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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 3 avril 2026 12 minContradictoireMixteEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

Grand plan d'électrification : "on est prêt" assure le patron des parkings Indigo, déjà équipés de 7000 bornes électriques

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:34PrésentateurFait
    « Est-ce que les gens, ils laissent plus leurs voitures au parking ? Est-ce qu'au contraire, vous observez moins d'allées et venues parce que les gens consomment moins ? Qu'est-ce que vous observez ? »
  • 0:50Locuteur non identifiéFait
    « Pour l'instant, on n'observe rien de particulier, mais parce qu'il est encore trop tôt. »

Temps de parole

  • Locuteur non identifié66 %
  • Présentateur34 %

8,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonsoir, c'est Bastien Fraisse.

0:02
Locuteur non identifié

Bonsoir.

0:02
Présentateur

Vous êtes le PDG d'Indigo. Indigo, c'est la société de stationnement, de parking. Merci d'être avec nous sur France Info ce soir. Alors, vous avez des parkings un peu partout, dans les centres-villes, près des cinémas, dans les centres commerciaux. Vous gérez 1 700 000 places de stationnement, 650 parkings en France, dans plusieurs villes. Alors, on a envie de vous poser la question tout de suite, ce choc énergétique, cette guerre en Iran, cette envolée des prix à la pompe, ça a quelles incidences ? Est-ce que les gens, ils laissent plus leurs voitures au parking ? Est-ce qu'au contraire, vous observez moins d'allées et venues parce que les gens consomment moins ?

Qu'est-ce que vous observez ?

0:47
Locuteur non identifié

Pour l'instant, on n'observe rien de particulier, mais parce qu'il est encore trop tôt, on sait d'expérience que quand il y a des grandes tendances comme ça qui se dégagent d'une crise, il faut plusieurs semaines, plusieurs mois pour que les automobilistes ont leur comportement au point qu'on puisse les débusquer. Ce qu'on va surveiller, effectivement, dans les prochaines semaines, c'est-à-dire est-ce qu'on a moins de visiteurs dans nos parkings ? Ce serait le signe que les gens se déplacent moins ? Ou est-ce que nos abonnés laissent plus souvent ou plus longtemps ?

1:08
Présentateur

C'est ce que j'allais vous demander, vous avez aussi des abonnés ?

1:10
Locuteur non identifié

Absolument, qui laissent leur voiture soit la nuit pour les résidences ou en journée pour ceux qui viennent travailler. Et on va voir si, y compris sur ces comportements-là, il y a des changements. Pour l'instant, ce n'est pas le cas. Je fais le point sur différents pays. C'est un peu la même réponse. Alors, vous n'êtes pas en Asie ? Nous ne sommes pas en Asie.

1:25
Présentateur

Parce qu'en Asie, visiblement, il y a des dispositions qui ont été prises sur du télétravail, des semaines où on passe à 3-4 jours de travail.

1:32
Locuteur non identifié

Non, nous ne sommes pas en Asie ni au Moyen-Orient, d'ailleurs, qui seraient les premiers pays exposés. On est en Europe, on est sur le continent américain, Nord et Sud.

1:39
Présentateur

Le télétravail, si jamais on bascule, on voit que c'est une des préconisations de la Commission européenne pour limiter notre consommation de pétrole, ça peut avoir des incidences sur votre business ?

1:51
Locuteur non identifié

Oui, ça peut avoir. Je dirais même que c'est un phénomène qu'on a beaucoup suivi depuis la sortie du Covid, parce que je pense que c'est le moment où ça s'est manifesté de manière la plus concrète. Et on a eu notamment à faire évoluer nos offres vis-à-vis des entreprises.

2:01
Présentateur

C'est-à-dire ?

2:02
Locuteur non identifié

Qui nous ont demandé, qui nous ont dit, écoutez, nous, les salariés ne vont plus être là tous en même temps, en même jour. Donc, on a toujours besoin de parking, mais on veut le consommer de manière différente. On a besoin, par exemple, de 100 places, mais on voudrait pouvoir y faire rentrer 150 voitures différentes à des moments différents. Et donc, on a dû innover, inventer des offres qu'on appelle foisonnées, mutualisées, tout simplement pour permettre à une entreprise de pouvoir gérer le juste nombre de places et pas plus.

2:24
Présentateur

Donc, si on bascule demain avec plus de télétravail, vous êtes prêts ?

2:28
Locuteur non identifié

On est prêts, je dirais que de ce point de vue-là, on n'attend pas particulièrement de conséquences, puisque les formules sont déjà en place. Par contre, effectivement, ce qu'on avait pu mesurer aussi à la sortie du Covid, c'était la baisse du nombre de visiteurs dans les quartiers d'affaires, tout simplement parce que de plus en plus de rendez-vous se sont tenus à distance. Je pense qu'on a tous pris cette habitude désormais. Donc, il y a beaucoup moins de déplacements professionnels en lien avec des rendez-vous. On peut s'attendre, si la crise actuelle perdure, que ce phénomène puisse s'amplifier, en tout cas pendant quelques temps.

2:54
Présentateur

En tant que chef d'entreprise, cette crise, elle vous inquiète ?

2:57
Locuteur non identifié

Elle nous inquiète, en tout cas elle nous concerne, elle nous préoccupe. On examine ça évidemment avec beaucoup d'attention, à la fois pour les sujets qu'on vient d'évoquer, quel va être l'impact éventuel sur nos affaires et sur nos activités, mais aussi parce que, comme tout opérateur économique, on est aussi attentif aux conditions de marché, les taux d'intérêt qui pourraient augmenter. On est une entreprise d'infrastructure, donc forcément les sujets de la dette sont des sujets importants.

3:20
Présentateur

Vous avez des crédits à long terme ?

3:22
Locuteur non identifié

Absolument, donc je dirais qu'on n'a pas du tout d'échéance à court terme, mais pour autant c'est quelque chose qu'on veut suivre évidemment avec grande attention, comme tout le monde je pense.

3:31
Présentateur

Alors avec cette guerre en Iran, on parle beaucoup d'électrification. Alors ça, ça peut être intéressant pour vous. Vous avez déjà dans vos parkings basculé vers l'électrification pour accueillir plus de voitures électriques ?

3:44
Locuteur non identifié

Oui, absolument. C'est un très très grand mouvement dans l'ensemble des pays, mais particulièrement marqué en Europe, en Belgique, en France. On est vraiment les deux pays où je dirais que cette évolution a été la plus marquée.

3:54
Présentateur

Ça veut dire qu'aujourd'hui on est au niveau là aussi ou on a encore du retard ?

3:57
Locuteur non identifié

Alors du retard, je ne dirais pas jusque-là. On est au niveau, il faut savoir qu'au niveau du groupe Indigo, on a 7000 bornes électriques en France. En milieu urbain, ça fait sans doute de nous le premier opérateur de recharge électrique en milieu urbain. On a fait x7, ce n'est pas très compliqué. En 4 ans, on est passé de 1000 à 7000.

4:12
Présentateur

Donc oui, vous avez mis un coup d'accélérateur.

4:13
Locuteur non identifié

Donc on a mis un gros coup d'accélérateur qui n'est pas terminé. On doit encore déployer entre 1200 et 1500 bornes à nouveau cette année 2026. Donc je considère aujourd'hui qu'au niveau du réseau Indigo, on a l'offre suffisante par rapport à la demande. Et donc on pourra accueillir tous les électromobilistes, c'est comme ça qu'on les appelle désormais, avec grand plaisir.

4:29
Présentateur

Donc vous êtes prêt là aussi à suivre la volonté du gouvernement qui prévoit un grand plan d'électrification pour basculer, faire enfin cette transition énergétique ?

4:41
Locuteur non identifié

Absolument, on est prêt, on a investi pour cela et on est tout à fait prêt à contribuer, sachant que c'est un mouvement désormais d'il y a plusieurs années qu'on avait, nous, dès le départ, souhaité rendre dynamique.

4:52
Présentateur

Et la demande, elle est là ? Ça veut dire qu'il y a aujourd'hui suffisamment de gens qui ont, de Français, qui ont des voitures électriques ?

5:00
Locuteur non identifié

On sent quand même, nous, on regarde nos activités mois par mois, elle est en très forte augmentation chaque mois en matière de recharge électrique. Donc on voit qu'on a de plus en plus de sessions de recharge, qu'on rend de plus en plus de recharge. Donc c'est vrai que le mouvement est là. Il est en lien avec la pénétration du véhicule électrique en France. Je crois qu'il y a une voiture sur deux, aujourd'hui, quasiment, neuve, qui est électrique. Donc il n'est pas anormal qu'on les retrouve dans nos parkings.

5:26
Présentateur

Alors, ça tombe bien, votre entreprise, votre groupe se porte bien. Vous avez dépassé le milliard d'euros de recettes l'an dernier. Ça veut dire que, quand même, on prend de plus en plus nos voitures ?

5:37
Locuteur non identifié

Alors, effectivement, c'est une bonne année, une belle croissance. Je pense qu'il y ait 10% de croissance. C'est énorme. C'est énorme. Alors, énorme, notre concert, ce n'est jamais assez. Mais 10% de croissance, pourquoi ? Parce qu'on a déjà fait pas mal d'acquisitions dans différents pays sur les dernières années. Donc vous avez racheté ? On a racheté quelques opérateurs, quelques concurrents dans quelques pays, en Espagne, en Belgique, en France, en Colombie, en ce début d'année.

6:01
Présentateur

Et en termes de fréquentation, ça veut dire quand même que les gens ont de plus en plus besoin de parking ?

6:07
Locuteur non identifié

Effectivement, on a parfois le tort d'avoir une vue très parisienne des choses quand on en parle ici en France. Mais il y a beaucoup de communes, villes moyennes, villes les plus importantes, que ce soit en France ou dans d'autres pays européens ou américains. Où il n'y a pas assez de parking. On nous demande encore d'en construire.

6:22
Présentateur

Par exemple, les derniers que vous avez construits en France ?

6:24
Locuteur non identifié

En France, le dernier qu'on a construit et inauguré, et tout récent, puisque c'était juste avant les fêtes de Noël, c'était à Tignes, la station de ski. Voilà un exemple assez concret, où effectivement, c'est une station qui a beaucoup de succès. Il y a beaucoup de voitures qui arrivent à la période hivernale et il faut les accueillir dans les meilleures conditions. Donc, il n'y a pas beaucoup d'autres solutions que de construire un parking.

6:43
Présentateur

Alors, Indigo, ça appartient à un groupe d'investisseurs. A l'origine, c'était la propriété de Vinci, le groupe de BTP, qui l'a cédé il y a 12 ans. Aujourd'hui, c'est le Crédit Agricole Assurance et puis d'autres fonds.

6:55
Locuteur non identifié

Vos bons infrastructures, effectivement.

6:57
Présentateur

Alors, quand on est automobiliste, parfois, on peut trouver vos tickets de parking assez chers. Ça veut dire que vos actionnaires, ils sont bien traités. Ça veut dire que, vraiment, comment vous fixez ces prix ?

7:11
Locuteur non identifié

Oui, je rassure à tout le monde, ce ne sont pas les actionnaires qui fixent les tarifs. Qui fixent les tarifs ? 90% de nos parkings en France sont ce qu'on appelle des concessions. Ça veut dire quoi ? C'est que ce sont des parkings qui appartiennent aux villes et que les tarifs sont fixés par les villes.

7:23
Présentateur

Vous êtes un opérateur ?

7:24
Locuteur non identifié

Absolument. On est un opérateur délégataire du service de stationnement pour le compte de la ville. Donc, ce sont les villes qui fixent les tarifs. C'est tout à fait important de le savoir. Et comment le tarif, il est fixé ? C'est ce que j'allais vous demander. Il est réputé couvrir les frais de fonctionnement, les charges d'investissement. Parce qu'on parlait de tignes. Ça coûte cher de construire un parking. Donc, il faut bien pouvoir amortir cette dépense. Et puis après, il faut avoir en tête que le stationnement est un élément un peu clé des mobilités locales.

La ville décide, par la décision qu'elle prend sur les tarifs de mobilité, des comportements qu'elle souhaite encourager ou des comportements qu'elle souhaite dissuader.

7:57
Présentateur

Alors, justement, là, on vient de passer les élections municipales. Il y a eu des changements à la tête dans certaines villes. Ça veut dire qu'ils peuvent renégocier les tarifs et les concessions avec vous ? Ou c'est ancré dans le marbre ? C'est quoi ? C'est des concessions sur plusieurs années ?

8:13
Locuteur non identifié

C'est des concessions qui peuvent être longues pour certaines dès lors qu'on a de gros investissements, qui peuvent aller jusqu'à, par exemple, 30 ans. Effectivement, les villes sont liées par ces contrats, mais ce qui n'empêche pas qu'on puisse renégocier en cours de route certaines clauses. Et si la ville, par exemple, change d'avis ou un remords sur des sujets comme les tarifs, on en discute et on trouve les voies et moyens d'adapter le contrat aux nouveaux besoins locaux.

8:34
Présentateur

Vous êtes aussi présente dans les hôpitaux, autour des hôpitaux. Et on voit qu'il y a eu, parfois, on a le sentiment, en tout cas, la critique qui vous a été faite, ça a été de profiter de la vulnérabilité des familles en appliquant des tarifs élevés. Qu'est-ce que vous répondez ?

8:49
Locuteur non identifié

Je trouve que c'est une critique très injuste qui... Alors, ça me donne l'occasion, je vous remercie de votre question. Il faut savoir que quand on est présent sur un parking d'hôpital, c'est d'abord une décision de la direction de l'hôpital qui avait un problème à régler, qui ressemble un petit peu à ce que j'évoquais pour les villes. C'est-à-dire que souvent, les parkings d'hôpitaux étaient saturés. Et ils avaient beaucoup de mal à accueillir l'ensemble des besoins, que ce soit leurs salariés, un élément très important, mais aussi les patients. Ils avaient besoin également de considérablement investir pour construire des ouvrages nouveaux.

Donc, ils ont pris la décision de passer en parking payant pour justement empêcher certaines voitures de se garer sur ces parkings, alors qu'ils n'avaient rien à y faire. Donc, c'est ça le point de départ.

9:22
Présentateur

Le point de départ. Mais c'est vrai que parfois, on peut se dire qu'entre faire payer et faire payer cher, il y a une marge.

9:28
Locuteur non identifié

Oui. Alors, ce qui est parfois méconnu, c'est qu'il y a dans tous ces parkings-là, en général, il y a des tarifs très adaptés justement pour les patients. Ça fait partie des points de progrès évidents de notre côté, du côté des directions d'hôpital, de mieux faire connaître ces tarifs, parce qu'effectivement, on a eu vent de quelques cas particuliers, où manifestement, quelqu'un qui s'est garé aux urgences par mégarde, parce qu'on n'est pas toujours dans son état normal quand on arrive à l'hôpital, s'est garé aux urgences, qui est resté la journée, ça va lui coûter très cher. En général, quand il y a une réclamation de ce type-là, on est très bienveillant.

Mais effectivement, il y a un sujet de communication, très probablement.

9:57
Présentateur

Alors, vous êtes depuis un petit moment déjà chez Indigo, 2012. Vous connaissez bien la maison, vous connaissez bien aussi le secteur, puisque vous étiez avant chez Vinci Autoroute. Mais votre passion, vous, c'est le vélo. Vous en faites beaucoup, vous en faites le week-end. Et j'ai envie de vous poser la question. En fait, il y a aussi de plus en plus de vélos dans vos parkings.

10:19
Locuteur non identifié

Oui, absolument. On parlait tout à l'heure des véhicules électriques. C'est une deuxième des grandes transformations des dernières années dans nos parkings. C'est que, alors que jusqu'à ce moment-là, on pensait que les vélos ne viendraient jamais dans nos parkings, on est amené à construire de plus en plus d'offres pour les vélos. Sur Paris, on a 2300 places sur Paris, 7000 en France.

10:36
Présentateur

Ça veut dire que le parking de demain, c'est un parking avec des véhicules électriques, des vélos ?

10:41
Locuteur non identifié

Toutes formes de mobilité utiles pour la ville. Et puis d'autres services urbains, on y travaille beaucoup. On a des installations désormais de self-stockage avec des partenaires qui viennent installer. Vous avez besoin d'une pièce en plus, partenaire que je peux citer, qui est sur garde.

10:56
Présentateur

Ah oui, comme des boxes en fait.

10:57
Locuteur non identifié

Comme des boxes. Alors plutôt que d'aller en lointaine banlieue, désormais vous pouvez louer votre box dans Paris, dans certains de nos parkings. Et puis on travaille aussi sur des sujets encore plus ambitieux, de déploiement de ce qu'on appelle de plateforme de logistique urbaine. C'est-à-dire comment limiter ce nombre de véhicules qu'on connaît bien dans les rues des grandes métropoles.

11:13
Présentateur

C'est-à-dire que les camions viendront chez vous et ils déchargeront dans vos parkings pour éviter les déchargements sur la voie publique.

11:19
Locuteur non identifié

Absolument. On a un très gros projet en cours de travaux sur Paris en ce moment, sous l'avenue Foch, qui effectivement consiste à faire descendre les camions, mais également les autocars, dans un parking pour leur permettre de livrer dès ce lieu-là l'ensemble des marchandises. Et puis elles repartiront dans Paris en vélo un peu équipé et en petits véhicules électriques. Je pense que c'est quand même ça la ville de demain.

11:40
Présentateur

Eh bien écoutez, merci beaucoup de nous avoir dessiné la ville de demain. Merci Sébastien Fraisse. Je rappelle que vous êtes à la tête du groupe Indigo, qui est le groupe de stationnement et de parking. Bonne soirée.

11:51
Locuteur non identifié

Merci beaucoup.