Gabriel Attal futur Premier ministre ? - C à vous - 08/01/2024
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Vous pouvez changer l'équipe.
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Je connais le nom du premier ministre, vous aussi d'ailleurs.
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« On est à 28, 29, 30% pour le RN et plutôt un petit 20% pour la liste macroniste, pour faire court. »
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« Il est, le mois dernier, devenu la première personnalité à un point près. Préférée des Français, 40% de jugement favorable. »
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« Il serait, s'il est nommé le plus jeune Premier ministre de l'Histoire de France, puisque auparavant c'était Laurent Fabius, 37 ans, nommé par François Mitterrand en 1984. »
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« Je lui ai fait confiance dès le premier quinquennat. Il a fait un parcours du service national universel en passant par le porte-parole à dans une période très difficile qui était le Covid, où ensuite le budget est maintenant à l'Éducation nationale. »
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« Il fait bien à la tête de l'école. Et il fait en continuité avec ce que, depuis 2017, on a voulu bâtir. »
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Elisabeth Borne avait beaucoup baissé, oui, dans les enquêtes d'opinion, mais ce n'est pas la logique d'opinion, je pense, la plus forte, la plus importante. Il y avait depuis maintenant plusieurs mois un procès en impuissance qui était adressé au président de la République. L'idée est que non seulement il n'avait pas de majorité, ça tout le monde le sait, mais qu'il faisait passer au forceps ces lois, qu'il divisait sa propre majorité à travers la loi sur l'immigration. Il y a quand même eu une quarantaine de parlementaires qui se sont abstenus ou qui ont voté contre. Il y avait donc, je crois, nécessité de réagir.
Maintenant, là où vous avez tout à fait raison, c'est qu'il n'y aura pas de changement de cap. D'ailleurs, dans ses voeux, le président l'a dit, il a dit à un moment donné, le cap, mais c'est le même depuis 2017, c'est libérer, unir, protéger. Donc ce n'est pas ça le sujet. Le sujet, c'est de l'incarnation, c'est de remettre de l'énergie, c'est de donner le sentiment que ce quinquennat, ce deuxième quinquennat, ce second quinquennat si difficile, n'est pas en panne et que des choses vont se faire.
Et pour ça, s'il s'agit bien de Gabriel Attal, il y a pour ça, il choisit quelqu'un qui, pour l'instant, dans très peu de temps, marque des points, réagit, donne le sentiment d'être énergique, concret, d'agir sur des sujets qui intéressent les Français. Je crois qu'il y a aussi beaucoup les Européennes qui jouent dans ce calendrier. Ça peut changer la donne, c'est-à-dire qu'un Premier ministre populaire qui va mener campagne, ça peut vraiment changer la donne à six mois des Européennes et relancer le parti, la majorité ? En tout cas, ça fait partie du pari d'Emmanuel Macron, si c'est le cas.
Et si c'est le cas, vous savez, aujourd'hui, on a quand même une dynamique RN qui est assez phénoménale. On est à 28, 29, 30% pour le RN et plutôt un petit 20% pour la liste macroniste, pour faire court. Imaginez qu'elle tombe en dessous des 20 points, des 20%. Là, ce serait une catastrophe qui entacherait toute la suite du quinquennat. Donc l'objectif, ce n'est pas forcément d'être à nouveau à un point ou devant le RN, mais au moins de faire quelque chose d'honorable, au moins de dire, il y a eu une progression, nous sommes la deuxième formation et très près du RN si ça joue dans un mouchoir de poche. En tout cas, de réduire les cas. Ça, ce n'est pas totalement à exclure.
En tout cas, éviter une sévère défaite, c'est quand même un impératif absolu. Donc ça, ce sera l'une des missions du Premier ministre qui va être nommée dans les heures qui viennent. Quel est le candidat idéal pour ce poste-là ? Patrick a cité Sébastien Lecornu. Le nom de l'ancien ministre de l'Agriculture, Julien Normandier, également a été cité. Et Gabriel Attal semble favori. C'était non seulement le ministre le plus populaire, mais aussi la personnalité politique préférée des Français, à un moment donné, devant Edouard Philippe. Dans notre baromètre, Ipsos-le-Point, effectivement, il est, le mois dernier, devenu la première personnalité à un point près.
Préférée des Français, 40% de jugement favorable. Donc il y a une dynamique autour de Gabriel Attal. Maintenant, les autres portraits, ce qu'on n'est pas certain non plus, que ce soit Gabriel Attal, mais ceux que vous avez cités, ils obéissent à des logiques un peu différentes. Le vrai Premier ministre, de toute façon, c'est le président. Ça, je crois que les Français l'ont parfaitement compris. Mais depuis longtemps, ça ne date pas d'Emmanuel Macron. Ça ne date pas d'Emmanuel Macron, mais ça a été accentué encore par Emmanuel Macron. C'était déjà le cas avec Nicolas Sarkozy. Le fameux collaborateur, la façon dont il désignait, François Hollande. Et avec Jusquard, dans une certaine mesure.
Oui, mais Raymond Barre, vous l'avez rappelé, avait quand même du répondant. Un homme carré dans un corps rond, donc il y avait de la carrure. Après, sous François Hollande, on a eu Jean-Marc Ayrault pendant deux années, où là, on était un peu sur une sorte de double. Emmanuel Valls, c'était un Premier ministre qui se différenciait assez fortement, malgré tout, tout en étant fidèle. Il y avait une existence politique en dehors de son poste de Premier ministre. Là, maintenant, les Français, ils ont parfaitement intégré, et depuis longtemps, c'est vrai, qu'ils votent pour un président.
Et c'est lui qui ne se contente pas de donner les grandes directives, qui suit de plus en plus les mesures, mais presque dans leurs détails. Donc, d'autres profils étaient envisageables dans la logique d'un collaborateur. Mais c'est une autre équation. Si c'est un collaborateur, ça ne répond pas d'abord à l'équation des élections européennes, je crois. Et puis, si c'est un collaborateur, encore faut-il qu'il ait suffisamment d'aura pour tenir la majorité, une majorité qui, encore une fois, s'est effritée, a vacillée au moment de la réunition. Et a besoin d'être rassurée, réunie. Exactement.
Et là, il lui faut quelqu'un qui donne le sentiment, à tort ou à raison, que celui qui va être le premier ou la première ministre est quelqu'un qui, dans l'opinion, est efficace, politiquement est efficace, est en phase aussi avec le président de la République. Et on voit bien pourquoi Gabriel Attal peut cocher ces cases. On voit moins l'intérêt de Gabriel Attal. Oui. Ah oui. Lui n'a aucun intérêt à y aller, quoi ? Non, pas aucun intérêt. Devenir premier ministre en étant si jeune, c'est quand même quelque chose de tout à fait exceptionnel. Il y a beaucoup de coups à prendre.
Mais s'il avait, exactement, s'il avait des ambitions présidentielles pour plus tard, en tout cas, devenir premier ministre du second quinquennat sans majorité à l'Assemblée, c'est quand même une gageure. C'est quand même un poste extraordinairement difficile. On pourrait être prudent. On ne sait pas, avec cette attitude, si ce sera Gabriel Attal nommé à Matignon. On ne sait pas non plus ce qui s'est passé dans le secret des conciliabules de l'Elysée ces derniers jours. On ne sait pas si les noms de Normandie et de Lecornu ont été jetés pour amuser la galerie en prévision d'un autre scénario.
Mais ce qui est certain, c'est que le profil de Gabriel Attal ne correspond absolument pas à l'équation qui avait été colportée, communiquée depuis le départ sur le profil idéal d'un Premier ministre sous Emmanuel Macron et qui correspond aussi à ce qui a précédé... Oui, que ce soit Jean Castex ou Elisabeth Bord. Exactement, Jean Castex et Elisabeth Bord. C'est-à-dire Gabriel Attal est justement quelqu'un qui a une existence, une épaisseur politique avec une dynamique que vient de rappeler Brice Tinturier, qui peut évidemment le promettre aux plus grandes ambitions, ce qui n'est pas le cas des autres.
Face à Bardella, vous savez, au moment des Européennes, alors s'il est nommé Premier ministre, ce n'est pas lui qui conduit la liste. Mais quand même, il y aura une incarnation d'abord nationale de quelqu'un de jeune, de quelqu'un qui peut incarner cette énergie. Le 20 décembre dernier, à l'Élysée, Emmanuel Macron ne tarissait pas des loges sur son ministre de l'Éducation. Je lui ai fait confiance dès le premier quinquennat. Il a fait un parcours du service national universel en passant par le porte-parole à dans une période très difficile qui était le Covid, où ensuite le budget est maintenant à l'Éducation nationale.
Et quand je lui ai confié l'été dernier cette responsabilité, d'ailleurs il n'était pas forcément candidat à celle-ci, je l'ai fait en sachant que j'avais là un responsable politique, d'abord qui partageait mes combats depuis le début, avait l'énergie, le courage de mener les combats nécessaires. En tout cas, moi, je suis très heureux, très fier, et il fait bien à la tête de l'école. Et il fait en continuité avec ce que, depuis 2017, on a voulu bâtir. Il fait si bien à la tête de l'école, sa ministre de l'Éducation nationale, qu'on va lui demander de quitter ce ministère à peine installé. Ça, c'est quand même une difficulté passagère, mais une difficulté pour Emmanuel Macron.
Il a, si, encore une fois, Gabriel Attal est confirmé, devient Premier ministre, il aura déjoué, effectivement, tous les scénarios. Et c'est bien du Macron, ça, de vouloir surprendre. Il l'avait fait en 2017, il l'a fait aussi avec Édouard Philippe, avec Castex, qui était inconnu du grand public. Donc on comprend la logique de Attal. Mais malgré tout, après avoir dit, pendant ses voeux, à quel point l'enjeu de l'éducation était un enjeu important, après avoir trouvé un ministre de l'Éducation qui, en quelques mois, a marqué des points, l'enlever pour le mettre à Matignon, ce n'est quand même pas tout à fait évident par rapport à la fonction et à l'importance déclarée de ce ministère.
Et vous avez souligné l'importance de l'effet de surprise, mais qui dure quelques jours. Il dure quelques jours. Maintenant, encore une fois, un remaniement, dans l'opinion, sans changement de ligne, il n'y aura a priori pas de ligne, ça ne produit pas grand-chose. Mais j'ai toujours dit que l'incarnation, c'était important. Et l'incarnation d'un Gabriel Attal, ça peut quand même redonner un petit peu d'idée. Ce n'est pas pour rien qu'il est le premier maintenant dans les baromètres, ou dans la plupart des baromètres.
Ça peut redonner un peu d'attente, un peu d'oxygène, un peu d'espoir sur les choses qui vont se passer de manière concrète, énergique, ce qu'il a commencé à faire à l'éducation nationale. En tout cas, pour l'opposition, un changement de gouvernement, ça ne changera pas grand-chose, on les écoute.
Vous pouvez changer l'équipe. D'ailleurs, on voit le jeu de chaise musicale qui va de nouveau se faire parce que personne ne veut monter dans un bateau qui coule, puisqu'on parle toujours des mêmes personnes qui seraient ici un changement de ministère. ici pour prendre la place d'un premier ministre éventuel.
Ça va être un non-événement parce qu'il passe de gauche à droite, de droite à gauche, mais le pendule de l'hypnotiseur n'endort plus personne. J'ai un scoop pour vous. Je connais le nom du premier ministre, vous aussi d'ailleurs. C'est Emmanuel Macron. Et son ministre des Affaires étrangères, ce sera aussi Emmanuel Macron. Et son ministre de la Défense, ce sera Emmanuel Macron. Son ministre de la Culture, ce sera Emmanuel Macron. Même Premier ministre au changement de Premier ministre, rien ne changera. Emmanuel Macron n'a pas de majorité absolue à l'Assemblée. Ça a été le choix des Français. Et il ne cherche pas de majorité absolue.
Le vrai problème, c'est que pendant ce temps-là, avec cette absence de résultats, c'est l'exaspération et la colère qui montent. Sans majorité absolue à l'Assemblée, quel que soit le Premier ministre, ça ne changera rien ? Le problème reste entier en tous les cas. Donc il y aura toujours nécessité de trouver des majorités sur un certain nombre de projets ou de passer par du 49-3, le cas échéant. Ça, c'est l'équation de base et elle ne varie pas. Maintenant, il y a des choix qui peuvent faciliter ou non les choses.
Et manifestement, l'espoir d'Emmanuel Macron, c'est qu'Emmanuel Hux, c'est que Gabriel Attal, le Premier ministre d'Emmanuel Macron, lui-même président et Premier ministre donc, mais que Gabriel Attal puisse avoir un peu plus de facilité d'oxygène politique pour convaincre, tantôt sur son flanc droit, tantôt aussi peut-être sur son flanc gauche. Parce que Gabriel Attal, c'est un bébé de la Macronie. Il est né en politique avec Emmanuel Macron. Mais il venait à l'origine de la sensibilité, on l'a un peu oublié, de l'aile gauche. Et il serait important et intéressant de voir quel sort est réservé aux ministres qui incarnaient cette sensibilité.
En prenant Emmanuel Macron, pardon, Gabriel Attal, décidément, Emmanuel Macron n'a pas fait le choix de prendre un ex-LR en se disant « Eh bien, je vais continuer à faire travailler la poutre et à trouver des alliances avec la droite ». Donc c'est aussi un élément politique important. Est-ce qu'il entend préserver des marges de manœuvre sur son flanc gauche ? Et que fera-t-il de ministres comme Clément Beaune ou d'autres ? Et est-ce qu'il fera des poids lourds de droite du gouvernement ? Exactement. Ceux qui ne font pas. Qui, comme Bruno Le Maire ou Gérald Darmanin, qui sont plus âgés que Gabriel Attal, qui, on rappelle, n'a que 34 ans.
Il serait, s'il est nommé le plus jeune Premier ministre de l'Histoire de France, puisque auparavant c'était Laurent Fabius, 37 ans, nommé par François Mitterrand en 1984. Est-ce que Gérald Darmanin et Bruno Le Maire accepteraient de rester ministre d'un si jeune collègue, Gabriel Attal ? Voilà, ça c'est aussi une question. Rester ministre, je pense, probablement. Mais c'est vrai que ce sera aussi une difficulté, je pense, pour Gabriel Attal, que d'asseoir son autorité par rapport à des poids lourds, parce que Bruno Le Maire et Darmanin ont acquis ce statut de poids lourds. Et ils étaient pressentis, en tous les cas, ils pouvaient désirer le poste ou la fonction.
Donc là, il y a les équilibres internes qu'il faudra jouer. Mais il faut toujours se demander, effectivement, on a peut-être cette nomination, mais pourquoi n'a-t-il pas nommé tel ou tel ? Et le fait, encore une fois, de ne pas avoir nommé un ex-célère, je crois... C'est le cas de Bruno Le Maire ou de Gérald Darmanin ? Autre question sans réponse ce soir. À quoi, question d'ailleurs sans réponse depuis début décembre, quand il l'a annoncé, à quoi correspond le grand rendez-vous avec la nation qu'Emmanuel Macron annonçait début décembre ? Donc c'était pour le courant janvier. Ça, ce n'est pas un grand rendez-vous avec la nation, à coup sûr.
Et donc l'Élysée continue à laisser planer l'idée qu'il y aurait une initiative spectaculaire qui permettrait un dialogue entre le président et les Français. J'espère que vous ne me posez pas la question de à quoi... Parce que nul ne le sait qu'on a du mal à l'imaginer. On avait posé la question à Emmanuel Macron. Oui, on l'a posé. Je ne vais pas vous le dire. Est-ce que ça sera un nouveau gadget de communication ou un nouvel objet politique tenté après de multiples objets ? On a eu les rencontres de Saint-Denis, on a eu une initiative majeure, etc.
qui ont accouché de choses finalement assez banales, mais qui avaient le mérite d'essayer justement, dans une situation où vous n'avez pas de majorité, de consulter, de retrouver des alliances possibles, de s'adresser aux oppositions, de tâtonner sur d'autres formes, d'autres façons de faire jouer le jeu démocratique. Là, très sincèrement, on ne voit plus très bien ce qu'il pourrait inventer comme une initiative politique majeure ou comme grand rendez-vous, si ce n'est un référendum. Mais cette hypothèse-là, elle a été battue en brèche. Il ne va pas y avoir un référendum avant les élections européennes tout de même.