Guerre en Ukraine : une attaque russe massive sur Kiev
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
les drones jouent un rôle capital. Ils seraient responsables de 3/4 des pertes humaines. V.Zelensky promet un accord historique.
Qu'est-ce que ça veut dire? - Kiev à nouveau frappée au coeur dans la nuit de jeudi à vendredi. 6 morts et des dizaines de blessés dans une attaque massive menée par l'armée russe, qui a tiré en une seule fois plus de 400 drones et 19 missiles, saturant les défenses aériennes ukrainiennes.
Touchés notamment, un hôpital et des immeubles d'habitation. - Mes cheveux ont pris feu. J'ai commencé à les éteindre.
Puis j'ai allumé ma lampe torche. J'ai attrapé mon chien et le temps que je me retourne, le mur avait disparu. Les portes ont été soufflées.
Il y a eu des flammes partout. Les voisins criaient. - Cette nuit encore, la capitale ukrainienne a subi des coupures de courant, comme quasiment tout le pays, le fruit des nombreuses frappes russes sur les réseaux électriques et gaziers, à l'approche de l'hiver.
Sur le front, les difficultés s'accumulent dans le Donbass. La ville de Pokrovsk menace comme d'autres villes de tomber après un an de combats acharnés. V.Poutine le promet déjà depuis plusieurs semaines. - A Koupiansk et à Pokrovsk, l'ennemi est encerclé. - La nouvelle stratégie russe se révèle très efficace via l'infiltration par petits groupes qui progressent grâce au brouillard. - Ils ont massé de nombreux groupes d'assaut et ils arrivent à infiltrer l'opposition parce que nous manquons de soldats.
Quand il y a des combats, on repousse une unité d'un bâtiment. Mais une autre unité arrive à s'installer dans une autre maison et à rassembler des troupes. - Si elle tombait, Pokrovsk serait la plus grande ville conquise par l'armée russe.
L'armée ukrainienne n'abdique pas pour autant. Elle frappait hier un important dépôt de pétrole dans le sud de la Russie. Kiev continue d'appeler ses alliés à renforcer leurs sanctions économiques prises par D.Trump contre les géants pétroliers russes. - Cela entraîne une perte de 50 000 dollars pour la Russie l'an prochain.
Et nous espérons que les principaux pays s'efforceront de réduire au maximum leurs importations de produits russes. - A la télévision britannique, hier soir, D.Trump reconnaissait une forme d'impuissance. - J'ai déjà réglé 8 guerres.
Mais il m'en reste une. J'ai pensé que j'avais une très bonne relation avec le président Poutine. Je pensais que ce serait plus facile, mais on va y arriver.
On met beaucoup de pression sur les Russes. - Les Européens, pendant ce temps, s'inquiètent de voir la menace aérienne se rapprocher, avec maintenant la France. A Mulhouse, mardi soir, une colonne de chars Leclerc de retour d'exercice a été survolée par un drone suspect.
Rien que cette semaine, 2 autres sites militaires ont été survolés. Les dépôts de munitions de Brienne et de Mertzwiller dans le Bas-Rhin, après l'usine de poudre de Bergerac, lundi. A chaque fois, drones et pilotes restent introuvables. - C'est un drone du commerce, classique, de volume raisonnable.
Mais il faut aller plus loin. L'enquête est en cours. - Rien ne permet d'accuser la Russie, soupçonnée après les survols d'aéroports en Belgique, au Danemark ou en Allemagne.
Mais le sujet était bien hier au menu d'une réunion entre ministres européens de la Défense. - Notre réponse ne peut pas être dans les mots. Elle doit être dans les faits, dans les actes. - La lutte antidrones sera l'un des sujets principaux de la 9e visite lundi à Paris de V.Zelensky. - A.Casse: Question. - A.Bellanger: Ca fait tellement de semaines maintenant que V.Zelensky prépare sa population et l'Europe à la chute de Pokrovsk et de Koupiansk.
On oublie toujours Koupiansk, mais c'est une ville importante. Elle est très déportée au nord. Ce sont 2 villes plus que symboliques qui risquent de tomber dans les jours ou les semaines qui viennent.
J'émets l'hypothèse qu'il vient faire un tour diplomatique pour faire diversion, pour recueillir au moins un peu de grandeur... - A.Casse: Il n'a jamais employé cette expression avant.
Il nous prépare quelque chose, forcément. - A.Bellanger: La France est tout de même à la tête de cette coalition des volontaires, qui s'est engagée à soutenir l'Ukraine, notamment après la signature d'un cessez-le-feu ou d'un accord de paix, et à fournir des troupes.
Peut-être qu'il y a de cela dans cette rencontre à Paris. Par ailleurs, il va se rendre à Madrid. C'est étonnant, car a priori, il n'y a pas grand-chose à obtenir des Espagnols.
Ils ne veulent pas dépenser beaucoup plus de leur PIB en aides à l'Ukraine ou à l'Otan. Il y a aussi quelque chose d'un peu ronflant, peut-être pour faire diversion par rapport à un moment très difficile qu'ils vivent sur le front et à l'extérieur du front. Je rappelle que les Russes ont réussi en quelques semaines à mettre hors de service quelque chose comme 60 % des capacités de production de gaz ukrainien, juste avant l'hiver.
Ca signifie que l'Ukraine a des difficultés sur le front et des difficultés intérieures. C'est ce que cherche Poutine. - A.Casse: Vous êtes tous d'accord là-dessus?
C'est de nouveau pour demander de l'aide et essayer de tourner une page? - M.Jégo: Oui, je pense.
Les Ukrainiens sont en grande difficulté. A Pokrovsk, les Russes ont mis leur unité de drones, qu'ils ont créée en août 2024. C'est quelque chose de très pointu grâce auquel ils arrivent à frapper derrière les lignes ukrainiennes et à déstabiliser les opérateurs de drones ukrainiens, les centres logistiques...
Sur le terrain, les reportages le disent: depuis que ce Rubicon, cette unité de drones russes, est active, c'est terrible. Plus que jamais, l'Ukraine a besoin d'aide, de soutien pour le développement de son industrie de drones, qui est très bonne aussi, mais vous voyez comme ça va vite. On peut rajouter que les Russes, dans leur fabrication ou amélioration de drones dont ils se servent énormément sur le champ de bataille, sont aidés par les Chinois, qui leur donnent des puces électroniques très pointues auxquelles les Ukrainiens n'ont pas toujours accès. - A.Casse: Pour essayer de comprendre, on va regarder de quoi il a besoin.
Cette guerre des drones, on ne se la représente pas assez. Je lisais le reportage du "Figaro Magazine". Il dit: "Dans l'obscurité, avec une vision thermique, c'est comme être un arbre de Noël dans le noir." Ca explique pourquoi les avancées se font entre chien et loup le soir. - M.Burgot: C'est ce qu'ils appellent "l'heure grise".
Ces drones ont totalement changé le paysage que nous avons sous les yeux. Quand on va là-bas, il y a 4 ans, on ne voyait pas ces blindés encagés. Tous les blindés sont encagés...
Vous avez cette apparition de brouilleurs sur tous les véhicules. Ce n'est plus possible de rouler sur ces routes, notamment celles qui mènent à Pokrovsk, sans être dans un véhicule de l'armée avec des brouilleurs ultra efficaces qui, avec les nouveaux drones à fibre optique...
Ce sont des lignes... - A.Casse: Sur des dizaines de kilomètres? - M.Burgot: Sur 15 ou 25 km.
C'est insensible au brouillage. Vous ne pouvez pas les éviter. Ca a totalement changé le paysage, le ciel et la terre.
Quand vous roulez, c'est impressionnant de voir tous ces filets sur des kilomètres et des kilomètres...
La dernière fois que je suis allée dans cette région, en mai, il n'y avait pas tout ce tissu au-dessus de vous. Dans les champs, maintenant, vous vous emmêlez les pieds dans la fibre de ces drones à fibre optique.
Emmanuel Macron