Droits de douane : Macron veut enclencher le "bazooka commercial" contre Trump
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Questions et réponses
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- 1:01OuverteRéponse partielle
De quoi s'agit-il ? Parce que le président de la République Emmanuel Macron va demander au nom de la France l'activation de cet instrument antioercition de l'Union européenne.
- 3:00OuverteRéponse partielle
Mais alors, elle marche sur le droit international du commerce, non ?
- 5:00OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'on est capable de tenir tête à Donald Trump et aux États-Unis quand on dit par exemple bah oui, on priverait les entreprises américaines d'accéder à nos marchés publics ou des choses comme ça ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:30Sylvain CannFait
« Si jamais Donald Trump fait ce qu'il a menacé de faire, c'est-à-dire que si au 1er février prochain, il augmente les droits de douanes de tous les produits européens qui rentrent aux États-Unis unilatéralement de 10 % et qui recommence au 1er juin en rajoutant 15 % de plus sans aucune discussion, sans aucune négociation, les Européens peuvent décider soit carrément d'interdire euh toutes les importations américaine, soit d'interdire des importations de certains produits américains ou de certains services américains, les Européens peuvent décider de fermer l'accès au marché public à toutes les entreprises américaines. »
- 5:30Sylvain CannFait
« les Européens ont dit "Bon, pour que ça n'arrive plus ce genre de chose, il faut que tout pays extérieur sache que si s'en prend à l'un de nous euh notamment des tout petits pays, et bien ça sera l'ensemble de l'Union européenne qui réagira." »
- 7:30Sylvain CannFait
« les Européens ils font pareil hein. Finalement, on veut c'est c'est de la guerre commerciale dents pour dents, œil pour œil. »
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Le grand matin [musique] Sud Radio 7h10h, Patrick Roger. Décidément, il est 7h41 sur Sud Radio. Décidément, ça n'en finit pas entre Trump et puis les Européens.
Sud Radio vous explique matin ce matin le bazooka commercial. De quoi s'agit-il ? Parce que le président de la République Emmanuel Macron va demander au nom de la France l'activation de cet instrument antioercition de l'Union européenne.
Nous sommes avec Sylvain Cann qui est professeur au centre d'histoire de Science Po auteur de l'Europe Un état qui s'ignore et l'atlantisme est mort. Bonjour. Bonjour.
Euh alors, expliquons ce qu'est ce bazooka commercial. Je précise en fait juste avant hein, donc euh c'est parce que Trump a indiqué ce weekend qu'il a augment qu'il allait augmenter les droits de douane à l'égard des pays euh européens qui envoient des des militaires, des troupes au Grolinland, à la demande évidemment euh du Danemark face aux menaces de Donald Trump que l'Europe pourrait sortir ce bazooka commercial. Ça vaut le coup quand même d'essayer de le décrire ce que c'est Sylvain Cann.
Oui. Bah écoutez, c'est assez simple. C'est un le nom complet c'est instrument anticoer c'est une loi c'est une loi qui a été votée par l'ensemble des députés européens en 2023 à la demande des gouvernements et il s'agit de déployer toutes les mesures de rétorsion possibles et imaginables quand il arrive qu'un état extérieur à l'Union européenne utilise lui-même des mesures de répression commerciales qui sont complètement injustifiés qui sont unilatérales.
Je vous donne un exemple. Ouais. Si jamais Donald Trump fait ce qu'il a menacé de faire, c'est-à-dire que si au 1er février prochain, il augmente les droits de douanes de tous les produits européens qui rentrent aux États-Unis unilatéralement de 10 % et qui recommence au 1er juin en rajoutant 15 % de plus sans aucune discussion, sans aucune négociation, les Européens peuvent décider soit carrément d'interdire euh toutes les importations américaine, soit d'interdire des importations de certains produits américains ou de certains services américains, les Européens peuvent décider de fermer l'accès au marché public à toutes les entreprises américaines.
Voilà, c'est ce genre de chos ou bien d'augmenter des droits de douane en réponse à l'augmentation unilatérale des droits de douanes. Voilà, c'est c'est c'est une guerre commerciale qui Mais alors, elle marche sur le droit international du commerce, non ? Euh oui, bah c'est-à-dire que en fait à l'origine en 2023 c'est quand la Lituanie qui est donc un des Étatsmembres un des 27 Étatsmembres de l'Union européenne qui a subi des pressions extrêmement fortes de la Chine parce que la Lituanie avait envoyé une ambassade à Taïwan.
Donc la Chine a a reposté. Alors la Lituanie hein, c'est un pays de 2 millions d'habitants. Donc il y avait c'était vraiment David contre Goliath.
Donc à la suite de ça, les Européens ont dit "Bon, pour que ça n'arrive plus ce genre de chose, il faut que tout pays extérieur sache que si s'en prend à l'un de nous euh notamment des tout petits pays, et bien ça sera l'ensemble de l'Union européenne qui réagira." Et effectivement, vous avez raison Patrick Coget de dire que bon ben on n'est plus dans le cadre du droit international du commerce, de l'Organisation mondiale du commerce, mais ça malheureusement ça fait quand même une dizaine d'années que l'Organisation mondiale du commerce est un peu tombée en désuétude parce qu'il y a un certain nombre de pays comme la Chine, comme les États-Unis, comme la Turquie, parfois le Brésil bah qui considère que bon bah l'OMC c'était bien dans les années 2000 mais maintenant on est passé à autre chose. Et donc les Européens ils font pareil hein.
Finalement, on veut c'est c'est de la guerre commerciale dents pour dents, œil pour œil. C'est-à-dire que Trump, tu nous menaces, bah nous on va te menacer aussi d'un point de vue commercial, quoi. Est-ce qu'on est capable de tenir tête à Donald Trump et aux États-Unis quand on dit par exemple bah oui, on priverait les entreprises américaines d'accéder à nos marchés publics ou des choses comme ça ?
Quand on sait combien aujourd'hui on est dépendant notamment des gafames, si on se lance dans cette guerre, il y a quand même des risque. Non, Sylvain Cann ? Ben, vous avez raison, mais si j'ose dire, les risques seront partagés parce que vous savez euh euh l'Union européenne est encore le premier marché à l'exportation euh non seulement euh des biens manufacturés américains euh mais aussi et surtout, comme vous le disiez à l'instant, des services et notamment des services qui sont fournis par les entreprises du numérique et du digital.
Donc ça marche dans les deux sens. Alors évidemment la question, je crois disons si on veut vraiment résumer la question à comment dire à quoi on fait face disons c'est nous les Européens enfin quand je dis disons les bon moi je suis prof d'histoire hein les Européens si vous voulez euh ils ont une caractéristique ils sont pas les seuls mais ils ont une caractéristique c'est que depuis quand même 3 qu siècl ils ont fait le choix de la liberté individuelle et de la liberté des peuples. Bon, dans le cadre de la liberté des peuples, ils ont décidé depuis 1950 de faire une association en considérant que les peuples seraient plus forts associés au sein de l'Europe que chacun de son côté après cette fait la guerre pendant 3 siècles.
H quand il y a une puissance euh de la taille des États-Unis qui s'en prend à un morceau du territoire d'un des pays membres de cette association, euh on a quand même on est notre culture politique, c'est quand même d'avoir l'impression que on s'en prend à notre liberté, on s'en prend à notre indépendance et ça ça a un prix. Ouais. Donc la question c'est un peu est-ce qu'on se dit bah OK euh on abdique euh disons euh notre souveraineté y compris notre liberté euh ou bien est-ce que au contraire on considère que il y a un moment donné où l'indépendance c'est sacrée hm h euh et où euh on a une certaine fierté euh pendant longtemps on a appelé ça la fierté nationale.
Aujourd'hui c'est toujours la fierté nationale. Mais la fierté nationale elle fait aussi partie de la fierté européenne. Ouais.
Et là, Trump est en train de de menacer ça. Alors, si pour défendre ça, il faut prendre le risque euh peut-être d'avoir à se priver de certains produits ou de certains services, ça, j'ai envie de dire, dans une démocratie comme la France et comme les autres pays européens, c'est c'est un choix collectif. Et si vous me demandez mon avis, bah pour moi, c'est vite vu.
Voilà. Ouais. Ouais.
Bon bah en tout cas c'est intéressant et je pense qu'on aura l'occasion d'en reparler parce que évidemment ce n'est pas terminé hein ce ce feuilleton bien sûr d'autant que vous l'avez évoqué Sylvain Can évidemment chaque pays a son histoire ou chaque continent a son histoire et et des cultures propres par exemple les États-Unis bah ils ont toujours acheté des territoires depuis des années ils ont acheté bah ils nous ont acheté la Louisiane et cetera, ils ont acheté l'Alaska et ils ont envie donc acheter d'acheter le Groenland en aujourd'hui. Donc voilà, c'est pas terminé bien sûr.
Emmanuel Macron