique américaine et de la société américaine ? C'est-à-dire, en tout cas, pour finir sur les armes à feu, que la Cour suprême a rendu, depuis cette première jurisprudence, toute une série de jurisprudences qui ont, j'allais dire, encore relâché les législations prises parfois par les États locaux pour réglementer les armes.

10:46
Invité

Le 830 France Info, Agathe Lambret, Paul Barcelone.

10:51
Présentateur

Avec Corentin Sénin, professeur agrégé d'histoire en classe prépa au lycée Carnot de Dijon. Vous êtes chroniqueur aussi de la politique américaine pour les jours.fr. Paul Barcelone, on parle de l'attitude de Donald Trump après les faits. Exactement. Corentin Sénin, est-ce qu'il va utiliser le président américain qui est fragilisé dans une opinion, et vous parliez de la société extrêmement polarisée, fragilisée par la guerre en Iran qui tourne à l'enlisement, est-ce qu'il peut retourner la situation et tirer profit des événements de samedi soir, par exemple, dans les sondages ?

11:19
Invité politique

Alors, il y aura certainement un petit effet à court terme, mais il ne sera sans doute pas durable. On peut en prendre un exemple. Lorsqu'il y a eu la tentative d'assassinat à Butler à l'été 2024, il y a eu un petit mouvement, j'allais dire, de réunion autour de Donald Trump qui était en campagne à cette époque-là, et puis la vie politique a vite repris son cours. Je vous pose la question

11:42
Présentateur

parce qu'il a plutôt un discours polissé, je mets des guillemets à polissé, mais pas d'hostilité manifeste contre la presse, à l'exception éventuellement d'une question hier soir à CBS, plutôt un discours d'appel à l'union et d'unité depuis ces événements.

11:55
Invité politique

Alors, j'allais dire que Donald Trump nous a fait une Donald Trump, c'est-à-dire, effectivement, alors, et ça, c'est son point fort et pour répondre à votre question, après Butler, après la tentative d'assassinat de juillet 2024, ce qui avait marqué et ce qui a beaucoup encouragé ses partisans, c'est la résilience dont il a fait preuve sur le moment et qui, qui lui a donné un sentiment de, j'allais dire, de détermination et qu'il a infusé aussi parmi ses partisans et on voit que là, il essaie de jouer la même chose, il a dit, il a beaucoup insisté depuis avant-hier en disant, moi, j'ai été dur, je ne voulais pas sortir, je voulais continuer, le Secret Service a eu du mal à me sortir, donc il joue sur cette image effectivement d'homme résilient, résistant et qui s'est encaissé effectivement ces événements inattendus.

Maintenant, il a fait une Donald Trump pourquoi ? Parce qu'il a été effectivement, vous le disiez, immédiatement après la tentative d'assassinat, il a été très unitaire, très sympathique avec les journalistes dont beaucoup présents étaient, on le comprend bien, en état de choc et hier, lors de son interview par Nora O'Donnell sur CBS, le naturel a repris dessus puisque la journaliste a lu le manifeste de Colt Thomas Allen, l'assassin et le suspect et le présumé celui qui a tenté d'assassiner le président et là, Donald Trump s'est déchaîné contre cette journaliste et donc, on voit que ça vous montre bien que très vite les choses reprendront leur cours normal.

13:26
Présentateur

Autre conclusion tirée par Donald Trump après ces événements, la nécessité d'une salle de balle, il a un projet de salle de balle à 400 millions de dollars, un projet pharaonique et très contesté, c'est une drôle de conclusion, non, de la part de Donald Trump ?

13:40
Invité politique

Alors, Donald Trump mais pas que lui, tous les républicains, on a vu, c'était très impressionnant, tous les élus républicains dans la foulée ont dit il nous faut la salle de balle, il nous faut la salle de réception à la Maison Blanche. Alors, le raisonnement est le suivant, c'est justement, j'y faisais allusion tout à l'heure, il faut que le Secret Service puisse avoir en quelque sorte une salle de réception où il pourra contrôler entièrement les accès, les personnes qui rentrent, etc. et ne plus être dépendant d'endroits extérieurs, privés, qui ne sont pas complètement sous le contrôle du Secret Service.

Cependant, là, effectivement, on voit le rapport qui essaie d'être fait, cependant, ce rapport paraît un peu ténu puisqu'on rappellera qu'ici, ce n'était pas un événement organisé par la Maison Blanche, donc on ne voit pas trop le rapport, c'est surtout pour Donald Trump l'occasion de revenir, il y revient même quand il parle de la guerre en Iran, encore et toujours à cette salle de balle, salle de réception.

14:32
Présentateur

Mais est-ce que vraiment l'opinion américaine peut se retourner sur un tel sujet et un tel événement ?

14:37
Invité politique

Alors, encore une fois, on ne va pas faire d'anticipation. Si on regarde le passé, je le redis, un petit effet, oui, à court terme, voilà, c'est bien légitime, un courant de sympathie, mais très vite, il est probable que très vite, surtout dans le climat des élections de mi-mandat qui s'élancent avec les primaires en ce moment, voilà, donc on va revenir à la vie politique habituelle, donc il n'y aura sans doute pas un impact très fort.

15:06
Présentateur

Et peut-être que c'est ce que souhaiterait Donald Trump, que cela ait un impact parce qu'il est fragilisé notamment par la guerre au Moyen-Orient. D'ailleurs, hier, il a dit je ne pense pas que cette tentative d'assassinat ait un lien avec ce qui se passe au Moyen-Orient. Il y a aussi Fox News qui a publié un sondage assassin sur Donald Trump il y a quelques jours qui montre que les électeurs américains désapprouvent la politique de Donald Trump, que ce soit sur le plan économique, sur le plan diplomatique. Ils estiment aussi que les démocrates feraient mieux que les républicains pour la première fois depuis 2010. Est-ce que c'est dans ce sens-là que l'opinion est en train de se retourner ?

Est-ce qu'il y a un désamour de Donald Trump ?

15:43
Invité politique

Oui, alors ça c'est très important. Pour la première fois depuis 2010, convaincu que les démocrates feraient mieux que les républicains sur l'économie. Il ne faut pas oublier que Donald Trump originellement et en 2024 en particulier, il est élu sur la promesse de « je suis un milliardnaire, un grand patron, je sais gérer l'économie et je saurais, par exemple, juguler l'inflation que Biden n'a pas su juguler ».

16:07
Présentateur

Il promettait un nouvel âge d'or économique américain ?

16:09
Invité politique

Il promettait un nouvel âge d'or économique. Alors, certes, en ce moment, les chiffres macroéconomiques sont toujours bons en ce qui concerne le chômage. L'inflation commence à repartir logiquement avec la guerre en Iran et l'augmentation du prix de l'essence et c'est là, justement, qu'il y a déception et là, c'est très grave pour Donald Trump parce que c'est la promesse originelle du trumpisme. Elle est un peu double.

C'est premièrement « America first, je vais m'occuper de vous, les Américains, les habitants des États-Unis, avant de m'occuper des grands conflits extérieurs et la marche du monde et deux, je vais m'occuper de votre sort quotidien, je vais m'occuper de votre panier de la ménagère. » Or, justement, avec la guerre en Iran, il fait absolument le contraire. Ces derniers jours,

16:51
Présentateur

on a beaucoup vu de polémiques, particulièrement sur les réseaux sociaux, sur la question de la santé mentale de Donald Trump, la question de savoir s'il était fou, s'est posée. On a vu aussi cette image juste avant les événements de samedi dont on parle de Donald Trump qui s'endormait devant la presse dans le bureau Oval à Washington. Est-ce que vous le trouvez affaibli physiquement en ce moment ? Est-ce qu'il y a un problème de forme physique pour Donald Trump ?

17:12
Invité politique

Alors, encore une fois, je risque de décevoir, mais je ne suis pas médecin, je ne suis pas... Donc, je ne me prononcerai pas là-dessus. Moi, en tant que professeur d'histoire, ce qui m'intéresse, c'est plutôt la notion d'aptitude à la fonction. C'est telle qu'elle est définie, d'ailleurs, par l'article 25... Par l'amendement, pardon, excusez-moi, par le 25e amendement de la Constitution... Qui permet l'impingement ? Alors...

17:36
Présentateur

La procédure

17:37
Invité politique

qui a été adoptée en 1967 et ce 25e amendement de la Constitution donne une procédure, éventuellement, section 4 du 25e amendement, pour retirer le pouvoir à un président qui serait jugé inapte. Alors, c'est complètement inapplicable parce qu'il faudrait que ce soit, on le rappelle, le vice-président et une majorité du gouvernement qui déclarent le président inapte. Mais ce qui est intéressant, ce qu'ils ne feront jamais, mais ce qui est intéressant, c'est cette notion d'aptitude à la fonction. Nous, ce qui nous intéresse du point de vue politique et historique, c'est cette notion d'aptitude à la fonction.

18:08
Présentateur

Et certains la posent ouvertement, cette question aux Etats-Unis, chez les démocrates notamment, même chez les républicains, on voit qu'on commence à s'interroger.

18:14
Invité politique

Effectivement, pourquoi ? Parce que, simplement, et là, peut-être que Donald Trump, c'est un peu un boomerang, il a beaucoup fait sa campagne de 2024 sur l'inaptitude de Joe Biden. Sauf qu'aujourd'hui, lui, il partage avec Joe Biden quelque chose, c'est l'âge. Ce sont les deux présidents les plus âgés à exercer le pouvoir à la Maison-Blanche. Et cette année, Donald Trump va franchir un cap symbolique très fort. Il va passer, il aura 91 ans cet été. Et on voit, tout simplement, un homme qui, président des Etats-Unis, c'est un travail monumental, non-stop, et tout simplement, il commence à marquer certaines faiblesses dues à l'âge.

Donc ça, c'est incontestable et c'est une problématique qui avait déjà été posée par Joe Biden. Et incontestablement, ça pèsera sur sa fin de mandat puisqu'il faut rappeler que normalement, il doit finir son deuxième mandat, il aura 82 ans, ce qui, pour un président des Etats-Unis, est extrêmement âgé.

19:17
Présentateur

Quelques heures avant ces tirs, lors du dîner des correspondants de la Maison-Blanche, les négociations sur le Moyen-Orient prévues au Pakistan avaient tourné court. Donald Trump avait annulé le voyage de ses émissaires Jared Kushner et Steve Witkoff. Est-ce que ça peut lui permettre de faire diversion quelque temps, ces événements ? Oui, alors... Ou le sujet de la guerre va le rattraper ?

19:38
Invité politique

Incontestablement, depuis 48 heures, ça permet de changer le récit, de réorienter le récit, de réclamer, j'y ai fait allusion, alors deux choses. Premièrement, le financement de la salle de réception, de la salle de balle qui est bloquée pour l'instant par la justice. Et deuxièmement, aussi, on n'en parle pas assez, le financement budgétaire du secret de service et au-delà du ministère de la Sécurité Intérieure qui est bloqué par les démocrates depuis deux mois. Donc, les Républicains pilonnent là-dessus, utilisent ces événements.

Mais très vite, évidemment, on va revenir au sujet de la guerre et avant ces événements, Donald Trump paraissait bloqué puisque pour l'instant, les négociations sont au point mort total puisqu'elles ont été, le deuxième volet des négociations qui étaient prévues à Islamabad a été ajourné et donc là, effectivement, il est, semble-t-il, dans une impasse pour une guerre qu'il,

20:28
Présentateur

il faut le rappeler... Est-ce qu'il est dépassé même par cette guerre ? Qu'il a décidé tout seul sans prévenir personne en a beaucoup parlé ici ?

20:34
Invité politique

Alors, je ne me prononcerai pas sur le dépassé mais en tout cas, il avait fait une promesse, c'était une guerre courte, il avait dit, vous allez voir... Vous avez captité le régime iranien. Voilà, ça va être une promenade, il avait employé des mots comme promenade, une excursion, il avait-il dit. Donc voilà, et là, on voit bien que ça dure, qu'il n'y a aucune sortie de conflit visible à court terme et encore une fois, il a un délai, imposant ce chronomètre, ce sont les élections de mi-mandat de novembre et là, il faut vraiment qu'il trouve une porte de sortie à ce conflit et ça ne se dessine pas pour l'instant.

21:06
Présentateur

Est-ce que la sollicitation du Congrès en deux mots peut être une manière pour lui de sortir de la crise ? On est bientôt au 60e jour, il en a quasiment l'obligation, en deux mots vraiment.

21:14
Invité politique

Oui, oui, alors effectivement, ça c'est une échéance très importante mais il sait qu'il peut compter sur des majorités républicaines certes fragiles mais dont la fidélité a quand même été prouvée en particulier sur cette question depuis le début du conflit en Iran.

21:26
Présentateur

Donald Trump cette fois ne s'apprêtait pas à envoyer une fois de plus son vice-président J.D. Vance pour négocier. Est-ce que c'est significatif ou pas ?

21:37
Invité politique

Alors, c'est significatif. On a noté ces derniers temps, j'allais dire, la montée en puissance dans l'appareil d'État américain du secrétaire d'État et conseiller de la sécurité nationale Marco Rubio et un J.D. Vance à qui on confie non seulement les missions difficiles parce qu'aller négocier à Islamabad, c'était difficile, c'était exposé et peut-être un Donald Trump qui essaye de jouer de la rivalité entre les deux hommes.

On sait que Vance se prépare pour 2028 pour la succession de Donald Trump et on voit Donald Trump qui marque quand même des signes j'allais dire d'appréciation voire d'affection envers Marco Rubio et essaye peut-être d'instaurer une concurrence entre les deux hommes, concurrence qui lui permettrait de jouer les arbitres après les élections de mid-mandat de 2026 et de garder ainsi j'allais dire un peu la main sur les manettes jusqu'à 2028.

22:26
Présentateur

C'est le moment de la question qui, Corentin, s'est bien comme tous les jours. Aujourd'hui, la question qui exfiltre. Il y a des images qui ont surpris et qui ont suscité des questions sur les réseaux sociaux. Celles de l'évacuation de la salle juste après que les tirs ont retentit. Le vice-président, justement, J.D. Vance, a été exfiltré avant Donald Trump. Pourquoi ?

22:49
Invité politique

Sans avoir la réponse n'étant pas dans le secret des dieux du secret de service, on peut dire plusieurs choses. Premièrement, j'y faisais allusion. Il faut savoir que Donald Trump, dans un premier temps, il ne voulait pas être exfiltré. Il a sans doute opposé plus de résistances. Il a même resté à table. Il a dit « Moi, je ne bouge pas, on va continuer, je n'ai pas peur. » Toujours montrer cette image de virilité, d'affirmation. Donc, première chose.

Deuxième chose, il y a peut-être eu un raisonnement parce qu'effectivement, normalement, on s'arrange toujours pour que le vice-président et le président ne soient pas au même endroit en même temps pour préserver l'ordre de succession et préserver la continuité des institutions. Troisièmement, je nuancerai quand même sur cette question, ce qui est assez frappant pour un historien, c'est de constater que les théories du complot et des conspirations aux Etats-Unis, elles sont beaucoup nées justement avec les tentatives d'assassinat sur les présidents ou les assassinats présidentiels.

Et d'ailleurs, dès 1835, j'y faisais allusion, dès la première tentative d'assassinat sur Andrew Jackson, c'est Andrew Jackson lui-même qui avait, lorsqu'il avait été visé par Lawrence, il avait dit que c'était un complot contre lui, que c'était un sénateur qui avait voulu l'éliminer. Donc, on voit que depuis l'origine, on a toujours, et maintenant encore plus avec toutes les images, la profusion d'images... Merci Corentin Sélin. Voilà.

24:00
Présentateur

On voit toujours ces théories du complot à l'épreuve des tentatives d'assassinat. Merci Corentin Sélin. Je rappelle que vous êtes professeur agrégé d'histoire en classe prépa au lycée Carnot de Dijon. Merci Paul Barcelone. Avec plaisir.