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Podcast / conversationPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 9 mars 2026 88 minComplaisantActualité / polémiqueDéfenseInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesEurope & international

Bonjour chez vous ! du 9 mars 2026

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 12 %Attaque 32 %Défensif 57 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 4:58OuverteRéponse directe

    Quelle est la situation ce matin à Beyrouth ?

  • 7:53OuverteRéponse directe

    Quel est le sentiment global de la population libanaise vis-à-vis du Hezbollah ?

  • 11:10OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'aujourd'hui, il y a le sentiment dans la population que le Hezbollah n'agit pas au service des Libanais, mais au service de son parrain iranien ?

  • 13:11OuverteRéponse directe

    Est-ce que le gouvernement libanais a manqué d'autorité pour pousser le Hezbollah au désarmement ?

  • 15:39OuverteRéponse directe

    Est-ce que l'aide humanitaire envoyée par la France est suffisante ? Ou la France peut et doit faire plus ?

  • 21:48OuverteRéponse directe

    Quelles sont les conséquences économiques de ce conflit qui touche le Liban ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:25InvitéFait
    « Dès l'élection du nouveau guide suprême, Israël a annoncé mener de nouvelles frappes contre les infrastructures du régime iranien et contre les positions du Hezbollah au Liban. »
  • 2:57InvitéFait
    « Les États-Unis peuvent continuer la guerre pendant six mois, précisant que les missiles les plus avancés, ceux construits au cours des dix dernières années, n'ont pas encore été utilisés. »
  • 4:04InvitéChiffre
    « Sébastien Lecornu a annoncé 500 contrôles en trois jours de la répression des fraudes. »
  • 4:15InvitéChiffre
    « 200 000 personnes ont manifesté hier dans toute la France pour la journée internationale des droits des femmes. »
  • 5:14InvitéChiffre
    « En une semaine, jour pour jour, on parle d'au moins 400 morts, donc 83 enfants, 42 femmes, un demi-million de déplacés déjà, et puis plus d'un millier de blessés. »
  • 8:29InvitéFait
    « Le Hezbollah était attaché au parti chiite à Mal. »
  • 11:25InvitéFait
    « Cette entrée en guerre-là, ça n'est rien d'autre que ça. C'est-à-dire que cette entrée en guerre-là ne s'est faite qu'au nom de la mort de l'ayatollah Khamenei en Iran. »
  • 12:53InvitéFait
    « Il a quand même déclaré et mis en place avec son gouvernement la volonté de désarmer le Hezbollah. »
  • 13:03InvitéFait
    « Il vient de déclarer que le Hezbollah était persona non grata et qu'on ne devait plus avoir une seule arme au Hezbollah. »
  • 15:41InvitéFait
    « La France a toujours fait beaucoup à un côté du Libanais. »
  • 17:47InvitéChiffre
    « Le PIB du pays est tombé de 55 milliards à 35 milliards, donc une baisse de plus de 40 %. »
  • 17:55InvitéChiffre
    « On a un niveau de pauvreté qui était monté à plus de 80 % de la population libanaise qui vit avec moins que 5 dollars par jour. »
  • 21:50InvitéChiffre
    « Après dix jours de guerre, le prix moyen du litre de gazole en France s'élève à deux euros. C'est une hausse de 25 centimes d'euros en une semaine. »
  • 21:59InvitéChiffre
    « Le litre de 100 plombs 95, lui, a augmenté de 10 centimes et s'élève en moyenne à 1,85 euro. »
  • 35:06InvitéFait
    « il incarne pour des gens qui avaient subi à l'époque la politique répressive de son père »
  • 35:10InvitéFait
    « La population iranienne elle est extrêmement jeune »
  • 35:24InvitéFait
    « cette personnalité qui jusqu'à présent en tout cas en exil effectivement aux Etats-Unis a toujours proposé la démocratie l'ouverture et puis l'égalité homme-femme et bien évidemment la chute de ce régime »
  • 35:32InvitéFait
    « est honi de la quasi-totalité de la population »
  • 40:40InvitéChiffre
    « Je pense qu'il n'est pas encore atteint parce que vous avez ces fameux 400 kilos peut-être 450 kilos selon les sources d'uranium enrichi »
  • 41:44InvitéFait
    « les iraniens prétendent qu'ils peuvent tenir et qu'ils pourraient tenir une guerre de haute intensité avec drones missiles pendant au moins 6 mois »
  • 42:00InvitéChiffre
    « il y avait entre 2000 et 3000 engins balistiques iraniens »
  • 43:27InvitéFait
    « les mid-terms arrivent bientôt »
  • 43:46InvitéPromesse
    « Trump avait promis au début de son premier mandat déjà qu'il ne ramènerait pas de soldats américains dans des cercueils sur des aérodromes militaires américains »
  • 43:57InvitéChiffre
    « on en est à 7 »
  • 44:35InvitéChiffre
    « le gallon a pris 20% en fait aux Etats-Unis »
  • 46:47InvitéFait
    « le Hezbollah avait été très durement frappé à la tête avec l'assassinat d'Assad Nasrallah »
  • 47:07InvitéFait
    « en décembre 2024 autrement dit il y a presque un an et demi donc quelques semaines après la chute du Hezbollah et pour cause la Syrie tombait »
  • 51:30InvitéFait
    « Emmanuel Macron a fait savoir hier qu'il avait appelé le président Trump et le président iranien ce dimanche »
  • 52:44InvitéFait
    « si les Émirats décidaient d'enclencher de demander à la France d'enclencher de faire jouer en quelque sorte son alliance militaire contraignante la France prendrait directement part à la guerre »

Temps de parole

  • Invité56 %
  • Présentateur14 %
  • Invité 214 %
  • Locuteur non identifié8 %
  • Invité 34 %

0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, très heureuse de vous retrouver pour cette nouvelle semaine. Deux grandes actualités au programme de cette émission. D'abord le conflit au Moyen-Orient, dixième jour, et l'Iran a un nouveau guide suprême. Mojtabar Raménaï succède à son père Israël, a d'ores et déjà annoncé qu'il serait une cible. Ce choix montre-t-il que le régime n'est pas anéanti. Quelles conséquences sur la suite du conflit dans une demi-heure ? On reçoit le géopolitologue Frédéric Ancel.

Un conflit qui a des répercussions au Liban, 500 000 déplacés, un désastre humanitaire. Ce profil, que peut faire la France pour aider les Libanais ? La sénatrice Christine Havard qui préside le groupe d'amitié France Liban au Sénat est avec nous. Bonjour. Et puis on sera également à Beyrouth dans quelques minutes avec Tatiana Krotov, journaliste à Lorient le jour. Bonjour Tatiana, on vous retrouve dans quelques instants. On reviendra également, Christine Havard avec vous, sur l'inquiétude des Français face à la hausse des prix à la pompe. Sébastien Lecornu annonce des contrôles. On en parle dans quelques instants. Et puis l'autre actualité, c'est bien sûr la campagne des municipales.

Dernière ligne droite, six jours avant le premier tour du scrutin. Vont-elles acter politiquement ces municipales ? La rupture entre le PS et la France insoumise ? Vont-elles montrer une porosité de l'électorat entre le RN et les Républicains ? On en parle dans une heure avec nos éditorialistes Yves Tréard et Elisabeth Martichoux. Et puis à la une de nos régions, on ira voir les enjeux à Bordeaux et à Lyon, deux villes détenues par les écologistes. Et puis on vous emmènera également au cœur de la campagne à Roubaix, dans le nord, où la France insoumise semble bien partie pour l'emporter. Voilà pour le programme. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous.

Et on commence avec les repères de l'actualité. Bonjour Alexandre Poussard.

1:56
Invité

Bonjour Ariane.

1:57
Présentateur

Et à la une de ce lundi 9 mars, l'Iran a donc un nouveau guide suprême.

2:00
Invité

Ramenei succède à Ramenei. Mojtaba Ramenei a pris la place de son père, qui on le rappelle avait été tué par les frappes américaines et israéliennes au début de cette guerre. Flora Sauvage. Au dixième jour de la guerre qui a embrasé le Moyen-Orient, le conflit s'enlise. Mojtaba Ramenei a succédé dimanche à son père, l'ayatollah Ali Ramenei, tué le 28 février dernier au début de la guerre lancée par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran. Dès l'élection du nouveau guide suprême, Israël a annoncé mener de nouvelles frappes contre les infrastructures du régime iranien et contre les positions du Hezbollah au Liban. Israël est déjà en état d'urgence depuis deux ans maintenant.

Nous devons faire preuve de persévérance et de patience. Cela prendra beaucoup de temps. C'est à cela que vous devez vous préparer. Et peu importe le temps que cela prendra, il faudra le prendre. Les Etats-Unis peuvent continuer la guerre pendant six mois, précisant que les missiles les plus avancés, ceux construits au cours des dix dernières années, n'ont pas encore été utilisés. Nos forces armées compétentes de la puissante République islamique sont au minimum pleinement prêtes, au même niveau d'activité, pour une guerre totale extrêmement intense d'une durée de six mois.

Bahreïn, le Koweït, le Qatar, les Émirats Arabes Unis et l'Arabie Saoudite font face lundi matin à de nouvelles attaques de missiles et de drones. Alors que le baril de pétrole frise les 120 dollars, Donald Trump affirme sur son réseau trousse social que la flambée des cours du pétrole est un tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité des Etats-Unis et du monde. Et puis Emmanuel Macron s'est entretenu hier avec le président américain Donald Trump, mais aussi avec le président iranien Massoud Pézechian, à qui il a demandé de cesser les frappes sur les pays voisins du Golfe et de permettre la réouverture du trafic maritime.

Le président français se rend aujourd'hui à Chypre en soutien à ce pays de l'Union Européenne qui a été visé par un tir iranien la semaine dernière qui ciblait une base britannique.

3:54
Présentateur

Et face à la hausse des prix du carburant, Sébastien Lecornu annonce des contrôles.

3:58
Invité

Oui, pour éviter que certaines stations-services ne pratiquent des hausses de prix abusives et profitent de la guerre, Sébastien Lecornu a annoncé 500 contrôles en trois jours de la répression des fraudes. 500 contrôles, c'est ce qui est normalement réalisé en six mois.

4:12
Présentateur

Et puis hier, des milliers de femmes ont manifesté dans toute la France.

4:15
Invité

200 000 personnes ont manifesté hier dans toute la France pour la journée internationale des droits des femmes. Gisèle Pellicot, victime et désormais figure de la lutte contre les voyances sexuelles, a participé au cortège parisien. On ne lâchera rien, a-t-elle lancé acclamé par la foule ?

4:31
Présentateur

Merci Alexandre et à tout de suite. On va revenir sur la hausse des prix à la pompe avec vous. Christine Lavarde, merci d'être avec nous. Sénatrice à l'ère des Hauts-de-Seine, président du groupe d'Amitié France-Liban au Sénat. Dix jours de conflits au Moyen-Orient. On va évidemment longuement y revenir et plus particulièrement sur cette situation au Liban où l'Ouest-Bola est ciblée par Israël dans le sud de Beyrouth. Et pour commencer, on va aller justement à Beyrouth. Bonjour Tatiana Krotov. Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes journaliste au service international de l'Orient le jour. Tatiana, quelle est la situation ce matin à Beyrouth ?

5:03
Invité

Ce matin, la situation à Beyrouth, elle est très morose. On est tous un petit peu toujours sous le choc des premiers chiffres révélés hier par les autorités libanaises. En une semaine, jour pour jour, on parle d'au moins 400 morts, donc 83 enfants, 42 femmes, un demi-million de déplacés déjà, et puis plus d'un millier de blessés. Donc oui, l'ambiance, elle est morose. Il y a plusieurs sentiments aussi qui s'entrechoquent parmi les Libanais ces derniers jours. Il y a évidemment de la colère, de la peur, de l'impuissance, une très grande impuissance.

La colère d'abord d'avoir été emportée il y a tout juste une semaine dans un conflit qui, pour beaucoup, si ce n'est la majorité des Libanais, n'est pas le leur. Donc il y a cette colère-là qui était sourde, très importante, et qui s'est doublée assez rapidement par une colère contre cette offensive israélienne qui s'est abattue et qui continue de déferler sur le pays depuis une semaine. Donc il y a tous ces sentiments qui sont mélangés. L'impuissance et la peur, parce que les Libanais ont compris aussi que les limites qui s'étaient fixées pendant la guerre de 2024 ont complètement explosé, ont complètement été dépassées, déjà là, par l'armée israélienne.

Rien que ce week-end, dans la nuit de samedi à dimanche, il y a un hôtel de l'ouest de la capitale qui a été bombardé, où se trouvaient énormément déplacés. Donc voilà, il y a cette peur qui s'est distillée partout, y compris au sein de la base du Hezbollah libanais.

6:36
Présentateur

Restez avec nous, Tatiana, Christine Lavarde, vous entendez. On imagine que vous avez également des contacts sur place qui révèlent les mêmes sentiments.

6:43
Invité

Sur place, en France, parce que toute la diaspora qui est présente en France essaie d'échanger quotidiennement avec la famille restée au Liban. Et c'est un très bon résumé, en fait, de ce que j'ai pu entendre qui vient d'être fait. Et finalement, les Libanais ont l'impression d'un éternel recommencement. C'est-à-dire qu'ils sont déplacés quand ils sont réinstallés et on les redéplace de nouveau. Il faut quand même se rappeler que c'est un pays qui est un tout petit pays. C'est la taille du département de la Gironde qui a déjà vu arriver des populations palestiniennes déplacées qui ont été installées. Donc il y a des camps dans le pays.

Il y a eu des populations syriennes qui avaient fui leur pays pendant la guerre qui s'étaient installées aussi, qui commençaient progressivement à repartir en Syrie désormais avec le renversement du régime politique. Et puis désormais, c'est un déplacement à l'intérieur du pays. Les populations du Sud qui fuient la zone de combat pour s'installer là où elles trouvent de la place avec tout ce qui se passe, des logements qui sont laissés vacants, qui se trouvent pillés. Enfin après, voilà, tout ce qui se passe pendant une guerre. Et peut-être que vous pourriez aussi nous dire aujourd'hui quel est le sentiment global de la population libanaise vis-à-vis du Hezbollah.

Il faut, pour peut-être nos spectateurs qui connaissent le système politique au Liban et pas du tout organisé comme en France. En fait, finalement, on est plus attaché à un parti politique qui reflète sa confession religieuse qu'à un mouvement d'idées. Il n'y a pas de droite, il n'y a pas de gauche. C'est-à-dire qu'on va être fidèle à un parti chrétien, à un parti musulman avec deux tendances, les sunnites et les chiites. Et puis après, il y a des religions plus petites, les druzes, les druzes orthodoxes. Et donc, le Hezbollah était attaché au parti chiite à Mal. C'est à la fois un parti politique et surtout une milice qui était très puissante.

Et là, moi, j'ai le sentiment de ce que je peux lire et entendre, que la population, même la population chiite, est en train de se désolidariser complètement du Hezbollah et qu'il ne reste plus que la partie militaire, très active encore, malheureusement trop active, mais qu'elle n'a plus un soutien dont elle pouvait bénéficier antérieurement dans une partie de la population et notamment la population chiite. Est-ce que vous confirmez ? C'est le sentiment, c'est comme ça que c'est retraduit à Paris ? Tatiana ?

Il y a eu, comme je vous disais, dès les premières heures de l'entrée en guerre, il y a eu une colère assez inédite parmi les Libanais, y compris parmi la base du Hezbollah, au sein de la population chiite, y compris au sein de Libanais qui n'étaient pas de confession chiite et qui ne sont pas, pardon, de confession chiite et qui soutenaient le parti milice, parce qu'il y en a un. Et cette colère-là, aujourd'hui, elle se traduit par une contradiction très importante, parce que, comme vous le disiez, ce parti milice, il a aussi une place très importante, surtout pour les habitants du sud du Liban, qui dépasse un petit peu l'aspect, que ce soit militaire ou guerrier.

C'était aussi un parti qui offrait des garanties sociales, etc. Donc, il y a une vraie contradiction, je trouve, qui révèle aussi la manière dont ce parti s'inscrit au Liban. Je pense à un exemple de témoignage qu'un de mes collègues a reçu ces derniers jours, d'un homme, un père de famille, qui est habitant de la banlieue sud, qui, au moment où la guerre a explosé, a également fait exploser sa colère contre le parti, dont il est partisan. Son discours, c'était un petit peu ce qu'on a pu entendre, c'est-à-dire que ce n'est pas la guerre du Liban, ce n'est pas la guerre des Libanais, aujourd'hui, on est fatigué, on n'a pas les moyens de rentrer dans une telle guerre.

Et puis, au fur et à mesure que les jours passaient, au fur et à mesure que l'offensive israélienne s'abattait sur Beyrouth, donc il a été déplacé au moment où toute la banlieue sud a été vidée. Il a mentionné son hésitation à descendre dans le sud où se trouvaient ses cousins pour se battre, pour rejoindre la lutte armée, comme il l'appelle. Et puis, il se trouvait également dans l'hôtel qui a été bombardé il y a deux jours, donc sa colère a réexplosé contre le parti milice et puis contre le parrain iranien, parce que, du coup, dans l'hôtel était visé un officiel iranien selon l'armée israélienne.

Donc, c'est vraiment cette contradiction-là, cette espèce de va-et-vient, c'est très compliqué, mais je trouve que cet exemple révèle bien un petit peu.

11:07
Présentateur

Est-ce qu'il y a le sentiment, Tatiana, pardon, mais Christine Lavard le rappelait, jusqu'à maintenant, le Hezbollah, il était soutenu par la majorité de la communauté chiite-libanaise. Est-ce qu'aujourd'hui, il y a le sentiment dans la population que le Hezbollah, il n'agit pas au service des Libanais, mais au service de son parrain iranien ?

11:24
Invité

C'est de plus en plus clair. Cette entrée en guerre-là, ça n'est rien d'autre que ça. C'est-à-dire que cette entrée en guerre-là ne s'est faite qu'au nom de la mort de l'ayatollah Khamenei en Iran. Donc, c'est quelque chose, pour le coup, qui n'est pas contesté. Cette guerre-là a été commencée pour une raison qui ne concerne pas directement le Liban, ni l'État libanais, ni le gouvernement libanais, ça c'est clair. – Ça va changer le rapport entre les Libanais et le Hezbollah ? – Je pense que le rapport entre les Libanais et le Hezbollah, il a déjà, enfin, pour une partie des Libanais, les Libanais ne se reconnaissaient pas du tout dans le Hezbollah.

Et effectivement, pour la population chiite, il restait le Hezbollah aussi comme, finalement, garant d'un certain système social. Parce qu'il faut aussi le rappeler, le Liban, ce n'est pas la France. L'État libanais est un État qui n'est absolument pas fort. Il n'y a pas de sécurité sociale. La plupart de l'enseignement scolaire est plutôt fait par des écoles privées que par des écoles publiques. Enfin, voilà, c'est un monde qui est très différent du monde que nous, on peut connaître. Mais je pense que ce qui est peut-être le plus dramatique, c'est que le Liban était vraiment en train d'engager un vrai processus de transformation, de reconstruction de ces institutions.

Il faut quand même rappeler qu'on a eu quasiment une vacance du poste présidentiel pendant deux ans. Le président Aoun est en poste depuis maintenant à un peu moins d'un an et demi. Il a quand même déclaré et mis en place avec son gouvernement la volonté de désarmer le Hezbollah. Alors, ça ne va pas assez vite pour ceux qui voudraient que le Hezbollah n'existe plus. Mais il y avait quand même, c'était la première fois. Et là, récemment, il vient de déclarer que le Hezbollah était persona non grata et qu'on ne devait plus avoir une seule arme au Hezbollah. C'est un message très fort.

13:10
Présentateur

C'est vrai que les messages ont été forts. Mais est-ce que le gouvernement libanais, l'État libanais a un peu manqué d'autorité,

13:15
Invité

de fermeté pour pousser le Hezbollah au désarmement ? En fait, c'est facile de dire ça quand on a, comme en France, un État qui est fort, qui existe. Il faut rappeler quand même aussi que le fonctionnement même du gouvernement libanais, dans le gouvernement libanais, on a deux ministres qui appartiennent au Hezbollah parce que c'est comme ça, parce qu'il y a une répartition des pouvoirs. On a un président de la République qui doit être chrétien. On doit avoir un premier ministre qui doit être sunnite. On a un président de l'Assemblée nationale qui est chiite. Et ensuite, à l'intérieur du gouvernement, on doit avoir une représentation de toutes les confessions religieuses.

Donc c'est comme ça qu'on arrive à avoir des ministres, finalement, qui appartiennent au parti Hezbollah, dans un gouvernement où on a aussi des ministres maronites, des ministres sunnites. Donc le fait que le gouvernement soit capable de dire que le président de la République soit capable d'envoyer ce message que désormais le Hezbollah ne doit plus avoir une seule arme, c'est vraiment un message très très fort. Parce que pendant très longtemps, finalement, le Hezbollah était plus fort que les Fâles, les forces de l'armée libanaises, qui là encore sont quelque chose qu'on ne connaît pas en France. C'est une armée qui est ce qui fonde peut-être la société libanaise.

Parce que dans cette armée, on a aussi des chefs qui représentent toutes les confessions religieuses. Et c'est ce qui creuse, enfin c'est le creuset de la société libanaise, c'est l'armée. D'ailleurs, c'est la raison pour laquelle la France avait décidé, et ça a été ajourné, d'avoir une conférence internationale de soutien à l'armée libanaise, qui devait être le bras armé du désarmement du Hezbollah, qui devait se tenir le 5 mars, qui a été annulée du fait des événements.

Mais parce que c'est bien en confortant l'armée, et la France aussi a un rôle très important dans le soutien au système éducatif, qu'on permettra à la société libanaise de continuer à exister, parce que ce qu'on ne dit peut-être pas assez, c'est que c'est quand même une société qui a en elle des ressorts pour pouvoir survivre. C'est une population qui est extrêmement bien formée, et qui d'ailleurs après arrive à s'aimer. Enfin, je pense qu'on le voit partout, les Libanais qui sont expatriés, quels que soient les pays du monde, font rayonner en fait leur pays. Il est important aussi qu'ils restent au Liban. Et voilà, la France a un soutien très fort.

15:27
Présentateur

Mais justement, pour parler de la France, le Premier ministre libanais met en garde contre un désastre humanitaire. On parle ce matin d'un demi-million de déplacés. Emmanuel Macron a envoyé une aide humanitaire, plusieurs tonnes de médicaments. Est-ce que c'est suffisant ? Ou est-ce que la France peut et doit faire plus ?

15:41
Invité

La France a toujours fait beaucoup à un côté du Libanais. Il faut quand même se souvenir qu'au lendemain de l'explosion du port de Beyrouth, il y a eu deux conférences internationales qui avaient été organisées par Paris. Et pour certaines, les fonds n'ont pas été débloqués, parce que c'était aussi conditionné justement à une remise un peu en ordre d'un État qui pouvait devenir un État où en fait finalement l'argent, l'aide, était vraiment distribué en fonction des besoins et pas en fonction des accointances politiques. Et jusqu'à présent, cette réforme n'avait pas encore été diligentée, organisée.

Et ce que j'observe, et ce que me disent aussi les Libanais qui vivent à Paris, c'est qu'il commençait à y avoir justement les sous-brosseaux de cette réorganisation d'un État qui devait se traduire là concrètement par des élections législatives qui devaient se tenir entre fin avril et début mai. Là, moi j'entends que certains demandent le report de ces élections alors de six mois en fait jusqu'à la fin du conflit de manière à ce qu'elles puissent être organisées de la bonne manière. Surtout qu'il y a la question de la diaspora qui est à l'étranger, qui pèse beaucoup dans le corps électoral libanais.

16:52
Présentateur

– On va remercier Tatiana, merci beaucoup Tatiana Krotov d'avoir été avec nous, journaliste au service international de l'Orient le jour et on va rester à Beyrouth. Bonjour Fouad Zmokol, merci d'être là, président du mouvement international des chefs d'entreprises libanais. Fouad Zmokol, est-ce qu'il y a déjà des conséquences économiques de ce conflit qui touche le Liban ?

17:13
Invité

– Bonjour, bonjour à tous. Écoutez, quelles questions faciles et difficiles en même temps, est-ce qu'il y a des conséquences ? Il n'y a que des conséquences dramatiques au niveau économique, monétaire, commerciaux. Vous savez que le Liban n'a pas encore pensé ses plaies de la plus grande crise économique et sociale qui a touché le Liban depuis octobre 2020. Par la suite, l'explosion du port de Beyrouth, par la suite, la même guerre, je dirais, de soutien de 2024. Et là, on se prend une autre guerre, une guerre des autres sur notre pays de plein fouet.

Donc, économiquement, malheureusement, il ne faut pas oublier qu'en chiffres, le PIB du pays est tombé de 55 milliards à 35 milliards, donc une baisse de plus de 40 %. On a un niveau de pauvreté qui était monté à plus de 80 % de la population libanaise qui vit avec moins que 5 dollars par jour, un taux de croissance très bas qui a voisiné les 3 %. Et là, on se reprend dans l'œil du cyclone dans une guerre des autres sur notre pays interminable et des coûts extrêmement forts sur la confiance. La confiance non seulement de l'investisseur étranger qui pèse extrêmement lourd au Liban, mais l'investisseur libanais. Donc, aujourd'hui, évidemment, on ne voit plus d'investissement.

On a beaucoup de pression sur la livre libanaise, évidemment, qui a perdu plus que 90 % de sa valeur déjà, mais aussi sur le dollar qui commence à être la monnaie forte et qu'on ne trouve plus vraiment sur le marché. Les entreprises sont peut-être à 10 % de travail, les écoles sont encore fermées, les universités travaillent en ligne. Donc, je peux vous dire que les conséquences économiques, monétaires et sociales sont dramatiques et le seront. Alors, le seront dans plusieurs scénarios. Ils le seront, évidemment, si le conflit se poursuit et nous sommes assez pessimistes et négatifs là-dessus, alors qu'on est d'habitude optimistes.

Et il faut vraiment dire que notre conflit, c'est vrai qu'il est carrément rattaché au conflit iranien avec une milice pro-iranienne, pour ne pas dire iranienne, sur notre pays. Mais même si le conflit en Iran se termine, j'espère au plus tôt, il faut dire que la guerre qui a été déclenchée par le Hezbollah et qui mène en compte que le Hezbollah ne s'arrêtera pas si cette milice reste armée sur le terrain. Donc, nous voyons ce conflit perdurer, je dirais, à moyen terme au moins. Et l'économie libanaise ne pourra pas faire face, ni les entreprises privées, d'un côté qui peine énormément, mais encore plus les entreprises publiques. Vous parlez du budget de l'État.

Il ne faut pas oublier que l'État avait mis des nouvelles taxes, il y a quelques semaines, des taxes sur l'essence, des taxes pour augmenter les salaires du secteur public, dont l'armée. Mais aujourd'hui, je pense que l'État n'a plus les moyens ni de financer son secteur public, ni le secteur privé. Et là, avec un baril qui avoisine les 120 dollars, le Liban est un pays importateur jusqu'à aujourd'hui, mais on ne pourra pas faire face. Christine Lavar. Non, mais ce que vous avez rappelé qui est très important, c'est la dépendance aujourd'hui de l'économie libanaise au dollar.

Moi, je l'ai vu la dernière fois que je suis allée au Liban, finalement, dans des restaurants où encore moins de deux ans avant on payait en livre libanaise, désormais, tous les prix, tout est en dollars et l'économie s'est complètement dollarisée. Ce qui a eu une conséquence positive, c'est que certaines personnes qui avaient immigré sont revenues au Liban parce que désormais, on leur versait un salaire en dollars qui leur permettait de maintenir, en quelque sorte, leur niveau de vie. Mais donc désormais, on a une économie qui est complètement dépendante de ce qui se passe sur l'évolution du cours du dollar.

Et là aussi, ce que vous disiez qui est très important, c'est qu'aujourd'hui, les écoles servent de lieu de refuge pour les populations déplacées. Donc de nouveau, on a un peu une mise à l'arrêt du système éducatif. Vraiment, je le disais tout à l'heure, le système éducatif est la chance du Liban. Aujourd'hui, on a un système qui marche, qui permet de former une population avec un très haut niveau de compétences. Je suis vraiment heureuse que la France joue un rôle très important dans ce secteur. Elle le fait aussi avec intérêt parce que les Libanais sont francophones pour une grande partie. Donc ça nous permet d'asseoir aussi nos liens avec cette zone.

Mais voilà, c'est deux éléments très importants et qui, depuis 2019, effectivement, le pays voit son économie. Quand elle commence à redémarrer un petit peu, il y a quelque chose qui retombe dessus. Malheureusement, il y a un péril. Et merci beaucoup.

21:32
Présentateur

Merci, Fouad Zmokol, d'avoir été avec nous depuis Beyrouth, président du mouvement international des chefs d'entreprises libanais, de nous avoir parlé de ses conséquences économiques pour le Liban. Conséquences économiques au Liban. Conséquences économiques en France où les prix du carburant sont à la hausse qui inquiète évidemment les Français. Alexandre, on va faire le point avec vous sur le sujet.

21:50
Invité

Oui, après dix jours de guerre, le prix moyen du litre de gazole en France s'élève à deux euros. C'est une hausse de 25 centimes d'euros en une semaine. Le litre de 100 plombs 95, lui, a augmenté de 10 centimes et s'élève en moyenne à 1,85 euro. Alors ça, ce sont les prix moyens. Mais dans certains territoires, dans certaines stations-service, les prix sont encore plus élevés. Et pour éviter des hausses de prix abusives de la part de certaines stations, le gouvernement a annoncé qu'il y aurait, à partir d'aujourd'hui, 500 contrôles de la répression des fraudes dans les stations essence sur les trois prochains jours.

22:25
Présentateur

Et face à cette hausse des prix de l'essence, l'opposition appelle le gouvernement à prendre des mesures.

22:29
Invité

Oui, la France insoumise appelle le gouvernement à bloquer les prix à la pompe. Et d'ailleurs, les députés LFI ont la semaine dernière déposé une proposition de loi en ce sens qui prévoit qu'en cas de crise internationale, il y ait la possibilité de geler les prix de l'énergie pour une durée maximale de trois mois. Du côté du Rassemblement national, eh bien, on demande la baisse des taxes de l'État sur le carburant, des taxes qui représentent 50% du prix à la pompe. Marine Le Pen, on le rappelle, défend de longue date une baisse de la TVA sur les carburants de 20% à 5,5%.

Une baisse de taxes qui est jugée inconcevable pour l'instant, a réagi la semaine dernière Maude Bréjean, la ministre en charge de l'énergie. Tout dépend de la durée de ce conflit au Moyen-Orient, estime de son comté François Hollande qui était l'invité du grand jury RTL Public Sénat hier. On l'écoute. À court terme, il n'y a pas besoin de mesures compensatoires ou de mesures fiscales dérogatoires, parce que si le conflit doit s'arrêter dans 15 jours, dans trois semaines, même dans un mois, tout ça est supportable. Ça n'empêche pas de soutenir les ménages les plus exposés, la précarité énergétique.

Mais si nous étions devant un conflit beaucoup plus long, alors ça serait des mesures beaucoup plus structurelles qu'il faudrait mettre en place, c'est-à-dire aller chercher des sources d'énergie différentes, sûrement avoir des prix qui devraient être à ce moment-là contrôlés. On le rappelle, un bouclier tarifaire avait été mis en place dès le début de la guerre en Ukraine en 2022 pour faire face à l'envolée des prix de l'énergie. Et ce bouclier tarifaire, il avait eu des conséquences assez fortes sur nos finances publiques, avec un coût au-delà de 100 milliards d'euros.

Christine Lavarde, pour l'instant, est-ce que c'est suffisant ces contrôles massifs annoncés par le Premier ministre Sébastien Lecornu pour éviter des hausses de prix abusives dans les stations-service ? Ça ne m'arrive pas tous les jours, mais je suis complètement d'accord avec ce qu'a dit François Hollande. Aujourd'hui, d'ailleurs, on peut s'étonner de voir une augmentation des prix à la pompe, alors même qu'on n'a pas fait venir un nouveau baril de pétrole. Aujourd'hui, on a des stocks importants qui vont jusqu'à 90 jours. Donc, ce qui est consommé aujourd'hui dans une station essence située en France, et en France déjà depuis un certain nombre de mois.

Donc, ce n'est pas du tout ce qui est coincé, ou les barils qui sont coincés au Moyen-Orient. Donc, effectivement, la question va se poser si le conflit dure. Alors, ce qu'on sait, c'est qu'il va y avoir des répercussions sur le commerce international, notamment sur le fret, puisqu'on le voit bien aujourd'hui, avec le fermeture du détroit d'Ormose, les bateaux sont obligés de prendre une route qui est plus longue. Il y a quasiment 10 jours de trajet maritime en plus. Donc, forcément, ça a une conséquence sur le coût d'acheminement qui se répercute ensuite sur le coût du baril.

On peut aussi imaginer que l'extraction va être rendue plus compliquée, puisque finalement, des pays qui ne sont pas partie prenante directement à ce conflit sont aussi touchés. Et comme les infrastructures pétrolières sont des infrastructures stratégiques, c'est celles qu'on vise dès qu'on veut fragiliser son ennemi, parce que c'est des sources, c'est des pétro-monarchies, des pétro... Voilà, c'est vraiment la source de rentrée de devises.

25:35
Présentateur

Mais juste, si l'essence qu'on prend aujourd'hui à la pompe est de l'essence qui était en France depuis plusieurs semaines,

25:41
Invité

ça veut dire que les augmentations de prix, constatées, c'est de l'abus ? Les contrôles qui vont être diligentés, là, sont tout à fait justifiés, parce qu'il y a quand même des stations... En plus, là, on parlait de chiffres moyens, mais effectivement, il y a des endroits où les augmentations sont beaucoup plus fortes. Donc, on joue sur le fait de dire, les prix vont augmenter pour venir justifier ces augmentations.

et les contrôles, là, sont justifiés, puisqu'on est vraiment sur de la fraude à la consommation, plus que sur un véritable phénomène de marché où on aurait une augmentation des prix justifiés, par ce que je disais tout à l'heure, l'augmentation du fret, l'augmentation du prix du baril intrinsèque, celui qui est acheté. Et d'ailleurs, là, aujourd'hui, les pays du G7 vont se réunir pour prendre des mesures sur la libération de barils de pétrole, parce que le pétrole n'est pas produit qu'au Moyen-Orient aussi. Est-ce que le gouvernement doit baisser la TVA sur le carburant ?

Ne serait-ce que pour dire aux Français, voilà, on ne va pas profiter, finalement, de cette hausse des prix du carburant et de cette guerre ? Mais aujourd'hui, il ne devrait pas y avoir d'augmentation des prix du carburant ou alors de manière tout à fait minime. Si le conflit dure, oui, il pourrait y en avoir, mais finalement, aujourd'hui, venir bouger la TVA, ce serait donner raison à l'augmentation des prix qui, là, est plus un phénomène d'anticipation qu'un vrai phénomène de marché pour ce qui est consommé aujourd'hui. Dans trois mois, la situation serait différente.

Donc je pense qu'aujourd'hui, il faut vraiment qu'on soit très raisonnable sur ce qu'on fait, parce que la politique du « quoi qu'il en coûte » qui a été mise au moment de la crise, enfin de la guerre en Ukraine et de la crise de l'énergie, a coûté extrêmement cher à l'État, vous le rappeliez tout à l'heure. On a eu beaucoup de mal à se défaire des mécanismes de soutien. Et je pense qu'il faut, aujourd'hui, finalement, s'adapter. On voit bien que les conflits se succèdent aux conflits. Et si, aujourd'hui, notre pays est si dépendant, finalement, au coût des importations, que ce soit le pétrole, le gaz, c'est parce qu'on n'arrive pas à être souverain sur nos productions d'énergie.

Donc on devrait plutôt aller vers des mécanismes de soutien à la décarbonation de notre économie et, en tout cas, à son électrification pour être de moins en moins dépendants. Et je le disais quand vous m'aviez invité au moment de la crise en Ukraine, on a dépensé beaucoup plus d'argent pour venir soutenir la consommation d'énergie fossile pour chauffer les logements que pour venir diminuer la consommation en améliorant la performance énergétique des bâtiments et des logements. C'est un peu contre-intuitif parce que, finalement, c'est du ton long, mais quand on a mis un logement et qu'il est devenu performant, il consomme beaucoup moins dans le futur.

Et donc, en fait, on le prépare aux crises futures. Donc, voilà, je pense qu'il faut vraiment qu'on soit très, très vigilants et le gouvernement a raison aujourd'hui de ne pas envoyer de signal, en tout cas de signal pris, parce que, déjà, il n'y a pas de raison de le faire d'un point de vue économique et parce que, surtout, il faut qu'on améliore notre indépendance énergétique.

28:35
Présentateur

Merci, Alexandre. On se retrouve dans 20 minutes pour la Revue de presse régionale et merci à vous, Christine Lavard, d'avoir été notre invitée. On va évidemment continuer à parler de ce conflit au Moyen-Orient. Dans quelques instants, on sera avec le géopolitologue Frédéric Ancel. Mais d'abord, on était au Liban. On va maintenant aller en Israël. Bonjour, Charles Anderlin. Merci beaucoup d'être avec nous depuis Jérusalem. Charles Anderlin, de nouvelles alertes ces dernières heures sur Israël. Racontez-nous ce qu'il se passe.

29:01
Invité

Eh bien, écoutez, il y a eu une alerte sur le nord d'Israël. Il y a à peu près une grosse demi-heure. Le missile qui a été lancé depuis l'Iran a été intercepté. Et puis, à l'heure actuelle, vous savez, durant cette nuit, la nuit dernière, eh bien, il n'y a pas eu d'alerte à Jérusalem. Cela dit, effectivement, le chef d'état-major a averti les Israéliens que cette guerre va durer longtemps. Il faut s'y préparer. On parle d'au moins de quatre à cinq semaines.

29:28
Présentateur

Et vous nous le dites, Charles Anderlin, le chef d'état-major israélien, qui dit que la guerre va durer longtemps. Est-ce que les Israéliens sont prêts à une guerre qui dure ?

29:35
Invité

Ben oui, il n'y aura pas le choix. Vous savez, les Israéliens ont assez l'habitude. Donc oui, le problème est effectivement l'économie. Alors le ministère des Finances essaye de relancer en proposant, par exemple, aux familles qui ont des enfants qu'un des parents reste à la maison pendant que l'autre ira travailler. Enfin, on en est là.

29:57
Présentateur

L'information de ces dernières heures, c'est le fils de Ramenei qui est donc le nouveau guide suprême de l'Iran. Est-ce que c'est un coup dur pour Israël ? Comment c'est perçu ?

30:08
Invité

Ben écoutez, logiquement, vous savez, aussi bien les Israéliens que les Américains n'ont jamais compris vraiment le fondamentalisme islamique. Je vous rappelle, par exemple, la guerre en Afghanistan, la coalition menée par les États-Unis avec la France a lancé une guerre en Afghanistan pour renverser le régime des talibans. Eh bien aujourd'hui, le régime des talibans est toujours là. C'est la même chose pour la guerre à Gaza. Pardon. Benjamin Netanyahou a promis une victoire totale aux Israéliens. Eh bien, le Hamas est toujours là à Gaza et en train de se réarmer.

30:45
Présentateur

Mais qu'est-ce que ça provoque comme sentiment chez les Israéliens ? Est-ce qu'il y a une forme de découragement de voir que, malgré les frappes, malgré le fait que Ramenei a été tué avec lui, beaucoup de dirigeants, eh bien, le régime est encore là ?

30:57
Invité

Eh bien écoutez, c'est la logique. Les Israéliens passent cette guerre d'un abri à l'autre, essayent de continuer à vivre. Il y a quand même une certaine résilience en Israël. On va voir combien de temps cela va durer. Il y a des aspects économiques, évidemment. Mais alors là, il faudra attendre encore une semaine ou deux pour voir si la résilience israélienne est maintenue.

31:20
Présentateur

Merci beaucoup. Merci Charles Anderlin d'avoir été avec nous ce matin depuis Jérusalem. Et on continue à analyser les conséquences de ce conflit. Bonjour Frédéric Ancel. Bonjour. Merci d'être un plateau avec nous. Docteur en géopolitique, maître de conférence à Sciences Po Paris, auteur de La Guerre mondiale n'aura pas lieu. C'est chez Odile Jacob. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Stéphane Vernet de Ouest France. Bonjour Stéphane.

31:42
Invité

Bonjour Ariane, Frédéric Ancel. Bonjour.

31:44
Présentateur

Frédéric Ancel, on en parlait à l'instant avec Charles Anderlin. Le fils Raménaï est donc le nouveau guide suprême. Il a succédé à son père. Est-ce que c'est un bras d'honneur du régime iralien à Benyamin Netanyahou et à Donald Trump ?

31:56
Invité

Non, c'est un signe de faiblesse parce que dans République islamique d'Iran, vous avez République. Et donc, la transmission de l'exercice du pouvoir en patrilinéarité, du père au fils, c'est un échec. C'est exactement ce qui s'était produit à l'époque en Syrie entre Hafez al-Assad, le père, donc évidemment, au pouvoir de 70 à 2000 et puis son fils, Bachar, alors que la Syrie était officiellement une république. Donc, je pense que le job intermittent, intermittent, très très précaire quand même en ce moment à la tête du régime iranien qui revient au fils de Khamenei alors qu'évidemment ce n'était pas prévu auparavant, je crois que c'est plutôt un signe de faiblesse.

32:27
Présentateur

Donc, ce n'est pas la preuve que le régime n'est pas anéanti et que l'opération israélie-américaine a échoué sur ce plan-là ?

32:33
Invité

Le régime n'est pas anéanti et j'espère me tromper, je suis très pessimiste. Je pense que ce régime peut rester encore des mois voire des années au pouvoir mais le but de guerre, je pense qu'on va y revenir, n'est pas tellement, en tout cas pour les Américains, la chute du régime mais l'éradication de ses capacités militaires de nuisance régionale en quelque sorte. Par contre, la chute du régime c'est un but des Israéliens. Est-ce que les Israéliens peuvent se permettre après le père de tuer le fils quand ça a été fait ou est-ce que ce serait de nature à provoquer un choc dans le monde arabe et d'engendrer un soulèvement ?

Non seulement ils souhaitent détruire le régime mais j'en suis absolument convaincu du moins ils vont tenter de le faire. Ça ne peut pas provoquer une espèce de mouvement dans les pays voisins ou dans le monde arabe ? D'autant moins que le monde arabe il est arabe et il n'est pas perse. Il est sunnite et il n'est pas chiite. Il est par ailleurs opposé sur le plan institutionnel puisque la République islamique d'Iran est un régime de nature extrêmement hybride enfin assez novateur d'ailleurs en 79 à l'époque par rapport aux régimes arabes et notamment aux régimes arabes du Golfe qui sont bédouins, féodalo-bédouins je ne sais pas très bien comment les... et monarchiques.

Donc on a au moins trois titres et je vous passe l'économie. On a à trois titres une rivalité extrêmement forte d'ailleurs vous aurez noté que Téhéran frappant les états arabes du Golfe ne parvient pas à modifier effectivement l'équilibre du pouvoir dans ces pays parce que les populations se sentent d'abord arabes et d'abord sunnites.

33:56
Présentateur

Mais est-ce qu'il y a une alternative politique aujourd'hui au régime des Mollahs en Iran ?

33:59
Invité

Alors l'alternative politique la plus crédible c'est le fils du chat qui se trouve à l'extérieur à l'étranger comme vous le savez. Quand je dis que c'est la plus crédible je pense pouvoir affirmer d'après ce qu'on sait ces derniers mois et ce qu'on a vu et entendu ces derniers mois que c'est la personne la plus représentative au sein des différents groupes ou personnalités d'opposition à ce régime. Y compris en Iran ? Y compris en Iran mais quand je vous dis que c'est la plus représentative des personnalités je ne sais absolument pas quel est son degré de représentativité mais en tout cas c'est celui qui très objectivement a été à maintes reprises cité, mentionné le plus souvent.

Alors il s'agissait peut-être d'irriter, d'énerver encore plus les classiques du régime puisqu'évidemment c'est leur bête noire mais enfin a priori même en Iran au sein de la population Les Iraniens ne le connaissent pas en fait ça fait 45 ans qu'il vit à l'étranger etc. Il n'a jamais mis les pieds en Iran enfin il n'est pas identifié par les Iraniens ? Alors ils ne le connaissent pas bien ça a été le cas dans beaucoup de situations dans la longue histoire politique et militaire des régimes. Alors il incarne pour des gens qui avaient subi à l'époque la politique répressive de son père il est vraisemblable qu'il incarne quelque chose de négatif mais quel âge ont ces gens-là ?

La population iranienne elle est extrêmement jeune alors ça renvoie aussi à votre question parce qu'elle est jeune elle ne peut pas l'avoir connue oui mais donc du coup elle n'a pas connu ce que propose cette personnalité qui jusqu'à présent en tout cas en exil effectivement aux Etats-Unis a toujours proposé la démocratie l'ouverture et puis l'égalité homme-femme et bien évidemment la chute de ce régime qui lui ça c'est sûr est honi de la quasi-totalité de la population

35:34
Présentateur

Mais il peut y avoir des divisions au sein même du régime est-ce que ça c'est envisageable ?

35:38
Invité

Non seulement c'est envisageable mais je pense qu'il y en a eu à plusieurs reprises et je me demande même dans quelle mesure la décision à mon avis assez suicidaire politiquement de frapper militairement les Etats arabes du Golfe que vous mentionnez il y a un instant mais également l'Azerbaïdjan d'ailleurs je me demande dans quelle mesure ça ne relève pas d'une décision qui n'était pas nécessairement majoritaire aujourd'hui à un rythme puri quotidien les têtes du régime et la chaîne de commandement sont frappées par Israël et les Etats-Unis à un rythme puri quotidien les communications sont extrêmement compliquées donc à plusieurs reprises ce que je peux vous dire c'est que des officiers supérieurs ont pris eux-mêmes la responsabilité d'utiliser leur propre batterie donc de lancement de missiles pour faire feu sur des pays voisins ce qui expliquerait les excuses du président de la république iranien en disant excusez-nous c'est pas contre vous qu'on en a parce que c'est aussi les forces armées sont très décentralisées en fait c'est ça c'est ce qui permet aussi au pays de résister le fait d'avoir été le régime a été décapité au premier jour mais cette décentralisation l'autre côté l'autre aspect des choses c'est que ça lui permet de mieux résister et de ne pas s'effondrer alors j'appellerais ça d'abord une déconcentration c'est-à-dire qu'en principe la centralisation des désordres elle est toujours totale alors totale sauf que Khamenei est mort donc évidemment à partir de ce moment-là il fallait bien qu'un numéro 2 prenne ses décisions il a été éliminé en quelques heures et par conséquent aujourd'hui on a cette déconcentration qui permet effectivement alors qui correspond à un avantage et à un inconvénient l'avantage de pouvoir effectivement dire aux Israéliens et aux Américains venez nous chercher sur un pays grand en gros comme la France c'est pas davantage parce que la moitié du pays est constituée de déserts et de montagnes mais enfin 90 millions d'habitants alors 90 millions d'habitants oui mais alors ça la démographie c'est un autre problème vous pouvez très bien chuter ou au contraire vous maintenir à la tête de pays qui font 1 milliard 300 millions de personnes ou au contraire quelques centaines de milliers d'habitants mais sur le point géographique et politique effectivement c'est avantage et inconvénient déconcentration c'est gênant pour les bombardiers américains et israéliens mais c'est c'est plus difficile malgré tout de tenir une décision claire cohérente notamment lorsqu'il s'agit de bombarder des pays voisins

37:44
Présentateur

il y a des bombardements également sur des réservoirs de pétrole avec des risques sanitaires pour la population iranienne des fumées toxiques est-ce que c'est pas contradictoire de la part d'Israël et des Etats-Unis quand on veut encourager la population à se soulever contre le régime des Mola de lui infliger de telles conséquences ?

37:58
Invité

Alors si c'est contradictoire en tout cas ça risque d'être perçu par la population comme cela ça c'est une certitude c'est vrai sur le plan sanitaire ça sera vrai sur le plan alimentaire je veux dire socio-économique de manière générale si par exemple les ports qui permettent à l'Iran encore aujourd'hui d'importer et d'exporter en l'occurrence surtout d'exporter leur brut vers la Chine et l'Inde ce qui finalement correspond à la dernière jugulaire économique pour le régime donc si ces ports devaient être détruits là sur le plan alimentaire je vois pas très bien comment la population pourrait continuer à vivre dans des conditions disons tout juste décentes et je pense que c'est toujours le problème pour un assaillant extérieur même s'il dispose d'une force de frappe extraordinaire ce qui est le cas évidemment pour les coalisés aujourd'hui c'est l'injonction contradictoire que vous avez bien résumé révoltez-vous ça sera mieux sans eux oui mais en attendant il faut souffrir

38:50
Présentateur

dans quel état d'esprit est-ce qu'elle est aujourd'hui la population iranienne est-ce qu'elle est encore en capacité de se soulever contre ce régime des Mullah

38:55
Invité

c'est une question très difficile que vous me posez je vais vous répondre de manière extrêmement humble je pense que la population pour l'instant a été extrêmement courageuse en cela qu'elle n'a jamais voulu utiliser la violence il ne vous aura pas échappé qu'aucun soldat aucun passe-darant aucun basige en tout cas à ma connaissance n'a été tué par un manifestant ce qui est pour encore dans la longue histoire politique des oppositions à des régimes assassins c'est extrêmement rare donc gloire à cette population sauf que là vous posez la question à un géopolitologue moi je vais vous dire qu'il faut un rapport de force et le rapport de force face à ce régime extrêmement violent et plus que jamais violent ce serait notamment une partie substantielle de l'armée régulière qui basculerait du côté de la population pour l'instant ça ne s'est pas fait parce que si ça ça ne s'obtient pas et si vous n'avez pas non plus à la frontière un corps de troupes d'opposants iraniens venant pénétrant dans le pays pour créer un front en quelque sorte comme le souhaitent sûrement les américains mais à mon avis ça ne se fera pas si vous n'avez ni l'un ni l'autre je ne vois pas par quelle pensée magique ce régime pourrait tomber ça veut dire que les frappes aériennes cette stratégie qui consiste à matraquer mais à attaquer uniquement par le ciel ça ne peut pas suffire à faire tomber le régime je n'y crois pas je pense que ça suffit et ça suffira ça j'en suis absolument convaincu à détruire les capacités offensives et la capacité nuisance militaire qu'on évoquait il y a un instant du régime notamment vis-à-vis de ses voisins bien sûr à casser de manière très pérenne peut-être définitive la possibilité un jour pour l'Iran d'obtenir la bombe et ça c'est évidemment ce que veut Israël parce qu'Israël perçoit ça comme une menace existentielle mais à faire tomber le régime

40:34
Présentateur

principal des américains c'est d'anéantir le programme nucléaire iranien est-ce que ce but de guerre est atteint ?

40:38
Invité

Je pense qu'il n'est pas encore atteint parce que vous avez ces fameux 400 kilos peut-être 450 kilos selon les sources d'uranium enrichi qui se baladent je précise que ça peut se balader dans un camion donc là on n'a pas besoin d'installation absolument gigantesque et sur un pays dont vous rappeliez avec raison qu'il est quand même tout à fait gigantesque et tant que ça ce n'est pas atteint je vous dirais qu'on ne fait que reporter l'échéance mais attention en géopolitique reporter l'échéance ce n'est pas idiot ce n'est pas parce que les américains les israéliens ou d'autres puissances reportent l'échéance de la possibilité pour l'Iran quel que soit son régime de disposer de la bombe 10 ans 50 ans 100 ans que c'est inutile parce qu'en 10 ans 50 ans 100 ans les américains les israéliens peut-être les azériens les saoudiens les émiratis que sais-je encore auront à disposition un matériel permettant notamment à base de laser permettant d'empêcher un missile nucléaire un jour de s'approcher de voyer donc sur le plan chronologique c'est jamais idiot de gagner du temps les frappes iraniennes ne baissent pas en intensité pardon je vais y arriver les iraniens prétendent qu'ils peuvent tenir et qu'ils pourraient tenir une guerre de haute intensité avec drones missiles pendant au moins 6 mois qu'est-ce que vous en pensez c'est du bluff ou l'arsenal iranien est vraiment à niveau ?

Alors là aussi c'est une question très difficile on sait qu'avant la guerre il y avait entre 2000 et 3000 engins balistiques iraniens là je ne compte pas les drones bien évidemment je ne parle que des missiles regardez à quel point ils saupoudrent ce qui encore une fois à mon avis politiquement à terme est suicidaire notamment lorsqu'on décide de frapper les Etats arabes mais enfin c'est comme ça on saupoudre y compris face à Israël il n'y a pas de salve très importante permettant de saturer le système d'hommes de fer israélien comme il y en a eu pour bercer les défenses exactement comme il y en a eu en 2024 à deux reprises et en juin 2025 pourquoi ?

pour tenir sauf que ah bon chat ils le font à l'économie c'est ce que vous êtes en train de dire ils le font à l'économie mais le problème c'est que ce temps-là le temps qui qui va s'écouler jusqu'à la fin de la guerre il n'est pas plus favorable à l'Iran qu'au coalisé pourquoi ?

parce que l'Iran ne peut pas remplacer les missiles qu'il propulse et qui par définition sont détruits immédiatement à un rythme important et le renseignement israélien et américain a démontré une telle efficacité que je pense que ce régime n'est même pas capable de les remplacer tout court donc je pense que là on est effectivement dans une course contre la montre et dans quelques semaines lorsque l'Iran n'aura plus de missiles il lui restera des dizaines de milliers de drones shahid autrement dit l'Iran pourra dire très bien vous nous avez écrasé nos infrastructures et non plus de missiles mais un nous sommes toujours là et deux regarder à quel point nous pouvons pourrir l'économie de la région et notamment le détroit d'Hormuz

43:21
Présentateur

est-ce que la limite dans le temps de cette guerre pour les Etats-Unis va être imposée par l'opinion publique américaine ?

43:26
Invité

Alors de toute façon les mid-terms arrivent bientôt alors je n'imagine pas que cette guerre ira jusque là mais les américains ont la mémoire longue et notamment pour ce qui relève de l'essence à la pompe pour être très très prosaïque la guerre en Iran en réalité il s'en fiche un petit peu et les américains ne s'intéressent pas beaucoup de toute façon aux questions internationales bon j'ajoute un point important Trump avait promis au début de son premier mandat déjà qu'il ne ramènerait pas de soldats américains dans des cercueils sur des aérodromes militaires américains on en est à 7 alors c'est beaucoup bien sûr pour les familles c'est peu pour une guerre de manière générale mais les américains verront d'un très mauvais oeil là une victoire peut-être d'ailleurs atteinte plus ou moins triomphale ça sera Trump qui marquera d'une scénographie qui lui appartient c'est la victoire ou pas mais s'il devait y avoir multiplication de morts américains dans une région perçue comme extrêmement lointaine et tout à fait secondaire oui ça porterait préjudice évidemment à Trump au mid-terms il y a ça mais il n'y a pas que ça il avait aussi promis de faire baisser très fortement l'inflation de contrôler les prix là aujourd'hui le gallon a pris 20% en fait aux Etats-Unis on est au moment où on se parle on a le prix du baril de brut de Mer du Nord qui est à plus de 110 enfin qui est environ à 110 euros on rentre dans un cycle où les choses peuvent se détériorer ici considérablement du point de vue économique est-ce que ça y compris la base MAGA de Donald Trump lui pardonnera ?

alors deux questions la première vous avez raison sur le plan économique sauf que les Américains sont les premiers producteurs de pétrole au monde et puis alors sous toutes ses formes donc ça veut dire que l'économie américaine mais ils ont quand même pris 20% ils ont pris 20% d'augmentation à la pompe alors justement parce que pour l'instant l'Etat américain et à mon avis c'est une erreur le gouvernement américain pour l'instant ne régule pas exactement n'a pas encore régulé ce qui est une erreur parce qu'il peut le faire puisque encore une fois les Etats-Unis vont engranger beaucoup d'argent avec cette augmentation des prix du pétrole et votre deuxième question porte sur MAGA oui bien sûr la base va vraisemblablement lui en vouloir d'abord la base MAGA on oublie toujours que M.

Trump n'est pas du tout un néoconservateur et que MAGA n'est pas du tout fait de néoconservateur d'ailleurs majoritairement ils ne sont même pas évangélis pro-israéliens et certains sont carrément totalement antisémiquement donc effectivement c'est une coalition faite de briques et de brocs ultra-nationalistes ultra-conservatrices mais à certains égards isolationnistes du point de vue des questions internationales et ces gens-là ne voulaient absolument pas de guerre ni en Iran ni ailleurs avec quand même une nuance Rubio Marco Rubio lui est un néoconservateur et il a un poste extrêmement important et manifestement son influence est plus considérable que ce qu'on pouvait penser

46:07
Présentateur

Au Liban où les bombardements se poursuivent ce matin l'armée israélienne lance un nouvel appel à évacuer les habitants dans la banlieue sud de Beyrouth Israël qui veut éliminer définitivement le Hezbollah est-ce que c'est vraiment possible ?

46:18
Invité

C'est possible sur le plan militaire ça ne l'est pas et ça ne le sera jamais sur le plan social sociétal religieux le Hezbollah comme le Hamas d'ailleurs ce sont des mouvements alors certes extrémistes et même fanatiques mais dont l'ADN en quelque sorte et la vocation ne sont pas seulement à caractère militaire ou terroriste et donc casser l'illustration d'une néologie en quelque sorte ce n'est pas possible avec des armes en revanche sur le plan militaire oui ça devient possible depuis un an et demi pourquoi je vous dis depuis un an et demi ?

D'abord parce que le Hezbollah avait été très durement frappé à la tête avec l'assassinat d'Assad Nasrallah qui était un vrai stratège et quelqu'un qui disposait d'une aura un peu comme Khamenei en Iran et puis la fameuse opération Bipper tout ça à l'automne 2024 avait cassé très durement le Hezbollah qui littéralement avait perdu cette bataille surtout on oublie trop souvent qu'en décembre 2024 autrement dit il y a presque un an et demi donc quelques semaines après la chute du Hezbollah et pour cause la Syrie tombait et l'Assad tombant au profit d'un régime évidemment détestateur des chiites puisqu'il était sunnite ultra conservateur ça a empêché depuis le Hezbollah de profiter de ce continuum territorial donc continuum terrestre mais aussi aérien alors je fais du côté de vos téléspectateurs Iran Irak Syrie et Liban vous n'avez plus la Syrie le continuum il est cassé et aujourd'hui lorsqu'on me dit mais oui mais le Hezbollah est en train de réarmer alors par quelle pensée magique parce qu'alors là la mer appartient à la flotte américaine et à la flotte israélienne l'espace aérien est intégralement contrôlé par Israël non seulement en Syrie mais au Liban puis d'ailleurs on le voit aussi en Iran finalement et donc sur le plan terrestre au nord vous avez la Turquie qui lui est bien sûr défavorable et au sud d'Israël pardon mais là encore une fois vous adressez à un géopolitologue on est dans la pensée magique si on croit que le Hezbollah va se réarmer c'est la raison pour laquelle je pense qu'Israël a les capacités objectives aujourd'hui de lui porter un coup tellement sévère que le Hezbollah sur le plan militaire ne pourra pas se renlever j'insiste juste j'ajoute un mot si vous permettez le pouvoir libanais pour la première fois depuis les accords interarabes de Taïf de 89 qui avait en principe imposé aux milices de se désarmer ce que le Hezbollah n'a jamais fait ce qui en fait une milice illégale du point de vue du droit interarabe donc depuis 89 c'est la première fois que l'état libanais par la voix de son président de son assemblée nationale et même du mouvement Amal qui est pourtant chiite allié au Hezbollah depuis les années 80 exige tous du Hezbollah cette démilitarisation et la cessation du feu face à Israël

48:50
Présentateur

donc il s'est suicidé le Hezbollah en attaquant Israël il y a quelques jours

48:52
Invité

il a obéi à l'Iran et donc il s'est suicidé une fois de plus je dis une fois de plus parce que je rappelle d'un mot et d'une date que le 8 octobre 2023 au lendemain du pogrom perpétré par le Hamas en Israël le Hezbollah enclenche une guerre contre Israël et ça si vous voulez alors qu'il n'était pas partie prenante et ça pour moi ça restera je pense que les historiens militaires et politiques de la région verront dans ce 8 octobre une marque d'une pierre blanche pourquoi ?

parce que c'est ce jour-là qu'à mon avis le gouvernement israélien l'état-major israélien en quête de retour de crédibilité dissuasive et la population ont vraiment décidé de mettre fin pas seulement au Hamas pas seulement au Hezbollah mais de mettre fin à un rapport de force régional dont ils considéraient qu'il était devenu vraiment dangereux

49:38
Présentateur

on parle d'un demi-million de déplacés ça fait des dizaines des centaines de milliers de déplacés chiites dans des zones notamment chrétiennes est-ce que ça risque pas de raviver des tensions communautaires au Liban au risque d'une nouvelle guerre civile ?

49:51
Invité

si d'ailleurs c'est ce qui s'était produit en tout cas c'était le risque qu'on avait envisagé lorsque la guerre civile faisait rage dans les années 2010 en Syrie dans la Syrie voisine et puis à la chute d'Assad il y a donc presque un an et demi et finalement il n'y avait pas eu et là encore gloire à la population libanaise il n'y avait pas eu retour à la guerre civile mais on voit bien aujourd'hui on entend bien aujourd'hui que chez les chrétiens et notamment chez les anciens enfin l'ancien il est récent phalangistes mais également chez les sunnites on veut prendre une revanche sur le Hezbollah et donc là il y a effectivement des risques parce que le Hezbollah vous imaginez bien qu'il ne va pas accepter de se désarmer comme ça facilement même si c'était imposé légalement par l'état libanais

50:35
Présentateur

le ministre des finances israélien il va loin il dit qu'il y a un risque que le sud de Beyrouth se transforme en Gaza le risque est réel ils diront jusque là les israéliens

50:45
Invité

ils n'iront pas jusque là parce qu'on n'aura pas affaire à une intervention terrestre massive comme ça s'est produit à Gaza mais vous pointez le doigt sur un extrémiste au dernier degré il y a au moins deux sans doute trois ministres israéliens dont le fanatisme est tel qu'ils n'ont rien à faire au coeur au sein d'un gouvernement d'un état démocratique et je pense que en l'occurrence c'est Smotrich et Smotrich Benvien sont des fanatiques qui me semble-t-il jettent un discrédit sur l'ensemble du gouvernement israélien et des actions d'Israël un point optimiste ils sont rejetés aujourd'hui dans les sondages par une grande majorité des israéliens or il ne vous aura pas échappé qu'en novembre prochain il y aura un scrutin législatif Emmanuel Macron a fait savoir hier qu'il avait appelé le président Trump et le président iranien ce dimanche il veut notamment quand même que les iraniens vont arrêter de bombarder leurs voisins est-ce que le président de la république française peut obtenir encore quelque chose par la voie de la démocratie de la diplomatie pardon ou est-ce que c'est totalement illusoire ce n'est pas illusoire il peut l'obtenir notamment au Liban les résolutions de 2006 la résolution de 2024 ont été obtenues notamment pas seulement bien sûr mais notamment sous l'égide de la France la France était partie prenante mais là je vous parle de Liban aujourd'hui la France me semble-t-il n'a aucune espèce de levier sur le régime ou ce qui reste du régime iranien en revanche Emmanuel Macron en tant que chef des armées constitutionnellement parlant a raison de le faire pourquoi ?

parce que dans la région nous avons un allié stratégique et nous ne comptons pas l'abandonner visiblement et je vous répondrai en tant que citoyen et en tant que géopolitologue heureusement on n'abandonne pas ses alliés ou alors on ne signe pas d'alliance en amont et ses alliés que sont les Émirats Arabes Unis aujourd'hui ils sont frappés par des drones et par des missiles iraniens et il y a déjà eu des morts autrement dit si les Émirats décidaient d'enclencher de demander à la France d'enclencher de faire jouer en quelque sorte son alliance militaire contraignante la France prendrait directement part à la guerre les choses sont claires donc je pense qu'Emmanuel Macron a raison de tenter quand même d'abord d'envoyer à titre pas seulement scénographique à titre politique notre groupe aéronaval autour du Charles de Gaulle d'une part et d'autre part à raison de tenter quand même de jouer la diplomatie diplomatie très défensive histoire de dire à l'Iran nous ne resterons pas l'arme au pied si nos alliés sont frappés par vos missiles

53:08
Présentateur

Un dernier mot Stéphane ?

53:09
Invité

Oui vous avez sans doute vu que l'ancien premier ministre de Mili Bizupin avait fait une déclaration hier en suggérant d'obliger les états qui se lancent dans des guerres illégales à rembourser les destructions qu'ils infligent donc ils visent les Etats-Unis Israël dans le cas présent est-ce que Dominique de Vulpin est le dernier homme politique à croire au droit international ?

Alors là aussi deux questions en une très rapidement je vous dirais que dans ces cas-là la Russie va payer plusieurs dizaines de fois son PIB parce qu'attendez Netanyahou et Trump c'est une chose mais elle est légale la guerre en Ukraine il ne me semble pas attendez pardon quand même une nuance bah si parce qu'en droit international c'est le conseil de sécurité qui donne le la il se trouve que la Russie est au conseil de sécurité ah bah dites-moi ça perd l'hypopète alors comment on fait dans ces cas-là vous voyez alors après est-ce que c'est le dernier non il y en a d'autres et d'ailleurs moi je pense faire partie de ces universitaires qui soutiennent le droit international mais je pense qu'il doit être amendé je pense que seul le droit international fondé entre parenthèses comme tout droit sur un rapport de force comme tout droit en 1945 et quel rapport de force ce droit-là aujourd'hui il est il est quelque part un peu dépassé il est suranné et je pense qu'il faudra d'une façon ou d'une autre l'amender pas dans le sens de la loi de la jungle bien évidemment mais d'une manière ou d'une autre le repenser

54:25
Présentateur

merci infiniment Frédéric Ancel pour votre éclairage ce matin je rappelle le titre de votre livre la guerre mondiale n'aura pas lieu c'est chez Odile Jacob et la une de Ouest France Stéphane c'est également sur ce conflit au Moyen-Orient guerre au Moyen-Orient les frappes s'amplifient merci Stéphane on se retrouve la semaine prochaine et alors que ce conflit se poursuit au Moyen-Orient une partie de l'opposition au régime des Mollas s'organise c'est le cas notamment des républicains iraniens qui ont lancé un mouvement depuis la région parisienne samedi dernier le récit de cette initiative avec Nicolas Dandry

54:53
Invité

ils veulent voir naître une république laïque et démocratique en Iran plusieurs Iraniens réfugiés en France s'organisent ils étaient rassemblés ce week-end pour lancer le mouvement Talashgaran entendez les audacieux en persan objectif unir les républicains iraniens du monde entier au sein d'un congrès on souhaite finalement avoir une république normale sans discrimination contre les femmes sans discrimination contre les ethnies différentes sans discrimination contre les religions différentes qui existent en Iran c'est la première fois que nous déclarons publiquement ce groupe de républicains l'union a commencé en octobre 2024 ils sont une centaine à échanger dans le monde entier mais pour le lancement du mouvement il manquait ceux qui sont essentiels dans ce combat les sympathisants basés en Iran

55:46
Locuteur non identifié

on n'a pas vraiment les infos précisés sur eux parce qu'il y a certains qui sont en prison surtout les activistes par exemple les gens qui travaillent pour les droits humains tout ça ils sont en prison mais par contre vraiment on n'a pas de nouvelles de eux ça fait depuis que la guerre s'est déjà commencé il y a presque maintenant c'est le septième jour on n'a pas de nouvelles mais par contre ils sont partout en Iran il y a Téhéran d'autres villes partout normalement moitié des gens qui sont dans notre réunion ils viennent d'Iran mais aujourd'hui non parce qu'il n'y a pas l'internet en Iran

56:15
Invité

l'objectif des partisans d'une république démocratique iranienne c'est aussi de se faire entendre ils s'opposent notamment aux défenseurs de la monarchie en Iran incarnés par Reza Palavi le fils du chat qui semble être soutenu par les Etats-Unis et Israël est très présent sur les médias occidentaux

56:32
Locuteur non identifié

c'est le fils du chat c'est normal que ça va être encore d'autres dictatures en Iran ni lui ni son père ni son grand-père ils étaient tous des agents des pays étrangers son grand-père par les anglais son père par les américains et lui-même encore par Trump

56:49
Invité

plus d'une semaine après la mort d'Ali Khamenei et du début de la guerre au Moyen-Orient les républicains iraniens ne croient pas au renversement du régime grâce à l'intervention étrangère seul le peuple iranien peut venir à bout selon eux de la république islamique

57:03
Présentateur

et voilà ce qu'on pouvait dire dans cette émission sur ce conflit au Moyen-Orient il y a six jours du premier tour des municipales c'est l'heure maintenant d'ouvrir notre page spéciale consacrée à cette campagne on va faire le point sur la campagne sur les dernières informations et on vous emmène dans différentes villes pour faire un point sur les enjeux on va commencer en allant à Bordeaux bonjour Jefferson Desport merci beaucoup d'être avec nous Jefferson journaliste politique pour le journal Sud-Ouest Jefferson expliquez-nous quelle est la situation politique à Bordeaux

57:40
Invité

bonjour Orian alors écoutez la situation elle est simple les électeurs bordelais vont avoir l'embarras du choix puisque les candidats sont nombreux sur la ligne de départ je commence avec le maire sortant l'écologiste Pierre Hurmy qui est candidat à un second mandat d'affilée il a fait comme en 2020 alliance avec le parti socialiste et les communistes avec un fort renouvellement de sa liste au niveau de la société civile face à lui il aura son élu d'opposition le député de Bordeaux et ancien ministre du budget le macroniste Thomas Cazenave lui a fait alliance avec le centre et la droite et toujours sur ce créneau du centre et de la droite on retrouve l'économiste libéral Philippe de Sertines aux extrêmes aussi il va y avoir du monde à l'extrême droite deux représentantes l'eurodéputé du rassemblement national Julie Rochagneux et Reconquête aura également une candidate avec Virginie Bontemps tournée à l'extrême gauche là aussi deux représentants le candidat de la France insoumise Nordine Redmond et Philippe Poutou le militant anticapitaliste et lui aussi candidat à un nouveau mandat d'élus municipal puisque ça avait été l'une des surprises du scrutin de 2020 il avait pu se maintenir au second tour et faire son entrée au palais Rouen voilà donc deux candidats à l'extrême droite deux candidats à l'extrême gauche aussi les électeurs je vous le disais auront l'embarat du choix sur ce premier tour

58:55
Présentateur

alors point très clair sur qui sont les candidats qui tient la corde

58:59
Invité

alors le second tour enfin ce premier tour en revanche est très ouvert puisqu'on a eu un sondage sud-ouest a publié un sondage le 25 février et il montre quoi Pierre Urmi qui serait crédité dans ce sondage qui est une photo à l'instant T de 33% des intentions de vote au premier tour il arriverait en tête il serait suivi de Thomas Cazenave le député bordelais qui lui est à 25% pour le centre et la droite il serait suivi de l'économiste libéral qui a été quand même le phénomène d'attraction de cette première partie de campagne le Philippe de Sertine qui lui est crédité de 15% et enfin on aurait Nordine Raymond le candidat de la France insoumise crédité lui de 12% qui serait également en capacité de se maintenir au second tour pour l'instant le RN n'y figurerait pas puisque Julie Rochagnon n'est donné que à 7% des intentions de vote donc voilà on a en gros un coitueur qui se détache la clé de cette élection à Bordeaux semble résider dans des alliances mais là tout reste à jouer ce sera les enjeux du soir du premier tour parce qu'en fait pour faire très simple Pierre Urmi avec 33% vire en tête mais quelles sont ses réserves de voix si LFI se maintient on ne voit pas tellement l'intérêt pour LFI d'aller faire alliance avec Pierre Urmi surtout que Pierre Urmi a toujours été très clair il ne veut pas d'alliance avec les insoumis de Jean-Luc Mélenchon si tel est le cas il n'aurait pas de réserve à droite en revanche le créneau du centre et de la droite étant occupé par deux représentants Thomas Cazenal et Philippe de Sartine là il y a des passerelles naturelles pourront-ils réussir à s'entendre Philippe de Sartine achète-t-il l'éponge pour donner une concile de vote et faire l'alternance voilà tout ça est très ouvert donc en fait c'était très intéressant parce que ce premier tour peut réserver des surprises et le second tour encore plus

1:00:40
Présentateur

et c'est extrêmement intéressant et Jefferson on va se retrouver dans 10 jours le mercredi 18 mars justement pour le débat d'entre deux tours à Bordeaux Sud-Ouest TV7 et Public Sénat merci beaucoup

1:00:53
Invité

vous l'avez compris ils seront peut-être 3 ils seront peut-être 4 dans ce débat que nous aimons ensemble

1:00:58
Présentateur

suspense on verra ça dimanche soir merci beaucoup Jefferson on va poursuivre notre tour de France des enjeux viennent par ville dans quelques instants on sera à Lyon toujours avec la presse régionale et puis on verra comment se passe la campagne à Roubaix mais d'abord Alex on va faire le point avec vous puisque cette campagne des municipales elle fait la une de la presse régionale qui titre sur cette dernière semaine

1:01:18
Invité

dernière ligne droite avant les élections de dimanche prochain titre le journal de Saunet-Loire journal qui explique par exemple que le rendez-vous du marché de dimanche hier le dernier marché de la campagne était crucial pour les candidats qui ont donc fait un tractage massif dernière semaine tambour battant titre le journal La Marseillaise qui décrit lui comment la machine électorale logistique est en train de se mettre en place pour distribuer envoyer les documents électoraux pour les électeurs à Marseille par exemple 1000 personnes sont mobilisées dans l'immense entrepôt du parc Châneau pour préparer tous ces documents électoraux et puis c'est ensuite une charge de travail importante pour les postiers un exemple dans le 15e arrondissement de Marseille cet arrondissement c'est 40 000 boîtes aux lettres environ en moyenne 2 électeurs par boîte aux lettres ça fait 40 000 documents électoraux ça fait 80 000 documents électoraux envoyés et puis on rappelle il y a un double scrutin à Marseille municipal et d'arrondissement donc 160 000 documents électoraux envoyés pour les habitants de cet arrondissement et dans le 15e arrondissement à Marseille il y a seulement 26 postiers donc le défi est colossal et puis à Marseille toujours la Provence s'intéresse aux dépenses de campagne chaque candidat peut dépenser jusqu'à 2 millions d'euros pour sa campagne

1:02:29
Présentateur

et la campagne municipale elle est forcément différente quand il n'y a qu'une seule liste et c'est le cas finalement de la majorité des communes

1:02:35
Invité

oui c'est le cas dans 68% des communes françaises et dans 56% des communes bretonnes titre le télégramme mais les candidats qui sont concernés font quand même campagne pour convaincre les habitants d'aller voter même s'il y a peu d'enjeux exemple Hervé Levéder le maire sortant de Loire-Gatte dans les Côtes-d'Armor se représente sans liste adverse et veut quand même malgré tout aller je cite à la rencontre des gens entendre leurs demandes leurs critiques l'idéal serait qu'on vote massivement pour notre liste pour qu'on soit plus légitime

1:03:05
Présentateur

Alors on prend la direction de Toulouse où un dernier sondage met la pression sur les candidats de gauche pour qu'ils finissent

1:03:10
Invité

Oui sondage commandé par le candidat insoumis à Toulouse François Picmal et qui fait la une du journal La Dépêche du Midi un match à trois se dessine toujours dans la ville rose au premier tour selon ce sondage le maire sortant Jean-Luc Mouding candidat de la droite et du centre arriverait en tête au premier tour avec 33% des intentions de vote François Briançon le candidat de l'Union de la Gauche qui rassemble socialiste, écologiste et communiste récolterait lui 30% des voix devant le candidat de la France insoumise François Picmal avec 23% des suffrages François Briançon refuse pour l'instant toujours de se prononcer sur une éventuelle alliance avec la France insoumise au second tour pour reconquérir la ville rose

1:03:48
Présentateur

Des municipales qui cachent aussi des enjeux dans les métropoles

1:03:52
Invité

Oui on le rappelle les français vont élire des listes de conseillers municipaux mais sur ces listes des conseillers municipaux seront fléchés pour devenir conseillers de communautés de communes de communautés d'agglomérations ou encore de métropoles et le journal Nordéclair revient sur les enjeux de ce scrutin pour la métropole lilloise et il y en a avec des propositions de certains candidats par exemple pour la gratuité des transports métropolitains pour les jeunes la mise en place d'une police des transports métropolitains ou encore la création de parking relais et au final cette question cet enjeu de la métropole il va vraiment être débattu après le scrutin municipal quand les rapports de forces politiques seront connus et qu'on connaîtra la majorité au sein de la métropole

1:04:34
Présentateur

et merci beaucoup Alex et on vous emmène au cœur de cette campagne des municipales sur le terrain direction le Nord ce pourrait être la vitrine de la France insoumise pour ces municipales Roubaix 100 000 habitants pourrait propulser à sa tête le député insoumis David Guiraud face à lui un candidat des autres composantes de gauche un maire de droite élu il y a 3 mois et le Rassemblement National un scrutin qui aura valeur de test national reportage à Roubaix signé Jérôme Rabiez

1:05:00
Invité

Alexandre Garcin est maire de Roubaix depuis 3 mois et souhaite prolonger son bail faisant mentir les pronostics qui voient les fils emporter propulsé à la tête de la ville après la condamnation de son prédécesseur pour fraude fiscale il défend le bilan de 12 années de droite à Roubaix avec Guillaume Delbar on a fait beaucoup de choses on en a peut-être pas suffisamment parlé mais on a fait beaucoup de choses mais c'est aussi de vous parler de la vision parce qu'il y a 12 ans je n'avais pas forcément cette vision de la ville de Roubaix aujourd'hui j'ai une vision je sais où on va devant les chefs d'entreprise du secteur il alerte sur le risque d'une bascule de la ville vers LFI et ses conséquences le projet de David Guillaume c'est d'arrêter la rénovation urbaine à l'Alma et à l'Épeule mais on sait aussi que dans une métropole de droite dans un département de droite dans une région de droite il y a des robinets qui vont s'arrêter et que Roubaix ne bénéficiera pas d'une partie de ses financements une possible victoire LFI qui ferait grand bruit et qui serait une première dans une ville de 100 000 habitants député d'une partie de Roubaix depuis 2022 David Guillaume est parti tôt en campagne il y a un an et demi et avec ses équipes il poursuit le quadrillage de la ville à quelques jours du scrutin si vous avez des gens à la porte qui veulent me voir si vous m'avez en visu vous m'appelez s'il espère une mobilisation dans les quartiers populaires ce jour-là c'est dans un secteur résidentiel qu'il fait du porte-à-porte le médiatique député y est désormais reconnu

1:06:29
Locuteur non identifié

merci encore bonjour

1:06:31
Invité

ça va

1:06:32
Locuteur non identifié

voilà c'est David Guirault bonsoir elle a dit le nouveau maire

1:06:36
Invité

le nouveau maire on touche du bois mais il faut le dire à maman le risque pour le candidat donné favori du premier tour c'est la constitution d'un front anti-LFI auquel il refuse de croire l'opposant au maire et le maire vont fusionner ensemble mais ça je veux dire sur le papier c'est peut-être intéressant pour l'IFOP mais dans la réalité les gens qui votent pour un opposant au maire vont pas tolérer de soutenir le maire sortant l'opposant au maire cité par David Guirault c'est Karim Amrouni battu en 2020 par la droite le candidat réunit derrière lui l'ensemble des partis de gauche hors LFI et dénonce la violence de la campagne une campagne municipale sert à une confrontation d'idées et ce qui me contredit m'enrichit là on n'est pas là-dedans le type il me demande

1:07:23
Locuteur non identifié

où t'habites

1:07:24
Invité

c'est un truc de deuil fort du récent soutien du parti socialiste qui a retiré sa liste il espère l'emporter et pour l'instant sans alliance avec les miens nous avons été très clairs il y a un an on a dit Guirault pas possible Delbar plus possible aujourd'hui c'est M. Garcin qui a repris la relève de M.

Delbar on reste sur notre ligne de conduite point le rassemblement national pourrait aussi jouer les troubles faites dans une ville où le parti à la flamme atteint régulièrement les 20% c'est les 15 et 22 mars tout à fait il y aura deux tours oui ah bah j'espère parce que s'il n'y a qu'un tour ça veut dire que c'est David Guirault qui a pris la ville dans les quartiers les plus huppés de la ville la candidate Erène insiste sur la sécurité même si pour elle l'ennemi est d'abord LFI pour battre David Guirault et faire un front républicain contre David Guirault j'espère que le maire aura assez de courage cette fois-ci pour faire un réel front républicain avec le rassemblement national contre David Guirault un front anti-LFI qui devrait réunir très large et qui est pour l'instant improbable les électeurs roubaisiens trancheront dans les urnes en tout cas ceux qui se déplaceront dans une ville qui est une des plus abstentionnistes de France avec seulement 23% de votants en 2020

1:08:43
Présentateur

et le point sur cette campagne avec nos deux éditorialistes bonjour Yves Tréhard merci beaucoup d'être avec nous directeur indien de la rédaction du Figaro bonjour Elisabeth Martichoux bonjour Elisabeth Martichoux merci également d'être là Elisabeth alors on le voit Roubaix Roubaix ça pourrait être la prise de la France insoumise pendant les municipales on parle quand même d'une ville de 100 000 habitants ça serait la vitrine de LFI au soir du 22 mars

1:09:07
Locuteur non identifié

carrément oui alors c'est une ville de gauche qui était passée à droite mais dans son histoire elle est quand même très ancrée à gauche et semble-t-il David Guiraud a transcendé l'étiquette LFI il pourrait passer selon certains éventuellement au premier tour vous vous rendez compte ce que ça constitue pour LFI qui ne s'était jamais investi dans les municipales et qui pourrait effectivement arriver alors ce serait la ville de LFI mais ce serait une belle conquête pour le parti mélenchoniste il n'a pas l'air de souffrir tellement des difficultés de Jean-Luc Mélenchon en cette fin de campagne municipale enfin des difficultés de niveau national et donc David Guiraud effectivement pourrait apporter sur un plateau cette conquête ce qui constituerait pour LFI quand même comme vous dites un beau trophée dans la vitrine

1:10:02
Présentateur

ça permettrait à LFI d'afficher une sorte de victoire pendant ces municipales

1:10:06
Invité

oui alors il y a l'effet moyen-oriental c'est-à-dire que depuis qu'il y a la guerre on ne parle plus du tout d'antisémitisme de la France insoumise Mélenchon est disparu il n'est plus du tout dans les radars sous les radars et non néanmoins

1:10:19
Présentateur

ça peut profiter à leur candidat sur le terrain

1:10:21
Invité

ou est-ce qu'il y a une différence entre Mélenchon national

1:10:25
Présentateur

et le David Guiraud local et ça ne joue pas

1:10:27
Invité

si la polémique avait continué comme elle devait continuer parce que c'est quand même un point sur lequel moi alors à ce moment-là je trouve qu'il ne faut pas lâcher le morceau on ne peut pas considérer qu'en France on puisse faire une campagne électorale avec une tête d'affiche antisémite ce n'est pas possible mais rendez-vous compte on est en France on est en 2000 26 c'est quand même c'est quand même inimaginable après il y a les qualités de l'intéressé moi je ne le connais pas je ne vais pas être malhonnête je ne le connais pas suffisamment mais il a l'air d'avoir des sacrées qualités j'ai regardé quelques-uns des débats qui ont été faits localement c'est quelqu'un qui il en voit quoi apparemment il a pris la vie à bras-le-corps il connaît parfaitement ses sujets il ne s'égare pas d'ailleurs dans les considérations étrangères à la vie municipale et bon le résultat est là

1:11:22
Locuteur non identifié

il a fait une campagne municipale moi je ne connais pas bien Maroubet il a fait une campagne totalement municipale vous avez raison de dire ça quand je dis qu'il a transcendé LFI c'est à dire qu'il a réussi à ne pas ne pas faire en sorte d'être débordé par la polémique nauséabonde liée aux déclarations de Mélenchon il est costaud de toute façon il a une belle implantation et il est assez voilà ça fait partie des espoirs de LFI

1:11:49
Présentateur

et c'est vrai qu'il y a deux enjeux locaux à résonance nationale il y a la capacité de la France insoumise de pouvoir prendre une ville et puis on l'entendait dans le reportage de Jérôme Rabier la candidataire qui en appelle un front républicain anti-LFI est-ce que ça aussi ça va être un test de voir si ce nouveau front républicain appelé de leur vœu par plusieurs personnes va prendre corps et va se réaliser dans les jeunes

1:12:08
Locuteur non identifié

c'est compliqué de tirer on ne tirera pas beaucoup d'enseignements nationaux de ces municipales et ce n'est pas à l'aune des municipales de cette élection qu'on pourra faire des projections franchement je me souviens d'une conquête socialiste effectivement en 2001 qui avait été belle et on pensait que du coup Jospin gagnera en 2002 donc il faut faire très attention à un an même si on est très proche de la présidentielle il faudra faire très attention mais on va quand même regarder ça ça va être intéressant ça va être passionnant le deuxième tour ce que vont faire les socialistes par rapport à LFI dans l'entre-deux-tours parce que là on va avoir la vérité sur les prix entre les déclarations sur pas d'accord national et dans pas d'accord national il y a national et ce qui se fera au municipal évidemment on va essayer de comprendre donc ça c'est déjà un début de cordon c'est le cordon entre PS et LFI qu'est-ce qui va devenir il est probable qu'ils soient en lambeaux dans certains cas parce qu'il y a une logique aussi électorale quand vous vous battez pendant des années pour conquérir une ville et c'est vrai aussi pour quand le RN appelle au cordon quand vous essayez de conquérir une ville que vous êtes investi que vous êtes au point 2 et qu'il vous manque une petite alliance bien de chez nous pour y arriver se sacrifier sur cet hôtel-là ça n'a rien d'évident c'est quand même il faut comprendre aussi ces logiques-là et donc le cordon sanitaire auquel appelle le RN face à LFI il jouera évidemment si LFI est décisionnaire pour une conquête à droite mais ce sera compliqué quand même

1:13:54
Présentateur

à lire et on va voir ce que dit de ce cordon sanitaire Maude Bréjean la porte-parole du gouvernement invitée ce matin

1:13:59
Invité

On l'oublierait presque mais on va voter dimanche prochain premier tour des municipales Faudra-t-il dimanche soir tirer des enseignements nationaux de ces municipales ?

1:14:08
Locuteur non identifié

Moi je suis de ceux qui pensent qu'il faut toujours tirer des enseignements lorsque les français se déplacent Il est évidemment trop tôt pour dire lesquels puisque Bien sûr parce qu'on n'a pas voté Voilà exactement et donc mon message ce matin c'est intéressez-vous au programme allez aux réunions publiques interpellez vos candidats faites-vous un avis et évidemment allez voter

1:14:25
Invité

Vous avez dit je ne mettrai jamais un bulletin LFI dans l'urne Jamais Très clairement

1:14:28
Locuteur non identifié

Un bulletin RN non plus RN ou UDR non plus Non Tout le monde n'est pas aussi clair dans votre famille politique Écoutez moi je pense l'avoir toujours été je refuse de choisir entre le populisme et le communautarisme et j'estime que la responsabilité des forces du centre et de la droite c'est de bâtir l'alternative pour les semaines les mois et les années à venir

1:14:46
Présentateur

Ni RN ni Alaphie

1:14:47
Invité

Oui bah elle a toujours été très claire il faut le dire pour ce qui la concerne contrairement à ce que dit Thomas Soto il y en a quand même pas mal dans sa famille politique qui sont sur ce terrain là quand même mais on verra on verra on verra c'est ça qui va être intéressant parce que les deux partis dominants de la vie politique aujourd'hui sont des partis qui sont localement faibles aujourd'hui et les partis qui sont en voie de disparition sur le plan national sont les partis qui tiennent la plupart des municipalités donc ça va être intéressant de voir le rapport de force et ce qui est intéressant c'est qu'on risque quand même d'assister mais je peux me tromper heureusement on risque quand même d'assister à un petit changement un petit bouleversement avec ce municipal c'est à dire de voir des villes peut-être pas des grandes villes mais des villes moyennes qui tombent dans l'escarcelle du rassemblement national notamment dans le sud-est et puis peut-être des surprises de la France Insou ça va être très intéressant de savoir comment la gauche se comporte en général

1:15:55
Présentateur

On va en parler Yves mais d'abord je signale pour finir sur Roubaix que le débat des candidats à Roubaix sera à suivre sur notre antenne ce sera mercredi à 17h on va parler des villes écologistes on était à Bordeaux il y a quelques instants on va maintenant aller à Lyon bonjour Francis Egelmeyer rédacteur en chef adjoint au Progrès Francis quelle est la situation politique à Lyon quelles sont les forces en présence comment ça se dessine ?

1:16:21
Invité

Alors donc à six jours du premier tour c'est l'heure du choix à Lyon on se retrouve avec six ans après une vague verte avec un choix entre deux blocs qui semblent un petit peu se dessiner en tout cas qui semblent faire la différence par rapport aux autres candidats d'un côté on a Grégory Doucet qui peut s'appuyer lui sur un socle assez fort qui est de 30% qui n'a pas bougé et puis de l'autre on a un peu la surprise de cette élection qui est Jean-Michel Aulas Jean-Michel Aulas qui est connu comme patron du club de foot surtout et chef d'entreprise et qui a réussi à faire l'union derrière lui avec LR Renaissance Horizon et puis les partis centristes donc voilà un petit peu et il se détache lui aujourd'hui dans les sondages il est en avance dans les sondages et de l'autre côté on a également des candidats qui pourraient faire la différence derrière on a Anissa Belouassa Saché Rifi pour LFI qui est un peu en dessous de 10% aujourd'hui on a Alexandre Dupalais qui à l'aune de ce qui s'est passé sur l'actualité lyonnaise ces derniers temps qui rassemble qui porte les couleurs du RN et du DR pourrait peser dans cette élection et faire la différence en fait et on a ici aussi Nathalie Périn-Gilbert qui est soutenue par le BRG Georges Kepénikian ancien maire de Lyon la grande différence qu'il y a peut-être entre les deux candidats c'est que Jean-Michel Aulas a peu de réserve de voix au vu de ce qui se passe alors que Grégory Doucet lui en dispose de beaucoup plus

1:17:59
Présentateur

Un mot Francis Ziegelmeyer parce qu'il y a évidemment l'élection à la mairie de Lyon mais il y a un autre enjeu très fort à Lyon c'est la métropole

1:18:07
Invité

Alors en fait l'enjeu principal c'est la métropole de Lyon il faut voir que Lyon c'est la plus grande ville tenue par les écologistes la métropole c'est un budget de près de 4 milliards d'euros c'est Bruno Bernard qui est un personnage peut-être pas connu du grand public mais qui est excessivement influent chez les Verts un personnage important chez les Verts et si Lyon tombait dans l'escarcelle de Jean-Michel Aulas par exemple ce serait excessivement compliqué pour lui de garder la métropole donc ce serait une double défaite pour les Verts ce que je voudrais dire aussi c'est que en cette fin de campagne parce qu'il y a les sondages les sondages qui ont donné des tendances je trouve qu'on a une inclination et un resserrement qui est important Grégory Doucet termine très fort sa campagne il est très présent sur les réseaux sociaux Jean-Michel Aulas lui était un peu à la peine sur son débat le débat qui a été diffusé chez un de vos confrères récemment et tout ça fait que le scrutin pourrait être beaucoup plus serré que ce que les sondages évoquaient

1:19:12
Présentateur

Merci Francis Egelmeyer rédacteur en chef adjoint du Progrès pour ce point Lyon, la ville et la métropole Francis en parlait de ce débat un débat entre les candidats à Lyon vous l'avez co-animé vous vive ce débat est-ce qu'il peut marquer un tournant dans la campagne est-ce qu'il a révélé beaucoup de choses chez les candidats

1:19:30
Invité

le débat oui oui il a alors un tournant il faut voir mais effectivement il a révélé

1:19:35
Présentateur

les dynamiques sont un peu

1:19:37
Invité

il a révélé quand même que M.

Aulas qui est réuni large quand même effectivement tous les partis centristes plus les LR est quand même assez flou sur beaucoup de beaucoup de sujets on sent que c'est pas quelqu'un qui a une carrière politique derrière lui c'est quelqu'un effectivement chef d'entreprise un chef d'entreprise à Pogne il était réputé pour ça mais il découvre la politique et de faire la synthèse entre tous ses partis c'est pas très c'est pas très simple et puis il se retrouve flanqué d'un candidat d'un jeune candidat UDR UDR oui puisqu'il est sciotiste en fait qui vient d'ailleurs de LR comme beaucoup de sciotistes et qui est particulièrement percutant qui est un jeune homme qui a fait ses études à Lyon qui a passé une partie de sa jeunesse à Lyon qui est avocat à Paris mais qui alors là a réussi à un débat assez fameux pour lui après bon j'entendais mon confrère c'est sûr que compte tenu de ce débat je pense que la gauche et monsieur Doucet s'est retrouvé une petite petite santé et qu'il en profite à la fin de cette campagne c'est normal c'est normal

1:20:50
Présentateur

Lyon Bordeaux on était à Bordeaux il y a quelques instants Elisabeth de ville détenue par les écologistes c'est aussi un enseignement qu'il va falloir regarder ça le bilan de l'écologisme municipal et quelles villes vont-ils garder ?

1:21:04
Locuteur non identifié

ça ça va être un révélateur puisque c'est vrai qu'en 2020 dans cette élection tellement particulière on se rappelle dans quelles conditions on avait voté avec un taux d'abstention énorme énorme 50% quasiment les écologistes avaient émergé de façon spectaculaire combien de villes vont garder leur maire alors on va parler de Bordeaux à Bordeaux c'est l'écolo réallot Pierre Romic qui était déjà au conseil municipal d'Alain Juppé depuis longtemps et qui a par exemple sur la police municipale qui a très vite entendu ses administrés et voilà qui fait qui a un bon bilan on va dire au vu ça n'est pas encore joué mais il a Thomas Cazenave en face de lui bref ça c'est Bordeaux non Lyon pour Renaissance Lyon c'est intéressant parce qu'il y a eu le révélateur de l'inexpérience politique de Jean-Michel Aulas effectivement pendant le débat où vous étiez il y a eu aussi quand même l'affaire Quentin de Ranck qui a secoué qui a secoué cette élection municipale à Lyon et puis il va falloir voir parce que Grégory Doucet avec cette nouvelle dynamique il a laissé la porte ouverte à une alliance avec LFI donc si vous voulez ça aussi on va regarder ça très près à Lyon est-ce qu'il va le faire de façon très transparente auquel cas les écologistes n'ont jamais insulté l'avenir avec LFI contrairement au PS dans certains cas donc bon il a des réserves de voix pas n'importe quelle voix Jean-Michel Aulas a encore une avance elle a été un peu obérée enfin grignotée c'est incertain de toute façon c'est le mot qui caractérise beaucoup d'enjeux et à une semaine du scrutin c'est incertain ces municipales ça va être passionnant

1:22:48
Présentateur

et effectivement les alliances à gauche c'est l'un des enjeux de ce scrutin est-ce que ces municipales elles peuvent acter la rupture politique pour le coup entre la France insoumise et le parti socialiste

1:22:58
Invité

non mais on en parlait tout à l'heure c'est pas si évident que ça si vous voulez parce qu'il y a eu un accord national qui a été passé la semaine dernière un accord national une résolution au sein du parti socialiste

1:23:12
Présentateur

pour pas d'accord national

1:23:13
Invité

pour pas d'accord national mais nécessité fait loi donc je pense pas que des maires socialistes encore moins des maires écologistes ou communistes qui vont laisser passer la mairie sous prétexte qu'il faut pas d'alliance quoi je crois pas alors après il y a aussi cette histoire de cordon sanitaire à l'envers en fait le front républicain anti cette fois anti LFI on va voir s'il marche c'est pas sûr qu'il marche aussi bien qu'on veut bien le dire donc ça va être ça va être très compliqué pour pour ça va être très compliqué pour le parti socialiste

1:23:53
Présentateur

oui il y a trois villes peut-être qu'il faudra scruter de près sur cette alliance non-alliance LFI à l'épreuve des faits c'est Toulouse c'est Limoges c'est Avignon où là la gauche peut garder ou faire basculer la ville est-ce que là on va voir la différence entre les consignes au niveau national et puis ce qui va se passer au niveau local

1:24:13
Locuteur non identifié

ben oui parce que quand vous êtes candidat est-ce que vous laissez la ville à droite pour sauver l'honneur l'honneur qui consisterait à ne pas s'allier avec LFI qui est un parti dont le leader a proféré des propos antisémites donc vous laissez la ville à la droite ce que je parlais tout à l'heure des logiques de conquête politique c'est très très compliqué et je vais vous dire ça ne se fera pas il n'y a que Glucksmann qui lui a renoncé à sacrifier mais évidemment il n'a pas de baronnie on rappelle le parti socialiste c'est un parti qui fait 4,75% à la présidentielle et qui est à la tête de beaucoup de villes ou en situation de récupérer ou de conquérir mais il ne va pas se sacrifier en politique ça n'existe pas donc c'est ça qu'on va regarder avec beaucoup d'intérêt par exemple quelqu'un comme Emmanuel Grégoire lui il a été assez clair à Paris on verra et il a redit

1:25:12
Présentateur

vendredi sur plateau malice du premier tour sera malice du second tour

1:25:15
Locuteur non identifié

voilà donc il a été clair mais il y en a peu qui sont clairs regardez à Marseille c'est particulier parce que Payan il n'a pas vraiment sa carte PS il est catalogué PS vous pensez qu'il va laisser la ville à Franca Lisio du Rassemblement National bon voilà donc entre les déclarations de principe et puis ce qui se passera honnêtement la semaine prochaine ça va être intéressant

1:25:40
Invité

oui c'est vrai que c'est intéressant c'est important de dire ça dépend aussi qui est en face si vous avez un Rassemblement National en face de vous ou un UDR je doute que ben justement il n'y ait pas un effet un effet d'entraînement

1:25:54
Présentateur

enseignement aussi à droite et là on va peut-être regarder particulièrement la ville de Nice qui pourrait basculer du côté de l'UDR Rassemblement National est-ce que là aussi ça va avoir un impact une déflagration après sur les républicains et une porosité entre LR et RN

1:26:11
Invité

si parce que là vous faites référence à Eric Ciotti qui est donc UDR qui s'est détaché de LR si jamais il gagne à Nice ça va valider sa position surtout s'il y a énormément de villes qui dans la région je pense à Menton je pense à pas mal de villes dans toute la la côte méditerranéenne qui tombe UDR ou Rassemblement National ben ça va être un indicateur important en vue de la présidentielle évidemment et puis ça va valider effectivement bien la stratégie d'Eric Ciotti contre la stratégie de Wauquiez et de Rotaillot donc là ça va être intéressant

1:26:52
Présentateur

représenté par Christian Estrosi candidat à LR Horizon face à Eric Ciotti effectivement ça aura valeur de test national sur la stratégie avec une bombe à fragmentation pour les LR derrière

1:27:04
Locuteur non identifié

oui alors ça sera intéressant enfin ça sera important Nice qui passe sous sous Kazakh UDR RN oui Nice alors c'est une ville c'est la ville de Jacques Médecin c'est une ville de droite dure quand même pour Horizon pour le parti d'Edouard Philippe ça aura aussi des conséquences peut-être plus plus directement encore Horizon joue une carte compliquée surtout si

1:27:35
Invité

Édouard Philippe ne remporte pas le 1

1:27:36
Locuteur non identifié

j'en parle même pas mais alors là et on suivra tout ça

1:27:39
Présentateur

ensemble je vous retrouve avec grand plaisir lundi prochain on se retrouve au lendemain du premier tour émission spéciale pendant 2h on sera ensemble de 7h30 à 8h30 nous pour tout analyser une heure d'analyse avec vous on a hâte d'y être merci beaucoup merci à tous de nous avoir suivis on vous souhaite une excellente journée on se retrouve demain Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez Vous retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat