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Podcast / conversation28 minutes - ARTE· 30 juillet 2026 46 minComplaisantMixteEnvironnement & énergieSolidarités & familleÉconomie & entreprisesCulture, médias & sport

Marie Binet : une vie de mensonge / Qui va payer la facture des incendies ? | 28 minutes | ARTE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi dites-vous que votre livre est un roman d'aventure alors qu'il raconte votre vie ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Votre mère a menti sur ses origines pendant 23 ans. Pourquoi selon vous ?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    Comment avez-vous découvert la vérité sur vos origines ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi avoir été sévère avec votre père et vos frères et sœurs ?

  • 11:00OuverteRéponse directe

    Quelle est la part de votre histoire qui rejoint celle de l'histoire coloniale ?

  • 13:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi votre mère a-t-elle choisi l'identité d'une princesse hongroise ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:00Marie BinetFait
    « Je m'aperçois que mes origines entrent dans une autre histoire et qui est une histoire du colonialisme, qui est une histoire des Antilles d'une histoire d'un de d'humanité en réalité. »
  • 10:00Marie BinetFait
    « En français, en Martinique, on dit passer la ligne, en fait passing passer la ligne, c'est-à-dire effectivement échapper à au destin humiliant qui est d'être euh descendant d'esclave. »
  • 12:00Marie BinetFait
    « Elle a inventé qu'elle avait pourquoi pas quit à choisir une autre identité, bah elle a choisi la princesse hongroise. »
  • 18:00Jacques Grandin de l'ÉpreuvierChiffre
    « Il y a deux secteurs qui sont particulièrement touchés hein. Il y a le tourisme et l'hôtellerie et ça pèse très lourd dans cette région du sud-ouest. »
  • 20:00Jacques Grandin de l'ÉpreuvierChiffre
    « On parle au minimum, dites-vous, de dizaines de millions d'euros de pertes avec possiblement 50 à 100 millions de pertes rien que pour le tourisme. »
  • 22:00David KelaChiffre
    « La filière bois, c'est très important dans la région Nouvelle-Aquitaine. à la fois le bois d'œuvre mais aussi la papéterie, tout ce qu'il y a autour. J'ai regardé ce matin, c'est quand même 10 milliards de chiffres d'affaires par an autour de la filière bois, 56000 emplois. »
  • 24:00Sébastien SedChiffre
    « Les incendies de 2022 dans la région, ça avait été à peu près 2000 sinistres et 80 à 100 millions d'euros de dommage versé aux assuré. »
  • 28:00Sébastien SedChiffre
    « En moyenne les Français débourse 310 € par an et par logement. C'est 36 € de plus que l'année dernière tout de même. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[musique] Bonsoir à toutes et à tous. Ravi de vous retrouver pour une nouvelle soirée d'été et elle s'annonce délicate cette soirée et surtout bien accompagnée avec la belle équipe de 28 minutes. Bonsoir à vous chers amis.

Bonsoir monsieur. Et l'actualité, ce sont ces feux qui frappent toujours la Gironde, le Var, la côte d'Or et l'impact économique de ces incendies qui risquent d'être tout aussi violent. C'est fou, il reste plus rien.

Pourtant, il y avait que des produits métalliques. Enfin, il y a beaucoup de y a plus rien quoi. Tout a fondu.

C'est là où on est un peu à basourdi. C'est une entreprise qui va falloir reprendre à zéro. Alors, face à cette catastrophe, qui doit payer la facture ?

Le gouvernement a-t-il vraiment les moyens d'aider les régions sinistrées ? Les insuffisances financières de l'État pourrait-elles alimenter la colère de ceux qui ont tout perdu ou sont-elles à l'origine de l'extraordinaire élan générosité de ces derniers jours ? Nous en débattrons.

En fin d'émission, nous retrouverons ceux qui une fois le weekend venu jonglent avec leurs chroniques sur les plus belles places de France à savoir Marjorie Adelson et Théophile Cossa. Au programme ce soir Marjorie après les humains, ce sont les les marmottes qui débarquent sur la plateforme érotique Omnifan. Je vous rassure, en tout bien, en tout honneur, c'est l'idée qu'a eu une équipe de scientifiques américains pour financer justement la recherche sur ses rongeurs.

Ah oui, on fait, on comprend bien cette recherche. Et vous, Théophine, vent de panique dans le monde de l'intelligence artificielle, les plus grandes stars du secteur viennent de signer une pétition pour demander de freiner le développement de l'IA après une série d'incidents vous allez voir méga flippant, perdre le contrôle de l'intelligence artificielle. Je vous raconte comment ça marche.

C'est assez effrayant. On vous retrouve tout à l'heure car avant cela, nous allons parler secret de famille. Mais alors attention, pas le petit secret.

Non, plutôt le genre de révélation qui bouscule mais toute une vie. Imaginez, vous pensez être une femme blanche née en Normandie alors qu'en fait vous êtes une femme noire et antiaise. Cette histoire est vraie et c'est celle de l'écrivaine et cinéaste Marie Binet avec une femme qui ment.

Elle poursuit sa quête d'identité et elle vient nous en parler tout de suite dans 28 minutes. [musique] Bonsoir Marie-Binet. Bonsoir.

Vous êtes écrivaine et réalisatrice. Votre dernier livre s'intitule une femme qui publiée aux éditions Maurice Nado. Je vous présente l'équipe de 28 minutes.

Bonsoir Hélène Rousell. Bonsoir. Bonsoir Julia Vonest.

Bonsoir. Alors, il y a une chose qui m'a intrigué. Euh c'est dans la 4e de couverture de votre livre, à la fin, il y a marqué un roman d'aventure.

Aventure au pluriel. Mais pourquoi vous dites que c'est un roman alors que vous racontez votre vie ? En fait, je parle l'histoire de ma mère et ma mère avait une vie absolument romanesqueou.

Et pour moi, c'est un personnage de roman. Et je pense que pour le lecteur aussi, c'est extraordinaire de rencontrer euh Matarie vu sur une autre planète. Euh euh prendre euh une identité pareille, inventer qu'elle est la petite fille d'une princesse hongroise, euh donner la généalogie de ses origines, vivre toute sa vie en étant pas française, en étant décalé, en en ayant un charme fou, mais toujours un mystère.

Alors, on va parler de tout ça et justement aussi de de votre mère, de vos origines. Euh, on regarde ça dans un instant, mais juste avant, on va voir pourquoi vous avez le profil idéal pour parler de cette thématique. Et Olivier Boucreux vous explique pourquoi. [musique] Marie Binet, après 5 livres et plus de 45 documentaires, vous reprenez la plume pour poursuivre l'enquête de votre vie.

Dans une femme qui ment, la vérité finit par sortir du tiroir pour faire parler les silences. Vous avez sal le profil idéal. Vous naissez en Normandie blonde et blanche auprès d'une mer noir très claire de peau [musique] qui se dit américaine.

Vous étudiez l'art, l'anglais et les lettres à la Sorbonne. Puis devenez pendant 3 ans l'assistante d'Éric Romè figure [musique] de la nouvelle vague. Marie Binet qui était mon assistante pour le beau mariage m'a montré sa maison de de bord de mer.

Vous passez derrière la caméra, film d'art, portrait d'artiste [musique] et plus tard les comptes secrets ou les romériens consacrés à votre ancien mentor. Le 21 mai 1979, votre mère Agnès meurt brutalement en dansant avec votre père. Dans un tiroir à double fond, vous découvrez une pochette, faux papier non différents, lieu de naissance contradictoire.

Sur ces papiers d'identité, la date de naissance n'est jamais la même. Je vois ici 1919 né au Carbé USA. Celle qui se disait née près de Miami et fille d'un [musique] prince hongrois venait en réalité de Martinique.

Vous transformez cette enquête en documentaire dans Noircomand en 2002. Les visages remplacent les documents. Un demi-frère abandonné enfant, le portrait d'un grand-père noir, une famille effacée.

Avec votre fille Lucy, vous partez là-bas. Vous vous découvrez antillaise et renouez le fil entre trois générations de femmes. D'abord, il a fallu passer tous les interdits parce que mes frères et sœurs me disaient c'est secret, ça t'appartient au mort, ça t'appartient pas.

Le film est plusieurs fois primé. [musique] En 2016, vous prolongez cette quête avec le roman Dans la peau d'une blanche. 10 ans plus tard, vous reprenez toute l'enquête dans une femme qui ment en y ajoutant une découverte décisive. [musique] La preuve que votre arrière-gr-père était né d'un père esclave.

Le secret d'une mère rejoint alors l'histoire coloniale et celle de l'esclavage. En guise de conclusion sur la vérité, vous dites qu'elle n'est jamais tout nu, mais [musique] parfois amer, triste ou scandaleuse. Voilà Marie Binet, donc une femme qui m votre dernier livre.

Alors, c'est une histoire intime assez extraordinaire parce que c'est vrai que Olivier en parlait. Lorsque votre mère disparaît, là vous découvrez dans un tiroir à double fond des documents et là vous comprenez que pendant 23 ans, en fait votre mère vous a menti sur qui elle était en fait véritablement qu'elle s'était inventée aussi une vie et c'est là en fait où vous commencez votre enquête. Oui.

Euh en fait ce ce rien n'est vrai, c'est-à-dire qu'en fait je vois que le document n'est pas sa vraie date de naissance, n'est pas le vrai lieu. En fait, c'est c'est le mystère qui est posé. Mais la le début de l'enquête commencera tout simplement grâce à une personne que j'ai rencontré qui s'occupe du service des personnes disparues.

Et là, j'ai recommencé un système ce que tout être humain a le droit de connaître ses origines. Donc c'est une histoire de découverte de mes origines en réalité, mais ça passe très très vite à un autre niveau. Je m'aperçois que mes origines entrent dans une autre histoire et qui est une histoire du colonialisme, qui est une histoire des antilles d'une histoire d'un de d'humanité en réalité.

Quand votre histoire croise aussi l'histoire de France aussi enfin voilà notre histoire à tous. notre histoire à tous, y compris l'histoire que j'ai appris enfant puisque j'étais j'ai tout appris comme si j'étais une petite normande, c'est ça ? Et tout d'un coup, j'ai découvert que pas du tout et il s'était passé quand même beaucoup de choses.

Alors que vous aviez des aïes esclaves. Alors, je n'ai pas découvert les aïes esclaves. Je suis allée après d'abord j'ai découvert un demi-frère, c'était déjà une personne extraordinaire que j'ai rencontré Jean-Marie.

Après lui m'a dit "On vient des Antilles." Je suis allée aux Antilles. Aux Antilles, j'ai rencontré 25 cousins.

Ma ma mère était seule au monde, elle n'avait jamais eu de famille. Tout d'un coup, des cousins magnifiques, intelligents, ayant de l'humour et m' me prenant par la main comme si j'ai une petite fille pour apprendre les non dit d'une société, pour apprendre tout ce qui ne se dit pas tout en étant euh comme quand on vit dans une famille, il y a toujours plein de choses qui ne se prononcent pas mais que finalement on connaît. et eux m'apprennent cette cette part antiaise euh jusqu'à ce que effectivement j'avance dans dans le film, je je prends des éléments les uns après les autres, j'essaie de construire une histoire, quelquefois j'imagine l'histoire et puis je remplis les trous pour pouvoir poursuivre l'histoire et entre-temps, j'ai la preuve de ce que j'avais imaginé qui était vrai.

Enfin, des choses, c'est absolument étonnant. C'est à le temps. À chaque fois les découvertes s'enchaînent les unes dans les autres et et et concorde et croise les moments historiques.

C'est une quête qui dure quand même 25 ans he quand même ça fait 25 ans que vous travaillez quand même votre passé euh cette matière que vous travaillez depuis 25 ans. Oui. pas dans une manière permanente mais permanente dans le dans le désir de d'en connaître plus, d'avoir le détail, de comprendre ce qui s'est passé dans l'esprit de cette femme.

Et au début, je pensais à ma mère, ma maman euh quand j'écris le livre, je pense à un personnage, à une femme. J'essaie de la comprendre. J'essayie justement moi j'ai une question quand même c'est [raclement de gorge] que vous êtes assez sévère avec votre père qui savait toute l'histoire qui n'a rien dit avec vos frères et sœurs qui n'ont pas voulu savoir mais beaucoup de tendresse pour cette maman, c'est cette femme qui ment pourtant.

Oui, en fait, j'aimais ma famille, j'aimais tout le monde, mais je ne voulais pas, je ne supportais pas l'idée qu'elle soit invisibilisée, qu'elle soit morte et disparue et que on n'en parle plus, que toute parole, même avec de l'humour parlant de son passé était interdite. Donc c'est peut-être un un un grand cri féministe, une grande volonté de résistance en disant non, elle avait une histoire, elle était une femme intelligente. Toutes les femmes et tout toutes les femmes autour de moi aussi doivent avoir une histoire.

On doit prendre en main son parce que l'histoire c'est l'identité. Il y a aucune raison qu'elle qu'elle n'est pas d'identité. Et justement l'histoire en fait de votre mère rejoint en fait celle de beaucoup d'autres.

On va le voir avec vous Julien qu'au 20e siècle des noirs américains se sont aussi fait passer pour des blancs afin d'échapper à la politique de de ségrégation. des afhro-américains au teint clair et aux 13 européens qui sont nés pour beaucoup dans des familles métissées. C'est le cas d'Anita Emings, descendante d'esclaves.

Elle a caché ses origines africaines et grâce à ça, elle a pu intégrer en 1897 une université d'élite jusqu'alors exclusivement réservée aux femmes blanches. C'était une manière et bien d'échapper à ce qu'on appelle la one drop rule, la règle de l'unique goutte de sang. pendant longtemps en fait aux États-Unis était considéré comme noir toute personne ayant [grognement] une goutte de sang noir il suait d'un seul ancêtre hein d'ascendance africaine.

Donc beaucoup ont pratiqué et bien le ce qu'on appelle le passing, c'est-à-dire passer pour quand une minorité sociale, ethnique ou religieuse change d'apparence ou d'identité pour échapper au racisme et tenter d'intégrer l'élite sociale. Autre cas célèbre aux États-Unis, William Is n'est esclave au Texas. Il s'est fait passer pour un Mexicain et au début du 20e siècle, il a réussi à faire fortune.

Marie Binet, vous votre mère, elle a pratiqué une forme de passigne. Pour quelle raison selon vous ? Est-ce que c'était une manière de monter socialement ou c'était parce qu'elle avait honte de sa couleur de peau ?

Alors en français, en Martinique, on dit passer la ligne, en fait passing passer la ligne, c'est-à-dire effectivement échapper à au destin humiliant qui est d'être euh descendant d'esclave, on sait pourquoi. et et donc elle a elle est arrivée très intelligente, est arrivée dans une école, elle a eu une bourse dans un grand lycée bordelait, elle était avec des jeunes femmes qui avaient des préceptrices anglaises et elle a inventé qu'elle avait pourquoi pas quit à choisir une autre identité, bah elle a choisi la princesse hongroise. H bien sûr, elle a commencé très tôt parce que c'était déjà la seule manière aussi de vivre dans le milieu qu'elle souhaitait avoir.

C'était c'était aussi une euh une manière de de de vivre la meilleure vie possible. Donc donc voilà, c'est l'histoire de son mensonge est là. Mais après, une fois qu'elle a créé ce mensonge, ça commence une véritable une vie très très dure de solitude puisqu'on peut plus rien échanger avec personne puisque personne n'a n'a de référence par rapport à son passé, par rapport à son histoire, par rapport à ses ancêtres, plus personne ne c'est comme si elle elle est sans famille quoi.

Elle est complètement sans famille, sans histoire. Alors Marie Binet, j'aimerais vous montrer un dessin qui avait été réalisé par votre compagnon aujourd'hui décédé qu'on connaît l'artiste Rolant. C'est celui-ci.

Et ce dessin, il raconte votre combat un peu, votre acharnement. Est-ce que vous pourriez me le décrire un petit peu ? Alors, à ce moment-là, euh c'est la petite fille qui qui tient désespérément les bras de sa les jambes de sa mère, qui est blanche et qui de l'autre côté de outre atlantique devient noir.

Il y avait déjà le le le passage à l'inverse, c'est le passage de la ligne à l'inverse, la petite fille qui va devenir noire si elle s'accroche encore beaucoup. Et c'est la question qu'on m'a posé quand je suis arrivée en Martinique. Mes cousins m'ont dit "Quel effet ça t'a fait quand tu as su que tu étais noir ?" Et là, j'ai vraiment eu [raclement de gorge] du mal.

J'étais entourée de gens merveilleux, sympathiques, qui m'apprenaient tout et je pouvais pas dire "Bah, je ne suis pas nois." J'ai dit "Et bien si en fait, j'ai appris comme ça une part dorée de cette histoire, dorée de vous rencontrer, d'être avec eux. Euh et puis plus tard, après le film que j'ai réalisé, qui est passé au Canada, qui est pas qui a eu euh une belle une belle carrière, euh quelqu'un m'a envoyé un papier d'identité qui est un papier d'identité qu'on a créé spécialement pour donner un nom aux esclaves en 1849 48 et euh Oui. l'abolition de l'esclavage. l'abolition d'esclavage.

Et j'ai compris que tout simplement cette goutte dont on parle aux États-Unis, la goutte c'était ça, être noir. Donc je suis devenu noir en ayant tout d'un coup la révélation de cet ancêtre. Et on comprend maintenant pourquoi cette question que je vousi posé au début, pourquoi il y a marqué roman d'aventure ?

Parce qu'on a vraiment l'impression en effet de vivre une aventure, c'est votre vie tout simplement et celle de votre mère, de votre famille. Merci beaucoup en tout cas Marie Binet une femme qui m' publié l'édition Maurice Nado, c'est à lire bien sûr même sur la plage et merci à vous d'être passé par le plateau de 28 minutes pour nous en parler. Merci, je suis enchanté.

Et ben également passons à notre débat. Quelles seront les conséquences économiques des incendies qui ravagent la France cet été ? Au-delà du bilan matériel et écologique, le coût de la destruction par les flammes va peser fortement sur les finances régionales.

Saison touristique et courté, chômage technique de très nombreuses entreprises subissent de plein fouet l'impact des feux de forêt. Alors, faut-il un nouveau quoi qu'il en coûte pour remettre la région sur pied, faut-il imaginer un plan de solidarité plus large ou revoir notre modèle de mutualisation des risques ? La solidarité des Français est-elle en train de palier les insuffisances de l'État ?

Nous en débattons juste après la mise au point d'Amira Silem. C'est le jour d'après. Après le choc des incendies vient lors des comptes. 40000 entreprises impactées en Gironde.

Ce matin à Berendait les rassurer et réaffirmer les mesures annoncées ces dernières heures. L'État sera au côté des entreprises. Nous l'avons dit, nous le sommes déjà. le recours au chômage partiel pour les entreprises qui sont dans le secteur évacué comme celles qui ne sont pas dans le secteur évacué pouvaient être ouvert au aux entreprises.

C'est un premier niveau d'aide. Des aides [musique] mais pas de quoi qu'il en coûte. L'exécutif dit privilégier la mise en place de dispositifs dit ciblé [musique] cette fois-ci.

Face à l'ampleur des dégâts, la société civile semble consciente [musique] de cette nouvelle réalité. Les appels au don se sont multipliés ces derniers jours. On les [musique] compte par centaines.

Même le président de la République a mis de sa personne pour mobiliser les Français comme ici pour la forêt de Fontainebleau. Je compte donc sur chacune et chacun pour pouvoir dès maintenant donner pour la forêt de Fontainebleau et nous permettre de faire le travail dans la durée, de replanter, de rebâtir. Plus d'un million d'euros a d'ors et déjà été collectés.

Que ce soit pour sauver les forêts ou pour venir en aide aux victimes, l'élan de solidarité des Français a été [musique] massif ces derniers jours. Des solutions ponctuelles pour des risques amenés à se reproduire. Face à ce constat, c'est tout [musique] le système de prise en charge de ces sinistres qui doit être revu.

Selon certains, c'est le cas de cet assureur. Un assureur doit tout faire pour rendre les choses assurables, mais il n'est pas le seul acteur pour qu'on puisse maîtriser les événements, leurs charges et leurs impacts. Il faut que les collectivités locales soient impliquées.

Il faut que l'État puisse agir, il faut que chacun se sente concerné. Alors qui pour payer ? [musique] Face au risque accru d'incendie et de canicules, faut-il repenser tout le système de protection ?

Les élans de solidarité sont-ils une réponse au manquement de l'État ? Voilà. Et pour en débattre de ce soir, nous recevons Jacques Grandin de l'épreuvier.

Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes journaliste environnement et économie à l'opinion.

Selon vous, tous les secteurs d'activité de la région impactés et on ne pourra pas sauver toutes les entreprises de la faillite. On parle au minimum, dites-vous, de dizaines de millions d'euros de pertes avec possiblement 50 à 100 millions de pertes rien que pour le tourisme. À vos côtés, David Kela.

Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes économiste, maître de conférence à l'université d'Anger.

Selon vous, une grande partie du coût pour l'État sera la reconstruction des infrastructures, ce qui rapporte plus que ça nous coûte. Si cette situation va représenter, dites-vous, un coût énorme pour les assureurs, elle n'est pas totalement exceptionnelle. Elle est comparable à la tempête de 1999.

Et puis Sébastien Sed, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes délégué général de Roam.

Alors, Roam, c'est une association professionnelle qui regroupe 85 sociétés d'assurance. Selon vous, les assureurs payeront la facture mais n'iront pas au-delà de ce qui est prévu dans les contrats. Par ailleurs, la solidarité citoyenne représente, dites-vous, une fierté nationale.

Mais cet élan ne doit certainement pas devenir un socle sur lequel on capitaliserait pour l'avenir. Répondam ce débat. C'est avec vous Hélène.

Et les chiffres du jour ? Oui, il est regardez 19500 entreprises fermées, plus de 61000 salariés qui sont toujours empêchés aujourd'hui en girond suite au mégafeu d'aller travailler. Pas de chiffre encore global sur le coût de ces incendies.

Est-ce qu'on peut imaginer Sébastien Accessedo qu'il se rapproche ce coup de ceux de 2022 par exemple où là aussi il y avait eu des mégafeux dans les landes ou alors est-ce que ça sera on le sait déjà pire ? Alors, je C'est très difficile puisque les événements sont encore en train de se produire devant nous, donc c'est très difficile d'établir d'ors et déjà des premiers chiffrages, mais euh j'enfonce une porte ouverte en disant que forcément ce sera euh il faut s'attendre à un bilan économique et un bilan en terme de perte assurée qui sera supérieur, vous l'avez dit, aux épisodes de 2022, je rappelle que les incendies de 2022 dans la région, ça avait été à peu près 2000 sinistres et 80 à 100 millions d'euros de dommage versé aux assuré. Donc je pense qu'on sera sensiblement sur une échelle bien différente pour les épisodes qu'on a ici, le mégafeu en Géronde.

Il faut pas oublier aussi il y a d'autres théâtre en France et surtout que la surface à l'époque était moins importante que celle brûlée aujourd'h aujourd'hui. Alors j'ade Grand les prévier euh forcément il y a deux secteurs qui sont particulièrement touchés hein. Il y a le tourisme et l'hôtellerie et ça pèse très lourd dans cette région du sud-ouest land et géondin.

Oui. Oui. Et là, ils attendaient enfin la suite de la la saison avec impatience parce que dans le tourisme, ils réalisent parfois la moitié de leur chiffres d'affaires en été.

On pense évidemment par exemple au camping, ils font 40 % de leur CA en aût seulement mais en fait il y a plein d'autres professions auxquelles on pense pas forcément qui sont des maréchés, des saisonniers qui vont sur les marchés de l'Atlantique pendant toute la saison d'été. Toute une économie comme ça de service, ça peut paraître caricatural, mais des professeurs de yoga ou de surf. Et euh pareil, on sait que c'est une région où il y a beaucoup d'activités dans le vin.

Euh il y a beaucoup d'événements normalement et du coup quand il y a de l'événement, il y a de la communication, des traiteurs. Donc c'est en fait toute une économie locale qui a été déjà coupée du monde parce qu'il y avait des gros problèmes logistiques de transport et qui en plus perd les mois d'activité qui étaient les plus importants pour eux. Et en effet, le chiffre c'est que c'est des centaines des dizaines de millions d'euros potentiellement de perdre pour le tourisme avec une crainte à moyen long terme, c'est que les touristes ne reviennent pas parce qu'ils auront peur qu'il y ait des feux comme ça chaque année qui gâchent leurs vacances.

Pour 2027 notamment pour 2027. Oui, c'est ça. David Cas, c'est le vrai aussi ça dans le VAR.

On peut imaginer, on peut on peut comprendre cette inquiétude que les touristes ne reviennent pas dans certaines régions de France aujourd'hui. Oui, on peut comprendre mais bon après l'actualité, vous savez, elle passe très vite aussi hein. C'estàd que là pour les gens concernés, c'est un traumatisme dont ils vont pas qu'ils vont pas oublier.

Mais pour ce qui est des touristes, voilà, je je suis pas certain que les touristes arrêtent de venir dans le sud-ouest à cause de ça. Par contre, parmi les cours, on n pas parlé, mais la filière bois, c'est très important dans la région Nouvelle Aquitaine. à la fois le bois d'œuvre mais aussi la papéterie, tout ce qu'il y a autour.

J'ai regardé ce matin, c'est quand même 10 milliards de chiffres d'affaires par an autour de la filière bois, 56000 emplois et là on a quand même 10 % de la forêt qui a plus de 10 % qui qui a bré et justement par rapport à tout ce qu'on vient de dire là, on a déjà connu un tel choc économique sur une seule région comme ça. Alors lié à une catastrophe climatique, pas ma connaissance, j'ai pas de là effectivement c'est c'est très concentré. Bon, encore une fois, on connaît pas le coût, hein, total, mais le coût, il est à la fois les pertes de touristes et euh tout à l'heure euh voilà, enfin vous vous l'avez très bien dit, il y a pas que le tourisme au centre, c'est-à-dire l'hôtellerie et restauration, il y a aussi t tous les services autour et puis et puis voilà, la filière industrielle du bois et puis après, il y a aussi des destructions dans des zones d'activité et donc là aussi, on a des entreprises qui ont pu voir leur entrepôt disparaître à cause de du de des Sébastien Sou, faut s'attendre à à de la casse, à des faillites.

Alors, il peut y avoir euh enfin je sais pas de vin mais je pense qu'il y aura des entreprises qui dès lors que vous baissez le rideau et qu'il y a une rupture d'activité totale où il n'y a plus de chiffre d'affaires, si la trésorerie de ces entreprises était déjà un petit peu fragile avant la saison, ben l'événement et l'épisode qu'on a devant nous est un facteur aggravant qui peut pousser peut-être certaines entreprises dans des situations très difficiles. Après, il y a un certain nombre de mesures qui sont mises en place à la fois par les pouvoirs publics et aussi par les assureurs pour essayer d'absorber au maximum la crise, mais tout est c'est un scénario qui est bien sûr possible dire qu'il y aura zéro faillite. Je pense que c'est c'est un petit peu naïf comme lecture.

Alors, à propos justement des on va dire des situations des annonces enfin qui ont été faites ce matin notamment Jade Grandin de de l'épreuvier, on va regarder quelques-unes qui sont qui ont été annoncées. En effet, on le voit sur il y a donc du chômage partiel, il y a aussi et bien des aides d'urgence pour les travailleurs indépendants, le report aussi de certains prêts bancaires pour les particuliers. Ce genre d'aide aujourd'hui, on sent est-ce que ça peut vraiment donner aujourd'hui de l'oxygène ou alors c'était le minimum aujourd'hui que l'État pouvait faire ?

Bah, c'était important de le faire. Après, la question c'est sur quel périmètre ils le font. C'est un peu ce qui a expliqué le ministre de l'économie Roland l'escur ce matin.

Il a dit tout ce paquet d'aide pour le moment c'est uniquement pour les entreprises qui ont soit brûlé soit qui ont ils sont dans les zones évacuées. Mais il y a beaucoup d'autres entreprises qui sont touchées. Donc oui, c'était le minimum.

Et maintenant, il y a une vraie discussion un peu politique et économique avec les les secteurs concernés parce que il y a beaucoup d'entreprises qui n'étaient pas en zone évacuées ou affecté par les flammes qui en fait n'ont plus d'activité parce que les gens sont partis, leurs salariés ne sont plus là, ils peuvent pas travailler en extérieur ou alors on doit leur donner des masques FFP2. Donc il y a le problème c'est qu'il y a beaucoup d'entreprises qui sont affectées par cette crise mais qui n'ont pas forcément le droit à toutes ces ces dispositifs publics. Il y aura une question sur l'indemnisation qu'elles pourront avoir de la part de leur assureur et c'est pour ça aussi que économiquement la facture risque un peu de s'étaler et c'est pas un quoi qu'il en coûte comme pendant le Covid où tout était pris en charge.

Certains ont demandé le le quoi qu'il en coûte he on l'a entendu comme autant du Covid. C'est la réponse du ministre de l'économie ce matin était assez claire. Je propose de la regarder et tout le monde le sait aujourd'hui que franchement le ministre de l'économie et les finances, il a plus beaucoup d'argent.

Mais aider ceux qui sont en première ligne, qui sont plus affectés, Oui. Arroser de manière indéfinie des gens qui souffrent et des gens qui, il faut le reconnaître souffrent moins. Ça serait pas raisonnable aujourd'hui.

Je pense que tout le monde peut comprendre que face à cette situation exceptionnelle, il faut des dispositifs exceptionnels mais bien ciblés qui sont qui sont adaptés aux situations des uns et des autres. Je pense que c'est du bon sens. Donc David qui est là, pas d'aide voilà des aides ciblées mais pas de quoi qu'il en coûte.

Ça, on a bien compris. C'est trop dangereux financièrement. Le problème Le problème c'est que en fait comme on l'a dit contrairement à la plupart des catastrophes, en général ça touche les agriculteurs en période de sécheresse ou ou des secteurs d'activité très précis.

Là on a en fait plusieurs secteurs d'activité qui sont touchés. Euh moi je sais pas, enfin j'ai des amis à Bordeaux c'était irrespirable et donc ça ça posait la question de la santé. Et donc des gens sont partis pour ces raisons de santé pour pouvoir respirer et donc il y a des activités qui c'est pas concerné par directement par les incendies mais qui sont concernés de manière indirecte par les incendies.

Et le problème c'est que bien sûr que c'est c'est nécessaire de faire d'indemniser le chômage partiel parce que en fait le souci qu'on a quand on une entreprise qu'on a plus d'activité parce que on a été évacué donc forcément on peut plus techniquement travailler ou ou alors on a on est victime d'un incendie. Donc forcément, le fait d'avoir des chômages partiels financés par le gouvernement euh ça ça permet de garder les compétences et euh une fois la reprise de pouvoir recommencer l'activité lorsque les conditions euh le permettent. Et le souci c'est qu'en voulant trop cibler sur les secteurs directement touchés sans aller voir ceux qui ont qui ont fait une paire d'activité, bah je pense que là on va perdre des compétences.

Donc l'idée l'idée de d'animiser non mais je pense par exemple ben vous êtes je sais pas un un une brasserie au centre de Bordeaux bah vous avez plus de clients mais vous êtes pas directement consé par les incendies parce que l'air est irrespirable donc forcément là il y a quand même des questions qui se posent si vous avez des faillites de commerce qui sont liées indirectement aux incendies mais que vous n'êtes pas dans le périmètre des aides bah c'est quand même un peu dommage. Sébastien, c'est entendable ça le côté ciblé plutôt que général en disant en effet on va faire des cas particuliers. En effet, ceux qui sont le plus touchés doivent davantage toucher l'argent que ceux qui sont éloignés et qui auraient moins suivi.

Alors après, c'est la responsabilité de l'État de cibler ou pas tel ou tel dispositif. On a bien compris que le quoi qu'il en coûte ne s'appliquerait pas à à l'échelle de cette crise. Après nous, c'est la réponse que les assureurs, en tout cas ceux qu'on représente peuvent peuvent faire.

C'est dans le cadre de ce que prévoit le le le contrat aujourd'hui. Quand votre maison a brûlé, bien sûr, vous êtes indemnisé au titre de la garantie incendie de votre contrat. C'est pas, je rappelle, c'est pas une catastrophe naturelle, c'est une garantie bien spécifique de votre contrat.

Et lorsque vous êtes un professionnel ou une entreprise, bah c'est votre contrat multirisque professionnel qui est appelé en garantie. Mais là, cette fois-ci, les quatre figures sont très différents. Votre commerce a été brûlé.

Vous êtes indemnisé par cette garantie incendie. En revanche, vous êtes une entreprise, vous avez dû baisser le rideau parce que c'est la conséquence d'une évacuation, d'un ordre d'évacuation, vous êtes indemnisé. En revanche, pour ceux qui auraient une baisse de dans l'hôtellerie, par exemple, une baisse d'occupation et des annulations de réservation en cascade, ça cette perte économique, il a quand même fallu, excusez-moi, je vous interromp, il a quand même fallu vous tendre un peu le bras les assureurs, le gouvernement quand il a fallu reloger dans dans l'urgence.

Alors, je sais pas, j'étais pas dans cette réunion à Ber donc je sais pas, moi en tout cas m'a pas tordu le bras. Euh ce l'engagement qui a été pris par la profession dès lundi, c'est effectivement d'allonger les procédures d'indemnisation jusqu'au 31 août pour les déclarations et puis la prise en charge des frais de relogement pour les 220000 évacués sur une durée de de 3 semaines. Alors c'est une disposition alors il faut aussi laisser le temps aux assureurs de se parler aussi entre eux.

Donc là, c'est un engagement qui a été pris par tous les assureurs et d'autres ont pris ensuite des mesures plus individuelles d'initiative de solidarité en direction de leurs propres assurs. Alors ça paraît étonnant euh Jade Grandin, les prévier, vous l'avez vous venez de le dire he Sébastien SD, ce n'est pas une catastrophe naturelle. Ça paraît étonnant d'entendre ça parce que là en effet on a l'impression et en effet les incendies comme les mégafeux ne sont pas considérés comme des catastrophes naturelles comme les inondations, les tempêtes.

Est-ce qu'il faudrait que ça change maintenant afin que parce que on a du mal à le comprendre. C'est vrai là. Oui, là c'est un peu une dénomination administrative, c'està dire c'est pas dans le régime 4nat.

Et pourquoi il y a une vraie question ? Et d'ailleurs ça répond aussi à votre question. Catastrophe naturelle.

Donc 4nat. Oui pardon. Quatnat c'est pour catastrophe naturelle qui est un régime d'indemnisation spécifique pour des catastrophes qui sont tellement énormes, qui causent tellement de dégâts que c'est un peu public et privé.

Et le problème qui se posera à long terme, c'est qu'on sait que les mégafeux vont devenir beaucoup plus fréquents. En fait, il y a les vagues de chaleur en France vont être multiplié par 5. Il y aura un risque de départ de feu qui va aussi être démultiplié à cause des des sécheresses à répétition qui fragilisent la végétation à cause du manque du des précipitations un peu ératiques.

Donc il risque d'y avoir beaucoup plus de mégafeux. Est-ce que on peut se permettre à chaque fois que on aura ça alors que ça va se démultiplier de garder ce système actuel où on voit bien qu'on est euh quand même dans l'urgence avec des dispositifs d'urgence et je pense c'est pour ça que l'État fait très attention à ce qu'il promet parce que le risque c'est que l'année prochaine ça soit pareil et qu'on lui dise bah je veux moi aussi mon chèque faites comme vous avez fait en 2026 mais si ça se multiplie il faudra que l'économie soit plus résiliente et en effet que qu'on vérifie que ça soit toujours assurable alors que ça sera démultiplié justement on va voir ça avec vous Julia avec ces catastrophes naturel qui s'enchaîne été comme hiver et bien les assurances habitation explosent. Oui.

Plus 13 % cette année selon une récente étude. En moyenne les Français débourse 310 € par an et par logement. C'est 36 € de plus que l'année dernière tout de même.

Une hausse qui est liée, vous l'avez expliqué, à la multiplication des feux de forêt, des inondations ou encore des vagues de grê. Et sans surprise, c'est dans le sud que les assurances sont les plus chères et à contrario, l'Ouest est plus épargné. Alors concrètement en Corse par exemple, il faut compter en moyenne 361 € par an en assurance habitation contre seulement 244 en Bretagne.

Et l'Île-de-France, vous allez le voir est un cas très intéressant car il montre l'évolution des tarifs des assurances habitation en fonction du contexte climatique. Historiquement le tarif des assurances augmentait surtout en scène Saint-Nit, département touché par les cambriolages. Sauf que cette année, c'est en Nesson et en Sénéman que la prime augmente le plus avec une hausse de 20 %.

Pourquoi ? Et bien parce que ces territoires ont été particulièrement touchés par les inondations récemment. Alors cette année, tous les Français vont être touchés par ces augmentations.

Toutes les régions sont soumises, donc comme je disais à ces hausses de prix. Selon un sondage réalisé en juin par un assureur, 81 % 8 Français sur 10 et bien craignent que les assurances habitation deviennent tout simplement inabordable. Sébastien Assedo, est-ce qu'ils ont raison d'avoir peur les Français ?

Est-ce que ça va continuer d'augmenter les assurances habitation ? Je pense qu'il faut tenir quand même un discours assez réaliste. On est devant nous la le réchauffement climatique, c'est même plus une un risque de demain, c'est déjà une réalité d'aujourd'hui.

Alors, on parle des feux de forêt qui ne sont pas une catastrance naturelle, mais on voit bien que les risques qui sont la conséquence du réchauffement climatique pèsent davantage sur le régime de l'assurance. Je rappelle juste que l'assurance, c'est une loi, c'est deux lois fondamentales, c'est l'alléa et la probabilité de survenance d'un événement et c'est la mutualisation. La mutualisation des ris, c'est je collecte, on collecte des primes et euh une fois que ces primes servent à payer les différents sinistres, mais si vous avez sur une année donnée beaucoup plus de sinistres encaissés, ben mécaniquement vos primes doivent être réajustées.

Et vous avez bien vu que face aux défis qui sont devant nous en terme de coût et bien que nous ayons un régime des catastrophes naturelles qui permettent d'amortir, je rappelle que pour une quarantaine d'euros par an, par contrat, on peut financer le régime des catastres naturelles contre les inondations et les sécheresses. C'est l'un des plus compétitifs, il nous est envié. Mais vous avez bien vous avez raison de dire que l'équilibre économique aujourd'hui, il est un peu sous tension.

Effectivement, on dit hein euh David Kala que c'est un système qui nous est envié euh par d'autres pays hein. C'est ce système mutualiste quand même qui est une particularité française. Oui, enfin c'est le principe des assurances hein.

Euh par définition, on mutualise les risques. Euh c'est à mal c'est clairement c'est menacé à terme. Oui bien sûr.

Mais quand on là je voulais revenir sur catastr le régime catastrophe naturelle. En fait, c'est parce que l'assurance couvre déjà les incendies, l'assurance de base. Et en fait, le problème pour laquelle on a besoin d'un régime spécifique, c'est que les inondations, les sécheresses, les choses comme ça, ben elle ou des phénomènes extrêmes n'étaient pas couverts.

Un incendie, ça reste pas, c'est pas un phénomène extrême, c'est un phénomène normal. En fait, il y a des incendies en général. Le problème qu'on a, c'est des incendies qui sont anormaux.

C'est pour ça qu'on parle de mégafeu et qui sont liés effectivement à une situation. Problème, c'est qu' le problème, c'est ce que disent beaucoup de scientifiques, c'est qu'aujourd'hui, ça ne sera plus des phénomènes anormaux dans mais c'est anormaux par rapport au climat d'avant. maintenant on est dans un nouveau climat et donc évidemment les primes d'assurance augmentent parce que alors pas simplement parce que les risques de survenu des comment dire des phénomènes s'accroissent mais aussi parce que ce qu'on assure est a de plus en plus de valeur et là aussi on voit que les catastrophes naturelles où les incendies détruisent de plus en plus de valeur mais parce qu'en fait à la base il y a plus en plus de valeurs et ça c'est c'est logique dans une économie en croissance les maisons sont plus grandes plus belles plus avec plus d'objets dedans et donc c'est pour ça que les prix d'assurance augmentent il y a aussi il y a aussi une là on a on a raisonné sur l'enjeu financier mais qu'est-ce que l'on peut faire aussi collectivement pour que les sujets d'assurance ne se posent plus avec autant de difficultés dans les années qui viennent et c'est ce que disait très bien Jean-Philippe Doeton le directeur général de la massive dans votre dans votre reportage c'est que il faut mobiliser aussi tous les acteurs de la chaîne les collectivités aussi et puis surtout il y a un mot qu'on ne prononce pas beaucoup c'est celui de la prévention on s'intarde beaucoup à guérir mais il faut aussi mieux prévenir et mieux prévenir c'est c'est par exemple Exemple, le débroussaillage, c'est quelque chose de tout bête, mais c'est ça permet d'éviter que un feu de forêt se transforme en méga feu parce que le réchauffement climatique va les transformer en méga mais on peut éviter.

Je rappelle que dans 9 cas sur 10 d'un feu de forêt, l'origine est un défaut de débroussaillage, c'est entendu. On va partir maintenant en 2020 hein. On va parler justement aussi de cette solidarité peut-être et bien qu'on a découverte ou redécouverte puisque là en plein confinement à l'époque en plein confinement anti Covid, souvenez-vous, les Français, alors pas tous, se découvrent solidaire.

Une attitude qui préfigure l'entraide que l'on observe aujourd'hui face aux incendies. C'est notre archive du jour. Tout a commencé sur des balcons.

Des balcons pour chanter, s'entraider, de la solidarité partout pour faire les courses. Vous êtes mes sauveurs et mes bon dieux et mes anges gardiens. Ouir un transport gratuit aux soignants [musique] d'une région à l'autre par la voie désert. l'impression d'une belle chaîne de solidarité qui s'est créée dans ces moments un petit peu spéciaux.

Oufrir de son expérience et [musique] de son temps en fabriquant masques et blues par centaines. Épauler ceux qui travaillent plutôt qu'attendre sans rien faire. On est [musique] dans une situation où si on se sert pas les coudes, je pense qu'on le fera jamais.

Tout va bien. C'est beau. Alors, on assiste he depuis 8 jours à un peu pareil hein, cet immense élan de solidarité, y compris sur le terrain les agriculteurs, les habitants qui viennent avec leurs petits bras aider les pompiers et puis partout de partout en France, les collectes, les cagnottes, les appels au dons, les gens qui appellent en disant "Je peux héberger" et cetera.

Jade Grandin de l'épreuvier, c'est une solidarité qui a changé, qui a évolué. Ça vous surprend ou pas ? Oui.

Par rapport au Covid, est-ce qu'il y a une évolution ? Et puis est-ce que ça vous a surpris ? Ouais, ben je pense que ça montre que face à une enfin une catastrophe, du coup le terme est conoté maintenant, mais face à quelque chose d'exceptionnel et une situation vraiment d'urgence, c'est plutôt rassurant de voir que pour moi c'est un peu vraiment similaire au Covid. c'est la la population agit et n'attend pas des ordres de l'État ou que l'État fasse tout pour elle et qu'il y a des initiatives individuelles.

Donc non seulement des gens qui eux-mêmes vont aider les pompiers comme ils peuvent en en donnant de la nourriture ou en aidant avec leurs engins et aussi les entreprises elles-mêmes se sont mobilisées pour apporter des matelas, des lits, des masques FFP2. Donc c'est assez enthousiasmant. Ça s'explique aussi parce que la préfecture locale était vraiment concentrée sur la gestion de de l'incendie.

Donc les citoyens se sont aussi organiser un peu pour palier au fait que les services de l'État ne peuvent pas tout. Et donc c'est intéressant parce que c'est complémentaire à ce qui a pu faire l'État même si évidemment c'était en dehors des normes. C'està-dire qu'on a fait des coupaces dans les forêts en sans demander d'autorisation préfectorale c'est possible dans l'urgence mais est-ce que sur le temps long ça reste viable de faire comme ça plein de choses sans l'énorme ?

Merci beaucoup. Euh à vous trois d'être venus débattre ce soir sur le plateau de euh 28 minutes. À suivre les chroniques de Marjor Adelson et Théophile Cossa.

Nous verrons, ça paraît assez fou comment des chercheurs spécialistes des marmottes et oui déjà ont ouvert un compte Only Fan pour financer leur leurs études. Voilà, c'est une belle histoire contemporaine. Il y a eu un enchaînement de mots assez étranges en même temps.

Avant de se demander comment est-il possible de perdre le contrôle de l'intelligence artificielle ? Et ça c'est vraiment pas des plus rassurants. Mais avant cela, rejoignons Victor de Kiver.

C'est un homme, vous allez voir, qui n'hésite jamais à apporter une réponse aux questions existentielles. La preuve ce soir, vous diterez-moi bête, faut-il faire pipi sur du blé ou sur des crapaux pour savoir si l'on est enceinte ? Faut-il faire pipi sur du blé ou sur des crapaux pour savoir si on est enceinte ?

La question vous paraît farfelue et pourtant, comment savoir si vous êtes enceintes lorsque vous vivez en Égypte antique en 1350 avant notre ère ? Rien de plus simple. Vous prenez des grains d'orge et de blé, vous les mettez dans des sacs différents, vous les arrosez quotidiennement de votre urine.

Si rien ne germe, vous n'êtes pas enceinte. Mais si l'orge germe, c'est un garçon. Et si c'est le blé, c'est une fille.

Ça vous paraît fantasque ? Et pourtant, en 1963, des chercheurs testent cette méthode antique et le résultat est probant dans 70 % des cas. Les hormones dans l'urine de la femme enceinte imitent les hormones végétales.

Les Égyptiens avaient tout compris. Bon, pour le sexe du bébé, par contre, c'est raté. Autre technique étonnante, faire pipi sur des crapaux. [musique] Oui, nous sommes cette fois-ci en 1927 en Afrique du Sud.

Le zoologue anglais Lancelot Hbben [musique] découvre le crapau à griffe du Cap. Un crapau qui a une particularité, la femelle peut pondre toute l'année. Hbben décide alors d'injecter de l'urine de femme enceinte dans un crapau femelle.

Et là, magie, les hormones de grossesse déclenchent la ponte. Le testbun affiche des résultats probants à 95 %. C'est révolutionnaire. [musique] Dans les années 1940, ce test devient une routine.

Mais il faut un crapau et des souris aussi et parfois des lapines. On leur injecte l'urine puis on les tue pour examiner leurs verts et voir si elles ont ovulé. Charmant.

Efficace ces tests. Mais quelle galère ! Il faut des animaux, des laboratoires, c'est long.

Heureusement dans les années 1960, un nouveau test arrive. Plus d'animaux, juste des anticorps et des globules rouges. Mais il faut toujours un labo et de semaines d'attente.

C'est là qu'entre en scène Margarette Cran. En 1967, cette designer de 26 ans conçoit un boîtier pour réaliser le test à la maison. Mais le labo refuse.

Une femme ne serait pas capable de lire le résultat. En 1971, le test est commercialisé au Canada. Margarette est créédité sur le brevet mais ne touchera aucune rémunération.

Voilà, vous enfantz moins bête. Voilà, sinon vous pouvez tester la méthode assez classique, ça marche aussi. Merci Victoire de Kiviver et merci aussi à Ticien Cordani pour la réalisation de cette magnifique chronique.

Il est temps de les retrouver enfin diront leurs fans bien sûr. Voilà, Margerie Adelson et Théophile Cossa. On commence avec vous.

Margerie, on part aux États-Unis. Oui. Où des scientifiques en manque de financement ont choisi alors on peut dire ça ?

Oui. D'être particulièrement créatif. Oui.

Que fait un scientifique américain quand l'État lui coupe son budget ? Et bien, il crée un compte sur Only Fan, la plateforme érotique. Alors, pas pour lui, mais pour sa marmotte, c'est l'idée qu' a eu une équipe de scientifiques du Colorado et de Californie.

Alors, je ne vous demanderai pas si vous fréquentez Only Fan, mais sachez que depuis quelques jours, entre deux photos de personnes toutes nues, vous pouvez tomber sur ces adorable petits rongeur. Nom du compte, vous le voyez, Only Marms. Ça donne plutôt envie de cliquer, non ?

On est d'accord. Voilà. En tout cas, je vous êtes pas vous êtes pas sûr.

La promesse est claire du contenu sans filtre de marmottes à ventre jaune. Concrètement, des marmottes qui jouent, qui creusent des trous et pour les aventurs de vidéo Toride, des marmottes qui se battent. Ah oui quand même.

Euh mais c'est quoi le but de tout ça en fait ? Et bien l'argent et notamment l'appel au don car ce projet existe depuis 1962. Il analyse notamment les réactions des marmottes face au changement climatiques.

L'équipe de scientifiques espère ainsi collecter des fonds pour poursuivre ses recherches. L'idée, c'est pas de remplacer complètement les fonds publics, mais surtout de sensibiliser la population à ses rangeurs et plus largement à la biodiversité. Mais l'équipe des chercheurs ne s'est pas arrêté là.

Voilà, elle donne vraiment tout pour la Suise. Vous connaissez la Fashion Week Oui, bien sûr. Et bien, est-ce que vous connaissez ?

Il y a désormais la fat marmotte week, la semaine de la grosse marmotte en français. Si vous voulez, c'est une sorte de Miss France mais version rongeur. Une spécificité toutefois car il s'agit de voter pour la marmotte la plus dudue avant Hibernation.

Jean-Mhieu, ça vous tente ? Évidemment d'ailleurs serait que je suis un spécialiste de la marmotte, donc faites bien. C'est vrai que celle de droite était pas mal.

Vous avez jusqu'au 24 août pour voter. D'accord. Alors en tout cas, c'est pas la première fois que les scientifiques font preuve d'originalité pour se financer.

Non. En 2005, par exemple, des chercheurs boliviens avaient découvert une nouvelle espèce de singe et plutôt que de la baptiser eux-mêmes, ils avaient mis son nom aux enchères. Résultat, plus de 600000 dollars récoltés pour leur recherche.

Et des exemples comme ça et ben il y en a plein. À Saint-Antonio, au Texas, vous pouvez baptiser un cafard du nom de votre ex et ensuite le faire manger par un animal du zoo. Ça vous coûtera 10 dollars 150 si jamais vous voulez garder la vidéo en cadre [rires] chute, c'est moins cher, c'est sûr.

Alors l'opération évidemment, elle est rapidement devenue euh virale. Après, c'est vrai que les marmottes, on va pas se mentir, c'est quand même plus mignon que les cafards. Et en plus, et ben ça bosse.

On savait qu'elles mettait déjà le chocolat dans le papier alu. Et bien, doré avant, elles sont aussi créatrices de contenu. Quelle vie que celle des marmottes.

Merci beaucoup Margerie, Adelson et Théophile. Il est temps de se faire peur un petit peu avec vous puisque c'est un vent de panique he dans l'univers de l'intelligence artificielle. Certains des plus grands pontes de l'IA aux États-Unis viennent de publier une pétition pour ralentir son développement après des pertes de contrôle de l'outil.

Racontez-nous perdre le contrôle de l'IA. Comment ça marche ? Ouais, on dirait un scénario de science-fiction genre Matrix ou Terminator mais c'est bien réel.

On est le 9 juillet dernier. Des ingénieurs d'Open Eh, vous savez l'entreprise qui édite Chat GPT font passer des tests de routine à leur modèle d'intelligence artificielle. Ce jour-là, il décident de faire travailler en tandem deux modèles he qui existent déjà très avancés.

Un commercialisé, l'autre encore expérimental. L'objectif, c'est d'évaluer leur capacité, hein, à détecter les failles d'un logiciel, mais dans un cadre numérique strictement contrôlé par les ingénieurs où l'accès à internet est limité pour des raisons de sécurité. Tiens, c'est comme si vous Margerie et Jean-Mthieu, je vous enfermais dans une pièce, voilà, où que je regarde attentivement.

Je vous donne quelques livres et puis je vous donne un exercice à résoudre. Et bien pour schématiser, les I ont réussi à se barrer de la pièce, à aller à l'autre bout de la ville pour pénétrer dans une bibliothèque spécialisée en IA ultra sécurisé, à choper tous les livres dont elles avaient besoin dont elles avaient besoin, à braquer sur le chemin trois autres entreprises DIIA pour récolter des infos puis à revenir dans la pièce et à résoudre l'exercice. Tout ça sans que les ingénieurs ne s'en aperçoivent.

En gros, les IA ont délibérément triché, échappant à tout contrôle. La bibliothèque hier qui s'est fait braquer dans la vraie vie s'appelle Hugging Face. Elle a cru à une cyberattaque classique et a donné l'alerte quelques jours plus tard.

Et c'est seulement là que chez Open Eye, ça a fait tilt. Oui. Oups.

Euh pardon la boulette. Preuve que l'incident est très sérieux, l'entreprise l'a qualifié de cyber incidents sans précédent. Voilà.

Et c'est là où on voit que la puissance de l'IA devient totalement démentielle. Ouais. On a appris cette semaine qu'un prototype de Claude Mythos, le modèle IA de la société anthropique, avait réussi à percer en partie les secrets de deux algorithmes de chiffrement de données les plus solides.

En gros, pour faire 5, les trucs les plus inviolables d'internet développé depuis des décennies qui nous permettent de sécuriser nos transactions ban nos transactions bancaires, nos communications et cetera. Alors certes, ces attaques étaient téléguidées par des chercheurs hein dans le cadre d'un exercice, mais ils ont observé que Lia s'était débrouillé quasi toute seule. Et certains on les comprend commencent à paniquer.

Oui, c'est peut-être le plus flippant. Même les meilleurs ingénieurs du secteur supplie de ralentir. 1200 cerveaux ont signé cette semaine une pétition pour freiner le développement de l'IA.

Parmi eux, les directeurs scientifiques d'Openhe, de MTA, le PDG d'Antropique, ils s'accordent pour dire il existe un risque réel que le développement des capacités de l'IA s'accélère rapidement au-delà de notre capacité à comprendre ou à contrôler les systèmes qui en résulteront. Question de curiosité, vous pour le futur, vous préférez Matrix ou ou Terminator ? C'est pas très joyeux, mais peut-être Matrix, je pense.

Voilà, au moins survie, on va dire ça. Merci en tout cas. Merci mes amis à suivre sur votre série animée de chat et ne ratez pas votre nouvelle série à l'humour corrosif à sou même quand une femme devient veuve et est obligée de supporter sa belle famille.

Oui, ça peut rappeler certaines choses. Nous, on se retrouve bien sûr demain. Pourquoi ? pour le club 28 minutes.

Et oui, c'est que de bonheur. Allez tchus. [musique]