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Discours / meetingRassemblement National (sur YouTube)· 13 février 2012 10 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Point Presse de Marine Le Pen devant le Conseil Economique, Social et Environnemental

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:54Invité politiqueFait
    « il existe depuis plus de 80 ans, depuis une décision de Edouard et Rayot en 1925. »
  • 1:57Invité politiqueFait
    « Pourtant, son existence a été confirmée en 1946 et en 1958. »
  • 2:03Invité politiqueFait
    « Et en 2008, à économique et sociale, a été ajoutée environnementale, probablement pour faire bien. »
  • 5:07Invité politiqueChiffre
    « Près de 40 millions d'euros par an. »
  • 5:09Invité politiqueChiffre
    « Chacun des 233 membres de cette institution perçoit un total mensuel brut de 4 000 euros. »
  • 5:50Invité politiqueChiffre
    « Quand on additionne les frais de fonctionnement de ces structures et les émoluments de leurs membres, on dépasse les 500 millions d'euros annuels. »
  • 6:41Invité politiqueChiffre
    « Il y a 50 ans, en 1962, il y avait en France 482 députés contre 577 aujourd'hui et 274 sénateurs contre 348 aujourd'hui. »
  • 6:55Invité politiqueChiffre
    « Nous passerions ainsi de 925 parlementaires à 750, soit une économie de 175 parlementaires et de l'ensemble évidemment des coûts afférents. »
  • 7:03Invité politiqueChiffre
    « L'Allemagne a 739 parlementaires nationaux et pourtant elle compte 20 millions d'habitants de plus que la France. »
  • 7:24Invité politiqueChiffre
    « que le Sénat devra rendre à l'État la moitié de sa cagnotte, dont le montant s'élève à 1,3 milliard d'euros. »
  • 7:46Invité politiquePromesse
    « qui ne pourront plus excéder 5 000 euros bruts par mois, quel que soit le nombre de mandats effectués. »
  • 8:36Invité politiqueFait
    « qui a eu cette excellente idée de s'augmenter de 172% dès qu'il aura franchi le perron de l'Élysée. »

Temps de parole

  • Marine Le Pen100 %

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0:04
Marine Le Pen

Mesdames et Messieurs, pour une République rigoureuse et exemplaire, c'est le sens du message que je porte aujourd'hui devant vous, en ce lieu symbolique, devant cet énorme fromage de la République. Comme moi, vous avez pu constater en effet la montée d'un sentiment d'injustice parmi les Français, qui considère à juste titre, il faut le dire, qu'on demande sans cesse des efforts aux mêmes, alors que les autres, tout en haut, les puissants, sont épargnés.

Pire, tout en haut, on continue de bien vivre, de vivre de mieux en mieux, de profiter d'un système qui reste doux avec ceux qui le dirigent, mais qui se montre de plus en plus impitoyable avec les plus misérables, avec les classes moyennes, avec les jeunes comme les retraités. Il est donc temps que les décisions soient prises pour montrer que chacun, y compris surtout au plus haut niveau, participe à l'effort national. Il est temps de prendre des mesures fortes pour combler le fossé entre des élites épargnées et un peuple affligé. Il est temps que les grands notables de la République et les institutions participent à l'effort.

Bref, que la République redevienne ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être, rigoureuse et exemplaire. Je propose donc aujourd'hui sept mesures pour mettre la République sur le chemin de la rigueur et de l'exemplarité. Sept mesures, dont une première qui justifie notre présence ici. Par l'action que je mène aujourd'hui, la très grande majorité des Français apprendra l'existence de cette institution, le Conseil économique, social et environnemental. Pourtant, la Constitution de la République lui consacre trois articles. Pourtant, il existe depuis plus de 80 ans, depuis une décision de Edouard et Rayot en 1925. Pourtant, son existence a été confirmée en 1946 et en 1958.

Et en 2008, à économique et sociale, a été ajoutée environnementale, probablement pour faire bien. Mais à quoi sert le Conseil économique et social et environnemental ? Officiellement, à donner à sa demande des avis au gouvernement. En somme, cette institution est une grande machine à pondre des rapports. Mais il faut poser la question. Qui l'élit ? Qui en tient compte ? Que deviennent ces rapports en dehors d'être entassés dans des placards pour y dormir tranquillement ? Bien sûr, il est utile de faire rencontrer et dialoguer entre les acteurs de la vie économique, les acteurs de la vie sociale, les acteurs de la vie associative.

Mais au Conseil économique, social et environnemental, la rencontre est purement formelle. Le dialogue est impossible. En réalité, et je révèle ici un secret de polichinelle de la République, la véritable fonction du Conseil économique, social et environnemental est à la fois de placer ses amis et d'élargir son cercle amical. Quelques nominations récentes illustrent bien cette dérive. Ainsi, Raymond Souby quitte l'Elysée pour devenir actionnaire majoritaire de l'agence d'information AEF et reçoit en complément un siège dans cet organisme. Et comment ne pas évoquer le sort heureux de Pierre Charon ?

Certes, il fut écarté de la présidence, mais avant de se faire élire sénateur dissident de Paris, il fut dans ce Conseil comme dans une salle d'attente. Notons aussi la présence de l'ancien maire socialiste de Pau, Yves Urieta, qui avait rallié l'UMP pour mieux assurer la défaite de François Bayrou aux dernières élections municipales dans cette ville. Au gré des nominations, je relève les noms de quelques syndicalistes officiels retraités, Gérard Achéry pour la FSU, Alain Obadia pour la CGT ou Pierre Calfa de l'Union syndicale solidaire. Je pourrais continuer à énumérer longuement cette litanie des privilégiés du système, de la nomenclatura dorée.

Enfin, j'ai voulu réserver pour la fin, pour la bonne bouche, Hervé Marseille, maire de Meudon, qui fut nommé au Conseil économique, social et environnemental après avoir démissionné de l'EHPAD, où il fut remplacé par Jean Sarkozy. Vous connaissez la suite. Les personnalités qualifiées, comme on dit, sont trop souvent, et depuis longtemps, il est vrai, choisies arbitrairement en fonction des services rendus ou à rendre. Je pourrais aussi m'interroger sur les critères qui ont conduit à sélectionner telle ou telle association ou tel ou tel syndicat. Pourquoi donc, par exemple, le président de l'UNEF ou celui de la FAGE émarge dans cette Assemblée ?

Croyez-vous que ces organisations soient vraiment représentatives des étudiants de France ? Toutefois, le critère du choix est parfois évident. Ainsi, France Nature Environnement a droit à six représentants. Quand cette association invite les candidats à la présidence de la République pour dialoguer, elle oublie soigneusement Marine Le Pen. Le système, c'est d'être reconnaissant. Enfin, comment ne pas s'indigner que l'une de ces associations, Sophradoy Foundation Europe, n'est même pas un nom français ? Au-delà de sa fonction de placement des amis, le Conseil économique, social et environnemental coûte cher aux contribuables français. Près de 40 millions d'euros par an.

Chacun des 233 membres de cette institution perçoit un total mensuel brut de 4 000 euros. A cela, il faut ajouter un régime de retrait tellement avantageux que la Cour des comptes a demandé son retrait. Alors, on nous promet une vague réforme d'ici juin, mais le scandale perdure. Plus grave encore. Ce Conseil est répliqué dans les 26 régions de métropole et d'outre-mer. Sans compter les territoires, justement, d'outre-mer. Des collectivités territoriales ont aussi leurs propres structures de ce type. Dans les départements et dans les grandes agglomérations, il existe des CODEV, comités de développement parfois agrémentés de l'adjectif économique, complétés dans certains cas par durable.

Quand on additionne les frais de fonctionnement de ces structures et les émoluments de leurs membres, on dépasse les 500 millions d'euros annuels. Voilà une économie immédiate pour les finances publiques. Voilà des niches de la République à supprimer sans tarder. Ma première proposition aujourd'hui est donc la suppression, dès 2013, du Conseil économique, social et environnemental et de ses démembrements régionaux. Ce sera un signal très fort de rapprochement des élites et du peuple. Une bonne claque donnée à cette maladie française du copinage et une économie budgétaire immédiate importante.

La deuxième proposition tient à la participation du Parlement à l'effort national et à la réduction du nombre de parlementaires. Celui-ci est étonnamment élevé dans notre pays. Il faudra le réduire dès les élections législatives qui suivront celles de 2012. Il y a 50 ans, en 1962, il y avait en France 482 députés contre 577 aujourd'hui et 274 sénateurs contre 348 aujourd'hui. Je veux revenir à ces proportions. Nous passerions ainsi de 925 parlementaires à 750, soit une économie de 175 parlementaires et de l'ensemble évidemment des coûts afférents.

Nous serions alors au niveau de l'Allemagne, puisque quand il s'agit d'aller chercher des exemples en Allemagne, autant prendre les bons plutôt que les mauvais, comme le fait Nicolas Sarkozy. L'Allemagne a 739 parlementaires nationaux et pourtant elle compte 20 millions d'habitants de plus que la France. J'ajoute, et ce sera ma troisième proposition, que le Sénat devra rendre à l'État la moitié de sa cagnotte, dont le montant s'élève à 1,3 milliard d'euros. Il n'est pas admissible qu'alors que le pays est confronté à la crise de la dette, une Assemblée dorme sur un magot d'une telle ampleur.

Ma quatrième proposition concerne le plafonnement des retraites des parlementaires, qui ne pourront plus excéder 5 000 euros bruts par mois, quel que soit le nombre de mandats effectués. Aujourd'hui, plusieurs dizaines de sénateurs perçoivent jusqu'à 10 000 euros par mois de retraite. Les assemblées régionales doivent montrer l'exemple elles aussi. Et c'est là ma cinquième proposition. Dans tous les conseils régionaux où le Front National est présent, ces élus ont demandé lors du vote des budgets 2012 une diminution de 50% des indemnités des conseillers. La grande coalition UMP-PS-Vert communiste-centriste-unanime a rejeté cette proposition.

Comme toujours, ils parlent, mais ils ne font rien. Nous appliquerons cette décision quand nous serons majoritaires dans les assemblées locales. Ma sixième proposition tient au salaire du Président de la République, du Premier ministre et de tous les autres membres du gouvernement qui doivent être alignés sur ceux des parlementaires. Les Français en ont assez, des responsables politiques jouisseurs, inspirés par l'exemple du premier d'entre eux, qui a eu cette excellente idée de s'augmenter de 172% dès qu'il aura franchi le perron de l'Élysée. La politique est au service, est un service pour les citoyens, est au service des citoyens et non une source d'enrichissement pour ses responsables.

La République doit être exemplaire. Montesquieu ne disait-il pas que la vertu était le principe du régime républicain. Ma septième proposition est en rapport avec la transparence et le contrôle des dépenses des élus et hauts fonctionnaires nationaux et locaux. Je mettrai en place la publication sur Internet des notes de frais des élus, des ministres et de l'ensemble des chefs de l'administration de l'État et des collectivités territoriales. Mesdames et Messieurs, ensemble, informons les Français de l'existence de tous ces privilèges surannés, de ces endroits discrets où se cachent les rangs induits. Informons les Français et abolissons-les.

Chacun doit participer à l'effort national et celui-ci doit être mieux réparti. Les grands notables et les institutions de la République ne sont pas en dehors du peuple français. Ils doivent cesser de vivre au-dessus de lui et parfois même contre lui. Voilà l'engagement que je prends pour une République réellement transparente, une République rigoureuse et exemplaire, en rupture avec l'affaissement de la morale publique de ces dernières années. Je vous remercie. Madame Le Pen ? Madame Le Pen ?