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Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 30 avril 2025 66 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeInstitutions & électionsEurope & internationalSécurité

Marine Le Pen, les juges... et la contre-attaque - C dans l’air - 01.04.2025

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Elle a lancé la contre-offensive, Marine Le Pen ?

  • 0:45OuverteRéponse directe

    Elle considère qu'elle n'a rien à se reprocher. C'était sa stratégie de défense ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Sur sa stratégie de contre-attaque, assez virulente... Elle parle d'ingérence des magistrats dans l'élection présidentielle ?

  • 3:30OuverteRéponse directe

    Elle dit qu'il ne fallait pas se laisser abattre et intimider, qu'elle est là. Il y a un point de passage ?

  • 5:00RelanceRéponse partielle

    Mais sur la partie politique ?

  • 5:30OuverteRéponse directe

    Le système. Sur la brutalité de la charge envers les juges, les magistrats... On a entendu S.Chenu comparer la France à la Turquie. Vous êtes surprise, A.-C.Bezzina ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30M.Le PenFait
    « Le système a sorti la bombe nucléaire. Et s'il utilise une arme aussi puissante contre nous, c'est évidemment parce que nous sommes sur le point de gagner les élections, voilà. »
  • 1:00M.Le PenFait
    « On ne se laissera pas faire. Non pas tant pour nous défendre nous-mêmes mais pour défendre les Français, qui ont le droit de voter pour qui ils le souhaitent et pour défendre le pays. »
  • 2:30M.Le PenFait
    « L'objectif déclaré de la magistrate, je l'ai dit hier soir, c'est de m'empêcher d'être élue à la présidence de la République. »
  • 4:30M.Le PenFait
    « Partout où vous allez, dites aux Français qu'ils peuvent compter sur nous. Il n'y a aucun problème, on sera là jusqu'au bout, jusqu'à la victoire. »
  • 6:30M.Le PenFait
    « Aujourd'hui, le pays vacille. L'objectif déclaré de la magistrate, je l'ai dit hier soir, c'est de m'empêcher d'être élue à la présidence de la République. »
  • 8:00M.Le PenFait
    « J.Bardella est un atout formidable pour le mouvement. Je le dis depuis longtemps. J'espère que nous n'aurons pas à user de cet atout plus tôt qu'il n'est nécessaire. »
  • 9:00J.BardellaFait
    « J'ai le sentiment que tout sera fait pour nous empêcher d'arriver au pouvoir, mais croyez-moi, cette décision de justice ne suffira pas. »
  • 10:30M.Le PenFait
    « On nous reproche le fait que nous refusions de reconnaître les faits, parce que nous considérons que les règles du jeu n'étaient pas claires. »
  • 12:00M.Le PenFait
    « Il n'y a pas eu d'enrichissement personnel dans cette affaire. »
  • 14:00F.BayrouFait
    « Il est vrai qu'il y a des interrogations. J'ai moi-même souvent exprimé des interrogations sur le seul sujet qui me paraît devoir être, dans cette affaire, sous notre observation. »
  • 15:30F.BayrouFait
    « Le seul point de l'exécution provisoire fait que des décisions lourdes et graves ne sont pas susceptibles de recours. »
  • 17:00M.Le PenFait
    « Le tribunal a pris en considération, outre la récidive, le risque de trouble majeur à l'ordre public... »
  • 20:00D.PeskovFait
    « Nous ne voulons pas nous immiscer dans les affaires intérieures de la France. Nous ne l'avons jamais fait. »
  • 21:30D.TrumpFait
    « Cette affaire est très importante. Je suis au courant. Beaucoup de gens pensaient qu'elle serait condamnée pour rien. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Faites votre bilan personnalisé gratuit avec un expert ENGIE. ... - C.Roux: Bonsoir.

Bienvenue. "Le système a sorti la bombe nucléaire." C'est une charge qu'a livrée ce matin M.Le Pen, une charge contre la justice qu'elle dit politique.

Une charge contre les magistrats, qui s'ingèrent dans l'élection présidentielle, dit-elle. Elle a donc lancé la contre-offensive, avec une manifestation et un meeting prévu dimanche à Paris, comme un appel à ses soutiens à se mobiliser contre ce que le parti appelle désormais "un scandale démocratique". Le PS s'indigne de cette mise en cause de la justice.

Le gouvernement fait plutôt profil bas. Cet après-midi, le Premier ministre a défendu "en tant que citoyen" le principe de l'appel dans des décisions pénales lourdes de conséquences, évoquant même une réflexion sur l'état de la loi en la matière. La pression sur les juges monte, à tel point que les magistrats en charge ont été placés sous protection policière.

C'est le sujet de notre émission. Avec nous pour en parler, J.Jaffré, politologue et chercheur associé au Cevipof.

A.-C.Bezzina, vous êtes politologue et constitutionnaliste, maître de conférences en droit public.

N.Saint-Cricq, vous êtes éditorialiste politique à France Télévisions. Et L.Valdiguié, journaliste d'investigation à "Marianne".

Vous avez suivi tout le procès Le Pen ainsi que le procès Sarkozy. A paraître demain votre article sur "le Waterloo judiciaire de M.Le Pen".

On va commencer par écouter M.Le Pen ce matin face à ses troupes. - M.Le Pen: Le système a sorti la bombe nucléaire.

Et s'il utilise une arme aussi puissante contre nous, c'est évidemment parce que nous sommes sur le point de gagner les élections, voilà. Ils se disent que tout ce qu'ils ont mis en oeuvre n'a pas servi et que, peut-être, il faut passer à la vitesse supérieure. Les choses sont extrêmement claires.

On ne se laissera pas faire. - C.Roux: Elle a lancé la contre-offensive, M.Le Pen? - J.Jaffré: Oui.

Elle l'a placée sur le terrain le plus dur possible, c'est-à-dire la mise en cause directe de la justice. L'axe du RN, c'est qu'elle est victime d'une injustice. S'agissant d'une décision judiciaire, c'est effectivement une attaque directe qui est menée.

Elle lit le jugement comme un acte politique dont le RN et elle-même sont victimes. De ce point de vue, c'est une charge très forte. - C.Roux: Très violente? - J.Jaffré: En tout cas, très forte, car elle a, en même temps, le ton posé.

C'est une charge très forte contre la légitimité des institutions, du système politique et, évidemment, du système démocratique tout entier, dont la justice est un élément fondamental. Cette stratégie consiste d'abord à poser le problème de la légitimité d'être présente à une élection où des millions d'électeurs ont le droit d'être présents. D'autre part, elle consiste aussi à cacher l'ampleur de la gravité du jugement qui lui est opposé.

C'est-à-dire être condamnée à 4 ans de prison, dont 2 ferme sous bracelet, ce qui est une condamnation infamante quand on prétend diriger le pays. Mais on n'en parle pas, du coup. "Est-ce qu'on m'empêchera d'être candidate aux élections?

Est-ce qu'on empêchera les Français de pouvoir voter?" - C.Roux: Elle considère qu'elle n'a rien à se reprocher.

Ca a été sa stratégie de défense pendant tout le procès? - L.Valdiguié: Oui.

Son avocat avait dit: "Attention, si vous la condamnez avec une exécution provisoire de la peine d'inéligibilité, elle n'aura pas de recours." C'est vrai qu'il n'y a pas de solution judiciaire. La seule solution judiciaire qui s'offre à elle...

Elle n'est plus maître du calendrier. Elle dépend de la cour d'appel. Elle doit attendre que l'audience de cette affaire en appel ait lieu.

En moyenne, c'est 18 mois à 2 ans. Le jour de l'appel, là, elle pourra essayer de renverser la vapeur. Pour l'instant, elle est acculée dans un coin.

Ca ne dépend plus d'elle. Elle n'a pas de solution. - C.Roux: On va revenir sur la stratégie qu'elle peut mettre en place avec ses avocats.

Elle dit qu'il y a "un trou de souris". Vous étiez hier à l'audience. Sur sa stratégie de contre-attaque, assez virulente, car même si elle parlait à voix basse, les mots sont très violents...

Elle parle de l'ingérence des magistrats dans l'élection présidentielle. J.Bardella parle de la tyrannie des juges.

Vous l'avez vue quitter la salle hier? - L.Valdiguié: C'était trop dur.

M.Le Pen sait en réalité que le dossier est accablant. C'est une démonstration accablante que les 12 permanents payés par l'Europe ont travaillé pas du tout pour l'Europe.

Il y a des preuves, des échanges de mails, des aveux de l'époque...

Ils ont tenté de désamorcer tout ça mais de façon maladroite, voire grotesque. La présidente lui a tendu mille et une perches pendant l'audience. Ce sont des audiences qui ont duré jusqu'à 23h.

Un soir, elle lui a dit: "Madame Le Pen, On ne l'interprète pas. A l'époque, vous avez été mise en garde. On vous a dit que ça équivaut à des emplois fictifs." En réalité, elle ne s'attendait pas à ce qu'elle appelle "l'arme atomique".

Elle a quand même été là tout le temps, à l'inverse d'autres. Elle a tenté de se défendre. Elle a joué le jeu.

Elle pensait que jouer le jeu sur la forme allait l'exempter de l'exécution provisoire immédiate. Et au fur et à mesure, car la présidente, ce n'est pas venu en 2 secondes...

Elle a campé le décor, la condamnation, le détournement de fonds publics. La peine n'avait pas encore été prononcée, mais M.Le Pen a compris que la présidente allait prononcer l'exécution provisoire.

Et là, ça a été plus fort qu'elle. C'était insupportable d'assister à ce qui allait être sa mise à mort politique. - C.Roux: Elle, ce matin, dans cette conférence de presse devant ses troupes, a dit qu'il ne fallait pas se laisser abattre et intimider, qu'elle est là.

Il y a un point de passage? - N.Saint-Cricq: C'est ce que disait son avocat hier après-midi en disant que la voie était étroite, mais qu'ils allaient la tenter.

Il faut que l'appel vienne suffisamment tôt pour qu'on juge et condamne la décision dans un délai inférieur à 2 ans. - C.Roux: Mais sur la partie politique? - N.Saint-Cricq: Hier soir, je l'ai trouvée non pas modérée mais assez digne.

Et ce matin, en entendant sa conférence de presse, je trouve au contraire qu'elle utilisait tous les éléments de langage que son père avait pu utiliser... "On veut nous abattre", la théorie du complot...

En gros, une main anonyme et invisible qui tire toutes les ficelles. - C.Roux: Le système. - N.Saint-Cricq: Or, quand on fait bien attention et qu'on écoute J.Bardella ce matin, on voit qu'il a une voix plus calme.

Il respecte les juges. Il dit les mêmes choses mais avec un côté lissé qui ressemble plus à ce qu'aurait pu développer L.Wauquiez.

Il y a dans le RN une partie très offensive, représentée par J.-P.Tanguy, qui a fait aujourd'hui une tirade en mélangeant le général de Gaulle et la voix d'A.Malraux pour parler d'un quarteron de juges...

C'était les quarterons de généraux pendant la guerre d'Algérie. Il y a une hésitation. Et maintenant, la stratégie de la cheffe, qui dit en plus qu'elle ne va pas partir...

Je pense qu'elle a eu une réaction relativement réfléchie hier soir et plus émotionnelle aujourd'hui. On apprend, dans la foulée, la pétition, le grand rassemblement en soutien à M.Le Pen.

On ignore donc un peu la stratégie puisque la seule solution pour elle, du moins judiciaire...

S'il y a une dissolution, elle ne peut pas se représenter. Elle peut toujours censurer. On ne voit pas trop ce qui lui reste. - C.Roux: Sur la brutalité de la charge envers les juges, les magistrats, le système, l'Etat de droit qui n'en serait plus un...

On a entendu S.Chenu comparer la France à la Turquie, qui emprisonne les opposants à Erdogan. Vous êtes surprise, A.-C.Bezzina, de voir le tournant que prend le débat public et le débat politique sur la justice? - A.-C.Bezzina: Surprise, non.

Peut-être interloquée par l'intensité. Il me semble qu'il y a beaucoup de confusion, notamment sur le terme de "démocratie". C'est vrai que c'était un jour noir contre la démocratie, hier, car les juges appliquant la loi sont considérés comme des éléments de gouvernance.

Il y a aussi une charge très intéressante de renversement de la preuve. La coupable est, au fond, une victime. Ca fait partie des éléments de langage du RN.

Je pense qu'on mésestime l'idée que la justice est ici prise en otage. L'idée qu'elle n'accepte pas l'inéligibilité et son exécution d'office prouve que M.Le Pen essaie d'enjamber l'appel et surtout l'exécution de ce jugement, en mettant la pression sur les juges d'appel. "Il ne reste plus qu'à me blanchir pour que je puisse me présenter." En mettant même, sur la prochaine présidentielle, un faisceau d'illégitimité si elle n'y figurait pas.

Qu'est-ce qu'on fait? C'est assez intéressant. Il y a un argumentaire travaillé autour du phénomène de justice comme étant, de toute façon, toujours une manière de raconter la politique.

Est-ce que ça prend dans l'opinion? On se rend compte que maintenant, ça vient un peu dans tous les autres bords de l'échiquier politique. C'est plus cette atteinte en règle contre l'Etat de droit qui est en cause. - C.Roux: Elle s'appuie sur le jugement, en sortant des extraits du prononcé de la magistrate en disant: "Je vais vous prouver que c'est une décision politique." Devant ses troupes ce matin, M.Le Pen a en tout cas sonné la charge contre une justice politique, contre un système qui cherche à l'abattre sur le chemin de la présidentielle.

J.Bardella, lui, évoque la tyrannie des juges et des magistrats à l'origine du jugement ont dû être placés sous protection policière. Les débats s'enflamment à l'Assemblée. - Devant ses troupes à l'Assemblée nationale ce matin, M.Le Pen est ovationnée.

Hier, la justice l'a condamnée pour détournement de fonds publics. - M.Le Pen: On ne se laissera pas faire.

Non pas tant pour nous défendre nous-mêmes mais pour défendre les Français, qui ont le droit de voter pour qui ils le souhaitent et pour défendre le pays. Aujourd'hui, le pays vacille. L'objectif déclaré de la magistrate, je l'ai dit hier soir, c'est de m'empêcher d'être élue à la présidence de la République.

Ce n'est pas moi qui le dis, c'est elle qui le dit! - La patronne du RN cible une nouvelle fois les juges. Ordre est donné à ses troupes de se mobiliser. - M.Le Pen: Partout où vous allez, dites aux Français qu'ils peuvent compter sur nous.

Il n'y a aucun problème, on sera là jusqu'au bout, jusqu'à la victoire. - Inéligible pour 5 ans...

M.Le Pen fait appel de sa condamnation. Sur le plateau de TF1, hier soir, elle écoute l'énoncé de la peine qu'elle n'a pas voulu entendre au tribunal, le visage fermé.

Elle promet que son heure n'a pas encore sonné. - M.Le Pen: J.Bardella est un atout formidable pour le mouvement.

Je le dis depuis longtemps. J'espère que nous n'aurons pas à user de cet atout plus tôt qu'il n'est nécessaire. - Ne lui parlez pas d'un plan B comme Bardella...

Le président du RN, lui, est chargé de défendre M.Le Pen dans les médias ce matin. - J.Bardella: J'ai le sentiment que tout sera fait pour nous empêcher d'arriver au pouvoir, mais croyez-moi, cette décision de justice ne suffira pas. - Mais les attaques répétées contre les juges depuis hier ont laissé des traces.

La présidente du tribunal correctionnel est désormais placée sous protection policière. - Ils ont appliqué la loi et des peines prévues par la loi, qui étaient encourues par les prévenus. C'est très important.

Ce qui est inadmissible dans cette affaire, ce sont les attaques très personnalisées contre les magistrats et les menaces. - Le garde des Sceaux lui-même s'en émeut. ...

G.Darmanin qui, en novembre dernier, avait pourtant estimé qu'il serait choquant que M.Le Pen soit jugée inéligible.

L'exécutif craint-il des répercussions politiques? Hier, en plein conseil de planification écologique, F.Bayrou s'est dit troublé par la condamnation de M.Le Pen et l'a fait savoir. - O.Faure: Quand on est Premier ministre et qu'on a la charge des affaires de l'Etat, de la défense de la République, on ne peut pas être troublé par une décision de justice.

La justice juge au nom du peuple français. - Sans surprise, ce trouble a été évoqué cet après-midi à l'Assemblée nationale. - Mettre en cause une décision de justice, c'est manquer aux principes élémentaires de la séparation des pouvoirs et de l'Etat de droit. - La parole est à monsieur le Premier ministre. - F.Bayrou: Il est vrai qu'il y a des interrogations.

J'ai moi-même souvent exprimé des interrogations sur le seul sujet qui me paraît devoir être, dans cette affaire, sous notre observation. Le seul point de l'exécution provisoire fait que des décisions lourdes et graves ne sont pas susceptibles de recours. - F.Bayrou s'interroge, mais apporte son soutien aux juges.

Pour 57 % des Français, la décision de justice est normale, au vu des faits reprochés à M.Le Pen. - C.Roux: Une phrase vous a fait réagir, A.-C.Bezzina. - A.-C.Bezzina: C'est important de rétablir le terme: le droit au recours est une obligation constitutionnelle, légale.

Quand F.Bayrou dit que cette exécution provisoire met en danger le droit au recours...

Je comprends ce qu'il dit, puisqu'on exécute la décision avant l'appel. Mais l'appel peut tout rejuger avant la fin. Les juges ont retenu l'exécution provisoire par rapport au fait qu'ensuite, c'est quoi, le bon étiage pour la justice?

S'il n'y avait pas d'exécution provisoire, elle peut être élue à une élection et la justice ne peut pas s'appliquer. Donc on juge les faits qui ont eu lieu depuis 2004 en 2025? C'est ça qu'il faut avoir en tête.

L'exécution provisoire est un gage d'efficacité de la sanction. - C.Roux: C'est précisément ce qui donne un argument à M.Le Pen pour dire que c'est un jugement politique.

Elle dit: "Le tribunal a pris en considération, outre la récidive, le risque de trouble majeur à l'ordre public..." ...

Elle s'appuie là-dessus en disant que la juge ne rend pas la justice mais qu'elle fait de la politique. - A.-C.Bezzina: Ca fait partie des conditions qu'elle était obligée de motiver pour l'exécution provisoire.

Il y a 2 conditions: l'efficacité de la sanction pénale et le risque de récidive. Pour l'efficacité de la sanction pénale, la présidente déclare une personne inéligible alors qu'elle peut être élue, ce serait priver d'efficacité sa sanction. Et pour le risque de récidive, elle dit qu'il est avéré par le fait que le RN, dans ses éléments de défense, ne reconnaît pas même la constitution de la sanction.

Ils disent que le délit n'existe pas. - C.Roux: J.Bardella dit qu'on parle là d'un désaccord administratif sur la manière dont travaillent les assistants administratifs au Parlement européen. - A.-C.Bezzina: Si tous les citoyens se mettent à interpréter le Code civil, on n'est plus dans une République. - J.Jaffré: L'un des débats fondamentaux, c'est la légitimité du président ou de la présidente qui sera élu en 2027.

Ca a été un angle d'attaque de M.Le Pen hier soir. Soit dit en passant, ce n'est pas aimable si elle doit être remplacée par J.Bardella, car elle n'envisage pas que celui-ci puisse être élu.

On voit bien que le débat se déplace pour, Iventuellement, une mise en cause de légitimité du président ou de la présidente élu en 2027. C'est alors une autre "bombe nucléaire", mais cette fois-ci, à retardement. Inversement, en termes de légitimité, si M.Le Pen peut se présenter en 2027, alors qu'elle traînera une condamnation à 4 ans de prison dont 2 ferme sous bracelet, quelle sera la légitimité de la présidente élue dans ces conditions en 2027?

Elle attendra la fin de son mandat pour aller faire ses 2 ans de prison sous bracelet, ou elle pourrait se gracier elle-même au cours de sa propre présidence. On voit donc que nous sommes dans une dérive trumpiste possible ouverte par cette question de légitimité. - C.Roux: Un des arguments qu'elle donne ce matin, c'est qu'on lui reproche sa manière de se défendre. "On nous reproche le fait que nous refusions de reconnaître les faits, parce que nous considérons que les règles du jeu n'étaient pas claires.

Maintenant, il va falloir qu'on se défende comme les magistrats nous demandent de le faire." Qu'est-ce qu'on lui répond? - L.Valdiguié: Ce n'est pas tout à fait ce que lui reproche la présidente.

Elle lui reproche le mépris des faits, pas son système de défense. Elle a été libre de faire 45 recours. Pour expliquer les délais de cette procédure, il y a eu 45 recours, c'est-à-dire 45 fois 3 fois devant 3 juges de la chambre d'instruction.

Vous vous rendez compte du nombre de magistrats qui ont dû se prononcer sur ce dossier? Et la totalité de ces magistrats ont rejeté ses arguments. Ils ont dit qu'elle était jugeable pour détournement de fonds publics.

La totalité de ces magistrats a repoussé toute cette défense consistant à dire "vous n'êtes pas légitimes à me juger". L'argument dans tous les procès d'emplois fictifs, c'est toujours: "On fait ce qu'on veut de la dotation." Pas du tout!

D'ailleurs, le Parlement européen est partie civile. Parmi les assistants parlementaires, certains doivent habiter Bruxelles. C'est marqué sur leur contrat depuis 2014.

Ils doivent habiter dans un rayon de 70 km autour de Bruxelles. La cheffe de cabinet de M.Le Pen, ici à Paris, avait un contrat signé avec Bruxelles pour habiter Bruxelles.

Elle n'y a quasiment jamais mis les pieds. La présidente a expliqué tout ça. Elle a dit que la notion d'emplois fictifs ne faisait quasiment aucun doute.

Elle a insisté plusieurs fois dessus. Elle a insisté plusieurs fois Sur cette notion: "Attention, madame Le Pen, vous avez beaucoup d'explications politiques à nous donner, mais ce n'est pas ce qui intéresse le tribunal. Nous voulons que vous répondiez à des questions précises qu'on se pose.

Est-ce qu'il y avait un système? Est-ce que ces emplois étaient fondés?" A toutes ces questions, M.Le Pen n'a récupéré aucune perche tendue par la présidente.

Elle n'a pas compris que se défendre comme ça risquait, ce que tout le monde comprend d'habitude dans un procès...

Vous avez le droit de ne pas répondre, d'insulter les juges, on ne vous en tiendra pas rigueur. Mais si vous ne répondez pas aux questions, vous pouvez en payer le prix. Si vous reconnaissez, vous aurez, au contraire, une peine allégée.

Il n'y a qu'un vieux compagnon de J.-M.Le Pen qui a un peu tout avoué.

Il est venu dire qu'en 2004, J.-M.Le Pen lui avait demandé de faire ça, que c'était complètement fictif...

La présidente a dit hier, droit dans les yeux: "On ne vous met pas d'exécution provisoire immédiate. Le tribunal a tenu compte de vos explications." - C.Roux: Mais M.Le Pen dit qu'elle est innocente, qu'elle n'a rien à se reprocher et que la justice lui fait payer le prix fort parce qu'elle n'accepte pas de reconnaître ses torts. - L.Valdiguié: C'est le mépris des faits!

J.Odoul a reçu un SMS l'avertissant qu'il allait être embauché au cabinet de M.Le Pen, mais qu'il sera payé par l'Europe.

Il répond "OK pour le portage." 2 mois plus tard, il demande à M.Le Pen s'il peut l'accompagner à Strasbourg pour faire la connaissance de son député de rattachement...

Tout ça, c'était des preuves. - C.Roux: Un des arguments que M.Le Pen donnait ce matin aussi, c'est qu'il n'y a pas eu d'enrichissement personnel dans cette affaire. - N.Saint-Cricq: La limite, vraiment...

Il faudrait que ce soit de l'argent qu'elle ait pris pour partir en vacances. Tout ce qu'on n'a pas à payer parce que c'est payé ailleurs peut être considéré comme ça. Là où je ne suis pas entièrement d'accord avec vous, et les gens ne sont d'ailleurs pas dupes...

Les gens considèrent globalement que la peine était méritée. Ils ont bien compris qu'elle n'avait pas été d'une vertu absolue. Le sujet sur lequel on peut quand même s'interroger, puisque J.-L.Mélenchon, le gouvernement, l'opposition...

Parmi tous les politiques rencontrés, il n'y en a pas un qui s'était dit qu'elle serait inéligible. L'idée, C'était que ce serait étonnant. Ils ont donc qualifié la décision de la magistrate de "dure".

Mais en décidant 5 ans...

Qu'elle soit coupable, personne ne dit le contraire, mais qu'on ne laisse pas juges les Français de "elle a fait ça, elle a payé, on la condamne" et qu'on lui rajoute ça, c'est quand même un sujet qui peut se discuter. Quand J.-L.Mélenchon dit qu'on en retourne au peuple...

On peut quand même se demander s'il n'y a pas...

On peut se demander s'il n'y aurait pas eu une forme de prudence en mettant 1 an, ou 2 ans... - A.-C.Bezzina: Ca supposait une motivation que la présidente refuse justement.

Dans le cadre de motivation de la décision, elle dit que si on devait tenir compte qu'on ne prononce pas des exécutions d'office alors que les risques de récidive sont avérés, ça veut dire qu'il fallait prendre en compte des circonstances politiques dans une décision de justice. - N.Saint-Cricq: Ca peut se retourner. - A.-C.Bezzina: Justement, pourquoi la peine de L.Aliot, le maire de Perpignan, est différente?

Parce qu'il n'y a pas le temps pour un appel d'arriver. Il perdrait son mandat directement. Là, la présidente a conscience qu'il pourra y avoir un appel. - N.Saint-Cricq: Quand M.Le Pen parle de la députée Brigitte Barèges, qui a été obligée de démissionner...

Elle a été relaxée en appel. Entre-temps, elle était partie. - L.Valdiguié: C'est dommage que ces audiences ne soient pas filmées.

C'est le dernier monopole de la presse écrite. L'audience Sarkozy, il y a eu 33 journées. J'y ai passé 250 heures.

Il faut y aller! - C.Roux: Pourquoi vous dites ça? - L.Valdiguié: Comme ce n'est plus en direct à la télévision, quand je regarde les vieilles collections du "Monde" ou du "Figaro", il y avait des placards de compte-rendus d'audience qui faisaient 2 pages entières.

C'était quasiment in extenso le résumé de l'audience. Aujourd'hui, on est dans un moment où on ne prête pas assez attention à ce qui se passe pendant les audiences. - C.Roux: Au contenu des dossiers? - L.Valdiguié: On découvre un jour les peines et on se demande ce qui a pris au juge. - C.Roux: Question.

Cet après-midi, il a ajouté qu'il parlait en tant que citoyen. - J.Jaffré: C'est un monument, chez Bayrou.

Tantôt il dit qu'il parle à titre personnel, tantôt il dit qu'il parle en tant que citoyen, tout ça dans l'enceinte de l'Assemblée nationale alors qu'il s'exprime en tant que Premier ministre. Je n'ai jamais vu ça. La difficulté, c'est qu'il est un peu juge et partie sur ces questions.

Il y a un procès du MoDem qui sera en appel, parce que le parquet a fait appel du premier jugement qui condamnait beaucoup le MoDem et exonérait Bayrou. F.Bayrou prend opinion sur une décision judiciaire.

Il le replace sur le terrain législatif. Il sait quand même ce qu'il fait. Les juges appliquent la loi.

Si la loi est mal faite, et je suis de ceux qui pensent qu'une exécution provisoire en matière d'inéligibilité qui peut s'appliquer avant un appel, c'est très contestable...

Je suis très gêné de cet aspect des choses pour l'inéligibilité. Si c'est un enseignant coupable d'agression sexuelle, l'exécution provisoire consiste à lui interdire son activité d'enseignant. Ca doit s'appliquer immédiatement, même s'il y a un appel.

L'inéligibilité, ce n'est pas la même chose. Du coup, F.Bayrou déplace le terrain sur la loi et laisse ouverte la possibilité de voter une loi plus douce, avant l'appel, éventuellement.

C'est la dernière loi qui s'appliquerait aux juges au moment de l'appel. Donc l'intervention de F.Bayrou est vraiment une aide à M.Le Pen considérable. - C.Roux: Il veut changer la loi...

Il est ouvert à une réflexion au Parlement pour faire évoluer la loi sur l'exécution provisoire. Quelques chiffres donnés par l'agence Reuters sont intéressants. Il y a eu 16 000 condamnations à des peines d'inéligibilité prononcées en 2023.

En revanche, l'exécution provisoire de ces peines est extrêmement rare: seulement 4,7 %. - A.-C.Bezzina: C'est rare, même si ça fait quand même beaucoup d'affaires.

Tous les fonctionnaires, par exemple, qui se rendent coupables de ces délits, perdraient leur poste dans la minute. Des sénateurs, en début d'année, qui se sont rendus coupables d'infractions au financement de la vie politique, et même parfois minimes, ont été dans ce cas-là. Ils ont dû faire leurs cartons dans la minute.

C'est l'application de notre droit, depuis longtemps. - C.Roux: Dans le débat, ce qui est mis en scène et expliqué par le RN, c'est un peu la vérité du peuple, de l'élection, contre les juges.

Ce que disait J.-L.Mélenchon: les seuls qui peuvent disqualifier un candidat, ce sont les électeurs.

B.Vallaud a pris la parole cet après-midi à l'Assemblée. - A.-C.Bezzina: Il y a ce qu'on pourrait qualifier de démocratie illibérale, de constitutionnalisme populaire.

C'est l'idée de se dire qu'il n'y a plus de contre-pouvoir et qu'il ne doit rien y avoir au-dessus de la politique. C'est V.Orban qui a, le premier, théorisé la démocratie illibérale.

Il estime que, politiquement, c'est à lui de décider ce qui s'impose à lui. On peut séduire le peuple avec un tel discours et avoir une adhésion populaire. - C.Roux: Pourquoi c'est un problème? - A.-C.Bezzina: Je ne crois pas qu'il y ait des règles qui doivent s'imposer au peuple, mais l'idée qu'il y ait des contre-pouvoirs, c'est aussi quelque chose que souhaite le peuple. - C.Roux: On va voir la façon dont les choses ont été perçues à l'étranger.

Un mot sur la situation dans laquelle nous nous retrouvons, avec des magistrats aujourd'hui sous protection policière. - N.Saint-Cricq: C'est le principe même de l'hystérie absolue et de ce qui ne devrait pas arriver dans un pays développé.

Ca ne peut pas s'expliquer. Ca doit se condamner en long, en large et en travers. Simplement, pour éviter de basculer dans des démocraties illibérales, il faut que les décisions des magistrats soient comprises par le plus grand nombre.

Il faut que les citoyens vivent correctement avec leur justice, en considérant qu'elle est juste. Il faut faire en sorte qu'on discute d'abord des lois. Il y a une loi à l'origine de tout ça.

Il suffit de changer la loi si ça ne leur plaît pas! On peut aussi dire, comme G.Darmanin, qu'on espère que les délais de cour d'appel soient réduits.

Mais il faut probablement une pédagogie de la justice, qu'on explique les contre-pouvoirs. Quand vous voyez 41 % des Français dire qu'un régime autoritaire, si ça peut être efficace, ce n'est pas si mal que ça...

Il faut entendre, répondre et expliquer que la règle de droit protège et ne rend Pas incapable de faire fonctionner un pays. - C.Roux: Ce sont les mêmes Français qui disent à 68 % que la règle de l'exécution provisoire est juste. - J.Jaffré: Le RN n'a jamais cessé de réclamer une justice plus sévère.

Là, il y a une contradiction majeure. Il ne faut donc pas trop s'étonner des sondages. - C.Roux: On va poursuivre cette discussion, Notamment sur la question des délais et du calendrier.

On va voir comment les choses pourraient se passer. A l'Assemblée, cet après-midi, S.Chenu a moqué une France qui piétine l'Etat de droit sous le regard du monde entier. "On vous voit", a-t-il lancé à la tribune.

Le monde entier, pas tout à fait...

En tout cas, le parti de M.Le Pen a reçu le soutien de ses alliés nationalistes: Trump, Musk, le Kremlin et aussi G.Meloni... - M.Le Pen à la une de la télé russe. - La justice a jugé la figure politique la plus populaire du pays coupable de détournement de fonds du Parlement européen. - Dans les JT... - Désormais, des poursuites à des fins politiques sont utilisées en France. - Et dans les talk-shows pro-Poutine, on défend la présidente du RN condamnée en première instance. - C'est une privation de droit pour qu'elle ne puisse pas gagner les élections.

Macron n'est pas le 1er politicien européen à se débarrasser ainsi de ses concurrents. - M.Le Pen et V.Poutine se sont déjà rencontrés.

C'était en 2017, avant la présidentielle face à E.Macron. Le régime autocratique et autoritaire russe vole au secours de la députée française, tout en critiquant son ennemie, l'Europe. *-D.Peskov: Nous ne voulons Pas nous immiscer dans les affaires intérieures de la France.

Nous ne l'avons jamais fait. Mais d'une manière générale, toutes nos observations sur les capitales européennes montrent qu'elles n'hésitent pas à s'éloigner de la démocratie pendant leurs processus politiques. - L'ancien président russe Medvedev, porte-flingue de Poutine, va encore plus loin: il évoque une invasion et appelle à l'insurrection, en français, sur les réseaux sociaux. ...

En Europe, M.Le Pen reçoit également le soutien de tous ses alliés populistes: le Hongrois V.Orban, le Néerlandais G.Wilders ou encore le leader espagnol du parti d'extrême droite Vox.

En février dernier, tous se réunissaient en Espagne. - Nous sommes étroitement liés par la férocité des attaques que nous font subir les différents agents du mondialisme. - Soutien aussi de l'italien M.Salvini, l'extrême droite européenne autour de Le Pen. ...

Complot de l'UE, de l'Etat profond, des mondialistes face aux nationalistes...

De l'autre côté de l'Atlantique, la chaîne américaine Fox News développe aussi cette rhétorique et fait un parallèle avec D.Trump. - L'establishment mondialiste est très inquiet.

Si le peuple américain ne s'était pas battu de toutes ses forces, Trump et beaucoup de ses soutiens seraient déjà en prison aujourd'hui. - Le premier président américain condamné, lui aussi, s'inquiète de l'inéligibilité de la présidente du RN. - D.Trump: Cette affaire est très importante.

Je suis au courant. Beaucoup de gens pensaient qu'elle serait condamnée pour rien. Je ne sais pas si cela signifie une condamnation, mais elle a été interdite de se présenter pendant 5 ans alors qu'elle était la candidate favorite.

Ca ressemble beaucoup à notre pays. - E.Musk accuse la gauche radicale dans l'affaire Le Pen.

Toute l'administration Trump en profite pour continuer sa croisade idéologique contre l'UE. Le vice-président Vance s'inquiétait déjà de l'état de la liberté d'expression en Europe. - On ne partage pas les mêmes valeurs si vous annulez les élections parce que vous n'aimez pas les résultats.

On ne partage pas les mêmes valeurs si vous avez peur de votre propre peuple, que vous le réduisez au silence et le faites faire. - La condamnation de M.Le Pen resserre les rangs des populistes et de leur front international. - C.Roux: On a vu un extrait de ce discours à Munich de J.D.Vance, qui faisait la leçon à l'Europe.

On est dans cette même tonalité. - A.-C.Bezzina: Et dans cette inversion des concepts.

Un régime paraît plus libéral à partir du moment où il n'y a plus de limites. Mais on connaît les premières fake news depuis 1881. On a une loi sur la liberté de la presse.

On voit bien qu'il y a une forme de conjonction entre différents partis de bord assez proche, mais qui ont le même discours. "A partir du moment où quelque chose entrave mon pouvoir politique, c'est de l'ordre de l'illégitimité." C'est tellement facile dans les discours politiques de vendre au peuple cette idée qu'il n'y a qu'une seule légitimité, celle des urnes, que les contre-pouvoirs sont les 1ers à être visés. - C.Roux: Question. - N.Saint-Cricq: Je ne pense pas vraiment.

Ca commence à faire beaucoup. Quand on regarde la liste...

Je n'ai pas vu l'AfD, encore. - C.Roux: Ils ne sont pas très proches. - N.Saint-Cricq: Mais justement.

Il y a une divergence idéologique, mais il y a tous les partis européens. Déjà qu'il y avait une confusion sur la capacité de M.Le Pen ou des extrêmes en général à gérer un conflit international complexe, en clair, la guerre...

Le fait d'avoir des soutiens comme ça la décrédibilise un peu sur une vocation éventuelle à être cheffe de l'Etat, c'est-à-dire à prendre des décisions au nom de la souveraineté de la France, d'un certain nombre de valeurs. Ca joue aussi. Ils ne font pas une énorme publicité à ce genre de soutiens. - C.Roux: J.Bardella avait dit: "J'aime le patriotisme de D.Trump." Il y avait une question, mais elle est partie.

En faisant appel, M.Le Pen prend-elle le risque d'être condamnée plus durement encore? - L.Valdiguié: 90 % des décisions pénales en appel sont confirmées.

Sinon, souvent, elles sont relaxées. Elle a un petit trou de souris. Souvenez-vous d'A.Juppé en 2004.

En janvier ou février 2004, il est condamné dans l'affaire des emplois fictifs du RPR...

Tout ça ne date pas d'hier. C'est A.Juppé, président de l'UMP, futur successeur de J.Chirac, futur président de la République.

Il est condamné à 10 ans d'inéligibilité avec 18 mois de sursis. Il passe de debout à assis, dans la salle du tribunal de Nanterre. Il était venu au procès 1 jour sur 2, ne se sentant pas vraiment concerné.

On a l'impression qu'il va quitter la vie politique. Le calendrier judiciaire s'est mis en route à vitesse grand V. Il a été jugé en appel en décembre de la même année, en quelques mois.

La peine a été diminuée à un an d'inéligibilité. C'est l'année où il est parti au Canada, mais A.Juppé n'est jamais devenu président.

Il a toujours pensé que cette affaire avait joué un rôle dans son parcours politique. - C.Roux: Est-ce que ce sont les juges qui ont entre les mains la possibilité pour M.Le Pen d'être candidate, puisqu'ils maîtrisent le calendrier?

G.Darmanin a suggéré le fait qu'on puisse tenir des délais serrés pour clarifier cette situation. - L.Valdiguié: Ils étaient 25.

J'ai vu que J.Odoul faisait appel. L'intérêt collectif du RN, ce serait qu'il y en ait assez peu qui fassent appel.

Moins il y en a, plus le procès sera court et plus il pourra se glisser dans un trou de souris de calendrier de la cour d'appel qui est déjà bouché pour 2 ans. S'ils veulent, au chausse-pied, rentrer une audience d'ici la fin de l'année, puisque c'est l'enjeu, il faudrait que ce soit fin 2025, début 2026. Il faudrait ne pas être 25 à faire appel. - C.Roux: Quand on fait appel, on reprend le dossier à zéro? - L.Valdiguié: Il faut que les magistrats s'imprègnent du dossier et l'étudient.

C'est un dossier assez lourd. En appel, les cartes sont rebattues. Tout le monde va pouvoir venir expliquer... - J.Jaffré: La vraie question du procès en appel, c'est: est-ce que M.Le Pen changera sa défense?

Si M.Le Pen avait adopté un profil beaucoup plus bas, c'est-à-dire "nous avons considéré que c'était des collaborateurs politiques, mais nous avons fait une erreur d'interprétation et nous exprimons tous nos regrets"...

A ce moment-là, vous n'avez plus la menace de la récidive. Vous avez beaucoup moins de risques de l'exécution provisoire. - C.Roux: Il faudrait qu'elle reconnaisse les faits. - J.Jaffré: Il faut changer de système de défense.

C'est le b.a.-ba d'un procès en appel. - A.-C.Bezzina: Dans le système de défense, on a oublié de parler des différents recours, les exceptions de procédure.

Avant de juger le fond, on juge l'application du droit. Ils ont posé une question à la Cour de justice de l'UE, des questions sur la bonne applicabilité du droit, des questions préalables...

Ca, c'est 2 ans d'instruction. Si, en appel, on enlève tout ça, la décision peut aller beaucoup plus vite. Tout dépend des juges pour le choix du temps qu'il faudra pour reprendre.

Sinon, on reprend tout de A à Z. -C.Roux: Est-ce que les juges sont perméables?

Peuvent-ils se dire qu'on parle d'une candidate à la présidentielle qui porte, pour de nombreux Français, 11 millions, une espérance...

Ce n'est pas une affaire comme les autres. - L.Valdiguié: C'est ce que lui a dit la présidente. "Il faudrait qu'elle reconnaisse." Il faudrait qu'il y ait un procès en appel très rapide, très vite, avec peu de monde.

Il faut qu'elle arrive en disant: "C'était des faits anciens initiés par mon père. Je n'avais pas réalisé en 1re instance à quel point j'aurais dû reconnaître tout ça. Nous allons tout rembourser.

Je vous demande de ne pas prononcer mon exécution politique en ne me mettant pas l'exécution provisoire." Elle focalise toute sa défense sur un procès en appel sans exécution provisoire. Elle se pourvoira en cassation.

Elle pourra l'expliquer face aux Français. Elle reviendra dans les rails de ses explications face aux Français d'une condamnation lourde. Mais elle pourra légalement...

Légalement, elle peut dire qu'elle veut être candidate, mais elle ne peut pas, aujourd'hui. Elle n'a pas la possibilité juridique de se présenter à une élection. - N.Saint-Cricq: J'ai entendu maître Rodolphe Bosselut se défendre en disant qu'on ne peut pas commencer un procès en disant qu'on a fait mal les choses.

M.Le Pen est avocate. - J.Jaffré: Elle a été assez peu avocate. - N.Saint-Cricq: Elle était commise d'office.

Mais quand G.Bouleau lui demande si elle attend une grâce du président, elle répond qu'on peut avoir une grâce quand c'est une décision définitive. Elle sait un peu ce qu'est le droit.

En plus, c'est une bête politique. Se fonder uniquement sur la contre-attaque politique...

Mais J.-L.Mélenchon fait pareil...

Quand il y a quelque chose, au lieu d'essayer de répondre du point de vue du droit, d'articuler une défense, on met tout sur "c'est un complot contre moi", "c'est la tyrannie des juges"... - C.Roux: Elle peut en tirer un avantage électoral? - N.Saint-Cricq: Le logiciel est un peu perturbé... - J.Jaffré: Vous avez raison... - N.Saint-Cricq: Il y a une voie de passage, un trou de souris vis-à-vis de l'opinion...

C'est plus un trou de rat. Ca, c'est de la stratégie politique. - J.Jaffré: Dans la stratégie politique, c'est tenir son électorat.

Il faut faire corps. Le reste de l'opinion considère que c'est bien fait, que les juges appliquent...

Mais il faut que son électorat, cette masse de 35 % d'intention de vote que le RN n'a jamais atteints jusqu'à présent...

L'objectif, c'est de tenir. Le procès en appel devrait logiquement conduire à un changement de stratégie de défense et de stratégie juridique. Mais ça, c'est dans 15 ou 18 mois. - A.-C.Bezzina: Il y a une forme d'incohérence dans la défense médiatique.

On nous dit que les juges sont aux ordres du pouvoir, J.-P.Tanguy proposant des CV à l'emporte-pièce de certains juges.

Dans notre droit, c'est ce qui nous honore, on peut récuser un juge en lequel on n'a pas confiance en apportant des preuves de sa partialité. C'est l'une des exceptions de procédure. - C.Roux: Ce sont les mêmes juges en appel? - A.-C.Bezzina: Non, d'autres juges. - L.Valdiguié: C'est une défense politique, mais c'est hors sujet.

C'est l'équivalent d'un permis de conduire pour se présenter à une élection. On lui a retiré le permis. Elle peut se défendre, cultiver ces 35 %... - N.Saint-Cricq: Je ne disais pas que c'était bien.

Je disais que c'était un choix qui aurait pu marcher dans le temps. - L.Valdiguié: C'est comme si elle n'avait plus le permis de conduire, M.Le Pen. - J.Jaffré: 3 millions de Français conduisent sans permis, vous le savez? - C.Roux: Elle dit qu'on lui a retiré pour de mauvaises raisons. - L.Valdiguié: C'est shakespearien.

Je trouvais qu'elle s'était plutôt bien défendue. Elle avait joué le jeu. Elle n'était pas du tout comme hier, sur TF1, agressive...

Elle était avocate. Elle a le sens de l'audience. Elle a senti qu'elle devait prendre le manche, par moments.

Ses attachés parlementaires et ses députés étaient en perdition. A la fameuse réunion de juin 2014, où plusieurs personnes ont expliqué aux enquêteurs que M.Le Pen avait réuni tous ces députés ce jour-là pour leur dire comment ça allait se passer... "Vous allez pouvoir embaucher un assistant parlementaire chacun.

Le reste de l'enveloppe, on s'en occupe. Ce sera pour des permanents." C'est déjà accablant quand 3 personnes racontent ça.

Des députés européens, dont Marie-Christine Arnautu, étaient là. La présidente leur a dit: "Madame, vous avez entendu ça?" "Ah non, j'ai dû sortir fumer.

C'était pendant ma pause cigarette." Il en a 3 ou 4 qui ont fait le coup de la pause cigarette! C'était des défenses un peu plus souples, mais parfois catastrophiques.

Le résultat judiciaire catastrophique est fidèle au procès catastrophique. - C.Roux: A Lens, les supporters du RN sont sonnés, partagés entre l'abattement et la colère de voir le scénario de 2027 se compliquer cruellement pour leur championne.

Reportage sur ces terres conquises par le RN. - C'est un ancien bassin minier où le RN a fini par percer. A Lens, en juillet dernier, le parti a remporté les élections législatives dès le 1er tour.

Ce matin, les électeurs de M.Le Pen sont encore sonnés. Cet homme de 32 ans a les yeux rivés sur les chaînes d'information en continu. *-Le parquet a la main sur le calendrier pour l'appel. - Je trouve ça injuste.

C'est une personne politique qui est là pour défendre les Français en priorité, et la France. Elle est en tête de liste dans les sondages, à 37 %. Et là, on essaie de la faire taire.

Déjà après les législatives, au 2e tour, ils se sont tous ligués contre le RN en voyant qu'il était haut dans les pourcentages. Et maintenant, ça! - Ce chauffeur routier a toujours voté pour M.Le Pen.

Il y a 5 ans, il a pris sa carte au parti. Il s'est même rendu à plusieurs meetings. - Cette vidéo, c'était quand J.Bardella est venu à Hénin-Beaumont, au dernier meeting avant les élections. - Un engagement pour faire bouger les lignes, dit-il.

Alexis en est convaincu: seul le RN se préoccupe des sujets qui le concernent, comme le pouvoir d'achat. - J'ai l'impression que plus on travaille, plus les choses augmentent. On a l'impression de ne jamais s'en sortir.

Son programme est juste. Je pense qu'ils sont assez réalistes sur les décisions qu'ils prennent. C'est du bon sens. - A Lens, les taux de chômage et de pauvreté sont supérieurs à la moyenne nationale.

L'abstention est traditionnellement un peu plus forte que dans le reste du pays. Sur le marché, c'est un peu la confusion. Même les habitants qui ne soutiennent pas M.Le Pen se posent des questions. - Je trouve ça injuste. - Pourquoi? - Parce que la justice devient politique. - Si vraiment elle a fauté, c'est normal.

Maintenant, le bruit court...

Elle a dit qu'ils voudraient l'éliminer aux prochaines élections...

Si c'est ça, je ne suis pas d'accord. - Cette femme a rejoint le parti il y a 3 mois. Ancienne abstentionniste, cette mère de 3 enfants vote RN, pour plus de sécurité, dit-elle.

Sur qui compter désormais? La réponse pourrait se trouver dans ce livre, dédicacé par J.Bardella. - C'est quand il est venu à Hénin-Beaumont avec M.Le Pen.

J'étais allée le voir. J'espère encore que si Marine fait appel, elle pourra se présenter. Mais si c'est J.Bardella, c'est une bonne personne.

Il a les épaules pour. Beaucoup disent qu'il est jeune, mais je pense que c'est pas parce qu'on est jeune qu'on n'a pas les épaules pour. - Un éventuel remplaçant déjà testé dans l'opinion.

Selon un sondage, J.Bardella arriverait, comme M.Le Pen, en tête des intentions de vote au 1er tour de la prochaine élection présidentielle. - C.Roux: J.Bardella est aux côtés de M.Le Pen depuis hier, très mobilisé.

Que peut-on attendre de cette mobilisation? Manifestations plus meeting dimanche...

Question. - N.Saint-Cricq: Je ne pense pas, je n'espère pas!

Normalement, on a quelqu'un au ministère de l'Intérieur qui est relativement outillé pour empêcher ce genre de choses. - C.Roux: Il y aura du monde? - N.Saint-Cricq: Je ne sais pas.

C'est la vraie interrogation. Personne n'a vu venir cette décision. Globalement, personne ne l'avait vue venir, parmi les politiques.

Les journalistes, eux, se trompent souvent. Je ne sais pas si ça marche encore. Quand j'ai commencé, il y a fort longtemps, Balkany, Tiberi condamnés, on s'en fichait...

Les gens ont quand même compris que pour un parti, le côté "tête haute et mains propres", proposer l'inéligibilité à vie, le côté "tous pourris "...

Le "tous pourris", c'est les autres, mais eux avec. Je ne suis pas certaine qu'un appel à la rue...

Il faut faire attention à la façon dont c'est formulé. On ne sait pas si c'est une manifestation, une réunion publique. On croit que c'est une pétition.

C'est pacifique. - J.Jaffré: "Populaire et pacifique". - N.Saint-Cricq: J.Bardella fait un peu plus attention dans ses appels.

Je ne suis pas persuadée que les gens...

Ils sont plus fatigués qu'écoeurés. Quand on regarde les prévisions d'avenir du RN dans les sondages, aussi bien chez tous les Français que chez les sympathisants, ils considèrent que ça ne va pas être l'effondrement du RN. M.Le Pen considère que J.Bardella doit attendre un peu.

Il n'y aura pas de candidat du RN. Peut-être que j'interprète mal les sondages ou que je me trompe. - C.Roux: J.Bardella n'est pas inquiété dans cette affaire pour le moment.

Il y a eu une plainte déposée par une association de lutte contre la corruption. - L.Valdiguié: Il y a un tout petit contrat de 10 000 euros le concernant quand il était étudiant.

Il aurait récupéré un agenda de 2015 pour annoter des annotations. Il n'a pas été inquiété plus que ça. - J.Jaffré: Sur la manifestation de dimanche, d'abord, c'est un peu la copie de la manifestation Fillon du Trocadéro.

Ca me fait penser à ça. C'est la retransmission télévisée des discours dans une place pas trop grande, qu'on arrive à très bien remplir, qui donne de l'écho. A ce moment-là, ce sont les discours qui sont prononcés.

Les chaînes d'info reproduisent ça. Ca crée un élan. Le parti se bat et n'accepte pas l'injustice.

Ca avait marché pour Fillon. Il était théoriquement arrivé pour annoncer qu'il allait renoncer. Vu le succès de la manifestation, le soir même, sur les plateaux de télévision, il disait: "Je continue." C'était intéressant, votre reportage.

On voit tout un électorat qui pourrait facilement basculer vers J.Bardella, qui trouverait qu'il faut laisser place aux jeunes. "Quelqu'un qui n'a pas le nom de famille Le Pen, c'est pas mal du tout." Et puis M.Le Pen l'aidera...

Hier, elle n'était pas d'une amabilité débordante pour J.Bardella. Elle a dit qu'il ne faudrait pas user trop tôt de son talent, qui est grand.

Le problème Bardella, c'est d'une part son âge et sa capacité à mener une longue campagne. Le fait que M.Le Pen annonce qu'elle va continuer à se battre comme leader jusqu'au dernier moment pour essayer d'être candidate, ça met un peu à l'abri J.Bardella. - A.-C.Bezzina: Il faudra surveiller ça dans l'opinion pour une raison d'évolution de la législation.

Dans le rendu de la décision d'hier, la juge utilise cette évolution en disant qu'il y a eu une République des "tous pourris" où ça passait et où on a beaucoup moralisé. - N.Saint-Cricq: Et parfois sans réfléchir aux conséquences... - A.-C.Bezzina: 2013, 2019, 2020, on ajoute à la législation.

Le juge veut s'inscrire dans ce courant. Le Conseil constitutionnel en fait un objectif. Est-ce qu'on va revenir à un 3e temps de l'opinion où les "tous pourris" redeviennent légitimes?

L'OCDE dit que la défiance est un des facteurs les plus importants de décrochage en faveur de la démocratie. On a l'impression qu'ils sont corrompus. Est-ce en train de changer?

Il faudra le savoir. - C.Roux: Nous revenons à vos questions.

Question. - N.Saint-Cricq: Non.

Il y a un peu de tout. Par-delà les clivages politiques, les gens qui considèrent que F.Bayrou n'aurait jamais dû dire ce qu'il a dit...

Il y a des interrogations personnelles sur un certain nombre de choses, notamment sur l'automaticité de certaines peines. On ne peut pas dire qu'il faut individualiser les peines... - A.-C.Bezzina: Il n'y a pas de peine automatique. - N.Saint-Cricq: Est-ce qu'il n'y a pas une réflexion sur la justice pour qu'elle soit plus... - A.-C.Bezzina: Un Premier ministre ne devrait pas dire ça. - C.Roux: Question. - L.Valdiguié: Les magistrats ont le droit de vote, le droit d'avoir des idées.

La réponse à ça, c'est qu'ils ne prennent jamais de décisions tout seuls. Même les juges d'instruction qui, pendant longtemps, étaient seuls à pouvoir incarcérer, ils ont un juge des libertés. - C.Roux: Les magistrats sont-ils de gauche?

C'est ce que suggère cette question. - L.Valdiguié: On suggère que les magistrats peuvent prendre des décisions aussi lourdes...

Les peines en général sont de plus en plus lourdes. Il n'y a jamais eu autant de personnes en France. On bat les records de détention. - C.Roux: Question. - A.-C.Bezzina: On a eu un discours de M.Le Pen très dur. - J.Jaffré: F.Fillon avait fait une erreur tragique: "Si je suis mis en examen, je me retirerai." M.Le Pen n'a pas tenu ce genre de discours. - C.Roux: Ca veut dire que la justice peut être rapide quand il le faut. - J.Jaffré: Le procès a eu lieu longtemps après... - L.Valdiguié: La justice est embolisée. - J.Jaffré: Qui fixe l'audiencement? - L.Valdiguié: La présidente de la cour d'appel.

C'est un malheur que la justice soit à ce point embolisée. Pour qu'une peine soit efficiente, il faut qu'elle soit exécutée dans un délai raisonnable. Le parquet avait requit l'exécution provisoire au nom du délai raisonnable.

Ce serait l'intérêt général que la cour d'appel se réunisse dans un délai raisonnable, pourquoi pas à la fin de l'année. - C.Roux: Cette affaire peut être considérée comme prioritaire.

Question. - A.-C.Bezzina: C'est une question qu'il faut se poser.

Est-ce que c'est plus important d'être probe pour être élu? - L.Valdiguié: Le PNF n'a pas osé requérir l'exécution provisoire.

La pièce est en suspens. N.Sarkozy est en grand danger le jour du délibéré de cette audience. - C.Roux: Question. - A.-C.Bezzina: C'est un principe d'égalité devant la justice.

La loi de 1962 sur l'élection présidentielle interdit à un candidat inéligible d'être président. - C.Roux: Question. - A.-C.Bezzina: Il faut toujours essayer de prendre les choses à front renversé. - N.Saint-Cricq: C'est l'exécution provisoire qui me semble être le sujet de débat dans la classe politique.

Madame Sire-Marin a dit qu'elle pouvait s'interroger aussi sur ce genre de choses. - C.Roux: On passe le relais à A.-E.Lemoine. - A.-E.Lemoine: Au programme, la ville la plus ensoleillée de France, et ce n'est pas sur la Côte d'Azur.

Les ventes de Tesla qui s'effondrent en Europe. Le dialogue qui reprend entre Paris et Alger après 8 mois de crise. Et l'analyse d'un ancien Premier ministre au lendemain de la déclaration Le Pen.

J.-P.Raffarin est notre invité.