Sécheresse : Anne Frackowiak-Jacobs, la préfète du Puy-de-Dôme demande à chacun de faire "des efforts importants"
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Peut-on faire le point sur la situation hydrologique ? On peut parler de crise dans le Puy-de-Dôme ?
- 1:25OuverteRéponse directe
Pouvez-vous élaborer sur comment se répartit la situation ?
- 2:46OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui change concrètement pour les particuliers en état de crise ?
- 4:53OuverteRéponse directe
Toujours sur ces restrictions pour les particuliers, on n'arrose pas les fleurs, on peut encore arroser le potager à certaines horaires.
- 6:01OuverteRéponse directe
Là, vous parlez donc plutôt de l'agriculture.
- 7:36OuverteRéponse directe
Quelles sont les restrictions qui s'appliquent pour les agriculteurs ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32Invité politiqueFait
« Nous sommes dans une situation hydrologique complexe, qu'on connaît parfois au mois d'août, mais en tout cas pas début juillet, et encore pas tous les ans. »
- 0:44Invité politiqueFait
« Longtemps, le Puy-de-Dôme a été considéré comme le château d'eau de la France, mais ça n'est plus le cas nécessairement aujourd'hui, compte tenu du réchauffement climatique. »
- 1:41Invité politiqueChiffre
« Nous avons un réseau hydrographique qui concerne à peu près 14 sites différents. »
- 3:14Invité politiqueFait
« Quand on est en situation de crise, c'est vraiment le stade ultime de la préservation de nos ressources, eh bien, on ne peut plus, évidemment pour les particuliers, arroser. »
- 5:19Invité politiqueFait
« C'est un impact considérable. D'autant que les particuliers utilisent évidemment pour remplir leur piscine le réseau d'eau potable. »
- 6:21Invité politiqueFait
« On n'irrigue pas avec de l'eau potable. On irrigue avec l'eau qui n'est pas traitée, l'eau de l'Allier. »
- 7:08Invité politiqueFait
« Si on n'irrigue pas aujourd'hui, simplement, il n'y aura pas de récolte. Et on a besoin de ces récoltes, évidemment, pour nos agriculteurs, pour leur permettre d'avoir un revenu, mais aussi pour assurer notre souveraineté alimentaire. »
- 10:23Invité politiqueChiffre
« Je rappelle que 9 incendies sur 10 sont d'origine humaine, et souvent, hélas, liés à un mégot qu'on a oublié en forêt. »
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Ici Pays d'Auvergne, ici Matin, Joshua Métivier, notre invité ce matin et la préfète du Puy-de-Dôme. Anne Fracowiak-Jacobs, bonjour. Bonjour. Après la canicule, les incendies, la sécheresse frappe aujourd'hui le Puy-de-Dôme. La situation s'aggrave pour nos rivières, pour notre sol. Alors pour protéger nos réserves d'eau, des mesures de restriction s'appliquent. Avant de rentrer dans le détail de ces mesures, Madame la Préfète, peut-on faire le point sur la situation hydrologique ? On peut parler de crise dans le Puy-de-Dôme ?
Alors effectivement, nous sommes dans une situation hydrologique complexe, qu'on connaît parfois au mois d'août, mais en tout cas pas début juillet, et encore pas tous les ans. Longtemps, le Puy-de-Dôme a été considéré comme le château d'eau de la France, mais ça n'est plus le cas nécessairement aujourd'hui, compte tenu du réchauffement climatique. Et nous devons effectivement avoir une gestion de l'eau très attentive, et surtout qui permette de ne pas créer de différences entre les usages. Tous les usages sont nécessaires, l'eau potable pour nos concitoyens, mais aussi l'eau pour les process industriels, l'eau pour l'agriculture, et l'eau évidemment pour maintenir la biodiversité.
Et donc bien sûr, ces restrictions s'appliquent de manière différente sur le territoire. Les auditeurs qui nous écoutent peuvent retrouver les restrictions, ou la situation pour leur ville sur le site bigio.gouv. Pouvez-vous élaborer sur comment se répartit la situation ? Il y a donc des zones qui sont plus ou moins touchées par ces restrictions, parce que la situation hydrologique est différente sur le territoire ?
Oui, tout à fait. Ce qu'il faut comprendre, c'est que nous avons un réseau hydrographique qui concerne à peu près 14 sites différents. Évidemment, tous les sites ne sont pas alimentés par les mêmes cours d'eau, et la situation de ces cours d'eau est différente, en fonction de son débit, en fonction aussi de la géographie, de la géologie. Et donc, il est normal que nous n'ayons pas la même situation dans tout le département, ce qui est parfois un peu difficile à comprendre pour nos concitoyens, bien entendu. C'est pour ça que je les invite vraiment à aller sur le site que vous venez de citer.
C'est très simple, on va sur ce site, on tape le nom de sa commune, et on sait précisément dans quelle situation on se trouve. Est-ce qu'on est en vigilance, simplement, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de restrictions particulières ? Est-ce qu'on est en alerte, en alerte renforcée ou en crise ? Ce qui est effectivement la situation la plus grave, dans laquelle on demande à tous de faire des efforts importants pour préserver la ressource.
Et donc, nous avons actuellement une zone en état de crise, une autre plus vaste en état d'alerte renforcée. Est-ce qu'on peut rentrer dans le détail des restrictions qui s'appliquent ? Commençons peut-être par les particuliers. Qu'est-ce qui change concrètement ? Qu'est-ce qu'on peut faire, ne plus faire, quand nous sommes en état de crise ?
Alors, quand on est en situation de crise, ce qui est le cas dans une partie est du département, encore une fois, c'est difficile d'en parler sans regarder une carte, et donc je vous invite vraiment tous à aller sur ce site Vigeo. Quand on est en situation de crise, c'est vraiment le stade ultime de la préservation de nos ressources, eh bien, on ne peut plus, évidemment pour les particuliers, arroser. On ne peut plus laver son véhicule.
Ça, même dans les situations d'alerte ou d'alerte renforcée, on peut laver son véhicule dans les stations qui le permettent, c'est-à-dire les stations qui ont aujourd'hui un système de recyclage de l'eau, mais on ne lave pas son véhicule au Karcher dans sa cour. On n'arrose pas ses fleurs. On peut arroser son jardin, parce que le potager, c'est important aussi de le préserver, mais à des heures, ce qui est du bon sens, évidemment, aux heures les moins chaudes. Pour les collectivités, on a aussi un certain nombre de restrictions, évidemment. On n'arrose pas les stades, on n'arrose pas les espaces publics.
De toute façon, dans l'état des pelouses, aujourd'hui, je crois qu'il est tout à fait inutile de les arroser. Donc, toutes ces restrictions figurent aussi sur le site, en fonction de la zone dans laquelle on habite. Et donc, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il y a effectivement une différence entre ces réseaux hydrographiques. Et donc, ce n'est pas parce qu'on va économiser de l'eau à Rion qu'on va en avoir plus en berre. Et ce n'est pas parce qu'on va en gaspiller à tiers que ça aura un impact sur Cournon. Donc, il faut vraiment qu'on regarde cette carte et qu'on regarde chacun les efforts qu'on peut faire chacun à son niveau.
Et j'insiste sur le fait qu'évidemment, il y a l'impact industriel et l'impact agricole, mais je vais y revenir. Mais j'insiste sur le fait que chacun peut faire des efforts, vraiment. Et que chaque petit effort a un impact sur le réseau hydrographique de son secteur.
Toujours sur ces restrictions pour les particuliers, vous l'avez dit, on n'arrose pas les fleurs. On peut encore arroser le potager à certaines horaires. On ne lave pas la voiture. Il fait encore assez chaud. Il peut faire encore très chaud la semaine qui vient. Beaucoup de gens vont être tentés de sortir la piscine, les bassins.
Exactement. Donc, on ne remplit pas la piscine. Si elle est déjà remplie, on peut éventuellement la compléter. Mais en tout cas, on ne remplit pas une piscine qui est vide. C'est un impact considérable. D'autant que les particuliers utilisent évidemment pour remplir leur piscine le réseau d'eau potable. Ce qui n'est pas le cas dans les autres usages, les usages industriels ou les usages agricoles. Et donc, sur un réseau d'eau potable, remplir une piscine, parfois, ça met à mal le réseau d'une commune, d'un village. Et il est arrivé récemment, lors de la précédente période de canicule, que le réseau d'eau potable soit à sec, qu'on ne puisse plus alimenter nos concitoyens.
Tout simplement parce qu'une personne dans le village a rempli sa piscine. Donc, on est parfois dans des situations extrêmement tendues. Alors, je reviens sur les différents usages parce qu'on me dit parfois, mais pourquoi est-ce qu'on continue à irriguer ?
Là, vous parlez donc plutôt de l'agriculture.
Pour le monde agricole. Le monde agricole est soutenu, donc la plaine de Limagne, à des captages, utilise l'eau de l'Allier. Et l'Allier est soutenu par le barrage de Nosac. C'est le but de permettre, en période d'étiage, d'alimenter l'Allier par ce barrage, qui est aujourd'hui plein à 92%, et qu'on commence justement à utiliser pour alimenter l'Allier. Parce qu'évidemment, on n'irrigue pas avec de l'eau potable. On irrigue avec l'eau qui n'est pas traitée, l'eau de l'Allier. Et donc, aujourd'hui et jusqu'à la semaine prochaine, on permet en effet au monde agricole d'irriguer, grâce à l'eau de l'Allier qui est soutenue par ce barrage et qui n'a donc pas d'impact sur l'eau potable.
Pourquoi est-ce qu'on permet d'irriguer ? Parce qu'on est, comme je vous le disais, très tôt en saison pour avoir ces restrictions. Et qu'on est aujourd'hui à un moment crucial de la pousse des végétaux. Et si on n'irrigue pas aujourd'hui, simplement, il n'y aura pas de récolte. Et on a besoin de ces récoltes, évidemment, pour nos agriculteurs, pour leur permettre d'avoir un revenu, mais aussi pour assurer notre souveraineté alimentaire. S'il n'y a pas de récolte, à un moment, on n'aura pas de pain, on n'aura pas de céréales, on n'aura pas de pain. Donc, ça, c'est important aussi de le maintenir.
Mais encore une fois, ça n'est pas avec de l'eau potable, c'est avec l'eau de l'Allier qui est soutenue par ce barrage. Et ce barrage permet aussi, justement, à plus grande échelle, de soutenir d'autres usages. Et on a aussi, évidemment, des usages industriels.
Vous avez donc parlé des agriculteurs, on va en parler des industriels, mais donc qui utilisent beaucoup d'eau pour l'irrigation, pour aussi abreuver les bêtes. Quelles sont les restrictions qui s'appliquent ? Qu'est-ce qui change, justement, pour les agriculteurs au quotidien avec ces restrictions d'eau ?
Alors, pour les agriculteurs, on peut toujours, évidemment, abreuver les troupeaux. C'est une obligation et on ne peut pas l'éviter. Un certain nombre d'agriculteurs ont des captages. Certains utilisent l'eau aussi, l'eau de l'Allier, mais un peu moins, puisqu'on est plutôt en pleine de Limagne. On a des secteurs qui sont notamment tout le sensi, qui n'est pas encore touché par les restrictions et qui ne posent pas, aujourd'hui, de difficultés intenses, je dirais, même s'il faut toujours être vigilant. Parce que notre vigilance, en fait, nous la contrôlons chaque semaine et chaque semaine, on peut prendre des décisions différentes.
Donc, pour les agriculteurs, on l'a vu pour l'irrigation, on l'a vu pour l'abreuvement des animaux. Pour les autres usages, évidemment, c'est comme pour les particuliers. On ne lève pas son tracteur comme on ne lève pas sa voiture.
Voilà. Et donc, vous l'aviez dit, d'ailleurs, ces décisions, elles sont mises à jour chaque semaine. On refait le bilan pour déterminer quelles seront les restrictions pour la semaine qui suit. On annonce une nouvelle vague de chaleur pour bientôt. Comment, de votre côté, est-ce qu'on voit l'évolution de la situation hydrologique dans le Puy-Dôme ? Est-ce que plus de zones pourraient être amenées à passer avec des restrictions supérieures ?
Alors, les prévisions de Météo France ne sont pas très favorables, en effet, pour la semaine qui vient. On nous annonce une nouvelle période de chaleur et donc de sécheresse. Donc, nous irons probablement vers des restrictions encore importantes. Ce qui est important de souligner, c'est que nous avons pris ces décisions dans le cadre du comité départemental de l'eau, qui s'est réuni hier, et vraiment, qui rassemble l'ensemble des acteurs qui oeuvrent dans ce domaine, industriels, agriculteurs, particuliers, puisqu'il y a aussi des associations que choisir, par exemple, qui participent à ce comité. On a des associations environnementales.
Et vraiment, hier, nous avons eu un consensus total sur les mesures qui ont été prises, et je les en remercie, parce qu'il y a vraiment une solidarité qui s'est instaurée au sein de ce comité, et on est tous d'accord sur ces restrictions.
Il nous reste 30 secondes, Madame la Préfète. Très rapidement, pourriez-vous nous parler un peu de la situation au niveau des incendies ? Ça a encore brûlé dans l'allié hier, des grands incendies, ici dans le Puy-de-Dôme. Quel est le niveau de risque ? Quelle est la situation dans le Puy-de-Dôme ?
Donc, nous sommes dans un risque élevé, pas tout à fait dans la situation de l'allié, mais avec, effectivement, des précautions importantes. J'ai pris des arrêtés qui imposent de ne pas circuler avec des véhicules thermiques en forêt, sauf pour les forestiers, évidemment, qui ont besoin d'y accéder. Et je crois qu'il faut vraiment appeler à la vigilance. Je rappelle que 9 incendies sur 10 sont d'origine humaine, et souvent, hélas, liés à un mégot qu'on a oublié en forêt.
L'appel à la vigilance et à la prudence de Madame la Préfète Anne Fracowiak-Jacobs. Merci infiniment d'être venue sur notre antenne, Madame la Préfète. Merci beaucoup.
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