François-Xavier Bellamy : "Les Républicains sont encore là, la droite existe encore"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:18OuverteÉludée
Alors, c'est une question de vie ou de mort le 9 juin ?
- 1:03FerméeRéponse directe
Les études de vote vous annoncent à 7% si vous faites moins de 5. Qu'est-ce qui arrivera au parti des Républicains si vous faites moins de 5 ?
- 1:57FerméeÉludée
Est-ce que la droite aujourd'hui, c'est Jordan Bardella ?
- 2:18RelanceRéponse directe
Pourquoi vous ne le racontez pas de cette manière-là ?
- 4:02OuverteRéponse directe
Comment vous expliquez que des électeurs de droite se retrouvent dans ces deux maisons ?
- 4:26OuverteRéponse directe
Est-ce que la frontière est devenue si tenue entre ces deux maisons que les électeurs puissent hésiter ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:29Invité politiqueFait
« Les Républicains sont encore là. La droite existe encore dans ce pays. »
- 0:50Invité politiqueFait
« Le seul parti politique qui soit capable aujourd'hui de réunir une majorité au Sénat, un groupe décisif à l'Assemblée Nationale, d'avoir des milliers d'élus locaux partout sur le terrain. »
- 1:08PrésentateurChiffre
« Les études de vote vous annoncent à 7% si vous faites moins de 5. »
- 1:32Invité politiqueFait
« Ce n'est pas parce que le RN, exactement comme Emmanuel Macron, pratique le débauchage individuel, que nous allons disparaître. »
- 2:31Invité politiqueFait
« Ce qui compte pour nous, c'est de demander au Rassemblement National ce qu'il pense vraiment de Frontex. »
- 2:40Invité politiqueFait
« Le Rassemblement National critiquait Frontex très durement quand M. Ledgeri en était le directeur exécutif. »
- 5:11Invité politiqueFait
« qui a laissé galoper une immigration illégale qui aujourd'hui contribue à l'insécurité du pays. »
- 5:37Invité politiqueFait
« Il y a 5 ans, le RN disait qu'il était pour le Frexit, pour la sortie de l'Europe, pour la sortie de l'euro, que c'était même la première des mesures qu'il fallait appliquer. »
- 5:54Invité politiqueFait
« Il y a 5 ans, le RN disait du mal de Frontex. Refusait la PAC. »
- 8:24PrésentateurFait
« Votre parti a voté contre le CETA. »
- 8:42Invité politiqueFait
« La droite a voté contre le CETA parce que nous sommes pragmatiques. »
- 8:44Invité politiqueFait
« cet accord de libre-échange, il est totalement déséquilibré au profit du Canada. »
- 9:20Invité politiqueChiffre
« la France a 100 milliards de déficit de sa balance commerciale l'an dernier. »
Temps de parole
- François-Xavier Bellamy71 %
- Présentateur27 %
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France Inter, le 7h49, Sonia De Villers, votre invitée ce matin et vice-président du parti Les Républicains, tête de liste aux élections européennes. Voilà, meeting de lancement ce week-end à Auberville, en Seine-Saint-Niel, vient de nous en parler. Bonjour François-Xavier Bellamy. Bonjour. Alors, c'est une question de vie ou de mort le 9 juin ?
Au moins, si les auditeurs ont bien écouté la manière dont Yael Goz a raconté ce meeting, on sait exactement qui vous voulez voir disparaître. Eh bien, je suis désolé, Yael Goz, les Républicains sont encore là. La droite existe encore dans ce pays. Et maintenant, ça suffit, en fait. Cette espèce de traitement totalement malhonnête qui consiste à faire croire qu'on serait en train d'essayer de survivre alors que nous sommes le seul parti politique dans cette élection européenne à ne pas avoir menti aux Français, à ne pas avoir changé de ligne, à avoir un vrai bilan, à avoir eu des résultats.
Le seul parti politique qui soit capable aujourd'hui de réunir une majorité au Sénat, un groupe décisif à l'Assemblée Nationale, d'avoir des milliers d'élus locaux partout sur le terrain.
Mais pardon, mais je suis désolé. Je voudrais vous dire simplement à quel point je suis... Les études de vote vous annoncent à 7% si vous faites moins de 5. Qu'est-ce qui arrivera au parti des Républicains si vous faites moins de 5 ?
Mais d'abord, ne vous inquiétez pas, nous n'allons pas faire moins de 5. La campagne commence maintenant.
Je ne m'inquiète pas, j'en pose simplement la question.
Et moi je dis encore une fois simplement que le récit que les médias voudraient nous imposer et qu'on vient d'entendre à l'instant, qui nous explique que le RN a déjà triomphé, parce que c'est ce que vous voulez voir, parce que c'est ce que vous avez envie de raconter. Mais écoutez, je vous entends à l'instant, le RN aurait assommé les Républicains avec l'annonce de l'arrivée de Malika Sorel. Pardon, je suis confus de vous le dire. Ce n'est pas parce que le RN, exactement comme Emmanuel Macron, pratique le débauchage individuel, que nous allons disparaître. Ce n'est pas parce qu'il y a des gens qui choisissent de changer de parti que nous, nous sommes condamnés à accepter les compromis.
Nous, nous tenons notre ligne. Et je le redis dans cette élection européenne, nous sommes...
Il se trouve que des gens, c'est Fabrice Ledgeri, ancien président de l'Agence Européenne de Surveillance des Frontières, Frontex, qui s'est présenté à ce micro, comme un homme de droite, qui a toujours été de droite, qui reste de droite. Et quand je lui pose la question, est-ce que la droite aujourd'hui, c'est Jordan Bardella ? Il me répond oui. Il se trouve que là, Malika Sorel a été brandie par François Fillon en 2017 comme une icône de la laïcité. Elle était une parmi bien d'autres qui soutenait François Fillon. Et qu'aujourd'hui, cette Filloniste est manifestement soluble dans le lepéniste. C'est tout.
Eh bien, ce que nous voyons, c'est que vous avez deux camps politiques qui pratiquent effectivement le débauchage individuel, comme si c'était l'alpha et l'oméga d'une vision politique. Mais ce qui compte pour nous, c'est de demander au Rassemblement National ce qu'il pense vraiment de Frontex. C'est de lui demander ce qu'il pense vraiment des questions migratoires. Parce que le Rassemblement National critiquait Frontex très durement quand M. Ledgeri en était le directeur exécutif. Aujourd'hui, il le recrute. Vous parlez d'une victoire, moi je parle d'un reniement.
Et je dis très clairement qu'en réalité, si la France a besoin aujourd'hui de voir une vie démocratique se reconstruire, ça ne pourra se faire que sur la clarté, que sur la constance, que sur la cohérence. Et cette cohérence, c'est nous qui l'incarnons aujourd'hui à droite. Alors justement, comment vous expliquer, François-Xavier Bellamy, comment vous expliquer... Ça sert à quoi de faire des prises de guerre qui viennent de la droite si c'est pour emmener la France dans le mur ? On l'a suffisamment vu avec ce gouvernement. Donc moi, ça m'est complètement égal, si vous voulez.
Les stratégies individuelles de gens qui veulent survivre politiquement, qui veulent garder un mandat, qui vont là où la carrière est la plus assurée. Mais nous, ce que nous disons aujourd'hui, avec la droite française, c'est que ce qui compte pour nous, c'est de tenir notre ligne. Ce qui compte pour nous, c'est d'avoir des résultats. Ce qui compte pour nous, c'est de défendre un bilan et d'avoir une vision pour l'avenir. Laissons, vous avez raison. Pardon de le dire. Vous avez raison. Laissons les opportunistes, puisque vous les qualifiez. Pourquoi vous ne le racontez pas de cette manière-là ?
Nous, nous avons la chance de construire une équipe avec Céline Imard, qui vient du monde de l'agriculture, qui ne le connaît comme personne, avec le général Gomard, qui est l'ancien patron des forces spéciales. Nous n'avons pas à rougir de l'équipe que nous construisons. Et ces gens-là, ils viennent aujourd'hui s'engager à droite, sans avoir rien renié, sans avoir changé de ligne, sans être obligés de renoncer à leurs idées. Alors, laissons les candidats, vous avez raison. Parlons des électeurs. Parlons des électeurs. Mais c'est le sac que je veux parler. Parlons des électeurs.
Vous vous retrouvez avec Éric Ciotti, président du parti, qui dit « Revenez, cessez d'égarer votre vôtre ». Parlons des électeurs. Comment vous expliquez que des électeurs de droite se retrouvent dans ces deux maisons ? Ok, il y a des candidats qui se retrouvent dans ces deux maisons, qui se retrouvent dans ces deux maisons avec une cohérence par rapport à leur conviction. Comment vous expliquez que des électeurs, et les sondages le disent, hésitent entre vos deux maisons ? Est-ce que la frontière est devenue si tenue entre ces deux maisons que les électeurs puissent hésiter ?
Les électeurs, ils sont partis parce que certainement la droite dans son histoire n'a pas été à la hauteur, et le but pour moi n'est pas de le nier. Mais aujourd'hui, ce que nous comptons faire, c'est décrire l'histoire de la droite de demain, décrire l'histoire de la France de demain, qui a besoin d'une majorité claire pour pouvoir se reconstruire. Mais si les électeurs sont partis, c'est aussi parce qu'ils ont été trompés, parce qu'ils ont été trahis. Ils sont partis d'abord chez M. Macron, les électeurs de droite.
Et le fait est qu'aujourd'hui, après sept ans de bilan, Dominique Seux parlait à l'instant de la situation du pays et de son faible pouvoir d'innovation dans l'avenir, le fait est que les électeurs de droite, ils ont été trompés par un pouvoir qui a endetté la France comme jamais, qui a laissé galoper une immigration illégale qui aujourd'hui contribue à l'insécurité du pays. Si vous aviez une chose à leur dire, François-Xavier Bellamy, une chose, vous parlez de la liberté.
Si vous avez une chose à leur dire, pour leur dire, votez LR, ne votez pas RN, et ça fait une différence. Une chose, vous leur diriez quoi ?
Mais qu'est-ce que nous savons de ce que le RN pense réellement ? Vous l'avez dit à l'instant, vous parlez de la transformation permanente du RN comme si c'était du génie tactique. Moi j'appelle ça du reniement. Il y a 5 ans, le RN disait qu'il était pour le Frexit, pour la sortie de l'Europe, pour la sortie de l'euro, que c'était même la première des mesures qu'il fallait appliquer. Aujourd'hui, il dit le contraire. Et tout le monde dit, extraordinaire stratégie du RN. J'appelle ça du mensonge. Il y a 5 ans, le RN disait du mal de Frontex. Refusait la PAC. Aujourd'hui, il vote pour et il recrute l'ancien directeur de Frontex.
Sur tous les sujets, le RN ne cesse de changer d'asile et de dire le contraire de ce qu'il disait auparavant.
Céline Imar, votre numéro 2 sur votre liste, a annoncé au meeting qu'elle était fière de ne jamais avoir voté Emmanuel Macron, ni en 2017, ni en 2022. Vous diriez la même chose ? Vous n'avez jamais voté Emmanuel Macron, ni en 2017, ni en 2022 ?
D'abord, il y a un isoloir, c'est la beauté de la démocratie. Moi, je n'ai pas non plus voté pour Emmanuel Macron parce que je n'ai jamais cru au macronisme. Je n'ai jamais choisi Emmanuel Macron dans les candidatures qui étaient présentées à l'élection présidentielle parce qu'Emmanuel Macron était, pour moi, à travers le en même temps... Donc, dans un deuxième tour,
Emmanuel Macron face à Marine Le Pen, vous avez voté Marine Le Pen ?
Vous avez voté Sonia de Villers, c'est ça qui est important, justement. Et c'est exactement ça qui nous distingue. C'est que nous ne sommes pas enfermés dans un deuxième tour perpétuel de l'élection présidentielle. Cette élection européenne n'est pas une répétition du deuxième tour de la présidentielle. On nous a fait le coup en 2017. Mais vous avez voté Marine Le Pen en 2022 ? On nous a fait le coup en 2022. On voudrait nous refaire le coup en 2024. Est-ce que vous avez voté Marine Le Pen en 2022, François-Xavier Bellamy ? Mais c'est ça qui est grave aujourd'hui. C'est qu'on voudrait nous faire croire que la seule offre politique dans ce pays, c'est En Marche contre Marine Le Pen.
Mais ça n'est pas vrai. Ça n'est pas vrai. Le vrai clivage européen, d'ailleurs, c'est celui qui distingue la gauche et la droite. Qu'est-ce que vous avez voté au deuxième tour en 2022 ? Les deux grandes forces politiques au Parlement européen, elles sont à gauche et à droite.
Répondez-moi. Vous avez voté quoi au deuxième tour en 2022 ?
Je n'ai rien à cacher. Vous savez, je m'en ai été expliqué ici même à France Inter, au deuxième tour en 2022.
Je n'étais pas née. Vous avez voté quoi en 2022 au deuxième tour ?
Je ne vais pas, encore une fois, on ne va pas rompre le principe de l'isoloir. Moi, je n'ai pas voté pour Emmanuel Macron. C'est tout ce que je peux vous dire. D'accord. Simplement. Comment voulez-vous que vos électeurs, François-Xavier Bellamy,
entendent un message clair sur « Choisissez-nous et ne laissez pas prospérer le RN ? »
Mais en 2017, comme en 2022, l'histoire était cousue de fil blanc. On voudrait nous imposer un ralliement obligatoire à Emmanuel Macron alors qu'il était déjà élu. Et il était élu pourquoi ? Parce que tout le travail d'Emmanuel Macron pendant des années a été de faire monter le RN pour l'avoir pour seul adversaire. Et c'est le travail qu'il continue à faire. C'est l'histoire qu'il voudrait nous raconter. Et cette histoire-là, elle est fausse. Le vrai clivage aujourd'hui dans nos démocraties européennes, il est entre la droite et la gauche. Et ce clivage-là, c'est celui que nous avons le devoir de reconstruire.
Il nous reste quelques secondes. J'aimerais bien, on parle de libre-échange un petit moment parce que c'est des sujets qui vous passionnent pour la campagne. Votre parti a voté contre le CETA. C'est un accord commercial avec le Canada. Alors maintenant, la droite est contre le libre-échange parce que là, en l'occurrence, la droite, elle a voté avec les communistes, avec les écologistes. Alors la différence gauche-droite, racontez-nous.
J'espère que c'est pas sur France Inter qu'on va me le reprocher quand même.
Non mais expliquez-nous.
La droite a voté contre le CETA parce que nous sommes pragmatiques. Et en réalité, cet accord de libre-échange, il est totalement déséquilibré au profit du Canada. Notamment sur le sujet agricole, où l'on impose à nos agriculteurs européens des règles que ne subissent pas les agriculteurs canadiens. Et on ne peut pas, un jour au salon de l'agriculture, dire aux agriculteurs, nous refusons de vous imposer cette concurrence déloyale que vous subissez tous les jours, et ensuite, voter pour la soutenir comme le fait le gouvernement. Donc vous allez voter avec les communistes et les écologistes. Déficitaire commercialement à l'égard du Canada.
Mais pas parce qu'on est contre l'échange et qu'on est contre la liberté. On a voté contre cet accord parce qu'il est, encore une fois, je le redis, défavorable aux Français et aux Européens. Et la vérité, c'est que le ministre du Commerce extérieur qui nous reproche ce vote, c'est le cancre du fond de la classe qui vient nous faire la leçon. Parce que la France a 100 milliards de déficit de sa balance commerciale l'an dernier. Un record, un deuxième record absolu historique, et notamment vis-à-vis du Canada. Donc cet accord, il sera déficitaire pour la France si jamais il continue d'être appliqué.
Merci François-Xavier Bellamy.
François-Xavier Bellamy