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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 20 octobre 2025 7 minContradictoirePortrait personnelSanté

Dr Agnès Ricard-Hibon : "Pendant longtemps on a dit aux femmes que c'était normal d'avoir mal quand on a ses règles"

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:35OuverteRéponse directe

    Bonjour Agnès Ricaribon, vous faites partie du comité d'experts de ces états généraux, vous êtes médecin urgentiste, présidente honoraire et porte-parole de la Société française de médecine d'urgence.

  • 0:45OuverteRéponse directe

    Le fait que les douleurs des femmes soient sous-estimées, c'est vieux comme le monde ?

  • 2:03OuverteRéponse directe

    Et on entend souvent dire que les femmes sont plus résistantes que les hommes à la douleur, c'est une idée reçue ?

  • 2:29OuverteRéponse directe

    Donc pourquoi ça existe encore aujourd'hui ? C'est parce que les femmes ont intériorisé tout cela?

  • 2:37RelanceRéponse directe

    C'est ça ce que vous nous dites, et qu'elles ont intégré la chose et qu'elles minimisent leur douleur. Donc il y a une forme d'autocensure, c'est ça?

  • 3:15OuverteRéponse directe

    Dans la formation des médecins aujourd'hui, pendant leurs études, le sujet est abordé ou pas du tout, par exemple ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:58InvitéPromesse
    « Pourquoi laisser les femmes souffrir alors que ça entraîne des retards diagnostiques? »
  • 1:03InvitéFait
    « L'exemple de l'infarctus du myocarde, il y a une augmentation de la mortalité chez la femme parce qu'elle est parfois minimisée, parfois non reconnue »
  • 1:42InvitéPromesse
    « Il y a des conséquences majeures puisque c'est une mortalité, chaque minute compte dans l'infarctus du myocarde »
  • 1:51InvitéChiffre
    « Et il y a des études qui ont très clairement démontré qu'il y avait une augmentation de la mortalité chez la femme parce qu'elles appellent plus tard, parce que ça va passer, parce qu'on ne veut pas se sentir faible ou stigmatisé »
  • 2:30PrésentateurPromesse
    « C'est parce que les femmes ont intériorisé tout cela? »
  • 4:06InvitéPromesse
    « Il y a d'abord les témoignages, ensuite on va aller en région pour identifier les solutions avec les professionnels de santé »
  • 4:14InvitéPromesse
    « une restitution des recommandations auprès de nos pouvoirs publics »
  • 4:20InvitéPromesse
    « et une grande campagne de sensibilisation de façon à ce qu'on améliore. »
  • 5:12InvitéChiffre
    « Ça fait 20 ans que je travaille sur la douleur en général en médecine d'urgence. Donc oui, on a des pistes. »
  • 5:16InvitéPromesse
    « Et on sait que le traitement de la douleur, c'est ce qu'on appelle multimodal. »

Temps de parole

  • Invité62 %
  • Présentateur38 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 6h21, c'est normal que tu souffres, c'est hormonal, mais non, t'as pas mal, c'est dans ta tête. Combien de femmes ont déjà entendu ce genre de phrases ? Leur douleur est souvent minimisée par rapport à celle des hommes, y compris de la part de médecins, ce qui conduit à des retards de diagnostic pouvant être lourds de conséquences. D'où la création des états généraux de la douleur des femmes. Et en ce lundi, journée mondiale contre la douleur, ils lancent une plateforme pour recueillir des témoignages.

Bonjour Agnès Ricaribon, vous faites partie du comité d'experts de ces états généraux, vous êtes médecin urgentiste, présidente honoraire et porte-parole de la Société française de médecine d'urgence. Le fait que les douleurs des femmes soient sous-estimées, c'est vieux comme le monde ?

0:49
Invité

Alors ça fait très longtemps et c'est dommage parce qu'on a les moyens de les traiter. Pourquoi laisser les femmes souffrir alors que ça entraîne des retards diagnostiques ? L'exemple de l'infarctus du myocarde, il y a une augmentation de la mortalité chez la femme parce qu'elle est parfois minimisée, parfois non reconnue et en plus ça favorise les douleurs chroniques avec un vrai impact sociétal par la suite.

1:13
Présentateur

Donc il ne s'agit pas forcément de douleurs spécifiques aux femmes, ça peut être des douleurs partagées par les hommes et les femmes mais il n'y a pas le même diagnostic, pas le même regard, pas le même vécu ou ressenti de la part des gens qui en souffrent.

1:25
Invité

Tout à fait. Par exemple, l'infarctus du myocarde, un garçon va appeler le 15 très vite et va être pris en charge rapidement alors qu'une femme va dire « je vais attendre, je vais voir, ça va peut-être passer, je vais supporter ». Et c'est vrai que c'est sociétal, il y a des conséquences majeures puisque c'est une mortalité, chaque minute compte dans l'infarctus du myocarde et il y a des études qui ont très clairement démontré qu'il y avait une augmentation de la mortalité chez la femme parce qu'elles appellent plus tard, parce que ça va passer, parce qu'on ne veut pas se sentir faible ou stigmatisé et ça doit changer. Franchement, ça doit changer.

2:03
Présentateur

Et on entend souvent dire que les femmes sont plus résistantes que les hommes à la douleur, c'est une idée reçue ?

2:08
Invité

C'est une idée reçue, mais là aussi, c'est parce qu'elles vont minimiser, parce qu'elles ne veulent pas être stigmatisées, parce que pendant longtemps on a dit que c'est normal d'avoir mal quand on a ses règles. Non, en 2025, ce n'est pas normal d'avoir mal parce qu'on a les traitements qui permettent de soulager.

2:29
Présentateur

Donc pourquoi ça existe encore aujourd'hui ? C'est parce que les femmes ont intériorisé tout cela ? C'est ça ce que vous nous dites, et qu'elles ont intégré la chose et qu'elles minimisent leur douleur. Donc il y a une forme d'autocensure, c'est ça ?

2:38
Invité

Il y a une autocensure, et puis il y a une absence de reconnaissance de la douleur par les professionnels soignants également, qui ont aussi tendance à ne pas le reconnaître à sa juste valeur. C'est multifactoriel, ce poids de l'histoire sur beaucoup d'études ont été faites plutôt pour les corps masculins, pas forcément les corps féminins, et parce que c'est très ancré dans la société, que la femme résiste mieux à la douleur, et que c'est sociétal.

3:15
Présentateur

Dans la formation des médecins aujourd'hui, pendant leurs études, le sujet est abordé ou pas du tout, par exemple ?

3:21
Invité

Alors, dans la formation des médecins, le sujet de la douleur est un peu en retrait par rapport au traitement de la pathologie. Les soignants sont un peu mieux formés à la douleur que nous le sont les médecins, et le médecin se concentre sur traiter la maladie, mais pas forcément toujours le symptôme. Et on manque de recherches chez la femme, on manque de données également, de données scientifiques sur la douleur des femmes. Alors qu'on a les traitements qui s'appellent.

3:50
Présentateur

Ça veut dire que les labos non plus ne participent pas à ce changement de société. Alors, c'est pour ça que vous lancez aujourd'hui une plateforme qui s'appelle douleurdesfemmes.com. Elle s'adresse à qui ?

4:02
Invité

Alors, elle s'adresse au grand public, déjà, aux femmes, pour qu'elles témoignent. C'est en quatre phases. Il y a d'abord les témoignages, ensuite on va aller en région pour identifier les solutions avec les professionnels de santé, une restitution des recommandations auprès de nos pouvoirs publics, et une grande campagne de sensibilisation de façon à ce qu'on améliore. Il y a des possibilités d'améliorer les choses, et c'est important d'emporter l'ensemble de la population et des pouvoirs publics.

4:33
Présentateur

Donc ça, c'est la première étape à cette plateforme. Donc c'est pour les femmes, mais pas qu'eux. Les hommes aussi peuvent participer, c'est ça ? Les proches, les médecins ? Oui, tout le monde peut participer. L'objectif, c'est d'avoir des témoignages. Pour raconter les souffrances, par exemple, de son épouse ou de sa soeur. Ça fait partie aussi des témoignages importants.

4:48
Invité

Montrer l'ampleur du problème qu'on a en France sur ce sujet.

4:53
Présentateur

Et alors, qui va recueillir ces infos ? C'est vous, le comité d'experts ?

4:57
Invité

Il y a le comité d'experts qui va les analyser, et on va les utiliser. Mais l'objectif surtout, c'est de proposer des solutions. Et il y en a, beaucoup et des solutions.

5:06
Présentateur

Vous avez déjà des pistes ? Avant même de rédiger ce livret qui sera remis au ministre de la Santé dans quelques mois ?

5:12
Invité

Ça fait 20 ans que je travaille sur la douleur en général en médecine d'urgence. Donc oui, on a des pistes. Et on sait que le traitement de la douleur, c'est ce qu'on appelle multimodal. Ça associe, il n'y a pas un traitement. Souvent, on en associe plusieurs en fonction des pathologies. Et de l'intensité des symptômes rencontrés. Mais pour que ça fonctionne, il faut que ce soit partagé avec des professionnels, avec les gens de la société suivile, avec les associations qui s'occupent des douleurs chez la femme.

5:40
Présentateur

Donc ça veut dire mieux former les médecins ? Ça veut dire développer davantage de centres contre la douleur en France ? Il y en a 270 aujourd'hui, il paraît, qui sont débordés, c'est vrai ?

5:48
Invité

Oui, c'est vrai. Mais ce n'est pas mieux former que les médecins. Il faut mieux former les soignants en général en équipe pluridisciplinaire. mais mieux sensibiliser et former la population. De façon à ce que les femmes ne minimisent pas la douleur et que l'entourage aussi le prenne vraiment en compte à sa juste valeur.

6:07
Présentateur

Donc la première chose, c'est de libérer la parole. Il faut oser le dire, quand on souffre, ce n'est pas normal. Voilà, c'est tout à fait. C'est vraiment le message le plus important à passer. Merci beaucoup, Agnès Récari. Vous êtes donc médecin, porte-parole de la Société française de médecine d'urgence et vous faites donc partie du comité d'experts de ces états généraux de la douleur des femmes. Et pour la plateforme qui est lancée aujourd'hui, c'est tout simple, ça s'appelle douleurdesfemmes.com

Dr Agnès Ricard-Hibon : "Pendant longtemps on a dit aux femmes que c'était normal d'avoir mal quand on a ses règles" · Pourquijevote