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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 20 février 2012 10 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

Marielle de Sarnez

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:16RelanceÉludée

    Je crois qu'on ne vit pas tout à fait dans le même pays.

  • 0:51OuverteRéponse directe

    Donc Nicolas Sarkozy n'est pas le sauveur du pays comme il s'est présenté hier à Marseille ?

  • 1:15OuverteRéponse directe

    Quelle est la position du MoDem ?

  • 2:13OuverteRéponse directe

    Si je vous ai bien entendu, vous faites partie de ceux qui dénoncent la dureté des conditions imposées à la Grèce ?

  • 3:36RelanceRéponse partielle

    Ma question initiale portait sur le MES, le mécanisme européen de stabilité.

  • 3:52RelanceRéponse directe

    Et donc la règle d'or budgétaire...

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:11Invité politiqueFait
    « Nicolas Sarkozy explique que c'est grâce à lui que la France ne connaît pas le sort de la Grèce. »
  • 0:15Invité politiqueFait
    « Il a raison. »
  • 0:30PrésentateurChiffre
    « Un million de chômeurs de plus, juste pour citer un chiffre »
  • 0:55Invité politiqueFait
    « Non, pas du tout. »
  • 1:02Invité politiqueFait
    « une sorte de fonds de secours pour les pays en difficulté, mais dont ne pourront bénéficier que les seuls États qui auront inscrit dans leur constitution la règle d'or budgétaire. »
  • 1:11Invité politiqueFait
    « C'est pour cela que le Front de Gauche votera contre et que le PS a choisi de s'abstenir. »
  • 2:16PrésentateurFait
    « Je pense que si on ne lui laisse pas le temps de conduire un certain nombre de réformes de fond »
  • 2:22PrésentateurFait
    « Vous savez que l'église orthodoxe ne paye pas d'impôts. »
  • 2:25PrésentateurFait
    « Vous savez que les armateurs grecs ne payent pas d'impôts. »
  • 2:44PrésentateurFait
    « À l'ensemble des dirigeants politiques de l'Union Européenne. »
  • 2:51PrésentateurFait
    « On a un Barroso absolument inexistant. »
  • 2:53PrésentateurFait
    « On a un Von Rompuy encore plus inexistant. »
  • 2:56PrésentateurFait
    « Une Ashton totalement inexistante. »
  • 3:54PrésentateurFait
    « François Bayrou la demande pour la France depuis 2002. »
  • 5:02PrésentateurFait
    « ça fait 30 ans dans ce pays que les socialistes, un jour ou l'UMP l'autre jour, disent à la veille des élections on va mettre une dose proportionnelle à l'Assemblée nationale »
  • 5:20PrésentateurFait
    « Nous sommes le seul pays européen, le seul, qui ait ce type de scrutin. »
  • 5:50PrésentateurChiffre
    « nous sommes je crois au 60ème rang des Assemblées nationales du monde pour la présence des femmes. »
  • 6:41PrésentateurFait
    « Oui, il y a trop de parlementaires. »
  • 7:37PrésentateurFait
    « Ils ont d'ailleurs le même slogan. »
  • 8:44PrésentateurFait
    « C'est qu'il faut tourner la page sur toutes ses pratiques »
  • 9:25PrésentateurFait
    « Oui, bien sûr que j'y vois la main de Nicolas Sarkozy. »

Temps de parole

  • Présentateur75 %
  • Marielle De Sarnez26 %

3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Il est 8h22, 6h9 de Patrick Cohen.

0:09
Marielle De Sarnez

Bonjour Marielle de Sarnez. Bonjour. Nicolas Sarkozy explique que c'est grâce à lui que la France ne connaît pas le sort de la Grèce. Il a raison.

0:16
Présentateur

Écoutez, je crois qu'on ne vit pas tout à fait dans le même pays. J'ai entendu hier se satisfaire de l'état de la France en disant que finalement on s'était mieux débrouillé que tous les autres dans la crise économique. Je ne partage absolument pas son point de vue. D'ailleurs, je crois que les Français ne partagent pas son point de vue. Un million de chômeurs de plus, juste pour citer un chiffre, vous voyez bien qu'évidemment... Oui, écoutez, ce n'est pas ce qui se passe en Allemagne, puisqu'on parle de l'Allemagne tout le temps. L'Allemagne, voilà, elle débauche au contraire dans ses agences locales de l'emploi, parce qu'elle n'a plus de chômage.

Et donc vous voyez bien que l'Allemagne est un pays qui a continué de s'enrichir, la France est un pays qui a continué de s'appauvrir.

0:51
Marielle De Sarnez

Donc Nicolas Sarkozy n'est pas le sauveur du pays comme il s'est présenté hier à Marseille ? Non, pas du tout. Bon, à propos de la crise de l'euro, l'Assemblée nationale débattra demain du texte sur le mécanisme européen de stabilité financière, une sorte de fonds de secours pour les pays en difficulté, mais dont ne pourront bénéficier que les seuls États qui auront inscrit dans leur constitution la règle d'or budgétaire. C'est pour cela que le Front de Gauche votera contre et que le PS a choisi de s'abstenir. Quelle est la position du MoDem ?

1:17
Présentateur

Je pense que c'est important d'avoir de la discipline. On voit bien qu'avoir laissé filer dette et déficit depuis des années et des années dans la zone euro, et particulièrement en France, ceci n'était pas une bonne nouvelle pour les Européens. En même temps, on voit bien que la solidarité européenne, au fond, n'a pas été effective sur la Grèce. Moi, je regrette que le FMI ait été obligé d'intervenir. Je regrette pour les Grecs qu'on leur ait prêté de l'argent à des taux d'intérêt extrêmement élevés, sur le très court terme, qui faisaient que c'était et que c'est quasiment impossible de rembourser la dette.

À la vérité, l'Europe aurait dû se montrer vraiment solidaire en prêtant à bas coût, c'est pour ça que moi je suis pour que la BCE soit prêteur en dernier ressort, et en gérant avec eux les réformes sur le long terme. On ne peut pas exiger d'un pays que par exemple, il vous rembourse en deux ans ou trois ans. Ceci n'existe pas. Ceci rajoute des difficultés. Donc la gestion politique...

2:13
Marielle De Sarnez

Donc vous faites partie de ceux qui pensent que la Grèce ne pourra pas payer ?

2:16
Présentateur

Je pense que si on ne lui laisse pas le temps de conduire un certain nombre de réformes de fond, je pense par exemple à l'exception grecque. Vous savez que l'église orthodoxe ne paye pas d'impôts. Vous savez que les armateurs grecs ne payent pas d'impôts. Que tout ça est inscrit dans la constitution grecque. Eh bien c'est ce type de réformes qu'on aurait dû faire. Ça voulait dire aussi que l'Europe aidait à lutter contre l'évasion fiscale, notamment pour la question des armateurs. Donc la gestion politique de cette crise-là, cet accompagnement politique n'a pas été fait.

2:43
Marielle De Sarnez

La faute à qui ?

2:44
Présentateur

À l'ensemble des dirigeants politiques de l'Union Européenne. On n'a plus d'Europe aujourd'hui. Au Conseil Européen, donc au chef d'État et de gouvernement qui composent le Conseil Européen. On a un Barroso absolument inexistant. On a un Von Rompuy encore plus inexistant. Une Ashton totalement inexistante. Donc des institutions européennes qui n'existent plus. Tout ça parce que Nicolas Sarkozy, Angela Merkel ont considéré qu'ils pouvaient se passer des institutions européennes. Eh bien résultat des courses, nous n'avons plus d'Europe politique aujourd'hui.

3:10
Marielle De Sarnez

Si je vous ai bien entendu, vous faites partie de ceux qui dénoncent la dureté des conditions imposées à la Grèce.

3:14
Présentateur

Oui, bien sûr. Ce sont des conditions qui sont, un, il n'y a pas d'exercice de solidarité réelle et deux, elles ne sont pas efficaces parce que les Grecs ne pourront pas rembourser si vous les obligez à casser toute hypothèse possible potentielle de croissance chez eux. On aurait dû les accompagner, conduire des réformes avec eux, s'inscrire dans le temps. C'est exactement le contraire de la gestion européenne.

3:36
Marielle De Sarnez

Ma question initiale portait sur le MES, le mécanisme européen de stabilité.

3:41
Présentateur

Je suis d'accord avec tous les mécanismes européens de stabilité. C'est très bien. On peut dire que ça intervient un peu trop tard. On peut dire que ça aurait dû intervenir depuis le début de la crise. Voilà, c'est ça qu'on peut dire.

3:52
Marielle De Sarnez

Et donc la règle d'or budgétaire... Mais la règle d'or,

3:54
Présentateur

François Bayrou la demande pour la France depuis 2002. Et si on l'avait écoutée et entendue à cette époque-là, la France n'en serait pas là où elle en est aujourd'hui.

4:03
Marielle De Sarnez

Donc pas besoin de renégocier le traité qu'on appelle un peu abusivement Sarkozy-Merkel, comme le demande François Hollande ?

4:09
Présentateur

Ce traité, c'est un traité qui au fond constitutionnalise, enfin je veux dire, donne une base juridique à un texte qui a déjà été voté au Parlement européen. Qui est de simplement respecter au fond l'équilibre des comptes. On aurait même pu imaginer qu'on n'en ait pas besoin si on avait été de bons gestionnaires ou si nos dirigeants politiques avaient été de bons gestionnaires depuis plusieurs années. Est-ce que ce traité sera en lui-même suffisant pour relancer l'Europe ? La réponse est non. Est-ce que c'est bien de respecter la discipline budgétaire ? La réponse est oui, mais normalement, on ne devrait pas avoir besoin de l'Europe pour le faire. On aurait dû le faire.

Ce sont simplement des règles au fond élémentaires de bonne gestion qui n'ont pas été appliquées en France.

4:45
Marielle De Sarnez

Marielle Sarnes, je reviens à nos débats hexagonaux. Nicolas Sarkozy qui propose une dose de proportionnelle pour les législatives. Vous applaudissez ?

4:53
Présentateur

Non, évidemment, c'est du baratin. Ça n'existe pas. Vous savez, ça fait 30 ans dans ce pays que les socialistes, un jour ou l'UMP l'autre jour, disent à la veille des élections on va mettre une dose proportionnelle à l'Assemblée nationale parce qu'ils pensent que comme ça ils pourront entre guillemets acheter les uns ou les autres. Ceci ne peut pas fonctionner comme ça. Je pense qu'il faut une modification profonde du scrutin aujourd'hui en vigueur en France. Nous sommes le seul pays européen, le seul, qui ait ce type de scrutin.

il faut de la proportionnelle que j'appelle corrective, c'est-à-dire qu'ils viennent vraiment faire une Assemblée nationale qui ressemble au pays dans lequel l'ensemble des sensibilités sont présentes. Et qu'ils soient gouvernables ? Évidemment. Comment ? Mais comme à l'Allemande. Je veux dire, il faut avoir un système qui donne une majorité et en même temps que les sensibilités du pays soient représentées. Quand je dis sensibilité, je pense aussi aux femmes. Vous savez que nous sommes je crois au 60ème rang des Assemblées nationales du monde pour la présence des femmes. Si on ne met pas de proportionnelle, on n'arrivera pas à corriger cette inéquité.

5:59
Marielle De Sarnez

Donc proportionnelle, ça veut dire scrutin de liste pour imposer la parité. Bien sûr, mais heureusement,

6:05
Présentateur

mais c'est très bien. Vous voyez l'Assemblée, vous regardez le Parlement français.

6:08
Marielle De Sarnez

Tout le monde a la même tête.

6:10
Présentateur

C'est un Parlement qui ne ressemble pas à la France dans laquelle la société française ne se retrouve pas et c'est d'ailleurs un Parlement qui ne joue pas son rôle normalement de contre-pouvoir qui devrait être le sien.

6:21
Marielle De Sarnez

Vous trouverez des gens face à vous qui vous disent il faut l'ancrage des élus dans les territoires, il faut garder les circonscriptions, les arrondissements.

6:26
Présentateur

Il faut conserver l'idée d'un scrutin majoritaire et évidemment mettre de la proportionnelle dans tous les pays européens. On fonctionne comme ça aujourd'hui et ça ferait un Parlement qui serait d'ailleurs un vrai lieu de débat démocratique.

6:39
Marielle De Sarnez

Y a-t-il trop de parlementaires ?

6:41
Présentateur

Oui, il y a trop de parlementaires. C'est une idée que nous avons depuis très longtemps. Moi, je pense qu'on pourrait utilement diminuer le nombre de parlementaires. Ça en ferait d'autant plus des parlementaires qui seraient là au fond pour faire la loi. C'est-à-dire que normalement le Parlement, c'est fait pour ça. Pour faire la loi et pour intercer des contre-pouvoirs. Sans aucun cumul des mandats en tous les cas pour l'Assemblée nationale.

7:01
Marielle De Sarnez

Jean-Pierre Raffarin était notre invité la semaine dernière. Je ne sais pas si vous avez pris le temps de lire ces souvenirs, Marielle de Sarnez, ces souvenirs qui sont en partie les vôtres car vous étiez, vous, derrière Valéry Giscard d'Estaing au long de son premier septennat. Il n'en a fait qu'un. consacre de son septennat qu'il ne s'est pas renouvelé. Et justement, en 1980, lors de sa tentative pour renouveler son septennat, Valéry Giscard d'Estaing a perdu et Jean-Pierre Raffarin voit beaucoup de similitudes entre la fin du mandat de VGE et celle de Nicolas Sarkozy.

7:37
Présentateur

Ils ont d'ailleurs le même slogan. Est-ce ? Parce que Giscard a été pour une France forte et finalement, c'est exactement le même slogan.

7:44
Marielle De Sarnez

Trouvez-vous qu'il y a aussi beaucoup de similitudes entre Valéry Giscard d'Estaing

7:47
Présentateur

et Nicolas Sarkozy ? Franchement, j'ai connu Giscard. Peut-être que les circonstances politiques font que Nicolas Sarkozy ne sera pas réélu comme Giscard. Ça, je crois au fond que le lien qui était noué entre les Français et Sarkozy aujourd'hui, ce lien a disparu. Donc, je crois ça vraiment. Mais Giscard a modernisé la France, modernisé la société française en tous les cas dans les premières années de son septennat. Il a fait des réformes qui sont encore là aujourd'hui de façon, je trouve, plus intéressantes que celles qui ont été menées par Nicolas Sarkozy.

8:16
Marielle De Sarnez

Je parle des conditions de sa fin de mandat et d'une tentative de réélection pour chacun des deux présidents.

8:24
Présentateur

Je pense que Nicolas Sarkozy, je vous dis, le lien qui était entre les Français et lui me semble aujourd'hui rompu. Je pense que c'est très difficile de remonter ça si ce n'est impossible.

8:32
Marielle De Sarnez

Jean-Louis Borloo qui pourrait sortir du jeu politique en prenant la direction de Veolia Environnement. C'est dans la presse ce matin dans les éco-libérations. Ça vous inspire un commentaire, Marielle Le Sarveille ?

8:43
Présentateur

Oui, ça m'inspire un commentaire. C'est qu'il faut tourner la page sur toutes ses pratiques, qu'il faut élire un président impartial et c'est d'ailleurs une des raisons qui fait que je crois que la candidature de François Bayrou est une candidature incontournable dans ces temps difficiles de crise qui ne sont pas que des temps de crise économique et sociale mais qui sont aussi des temps de crise d'éthique et de responsabilité parce que vous voyez bien le mélange consternant des genres. On est dans une espèce de mécano politique et je te rachète telle entreprise et je te place là celui qui devait être candidat et qui ne le sera plus si je te le place là.

Enfin, écoutez, tout ceci n'a aucun sens.

9:20
Marielle De Sarnez

Pas parler clair, je ne comprends pas. Si ça se fait, vous y voyez la main de Nicolas Sarkozy ?

9:24
Présentateur

Ah oui, pas vous ? Oui, bien sûr que j'y vois la main de Nicolas Sarkozy. C'est ce que tous les journaux racontent ce matin. Moi, je suis pour une ferme et stricte séparation des pouvoirs et évidemment, nous avons sous les yeux exactement le contraire et c'est sur tout cela qu'il faut vraiment tourner la page le plus vite possible.

9:41
Marielle De Sarnez

Marielle de Sarnez, la vice-présidente du Modem, invitée de France Inter jusqu'à 9h moins 5. Ce matin, on vous retrouve dans quelques minutes avec les questions des auditeurs qui nous appellent et veulent vous interpeller au 01 45 24 7000.