Le RN est incontournable à l'Assemblée nationale - Philippe Ballard (BFMTV)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:06OuverteRéponse directe
Les journées du patrimoine peuvent-elles perturber les passations de pouvoir ?
- 1:11OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes pour Laurence Garnier au gouvernement ?
- 1:31RelanceRéponse partielle
Si Bruno Retailleau est annoncé à ce gouvernement, vous ne le soutiendrez pas ?
- 2:03RelanceÉludée
Comment on fait ce matin avec les noms qui ont été proposés hier ?
- 3:59OuverteRéponse directe
Philippe Ballard, est-ce que tout le monde vous va ?
- 4:17OuverteRéponse directe
Ce casting vous va ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:13Invité politiqueFait
« À partir de demain et dimanche aussi, il y aura du public à l'Elysée, à Matignon, dans tous les ministères. »
- 2:31Invité politiqueFait
« Mme Garnier, le nom a été biffé, comme on dit. Rayé par Emmanuel Macron hier. »
- 2:35Invité politiqueFait
« Hier, en revanche, Bruno Retailleau s'est fait. »
- 3:37InvitéFait
« La préférence nationale n'a pas été intégrée par le Rassemblement national, elle a été intégrée par M. Retailleau au Sénat. »
- 13:25InvitéChiffre
« On représente 11 millions de Français. »
- 15:16Invité politiqueFait
« Gabriel Attal l'a interpellé directement en disant : vous voulez faire quoi ? Augmenter ou pas ? »
- 15:18Invité politiquePromesse
« On ne doit pas augmenter les impôts pour les classes moyennes. On ne va pas augmenter le taux de prélèvement obligatoire. »
Temps de parole
- Invité29 %
- Invité 219 %
- Invité 317 %
- Présentateur17 %
- Philippe Ballard16 %
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J'ai une question qui nous est arrivée tout à l'heure, il y a les journées du patrimoine ce matin, une question vraiment annexe, puisqu'on se demandait sur le camp, est-ce que ça peut venir perturber et l'annonce du gouvernement et les passations de pouvoir ?
Oui, ce n'est pas une question annexe, parce qu'à partir de demain et dimanche aussi, il y aura du public à l'Elysée, à Matignon, dans tous les ministères. Les ministères sont ouverts aux personnalités français qui veulent visiter ces endroits-là de la République. Et donc si l'annonce se fait notamment ce soir, disons cela, il ne pourra pas avoir de passations dans le week-end. Donc il y aura souvent des passations lundi matin. Autre cas de figure, s'il y a une annonce d'Alexis Colère...
On sera là lundi matin, ça va très bien.
Si il y a un annonce d'Alexis Colère, secrétaire général de l'Elysée, demain, il faudra bloquer un endroit de l'Elysée ou une rue annexe pour qu'il fasse l'annonce, car il y aura du public à l'Elysée. Donc c'est un détail, ce n'est pas grand-chose pour vous, mais pour Emmanuel Macron, ça représente beaucoup.
Voilà, évidemment ici de Michel Berger le matin comme ça.
On est cultivé, on ne l'est pas.
Non mais bien sûr, bien sûr. On va afficher le trombinoscope des noms qui ont été proposés hier par Michel Barnier à Emmanuel Macron hier soir. Et on va mettre les pieds dans le plat tout de suite, Ludovic Mendes, puisqu'il y a un nom qui a été cité tout à l'heure par Mathieu Coache, c'est le nom de Laurence Garnier. Laurence Garnier, les Français qui nous regardent ce matin ne la connaissent peut-être pas. Je rappelle, sénatrice de Loire-Atlantique, les Républicains, elle pourrait aller du côté de la famille. Laurence Garnier qui était contre l'IVG dans la Constitution, contre l'interdiction des thérapies de conversion qui prétendent soigner l'homosexualité, contre le mariage pour tous.
Est-ce que vous êtes pour Laurence Garnier au gouvernement ? – Pas du tout. – Bon, ben voilà. – Et son binôme Retailleau qui a voté exactement la même chose qu'elle. – Bruno Retailleau qui lui est attendu du côté des ministères de l'Intérieur. – Justement, l'Intérieur c'est aussi lutter contre les discriminations, c'est aussi être ministre des cultes, c'est pas juste la sécurité, on l'oublie. Quand on voit certains propos qui sont tenus sur l'islam, sur le voile, sur certaines manières de faire la religion, et quand on est ministre des cultes et en responsabilité du FORIF, le Forum de l'Islam de France, qui est sur responsabilité du ministère de l'Intérieur, ça pose des questions.
– Mais attendez, comment on fait ce matin, quand déjà vous vous opposez à deux des noms qui ont été proposés hier à Emmanuel Macron ? – Alors, on en a déjà débattu ensemble. C'est pas m'opposer, c'est de dire qu'il est normal qu'on soit en phase ou pas en phase. C'est aussi notre rôle en tant que parlementaire de l'ancienne majorité, de dire qu'il y a des valeurs qu'on ne va pas partager avec M. Retailleau, avec Mme Garnier. Quand on voit tout le travail qu'on a fait sur le sociétal et qu'ils veulent revenir en arrière, ça peut poser des questions. – Bon, Mme Garnier, sur nos informations, c'est fini.
– Attendez, vous nous dites ça ce matin ? – Oui, Mme Garnier, le nom a été biffé, comme on dit. – Rayé par Emmanuel Macron hier. – Hier, en revanche, Bruno Retailleau s'est fait. Est-ce que si Bruno Retailleau est annoncé à ce gouvernement, vous ne soutiendrez pas ce gouvernement ?
– Il est possible que je ne le soutienne pas. – C'est-à-dire le censurer ? – Non, ça je l'ai déjà dit aussi, je l'ai dit sur le plateau. Censurer avec qui ? Avec le Rassemblement national ? Non, avec la France insoumise non plus. Parce que logiquement, quand on censure un gouvernement, ceux qui le censurent sont censés être l'alternative à ce gouvernement. Je ne rentre dans aucune alternative ni avec la France insoumise, ni avec le Rassemblement national.
– Vous quittez votre groupe ? Vous quittez le groupe politique ?
– Je verrais bien. On est quelques-uns à se poser des questions. – Vous êtes le deuxième depuis 9h sur ce plateau. – Il est normal qu'on puisse se dire qu'il y a des choses qu'on ne partage pas. Je veux dire, moi j'étais un des rapporteurs de la loi immigration. Je vois bien les bras de fer que nous avons avec M. Retailleau. Il a été dit en plus par M. Barnier que l'idée c'était de faire porter par le nouveau ministre de l'Intérieur une loi immigration sans que celle-ci puisse déjà se mettre en place correctement. Et on parle d'essayer de favoriser l'intégration. Non, il faut garantir l'intégration.
Le problème d'intégration fait qu'aujourd'hui on a autant de débats sur l'immigration dans notre pays. Donc il faut apporter d'autres réponses. Et la préférence nationale n'a pas été intégrée par le Rassemblement national, elle a été intégrée par M. Retailleau au Sénat. – Avec une bonne partie qui a été retoquée. – C'est ce qu'on a fait avec Florent Boudy, rapporteur général, et Sachaoui à l'époque, c'était de nous battre pour tout ce qui venait du Sénat qui ne correspondait pas aux valeurs que nous voulions défendre et qui ne correspondait pas non plus à la Constitution française. – Géraldine, on est dans une situation particulière.
Et je vous demanderai aussi, Philippe Ballard, évidemment, si tout le monde vous va, puisqu'on a compris que ce gouvernement était sous votre surveillance. Mais on est dans une situation particulière ce matin où on a une liste assez précise de qui va où, etc. et où chacun peut se positionner. Et on voit qu'effectivement, il y a des noms où ça coince du côté du camp d'Emmanuel Macron.
– C'est assez compréhensible dans la mesure où on a l'impression qu'on est vraiment allé au bout du en même temps, parce que les profils de droite qui sont présentés sont quand même plus proches du fillonisme de François Fillon, d'une droite un peu plus dure, que de celle de Xavier Bertrand, par exemple. Donc on peut comprendre qu'il y a des crispations dans les ministres potentiels qu'on nous présente. Pas mal sont passés par un petit parti, un micro-parti, Force républicaine, qui avait été créé par François Fillon, repris ensuite par Bruno Retailleau, il y a Sophie Primas. Donc voilà, ça imprime quelque chose.
Maintenant, moi j'entends, monsieur le député, j'imagine que ce sera tout l'enjeu de la déclaration de politique générale du Premier ministre de faire cette alchimie, parce qu'il y a aussi par ailleurs dans ce gouvernement putatif des ministres de l'ancienne majorité présidentielle plutôt proches de la gauche, comme par exemple Agnès Manier-Runacher.
– Oui, il y en a une. – Oui, mais du coup, on peut supposer qu'elle obtenait des garanties. – Le dépassement, oui, mais pas avec n'importe qui. Vous parliez d'un parti qui était proche de François Fillon. Avant qu'il soit là, il a passé énormément de temps chez De Villiers, il était vice-président du parti, et il a quitté De Villiers parce que justement, il refusait que… – Vous parlez de Bruno Retailleau. – … que M. Retailleau puisse monter au gouvernement de François Fillon. Donc la réalité, c'est qu'elle est un peu plus complexe que ça. Et puis, je suis désolé, quand on est ministre des cultes, on ne met pas sa propre religion en avant, on est ministre de tous les Français.
Donc il y a cette problématique aussi que nous pouvions avoir avec M. Retailleau. Et donc oui, il y a ces débats qu'on peut se poser. Mais comme à la discrimination et laïcité, une personne qui parle simplement de lutter de l'islamisme dans les quartiers, il faut être issu du moins de l'immigration africaine pour lutter contre les discriminations. Les discriminations, c'est aussi le droit des femmes, c'est aussi les personnes en situation de handicap. Ce n'est pas simplement ce genre de choses. Non, mais c'est la vieille droite française. Et on revient comme souhaité sous Sarkozy avec Travallade. Vous avez failli dire que c'est la vieille France ? C'est la vieille France.
Je suis désolé, dans la manière dont on parle de ces sujets-là, par exemple les sujets sociétaux, c'est la vieille France. Ils ont voté contre tous les sujets que nous avons fait évoluer sur le droit des femmes, sur la lutte contre l'homosexualité et compagnie, l'homophobie, pardon. Et la réalité, c'est qu'ils ne correspondent pas aux valeurs que nous avons défendues pendant ces temps. Philippe Ballard. Est-ce que tout le monde vous voit là ? Non, mais... Est-ce que ce casting-là vous va ? Je ne sais pas si vous... Enfin, je pense que vous vous rendez compte de... Enfin, le moment que nous vivons. Enfin, c'est pas étonnant, mais c'est terriblement triste.
C'est pas une surprise, malheureusement. Moi, je me rappelle du slogan que Jordan Bardella, Marine Le Pen, employait durant la campagne des législatives, et notamment avant le deuxième tour, face au Fonds républicain. C'était nous, c'était le sursaut, ou bien le chaos. Eh bien là, on a le chaos. Et on est en plein chaos. Alors, vous me demandez... Il n'a même pas commencé à diriger ? Bah, il n'a pas dirigé, mais enfin... Alors, c'est très compliqué de diriger, parce que quand on est issu de deux claques électorales, quand même, parce que là, les gens que vous nous présentez, ils ont pris une claque aux européennes.
Bah, si on fait le total, Mme Hayé, plus la liste LR, je ne suis pas sûr qu'ils arrivent à 20%. Ou ils sont peut-être à 20... Ouais, 21%. C'est royal au bar. Et puis, ils sont issus quand même... Et puis, deuxième claque au moment des législatives. Et puis, ils sont issus du Front républicain. C'est-à-dire, cette alliance, parce qu'il faut appeler un chat un chat, quand même, quand on retire des candidats, quand on appelle à voter pour un autre candidat qui n'est pas de sa famille politique, c'est une alliance qui allait de Mélenchon à Macron. Et les LR se sont grévées dessus, puisqu'il n'y avait pas... Philippe Ballard sur le gouvernement, pardon.
Typiquement, sur les équilibres du gouvernement, on est en train de dire depuis ce matin que c'est quand même un gouvernement qui penche sérieusement à droite, avec un certain nombre de personnalités, comme Bruno Retailleau, dont on vient de parler, qui a des positions qui ne sont pas très, très éloignées des vôtres, notamment en matière d'immigration, en matière de sécurité. Donc, voilà. Vous avez dit... Marine Le Pen avait dit que le gouvernement sera sous surveillance. Votre surveillance, là, vous fait dire quoi, ce matin ? Alors, la politique, c'est une histoire d'incarnation. Tout le monde est d'accord. Donc, ce sont des hommes, ce sont des femmes.
Mais la question fondamentale, c'est quelles politiques allons-nous mener ? Quelles politiques vont-ils, s'ils sont retenus, vont-ils mener ? Et ça, on le saura au moment du discours de politique générale et au moment du budget, parce que le budget, il va être Macron-compatible. Ça y est, il y a les premiers éléments qui commencent à sortir. Vous savez que le premier budget le plus sanctuarisé, celui qui augmente, qui augmente, c'est notre contribution au budget de l'Union européenne. Et il y a deux budgets qui risquent d'être abotés. C'est la loi de programmation pour la justice, l'éducation, l'investissement. C'est-à-dire tout ce qui fait l'avenir. Et vous oubliez l'écologie.
Budget Macron... Non, non, non, allez, en deuxième position. Alors après, il y a le travail en commission, il y a le travail... Qui augmente de 2 milliards. Oui, qui augmente, il y a le fonds qui... Si c'est l'écologie punitive, si c'est pour fabriquer les éoliennes, si vous voulez, ce n'est pas un gros... On ne va pas revenir sur le débat sur les éoliennes. Mais ce sera un budget Macron-compatible. On a l'impression qu'il ne s'est rien passé en juin et il ne s'est rien passé au mois de juillet. C'est quand même formidable. Je voudrais qu'on écoute François Hollande, qui était ce matin sur France Bleu Occitanie. Voici sa version du remaniement.
Emmanuel Macron avait dit qu'il avait perdu les élections. Ben non, on vient de laisser penser qu'il en a tiré les conséquences. Non seulement il n'y a pas un gouvernement qui correspond au fonds républicains, mais c'est pire encore. Ce sont les LR qui sont arrivés en force, en plus des anciens ministres d'Emmanuel Macron. Et ce sentiment que j'ai, c'est celui d'une restauration. Vous voyez, on devait avoir un changement. On a une restauration.
On devait avoir un changement. On a une restauration, Thomas Soulier.
Oui. Après, François Hollande n'a pas aidé à ce qu'il y ait un gouvernement d'unité républicaine dans ce pays, quand on parle de Bernard Cazeneuve à l'époque. Et quand on pose la question à Blois, à François Hollande, est-ce que vous allez censurer votre ami et question de Sophie Dupont, il ne répond pas. Donc il n'a pas joué en faveur d'un gouvernement d'unité républicaine. Il fait de la politique et c'est normal. Lui, il veut ressouder la gauche et donc dire « Regardez ce méchant, ce vilain gouvernement de droite. » Il y a une alternative maintenant à gauche. Parce qu'après, la question, c'est l'après.
Si, comme vous le disiez, Michel Barnier ne reste pas longtemps et qu'il part au moment du budget si le RN le censure, après, c'est quoi ? Parce que ça ne sera pas en LR. Ils ont essayé, ça n'a pas marché. Bon, Bernard Cazeneuve, on le rappelle, alors que les amis de M. Ballard ont dit « On le censure tout de suite. » La suite, c'est quoi ? Un gouvernement technique ? Le débat d'après sera les oppositions qui vont dire « Maintenant, c'est la démission du président. » Et donc, la réussite de Michel Barnier, c'est la réussite du président. Ils sont désormais totalement liés tous les deux.
Et donc Emmanuel Macron, depuis quelques jours, on le sait, a appelé des parlementaires qui ne voulaient pas rentrer au gouvernement en disant « Maintenant, tu rentres. » « C'est important. Fais-le pour moi. » Alors que Gabriel Attal et Gérard Darmanin étaient plutôt sûrs « Ne rentrez pas. On ne va pas aller avec ces gens-là. » Donc on voit qu'Emmanuel Macron, aujourd'hui, fait tout pour que ça réussisse en espérant que ce gouvernement soit, comme il le dit lui-même, durable. Qui tient qui, Gérardine Mossner ?
Ah là, mais... En fait, personne ne se tient, j'ai envie de dire. Quand vous regardez la composition de ce gouvernement, les équilibres politiques ont été très difficiles à trouver. Ça donne au Premier ministre à peu près 215 députés à l'Assemblée nationale. On est très, très loin d'une majorité pour faire passer le moindre texte. Et là, on rentre... Donc on a cette présentation. Ne nous attachons pas trop au profil avant le début du parcours d'obstacles. Il va y avoir maintenant... C'est des sauts de haie, à chaque fois des gouffres et des crevasses dans lesquelles le gouvernement peut tomber.
La déclaration de politique générale, la présentation du budget, la première niche parlementaire du Rassemblement national avec le vote des retraites...
La vocation de la rassemblement des retraites.
Ça va être incessant. Il peut tomber à tout moment. C'est extrêmement fragile. Et là, on voit quand même qu'il y a quelques symboles. Des postes très importants. Il y a quand même Antoine Armand qui va tenir Bercy, qui est un macroniste, pour le coup, député de Savoie, qui préside la commission des affaires économiques, qui est un technicien qui devra passer cette chose la plus difficile. Le fait de mettre Bruno Rotaillot à l'intérieur, on envoie quand même un message à toute une partie de l'électorat qui a choisi le Rassemblement national et qui se trouve orphelin des postes importants à l'Assemblée nationale et orphelin de gouvernement. C'est aussi un message envoyé.
Pour moi, je pense que c'est assez symbolique à ce stade.
Bon, on verra effectivement. Ce sera juste une image en direct. Là, vous avez l'image de Matignon. Ce sont des enfants qui viennent visiter Matignon. Ce n'est pas le nouveau gouvernement qui arrive. Visiblement, ils sont un peu trop jeunes. Je note une chose, Philippe Ballard, c'est quand on vous présente ça, on se souvient que ces dernières semaines, on zoome sur cette image-là. Effectivement, encore une fois, on est juste avant les journées du patrimoine et peut-être qu'ils prennent un peu d'avance ces enfants-là. Quand on vous montre la composition, il n'y a pas de censure a priori.
Alors que ces dernières semaines, il y avait des noms qui étaient urtiquants pour vous où il y avait censure. Là, il n'y a pas de censure a priori. Il n'y a pas Xavier Bertrand, si c'est ce que vous voulez. Il n'y a pas M. Dupont-Moretti, M. Darmanin. Écoutez, c'était les lignes rouges que Marine Le Pen et Jordan Bardella avaient exprimées au président de la République. Bon, visiblement, ça porte, mais ça préfigure un peu de ce qui va se passer par la suite. On est 126 députés avec nos allées SOTI 143. On est incontournable. Alors quand je dis on, c'est pas nous, enfin c'est nous députés, mais on représente 11 millions de Français.
Donc ces 11 millions de Français, ils demandent juste à être entendus, enfin voilà, à faire jouer la démocratie. Donc on va écouter le discours de politique générale, on va regarder le budget, on va l'amender et on jugera sur pièce, comme l'on dit. Vous parliez des lignes rouges et il avait été question de la proportionnelle dans ce que vous réclamiez. Si dans le discours de politique générale, il n'y a pas la proportionnelle ? C'était une de nos demandes.
Alors on a bien conscience et pouvoir d'achat en un, sécurité, lutte contre l'immigration, effectivement, la proportionnelle, on peut attendre quelques mois, mais effectivement, non mais quand je dis quelques mois, on ne peut pas dissoudre avant le mois de juin prochain. Donc voilà, c'est pas forcément au mois de novembre, décembre qu'on va se précipiter sur un débat sur la proportionnelle. Mais enfin, vous l'écrivez très bien, c'est qu'on a une situation qui est ingérable. Donc on ne peut pas dissoudre avant le mois de juin prochain. Vous savez, c'est pas histoire de dire tiens, on est content de repartir en campagne. Dissolution, j'aurais fait 2022, 2024, 2025.
Enfin voilà, une campagne électorale quasiment tous les ans. On n'y est pas encore. Non, mais quand on voit ce qui se passe, on se dit quelle est la porte de sortie, tout simplement. Donc redonner la parole au peuple, nous on est très pro-référendum si vous voulez, donc redonner la parole au peuple au mois de juin prochain, ça serait évidemment une bonne chose. La question de la feuille de route, Thomas Soulier, encore une fois, on n'a pas encore eu le discours de politique générale du Premier ministre, mais on a ces indications qui nous sont données hier par communiqué de matinée, réunions qui sont très vagues.
Améliorer le niveau de vie des Français, le fonctionnement des services publics, garantir la sécurité, maîtriser l'immigration, encourager les entreprises, maîtriser les finances publiques. S'ils avaient dit le contraire, ça aurait été étonnant. Là, on aurait été surpris.
Ce qui est plus intéressant, c'est ce qu'a dit Michel Barnier hier au ténor de la future majorité à Matillon dans cette réunion de la dernière chance sur les impôts. Gabriel Attal l'a interpellé directement en disant vous voulez faire quoi ? Augmenter ou pas ? Il dit non, on ne doit pas augmenter les impôts pour les classes moyennes. On ne va pas augmenter le taux de prélèvement obligatoire. En revanche, il y aura des taxations supplémentaires sur peut-être les super profits ou autre chose. Première chose. Il dit aussi qu'il y aura une loi d'immigration. Et ça, ça braque une partie, on l'a entendu, M.
Mendes à l'instant, de la majorité qui dit attendez, on vient d'en faire une, pourquoi en refaire une autre ? La première qui était déjà jugée quand même assez dure. Et enfin, et là, ça va intéresser M. Ballard, la proportionnelle, il n'est pas du tout chaud. Michel Barnier, il n'a pas envie. Au fond de lui, ça ne tenait qu'à lui, il ne la ferait pas. Sauf qu'il voit qu'il y a une pression du Modem, du RN, d'autres parties. Donc il se dit oui, pourquoi pas. Mais en tout cas, il n'a pas apporté la garantie et l'assurance qui ferait la proportionnelle dans l'année.
Bon, ça, vous ne l'avez pas. Juste, nouvelle loi d'immigration, ça vous irait, ça, Ludovic Mendes. On remet le sujet sur la table ? Je vous l'ai dit tout à l'heure, non. Ce n'est pas qu'on ne veut pas en parler, c'est juste que la manière dont on en parle aujourd'hui n'apporteront pas les réponses qu'on peut attendre pour l'avenir. Comme on parle encore du social, le vrai débat, c'est plus on donne d'aide sociale, plus on appauvrit notre pays. Et pourtant, je viens de la gauche. Quand je dis ça, on a l'impression que je me trompe. Mais non, la réalité, c'est qu'on va chercher toujours sur le salaire et à force de tirer sur les salaires, les personnes se paupérisent.
Et c'est aussi pour ça que le RN gagne autant dans la ruralité. Quand vous allez travailler pour 1 500 euros par mois et que vous devez dépenser 300 euros de frais de déplacement, de fri et ainsi de suite, ça ne vous donne pas envie d'aller travailler. Ce que vous dites, que le travail ne paye plus. Il faut lutter, en fait, dans ce sens-là. Et là, en l'état, il n'y a rien qui nous est proposé. Donc c'est aussi pour ça que je me permets de dire qu'avec M. Retailleau, il y a des choses qui ne passeront pas. Mais je ne sais toujours pas pourquoi. C'est le débat que nous avons depuis deux mois maintenant.
On parle beaucoup de personnes et on ne sait toujours pas quel type de politique, quel accord gouvernemental nous avons. Et ça nous empêche, en fait, d'avancer. Et j'implore la gauche de prendre sa responsabilité. Pas la gauche de la France insoumise, mais que le parti socialiste commence un peu à se regarder dans un miroir et se dire est-ce qu'on va vraiment accepter ça pour faire gagner demain Marine Le Pen ? Parce que la réalité, elle est là aussi. On a l'attemblé
à accepter hier de participer à ce gouvernement sans savoir ce que Michel Barnier allait faire.
Vous l'avez dit, on est aussi dans le même bateau. On a aussi notre responsabilité à prendre. On ne peut pas être là en disant non, en fait, on ne va rien faire, on ne participe à rien. Qu'on mette la pression, c'est normal. C'est le rôle de chacun d'entre nous. J'aimerais que la pression du RN soit beaucoup moins importante qu'en l'État parce que c'est un parti que je combats et les idées qu'ils défendent en grande partie aussi. Mais la réalité, c'est qu'on n'a pas le choix. Et j'aurais aimé que cette gauche, la gauche du moins du parti socialiste ou une partie des divers gauches se dise exactement la même chose et qu'on ait une forme d'union nationale.
Là, ça permettait de répondre à l'ensemble des Français et peut-être de limiter certains débats que nous avons actuellement sur le ministère de l'Intérieur ou d'autres sujets. Mais en l'État, ce n'est pas le cas. Et c'est pour ça que je me dis que si on ne trouve pas une possibilité, une voie de passage avec une partie de la gauche que nous avons à l'Assemblée nationale, alors tout ce que nous essayons de dire sur ce plateau télé ne servira strictement à rien. Commentaire de deux élus de votre camp, deux parlementaires de votre camp hier après l'annonce de ce casting-là. J'ai mal à ma France. Je ne suis pas engagé pour ça. Je vomis depuis trois heures. Il y a un de vos collègues qui dit ça.
Je vais essayer de croire que tout cela n'est qu'un cauchemar. Il y a besoin d'une grande thérapie aussi, d'un grand requin-camp ce matin pour votre camp ? Non, ce n'est pas une thérapie. C'est juste que, je viens de vous le dire, on est quelques-uns à se dire que les personnes que nous avons combattues politiquement au Sénat et à l'Assemblée nationale sur certaines thématiques sont ceux qui aujourd'hui vont avoir des postes importants au niveau. Et vous l'avez dit, si on met rétaillot à l'intérieur, c'est surtout pour parler au Rassemblement national. Ce n'est pas pour parler au reste de la France. Et je l'ai dit, le ministre de l'Intérieur n'est pas juste le ministre de la Sécurité.
Il est aussi celui de l'intégration, de l'immigration, le ministre des Cultes. Il accompagne sur les collectivités. Il y a un ensemble derrière le ministère de l'Intérieur. Donc c'est pour ça qu'il faut être vigilant par rapport à ces sujets-là.
Il y a aussi une analyse que fait le Premier ministre qui a donc été choisi par le Président de la situation même ante-élection. L'immigration, vous refusez d'en parler, mais c'est le sujet le plus consensuel dans la population. 80% des Français, ils sont pour qu'on refasse une loi sur l'immigration. Vous le savez. Qu'on refasse. Oui, et pour durcir les... Mais pourquoi ?
Parce qu'on dévoie le débat sur l'immigration. Parce qu'à force de nous expliquer en permanence que l'immigration est en sécurité et compagnie. C'est un sujet
qui fait consensus dans l'opinion publique. Et Michel Barnier a donc décidé d'en faire, peut-être, d'après ce qu'on entend, ça devrait être confirmé par un discours de politique générale, mais l'un des deux marqueurs de son passage à Matignon. Parce qu'il pense, lui, que c'est le non-traitement de ce problème qui fait justement monter le Rassemblement national. C'est son analyse. Il est donc logique qu'il le mette en tête de ses priorités s'il parvient à se maintenir après le budget.
Et pourtant, toutes les analyses montrent que c'est pas là où il y a le plus d'immigration que le Rassemblement national. Et fort, c'est même l'inverse. Et pour beaucoup, et pour avoir beaucoup échangé avec eux, beaucoup sont sur le volet plutôt social du Rassemblement national et leur manière de dire des vérités qu'après, on peut toujours contester. Il faut regarder ce qui se passe en Europe. Rassurez-vous, je regarde très bien ce qui se passe. Rémets la double frontière dont on nous a beaucoup reproché. Et regardez tous ces pays où l'effectuant la lutte contre l'immigration devient une priorité. Merci à tous les quatre.
Philippe Ballard