Macron face à la fronde des soignants - C à Vous - 15/05/2020
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse directe
Je comprends l'exaspération du personnel de santé. Comment réagissez-vous à leur colère ?
- 1:40OuverteRéponse partielle
Comment soulager l'hôpital des missions indues ?
- 2:50RelanceRéponse directe
Vous parlez de suppression des gardes des médecins de ville. Est-ce une responsabilité politique ?
- 3:31OuverteRéponse directe
Les médailles et hommages irritent les soignants. Ça vous énerve ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:25InvitéFait
« Non, moi, je n'ai jamais fait de promesse. »
- 0:34InvitéFait
« Quand je fais des promesses, je les tiens. »
- 2:04PrésentateurFait
« Les crédits hospitaliers n'ont jamais baissé. »
- 2:43PrésentateurFait
« On a supprimé les gardes des médecins de ville. »
- 2:54PrésentateurChiffre
« Il y a 25 millions de passages aux urgences. »
- 4:09PrésentateurChiffre
« Il y a 18 milliards pour l'hôtellerie. »
- 4:21PrésentateurChiffre
« Il faut donner un milliard à la recherche sur les vaccins. »
Temps de parole
- Présentateur63 %
- Invité19 %
- Invité 27 %
- Invité 37 %
- Présentateur 23 %
≈ 8,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Ce matin, Emmanuel Macron était en visite surprise, sans caméra, à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, où il s'était déjà rendu au tout début de la crise. Pas de caméra, mais une journaliste de l'AFP rapporte que partout, le président a été interpellé, parfois vivement, sur le manque de moyens de l'hôpital public, les masques manquants ou défaillants. On a envie que la bonne énergie retombe et que le désespoir s'installe. Mais heureusement, il y est déjà, monsieur Macron. Mais on est là. Sur chaque promesse, vous nous rajoutez des conditions. Non, moi, je n'ai jamais fait de promesse. On est désespérés, on ne croit plus en vous. Moi, je n'ai jamais fait de promesse.
Donc, vous avez raison de ne pas avoir cru en moi là-dessus, parce que je n'ai jamais fait de promesse là-dessus. Quand je fais des promesses, je les tiens. Je fais des promesses de revenir. Je reviens. Donc, quand je m'engage à un truc, je le fais. Donc, moi, je ne vous ai jamais promis une prime. Vous n'êtes pas, je vous ai déçu. Je n'ai jamais promis. Oui, mais il a fallu le Covid pour que vous réalisez. Ce n'est pas normal. Monsieur Macron, il faut le Covid pour que vous réalisez que les hôpitaux, ils sont en souffrance. Non, ce n'est pas vrai. Ah, si ? Il y a mes chirurgicaux qu'on a eu récemment été périmés de mars. Mais c'est maintenant qu'on est au mois de mai, quand même.
Même si ça fait deux mois, ça fait déjà beaucoup. C'est ce qu'il fallait qu'on prenne. Je ne sais pas, moi, je... On ne croit plus en vous, disent ces infirmières.
Bon, je comprends très bien l'exaspération du personnel de santé. Ils ont le président de la République à porter de baffes. Ils auraient tort de se gêner. Et puis, la pression de ce qu'ils ont subi à l'hôpital... Écoutez, qu'on puisse un peu lâcher la pression face au président de la République, c'est tellement compréhensible.
Mais la colère, elle est réelle. Emmanuel Macron...
Mais la colère est réelle, je la comprends. Quand on a subi le choc qu'on subit dans des services de réanimation avec des gens qui meurtent, le sentiment d'impuissance, le sentiment d'épuisement... Mais comment est-ce qu'on pourrait ne pas comprendre ça ? Alors maintenant, justement, il y a l'émotion. Et puis, il y a le fait de réfléchir à ce qu'il faut faire. Comment on va soulager l'hôpital des missions indues qui sont les siennes. Moi, ce que je ne voudrais pas, c'est que, justement, cette émotion l'emporte sur les solutions à apporter. On est un pays qui consacre, contrairement à ce qu'on croit, beaucoup d'argent en son hôpital.
Les crédits hospitaliers n'ont jamais baissé, contrairement à ce qui est dit. Ils ont sans doute été mal distribués. Ça, je veux bien l'admettre. Mais je voudrais qu'on réfléchisse à notre système de santé. Globalement, la médecine de premier recours, l'hôpital, le médico-social, l'hôpital, finalement, il a concentré, il a été la solution de toutes les carences de notre système de santé. Une médecine de premier recours, qui s'est, peut-être parce que c'est un système trop libéral, qui s'est déchargée sur l'hôpital. 25 millions de... Pardon, il a été déchargé par le politique ? Oui. Quand on a supprimé les gardes des médecins de ville, par exemple. Sauf à faire grève, oui.
On avait une grève des médecins de ville. Oui, mais enfin... Je le sais, je le sais, Patrick Cohen. Et oui, il y a 25 millions de passages aux urgences. Et puis, un système médico-social qui n'est sans doute pas assez médicalisé.
La paupérisation de l'hôpital, il faut y mettre fin. C'est ce qu'a déclaré ce matin Emmanuel Macron. Pour l'instant, les seules annonces concrètes, elles irritent les soignants. Une médaille de l'engagement, un hommage le 14 juillet, des primes, des chaque vacances, des dons de congés. Ils appellent ça un bonbon au goût amer, une médaille associée à une médaille en chocolat, une prime perçue comme un pansement sur une jambe de bois. Vous comprenez que ça puisse irriter quand même ? Il y en a même un qui dit « Quand j'ai entendu la porte-parole du gouvernement parler de médaille et de défilé, j'ai eu des palpitations. » Porte-parole du collectif inter-urgence.
Ça vous énerve ? Non, ça ne m'énerve pas. Non, non, ça ne m'énerve pas. Ça m'énerverait si la médaille était la seule chose. Je n'ai pas le sentiment, non plus que dans la communication gouvernementale, on a dit en vous car une médaille et maintenant vous devez vous estimer content. Vraiment, même en étant très négatif vis-à-vis du gouvernement, je n'ai pas le sentiment que c'est ça. La médaille, on la donne, elle vaut ce qu'elle vaut. Moi, j'aime bien les médailles. J'en ai quelques-unes, je les aime bien. Mais s'il n'y a que ça, c'est une catastrophe. Mais ce n'est pas le cas. D'ailleurs, de toute façon, c'est open bar. En ce moment, dans les finances publiques, il n'y a pas de raison.
Il y a 18 milliards pour l'hôtellerie. On disait... Oui, je vous écoute. 18 milliards pour l'hôtellerie. Hier, on parlait des vaccins. Allez hop, il faut donner un milliard à la recherche sur les vaccins. L'hôpital va arriver. Il n'y a pas de raison. Ça va être son tour.