"On a gagné depuis très longtemps la bataille idéologique" sur l'immigration, estime Sébastien Chenu
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:56OuverteRéponse directe
Comment avez-vous trouvé les premiers pas de Donald Trump ?
- 1:35FerméeÉludée
C'est un modèle sur le style ?
- 2:08OuverteRéponse partielle
Qu'en pensez-vous ? Il faut envoyer des troupes au Danemark, au Groenland, si jamais ils veulent envahir ?
- 2:22RelanceRéponse directe
Mais s'il le faisait ? Il l'a dit, je suis très sérieux, il a appelé la première ministre danoise, c'est pas un effet d'estrade.
- 3:32OuverteRéponse directe
Surtout s'il ouvre une guerre économique avec nous, qu'est-ce qu'il faut faire ?
- 3:40OuverteRéponse directe
Il faut immédiatement augmenter les droits de douane aussi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39PrésentateurChiffre
« Il a pris, vous le savez, une centaine de décrets déjà sur l'immigration, sur les droits de douane. »
- 0:46PrésentateurFait
« Hier, décret pour abolir ce qu'il appelle l'idéologie transgenre dans l'armée. »
- 1:50Invité politiqueFait
« On verra lesquels, on verra s'il va jusqu'au bout. »
- 2:50Invité politiqueFait
« Il est évident que c'est pas acceptable qu'un État démocratique se fasse spolier finalement d'une partie de son territoire. »
- 3:00Invité politiqueFait
« Il n'y a pas eu de guerre sous Donald Trump. »
- 3:53Invité politiqueFait
« Si vous voulez, quand je vois ce que fait l'Union Européenne, par exemple sur l'industrie automobile, on va non seulement abîmer notre filière en obligeant les Français et les Européens à aller vers le tout électrique très rapidement, on n'en a pas les moyens, ça coûte très cher, etc. »
- 4:01Invité politiqueFait
« on est en train de subventionner des structures industrielles étrangères et américaines qui sont concurrentes des nôtres. »
- 4:36PrésentateurFait
« Que doit-on faire, nous Européens, augmenter notre aide à proportion à l'Ukraine ou les laisser se débrouiller ? »
- 5:15Invité politiqueFait
« Là, encore, j'aimerais que la France prenne des initiatives diplomatiques avec peut-être des pays qui sont capables de parler à tous, en mettant dans le coup des pays qui sont capables de parler à tous. »
- 5:24Invité politiqueFait
« Je pense par exemple à l'Inde, qui est un pays qui peut être un médium intéressant. »
- 6:03Invité politiqueFait
« C'est une menace comme Soros, c'est une menace comme tous ces milliardaires qui veulent influer dans le champ démocratique, et qui mettent leurs moyens pour influer dans le champ démocratique. »
- 6:56PrésentateurFait
« Doit-on appliquer ces lois ou accepter ce qu'ils disent et répondre, ok, on renonce à nos propres lois ? »
- 7:31Invité politiqueFait
« Moi, je suis tout à fait hostile à ça. Je pense que la liberté d'expression, c'est le totem. »
- 8:53Invité politiqueFait
« Évidemment, on a un pays qui est suradministré. »
- 9:01Invité politiqueFait
« Les agriculteurs, les chefs d'entreprise, la police, les hôpitaux, première chose qu'ils vous disent, laissez-nous travailler. »
- 10:26Invité politiqueChiffre
« qui n'est absolument pas audible, que 79% des Français le rejettent dans un sondage paru hier »
- 10:35Invité politiqueFait
« Je rappelle que nous n'avons pas voté en France un texte depuis le mois de juin. »
- 13:35Locuteur non identifiéChiffre
« Il a dit qu'il veut faire 50 milliards d'économies, il veut réduire... »
- 13:41Invité politiqueChiffre
« On va avoir un déficit public qui va être à 5,8 au lieu de 6. »
- 16:18Invité politiqueFait
« La baisse des crédits sur la recherche. »
- 16:21Invité politiqueChiffre
« Il y a 650 millions d'euros en moins sur la recherche. »
- 18:26Invité politiqueChiffre
« Il y a 240 000 personnes qui vivent du trafic de drogue dans notre pays. »
- 20:05Invité politiqueChiffre
« où le chômage augmente de 3,5% ce mois-ci »
- 20:24Locuteur non identifiéChiffre
« Ça touche 30 000 personnes. »
Temps de parole
- Sébastien Chenu67 %
- Locuteur non identifié17 %
- Présentateur16 %
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Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10 Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le vice-président du Rassemblement National, député RN du Nord. Vos questions, vos réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. Sébastien Chenu, bonjour. Bonjour monsieur. Bonjour. Et bienvenue sur Inter, beaucoup de questions à vous poser ce matin sur le budget qui arrive à l'Assemblée Nationale, sur le narcotrafic, sur la remise en chantier de la réforme des retraites. Mais d'abord, cela fait une semaine maintenant que Donald Trump a pris le pouvoir aux Etats-Unis. Il a pris, vous le savez, une centaine de décrets déjà sur l'immigration, sur les droits de douane.
Hier, décret pour abolir ce qu'il appelle l'idéologie transgenre dans l'armée. Il assume une proximité avec les milliardaires de la tech. Comment avez-vous trouvé ces premiers pas ? Vous les avez trouvés réussis ?
Bon, d'abord les Etats-Unis, ce n'est pas la France. Donc on regarde ça, nous, avec nos yeux de Français et d'Européens, en sachant que c'est une société qui a des repères très différents sur les libertés, le poids de la religion, etc. Je pense qu'il faut poser ça avant de regarder ce que fait Donald Trump. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il a démontré que ses actes suivaient ses paroles. Il démontre en tous les cas une certaine forme d'immédiateté dans les décisions qu'il prend, de rapidité et une certaine forme de volontarisme politique.
C'est un modèle sur le style ?
Non, ce n'est pas un modèle. Non, non, non, je ne considère pas que Donald Trump soit un modèle. Il correspond bien probablement à la société américaine. Je pense que ce qui est intéressant, c'est qu'il réactive l'idée que le politique peut obtenir des résultats. On verra lesquels, on verra s'il va jusqu'au bout. Mais il active ça qui est, je pense, très important, parce que chez nous, on a un peu le phénomène inverse. On a le sentiment que le politique est très dépossédé de capacité à obtenir des résultats, que les décisions se prennent ailleurs. Trump dit, je prends une décision, elle est suivie, elle est immédiate, elle est suivie de conséquences immédiates.
Alors sur les décisions, il a prévenu qu'il était sérieux dans son intention d'annexer le Groenland. Il a eu une conversation tendue avec la première ministre danoise, puisque le Groenland appartient au Danemark. Plusieurs dirigeants européens proposent d'envoyer des troupes européennes pour faire face aux menaces de Trump. Qu'en pensez-vous ? Il faut envoyer des troupes au Danemark, au Groenland, si jamais ils veulent envahir ?
Bon, on n'en est pas là, et moi je pense que Donald Trump, on le sait, joue beaucoup aussi sur le verbe, immédiatement, pour impressionner.
Mais s'il le faisait ? Il l'a dit, je suis très sérieux, il a appelé la première ministre danoise, c'est pas un effet d'estrade.
Il est évident que c'est pas acceptable qu'un État démocratique se fasse spolier finalement d'une partie de son territoire. C'est pas acceptable, et je pense qu'il faut être capable aussi de lui dire. Mais Donald Trump, je note aussi, lorsqu'il a été président dans le passé, n'a pas été un homme de conflit. Il n'y a pas eu de guerre sous Donald Trump. Donc voilà, je pense qu'il joue des rôles aussi. Maintenant il connaît bien l'appareil d'État américain, il connaît bien, il a une expérience qu'il n'avait pas avant. Ce en quoi il est aussi un partenaire, parce que les États-Unis restent un pays ami, partenaire extrêmement difficile à contrer.
Enfin moi je considère que Donald Trump, encore une fois, au-delà des États-Unis, les États-Unis vivent avant et vivront après Donald Trump, Donald Trump est un partenaire qui va être excessivement difficile pour la France et l'Union Européenne.
Surtout s'il ouvre une guerre économique avec nous, qu'est-ce qu'il faut faire ? C'est bien ce que je dis. Oui mais par exemple s'il a augmenté les droits de douane contre les pays européens, il faut tendre l'autre joue ? Il faut immédiatement augmenter les droits de douane aussi ?
Ah mais je pense qu'il faut aussi montrer à Donald Trump qu'on sait résister. Et le problème c'est qu'on prend le chemin inverse. Si vous voulez, quand je vois ce que fait l'Union Européenne, par exemple sur l'industrie automobile, on va non seulement abîmer notre filière en obligeant les Français et les Européens à aller vers le tout électrique très rapidement, on n'en a pas les moyens, ça coûte très cher, etc. Mais on est en train de subventionner des structures industrielles étrangères et américaines qui sont concurrentes des nôtres. Donc je pense qu'il y a quand même la nécessité de se réveiller.
Donald Trump doit être finalement le révélateur et peut-être le révélateur aussi de nos faiblesses. Et ça peut nous inviter à nous réveiller.
Il a annoncé, Sébastien Chenu, que les États-Unis allaient geler leur aide étrangère pendant au moins trois mois. Ça exclut l'Égypte et Israël, mais pas l'Ukraine. Alors que doit-on faire ? Vous dites qu'il ne faut pas tendre l'autre joue. Que doit-on faire, nous Européens, augmenter notre aide à proportion à l'Ukraine ou les laisser se débrouiller ?
Non, mais l'idée n'a jamais été de laisser se débrouiller l'Ukraine et je pense qu'on a démontré qu'on ne laissait pas l'Ukraine se débrouiller. L'idée, c'est quand même de reprendre des initiatives diplomatiques. Sincèrement, on a le sentiment que ça bouge un petit peu de ce côté-là, que ce soit côté russe ou côté ukrainien. On a quand même le sentiment que les deux pays arrivent un peu au bout d'un chemin et qu'ils ont plutôt envie, d'après ce que je comprends, que je vois de loin, de sortie diplomatique. Ce qu'on a toujours plaidé, nous.
On a toujours indiqué que, ou c'était la guerre de cent ans, on s'enlisait pour très longtemps, ou alors il fallait prendre des initiatives diplomatiques. Là, encore, j'aimerais que la France prenne des initiatives diplomatiques avec peut-être des pays qui sont capables de parler à tous, en mettant dans le coup des pays qui sont capables de parler à tous. Je pense par exemple à l'Inde, qui est un pays qui peut être un médium intéressant.
En Allemagne, Elon Musk s'est invité au congrès du parti d'extrême droite AFD, en pleine campagne législative, appelant les Allemands à voter pour l'AFD, qui va sauver l'Allemagne, et traitant Olaf Scholz d'imbécile et d'incompétent. Ça s'appelle de l'ingérence pour vous ?
Oui, Elon Musk a la volonté de se mêler un peu de tout, a la volonté de donner son avis. Alors, si ce n'est que son avis, je veux dire, quelque part, il est libre, mais en tous les cas, de mettre des moyens pour faire progresser ce qu'il croit être son intérêt.
C'est une menace pour la démocratie, pour la démocratie européenne, qui s'invite ainsi dans les...
C'est une menace comme Soros, c'est une menace comme tous ces milliardaires qui veulent influer dans le champ démocratique, et qui mettent leurs moyens pour influer dans le champ démocratique. Comme, voilà, nous en connaissons aussi, nous, des ingérences. Il n'y a pas que Musk qui fait de l'ingérence, donc il faut s'en prémunir, il faut demeurer libre et ne pas céder à ce type d'ingérence. Mais encore une fois, il n'y a pas que Musk. Là, on focalise sur Musk parce qu'il est partenaire de Trump, mais je vous ai cité Soros, je pense que c'est tout aussi inquiétant.
Elon Musk et Mark Zuckerberg, Facebook, Instagram, etc., ont été très clairs. Ils ne veulent plus de modérateurs sur leurs réseaux sociaux et ils ne veulent pas appliquer les lois européennes qui leur imposent précisément de modérer les contenus qui circulent sur leur plateforme, sur le territoire européen. Doit-on appliquer ces lois ou accepter ce qu'ils disent et répondre, ok, on renonce à nos propres lois ?
Non, mais il y a une différence, en tout cas une marge, entre la modération et la censure. Moi, je suis pour qu'il y ait des modérations sur les réseaux sociaux, je trouve ça tout à fait normal. Je suis contre toute idée de censure. Or, souvent, je vois qu'il y a quand même aussi une volonté chez certains de flirter avec l'idée d'empêcher d'autres de s'exprimer. Chez qui ? Dans des médias, chez les hommes politiques, à gauche en particulier, la volonté de faire taire ce qui ne va pas dans le bon sens. Moi, je suis tout à fait hostile à ça. Je pense que la liberté d'expression, c'est le totem. Il y a la loi pour gérer la liberté d'expression. Mais ça, c'est des principes.
Aujourd'hui, vous avez Elon Musk et Mark Zuckerberg qui disent qu'on ne respectera pas les lois européennes.
Alors, on fait quoi ? Je pense que nous devons agir pour faire en sorte que les lois européennes s'appliquent. Des lois européennes de modération, mais pas de censure. Donc là aussi, il y a un chemin à trouver.
Mais là, elles sont votées, les lois.
Elles existent.
C'est des lois de modération ou de censure, celle-là, le DSR européen ?
Pour l'instant, on est dans des lois de modération.
Donc, il faut les appliquer.
Les lois sont faites pour être appliquées, absolument.
Encore une question sur ce sujet-là. Donald Trump et Elon Musk veulent mettre en place un comité de la hache, coupé à un tiers du budget des États-Unis. Ce que fait aussi Javier Mileï en Argentine avec son projet de supprimer les dépenses de l'État à la tronçonneuse. Vous en pensez quoi ? Parce que votre allié, Eric Ciotti, dit qu'il est fasciné par ce que fait Javier Mileï. Est-ce que vous aussi vous êtes fasciné ?
Non, je ne suis pas fasciné. Il n'y a pas grand monde d'ailleurs qui me fascine. Ça peut m'intéresser intellectuellement.
Est-ce que ça vous intéresse le comité de la hache, la tronçonneuse ?
Non, mais je ne suis pas pour qu'on transpose. J'ai dit tout à l'heure, j'ai commencé mon propos en disant que les États-Unis, ce n'est pas la France. Donc, il y a aux États-Unis, le moins qu'on puisse dire, très peu de services publics comme nous, nous l'avons ici en France. Donc, ce n'est évidemment pas comparable. Si l'idée, c'est de, comme le propose Eric Ciotti, de faire du ménage dans des agences d'État, j'entends même que le Premier ministre, il serait attentif. Évidemment, on a un pays qui est suradministré. Il n'y a pas un domaine professionnel dans lequel on ne vous dit pas qu'on croule sous la paperasse.
Les agriculteurs, les chefs d'entreprise, la police, les hôpitaux, première chose qu'ils vous disent, laissez-nous travailler. Nous sommes suradministrés. Les agences régionales de santé, par exemple. Donc, on a beaucoup à faire de ce côté-là. Est-ce qu'il faut le faire à la hache ou à la tronçonneuse ? Chacun choisira son instrument. Vous choisissez quoi ? La hache ou la tronçonneuse ? Il faut le faire au bistouri. Je pense qu'avec beaucoup de précision, mais aussi de détermination, il faut désadministrer notre pays. Eric Ciotti fait œuvre utile en ce sens.
Sébastien Chenu, venons-en à la France. Hier, lors de ses voeux, le président de votre parti, Jordan Bardella, a estimé qu'il était inévitable de convoquer des législatives dès qu'elles seront institutionnellement possibles, c'est-à-dire en juillet prochain, un an après la précédente dissolution. Ce n'est pas, vous le savez, ce que veut Emmanuel Macron. Il l'a dit et il en décide. Alors, comment comptez-vous forcer la main du président ?
Il ne s'agit pas de forcer la main du président. Nous, on a toujours indiqué que le président était libre de ses choix, y compris de celui de démissionner. La question existe.
Elle existe toujours parce que c'est vrai que vous l'avez dit, puis plus dit. Vous espérez une présidentielle anticipée au plus vite ?
Non, mais c'est le président qui choisira.
Quelle est la position au RN ? Parce que vous avez aussi yé sur ça.
Non, mais en fait, c'est la situation du pays qui guide ça. Quand un pays se bloque, si vous n'arrivez plus à faire voter un budget, à nommer un Premier ministre, que vous avez un président de la République tel qu'il est aujourd'hui, qui n'est absolument pas audible, que 79% des Français le rejettent dans un sondage paru hier, évidemment, vous arrivez dans des situations de blocage assez immédiates. Je rappelle que nous n'avons pas voté en France un texte depuis le mois de juin. Donc, le moins qu'on puisse dire, c'est que de façon législative, même si parfois on a tendance à voter trop de textes dans notre pays, le pays est à l'arrêt.
Donc là, vous pensez qu'il faudrait, que ce serait une bonne idée qu'Emmanuel Macron pense à démissionner avant 2027 ?
Non, mais le pays tourne encore. Le pays réussit à payer ses fonctionnaires, contrairement à tout ce qu'on nous avait dit. Donc, pour l'instant, le pays tourne encore. Si des situations de blocage venaient à advenir, parce qu'Emmanuel Macron n'entendrait pas ce que lui demandent les Français, car à la base, c'est bien ça, il n'a pas voulu entendre la demande des Français d'une autre politique et finalement d'une cohabitation. Il n'a pas voulu reconnaître, et c'est pour ça qu'il nomme François Bayrou, comme il avait nommé Michel Barnier, il nomme des hommes qui poursuivent, peu ou prou, sa politique libérale, pro-européenne, etc.
Ceux dont ne veulent plus les Français lui ont exprimé aux Européennes, deux fois aux législatives, par les deux tours. Eh bien, si Emmanuel Macron, sans tête, a proposé aux Français...
Les Français, ils n'ont pas appelé un plébiscite pour le Rassemblement National, ça ne vous a pas échappé. Sinon, Jordan Bardella sera le Premier ministre.
Oui, mais nous sommes tout de même le parti qui a obtenu le plus de voix.
Oui, en groupe, vous êtes le troisième.
Non, on est le premier groupe de l'Assemblée Nationale.
Oui, en groupe, à l'issue des législatives, c'était d'abord le NFP, puis...
En coalition, le NFP est une coalition.
Oui, oui, le coalition, vous avez raison, c'est plus la coalition centriste et enfin le RN.
Oui, mais nous sommes le seul parti politique, on n'est pas une coalition, on n'a pas cherché des alliances avec des gens qui ne nous ressemblent pas. Nous sommes...
Aussi, avec M.T.
Je dis qu'ils ne nous ressemblent pas. M.T., il nous ressemble un peu. Il a des choses très en commun avec nous. Mais au-delà de ça, ce que je veux dire, c'est qu'Emmanuel Macron, à travers les politiques, l'entêtement politique qu'il a, crée les conditions chaque jour d'un blocage.
Donc, si votre projet Sébastien Chenu, ce sont des législatives, ça veut dire quoi ? D'ici là, vous ne censurerez pas ce gouvernement, que vous le soutiendrez, parce que seules des élections vous intéressent, peu importe qui est à Matignon ?
Non, pas du tout. Je pense que nous, on attend, avec beaucoup d'impatience et d'intérêt, les propositions budgétaires du gouvernement. Il ne vous a pas échappé qu'il y a un texte budgétaire qui est au Sénat. Madame de Bonchain nous a dit que ce n'est pas le texte du gouvernement. Donc, quel est le texte du gouvernement ? Moi, j'ai écouté le Premier ministre hier. Je suis resté un peu sur ma faim. Je ne sais pas où François Béroux nous emmène. Je ne comprends pas. Il lance des balles. C'est là où, d'ailleurs, le Rassemblement National est utile, parce qu'un coup, ils veulent taxer les retraités, un coup, ils veulent faire travailler les Français gratuitement.
À chaque fois, on s'y oppose, il recule. Il recule, parce qu'il voit bien qu'il y a une réaction dans le pays dont nous, nous sommes les porte-parole, dont nous, nous sommes l'écho. Nous en faisons l'écho. On est monté très fort au créneau sur ces sujets-là. Il recule, mais que vont-ils faire ? Quel type de budget et quel type d'avenir prépare-t-il pour la France ? Moi, j'ai le sentiment que François Béroux, son ambition, c'est de durer. Ce n'est pas de changer les choses, ce n'est pas de réformer le pays, ce n'est pas d'avancer, c'est de durer. C'est de trouver un budget à minima, fini la réduction du déficit. Visiblement, ce n'est pas sa priorité.
Et donc, c'est faire un service minimum pour durer.
Il a dit qu'il veut faire 50 milliards d'économies, il veut réduire...
On va avoir un déficit public qui va être à 5,8 au lieu de 6. Vous voyez les niveaux où on en est.
J'ai du mal à comprendre où vous vous positionnez. Vous avez censuré le précédent budget de M. Barnier. Et aujourd'hui, vous dites « j'attends de voir », j'entends bien, mais quelle est votre philosophie ? Quelles sont vos lignes rouges ? Vous aviez fixé des lignes rouges dans le précédent budget. Là, vous avez des lignes rouges sur celui-là ? Vous vous attendez de voir et puis finalement, à la fin, vous voterez, ou vous laisserez passer ?
Oui, mais avouez que c'est compliqué d'avoir aujourd'hui des lignes rouges sur le vide. François Bayrou ne nous délivre rien. En revanche, un budget qui ne soit pas un budget d'austérité, un budget qui préserve la France du travail ou qui a travaillé, c'est-à-dire que j'inclus les retraités, ça me semble être deux options, deux axes extrêmement importants pour nous. Un budget qui s'attaque au totem, au tabou. Celui de l'immigration est un sujet... C'est l'éléphant au milieu du salon. Personne ne veut en parler. Le ministre de l'économie et des finances que j'ai rencontré avec mon collègue Tanguy nous dit « Mais non, non, nous, on ne touchera pas à ça.
Donc, on veut bien toucher aux retraités, on veut bien toucher aux travailleurs français, on veut bien toucher aux gens qui sont malades sur les remboursements de médicaments, on ne touchera pas à l'immigration. » La contribution à l'Union européenne des affaires étrangères nous dit qu'il faudrait aller vers le doublement de cette contribution. Nous, nous considérons
que c'est un tabou. Très bien. Mais là, à ce stade, vous n'êtes pas au pouvoir, il y a un budget qui est en discussion, vous dites vous-même « Ça fait 8 mois qu'on n'a pas voté un texte. » Amélie Monchalin dit « Chaque jour qui passe, c'est de l'argent perdu pour les Français sans budget. » Vous voyez, il y a une question de Frédéric sur l'application de France Inter. « Je comprends mal votre stratégie ORN, vous détestez le gouvernement de Macron, mais vous ne voulez pas le censurer. On va avoir un gouvernement en Bayrou pendant 3 ans de plus à cause de vous. »
Pourquoi est-ce que vous dites « Vous n'allez pas le censurer ? » Nous avons censuré Michel Barnier. Nous avons démontré que nous étions tout à fait capables de le censurer.
Vous allez censurer le budget ?
Mais on va voir. Sur quoi ? On a dit à François Bérou « On vous jugera sur les actes. » Vous savez, Michel Barnier avait fait une déclaration de politique générale, on ne l'avait pas censuré. Il a fait un budget qui faisait la poche des Français, qui augmentait les impôts des Français, nous l'avons censuré. François Bérou a fait une déclaration de politique générale de la même façon que nous ne le censurons pas car nous attendons les actes. Aujourd'hui, François Bérou ne nous délivre rien. On est tout à fait capables de le censurer.
Donc, vous ne nous délivre rien donc on va censurer. C'est ce que vous dites.
Mais on attend de savoir. Est-ce que vous êtes capables de nous dire les directions que prend le budget de François Bérou ? Moi, j'en suis absolument incapable. Donc, on va voir ce qu'il propose. Il y a deux jours, il voulait faire travailler les Français gratuitement. Il y a trois jours, il voulait faire une taxe sur les retraités. Là, ils ne veulent plus.
Là, ils l'ont exclu.
Mais alors, que veulent-ils ? Que veulent-ils ? Moi, ce qui m'intéresse, ce n'est pas ce qu'il n'y a pas dans le budget. C'est ce qu'il y aura dans le budget. Par exemple, il y a quelque chose qui meurde, voyez-vous. La baisse des crédits sur la recherche. Il y a 650 millions d'euros en moins sur la recherche. Au moment où on doit relever le défi incroyable de l'intelligence artificielle.
Donc ça, ça pourrait être une ligne rouge ? La baisse des crédits sur la recherche ?
Je ne sais pas si c'est une ligne rouge. Mais c'est en tous les cas totalement à l'inverse. Mais vous n'employez plus
le terme de ligne rouge.
Je veux connaître, je vous ai dit, un budget d'austérité ou un budget qui touche la France du travail. Ça, ce sont des lignes rouges. Si vous voulez que je reprenne ce terme. Mais je vois qu'il y a des priorités qui me semblent être à l'inverse de ce qu'il faudrait faire.
Et la décision de remettre en chantier la réforme des retraites sans totem ni tabou est-elle une bonne décision ?
La décision de la remettre en chantier, oui. Évidemment, moi je suis pour l'abrogation de cette loi sur les retraites. Mais je ne crois pas qu'un conclave, puisque c'était le terme, qui dure trois mois et qui ne traite pas les dossiers de la productivité, de l'employabilité des jeunes, de l'employabilité des seniors, de la natalité puissent permettre d'aller très loin. Moi je crains qu'à la fin, nous n'atterrissions que sur des mesures liées à la pénibilité qui soient souvent très inapplicables et que ça ne remette pas évidemment en cause ni l'âge de départ à la retraite ni les années, les annuités demandées aux Français. Or c'est vers ça qu'il faut aller. Remettre en cause de tout ça.
Autre sujet Sébastien Chenu, l'arrivée au Sénat de la proposition de loi transpartisane pour lutter contre le narcotrafic. Le texte s'inspire d'une récente commission d'enquête parlementaire transpartisane également. Il y a le feu à la maison, il faut agir vite, dit Jérôme Durin. Il y a un devoir d'union nationale sur le sujet. En quelques mots, le texte propose d'instaurer un nouveau statut du repenti, de l'infiltrer, de créer un parquet national sur la criminalité organisée, de faciliter le gel des avoirs. Elle va dans le bon sens
cette proposition de loi. Vous la voterez ? On accueille avec bienveillance cette proposition de loi. Ce n'est pas, vous l'avez dit, c'est une proposition de loi, donc ce n'est pas une initiative gouvernementale, mais c'est une initiative transpartisane du Sénat. Elle dit quoi ? Elle dit d'abord que notre pays pourrait devenir un narco-État. Il y a 240 000 personnes qui vivent du trafic de drogue dans notre pays. Il est temps de se réveiller là aussi. Ça nous dit aussi que les politiques qui ont été menées jusqu'à présent n'étaient pas à la hauteur. Gérald Darmanin et sa communication place net s'est tapée à côté de la plaque. Ça n'a pas fonctionné.
Donc là, il y a des mesures qui me semblent aller dans le bon sens, mais encore une fois, il y a un élément essentiel qui manque, c'est celui du contrôle des frontières.
Alors justement, ce matin, Bruno Retailleau déclare qu'il veut un état-major contre la criminalité organisée dans les prochaines semaines. Ça va dans le bon sens ?
Oui, mais très bien. Ou c'est des mots qui ne veulent rien dire ? Tout ça va dans le bon sens. Mais tant que vous ne traitez pas la question des frontières, je vous rappelle que le port du Havre est devenu une des ports d'entrée les plus importantes. Je vous rappelle que la Guyane et les Antilles sont des ports d'entrée très importantes. Tant que vous ne traitez pas la question des frontières, vous ne pourrez pas traiter au fond le problème de la drogue. Justement,
Sébastien Chenu, vous dites « j'entends rien » dans ce gouvernement sur l'immigration. Hier, François Bayrou a parlé d'un sentiment de submersion migratoire. Ça vous a plu, j'imagine, quand vous l'avez entendu dire ça ?
Écoutez, je ne sais pas quoi vous dire. Parce qu'en fait, ça dit quoi ? Ça veut dire que finalement on a gagné la bataille idéologique. Je ne sais pas, est-ce que vous l'avez gagné ? Je pense qu'en fait on l'a gagné depuis très longtemps. Je pense que ça fait très longtemps que ça ne veut pas dire que les actes ont suivi malheureusement. Mais ça fait très longtemps que d'abord les Français et puis les gouvernants ont compris qu'il y avait un problème pour dire les choses pudiquement avec l'immigration. Mais de l'autre côté, j'entends Éric Lombard qui dit nous avons besoin d'une immigration de travail.
Comme le MEDEF qui dit la même chose.
Oui, mais ça, le MEDEF ça ne m'étonne pas. Ça permet de peser à la baisse sur les salaires. Donc ça ne m'étonne pas. Mais que le ministre des Finances dise on a besoin d'une immigration de travail dans un pays où il y a 5 millions de chômeurs où le chômage augmente de 3,5% ce mois-ci, je pense qu'ils sont à côté de la plaque.
Alors vous dites ils ne font rien. Bruno Retailleau a adressé au préfet une circulaire pour mettre fin aux régularisations dans certaines règles classiques de régularisation. Ça touche 30 000 personnes. Ça, ça là vous applaudissez Bruno Retailleau.
Non, parce qu'en fait c'est une illusion. Parce que Bruno Retailleau reste dans la même logique. Comprenez bien que ce sont des logiques politiques. Bruno Retailleau reste dans la logique qui est vous êtes illégal vous pouvez un jour être régularisé. Eh bien moi je pense l'inverse. Vous êtes illégal vous vous maintenez illégalement sur notre territoire avec nous. Vous ne pourrez jamais être régularisé. Vous ne pourrez jamais travailler. si vous vous êtes maintenu en fraudant en bafouant les lois de notre pays. Lui il accepte ça. C'est un accommodement que moi je trouve assez inacceptable.
Comment vous jugez l'irrésistible ascension de Bruno Retailleau dans les sondages qui semblent beaucoup plaire à votre électorat ? Il est une menace pour Marine Le Pen en 2027 ?
Non, parce que le résultat sera forcément déceptif mais parce qu'il a des convictions. Je pense, en revanche Bruno Retailleau il dit la même chose depuis très longtemps. Il a des convictions et je pense que ça, ça plaît. Les gens qui ont des convictions ça plaît. On a longtemps eu des gens qui, notamment la Macronie il n'y avait pas de colonne vertébrale. Bon Retailleau il a des convictions le problème c'est qu'il s'est mis
C'est une menace pour vous ?
Non, il s'est mis sous la tutelle du PS. Ça n'ira pas loin. Du PS ? Bah oui, parce que c'est le PS aujourd'hui qui dicte s'il y a censure ou pas. Regardez, sur l'aide médicale d'État il n'a pas eu d'arbitrage favorable. Sur les crédits pour l'immigration clandestine il n'a pas eu d'arbitrage favorable.
Question de Fiona sur l'application Radio France François Bayrou a annoncé diviser le texte sur la fin de vie en deux avec d'une part les soins palliatifs d'autre part l'aide active à mourir. La position du RN sur le sujet ?
Bon, sur... Alors moi je trouve ça bien d'avoir scindé le texte en deux d'abord les soins palliatifs c'est une question j'allais dire technique, financière, organisationnelle nécessaire. Il y a trop de départements dans notre pays qui ne bénéficient pas de ces structures-là il faut aller à fond là-dessus et je trouve ça normal. Et puis après il y a la question qui n'est pas qu'une question pour le coup technique, financière et organisationnelle qui est celle de la fin de vie qui fait appel aussi à des convictions à des sensibilités et je trouve bien de la scinder.
Moi à titre personnel non seulement je suis favorable aux soins palliatifs je ne suis pas défavorable à un texte sur la fin de vie mais pas n'importe quel texte non plus. Quand on avait commencé à en parler on prenait des directions qui pouvaient me heurter mais je ne suis pas défavorable à ce qu'il y ait un texte pour aider à mourir dans la dignité.
Merci. Merci beaucoup Sébastien Chenu vice-président du RN député RN du Nord. Merci d'avoir été à notre micro. Merci.
Sébastien Chenu