Clément Viktorovitch : Elisabeth Borne et l’impuissance de l’Etat
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
vous revenez ce soir clément sur l'une des questions économiques de ce début d'année de cette campagne présidentielle celui du partage de la richesse créée par les entreprises rappelons qu'en 2021 les sociétés du cac 40 ont dégagé 137 milliards d'euros de profits ce qui n'a pas été sans relancer les débats sur l'augmentation des salaires la diminution du temps de travail également deux option rejetée par le gouvernement dont la rhétorique vise selon vous à faire passer ses décisions pour une fatalité et oui comme souvent c'est le coeur du problème et nous avons pu l'observer ce matin avec elisabeth bornes la ministre du travail qui était l'invité de bfm tv alors elle adhère à l'objectif de mieux partager la richesse dégagée par les entreprises que ce soit par des hausses de salaires ou de la participation mais quelles vont être les leviers actionnés par le gouvernement pour y parvenir vous allez voir que ces réponses sont tout de suite un peu plus floue ou recommande très fortement d'avoir des accords dans les entreprises pour partager la richesse qui est produite moi j'avais demandé à ses branches à ces secteurs d'engager des discussions on a donné tous les outils on a montré qu'on était assez insistante je les invite à nouveau à engager des discussions pour revaloriser leurs grilles j'ai demandé d'engager des discussions on recommande très fortement et même on a été assez insistant vous l'entendez 1 nous sommes au summum de la fermeté gouvernementale le champ lexical et celui de l'incitation toutes les phrases sont modélisés c'est-à-dire qu'elles contiennent des éléments d'atténuation ou de prudence bref la ministre du travail explique clairement qu'elle ne compte prendre aucune mesure contraignante en l'occurrence une politique plutôt cohérente jusqu'ici oui oui c'est vrai le gouvernement a toujours été clair sur le fait qu'il préférait se reposer sur le dialogue social plutôt que d'imposer une décision et d'ailleurs il en va de même pour l'autre sujet qui est sur la table en ce moment une éventuelle réduction du temps de travail je pense que dans certaines entreprises il peut y avoir des négociations pour mettre en place une semaine de quatre jours mais je pense qu'on peut pas du tout imposer une telle mesure je pense que ça peut se discuter dans certaines entreprises je pense que c'est un choix de l'entreprise ce n'est pas une mesure qu'on décide d'en haut je pense pas que ça puisse être une mesure générale je vous dis moi c'est des choix dans crise on voit la difficile d'être plus clair si des réductions de temps de travail devait être décidée cela ne pourrait intervenir qu'au terme d'une négociation entreprise par entreprise est là encore l'essentiel c'est sans doute que la décision soit assumée alors oui c'est vrai et on pourrait difficilement leur reprocher leur choix s'il était pleinement assumé comme tel comme un choix mais dans les extraits que vous venez d'entendre il y a des éléments qui méritent qu'on s'y arrête et qu'on ne voit pas forcément passé elisabeth bornes nous dit je la cite on ne peut pas du tout imposer une telle mesure en parlant de la réduction de travail alors si bastien on peut et on l'a même déjà fait en 82 pour passer de 40 heures à 39 heures et en 98 pour passer de 39 à 35 heures etait-ce de bonnes ou de mauvaises décisions bon que chacun jugera mais ce qui n'est pas contestable c'est qu'il était possible de les prendre contrairement à ce que nous dit aujourd'hui la ministre du travail et d'ailleurs elle va même un cran plus loin je pense qu'il ya des entreprises dans lequel ça peut se mettre en place mais je vous dis c'est pas le rôle de l'état est en tout cas moi je préconise pas du tout qu'on impose une telle règle à toutes les entreprises ce n'est pas le rôle de l'état alors factuellement cette phrase est une contre vérité c'est évidemment une prérogative de l'état de réduire s'ils le désirent la durée légale du travail est ce opportun est ce judicieux nous pouvons en discuter mais en tout cas c'est possible et pour moi tout cela n'a absolument rien d'anodin ce que cela installe dans notre esprit c'est l'idée d'une impuissance de l'état en matière économique mais cette impuissance n'a rien dit révocable elle relève d'un choix qu'ils soient bons ou mauvais est ce que le gouvernement voudrait y fit camoufler de l'idéologie et bien exactement et pour moi ce n'est pas un gros mot l'idéologie au contraire c'est même le coeur de la politique si nous avons besoin et je les ai déjà dit je crois de faire arbitrer nos divergences par un vote du peuple c'est bien parce qu'il n'existe pas d'un côté des solutions pragmatiques et de l'autre des solutions qui seraient déraisonnables ou irréalistes tout ce qui lie à ce sont des décisions qui repose sur des estimations divergentes de la réalité et se font au bénéfice de fragments différent de la population alors de la part du gouvernement défendre ses choix a fortiori en période de campagne c'est parfaitement justifiée mais faire passer ses choix pour de la fatalité cela rend en revanche confine à la de la déloyauté clément victorovitch c'était entre les lignes
Élisabeth Borne