Inflation, pénuries : le PDG de Carrefour face à la crise - Alexandre Bompard - C à Vous -08/11/2022
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 75 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:22OuverteRéponse directe
On est revenu à ce schéma de guerre des prix ?
- 2:14FerméeRéponse directe
Ça va s'arrêter bientôt ?
- 3:30OuverteRéponse directe
Pour tenir compte de l'inflation, est-ce que vos salariés ont été ou vont être augmentés cette année ?
- 4:48OuverteRéponse partielle
Vous comprenez cette contestation ? Est-ce que certains considèrent que vous êtes trop payé ?
- 5:44FerméeRéponse partielle
C'est suffisant ?
- 7:14OuverteRéponse partielle
De combien ? Et la CFDT, de son comté, explique que les effectifs de Carrefour France sont passés de 115 000 à 85 000 salariés depuis 2018. Vous confirmez ces chiffres ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Invité politiqueFait
« Il y a une facture du monde agricole, on la rémunère. »
- 3:39Invité politiqueChiffre
« On a augmenté depuis août dernier, août 2021, de 8,3% le salaire d'une hôtesse de caisse. »
- 4:02Invité politiqueChiffre
« J'avais décidé de verser une prime de 1 000 euros au moment de la crise. »
- 4:12Invité politiqueChiffre
« on a un intéressement et la participation, ça c'est le résultat du travail de tout le monde, qui a augmenté de 60% ces quatre dernières années. »
- 5:09Invité politiqueFait
« 80% de ma rémunération, c'est lié aux objectifs que je dois atteindre. »
- 5:58Invité politiqueChiffre
« On a décidé de baisser notre consommation énergétique en France d'ici 2024. De 20%. »
- 6:06Invité politiqueChiffre
« Au total, à la durée du plan, jusqu'en 2026, on va investir 800 millions d'euros »
- 6:15Invité politiquePromesse
« Ça veut dire qu'en 2040, on sera neutre en carbone. »
- 6:43Invité politiqueChiffre
« On va installer sur 4,5 millions de mètres carrés des panneaux photovoltaïques. »
- 6:54Invité politiqueChiffre
« On va produire au total l'équivalent de la consommation d'une ville de 450 000 habitants. Un TWh. »
- 8:11Invité politiqueFait
« J'ai fermé zéro hypermarché. »
- 8:24Invité politiqueChiffre
« On en a passé 45 au total du plan. »
Temps de parole
- Invité politique73 %
- Invité9 %
- Invité 29 %
- Invité 32 %
- Invité 42 %
≈ 5,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
On a vu à quel point ça pouvait être nuisible pour le monde agricole. On a eu ce débat au moment de la loi Egalim, et je me souviens des patrons des principales enseignes de grande distribution qui disaient qu'on allait arrêter cette compétition-là, on allait arrêter de tirer tous les prix vers le bas, parce que ça appauvrit notre monde agricole, et puis ça favorise aussi les importations de produits à bas prix. On est revenu à ce schéma de guerre des prix ?
Deux choses. D'abord, la loi Egalim, on l'a dit, elle sanctuarise la matière première agricole. Donc il n'y a plus de sujet de monde agricole. Il y a une facture du monde agricole, on la rémunère. Il y a des sujets agricoles, mais ils ne sont pas liés à nos prix d'achat. Après, les clients, nos clients, ceux qui viennent tous les jours dans nos magasins, on a des millions de clients qui viennent tous les jours, ce qu'ils nous demandent en ce moment, c'est du prix. Ils demandent du prix. Vous savez, depuis que l'inflation a augmenté, qu'est-ce qu'on voit ? Les clients ont des paniers d'achats qui baissent, ils viennent beaucoup plus souvent. Pourquoi ils viennent beaucoup plus souvent ?
Parce qu'ils cherchent la bonne affaire, ils gèrent. Ils gèrent leur fin de mois. Et donc, on joue ce rôle-là. Nous, on le joue en remplissant aussi notre mission de qualité. C'est ce qu'on appelle la transition alimentaire pour tous. Mais le premier rôle qu'on a en ce moment, c'est de jouer ce rôle de bouclier anti-crise. Et la matière première agricole, elle est désormais sanctuarisée.
Phénomène lié à l'inflation, en tout cas, qui en partage certaines des causes, les pénuries. Beaucoup de consommateurs constatent des pénuries de leurs produits familiers dans les rayons de leur grande surface. Tout est là. On n'a aucun stock. Et là, on va ouvrir le magasin tel qu'elle est lundi matin, parce qu'on n'a pas d'oeufs. On n'en reçoit pas. Le produit que j'ai peur de ne pas trouver, c'est du lait, par exemple, ou du beurre. Il n'y avait pas la farine, là. Il n'y avait pas la farine. Le stock, vous savez, il était vide. Le deuxième pack, il a moins 50%. C'est plus abordable pour nous. Il y en a 8, si je ne me trompe pas, avec un en plus, un gratuit.
Et là, il n'y en a plus, malheureusement.
C'est l'occasion de tester un petit peu autre chose, de voir ce qu'on n'a pas l'habitude de prendre. Donc, je vais se dire, pourquoi pas, on va tester un petit peu. Un autre produit.
D'après l'Institut Unil Sen, 6% des produits sont absents des rayons. D'après certains de vos concurrents, c'est davantage. Ça va s'arrêter bientôt ?
D'abord, si vous m'autorisez, moi, j'essaie toujours, de temps en temps, de regarder le verre à moitié plein. Ça veut dire, quand vous avez 6% qui parfois manquent, ça veut dire que vous avez 94% des produits ou 95% qui sont là. Non, mais prenons-le différemment. C'est quand même inhabituel. C'est inhabituel, vous l'avez très bien expliqué, parce que la chaîne alimentaire, elle est sous tension. Pour toutes les raisons que je ne vais pas mentionner, que vous avez évoquées. Il y a une tension sur la chaîne alimentaire. 95% des produits sont là. Les 5% manquants, ils sont là aussi. Ils ne sont pas là tous les jours. Parfois, il y a un produit manquant, etc.
Donc, il y a une tension sur la chaîne alimentaire. Mais il ne faut pas non plus, de mon point de vue, agiter cette peur-là. En général, l'immense majorité des produits est là. On fait un travail, nous, comme on est mondial, pour trouver des circuits alternatifs. Donc, les taux de rupture que vous voyez là sont moins élevés chez nous. Quand vous êtes mondial, vous activez d'autres circuits pour faire venir des produits. Et vous voyez, par exemple, il y a des produits qui manquaient à certains moments, qui reviennent très rapidement. On a eu un sujet au début de la crise ukrainienne, l'huile de tournesol. On n'a plus ce sujet. En ce moment, il y a une inquiétude sur le riz.
À cause des inondations en Pakistan, nous, on a trouvé des circuits alternatifs. Donc, au global, les clients qui viennent dans les magasins trouvent 95% de leurs produits. Sur les 5 qui, parfois, sont en tension, on trouve des solutions extraordinairement vite.
Pour tenir compte de l'inflation, est-ce que vos salariés ont été ou vont être augmentés cette année ?
Oui, nous, on a un modèle social, on a un dialogue social qui fonctionne. On a augmenté depuis août dernier, août 2021, de 8,3% le salaire d'une hôtesse de caisse. Donc, une hôtesse de caisse, depuis août 2021...
Passée de combien à combien ?
Ça dépend de son grade, etc. Elle a vu son salaire augmenter de 8,1%. S'ajoutent à ça deux types de dispositifs. D'abord, on a versé des primes, dites primes Macron, à différents moments. J'avais décidé de verser une prime de 1 000 euros au moment de la crise. On a versé deux autres primes de 100 euros. Et puis, comme ça marche bien depuis quelques années, on a un intéressement et la participation, ça c'est le résultat du travail de tout le monde, qui a augmenté de 60% ces quatre dernières années.
Donc, on fait aujourd'hui, par le dialogue social et grâce à la qualité du travail qui est fait, on arrive à accompagner nos collaborateurs, parce que vous avez raison, il y a 150 000 personnes qui travaillent sous l'enseigne Carrefour, 95 chez nous, les autres chez nos franchisés. Et donc, on les accompagne dans cette période-là.
En juin dernier, lors de l'Assemblée générale du groupe, la question de votre rémunération pour l'année 2021 a suscité la contestation des actionnaires. Ils ont été plus de 40% à voter contre, 58,83%, c'est la majorité, à l'approuver. Un score inhabituellement bas. Vous comprenez cette contestation ? Est-ce que certains considèrent que vous êtes trop payé ?
D'abord, moi, je considère toujours que le débat sur la rémunération, il est légitime. On peut le poser, ce n'est pas un tabou. Ma rémunération, elle est décidée par le conseil d'administration, qui le fait sur la base de la taille de l'entreprise, la difficulté de la mission, les objectifs à atteindre. 80% de ma rémunération, c'est lié aux objectifs que je dois atteindre. Je les avais atteints à court et à moyen terme, ça a fait cette rémunération-là. On avait aussi des éléments précis à changer, qui étaient de donner plus de visibilité sur les indicateurs eux-mêmes. C'est ce qu'on a fait et j'espère qu'on fera mieux la prochaine fois.
Donc, vous ne considérez pas que vous êtes trop payé ?
C'est un débat que je trouve légitime. Je ne vais pas apporter la propre réponse à ma rémunération, mais c'est un débat qui ne me gêne pas.
On vient d'évoquer la transformation économique, mais qu'en est-il de la transformation écologique ? Comme d'autres enseignes, vous avez baissé la lumière et réduit le chauffage dans vos magasins. C'est suffisant ?
Deuxième urgence pour nous, premier bouclier, anti-pouvoir d'achat. Deuxième, l'énergie et le climat. On est face à cette réalité, ce n'est pas une mode et la sobriété, c'est un impératif. Alors nous, on a fait beaucoup plus que ça. On a décidé de baisser notre consommation énergétique en France d'ici 2024. De 20%. Au total, à la durée du plan, jusqu'en 2026, on va investir 800 millions d'euros, beaucoup d'argent, pour baisser la consommation énergétique. Ça veut dire qu'en 2040, on sera neutre en carbone.
C'est des investissements colossaux sur les meubles froids, sur les éclairages, sur le fait de piloter de manière centrale la température, sur le fait de pouvoir, dès qu'il y a une alerte d'éco-watt, baisser à 17 degrés la température de nos magasins. Puis on a décidé d'aller plus loin à l'occasion de ce plan. J'ai annoncé ce matin qu'on allait devenir producteur d'énergie solaire. On a des parkings que vous connaissez. On va installer sur 4,5 millions de mètres carrés des panneaux photovoltaïques. Et on va produire sur... Ça va être dans la loi. ...sur ce que vous voyez là.
Ça va être dans la loi.
Oui, mais là, on va aller plus loin, nous. On va produire au total l'équivalent de la consommation d'une ville de 450 000 habitants. Un TWh. C'est une ville de 450 000 habitants. Et donc, on a annoncé ce matin qu'on lançait ce programme d'équipement de panneaux photovoltaïques.
Ce matin, vous avez également laissé entendre que les effectifs pourraient être réduits dans le groupe. De combien ? Et la CFDT, de son comté, explique que les effectifs de Carrefour France sont passés de 115 000 à 85 000 salariés depuis 2018. Vous confirmez ces chiffres ?
C'est deux sujets complètement différents. Vous me laissez deux minutes ?
Oui. Une minute ?
Une minute ? Premier sujet, j'ai annoncé qu'on avait des sièges qui étaient trop importants. On a des sièges européens qui sont trop importants. On a des sièges beaucoup plus lourds que nos concurrents. C'est le produit de notre histoire. J'ai annoncé qu'on mettrait en place une organisation plus européenne de manière à abaisser et rendre plus efficaces nos sièges. Pas de chiffres encore parce qu'on commence ce travail. Deuxième question qui est très importante, donc je vais y passer un tout petit peu plus que 20 secondes. Ce dont parle la CFDT, ce n'est pas des suppressions d'emplois.
C'est les décisions qu'on a prises sur un certain nombre d'hypermarchés en grande difficulté de les passer en magasins franchisés. J'ai un magasin en très grande difficulté depuis 10 ans. Moi, j'ai pris l'engagement quand je suis arrivé, alors que tout le monde disait que j'avais fermé des magasins. J'ai fermé zéro hypermarché.
Mais est-ce que les salariés ont les mêmes droits ?
Mais j'ai décidé que pour ceux qui étaient vraiment en difficulté, ceux que je devrais fermer normalement, je me suis dit qu'on a une solution, c'est de les confier à des entrepreneurs. On l'a fait. On en a passé 45 au total du plan. Et ces magasins, on a assez de recul, maintenant ça fait quelques années, on voit qu'ils marchent bien et que les salariés sont satisfaits. Pourquoi ils sont satisfaits ? C'est votre question, c'est la bonne question. Parce qu'on a négocié, et ça je le dois à mes partenaires sociaux, on a négocié des clauses sociales qui font que les salariés partent avec leurs droits. Donc, ce ne sont pas des faux emplois, ce ne sont pas des faux salariés.
C'est comme quand vous allez dans un magasin de proximité à Paris, ce sont les mêmes, c'est des salariés de franchisés.
Tout le monde a retrouvé un emploi.
Tout le monde. Vous transférez votre contrat de travail et vous vous retrouvez dans le magasin. Vous restez dans le magasin, sauf que ça devient un magasin dirigé par un entrepreneur.