Echanges avec les étudiants du Centre Régional Polytechnique Intégré de Tumba.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:01OuverteRéponse directe
Quelle est votre stratégie pour promouvoir et faire valoriser les professions techniques aux femmes ?
- 5:01OuverteRéponse directe
Quelles mesures pour lutter contre la propagation de messages de haine et fake news sur les réseaux sociaux ?
- 9:01OuverteRéponse directe
Quel est votre message en matière de développement économique vert ?
- 15:01OuverteRéponse directe
Si vous aviez 300 euros à dépenser en livres, musique ou art, quel serait votre premier achat ?
- 20:01OuverteRéponse directe
Quels conseils pour un jeune entrepreneur face aux challenges à venir ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 9:01PrésidentFait
« L'accord de Paris sur le climat est l'une des initiatives les plus bénéfiques pour l'humanité. »
- 20:01PrésidentFait
« La vie d'un entrepreneur est plus dure que celle d'un salarié. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Merci encore de nous honorer de votre présence, et aussi d'avoir donné l'opportunité à nos chers étudiants et alumni, on a aussi les alumni, pour vous rencontrer et échanger avec vous. Ce moment est un moment d'échange entre vous et les étudiants, et je vais inviter les étudiants à poser des questions ou à donner des commentaires, des observations. Donc, le moment est à vous, chers étudiants et alumni.
Si vous voulez poser une question, levez la main et, avant de poser votre question, vous allez vous présenter, votre nom, votre formation, et tout de suite après, la question si vous voulez. Merci beaucoup. Qui est étudiant, qui est alumni ici ?
Qui est étudiant en cours ? Étudiants en cours ? D'accord !
Merci en tout cas, d'être là. Je suis à vous. Qui se lance ?
Moi, je me lance. Il y a une question ? Oui, allez-y !
Merci beaucoup. Monsieur le Président, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue dans notre pays, plus spécialement dans notre campus IPRC Tumba, et j'aimerais sincèrement vous remercier pour le temps d'échanges que vous nous accordez. Mon nom est Diella, j'ai 20 ans.
Je suis une formation en génie civil dans l'IPRC Kicukiro à Kigali. Je m'intéresse beaucoup à l'architecture, et c'est pour ça que j'aimerais me spécialiser dans l'architecture après mon parcours scolaire ici à l'IPRC. Monsieur le Président, les femmes et les filles sont beaucoup moins représentées dans les domaines professionnels techniques.
Et pourtant, ce secteur s'est beaucoup mécanisé, et demande beaucoup moins de force physique qu'auparavant. Monsieur le Président, ma question est la suivante : quelle est votre stratégie pour promouvoir et faire valoriser ces professions-là aux femmes ? Merci beaucoup.
Comment vous, vous vous êtes intéressée à ça, déjà ? Comme je vous l'ai dit, ma passion, c'est l'architecture, et une étape, donc j'ai d'abord voulu mieux maîtriser le bâtiment en faisant une formation en génie civil. Moi, c'était une passion, j'aimais beaucoup ça.
Et j'aime beaucoup l'art et la science. C'était le seul moyen de pouvoir unir ces deux passions dans quelque chose de commun, et c'est l'architecture, le bâtiment, le génie civil. Merci beaucoup.
Merci, je vois que vous êtes paritaires, là, même au-delà ! Non, ce que vous décrivez, nous avons exactement la même chose en France, c'est-à-dire qu'il y a des filières qui sont en effet plutôt tout ce qui est mécanique, génie civil, etc, des filières dites industrielles, et c'est vrai pour d'autres, qui sont beaucoup plus masculines que féminines. C'est l'héritage, un peu de l'histoire, et il y a deux phénomènes : 1 : les filières de recrutement et l'organisation de ces filières.
Ça, ça peut se changer avec vos professeurs, le système de recrutement, et je crois que c'est ce qui est en train d'être fait. Le deuxième, parce qu'on le constate chez nous aussi, c'est, je dirai, l'autocensure. C'est-à-dire que beaucoup de jeunes filles se disent : ce secteur n'est pas fait pour moi.
Et ça, ça se lève comment ? En ayant l'exemple d'autres qui le font et, comme vous l'avez très bien dit, c'est pour ça que je vous posais la question, parce que vous permettez de vulgariser une réponse, c'est de se dire : ça m'est accessible, ce ne sont plus des travaux qui sont aussi physiques et mécaniques qu'avant, ce ne sont plus des travaux qui sont fermés aux femmes, et donc c'est tout à fait possible de le faire. Et cette jeune fille ou cette jeune femme que je connais y a eu accès, et a pu être formée.
Ce problème d'autocensure, ça ne se lève que par l'explication, la pédagogie auprès des familles et des jeunes filles, et les exemples, c'est-à-dire des modèles qui réussissent. En tout cas je vous souhaite de réussir, dans cette formation civile, et en architecture. Merci, Monsieur le président.
Une autre question ? Ceux qui étudient, vous avez une idée claire de ce que vous voulez faire après, ou pas ? Oui ?
Dites, allez-y ! Qu'est-ce que vous allez faire ? Oui, il marche !
Monsieur le Président, moi je m'appelle Choila, j'ai 23 ans, je suis en troisième année en gestion TDR. Je suis très intéressée par le développement des personnes handicapées. Ce que je veux faire, c'est encourager des jeunes gens, des personnes handicapées pour s'inclure dans des formations professionnelles.
Merci. Bravo, merci à vous ! Ce qui, je pense, sera possible à travers le programme qu'on est en train de développer, mais cela suppose en effet un effort, là aussi, dès le plus jeune âge.
On essaie de faire ça un peu en France également, même de plus en plus, de permettre à chacun de trouver une place dans les cycles de formation quel qu'ils soient, soit en étant accompagnés si le handicap le requiert, avec l'accessibilité. J'ai vu d'ailleurs que ça a été pris en compte dans les projets qui sont à venir. Il y a une autre question ?
Il y a une question ici. -J'ai remarqué que les jeunes femmes sont plus disertes ! Merci beaucoup, Monsieur le Président.
Je m'appelle Esther, j'ai 20 ans. Je suis dans ma deuxième année en génie électrique et électronique, et je suis intéressée aux enjeux liés à la cybersécurité et au digital. Au Rwanda, il y a 27 ans, les médias ont joué un grand rôle en encourageant les gens à participer au génocide perpétré contre les Tutsis en 1994.
De nos jours, grâce à l'Internet, les réseaux sociaux ont pris le pouvoir sur les jeunes, et les États ne savent plus comment gérer ça, en fait. Ma question est celle-ci. Á votre avis, qu'est-ce qu'on peut faire pour empêcher ou lutter contre la propagation de messages de haine, les négativismes, ou les négationnismes, plutôt, ou la propagation de fake news sur les réseaux sociaux ?
Merci beaucoup. Merci, bravo d'avoir cette réflexion ! Ce que vous dites est vrai.
C'est vrai, et c'est aussi lié au fait que les réseaux sociaux, ça fait partie de la première génération d'innovations, en quelque sorte, dans l'histoire de notre humanité, qui a, je dirai, deux caractéristiques assez inédites. La première, c'est que ça n'a pas été pensé, voulu par les États. Ça a été une initiative totalement privée qui, au début, repose sur l'invention de l'Internet, qui est la circulation de la connaissance, et qui est progressivement devenue la circulation des émotions, de tous les messages, etc.
Mais ce sont des initiatives associatives plus privées. Et donc là où, pour la plupart de ce qui a structuré nos sociétés, les États, les gouvernements avaient un rôle où ils pensaient à la fois le développement et les règles du jeu dès le début, les réseaux sociaux se sont développés dans un mouvement qui a été une série d'initiatives individuelles et du secteur privé, et qui s'est mondialisé, et où au fond la liberté est un absolu, il n'y a pas de règles ! C'est un espace nouveau !
La deuxième chose, c'est que, et c'est là une conséquence du premier phénomène, tout cela a créé au fond un espace public qui est nouveau, comme celui dans lequel on évolue là, mais qui est en parallèle, qui vient le compléter, l'augmenter, et qui a des caractéristiques profondément différentes. Vous pouvez y intervenir de manière totalement anonyme, et vous avez toutes les libertés, ce qui semblait une histoire formidable au début, quand c'était l'aventure simplement d'échanges et de savoirs qu'on partage. Et cette combinaison de l'absence de régulation parce que c'est une initiative privée, de l'anonymat généralisé, on dit anonymat potentiel, et du fait que ce n'est plus devenu une mondialisation des savoirs, mais des émotions, est en train de générer à la fois le meilleur : vous pouvez avoir des amis à l'autre bout du monde, partager vos goûts, faire une expérience de lecture, apprendre, aujourd'hui, vous êtes beaucoup plus informés que ceux qui étaient à vos places ne serait-ce qu'il y a dix ans.
Vous pouvez avoir accès à tous les savoirs, c'est formidable. C'est le bon côté des réseaux sociaux, d'Internet, etc. Mais la part noire de cette histoire, c'est en même temps la diffusion des discours de haine, de l'antisémitisme, du racisme, du négationnisme, etc.
Pourquoi ? Parce que cet espace-là, comme je vous l'ai dit, n'a pas d'ordre. La liberté y est absolue.
Et on est en train de redécouvrir ce que nos sociétés ont appris avec le temps, c'est que quand la liberté est absolue, il y a malgré tout une loi qui prévaut, c'est la loi de la jungle ! Donc il faut remettre des règles. Il n'y a pas de liberté s'il n'y a pas un ordre public, qui fait que vous n'allez pas m'insulter aujourd'hui parce que je vois votre visage, et parce qu'on vous a appris une décence de la vie en commun.
Donc, c'est ça qu'il faut qu'on réintroduise sur les réseaux sociaux. Alors, ça ne peut pas marcher dans un État tout seul, parce que les réseaux sociaux sont mondialisés. La plupart de ces entreprises sont incorporées aux États-Unis, et elles ont un pouvoir en effet international.
Est-ce qu'il faut pour autant dire qu'on ne peut plus rien faire ? Moi, je ne crois pas. On a essayé, dès l'été 2017, quand il y a eu un attentat à Londres qui avait été beaucoup diffusé sur les réseaux sociaux, d'intervenir et de sortir les contenus terroristes.
C'était le début. Pendant deux ans, on n'a pas vraiment réussi à progresser, parce que tout le monde nous disait : il faut défendre le free speech. Et puis il y a eu ensuite, vous en avez tous et toutes entendu parler, l'attentat de Christchurch en Nouvelle-Zélande, où ce suprématiste blanc est intervenu dans une mosquée et s'est filmé lui-même, et a filmé l'horreur comme un jeu vidéo.
Et c'est devenu complètement viral Á l'issue de ça, on s'est réunis avec la première ministre de Nouvelle-Zélande, mais avec beaucoup de dirigeants européens, canadiens, africains et les dirigeants de ces réseaux sociaux et de ces grandes plateformes, c'était à Paris en mai 2019, et on a lancé ce qu'on a appelé l'appel de Christchurch. Et là, on a obtenu une première chose, c'est que les contenus terroristes qui font la promotion du terrorisme soient retirés dans l'heure. Ça s'est traduit par, tout cela met beaucoup de temps, vous voyez que c'est long, c'est ça, le problème, ça s'est traduit par une règle qui a été votée par les Européens en fin d'année dernière et maintenant on l'impose, un engagement volontaire des plateformes, qui maintenant le font.
Et avant même que ce soit voté, en France où nous avons eu à nouveau à subir ça, les plateformes ont retiré les contenus terroristes. Par exemple en novembre dernier, en moins d'une heure, elles nous les ont signalés. Maintenant, qu'est-ce qu'on veut faire ?
On s'est réunis il y a quelques semaines, la ministre était avec moi, en visio avec tous ces acteurs. D'abord, les Américains nous ont rejoints, la nouvelle administration américaine. Et maintenant, on veut aller plus loin.
On a réussi ensemble sur le terrorisme, il faut que vous nous aidiez sur la haine en ligne, le négationnisme, le racisme, l'antisémitisme. Et nous devons trouver les solutions techniques, parce que c'est aussi beaucoup ça, et vous devez prendre des engagements vis à vis de nous pour réguler, reconnaître que vous avez une responsabilité, parce que vous êtes un peu des éditeurs. Vous avez derrière vous des journalistes, ils ne peuvent pas écrire ça dans leurs journaux.
Ils ont une responsabilité, des gens qui sont responsables de ce qu'ils écrivent. Dire que quand vous avez une plateforme ou un réseau social, on doit construire une même forme de responsabilité. On doit pouvoir très vite lever l'anonymat de qui a un discours négationniste ou raciste, et le poursuivre juridiquement.
On doit même travailler avec vous sur vos algorithmes, parce qu'au fond, c'est ça qui est le plus structurant sur les réseaux sociaux, pour traquer ces discours. Donc on va continuer le travail avec eux, et on va le faire de deux manières : en les engageant de manière volontaire, et en prenant des règles, comme on l'a fait au niveau européen. La clé des prochains mois, ce sera de convaincre l'administration américaine de prendre ces règles avec nous.
Parce qu'il va y avoir un lobbying énorme de tous ces réseaux sociaux, parce qu'ils n'ont pas envie de réguler ! Parce que plus il y a de gens, plus c'est dérégulé, plus il y a de viralité et de bruit, plus ils peuvent monétiser ce bruit de telle ou telle façon. Et ce que vous avez dit est très juste : les conséquences sur nos sociétés et nos vies sont énormes !
Voilà, on va continuer, mais c'est ça le chemin qu'on a pris, et ça suppose beaucoup de coopération entre gouvernements, et avec le secteur privé. Merci, Monsieur le Président. Une autre question ?
Merci, Monsieur le Président. Je m'appelle [INAUDIBLE], j'ai 26 ans. Je suis diplômé en [INAUDIBLE] et je suis entrepreneur en technologie.
Je m'intéresse beaucoup à l'économie verte. Monsieur le Président, permettez-moi de m'exprimer en anglais. Je pense personnellement que l’accord de Paris sur le climat est l’une des initiatives les plus bénéfiques pour l’humanité.
Et lorsque certains ont décidé de ne pas y croire, vous l’avez défendu et vous vous êtes fait l‘exemple pour redonner de sa superbe à notre planète. Et Monsieur le Président, je suis heureux de vous annoncer que vous m’avez convaincu et que je suis vraiment impressionné de la façon dont vous avez agi. Également du point de vue de votre engagement ambitieux, vous avez inspiré beaucoup d’entre nous ici en Afrique, même si je pense que vous ne le savez pas, et nous avons réussi à transformer nos programmes locaux en opportunités afin de résoudre les problèmes et de fournir des solutions effectives aux défis rencontrés par notre communauté.
J’ai créé une entreprise qui fabrique des incubateurs intelligents d’œufs fonctionnant à l’énergie solaire, et vous nous avez fourni plus de 500 machines et nous servons plus de 10 000 personnes, principalement des jeunes hommes et des jeunes femmes, et donc, monsieur le président, ma question est la suivante : Quel est votre message en matière de développement économique vert ? - Merci. - Merci beaucoup.
Je pense que vous avez raison. Tout d’abord, c’est un défi commun. Beaucoup de gens pensent que cette catastrophe est déjà présente.
Ce que je veux dire par là c’est que partout nous voyons l’impact du réchauffement climatique sur nos vies quotidiennes. Mais je suis persuadé que nous sommes capables de changer très rapidement notre modèle économique et notre monde. Je ne suis pas fataliste.
C’est une question d’échelle et de rapidité, et l’idée est de faire de cette prise de conscience nouvelle, un nouveau levier pour des actions nouvelles et de l’innovation. Ce que je veux dire ici, c’est nous avons un changement énorme à effectuer dans nos économies afin que nous passions d’un modèle économique ancien, qui est toujours important puisque des milliards de personnes dans le monde vivent dans cet ancien modèle, à un nouveau modèle, et que nous soyons innovants et inclusifs afin de réussir un tel changement. Alors nous investissons énormément, c’est le cas en Europe, et nous nous en inspirons ici.
Et cela doit être le cas en Afrique. Vous avez ici un dirigeant qui croit fermement à la fois au changement climatique et à la révolution numérique. Et notre conviction c’est que la stratégie africaine doit être celle d’un bon en avant lors du développement des infrastructures du pays, lorsque de nouvelles opportunités seront créées pour votre génération, vous avez la possibilité d’avoir un impact sur les opportunités économiques et le changement climatique, afin de construire d’abord l’ancien modèle et de partir de zéro pour la création du nouveau modèle économique qui est beaucoup plus puissant, plus conciliant avec nos aspirations et qui crée de la valeur, des emplois, et s’affaire à endiguer le changement climatique.
Et je suis persuadé que l’Afrique a sa propre contribution dans la réduction des émissions de CO2, avec beaucoup d’initiatives de ce genre dans tous les secteurs possibles. Grâce au digital, il vous est possible de révolutionner vos économies, avec entre autres les banques en ligne. Grâce à l’agriculture et aux nouvelles formes d’agriculture, c’est ce que nous nous efforçons de faire dans d’autres régions au Sénégal, en Mauritanie, en Ethiopie, mais, avec la Grande muraille verte, c’est la façon dont nous comptons lancer une série d’initiatives avec des entrepreneurs pour avoir une initiative forestière, des initiatives agro-environnementales afin créer des emplois, mais aussi des initiatives de stockage du carbone qui représente une part de la contribution de l’Afrique à la réduction des émissions de CO2.
Et à travers cette initiative, il est possible de développer un esprit entrepreneurial concret. Donc le message que j’ai pour votre génération, c’est que vous êtes la génération de l’invention d’un nouveau modèle économique, et avec ce modèle économique, d’une nouvelle société. Et je pense qu’il faut que de jeunes Africains soient au cœur de l’invention de ce modèle économique.
Il y a quelques jours, en [INAUDIBLE], votre président était avec nous et nous avions quelques entrepreneurs venus du Cameroun et du Nigéria, et ils ont expliqué ce qu’ils faisaient. C’était très impressionnant. Et ils sont partis de rien !
Mais en Afrique vous avez un marché. Si vous trouvez des financements privés, que vous êtes bien formés et bien équipés, vous pouvez créer cet emploi en partant de rien. Mais permettez-moi, car votre question est très importante, parce que j’ai ici deux connaissances : Magda, fait partie de la banque mondiale et est en charge de ces financements privés, et Tidjane a été un jeune entrepreneur qui a réussi, et qui est maintenant en charge du financement de jeunes entrepreneurs.
Et je pense qu’il est important qu’ils aient l’opportunité de vous l’expliquer. Et je vais les prendre avec moi dans mon équipe ce soir pour la ligue de basket. Le leadership du président Macron ne s’est pas limité aux énergies vertes, mais nous venons de prendre part à un sommet, à son initiative, à Paris.
Et l’une des chose qu’il nous a dites c’est que nous devons créer des emplois. Nous devons aussi travailler avec les petites et moyennes entreprises, parce que ce que vous faites, c’est de créer de la richesse et aussi des emplois, et cela de façon dynamique. Mais il nous a aussi dit autre chose, c’est que ce les lois sont bonnes, mais ce ne sont pas forcément les meilleurs outils pour innover, pour prendre des risques.
Il serait aussi bon d’investir plus pour l’équité, et ils nous a ainsi mis au défi de promouvoir l’équité dans les modèles économiques que nous développons. Nous lançons d’ailleurs une nouvelle initiative avec l'AFC d’un milliard de dollars pour aider les petites et moyennes entreprises. Mais nous ne le faisons pas ensemble, je le fait avec mon frère jumeau Rémy Rioux, c’est mon jumeau à l’AFD.
Nous créons une coalition avec les Allemands et les Américains, avec tout le monde, pour dire que quand nous venons vous voir, au lieu de tous venir avec nos grandes listes de sujets compliqués, nous venons comme un seul et unique groupe afin de présenter quelque chose de simple que vous allez pouvoir supporter. Et Tidjane, ici présent, qui est un grand banquier, très bon avec la finance, fait la même chose de son côté. Je vais donc vous dire quelques mots au sujet des opportunités d’aujourd’hui, ça aussi c’était très spécial.
C’était superbe de vous rencontrer ici, la jeunesse, le futur de notre jeune continent, vous représenter notre futur. Je m'adapte toujours à [INAUDIBLE], veuillez m’en excuser. Mais pour confirmer ce que vient de dire le président au sujet des opportunités, les avantages sont énormes.
Quand j’étais plus jeune, quand j’avais votre âge et que nous assistions à des conférences, ce que nous entendions c’est que de toute façon votre PIB est inférieur à celui de la Belgique. Et c’était vrai : 600 milliards, 700 milliards. Il représente maintenant 2.7 mille milliard.
Et je ne compte pas manquer de respect à la Belgique, à la France, ni au Royaume-Uni, mais cela reste 700 milliards. Mais ce qu’il faut retenir ici c’est que l’Afrique est en pleine croissance, les opportunités sont énormes mais [INAUDIBLE] je peux révéler un secret : La nuit dernière, j’ai eu un appel Zoom avec lui, qui se présentait aux chefs d’états, et au président Macron est en cours de relocalisation de ses opérations à Rome. Je vais donc le suivre et m’occuper des finances.
Vous vivez dans un endroit superbe, vous avez un pays superbe avec un leadership puissant, vraiment. Si nous revenons dans 5, 10 ans et que vous n’êtes pas tous des entrepreneurs plein de succès, nous aurons échoué. Merci, Monsieur le Président.
Mon nom c'est Emma Aissa, j'ai 21 ans et je suis en génie électronique et électrique. Je m'intéresse à l'art, je fais de la peinture et du dessin. Monsieur le Président, permettez-moi de faire un commentaire et une question, une petite question.
Je vais commencer par le commentaire. Monsieur le Président, l'art traite de la créativité et l'innovation, et je crois sincèrement que l'art a le pouvoir d'expliquer ou exprimer les choses qu'on ne peut pas expliquer avec nos propres mots. Et comme quelqu'un qui voudrait introduire l'électrotechnologie dans le monde de l'art, ici, au Rwanda, j'espère seulement que les bonnes relations entre le Rwanda et la France seront renouvelées.
J'espère qu'il y aura de bons échanges pour développer un mélange créatif d'art et de technologie. Et ensuite, ma question, Monsieur le Président, vous avez posé cette question sur Twitter et j'aimerais vraiment vous retourner la question. Si vous aviez 300 euros à dépenser en livres, en musique, en art, en concert, là maintenant, Monsieur le Président, quel serait votre premier achat ?
Merci. Tout d'abord, merci et vous avez raison. Je note que quand même, ça fait deux jeunes femmes qui passent par le génie mécanique pour ensuite faire ou de l'architecture ou de l'art.
Ce sont des voies intéressantes. La deuxième chose, c'est que, et vous avez raison de le dire, que je pense que beaucoup de l'innovation, de ce qu'on va inventer pour le monde de demain vient du croisement des disciplines. Je pense que les vieux canons sur lesquels on était ne sont plus valables.
Il faut très vite, dans sa tête, croiser les compétences, les disciplines. C'est ça qui est fécond et c'est là qu'on va créer des opportunités et changer le monde. Parce que ce que vous dites sur l'art et ce qu'il apporte, c'est très vrai.
Alors si j'avais 300 euros pour acheter, je pense que j'achèterais de la poésie, parce que c'est ce qui me fait le plus immédiatement voyager. Donc, j'achèterais quelques recueils de poèmes. Si c'est une recommendation, j'achèterais des poèmes de poètes français qui me sont chers pour vous inciter à les lire.
Donc, je vous recommanderais René Char, par exemple. Ensuite, en fait, je vais vous faire ma carte du tendre, du coup, des conseils de lecture ou de musique que je peux vous laisser. Et puis après, vous en ferez ce que vous voulez.
Donc, j'achèterais un livre de poèmes de René Char, peut-être les Feuillets d'Hypnos. C'est sur la guerre et vous verrez qu'il était résistant dans le sud de la France. Ensuite, j'achèterais pour vous l'offrir un roman.
Et je pense que je vous achèterais l'Éducation Sentimentale de Flaubert, vous verrez pourquoi. Ensuite, je vous achèterais un disque avec ces 300 euros. Et ce serait sans doute la Toccata de Bach.
Et puis, je vous achèterais des bandes dessinées parce que ça fait partie du génie européen. Et là, je ne pourrais pas faire autrement que de vous offrir Astérix et Obélix. Non, mais c'est un petit voyage tendre entre un très grand poète du 20ème siècle, un des plus grands romanciers du 19ème, un très grand musicien, mais à dessein, je ne choisis pas un Français parce que je pense que c'est l'Europe et que c'est l'imaginaire européen, et une bande dessinée pour faire un clin d'oeil, il y en aurait beaucoup d'autres, mais je pense qu'avec 300 euros, je peux acheter ça et vous le laisser en cadeau.
S'il y avait deux questions super rapides avant que je ne doive filer, je crois. Allez y ! Merci Monsieur le Président.
Je m'appelle Anthony, je suis une formation mécatronique et suis très intéressé par l'entrepreneuriat. Vous êtes un promoteur de l'entrepreneuriat. Vous vous êtes engagés à investir 2,5 milliards d'euros en Afrique afin d'aider les startups et les petites et moyennes entreprises.
Et vous avez dit dans l'un de vos discours " La vie d'un entrepreneur est plus dure que celle d'un salarié ". Alors en tant que jeune entrepreneur, quels sont les différents points et vos stratégies que je doive prendre à cœur afin d'éviter les différents challenges auxquels je peux faire face dans un futur proche ? Être entrepreneur, c'est avoir une liberté.
Vous êtes votre propre patron. Mais avec cette liberté, il y a un risque, c'est que si vous échouez, vous échouez complètement pour vous-même et vous n'êtes pas protégé, ce qui est le pacte qu'il y a dans le salariat, vous êtes protégé, mais vous avez un chef. Là, vous prenez vos risques, mais vous n'avez pas de chef.
Et après, vous pouvez avec ce risque pris, si vous arrivez à le faire fructifier, créer beaucoup d'opportunités, en offrir aux autres et le développer. Donc, je pense que l'entrepreneuriat va avec une société de l'innovation et de l'accélération comme celle qu'on connaît aujourd'hui. Moi, je ne me permettrais pas d'avoir des conseils parce que chaque environnement est différent, situation est différente, mais si, j'avais des conseils un peu génériques à vous donner.
Le premier, c'est à la fois de croire en vous et de douter de vous en permanence. C'est-à-dire cultiver le bon doute, mais ayez confiance en vous. Je pense que c'est ce qui caractérise tous les entrepreneurs, quelque soit le secteur.
Si vous voulez emmener les autres, convaincre un client, réussir un projet, il faut avoir une confiance folle en vous, déraisonnable. Si vous voulez que cette confiance ne vous emmène pas dans le mur, il faut que vous doutiez à chaque instant, vous dire à vous-même et secrètement, "est-ce que je fais bien ?" La deuxième chose, prenez des risques.
Parce que vous ne pouvez pas avancer, inventer si vous ne prenez pas une part de risques là aussi maîtrisés. La troisième chose, acceptez d'échouer. Vous allez vous tromper une fois, deux fois, dix fois.
Il y a simplement deux erreurs que vous n'avez pas le droit de faire. La première, c'est de ne pas prendre de risques. La deuxième, c'est de répéter une erreur que vous avez déjà faite.
Mais acceptez de vous tromper, acceptez d'échouer. Et puis, il y a la quatrième recommandation. C'est ce qu'a dit Tidjane tout à l'heure "Sky is the limit", pensez grand.
Et déjà, avec ce viétique, vous devriez si vous avez la chance qui va un peu avec vous et si vous avez du talent, à mon avis, ça peut le faire. Merci beaucoup, Monsieur le Président, Bon, je crois que je dois filer, cette fois-ci. Merci beaucoup à vous, en tout cas.
Je voulais vous dire vous êtes dans un - vous l'avez évoqué un peu, on en a beaucoup parlé ce matin - dans un pays qui a traversé une période absolument terrible et les mots ne suffisent pas à la qualifier. Vous êtes la génération, j'ai entendu vos âges, d'après le génocide et je voudrais simplement vous dire, je ne vais pas redire ce que j'ai dit ce matin, mais on ouvre avec votre pays une nouvelle page. Et qui, en même temps, vient après tout un livre.
Elle n'efface pas le livre d'avant, mais je pense qu'elle fait que nous nous connaissons mieux maintenant et nous savons ce que nous nous devons les uns les autres. J'aimerais que votre génération puisse être insouciante, un peu. Et je sais qu'il y a eu beaucoup de tristesse, de silence et que les jeunes qui ont été vos parents n'ont pas eu votre jeunesse.
Je pense que c'est le plus beau cadeau qu'on peut vous souhaiter, c'est de garder l'insouciance qui va avec le fait d'avoir 20 ans, même si on a cette épidémie, s'il y a des contraintes. Moi, je vous souhaite beaucoup d'ambition. Votre pays est jeune, ce continent est jeune, Magda et Tidjane, l'ont dit.
C'est une chance inouïe et c'est à vous d'inventer l'avenir. On va vous aider du mieux qu'on peut parce que, je pense que c'est à la fois notre devoir, parce que c'est notre choix, parce que nous croyons dans votre continent, votre pays, et parce qu'aussi on a besoin que vous réussissiez. Je vous souhaite l'insouciance et l'ambition.
Merci à vous et bonne route.
Emmanuel Macron