Uber Files et rentrée sociale... le 8h30 franceinfo de Philippe Martinez
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Est-ce que vous demandez aujourd'hui à Emmanuel Macron de s'expliquer sur ce sujet ?
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Pas forcément une enquête, ça pourrait passer par quoi selon vous ?
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Il était manifestement le seul, en tout cas pro-Uber, si j'ose dire.
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Dans l'immédiat quand même, est-ce que Philippe Martinez, vous pouvez rassurer les Français, du moins ceux qui partent en vacances, est-ce qu'ils vont pouvoir prendre le train et prendre l'avion sans grève à répétition cet été ?
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Vous d'ailleurs, votre objectif, l'objectif de la CGT, c'est une augmentation à hauteur de l'inflation de 6% à la SNCF et dans toutes les entreprises ?
- 4:08RelanceRéponse directe
Mais au-delà de l'inflation, si je vous entends bien.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« et comment il a contribué à non seulement faire en sorte que Uber s'implante en France mais grâce à une loi qui s'appelle la loi Macron, »
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« découdre une partie du code du travail pour favoriser ce type d'activité »
- 3:04Invité politiqueChiffre
« 1,4% d'augmentation générale de salaire alors que les cheminots n'ont pas eu d'augmentation depuis 8 ans. »
- 3:24Invité politiqueFait
« Parce que quand le salaire a été gelé pendant 8 ans, 12 ans chez les fonctionnaires, il y a l'inflation de l'année et puis il y a le retard des années précédentes. »
- 9:50Invité politiqueChiffre
« leur objectif, c'est de réduire les indemnités pour les chômeurs, dont, il faut le préciser, seul un sur deux en touche. »
- 11:29Invité politiqueFait
« « Ceux sont des feignants, ils ne veulent pas bosser ». »
- 13:28Invité politiqueFait
« C'était à deux doigts de passer. Enfin, c'était à pas de doigts du tout qu'il y a eu une des plus grandes mobilisations de ces 20 dernières années. »
- 14:26Invité politiqueFait
« Uber, par exemple, qui ne paye pas de cotisation sociale. »
- 14:35Invité politiqueChiffre
« Pourquoi, après 55 ans, presque un senior sur deux n'est plus au travail ? »
- 16:40Invité politiqueFait
« C'est que le patronat ne préfère pas augmenter les salaires, pour ne pas franchir ce seuil et continuer à bénéficier d'exonérations. »
- 20:24Invité politiqueFait
« Vous croyez que ceux qui dorment dans la rue, ils vont faire de la sobriété énergétique ? »
- 20:49Invité politiqueFait
« C'est surtout les entreprises privées d'électricité qui continuent à avoir des marges importantes. »
- 23:56Invité politiqueFait
« C'était une bêtise de fermer. »
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Bonjour Philippe Martinez. Bonjour. Emmanuel Macron a aidé l'entreprise Uber quand il était ministre de l'économie. Révélation de la cellule d'investigation de Radio France avec le consortium international des journalistes d'investigation. Il a notamment pesé de tout son poids pour changer la réglementation dans le secteur des VTC. Est-ce que vous demandez aujourd'hui à Emmanuel Macron de s'expliquer sur ce sujet ?
C'est le moins qu'il puisse faire. Il paraît que le président de la République est intouchable. On ne peut pas faire de commission d'enquête mais le minimum c'est qu'il explique ce qu'il a fait et comment il a contribué à non seulement faire en sorte que Uber s'implante en France mais grâce à une loi qui s'appelle la loi Macron, découdre une partie du code du travail pour favoriser ce type d'activité et notamment les conséquences sociales sur les salariés.
Alain Vidalis, l'ancien ministre des Transports dans le même gouvernement qu'Emmanuel Macron à l'époque, affirme lui qu'il tombe des nus et il réclame des éclaircissements. Pas forcément une enquête, ça pourrait passer par quoi selon vous ?
Moi je ne suis pas un spécialiste des procédures parlementaires, mais il y a besoin que le président de la République s'explique, ou en tout cas qu'on ait peut-être une enquête parlementaire. Alors sous quelle forme je ne sais pas. Mais là aussi ça paraît bizarre que dans un gouvernement, un seul homme décide à la place de tous et à l'insu de leur plein gré, comme disait quelqu'un.
Il était manifestement le seul, en tout cas pro-Uber, si j'ose dire.
Oui, mais ça pose des questions démocratiques. Que dans un gouvernement, un seul ministre fasse des choses sans que ses collègues, y compris qui sont en charge de ces questions, ne soient au courant.
Jean-Jean Berthoudis. Alors cet épisode vient s'ajouter à un climat social déjà inflammable. Est-ce que c'est le genre d'interrogation ou de séquence, on va dire, qui peut encore crisper le dialogue social ?
Il est très crispé le dialogue social. D'ailleurs à travers cet exemple, on voit qui sont les partenaires d'Emmanuel Macron. C'est-à-dire les grands patrons, pas les petits, les grands. Et puis les syndicats qui comptent peanuts. Donc ça démontre une nouvelle fois que son surnom de président des ultra-riches n'est pas usurpé. Et puis qu'il y a besoin de plus de transparence dans les prises de décisions au plus haut niveau de l'État.
Dans l'immédiat quand même, est-ce que Philippe Martinez, vous pouvez rassurer les Français, du moins ceux qui partent en vacances, est-ce qu'ils vont pouvoir prendre le train et prendre l'avion sans grève à répétition cet été ?
Écoutez, j'ai pris le train hier. Les problèmes, ils n'étaient pas liés à la grève. Ils étaient liés au manque de personnel à la SNCF. Et ça génère des retards considérables. Voilà, ça c'est un vrai problème. Et donc il faut répondre aux revendications des cheminots en matière d'emploi et de salaire. 1,4% d'augmentation générale de salaire alors que les cheminots n'ont pas eu d'augmentation depuis 8 ans. Je pense que ça mérite d'autres réponses sociales.
Vous d'ailleurs, votre objectif, l'objectif de la CGT, c'est une augmentation à hauteur de l'inflation de 6% à la SNCF et dans toutes les entreprises ?
Ou plus. Parce que quand le salaire a été gelé pendant 8 ans, 12 ans chez les fonctionnaires, il y a l'inflation de l'année et puis il y a le retard des années précédentes. Et nous, on dit que la seule façon de lutter contre la vie chère, d'améliorer le pouvoir d'achat, c'est d'augmenter les salaires. C'est pas en donnant des primes une fois de temps en temps, ça met du beurre dans les épinards, mais ça ne règle pas les problèmes de fond. Ce n'est pas en supprimant la redevance audiovisuelle, c'est-à-dire de piquer aux uns pour donner aux autres, qu'on va régler les problèmes. La seule façon d'améliorer le pouvoir d'achat, c'est une augmentation des salaires.
Mais au-delà de l'inflation, si je vous entends bien.
Le retard accumulé, il faut le rattraper. Dans toutes les entreprises, il y a eu un décalage entre les augmentations de salaires, l'inflation et notamment l'inflation sur les produits de première nécessité.
Mais sur l'exemple de la SNCF, la direction dit déjà que la facture d'énergie est telle qu'on risque d'augmenter le prix des billets l'an prochain. Si en plus, il faut augmenter les salariés au-delà de l'inflation, est-ce que ça ne risque pas d'être le client qui paye ?
Ça, c'est une vieille rengaine. Quand c'est l'énergie, c'est l'énergie, c'est les conditions climatiques, c'est je ne sais quoi. La SNCF, on va voir les résultats, mais doit annoncer des résultats positifs. Et ils ont fait beaucoup d'économies sur le dos des salariés. Il faut rééquilibrer tout ça.
La SNCF a les moyens de redistribuer une partie de ses profits aux salariés, y compris malgré la hausse des prix de l'énergie.
Mais évidemment, évidemment, évidemment. Mais surtout, il faut améliorer le service aux usagers. Je vous ai dit, hier j'ai pris le train, les retards, ce n'était pas à cause des grèves, c'était par manque de personnel.
Alors, Philippe Martinez, vous placez effectivement l'augmentation des salaires dans les entreprises au cœur de l'objectif et de la stratégie de la CGT. Vous appelez d'ores et déjà à une journée interprofessionnelle de grève à la rentrée, le 29 septembre prochain, sans attendre d'ailleurs une réunion intersyndicale aujourd'hui, qui réunit l'ensemble des confédérations syndicales de salariés sur le pouvoir d'achat. Est-ce que vous appelez aussi à participer à la marche contre la vie chère que souhaite organiser Jean-Luc Mélenchon à la rentrée ?
Alors, il y a plusieurs choses. Premièrement, on a attendu, vous voyez qu'on est plutôt optimiste, on a entendu le discours de politique générale de la Première Ministre au cas où, et vu les annonces qu'elle a faites, notamment la poursuite de l'idée d'allonger l'âge de la retraite, qui est quand même rejetée par une majorité française, on a proposé d'avoir une journée d'action, deux d'ailleurs. Il y en a une le 29 septembre, mais le 22 septembre, il y a autour des personnels soignants qui vont être mobilisés, nous pensons qu'il y a besoin que la population aussi se manifeste pour le droit et l'accès à la santé.
Il y a aussi cette marche contre la vie chère, donc, du leader insoumis Jean-Luc Mélenchon.
C'est fini, parce qu'il y avait trois questions en une. La deuxième, c'était, il y a eu des intersyndicales. Nous, nous considérons qu'on ne pouvait pas attendre plus longtemps, parce que c'est le départ en congé, il y a besoin d'avoir des perspectives pour la rentrée, mais effectivement, il y a une nouvelle réunion intersyndicale, et il est possible que d'autres organisations syndicales, sous une forme ou sous une autre, rejoignent cette idée du besoin de se mobiliser.
Je le répète, la première réunion intersyndicale a eu lieu avant le discours de la première ministre, et le fait qu'elle annonce, fidèle à ce que dit le président de la République, il faut travailler plus longtemps, j'espère que ça va en énerver plus d'un. Notamment la CFDT ? La troisième chose, donc, les mobilisations sociales, me semble-t-il, sont du ressort des organisations syndicales. Ça fait très longtemps que c'est comme ça, et que des formations politiques soutiennent les mobilisations sociales, il y en a besoin, mais il ne faut pas de mélange des genres.
Pas l'inverse, c'est-à-dire que Jean-Luc Mélenchon appelle à une...
Pas de mélange des genres, donc pas l'inverse.
Donc à lui de vous rejoindre le 29 septembre, pas l'inverse. Merci Philippe Martinez, vous restez avec nous, on va parler justement du dossier des retraites dans un instant. D'abord le fil info, 9h moins 20, voici Diane Ferschit. Les investissements étrangers en France au cœur du sommet Choose Friends à Versailles ce lundi et une usine de semi-conducteurs va avoir le jour en Isère un projet du franco-italien ST Microelectronics et de l'américain Global Fundries, 5,7 milliards d'euros d'investissement selon le gouvernement et un millier d'emplois à la clé.
En cette période de départ en vacances et dans le contexte de l'inflation, le nouveau ministre des Transports Clément Beaune demande dans le Parisien aujourd'hui en France aux sociétés d'autoroutes qu'elles fassent un geste alors que depuis le début de l'année dernière, leurs tarifs ont augmenté de 2% en moyenne. Faute du soutien du RN et des Républicains, la motion de censure contre le gouvernement déposée par la NUP a peu de chances d'être adoptée. Elle sera soumise au vote des députés à 16h cet après-midi. L'Assemblée nationale qui s'apprête aussi à se prononcer sur le projet de loi sanitaire. Le préfet de police de Paris, Didier Lallement, quittera son poste le 20 juillet.
Cela fait 3 ans qu'il occupait ses fonctions. Les résultats des tests Covid des coureurs du Tour de France seront dévoilés demain matin. Après la journée de repos, tous ont été testés. Trois cyclistes testés positifs sont d'ores et déjà écartés de la course, dont le français Guillaume Martin. France Info Le 8.30 France Info, Laurin Sénéchal, Jean-Jérôme Bertolus.
Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, est toujours notre invité ce matin. Alors, il y a été beaucoup question de pénurie de main-d'oeuvre ce week-end aux rencontres économiques d'Aix. Et notamment, ça a été effectivement souligné par le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire. Est-ce que vous craignez que la réforme de l'assurance chômage, que vous aviez beaucoup critiqué en son temps, qui est rentrée en vigueur il y a un an, soit encore durcie à la rentrée ?
Oui, oui, oui. C'est un objectif du gouvernement. Parce que le gouvernement et le président de la République sont obnubilés par les chiffres, les statistiques, sans prendre en compte du chômage et sans prendre en compte la réalité de ce que vivent les chômeurs. Donc, leur idée, leur objectif, c'est de réduire les indemnités pour les chômeurs, dont, il faut le préciser, seul un sur deux en touche. Un sur deux en touche, pour les obliger à prendre n'importe quel boulot, quel que soit le salaire, quelles que soient les conditions de travail. C'est comme ça qu'on retrouve des privés d'emploi qui font des petits boulots, payer 600 ou 700 euros par mois. On ne peut pas vivre avec ça.
Donc, oui, c'est un objectif. Comment vous expliquez, vous, Philippe Martinez, à la CGT, qu'il y a plus de 7% de chômage et que, pourtant, des secteurs entiers, vous parliez de la SNCF, mais il y a la restauration, l'enseignement, partout. On manque de main-d'oeuvre. Comment vous l'expliquez ?
Il y a plusieurs choses. Premièrement, les salaires. Les salaires, l'attractivité des métiers, toutes les enquêtes, le monde, c'est d'abord être payé à sa juste qualification. C'est pour ça que nous combattons l'idée que vaut mieux prendre un petit boulot que pas de boulot du tout.
Oui, ça, donc ça veut dire que les demandeurs d'emploi préfèrent rester au chômage
que de prendre un travail. Je ne dirais pas ça comme ça. Parce que préférer rester au chômage, c'est un peu limite. C'est le choix qu'ils font, en tout cas. Je vous dis qu'il y a un chômeur sur deux qui ne touche rien. Rester au chômage pour ne rien toucher, vivre dans la galère, ne pas pouvoir manger, ce n'est pas un choix de vie. Pourquoi ces chômeurs-là ne se dirigent pas vers... Il y en a qui font des petits boulots. Mais il y a une partie qui a l'attractivité au niveau salaire, des conditions de travail, des horaires. Tous ceux qu'on a licenciés pendant la période Covid au nom d'une crise qui allait durer longtemps, ils sont partis faire autre chose.
C'est le cas dans les hôtels, cafés, restaurants. C'est pour ça qu'il y a une pénurie. Donc il faut revoir tout ça. Il faut revoir tout ça. Et malheureusement, la stratégie du gouvernement, c'est de dire « Ceux sont des feignants, ils ne veulent pas bosser ». C'est un peu plus compliqué que ça et c'est un peu dégradant pour ces citoyens.
Mais quand on vous a entendu sur le climat social, il y a quelques minutes, quand on note votre appréhension, en tout cas sur une possible nouvelle réforme de l'assurance chômage, est-ce que vous êtes d'accord avec Laurent Berger qui, sans même évoquer cette réforme de l'assurance chômage, j'expliquais dans le quotidien Libération la semaine dernière que, effectivement, si le gouvernement annonce à la rentrée le report de l'âge légal du départ à la retraite, alors ce sera le chaos social. Si Laurent Berger le dit, je m'en félicite. Mais est-ce qu'effectivement, une réforme de l'assurance chômage peut conduire au chaos social ?
En tout cas, j'espère une très grande mobilisation sociale. Il y a plein d'incendies en ce moment, et je mets ça entre guillemets sociaux. Il y a beaucoup de grèves dans les entreprises autour de la question des salaires. Mais il y a besoin d'élargir ces mobilisations. Et oui, un président de la République qui est contre l'avis très majoritaire des Français continue à dire qu'il faut travailler plus longtemps. Oui, nous, on pense qu'il n'y a pas un risque, un besoin d'explosion sociale.
Un besoin. Et quand Elisabeth Borne, lors de son discours de politique générale, prend le soin de dire que vous, les syndicats, vous serez écoutés avec beaucoup d'attention par le gouvernement lors de la mise en œuvre de cette réforme, de cette négociation sur la réforme des retraites, vous êtes rassurés ? Vous participerez à ces négociations ou pas ?
Premièrement, j'ai entendu ça depuis 5 ans des dizaines de fois. Il y a déjà eu une précédente tentative de réforme des retraites. Vous vous en rappelez ? C'était à deux doigts de passer. Enfin, c'était à pas de doigts du tout qu'il y a eu une des plus grandes mobilisations de ces 20 dernières années. Vous vous en souvenez ? Et pourtant, on nous a dit concertation. Ça a duré un an. Plus d'un an. Donc, la concertation, ça ne veut rien dire. C'est soit on vous invite autour d'une table, vous parlez, et puis dès que vous repartez, le gouvernement continue à faire ce qu'il a décidé, soit on écoute et on entend. Donc, si c'est pour rallonger l'âge de la retraite, nous n'irons pas discuter.
Donc, pas question, pour la CGT, d'un longgement, enfin, du nombre de trimestres, pas question d'un report de l'âge légal. Ni l'âge, ni la durée de cotisation.
Donc, il n'y a rien à discuter, finalement. Ah si, il y a plein de choses à discuter. Ah si, si. D'ailleurs, on sait ce qu'on avait commencé à proposer lors de la pression de retraite. Les exonérations de cotisation sociale, à quoi elles servent ? A quoi elles servent ? Uber, par exemple, qui ne paye pas de cotisation sociale. Voilà. Ça, c'est un vrai sujet pour alimenter les caisses de la sécurité sociale. Pourquoi, après 55 ans, presque un senior sur deux n'est plus au travail ? Voilà un vrai sujet. Voilà un vrai sujet. C'est-à-dire qu'on va allonger l'âge de la retraite, tout en sachant que près de la moitié de ceux qui arrivent à la proche de la retraite ne sont plus au boulot.
Voilà des sujets. Dont il faut discuter.
Il faut aussi financer la cinquième branche de la sécu, celle de la dépendance. C'est ce que dit en tout cas le gouvernement. Et c'est ce qui justifie de devoir prendre des mesures d'économie. Vous l'entendez cet argument ?
Premièrement, le gouvernement fait volontairement une confusion entre l'impôt et la cotisation. Vous voyez ? Les impôts, c'est une chose. Les cotisations sociales, c'est ce qu'on paye, nous les salariés, à travers notre salaire brut. Les employeurs ont beaucoup d'exonérations et notamment les grandes entreprises. Donc il faut, si on veut, améliorer les prestations sociales à travers la sécurité sociale, c'est la santé, c'est ce qui finance les hôpitaux, les personnels soignants, la retraite, le chômage. Et bientôt la dépendance. Et il faut, nous on pense que la dépendance, elle doit être inclue dans le système de santé, dans la branche santé de la sécurité.
Il n'y a pas besoin de créer autre chose. Parce que sinon on va nous inventer, y compris encore des impôts. Peut-être que la redevance servira, on nous dira que ça va servir à financer la dépendance. Vous savez, il y avait eu l'histoire de la Pentecôte, vous vous rappelez ?
Oui. Ça n'a pas amélioré.
Le jour de solidarité. Ça n'a pas amélioré grand chose. Donc il faut réfléchir sur le mode de financement, améliorer le mode de financement. Et là on a des pistes.
Mais tout de même, même si on mettait la dépendance dans la branche maladie de la Sécu, il faudrait la financer. C'est ce que je vous dis. C'est toute la question du... C'est ce que je vous dis.
L'exonération de cotisation... Ça suffit. À quoi elle serve ? À quoi elle serve ? Mais ça suffirait. Ça aiderait beaucoup. Ça aiderait beaucoup. Je vous rappelle que jusqu'à 1,6 fois le SMIC, il y a des exonérations de cotisation. D'ailleurs, qu'est-ce que ça a pour conséquence ? C'est que le patronat ne préfère pas augmenter les salaires, pour ne pas franchir ce seuil et continuer à bénéficier d'exonérations. Donc vous voyez, il y a tout à repenser. Il n'y a pas besoin d'allonger l'âge de la retraite.
Philippe Martinez, on va parler avec vous dans un instant du bouclier tarifaire qui, à partir de l'an prochain, va évoluer. Et les premières pistes ont été dessinées ce week-end par le gouvernement. Juste après le fil info, 8h50, voici Diane Ferchit. L'implantation d'Uber en France a été facilitée par Emmanuel Macron quand il était à Bercy. C'est ce qui ressort de l'enquête du Consortium International des Journalistes dont fait partie la cellule investigation de Radio France des documents internes. Uber révèle l'existence d'échanges de SMS entre la société et l'actuel chef de l'État. Enquête à retrouver sur notre site internet franceinfo.fr. 5,7 milliards d'euros.
L'investissement en France du franco-italien ST Electronics et de l'américain Global Fundries. Ils vont créer une usine de semi-conducteurs sur le sol français. Ce sera sur le site de Kroll en Isère. Ils prévoient la création d'un millier d'emplois. Risques de canicule le week-end prochain avec une nouvelle vague de chaleur sur la France qui commence dès aujourd'hui dans le sud-ouest. 39 degrés attendus à Mont-de-Marsan jusqu'à 37 aussi à Toulouse aujourd'hui. Nos étudiants ne vont pas bien. C'est ce qui ressort de l'étude CSA pour la LMDE, la mutuelle étudiante. 7 jeunes interrogés sur 10 se disent en situation de mal-être.
Plus inquiétant encore, un tiers d'entre eux affirment avoir des pensées suicidaires. 36% au total, soit 6 points de plus qu'avant la crise du Covid. France Info. Le 8.30 France Info. Laurin Sénéchal. Jean-Jérôme Bertolus. Toujours avec Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT. Le bouclier énergétique sera prolongé jusqu'à la fin de l'année. C'est en tout cas l'objectif. Ensuite, les mesures sont ciblées, c'est ce qu'a commencé à expliquer le gouvernement, sur les ménages les plus modestes qui vont continuer à bénéficier d'aide. Autrement dit, les plus riches paieront plus, précise Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie.
Vous dites tant mieux finalement, c'est une forme de solidarité ?
Non, je pense qu'il faut revoir tout ce qui concerne les taxes autour de l'énergie. Il y a différentes. Il y a le pétrole, c'est une chose. Il y a l'électricité, c'est autre chose. Donc oui, une baisse de la TVA par exemple sur les produits de première nécessité dont fait partie l'énergie, c'est une solution que nous proposons. Parce que s'il y a un impôt injuste, c'est la TVA. Qui touche tout le monde. Qui touche tout le monde, mais évidemment qui touche plus ceux qui ont des petits revenus que ceux qui ont des très gros revenus.
Mais vous êtes sûr que s'il y a une baisse de la TVA, elle sera répercutée ? Parce que parfois on baisse les taxes et ce sont les entreprises qui augmentent leurs marges tout simplement.
Il faut contrôler ce que font les entreprises, que ce soit en matière de marge. Et là, il y a besoin de contrôle. Mais on a donné beaucoup, beaucoup d'argent pendant le confinement aux entreprises sans contrôle. Sans contrôle. Et d'ailleurs, elles ont continué à licencier. Parfois, elles se sont servies de l'argent public pour supprimer des emplois. Donc oui, il y a besoin de contrôle sur les marges des entreprises, les grandes. Sur les aides publiques.
Ce bouclier énergétique, il coûte 14 milliards d'euros pour l'instant. Donc il coûte cher. La Russie est en train, elle, de réduire ses exportations de gaz vers l'Europe. Le risque, ce serait même que la Russie nous coupe le robinet. C'est le risque en tout cas que craint le gouvernement. La seule solution, c'est que chacun fasse des économies d'énergie. C'est ce que demande de manière répétée Agnès Pannier-Runacher, par exemple.
Oui, mais on culpabilise toujours, toujours les citoyens. Vous croyez que ceux qui dorment dans la rue, ils vont faire de la sobriété énergétique ? Parce que c'est ça, le fond. S'il y a un problème, c'est de la faute des citoyens. Alors évidemment, il faut peut-être revoir la consommation. Mais déjà, il faut pouvoir consommer pour pouvoir mieux consommer. Et puis, il y a plutôt besoin de revoir, par exemple, ce qu'a donné l'ouverture du marché d'électricité. Puisque EDF est lourdement pénalisé. Et vous parliez des marges. C'est surtout les entreprises privées d'électricité qui continuent à avoir des marges importantes.
Parce qu'EDF est obligé par l'État de vendre à tarifs préférentiels l'énergie à ses concurrents privés.
Et eux font des marges. Là, il y a besoin de vérifier les marges qu'elles font.
Et alors précisément, Philippe Martinez, ce week-end, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a expliqué que la priorité pour le gouvernement, c'était de reprendre la main sur EDF. Vous vous félicitez de cette montée en puissance de l'État dans EDF, même s'il a déjà 84% ?
M. Le Maire, avant d'être renommé ministre de l'Économie, parlait déjà de ça, dans le cadre du projet Hercule. Oui. D'un mot, peut-être, le projet Hercule, c'est donc de saucissonner, en quelque sorte, l'ODF. Voilà. Donc c'était de couper en tranches, c'est le cas de le dire, une entreprise. C'est-à-dire casser la cohérence de l'entreprise. Et donc si c'est ça, une entreprise à 100% pour l'État, c'est-à-dire où, en globalement, l'État garderait que le nucléaire, nous, nous sommes contre.
Vous le craignez, c'est-à-dire que l'État, effectivement, compte tenu des investissements faramineux, si on souhaite poursuivre et développer le nucléaire qu'il faut dans cette branche, est-ce que vous craignez, effectivement, que l'État, en fait, oui, nationalise le nucléaire et mette les énergies renouvelables en bourse ? C'est pas une crainte. C'était le projet Hercule.
C'était. C'était le projet Hercule. C'était abandonné. Oui. À ce stade. Et entre parenthèses, donc si la nouvelle formule du 100% État de l'entreprise, c'est ça, nous sommes contre, nous étions contre avant. Donc, au-delà de la nationalisation, qui est quelque chose qui est pour, peut-être, pour montrer leur côté gauche, c'est quelle entreprise, quelle cohérence de l'entreprise ? Mais justement, justement. Et puis, quel statut de l'entreprise ? Oui, mais alors, répondez à toutes ces questions.
Par exemple, effectivement, l'État attend une nouvelle direction opérationnelle de l'entreprise EDF, après la démission de Jean-Bernard Lévy, dès la rentrée. Pour vous, quel doit être le profil du futur patron d'EDF ? Et quels doivent être les chantiers un petit peu prioritaires ?
Je veux dire, le sujet, c'est pas le profil du nouveau patron. C'est quel projet pour l'entreprise ? Donc, je vous ai dit, une entreprise cohérente, nucléaire, énergie renouvelable, et puis tout ce qui concerne les barrages hydroélectriques. La distribution, il faut en parler, la distribution. Et puis, quel statut de l'entreprise ? Et quel statut du personnel ? C'est ça, un projet d'entreprise. Après, on met un homme ou une femme pour mener à bien ce projet. Mais c'est d'abord le projet de l'entreprise qui nous importe.
Mais vous, vous êtes pour, effectivement, la création de nouveaux EPR. Vous appuyez le développement de la filiale nucléaire. D'ailleurs, Fessenheim, vous trouvez qu'il faudrait, compte tenu de ce que l'on a dit sur les difficultés en matière d'énergie, aujourd'hui, de la France, et qui peuvent être accrues par la fermeture du robinet du gaz, vous pensez qu'il serait temps, par exemple, de poursuivre l'activité de Fessenheim ou pas ?
C'était une bêtise de fermer. Mais, moi, ce qui m'inquiète le plus, et j'ai l'occasion de rencontrer des ingénieurs et des techniciens de l'énergie nucléaire, c'est que, là aussi, on manque de moyens humains pour, je ne sais plus combien il y a de tranches de fermer, pour faire de la prévention, pour éviter qu'on en arrive à cette situation. On a externalisé des savoir-faire, on a supprimé des emplois. Voilà un vrai sujet dans le cadre d'une entreprise cohérente et nationalisée avec un statut. 26 réacteurs fermés sur 56.
Oui, parce que, plutôt que de faire de la maintenance de façon régulière, plutôt que d'avoir gardé des savoir-faire, on a externalisé, on attend le dernier moment, vous voyez, le dernier moment, on se retrouve dans cette situation. C'est grave, c'est grave. Et pourtant, les salariés d'EDF, depuis des années, disent attention, attention. Philippe Martinez, merci beaucoup. Merci à vous.
Secrétaire général de la CGT, invité de France Info ce matin.