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Podcast / conversationPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 26 février 2026 88 minContradictoireActualité / polémiqueAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesSanté

Bonjour chez vous ! du 26 février 2026

Source d'origine 5 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 42 %Attaque 38 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:50OuverteRéponse directe

    Comment enrayer les crises agricoles et la France est-elle encore une puissance agricole ?

  • 2:10OuverteRéponse directe

    Que nous opposent le Rassemblement national et la France insoumise ?

  • 2:49RelanceRéponse directe

    Quand une formation politique entretient l'ambiguïté sur la violence, Madame Panot, la priorité devait être à la clarification interne ?

  • 3:15OuverteRéponse directe

    À droite, Bruno Retailleau s'en est pris au parti de Jean-Luc Mélenchon hier soir, qu'en pensez-vous ?

  • 3:23OuverteRéponse directe

    Pour le président du groupe écologiste au Sénat, pas question de renier la France insoumise ?

  • 3:56OuverteRéponse directe

    Des alliances entre la France insoumise et les écologistes sont d'ores et déjà prévues pour les élections municipales ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:24InvitéFait
    « Que nous opposent le Rassemblement national et la France insoumise n'ont pas une stratégie alternative, nous l'avons entendu à l'instant, mais une succession d'improvisations. »
  • 2:34InvitéFait
    « Quand une formation politique entretient l'ambiguïté sur la violence, quand elle brouille les repères républicains, la priorité devait être à la clarification interne, Madame Panot, pas à la déstabilisation institutionnelle comme vous le faites une nouvelle fois ce soir. »
  • 3:15InvitéFait
    « Les pires, c'est LFI. Jamais, jamais, je ne mettrai un bulletin de vote LFI dans une urne. Jamais. »
  • 3:28InvitéFait
    « On gouverne, on a gouverné des grandes villes, d'autres communes avec la France insoumise. On partage un programme, on a partagé un programme en commun. »
  • 3:52InvitéFait
    « La gauche, les écologistes, nous avons besoin d'être unis. C'est comme ça que nous pèserons et c'est comme ça que nous sauverons les valeurs républicaines. »
  • 4:05PrésentateurChiffre
    « La motion de censure des insoumis a recueilli 108 voix, tandis que celle du RN a obtenu 140 voix hier soir, loin d'être suffisant pour renverser le gouvernement. »
  • 4:16PrésentateurChiffre
    « L'Assemblée nationale a voté en faveur de la proposition de loi par 299 voix pour, contre 226 contre. »
  • 5:17InvitéFait
    « On ne peut pas faire campagne dans ces conditions. »
  • 6:05Invité politiqueFait
    « On essaye de contribuer à redonner une perspective aux agriculteurs et à l'agriculture. »
  • 6:13Invité politiqueFait
    « Je crois que l'agriculture a besoin qu'on lui ouvre des perspectives. »
  • 6:22Invité politiqueFait
    « À un moment, on a une loi d'orientation agricole qui prévoit la transmission en génération. »
  • 6:45PrésentateurChiffre
    « Le groupe CEP qui envisage de supprimer 500 emplois en France. »
  • 6:55PrésentateurChiffre
    « Il prévoit de supprimer 2 100 emplois dans le monde, dont 500 en France. »
  • 12:13PrésentateurChiffre
    « 10% des moins de 35 ans consomment du protoxyde d'azote de manière occasionnelle en soirée avec des amis contre 2% pour les 35 ans et plus. »
  • 12:33PrésentateurChiffre
    « 6% des 16-24 ans ont déjà pris du protoxyde en conduisant ou avant de prendre le volant et 9% ont déjà été passagers d'une voiture dont le conducteur a pris du protoxyde. »
  • 12:54PrésentateurChiffre
    « L'an dernier en France 3513 personnes ont perdu la vie sur la route en France, ce sont 81 morts de plus qu'en 2024. »
  • 13:22InvitéFait
    « On est face à un vrai phénomène de société donc je ne suis pas la première à parler du protoxyde d'azote beaucoup d'autres parlementaires avant moi l'ont fait. »
  • 17:15InvitéChiffre
    « 80% des personnes tombent dans l'addiction et dans une consommation quotidienne. »
  • 22:15InvitéFait
    « Le Danemark a arrêté cette vente, les Pays-Bas ont arrêté la vente aux particuliers régulé la vente aux professionnels. »
  • 32:10InvitéFait
    « il y a quand même beaucoup de choses qui ont été faites sur la rémunération, les lois EGALIM »
  • 32:35InvitéFait
    « je prends un exemple les revenus agricoles et notamment ces relations commerciales entre grandes distributions industrielles et agriculteurs »
  • 36:10InvitéFait
    « le principal fléau de l'agriculture c'est le logement »
  • 36:23InvitéFait
    « on ne paye pas assez cher notre alimentation »
  • 37:07InvitéFait
    « la loi éganime sur la commande publique le pourcentage de produits durables dans la commande publique en fait on n'y est pas »
  • 38:30InvitéFait
    « si demain dans nos restaurants dans notre restauration collective dans nos écoles la viande qui était consommée était de la viande 100% française vous n'auriez aucun sujet de Mercosur »
  • 48:07InvitéChiffre
    « 27 000 terrains de foot chaque année encore en France »
  • 48:25InvitéChiffre
    « un t-shirt c'est 2700 litres d'eau pour être produit »
  • 52:26InvitéFait
    « toute eau supplémentaire qui va tomber dessus est de l'eau qu'on appelle ruissellante »
  • 57:32PrésentateurChiffre
    « Louis Sarkozy ne pointe qu'à la 4ème place des intentions de vote au premier tour avec 16% des voix. »
  • 59:00PrésentateurChiffre
    « Seb prévoit de supprimer 2100 emplois dans le monde dont 500 en France. »
  • 1:04:11Locuteur 2Promesse
    « Un budget de la PAC qui doit être à la hauteur des ambitions que nous avons. »
  • 1:08:36Invité politiqueFait
    « Il ne faut pas que ça soit un texte qui veuille tout embrasser mais qui doit répondre à la levée des entraves en agriculture. »
  • 1:21:31InvitéFait
    « Même en France, on aura des problèmes d'accès à l'eau demain. »
  • 1:23:27PrésentateurChiffre
    « ma marge est connue, elle est bien plus faible que dans d'autres secteurs »
  • 1:23:31PrésentateurChiffre
    « mon résultat net, ce qu'il me reste à la toute fin, c'est moins de 1% de mon chiffre d'affaires »
  • 1:23:37PrésentateurChiffre
    « 10 fois moins que les industriels »
  • 1:25:17Locuteur 4Chiffre
    « les industries agroalimentaires en France, c'est 98% de PME »
  • 1:25:51InvitéChiffre
    « on a 390 000 exploitants, un bon millier de PME face à en gros 5 centrales d'achat »
  • 1:26:00InvitéFait
    « le secteur agricole est le seul dans le monde économique qui ne fixe pas ses propres prix »

Temps de parole

  • Présentateur37 %
  • Invité23 %
  • Invité 215 %
  • Locuteur 411 %
  • Invité 310 %
  • Invité politique2 %

0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, très heureuse de vous retrouver en ce jeudi 26 février pour faire le tour de l'actualité au plus près de chez vous. On regarde ensemble le programme. Une émission largement consacrée à nos agriculteurs alors que se tient jusqu'à dimanche le salon de l'agriculture à Paris, Dermatose Mercosur revenu trop bas. Comment enrayer les crises ? La France est-elle encore une puissance agricole ? Doit-elle conserver son modèle productiviste ? On va en débattre dans une heure. Frédéric Dané et Emmanuel Ducrot seront avec nous.

Et puis nous recevons Julien de Normandie, l'ancien ministre de l'agriculture. L'agriculture, est-ce un échec des quinquennats d'Emmanuel Macron ? On lui posera la question dans une demi-heure. C'est un fléau qui prend de l'ampleur, celui de l'usage détourné du protoxyde d'azote, un gazilarant qui porte bien mal son nom, devenu pour certains une véritable drogue. Il est pourtant en vente légale. La sénatrice socialiste Marion Canales va en réserver son usage aux seuls professionnels, comme la médecine ou la cuisine. Son texte est examiné aujourd'hui au Sénat. Elle est notre invitée dans quelques instants. Et puis elle a une de nos régions, J-18.

Avant le premier tour des municipales, un scrutin qui pourrait bien donner le ton de la présidentielle, et notamment du côté du Havre, où Édouard Philippe est candidat à sa succession, un sondage le donne battu par son adversaire communiste au second tour. Les détails dans notre journal de campagne. Voilà pour le programme. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et on commence avec les repères de l'actualité. Bonjour Yohann Delorat. Bonjour Yohann. Merci beaucoup d'être avec nous à la lune de ce jeudi 26 février. Yohann, la charge de Sébastien Lecornu contre la France insoumise et le Rassemblement national.

Oui, le Premier ministre s'en est pris aux extrêmes hier, alors que son gouvernement faisait l'objet de nouvelles motions de censure sur sa feuille de route énergétique. Cette fois, à gauche comme à droite, les réactions sur le Rassemblement national et la France insoumise ne se sont pas faites attendre. Un sujet de Clément Guy-Honor. Hier, quelques minutes avant le vote de nouvelles motions de censure à l'Assemblée nationale, Sébastien Lecornu s'est exprimé à la tribune, fustigeant les positions du Rassemblement national et de la France insoumise.

Que nous opposent le Rassemblement national et la France insoumise n'ont pas une stratégie alternative, nous l'avons entendu à l'instant, mais une succession d'improvisations.

2:34
Invité

Quand une formation politique entretient l'ambiguïté sur la violence, quand elle brouille les repères républicains, la priorité devait être à la clarification interne, Madame Panot, pas à la déstabilisation institutionnelle comme vous le faites une nouvelle fois ce soir.

2:49
Présentateur

À droite, Bruno Retailleau s'en est pris au parti de Jean-Luc Mélenchon hier soir, qu'il situe hors de l'arc républicain, contrairement au Rassemblement national.

2:57
Invité

Je ne mets pas, certains le font, mais je ne mets pas de signe d'équivalence entre le Rassemblement national, qui est un adversaire politique, je n'ai pas le même projet, je vais les retrouver à l'élection présidentielle en face de moi, les choses sont claires. Les pires, c'est LFI. Jamais, jamais, je ne mettrai un bulletin de vote. LFI dans une urne. Jamais.

3:23
Présentateur

Pour le président du groupe écologiste au Sénat, en revanche, pas question de renier la France insoumise.

3:28
Invité

On gouverne, on a gouverné des grandes villes, d'autres communes avec la France insoumise. On partage un programme, on a partagé un programme en commun. On a des orientations qui sont communes, notamment au niveau local. Si on a besoin, par rapport à ce qui est en train de se passer, par rapport à cette dérive, par rapport à cette normalisation de l'extrême droite, on a besoin d'être unis. La gauche, les écologistes, nous avons besoin d'être unis. C'est comme ça que nous pèserons et c'est comme ça que nous sauverons les valeurs républicaines.

3:56
Présentateur

Des alliances entre la France insoumise et les écologistes sont d'ores et déjà prévues pour les élections municipales. Et à noter que la notion de la motion de censure des insoumis a recueilli 108 voix, tandis que celle du RN a obtenu 140 voix hier soir, loin d'être suffisant pour renverser le gouvernement. Et les députés qui avancent là avaient voté le droit à l'aide à mourir. Oui, pour la deuxième fois, l'Assemblée nationale a voté en faveur de la proposition de loi par 299 voix pour, contre, 226 contre. Une réforme largement rejetée par la droite. Le texte doit maintenant repasser devant le Sénat.

En réaction, Emmanuel Macron salue des débats respectueux et salue également une avancée dans le sens d'un modèle humaniste. Rachida Dati a quitté le gouvernement hier. « Oui, Paris est pour moi l'engagement d'une vie », écrit-elle dans un communiqué. La ministre de la Culture a annoncé hier soir sa démission pour se concentrer sur l'élection municipale à moins de trois semaines du premier tour. En retard dans les sondages sur le candidat socialiste, Emmanuel Grégoire, Rachida Dati ne pourra pas compter sur le soutien de Pierre-Yves Bournazel au second tour. Le candidat Horizon et Renaissance refuse une alliance avec Rachida Dati au second tour.

Et puis Marine Le Pen qui reprenait la parole pour la première fois hier depuis la fin du procès en appel des assistants parlementaires du Front National, la patronne des députés du Rassemblement National qui a affirmé qu'elle ne serait pas candidate à la présidentielle si elle est placée sous bracelet électronique. « On ne peut pas faire campagne dans ces conditions », a-t-elle affirmé sur BFM TV hier Marine Le Pen dont la condamnation sera connue le 7 juillet. Ce sera la décision de la Cour d'appel, date de la décision de la Cour d'appel le 7 juillet. On saura alors quelle est sa condamnation et donc si elle pourra faire campagne ou pas.

Marine Le Pen qui se rend au salon de l'agriculture aujourd'hui et hier c'était le président du Sénat, Gérard Larcher, qui a arpenté les allées du salon à la rencontre des agriculteurs. Gérard Larcher qui était présent, on va l'écouter tout de suite.

6:05
Invité politique

On essaye de contribuer à redonner une perspective aux agriculteurs et à l'agriculture. Je crois que l'agriculture a besoin qu'on lui ouvre des perspectives. Nous sommes là bien sûr pour gérer les crises mais aussi de dire quel est votre avenir. À un moment, on a une loi d'orientation agricole qui prévoit la transmission en génération. Qu'est-ce que je dis ? Qu'est-ce que je propose à un jeune agriculteur qui reprend une exploitation aujourd'hui ? Et cette idée de la transmission, elle est au cœur de la loi d'orientation agricole, elle est au cœur des préoccupations du Sénat.

6:41
Présentateur

Et Johan, le groupe CEP qui envisage de supprimer 500 emplois en France. Oui, le groupe français, leader mondial du petit électroménager, lance un plan d'économie draconien pour renouer avec la croissance et s'adapter à un marché de plus en plus concurrentiel. Pour cela, il prévoit de supprimer 2 100 emplois dans le monde, dont 500 en France. Un coup dur pour les syndicats qui ne cachent pas leur inquiétude. CEP promet tout de même de préserver les emplois industriels. En France, le gouvernement va veiller au respect de cet engagement. Merci beaucoup. Merci Johan. A tout de suite, on va parler de votre texte. Marion Canalès, bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous.

Vous êtes sénatrice socialiste du Puy-de-Dôme. Votre texte pour réserver la vente du protoxyde d'azote au seul professionnel est examiné aujourd'hui au Sénat. On va longuement en parler, mais d'abord, comme d'habitude, on regarde les unes de la presse régionale. On va les regarder ensemble. La une du Dauphiné libéré, SNCF, les billets trop chers. C'est la question. La une du journal SNCF qui va dévoiler aujourd'hui le montant de ces bénéfices, des résultats qui s'annoncent très positifs. Le prix des billets de train, lui, ne cesse d'augmenter. Où cet argent est-il investi ? C'est la question.

La dépêche du midi qui titre, elle, sur la facture des crues qui s'annonce salée alors que le coût d'indemnisation pourrait atteindre 3 milliards. Les experts anticipent une hausse des primes d'assurance habitation et s'interrogent sur la solidité du régime de catastrophes naturelles. Et puis, dernière une, c'est Ouest France. Le combat des mers face à la montée du narcotrafic. Que peuvent faire les mers lorsque le trafic de supéfiants s'installe dans leur ville à quelques semaines des élections. La question de la police municipale devient majeure. De quelle une avez-vous envie de nous parler ? Toutes.

8:12
Invité

Toutes, parce que la SNCF, comme je suis sur la ligne Paris-Clairmont, c'est intéressant, mais non. La facture... Je vais faire le narcotrafic pour les équipes. La facture des crues, très important, parce qu'il y a des problématiques assurancielles dans les collectivités qui ont été traitées ici par un rapport de mémoire de M. Husson. Et je vais prendre le narcotrafic parce que moi, je suis... Là, on va parler du protoxyde d'azote. Mais je travaille à la Commission des Affaires Sociales avec mes collègues sur l'acte 2 de la loi narcotrafic qui avait été appelée de ses voeux par Étienne Blanc et Jérôme Durin lors de l'acte 1.

Et je pense qu'effectivement, les maires sont en première ligne face au narcotrafic, face aux enjeux de tranquillité publique et face également à la régulation et de la consommation de produits psychoactifs comme le protoxyde d'azote. Donc vraiment, un continuum de sécurité, ça, ça a été fait avec l'acte 1. Et moi, je défends un continuum de prévention. La prévention dans toute sa splendeur. Il n'y a pas vraiment que la prévention en matière de santé publique. Il y a de la prévention de l'entrée des mineurs dans le narcotrafic. Et sur les polices municipales, police municipale armée ? Police municipale, ça dépend de ce qu'on entend par armée.

Il y a plein de façons d'armer la police municipale. Mais en tout cas, la police municipale fait partie du continuum de sécurité mais aussi et beaucoup du continuum de prévention. C'est une police de proximité qui est en îlotage et qui est un rouage essentiel pour mener cet acte 2.

9:35
Présentateur

On va parler évidemment de votre texte sur le protoxyde d'azote. D'abord, un petit mot de politique. On a entendu dans le journal hier la charge de Sébastien Lecornu contre les extrêmes, contre le Rassemblement national. Mais contre la France insoumise aussi, il a raison.

9:49
Invité

Le Premier ministre fait bien comme il veut à l'égard du contexte politique dans lequel on est. Moi, je veux réagir sur ce qu'a dit Laurent Wauquiez, le cordon sanitaire autour de la LFI. Moi, ça me fait, je ne commenterai pas Sébastien Lecornu, mais ça me fait quand même doucement rire. Moi, je viens d'Auvergne-Rhône-Alpes. Le cordon sanitaire autour de Laurent Wauquiez, il a été fait pour empêcher le Rassemblement national de prendre sa place de député. Ça a permis d'amener dissoulance députée de notre région ce cordon, nous, qu'on a fait la gauche pour favoriser les collègues LR. Bon, je pense qu'on n'a pas de leçons à recevoir en matière de cordon sanitaire. On a fait notre part.

L'inverse a été moins vrai. Moi, ma collègue Christine Pires-Boune qui est caisseur à l'Assemblée, il n'y a pas eu de cordon sanitaire de la droite autour d'elle face à quand elle avait la candidate de mémoire RN.

10:33
Présentateur

Il y a le cordon sanitaire de Laurent Wauquiez, il y a Bruno Retailleau qui appelle le PS

10:37
Invité

à ne pas s'allier avec la France insoumise. Qu'est-ce que vous lui dites ? Mais qu'il gère leurs propres accords et leurs propres familles. Enfin, je veux dire, pourquoi là, tout d'un coup, et puis après, moi, je vais vous dire une chose, je suis en ce moment sénatrice, certes, mais je suis aussi sur une liste aux élections municipales. Enfin, arrêtons, il y a d'autres partis que le Rassemblement national et la LFI en France. Voilà. Aujourd'hui, nous, on a une liste socialiste, par exemple, d'autres villes.

11:04
Présentateur

Est-ce que le PS peut encore aujourd'hui passer des alliances avec la France insoumise ou est-ce qu'il faut qu'il y ait des désistements dans le second tour face au Rassemblement national ?

11:13
Invité

Est-ce que les alliances, vous dites, c'est fini ? Mais tout ceci, on le verra au premier tour. Le 15 mars. Donc, ce n'est pas fini, forcément. Le 15 mars. Moi, je ne sais pas, parce qu'on est dans des élections locales également. Les habitants vont décider de projets. Donc, on verra au lendemain du 15 mars. Moi, ce que je veux dire, c'est qu'il faut qu'on arrête de polariser le débat public, politique et les élections municipales, finalement, autour de RN ou LFI. Il y a d'autres alternatives politiques et on verra où les citoyens décideront de porter leur voix pour quels projets municipaux.

11:44
Présentateur

Et c'est un fléau qui prend de l'ampleur. Les décès, les accidents liés au protoxyde d'azote se multiplient en France. Ce gaz hilarant est en vente légale utilisé en médecine, en cuisine, mais il peut avoir des effets dévastateurs. S'il est inhalé directement, vous s'était encadré son usage. Marion Canalès, votre texte est examiné aujourd'hui au Sénat. D'abord, Johan, on va voir avec vous est-ce qu'on a une idée précise des chiffres ? Les chiffres les plus récents sont ceux d'une étude publiée en octobre 2025 par la fondation Vinci Autoroute avec Ipsos. Elle s'intéresse à la hausse des accidents de la route liés à la consommation de protoxyde d'azote.

On y apprend que 10% des moins de 35 ans consomment du protoxyde d'azote de manière occasionnelle en soirée avec des amis contre 2% pour les 35 ans et plus. Les jeunes pas toujours conscients des risques du protoxyde d'azote pour 9% des moins de 35 ans consommer ce gaz au volant n'est pas dangereux. Une perception qui conduit à des comportements insensés. 6% des 16-24 ans ont déjà pris du protoxyde en conduisant ou avant de prendre le volant et 9% ont déjà été passagers d'une voiture dont le conducteur a pris du protoxyde. Et le danger pourtant bien réel comme le prouvent les chiffres de la mortalité routière ?

Oui, l'an dernier en France 3513 personnes ont perdu la vie sur la route en France ce sont 81 morts de plus qu'en 2024. Alors pour expliquer cette hausse les autorités pointent du doigt le protoxyde d'azote et son usage détourné à l'origine de très nombreux accidents et ça c'est sans compter tous les drames en dehors de la route auxquels s'ajoutent les risques pour la santé. Le protoxyde d'azote peut causer des paralysies des AVC voire la mort mais là non plus il n'existe pas de chiffres officiels récents.

13:22
Invité

Mario Canales est-ce qu'on est face à un phénomène incontrôlé ?

En tout cas on est face à un vrai phénomène de société donc je ne suis pas la première à parler du protoxyde d'azote beaucoup d'autres parlementaires avant moi l'ont fait députés, sénateurs tout a été dit ou presque mais globalement ça peine encore à avancer depuis la loi de Valérie Létard qui a été quand même la précurseur sur le sujet sur les mineurs aujourd'hui maintenant on sait que c'est un sujet vous l'avez dit sur les majeurs aussi il n'y a pas que les mineurs et la prévention donc tout a été dit mais là il va vraiment falloir passer la vitesse supérieure c'est un vrai fléau on est sur une consommation massive une accessibilité du produit massive bon il faut une réponse à la hauteur on ne va pas tout résoudre avec nos textes et nos enjeux mais aujourd'hui les maires sont en première ligne ils prennent des arrêtés et sur lesquels il faut les accompagner à tout prix

14:08
Présentateur

Avant de parler de votre texte je vous propose de regarder un extrait du reportage de notre journaliste Fabien Recker protoxyde d'azote ce gaz qui n'a rien d'hylarant c'est l'alerte d'un médecin et ce témoignage poignant du jeune fille qui a perdu l'usage de ses jambes en raison de ce gaz Allez c'est parti C'est parti Comme ça Et essaye de ne pas te tenir Ok Ça va être compliqué À 19 ans

14:34
Locuteur 2

Stéphanie doit réapprendre à marcher

14:37
Présentateur

Je serai habituée à vraiment avoir l'équilibre Là franchement ça me fait mal au cœur de me voir comme ça Moi avant c'est pas comme ça donc je vais revenir à la vie d'avant

14:46
Locuteur 2

Une rééducation longue et éprouvante pour tenter de soigner une paralysie des jambes causée par le protoxyde d'azote

14:55
Présentateur

Fixe un point et essaye de sentir ce qu'il faut En fait au début je trouvais ça amusant On vendait ça sous forme de gaz hilarant Donc voilà c'était pour rire en soirée pour se marrer Après ça a pris une tournure différente en tout cas dans ma vie J'étais accro j'assume j'étais accro Au début j'étais un peu dans le déni quand j'en consommais J'allais jamais imaginer que j'allais finir comme ça Sur la fin de ma consommation vraiment je faisais des ballons ils étaient super tristes je m'amenais à pleurer j'en faisais toute seule Pour moi ça n'arrivait qu'aux autres et j'étais immunisée contre ça mais au final ça touche vraiment à ton mot Donc aujourd'hui on va faire un bilan de contrôle Donc ça fait une incontournée de ce mètre que vous êtes fait chez nous Oui C'est ça Oui Asseyez-vous

15:42
Invité politique

Je suis rééducateur depuis 30 ans J'ai vu une explosion des cas d'intoxication en protoxyde d'azote à partir de 2017 Alors maintenant on va essayer de lever les deux bras maximum possible comme moi exactement et attention à vous je vais me pousser attention il faut me résister d'accord Avec des jeunes

16:01
Présentateur

de 17 à 23 ans moyennes paralysées incapables de gérer leur vie incapables de poursuivre

16:07
Invité politique

leurs études ni faire des stages ni travailler ni se projeter dans l'avenir

16:12
Présentateur

On le voit Marion Canales alors il y a ce témoignage poignant de cette jeune fille il y a l'alerte de ce médecin sur le nombre sur la jeunesse des victimes est-ce qu'il y a suffisamment

16:22
Invité

de prise de conscience de ce que sont les effets du protoxyde d'azote ? Je crois qu'on a encore beaucoup à faire en matière de prévention on en parlait tout à l'heure et puis il y a de on le voit là je ne sais pas où c'était comme en région parisienne mais il y a des filières spécialisées dans les CHU qui se multiplient Lille a été avant-gardiste mais il y a d'ailleurs le congrès autour des mésusages du protoxyde d'azote en mars non non ça se massifie et puis je pense que au départ c'est festif elle le dit c'est drôle

16:51
Présentateur

Est-ce que le fait que ce soit surnommé gazilarant les mots ils ont un sens est-ce que le fait que ce soit surnommé gazilarant ça empêche un peu

16:58
Invité

la prise de conscience des vrais dangers ça banalise c'est complètement banalisé c'est accessible c'est en vente libre pourquoi quelque chose en vente libre serait à ce point à ce point dangereux et on le voit il y a des troubles neurologiques énormes et il y a une addiction moi c'est ça que je n'avais pas mesuré tout à fait par exemple il y a un an ou deux une addiction très forte 80% des personnes tombent dans l'addiction et dans une consommation quotidienne et donc une addiction c'est-à-dire que c'est plus en sortie de boîte de nuit ou comme elle le disait en usage ponctuel c'est tous les jours beaucoup et ça produit des troubles neurologiques extrêmes

17:30
Présentateur

et pour enrayer ce fléau Marion Canales vous avez donc déposé une proposition de loi Johan que prévoit le texte et bien votre texte Marion Canales vise à durcir les conditions d'accès au protoxyde d'azote aujourd'hui la loi interdit la vente uniquement aux mineurs et pour ce qui est des majeurs la vente est interdite seulement dans les débits de boissons et les bureaux de tabac avec votre proposition de loi la vente serait interdite à tous les particuliers seuls certains professionnels auraient le droit d'en acheter on pense aux professionnels de la santé de la gastronomie la vente serait interdite en ligne dans les commerces et les lieux publics et pour les établissements en infraction le texte prévoit des sanctions allant jusqu'à la fermeture administrative et même des sanctions pénales en cas de récidive enfin il y a un volet prévention dans votre texte il introduirait des mesures de sensibilisation en milieu scolaire en matière de sécurité et routière et vous avez une première question du coup Johan sur cette proposition de loi oui votre texte il est en concurrence avec deux autres textes une proposition de loi qui a été adoptée à l'Assemblée Nationale une autre j'en parlerai peut-être un projet de loi sur la sécurité du quotidien celle du gouvernement un texte du gouvernement qu'est-ce qui vous fait dire que in fine ce sera votre texte qui sera retenu

18:40
Invité

ah rien et alors absolument rien effectivement pardon je ne suis ni la première j'aimerais être la dernière et donc le texte sécurité du quotidien du ministre de l'Intérieur on l'attend tous avec beaucoup d'impatience parce qu'en fait il n'y a pas de de crédit sur le sujet moi je veux juste que ça avance donc le fait que le ministre de l'Intérieur nous ait dit lors de l'examen du texte police municipal il y aura à plein de sénateurs qui sont aussi très mobilisés je pense à Ahmed Lawedge mais pas que sur le proto il y aura bien un chapitre dans le prochain projet de loi bah oui il faut que le gouvernement se saisisse de ce sujet là l'Assemblée nationale a donné son avis nous avons donné nos avis tout a été dit mais il reste encore beaucoup à faire donc que ce soit mon texte ou pas mon texte le principal c'est que je pense vraiment qu'on encadre la vente de ce produit qui n'a rien de consommation courante qui a des usages extrêmement précis on l'a fait pour d'autres produits moi je prends l'exemple du GBL c'est le GHB en 2011 on a interdit la vente au particulier c'est pas accessible c'est je crois utilisé dans la mécanique et dans l'industrie donc on arrive à le faire pour ça aujourd'hui faisons-le pour le protoxyde d'azote et anticipons avec tous les produits de consommation courante qui ont des effets psychoactifs parce que demain ce sera autre chose on est bien d'accord cette loi elle ne va pas résoudre le sujet on est sur une problématique d'addiction donc effectivement il y a des enjeux de prévention énormes et moi j'ai choisi l'angle de la prévention routière parce qu'il y a eu plus de 450 incidents et accidents de la route ça a fait la une des journaux et ces accidents et incidents ont été multipliés par 40 en 5 ans donc il y a un véritable enjeu sur la sécurité routière parce que ça a été dit on consomme dans les voitures jeunes et moins jeunes il n'y a plus que les jeunes c'est pour ça que la loi l'État a été précurseur mais il fallait aller un peu plus loin je pense que les majeurs sont tout aussi concernés

20:23
Présentateur

mais votre texte comme celui adopté à l'Assemblée nationale il vise à durcir les conditions de vente là où le gouvernement veut au contraire plutôt sanctionner les consommateurs est-ce que votre texte il ne manque pas d'ambition ?

20:35
Invité

non parce que je pense qu'il y a eu plusieurs volets au Sénat notamment je pense qu'on aura tout dit entre le texte de la commission du développement durable sur le traitement des bonbonnes parce que là on parle des bonbonnes il y a des tanks etc.

sur les collectivités locales c'est un fléau entre le texte d'Amed Lawage qui était surtout aussi sur les mésusages et les consommateurs il manquait aussi un peu ce cadre sur la vente on aura fait le triptyque au Sénat donc chacun est dans son couloir et après moi ce que je sanctionne aussi c'est l'incitation à la consommation l'incitation à la consommation elle est sanctionnée que pour les mineurs c'est le texte Valérie Létard aujourd'hui il faut arrêter il faut arrêter de faire ce merchandising agressif le protoxyde d'azote à la noix de coco ça n'a aucun intérêt industriel donc on voit bien que c'est pour appâter un client donc on est vraiment sur une avidité commerciale sur les addictions qu'on connaît déjà sur plein d'autres produits mais moi mon texte aujourd'hui il porte vraiment sur la vente parce que les autres sujets me semble-t-il étaient bien traités par mes collègues

21:34
Présentateur

mais concrètement comment vous faites pour contrôler c'est-à-dire on l'a dit c'est pas un produit interdit comment vous faites pour contrôler quand les gens peuvent l'acheter en ligne quand les gens peuvent le faire acheter par un professionnel puis s'en servir après pour un usage particulier comment concrètement il peut s'appliquer

21:53
Invité

votre texte ?

on peut toujours tordre la loi on sait toujours que la vente de tabac en France elle est complètement légale et pour autant on est face à un fléau de marché parallèle de tabac donc je ne prétends pas qu'on va résoudre le problème tout de suite avec nos textes ni même avec le projet de loi du gouvernement s'il arrive et j'en serai vraiment heureuse non aujourd'hui c'est aussi un sujet européen comme toujours on a toujours ce volet européen le Danemark a arrêté cette vente les Pays-Bas ont arrêté la vente aux particuliers régulé la vente aux professionnels et aujourd'hui à l'Union Européenne c'est classé reprotoxique, neurotoxique et la France la position de la France c'est de réguler cette vente aux seuls professionnels donc en fait on ne ferait que décliner de toute façon la position qu'on défendra à l'Union Européenne et à la Commission Européenne autour de ce produit donc je pense qu'il faut aussi des discussions et puis élargir sur le marché européen et l'Allemagne qui était le dernier pays c'est là où ça aussi il y a quand même pas mal de ventes l'Allemagne commence également à encadrer sa vente donc je pense qu'on y arrivera plus c'est facile plus c'est courant plus c'est nocif pour un plus grand nombre de personnes en revanche je n'interdis pas le protoxyde d'azote il y a des usages industriels courants qu'il faut continuer à préserver il ne faut pas empêcher les usages normaux de ce produit

23:09
Présentateur

il y a aussi un volet prévention dans votre texte est-ce qu'il ne faudrait pas aussi prévoir peut-être des mesures d'accompagnement des consommateurs qui finalement deviennent des victimes

23:16
Invité

oui la prévention après c'est toute la chaîne on n'est pas rentré trop dans le détail on est dans un espace transpartisan il y a un texte avant moi sur les cancers pédiatriques il y a un texte après moi sur les ordonnances et la sécurité sociale l'objectif c'est d'aller straight to the point en tout cas bien efficace pour redire ce qu'on a dit redit tous tout groupe confondi aux ministres de l'intérieur tous les ministres de l'intérieur avançons avançons bien sûr après il y aura toute la chaîne de l'accompagnement de la prévention on l'a vu il y a des filières spécialisées dans les CHU et c'est la chaîne de l'addictovigilance et de l'addictologie qui prendra la suite pour accompagner et sortir de cette addiction parce qu'en fait comme beaucoup d'autres produits il n'y a pas de compensation donc il faut sortir d'un état addictif et ça on compte évidemment sur la filière

24:00
Présentateur

est-ce qu'il faut aussi l'aide du gouvernement des pouvoirs publics est-ce qu'il faut des campagnes de prévention il y a les campagnes pour la sécurité routière est-ce qu'il faut vraiment des campagnes du gouvernement sur ce que sont les réels dangers

24:09
Invité

du protoxyde d'azote de toute façon moi je n'arrête pas de tanner alors maintenant ce sera plus santé publique France ou pas on ne sait pas le ministre de la santé il faut que le ministère de la santé soit moins silencieux sur les addictions d'une manière générale je crois vraiment qu'on doit on me parlait du narcotrafic tout à l'heure mais on doit vraiment rappeler qu'il y a des dangers très très forts pour la santé publique et montrer des images chocs et des témoignages chocs comme on vient de le voir pour que ça sensibilise aussi et accompagner à autre chose la fête ce n'est plus que la fête d'ailleurs le protoxyde mais la fête ce n'est pas forcément des états secondaires

24:43
Présentateur

Le VOLTEX on le disait il sera donc examiné aujourd'hui dans l'hémicycle du Sénat on va aller chez vous du côté de Clermont-Ferrand on retrouve Stéphane Marcelot bonjour Stéphane merci beaucoup d'être avec nous coordinateur de la rédaction de RCF puis de Dôme et Stéphane vous allez vous interroger Marion Canalès sur l'agriculture et la filière viticole oui déjà bonjour et merci de votre invitation bonjour à madame Canalès alors je vais vous parler oui de la filière viticole puisqu'en Auvergne vous le savez on fait beaucoup de fromage les visiteurs du salon de l'agriculture le savent bien mais on fait aussi du vin avec notamment une cinquantaine de producteurs affiliés à la fédération des côtes d'Auvergne 400 hectares 53 communes alors on est sur un domaine de taille modeste mais qui dit domaine de taille modeste dit finalement que tous les débouchés toutes les portes sont importantes alors Marion Canalès vous êtes opposé à l'accord commercial du Mercosur rappelons que le Parlement européen a saisi la cour de justice de l'Union Européenne pour vérifier la légalité du traité de libre-échange est-ce que c'est pas

25:50
Invité

mettre des bâtons dans les roues à une filière ici en Auvergne qui a besoin pour le coup d'un maximum de portes et de débouchés non non je crois pas alors bonjour c'est ravi de vous voir je pensais que vous alliez me parler des 21 médailles qu'on a eues pour nos fromages quand même parce que je suis un peu chauvin c'est ça on sort des Jeux Olympiques qui se passeront en plus dans notre région la fois prochaine donc je pensais qu'on parlerait de nos médaillés et je voulais quand même les féliciter non non je crois que cet accord de libre-échange ça a été assez clair au Sénat et on verra la suite qui est réservée mais je ne le crois pas en tout cas aujourd'hui on doit vraiment renforcer le lien entre le citoyen et le monde agricole d'une manière générale est le principal challenge y compris même dans notre région on n'est pas une région viticole mais quand même on a des producteurs c'est le véritable enjeu ça va être le défi climatique on l'a vu avec les crues en Gironde et c'est le sujet de l'agriculture il fait face à extrêmement de nombreux défis auxquels il faut faire face le défi démographique aussi puisqu'on a nos agriculteurs qui sont un paysan sur deux partir à la retraite très vite donc défi climatique défi démographique et puis ces accords de libre-échange qui aujourd'hui viennent effectivement inquiéter les parlementaires que nous sommes et puis les citoyens comme les producteurs à différents échelons

27:20
Présentateur

Stéphane alors qu'est-ce que vous faites vous pour conforter cette filière alors vous l'avez dit confronter à de multiples défis on peut même rajouter la chute de la consommation en France baisse de la consommation d'alcool alors l'alcool fait des ravages dans notre pays personne ne contestera ici mais en tout cas on peut avoir aussi le sentiment que parfois cette profession se sent stigmatisée dès qu'un débat ressurgit on l'a vu ces derniers jours au salon de l'agriculture avec ce débat qui a ressurgi faut-il interdire la consommation d'alcool au salon de l'agriculture quel est votre sentiment sur ça comment faites-vous pour conforter la filière

27:55
Invité

Justement la filière viticole moi je suis à la commission des affaires sociales donc je suis très investie dans la lutte contre les addictions et notamment les enjeux autour de l'alcool et moi je trouve que précisément on perd un peu le sens le sens de ce qu'était initialement notre tradition française moi je lutte énormément contre les mélanges d'alcool fort avec des sucres qui conduisent à des addictions à l'alcool de la part de publics très jeunes en fait on passe de la sucette goût bonbon barbapapa à du mélange d'alcool fort avec des sucres c'est pas du tout contre la filière viticole justement on voit qu'il y a de moins en moins de consommation et puis une éducation à cette qualité française à la française qu'on perd puisque les jeunes ne boivent plus de vin et c'est vrai qu'aujourd'hui c'est pas un affrontement entre une filière et la santé publique c'est de dire comment on rentre dans des addictions à l'alcool comment on fait des générations d'accros à l'alcool et c'est quand on mélange l'alcool et le sucre pour créer l'illusion que ce n'est pas un produit gastronomique culinaire et pas un produit dangereux

29:09
Présentateur

et votre région est une grande région agricole la région Verne-Rhône-Alpes l'inquiétude des agriculteurs on le voit lors de ce salon avec les crises qui se multiplient des crises conjoncturelles des crises structurelles vous allez examiner dans quelques semaines un projet de loi d'urgence agricole qu'est-ce que vous en attendez est-ce que pour vous il peut être une réponse ?

29:27
Invité

on a été épargné bon j'avoue que je suis un peu en limite de compétence quand même sur ces sujets agricoles moi je comprends qu'il faut vraiment mais vous les entendez les agriculteurs de votre région et leur inquiétude il faut vraiment il y a l'urgence écologique la souveraineté alimentaire et on est percuté on est à la croisée de tous les enjeux de société et on le mesure il n'y a pas mais il y a quand même cette urgence écologique et environnementale et y compris je crois que mes collègues députés ont déposé un texte sur cette tentative de dire que c'est pas deux mondes qui s'opposent au même titre que ce que disait le journaliste de RCF il n'y a pas d'un côté les hygiénistes anti-alcool surtout et de l'autre côté ceux qui défendraient une filière viticole on le sait pour les paysages pour l'environnement pour une filière économique c'est important mais c'est une question toujours de mesure

30:15
Présentateur

Merci Stéphane Marcelo merci beaucoup d'avoir été avec nous coordinateur de la rédaction de RCF Puy-de-Dôme et merci Marion Canalès d'avoir été notre invité on va reparler tout de suite de ces questions agricoles puisque c'est l'ancien ministre de l'agriculture Julien Denormandie qui vous succède Merci Bonjour Julien Denormandie Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation ce matin vous êtes ingénieur agronome ancien ministre de l'agriculture et du logement et vous publiez Le Chant du sol c'est aux éditions du Seuil on va bien sûr en parler pour m'accompagner Julien Lécuyer de la Voix du Nord qui représente la presse régionale Bonjour Julien Bonjour Auriane Bonjour monsieur Denormandie On va parler de votre livre mais on est en plein salon de l'agriculture Julien Denormandie un salon de l'agriculture un salon de crise des crises conjoncturelles la dermatose le Mercosur les inondations mais aussi des crises structurelles notamment la question du revenu encore et toujours le rapport des agriculteurs avec la grande distribution pourquoi on n'arrive pas à enrayer ces crises et à répondre aux agriculteurs ?

31:24
Invité

Eh bien parce que les défis ils sont très intenses la réalité c'est que vous venez d'en parler il y a d'abord un énorme enjeu qui est le renouvellement des générations qui doit être notre boussole comment fait-on pour accompagner de jeunes agriculteurs à venir s'installer et puis de l'autre côté vous avez des défis qui vont en s'accentuant vous avez le défi climatique et on voit tous les phénomènes qui viennent percuter et parfois ces défis climatiques mettent à rude épreuve nos systèmes de production et puis vous avez des défis économiques et vous l'avez dit il y a des choses qui ont été faites tout n'a pas été suffisamment fait ou tout n'a pas été bien fait des erreurs ont été commises mais enfin il y a quand même beaucoup de choses qui ont été faites sur la rémunération les lois EGALIM sur le changement climatique l'assurance récolte que j'avais pu porter après peut-être qu'il y a aussi un mal français c'est que on prend beaucoup de lois on doit mettre peut-être autant d'efforts dans la fabrique de la loi que dans l'application de la loi est-ce qu'il n'y a pas eu

32:28
Présentateur

beaucoup de mots beaucoup de promesses et finalement peu d'actes concrets je pense qu'il y a eu

32:32
Invité

beaucoup d'actes concrets je prends un exemple les revenus agricoles et notamment ces relations commerciales entre grandes distributions industrielles et agriculteurs je pense que ces relations commerciales ce sont un combat et il faut rentrer dans ce combat l'État doit être au rendez-vous à côté du monde agricole dans ce combat et donc il y a des lois il y a des outils il faut accentuer les contrôles il faut être d'une vigilance extrême il faut s'impliquer dedans et il faut le faire dans la continuité donc il n'y a pas de baguette magique il n'y a pas de recette magique il y a beaucoup de défis il faut les prendre un par un et le faire avec énormément de confiance d'exécution Monsieur Denormandie c'est vrai que Auriane le disait

33:20
Présentateur

il y a cette colère qui reste malgré tout très présente et depuis des années déjà est-ce que la difficulté aussi c'est parce que on parle de monde agricole mais en vérité on devrait parler de mondes agricoles au pluriel

33:34
Invité

avec des revendications très différentes et la complexité des négociations et vous avez mille fois raison on parle de nos agricultures et on devrait même dire de nos territoires agricoles aujourd'hui vous avez des territoires en souffrance et vous avez des productions en souffrance et vous avez parfois des productions et des territoires qui sont tous les deux en souffrance au même endroit je prends un exemple la crise céréalière dans les zones intermédiaires et quand je dis ça ça ne veut pas dire qu'il n'y en a pas dans d'autres endroits mais là il y a une crise très profonde pour plein de raisons des raisons structurelles sur la qualité du sol des raisons économiques avec les cours des matières premières et les prix des intrants et donc vous avez raison il faut accepter aussi cette complexité et apporter territoire par territoire filière par filière les réponses les plus adéquates s'agissant des syndicats c'est parfois des visions qui sont différentes qui s'opposent après c'est la beauté d'une démocratie de ne pas avoir forcément le même chemin après je pense qu'il y a quand même une volonté commune et ça j'ai passé beaucoup de temps au salon de l'agriculture j'y retourne tout à l'heure et on peut le voir qu'il y a quand même une vision partagée dans notre pays c'est de chérir nos agricultures nos agriculteurs la réalité c'est qu'on aime nos agriculteurs en France parfois on le dit beaucoup c'est bien de le dire c'est bien de le dire mais il faut le montrer un peu plus

35:00
Présentateur

est-ce qu'il y a aussi une responsabilité

35:01
Invité

du consommateur ?

bien sûr et quand je dis ça je dis avec beaucoup d'humilité parce qu'on sait que moi je l'ai toujours dit parfois on est citoyen de bon matin et consommateur passé le quart d'heure j'ai toujours dit aussi qu'il faut prendre ce sujet avec beaucoup d'humilité parce que vous avez un nombre considérable de nos concitoyens qui aimeraient pouvoir acheter une alimentation de meilleure qualité et qui ne le peuvent pas et donc il faut apporter des politiques sociales en revanche il serait folie de se dire que la seule façon pour permettre au plus grand nombre d'avoir accès à cette alimentation c'est de réduire le revenu de nos agriculteurs il faut avoir des politiques économiques qui aident nos agriculteurs et des politiques sociales qui aident les plus fragiles d'entre nous qui ne peuvent avoir accès à cette agriculture de qualité et puis on le sait bien ces 30 dernières années on a divisé par deux je dis bien par deux la part de l'alimentation dans notre budget par deux et pourquoi alors certains disent c'est parce qu'il y a le téléphone portable Netflix ou que sais-je je ne pense pas moi je pense que le principal fléau de l'agriculture c'est le logement c'est parce que la part du logement dans nos budgets a explosé ces dernières décennies que nous n'avons pas suffisamment de capacité à payer notre agriculture or il faut le dire y compris politiquement et c'est dur on ne paye pas assez cher notre alimentation il faut dire et c'est dur politiquement de dire quelque chose pareil mais j'en suis convaincu

36:31
Présentateur

vous nous avez dit tout à l'heure on a peut-être fait des erreurs à quelles erreurs vous pensez ?

36:35
Invité

je pense qu'il y a eu pour moi vraiment un sujet d'exécution je pense que les visions sont les bonnes je pense que ce que le président de la république a redit au salon d'agriculture c'est-à-dire il faut d'un côté assumer de produire c'est très important assumer de préserver l'environnement et comment concilier la production et la préservation c'est en protégeant nos agriculteurs je pense que cette vision elle est très bonne parfois on a péché dans l'exécution je le redis quand vous prenez les lois et que vous vous rendez compte un seul exemple la loi éganime sur la commande publique le pourcentage de produits durables dans la commande publique en fait on n'y est pas on n'y est toujours pas qui peut comprendre aujourd'hui que dans la cantine de nos enfants vous ayez du poulet brésilien ou du poulet d'Asie du Sud et pas qu'est-ce qui bloque là-dessus c'est quoi ?

37:25
Présentateur

c'est les réglementations européennes on le sait la commande publique par exemple elle est corsetée par la réglementation européenne ou bien est-ce que c'est un vrai problème de mécanique gouvernementale de mécanique ministérielle qui fait que qui font que les ordres d'en haut ou en tout cas les décisions qu'on prend

37:44
Invité

ne s'appliquent pas sur le terrain non je pense que c'est encore plus terre à terre que ça sur la commande publique je pense que c'est une question budgétaire tout simplement quand vous avez la possibilité d'acheter moins cher que ce soit dans votre portefeuille en tant que ménage ou que ce soit en tant que responsable administratif ou d'une collectivité locale vous êtes tiré aussi par ces nécessités budgétaires d'économie et en fait quand vous achetez pas assez cher et bien vous vous retrouvez à pouvoir acheter du poulet brésilien du poulet d'Asie du Sud ou de la viande totalement importée et quand je dis ça j'ai plein de contre-exemples où vous avez des collectivités vous avez des administrations qui font des choses formidables mais je dis tout simplement si demain dans nos restaurants dans notre restauration collective dans nos écoles la viande qui était consommée était de la viande 100% française vous n'auriez aucun sujet de Mercosur aucun et donc typiquement un exemple où on n'est pas allé assez loin et pourtant on a fait des lois et pourtant on a des volontés mais il faut accélérer accélérer accélérer c'est la commande publique moi je vous savez quand j'étais ministre j'avais même fait en transparence ministère par ministère quel était le pourcentage de produits durables français qui étaient servis aux agents on était loin du compte et on le faisait en transparence alors c'était il y a 5 ans maintenant donc je ne voudrais pas donner un chiffre qui ne soit pas d'actualité parce que les choses ont progressé mais enfin on était loin de l'objectif on était très loin de l'objectif donc tout est art d'exécution et un exemple concret c'est la commande publique il faut que la commande publique soit mise au service de nos agricultures

39:20
Présentateur

on va parler du sol c'est l'objet de votre livre le salon de l'agriculture c'est la vitrine du monde agricole pendant 10 jours est-ce qu'on parle suffisamment de la santé des sols dans les allées du salon ?

39:31
Invité

le sol est de plus en plus présent ça de manière évidente j'étais il y a deux jours dans une formidable association qui promeut l'agriculture de conservation des sols et on faisait une conférence avec Eric Orsona et oui le sol est de plus en plus présent dans les allées du salon et vous savez nos agriculteurs sont ceux qui préservent le sol après si j'ai voulu écrire ce livre le chant du sol c'est que je trouve que de manière collégiale c'est un personnage qui est incroyablement important et pourtant ignoré il est incroyablement important parce que sans le sol vous n'auriez pas toute cette alimentation dont on vient de parler mais songez que sans le sol vous n'auriez pas de rivière vous n'auriez pas de source d'eau c'est un vieux monsieur il a 470 millions d'années avant qu'il ne se constitue par la sortie de la vie de l'océan vers les roches primitives qui sont venues cette ville dégrader créer l'humus et faire le sol avant il n'y avait pas de rivière il n'y avait pas de source c'est le sol qui nous le redonne mais sans le sol on cramerait il y a deux fois plus de carbone dans le sol que dans l'atmosphère si le sol rejetait ce carbone la planète brûlerait et puis plus incroyable encore souvent quand je dis ça on me dit c'est pas possible mais dans une cuillère à soupe de sol vous avez plus d'êtres d'êtres vivants que vous n'avez d'humains sur terre des bactéries des champignons des micro-organismes des macro-organismes etc et pourtant ce sol il est ignoré au plus profond de nos sociétés avec cet exemple qui pour moi est devenu un combat sur nos cartes le sol étant blanc la couleur du vide alors que c'est ce personnage incroyable et par ce compte j'ai voulu créer cette rencontre avec ce personnage si important ce personnage

41:15
Présentateur

il prend vie dans votre livre littéralement puisqu'il prend la parole s'il devait s'exprimer

41:23
Invité politique

s'il devait venir au salon de l'agriculture moi ça m'a interrogé en lisant le livre je me suis dit mais qu'est-ce qu'il dirait aux agriculteurs aujourd'hui

41:29
Invité

je pense qu'il dirait aux agriculteurs et aux visiteurs et aux responsables politiques et aux responsables économiques il dirait écoutez-moi et c'est pour moi cette rencontre donc c'est un conte c'est vraiment une forme de littérature que j'ai employée pour aussi faire en sorte que ce soit accessible au plus grand nombre et j'invite également les ados à le lire je pense que c'est fait pour les plus jeunes

41:54
Présentateur

oui parce que vous avez excusez-moi de vous interrompre ce qui m'a surpris en effet de votre part alors c'est peut-être un petit peu caricaturage je me suis dit voici un ancien ministre plutôt un technicien ingénieur et qui choisit non pas l'essai technique ou politique mais qui choisit la fiction et je me suis vraiment posé la question

42:13
Invité

de savoir pourquoi vous avez choisi cette forme-là pour plusieurs raisons la première d'entre elles c'est que moi mon engagement il a reposé aussi sur une lecture incroyable qui est l'homme qui plantait des arbres de Jean Giono cette fable environnementale de 1953 absolument incroyable où l'arbre et le liant dans ces Alpes de Haute-Provence qui ont été rendus désertes et j'ai voulu m'inspirer de cette fable pour écrire un conte où ça n'était plus l'arbre au centre mais le sol au centre et vous savez quand vous voulez personnifier un personnage je suis intimement persuadé que ça ne peut pas être un essai mais il faut passer par la littérature regardez même dans nos imaginaires le fleuve c'est vivifiant c'est la vie l'eau c'est la vie même dans nos cultuellement l'eau et la purification c'est l'eau du baptême l'arbre c'est cette sensibilité c'est cet oxygène le sol c'est cette chose inerte l'enfer est sous nos pieds on est enterré et donc même dans nos personnifications le sol n'a pas bonne presse si je puis dire et passer par la littérature permet d'abord de faire cette personnalisation et puis le deuxième élément la beauté de la littérature c'est que tout est faux mais tout est vrai dans ce conte c'est la rencontre avec ce personnage qui est le seul où cinq individus un scientifique monsieur Victor un jeune agriculteur le jeune Abel une chef de projet chez un promoteur immobilier un chef d'entreprise et une enfant et sont confrontés en miroir à l'impensable ce 22 septembre une trinité sonore le sol se met en grève mais en fait tout ce qu'ils vont vivre ce qu'ils sont eux-mêmes tout est vrai c'est-à-dire que l'histoire est fausse à l'évidence mais les éléments les lieux les faits tous sont réels et ça c'est la beauté de la littérature c'est-à-dire que vous pouvez interpeller amener à la réflexion faire ses rencontres avec la fiction emporter le lecteur en le permettant grâce à l'imaginaire mais en lui donnant accès uniquement à des choses réelles vous parlez d'interpellation et ce qui m'a amusé

44:22
Présentateur

dans ce livre c'est la façon dont vous n'êtes pas tendre avec les politiques de manière générale puisque vous ironisez sur cette assemblée nationale qui s'écharpe joyeusement et je pense qu'il doit y avoir quelques souvenirs très vivants encore dans votre mémoire il y a les Etats-Unis qui se tournent évidemment vers l'intelligence artificielle et l'ONU qui décide de créer une journée internationale des sols

44:47
Invité politique

comme si ça allait du sol pardon comme si ça allait changer quoi que ce soit est-ce à dire monsieur l'ex-ministre que les politiques sont complètement impuissants et voire stériles par rapport à cette situation

44:57
Invité

non je ne le pense pas et profondément je ne le pense pas je pense que chacun on a une responsabilité et ce livre amène à ces réflexions avec beaucoup d'humilité ce n'est pas du tout moralisateur mais ça met chacun face à cette réflexion et comment doit-on agir mais vous savez cette scène à l'ONU que vous appelez que vous rappelez que vous mentionnez où chaque président chef de gouvernement première ministre explique comment il agit face à cette grève du sol et puis ça se termine par cette résolution incroyable où le 5 décembre est fait la journée internationale du sol et bien songez que tout est vrai il y a effectivement le 5 décembre la journée internationale du sol pourquoi le 5 décembre parce que c'est la date d'anniversaire du précédent roi de Thaïlande Rama IX qui avait fait une chose extraordinaire il avait replanté une graminée qui s'appelle du vétivé qui a des racines longues et le sol adore les racines longues songez que la seule résolution au niveau international sur le sol c'est cette journée internationale du sol du fait de cette histoire avec le roi de Thaïlande alors c'est très bien de l'avoir fait c'est une forme de considération mais enfin on est très éloigné dans nos politiques on est très éloigné dans nos politiques économiques également les seuls qui avaient tenté de remettre le sol au centre des politiques économiques ce sont les physiocrates on en est très loin aujourd'hui et donc par rapport à ce que vous avez à votre question initiale qu'est-ce que le sol aurait dit au salon de l'agriculture c'est probablement écoutez-moi et d'ailleurs quand vous prenez du recul un truc qui moi m'a toujours subjugué quand vous voyez que tout ce que le sol a enterré on a essayé de le sortir le pétrole aujourd'hui vous avez même des virus avec la fonte des glaces au nord et donc on a essayé de le sortir ou de facto il sort alors que probablement le sol nous avait dit c'était bien de les laisser là et à l'inverse tout ce qui nous redonne l'eau l'oxygène on devrait peut-être l'utiliser avec parcimonie j'ai quand même une question sur

46:52
Présentateur

au travers de votre livre encore une fois vous tracez un chemin qui n'est pas vraiment celui des politiques puisque c'est presque les citoyens qui s'élèvent et qui tentent de réagir vous dites il y a un personnage qui assure qu'il faudra accepter aussi de modifier nos modes de vie est-ce que le vrai changement il doit être là c'est-à-dire que vous dites aux Français au travers de cette fable

47:16
Invité

qu'il faut accepter de changer nos habitudes encore une fois c'est Éric Orsona qui m'a appris ça dans le cadre du premier livre qu'on avait écrit ensemble nos rêves sans dévaster me disait surtout un livre une littérature qui plus est ne doit jamais être une démonstration avec considérant il va de soi que et donc alors ce que je veux dire par là c'est qu'il n'y a pas de conclusion dans ces réflexions il y a les sujets qui sont posés des pistes de réflexion pour que chacun en fasse sa clé de lecture mais ce qui est sûr c'est que quand vous voyez on a parlé de l'alimentation si vous voulez prendre soin du sol encore plus dans l'alimentation soit de l'agriculture de conservation des sols que soit le bio soit le biocontrôle avec ses auxiliaires qui sont utilisés que soit dans le logement le logement avec ce phénomène incroyable de bétonisation 27 000 terrains de foot chaque année encore en France que ce soit dans le textile il y a ce personnage monsieur Firmin qui dirige la marque de vêtements Pimkai et qui est confronté à sa relation avec des actionnaires parce qu'il veut changer ses approvisionnements le textile songeait que c'est 20% des pesticides un t-shirt c'est 2700 litres d'eau pour être produit ou que ce soit dans nos relations économiques tout ça nécessite des changements de nos comportements après il y en a qui sont difficiles on prend le logement que vous connaissez si bien ici le logement il y a une sacrée question démocratique ensuite ce personnage cette chef de projet immobilier elle a ce rêve un peu fou avec le baron Haussmann le baron Haussmann qui lui parle qui lui parle exactement c'est un sort de rêve exactement mais on voit bien derrière la réflexion qui est la mienne c'est de se dire en fait le problème fondamental dans le logement c'est que ce à quoi on aspire n'est pas forcément en adéquation avec le sol

49:08
Présentateur

et d'ailleurs excusez-moi mais le baron Haussmann qui intervient montre bien que la difficulté c'est celle de l'acceptation le baron Haussmann il impose sa révolution architecturale et urbanistique

49:22
Invité

l'attila des expropriations comme on l'appelait

49:24
Présentateur

exactement donc c'est à marche forcée vous le dites aussi le seul pays qui a l'air de réussir dans sa transformation c'est la Chine mais parce qu'elle a une dictature qui lui permet d'asséner ses ordres et de les faire respecter voire même vous dites à un moment donné le sol a fait le choix de la dictature c'est quand même intéressant comme réflexion

49:45
Invité

mais ça n'est pas la fin il se passe d'autres choses après et l'espérance vient évidemment d'autres modèles que le modèle dictatorial mais ce que j'ai voulu par ça c'est de montrer qu'on doit tous être conscients aussi des limites de ce que nous chérissons le plus le logement on est un bon exemple songez qu'en Ile-de-France par exemple ces dernières décennies on a construit deux fois moins que ce qu'on aurait pu construire en hauteur mais pourquoi pas parce que les maires ne voulaient pas pas parce que les gouvernements ne voulaient pas mais parce que vous comme moi vous aimez pas trop voir un immeuble de six étages être construit juste à côté de chez vous et donc entre individuels exactement et donc entre ce qu'on avait le droit de construire et ce qu'on a effectivement construit on a divisé par deux la hauteur au dépend de qui au dépend de quoi évidemment du sol mais mon point c'est de se dire est-ce que collégialement on peut aussi avoir prendre conscience de ses limites et y compris des contraintes de systèmes que nous chérissons le plus je suis un profond démocrate je hais les dictatures je me battrai contre tout système despotique mais c'est d'autant plus important de le faire qu'on a une forme d'humilité en ayant conscience des limites des systèmes que nous chérissons le plus

51:00
Présentateur

et avec une artificialisation des sols qui joue un rôle notamment dans ce qu'on a vu ces dernières semaines ces inondations des sols gorgés d'eau avec des conséquences également pour notre agriculture comment on fait pour capter cette eau vous avez mené des travaux quand vous étiez ministre sur le Varenne de l'eau pour l'agriculture est-ce que il était notamment question des retenues d'eau est-ce que là aussi ça fait partie des choses que le gouvernement a lancées et aujourd'hui qui ne sont pas vraiment suivis des faits

51:28
Invité

alors on avait lancé cette très grande initiative à l'époque et il y a eu des suivis et j'ai entendu le Premier ministre continuer sur cette lancée moi je pense que là aussi et d'ailleurs ça fait un parallélisme avec le livre puisque cette question de l'eau est prégnante à plusieurs reprises avec un sol qui n'accepte plus l'eau puisque c'est vraiment le sol qui prend l'eau et donc des rivières qui débordent etc c'était évidemment pas prémonitoire de ce qui se passait aujourd'hui mais en face à une acuité certaine moi ma position elle est là aussi hyper simple avec beaucoup de raisons de science il faut écouter ce qu'on appelle la situation hydrogéologique du bassin versant dit autrement tous ceux qui vous disent une bassine c'est bien ou une bassine c'est pas bien ils se trompent une bassine ça peut être très bien ou ça peut ne pas être bien une retenue ça peut être très bien ou ça peut ne pas être bien et qu'est-ce qu'il faut faire c'est écouter là aussi le sol un exemple très concret quand votre sol est gorgé d'eau votre nappe phréatique est pleine toute eau supplémentaire qui va tomber dessus est de l'eau qu'on appelle ruissellante c'est-à-dire qu'elle finira dans une rivière dans un fleuve à la mer cette eau on peut la capter et parfois il est même important de la capter parce qu'elle pourra à la fois faire alimenter notre agriculture dans les moments de sécheresse et même alimenter les rivières pour rehausser les zones enfin le niveau de détiage comme on dit à l'inverse un sol qui est en souffrance où l'eau a du mal à pénétrer jusqu'à la nappe et la nappe n'est pas pleine et on sait qu'il y aura une tension cette eau-là ne doit pas être captée et donc ce que je veux dire par là c'est qu'il faut remettre de la raison de la science l'eau ruissellante est une eau celle qui finit à la mer est une eau qui peut être captée il faut juste une nouvelle fois écouter le sol cet enseignement tout simplement

53:14
Présentateur

vous avez quitté la vie politique en 2022 pour rejoindre le privé ce départ est-il définitif ou est-ce que

53:21
Invité

vu la situation actuelle vous avez l'envie de vous réengager alors la situation actuelle ne me donne pas une envie folle je dois l'admettre après comment vous la regardez

53:33
Présentateur

la situation

53:33
Invité

ça m'attriste objectivement ça m'attriste et je me demande au fond de moi est-ce que les uns et les autres vont être suffisamment intelligents pour réussir à s'unir et faire en sorte qu'on évite les extrêmes en 2027 mais pour moi ça a été une décision très personnelle pour des raisons de vie de famille prendre soin et être beaucoup plus présent avec ma famille j'ai 4 enfants qui à l'époque étaient en bas âge ils sont de plus en plus grands et puis le deuxième c'est que je suis convaincu qu'il ne faut jamais être indépendant de la politique si vous êtes dépendant de la politique à ce moment-là vous faites une carrière politique vous ne faites pas des combats et vous pensez plus à qu'est-ce qui va vous arriver après que le pourquoi vous le faites mais vous ne répondez pas à ma question il ne faut jamais dire jamais mais aujourd'hui je n'en ai mais pas maintenant on en reparlera mais encore une fois si un jour j'en refais j'en refais ce serait dans une forme d'indépendance parce qu'il est à mes yeux très important de ne pas dépendre de la politique

54:40
Présentateur

merci Julien Denormandie

54:41
Invité

un grand merci à vous et merci de parler du sol merci à vous pour ce livre

54:46
Présentateur

le chant du sol c'est aux éditions du seuil merci beaucoup d'avoir été notre invité ce matin Julien c'est les températures à la une de la voie du nord oui il y avait de la lumière hier donc on s'est dit ça valait le coup de faire un sujet on n'a pas vu le soleil on y va pas normal mais on en profite c'est la une de la voie du nord allez avant on va le remercier d'abord Julien Denormandie et on va faire le point sur la campagne des municipales et avant de voir les dernières infos de la campagne et notamment un sondage difficile pour Edouard Philippe on va vous dire ça dans quelques instants on vous aide à mieux comprendre les modalités de cette élection aujourd'hui dernier jour pour les candidats pour déposer leur liste en préfecture mais alors qui peut être candidat aux municipales Emma Bador vous explique tout qui peut se présenter aux prochaines élections municipales il faut d'abord être français ou ressortissant d'un pays de l'union européenne mais les citoyens européens peuvent siéger au conseil municipal mais ni devenir maire ni adjoint autre règle de base avoir au moins 18 ans le jour du premier tour disposer de ses droits civils et politiques et avoir rempli ses obligations militaires comme la journée défense et citoyenneté ensuite il faut avoir un lien réel avec la commune être inscrit sur les listes électorales où y payer ses impôts on ne peut se présenter que dans une seule commune et sur une seule liste et chaque candidat doit certifier qu'il accepte d'y figurer une manière d'éviter les inscriptions sauvages il y a une liste de personnes qui ne peuvent pas se présenter les citoyens déclarés inéligibles et les personnes sous tutelle ou curatelle mais aussi les ressortissants européens qui ont perdu leur éligibilité dans leur pays d'origine d'autres personnes ont un emploi incompatible avec un mandat municipal c'est le cas des agents salariés par la commune ou des magistrats qui ne peuvent pas se présenter ni dans la commune où ils exercent ni dans les 6 mois qui suivent la fin de leur fonction dernière règle souvent méconnue dans une commune de plus de 500 habitants pas plus de 2 membres d'une même famille peuvent siéger au conseil municipal à l'exception des conjoints qui échappent à cette limitation Et Johan on va voir avec vous les dernières informations de la campagne et on commence avec la bataille municipale au Havre et alors c'est une petite surprise un petit coup de tonnerre Edouard Philippe donné perdant Oui ça fait la une du Paris-Havre-Normandie le journal parle d'un coup de tonnerre en perspective un sondage publié hier soir place Le Maire sortant Edouard Philippe en tête du premier tour avec 37% des voix mais en cas de triangulaire au second tour avec la gauche et le rassemblement national Edouard Philippe serait battu par son opposant communiste Jean-Paul Lecoq un scénario catastrophe pour Edouard Philippe qui a fait de sa réélection au Havre une condition pour maintenir sa candidature à la prochaine présidentielle À Menton on va dans le sud d'une défaite ce profil aussi pour Louis Sarkozy Oui Nice-Martin Nice-Martin parle même de claque pour le fils de l'ancien président de la République Selon un sondage Louis Sarkozy ne pointe qu'à la 4ème place des intentions de vote au premier tour avec 16% des voix très loin de la favorite la candidate du Rassemblement national Alexandra Masson crédité de 31% au premier tour et si l'on en croit les sondages 5 candidats pourraient se hisser au second tour dont Louis Sarkozy et malgré un potentiel jeu des alliances entre les candidats de la droite ça ne suffirait pas à empêcher la victoire de la candidate Erène Dernière info de cette campagne pour ce matin c'est le Rassemblement national justement qui ne se mêlera pas à la bataille électorale à Périgueux Oui le parti d'extrême droite ne présentera pas de liste pour les municipales la députée RN de la Dordogne Florence Joubert a mis fin au suspense hier le Rassemblement national n'a pas réussi à rassembler le nombre de colistiers requis 35 en comptant la tête de liste et ça pour trois raisons d'abord l'abandon tardif de la précédente tête de liste la contrainte de la parité le RN n'a pas trouvé assez de femmes prêtes à s'engager enfin plus surprenant le décès du militant identitaire Quentin de Ranque a entraîné le retrait de plusieurs colistiers l'opposition bien sûr salue cet abandon du RN qui ne donnera pas de consigne de vote à ses électeurs et voilà pour les dernières infos de campagne notre journal de campagne on va regarder les autres titres Johan à la une de la presse régionale et on commence avec une mauvaise nouvelle pour les salariés de Seb oui on en a parlé dans le journal c'est en une du progrès le groupe français leader mondial du petit électroménager veut relancer sa croissance et pour cela Seb prévoit de supprimer 2100 emplois dans le monde dont 500 en France un coup de massue pour les salariés du groupe ils sont 7000 en France dont un millier à Éculi près de Lyon Seb dit avoir besoin de ce plan de relance pour rester compétitif face à la hausse des droits de douane américains et la concurrence féroce de ses concurrents asiatiques on en parlait avec notre invité les intempéries après des crues exceptionnelles un peu partout en France l'heure est au bilan pour les sinistrés oui il est venu le temps du grand nettoyage et des experts titrent le journal Charente Libre des dizaines de maisons sont toujours dans l'eau mais la décrue de la Charente s'accélère depuis le début de la semaine dans le département les sinistrés ont commencé les opérations de nettoyage et tentent de constituer leur dossier d'assurance la facture s'annonce très salée la dépêche du midi parle d'un coût des indemnisations à hauteur de 3 milliards d'euros la conséquence c'est que cela pourrait faire monter les primes d'assurance habitations toujours au rayon météo une meilleure nouvelle pour nous c'est que ça y est il fait un peu plus chaud mais il fait quand même chaud pour un mois de février oui et ça n'a pas échappé à la presse de la Manche qui a connu hier un épisode de chaleur totalement inédit pour un mois de février 22 degrés le long des côtes record pulvérisé pour cette fin d'hiver jamais il n'avait fait aussi chaud à Charbourg depuis 70 ans les vacanciers bien sûr sont contents mais s'inquiètent tout de même du dérèglement climatique et puis même son cloche pour la voie du nord comme le reste du pays le nord et le Pas-de-Calais connaissent une douceur exceptionnelle avec des températures 10 degrés au-dessus des normales de saison les habitants en profitent même si la situation pour eux n'a rien de normal et enfin il est question du salon de l'agriculture Johan oui avec le républicain Lorrain qui titre passion Moselle au salon de l'agriculture une édition 2026 marquée par l'absence des bovins une baisse aussi de la fréquentation alors les viticulteurs de la Moselle en profitent pour se distinguer hier ils ont gagné 7 médailles d'or et d'argent lors du concours général agricole l'occasion pour eux de faire rayonner leur travail et aussi la place du vin Mosellan sur la scène nationale merci beaucoup merci Johan et on va continuer à parler agriculture ce sera l'objet du débat du club et on va parler vitrine régionale avant ça effectivement vous en avez parlé pour la Moselle c'est aussi le cas pour la Bretagne bonjour Loïc Chéné-Girard merci beaucoup d'être avec nous vous êtes le président socialiste de la région Bretagne le salon de l'agriculture Loïc Chéné-Girard c'est aussi une vitrine pour nos régions

1:01:25
Locuteur 2

c'est effectivement une vitrine pour nos régions c'est la fierté d'emmener nos producteurs qui sont ici présents alors il n'y a pas le concours des bovins

1:01:33
Présentateur

de fait mais nous avons aussi beaucoup d'autres acteurs d'autres productions qui sont sur les stands on voit bien que les visiteurs en profitent et nous nous en profitons pour échanger encore et toujours sur l'avenir et sur l'envie que nous avons de continuer à avoir une agriculture vivante des agricultures vivantes dans nos territoires comment vous les aidez comment la région Bretagne aide ces agriculteurs

1:01:53
Locuteur 2

la région Bretagne comme toutes les régions de France s'occupe d'une part des fonds européens de la PAC et nous avons donc

1:02:00
Présentateur

deux missions principales d'abord accompagner les installations installer des jeunes c'est une mission d'avenir c'est une mission indispensable et nous voyons bien qu'avec et le changement climatique et les débats sur les équilibres de l'agriculture il faut avoir une vision claire pour pouvoir accompagner des jeunes qui partiront en retraite qu'en 2060 ou 2070 et puis d'autre part nous avons le financement des investissements investissements nécessaires pour être en capacité de nourrir produire pour nourrir c'est vraiment la mission des régions c'est la mission de la région Bretagne et nous avons des caps qui sont fixés chaque année avec des objectifs qui visent à assurer la résilience de nos exploitations alors permettre de s'adapter à ce changement climatique et d'être productif parce qu'il faut encore une fois nourrir les français et les 450 millions d'européens et on a vu Loïc Chéné-Girard les inondations de ces derniers jours qui n'ont pas épargné loin de là votre région la région Bretagne est-ce que vous arrivez déjà à mesurer les conséquences pour l'agriculture nous avons commencé à mesurer les conséquences et nous vivons pour la deuxième année de suite des inondations assez importantes et finalement nous ne sommes qu'au début nous savons que le changement climatique est là c'est une certitude nous savons aussi c'est une autre certitude que les européens les français auront besoin de manger de continuer à manger et donc face à ces deux incertitudes nous avons besoin de fixer une stratégie pour l'avenir l'agriculture l'agroalimentaire sont indispensables à l'avenir du pays indispensables à notre liberté à notre autonomie et nous avons besoin d'un cap clair un cap qui doit être travaillé entre les régions et bien sûr l'État et faire en sorte qu'ensuite nous donnions des lignes claires sur lesquelles nous travaillons pour l'avenir nous nous proposons bien entendu de travailler sur la base de nos sols Julien Normandie le disait il y a quelques instants tous les sols tous les climats en France sont différents y compris dans les territoires ultramarins et d'être capable de produire ce que j'appelle la production maximum durable la production maximum durable c'est si on produit plus on abîme l'avenir on détruit nos sols on détruit notre environnement si on produit moins on fait une faute contre finalement notre autonomie notre souveraineté européenne et nationale et donc il faut ce chemin là qui est indispensable qui est complexe et qui nécessite de ne pas faire de simplisme mais d'avoir encore une fois un cap clair un discours clair et des accompagnements notamment avec l'argent de la PAC et nous attendons donc

1:04:11
Locuteur 2

un budget de la PAC qui doit être à la hauteur des ambitions que nous avons

1:04:14
Présentateur

Merci beaucoup merci Loïc Chéné-Girard d'avoir été avec nous président socialiste de la région Bretagne vous allez vous rendre au salon de l'agriculture vous y croiserez peut-être Sébastien Lecornu qui est de retour aujourd'hui dans la plus grande ferme de France pour aller à la rencontre des agriculteurs merci beaucoup d'avoir été avec nous et on va parler de ces questions bonjour Emmanuel Ducrot bonjour merci beaucoup d'être avec nous journaliste économique spécialiste des questions agricoles et alimentation à l'opinion bonjour Frédéric Danay merci également d'être là journaliste spécialiste des questions d'environnement et chroniqueur chez Marianne un mot sur le contexte d'abord de ce salon Emmanuel beaucoup de colère de la part des agriculteurs on les a entendues sur différents sujets il y a la dermatose il y a le Mercosur il y a la PAC il y a le changement climatique les inondations les conséquences pour eux et puis il y a des crises qui durent depuis des années la question notamment des revenus on est véritablement dans un salon de crise

1:05:06
Locuteur 4

en tout cas je trouve que l'ambiance est à un côté un peu presque désespéré c'est à dire qu'on a l'impression que le monde agricole répète la même chose depuis des années et face à un politique dont le temps n'est pas le même et à une société qui n'a pas vraiment compris la complexité des enjeux et face à laquelle ils ont le sentiment d'être vraiment en but c'est comme si tout le monde avait couru dans une roue de hamster pendant des années ça fait quand même trois ans qu'on vit des crises agricoles qui se passent avant le salon dans les hivers et là le sentiment est un peu celui-là je trouve que l'ambiance est un peu bizarre il manque un peu l'euphorie habituelle où le monde agricole la famille agricole se retrouve et là il y a une espèce de poids qui pèse sur tout le monde et une espèce d'exaspération un peu désespérée je ne sais pas dire mieux

1:05:57
Présentateur

non mais c'est effectivement un état d'esprit peut-être un peu particulier avec Monde Monde aussi au salon cette année Frédéric Denway est-ce qu'il y a un décalage une incompréhension même si les français soutiennent leurs agriculteurs une incompréhension sur leurs préoccupations et comment on peut les résoudre

1:06:16
Invité

ah bah oui ils sont plus que désespérés ils sont passés au-delà du stade de la colère nonobstant les manifestations quasi rituelles de fin d'année où on se doit d'aller brûler un pneu devant une préfecture mais non ils sont désabusés parce qu'ils se sentent non considérés c'est même pas déconsidérés parce que pour avoir été déconsidérés il faut avoir été considérés à un moment ou à un autre ils se sentent non considérés par leur syndicat il y a finalement entre 50 et 70% d'agriculteurs qui ne votent pas lors des élections syndicales moi les agriculteurs que je rencontre me disent on n'est pas représentés les syndicats représentent avant tout eux-mêmes ils ne nous représentent pas mais quand même on est derrière eux parce que c'est le pied dans la porte du ministère mais surtout ils ne se sentent pas considérés invisibilisés par la population on est complètement schizophrène on aime l'image que représentent les agriculteurs c'est-à-dire l'image de la France d'avant celle qui réussit celle qui le monde agricole en 15 ans a totalement changé son fonctionnement par rapport à un fonctionnement qui était hérité de plusieurs siècles et là mais la France s'en désintéresse complètement les gens s'en foutent des agriculteurs enfin il faut dire les choses telles qu'elles sont les agriculteurs ne sont que des sources de problèmes

1:07:24
Présentateur

ils les soutiennent ils les aiment

1:07:26
Invité

ils les soutiennent parce que c'est un rapport affectif à un passé c'est un rapport affectif à une prétendue descendance ascendance agricole chacun veut bien citer un agriculteur dans sa famille mais ça n'existe pas donc pour moi le salon de l'agriculture ne devrait même pas exister c'est une espèce de village potemkin d'une agriculteur de carte postale on y va on va tâter le cul des vaches on va rigoler on va avoir des agriculteurs

1:07:49
Présentateur

il n'y a même plus de vaches

1:07:50
Invité

en plus il n'y a même plus de vaches non non il ferait mieux de faire des petits salons dans les régions dans les départements pour montrer pour ramener l'agriculture au niveau des gens enfin pour venir répondre à votre question non on soutient si les français soutenaient l'agriculture je vais me faire très caricatural ils n'iraient plus acheter 80% de leur nourriture dans les hypermarchés ils n'iraient plus acheter dans des circuits courts encore une fois je suis très caricatural donc non les agriculteurs se sentent absents mais vraiment absents invisibilisés du paysage

1:08:16
Présentateur

et pour répondre à la crise agricole Sébastien Lecornu est de retour aujourd'hui dans les allées du salon pour la deuxième fois il a promis un projet de loi d'urgence agricole il sera examiné avant l'été au parlement on va écouter ce qu'en pense Gérard Larcher le président du Sénat qui lui était en visite hier dans les allées du salon

1:08:29
Invité politique

le premier ministre un peu contraint au mois de janvier à annoncer une loi d'urgence agricole il ne faut pas que ça soit un texte qui veuille tout embrasser mais qui doit répondre à la levée des entraves en agriculture qui essaye d'aborder y compris le sujet phyto-pharmaceutique sans en faire un drame et en racontant un certain nombre de choses qui sont scientifiquement inexactes voilà pourquoi j'ai pris la décision par exemple sur la récente proposition de loi signée par un certain nombre de sénateurs de saisir le conseil d'état pour que nous y voyons clair et que nous partions d'un certain nombre d'évaluations juridiques scientifiques pour apporter les nécessaires levées d'entrave en faisant des choses qui soient raisonnées raisonnables et concrètes

1:09:19
Présentateur

c'est un peu le risque de cette loi Emmanuel Ducrot que ce soit une énième loi agricole un peu fourre-tout et presque inutile

1:09:25
Locuteur 4

disons que dans cette désespérance ou poste désespérance des abusements des abusements qu'on décrivait il y a aussi quand même quelque chose qu'il faut prendre en compte c'est qu'il y a eu deux lois agricoles d'importance ces dernières années la loi d'orientation agricole et puis la loi dite du plomb mais qui ne porte pas en fait ce nom mais loi pour lever les entraves à la contrainte du militaire ces lois ont été extrêmement débattues et elles ne sont pas appliquées c'est-à-dire que la moitié des décrets d'application de la loi dite du plomb ne sont pas publiés et dans les décrets de la loi d'orientation agricole c'est la même chose il y a des choses qui sont encore imperdues un peu dans les lingues de l'administration donc on a ce sentiment que les problèmes ne sont jamais réglés alors qu'en fait on ne tire pas les fils jusqu'au bout alors une nouvelle loi d'urgence agricole qui finalement ne sera pas une loi d'urgence parce qu'elle sera à la rentrée tout ça ça contribue aussi au fait que les agriculteurs ont l'impression qu'on les laisse un peu dans les limbes parce qu'on ne va jamais au bout des sujets on ne les clôt jamais on ne les termine jamais on ne se dit pas ce truc là c'est réglé par exemple on a des questions sur la taille des élevages en France qui sont un peu sous pression par rapport à leurs homologues européens ce truc là n'est toujours pas réglé alors qu'il y a les dispositions qui sont dans la loi votées et qu'il faut les porter jusqu'au bout donc en fait on alimente un peu l'espèce de désespoir en ne finissant pas les chantiers qui ont été ouverts et donc on ne peut pas passer au suivant puisqu'il y en a toujours qui sont perdus et on ne sait pas où ils en sont exactement

1:10:49
Présentateur

finalement c'est un éternel recommencement ces lois agricoles Frédéric Doré

1:10:54
Invité

c'est du foutage de gueule on prend je vais dire les choses telles que je les sens on prend les agriculteurs pour des cons on leur promet des choses qui de toute façon ne seront pas tenues comme Emmanuel l'a dit mais c'est général en France sur les 51 dernières lois il y en a 4 qui ont été vraiment appliquées c'est-à-dire promulguées avec les décrets d'application c'est pareil pour la loi d'avenir agricole ce sera pareil pour la loi dite du plomb aussi parce que beaucoup des dispositions sont ou inconstitutionnelles ou contraires à la loi selon le Conseil d'État par exemple dans les propositions qu'a fait Lecornu dans son tweet du 13 janvier relatif à son moratoire sur l'eau il n'y a rien qui est légal rien qui est légal parce que ça ça contredit la quasi-totalité des lois sur l'eau et notamment la loi fondamentale de 64 qui fixe la gouvernance de l'eau dans ce qu'il a promis aux agriculteurs c'est en gros en tout cas pour les irrigants je ne prends que cet exemple-là c'est les volumes prélevables qui sont fixés par des textes qui s'appellent des schémas d'aménagement et de gestion de l'eau on oublie ces textes on les suspend par l'intervention du préfet donc on oublie tous ces petits parlements de l'eau dans lesquels siègent les agriculteurs et où ces volumes sont décidés en tout cas proposés aux préfets donc on oublie tout ça ce qui revient dire aux agriculteurs c'est vous qui aurez la main sur le robinet demain ce qui n'est pas vrai ce qui n'est pas vrai c'est faux mais il y a des gens qui vont le croire et comme ils ne verront rien venir et bien ça nourrira une énième crise agricole en fin d'année donc on les prend vraiment pour des ânes en leur...

mais c'est très signifiant si vous voulez c'est...

on a un problème d'accès à l'eau on a un problème d'acceptabilité des bassines comme l'a dit Julien de Normandie tout à l'heure oui il faudra des bassines ni grandes ni petites ça dépendra des conditions donc plutôt que de régler le problème plutôt que de faire des espèces d'états généraux de l'eau par exemple non on leur dit d'accord vous avez un problème ça vous énerve vous inquiétez pas on va vous donner l'eau mais on les infantilise c'est pas vrai et le problème c'est qu'on a pour le coup le syndicat majoritaire et le deuxième qui est l'huit taille des croupières la coordination en règle qui pousse les feux derrière ces gens-là ne se préoccupent pas des agriculteurs ils se préoccupent avant tout de même c'est que de l'effet d'affichage désastreux

1:12:57
Présentateur

sur la loi Duplomb vous en avez parlé tous les deux il y a une loi Duplomb 2 qui a été redéposée ici au Sénat par la majorité sénatoriale la loi Duplomb en deux mots elle vise entre autres parce qu'effectivement c'est une vaste loi à réintroduire un pesticide controversé l'acétamipride qui est interdit en France qui est autorisé ailleurs à l'introduire de manière temporaire parce que certaines cultures en auraient besoin c'est le cas de la noisette c'est le cas de la cerise ça divise y compris chez les agriculteurs est-ce que cette loi Duplomb elle est symptomatique aujourd'hui des contraintes et des crises de notre agriculture

1:13:29
Locuteur 4

alors si on peut parler de la première version de la loi Duplomb parce qu'on s'est tous focalisés sur la question de l'acétamipride il y avait beaucoup d'autres choses à l'intérieur de cette loi qui étaient aussi très intéressantes parce que effectivement ce que ça dit cette loi c'est que l'agriculture française est une exception dans notre propre pays comme on vient de le voir mais aussi en Europe pendant très longtemps et heureusement que les agriculteurs n'ont quand même pas totalement versé là-dedans on a expliqué que c'était l'Europe le problème maintenant on explique que c'est le Mercosur le problème le problème c'est ni l'Europe ni le Mercosur le problème c'est nous le problème c'est qu'on ne comprend plus en France la nécessité de la production on est 70 millions il faut nourrir 70 millions de personnes trois fois par jour ça ça nécessite des volumes enfin je veux dire c'est de l'arithmétique de base il faut simplement faire des calculs de quoi est-ce qu'on a besoin pour nourrir 70 millions de français et on se rend compte en regardant notre balance commerciale qu'en fait on ne produit pas ce dont on a besoin alors c'est même pas assez c'est juste pas ce dont on a besoin et pas forcément aux beaux endroits et puis qu'est-ce qu'on veut faire de la France agricole on était une puissance agricole qui avait une puissance géopolitique parce qu'elle produisait par exemple des céréales qu'elle vendait c'est une chose qu'on peut considérer comme importante quand même de faire de la géopolitique agricole et tout ça on n'est plus aujourd'hui une puissance agricole alors on l'est plus surtout mais en fait on a une balance commerciale qui est à l'équilibre plus ou moins c'est un peu plus de 200 millions mais elle était largement excédentaire il y a encore quelques années mais on était à 11 milliards et demi il y a 3 ans donc voilà en fait c'est qu'est-ce qu'on veut faire de cette agriculture est-ce qu'on considère comme l'Allemagne l'a fait avec son secteur je parle de la machine outil que c'est une priorité nationale que c'est une force et que c'est un atout et que donc on en prend soin ou est-ce qu'on se laisse emporter dans une espèce de grand tourbillon en disant finalement est-ce que c'est si important que ça et on perdra cet atout parce que ça en est un mais on n'a pas conscience que ça en est un j'ai un peu digressé mais vous la comprenez cette loi du plomb ?

alors moi je pense que politiquement ça va être quand même assez compliqué cette histoire mais oui je comprends qu'on en est ras-le-bol quand on est un agriculteur français et quand on est d'ailleurs un citoyen raisonnable de se dire on a imposé en France l'idée que l'agriculture c'est dangereux et pour moi c'est un problème parce qu'on ne comprend plus ce que dit la science ce que dit la nécessité de production et ce que dit aussi la nécessité de la longueur des transitions on ne peut pas décider les choses comme ça du jour au lendemain quand on n'a pas de solution alternative et moi je veux bien qu'on dise juste on va se passer de noisettes on va se passer de cerises on va se passer de betteraves mais à force de se passer de tout parce qu'on a aussi décidé qu'on allait se passer de volailles parce qu'on ne veut plus implanter des poulaillers qu'on va se passer d'eux parce que finalement c'est quand même embêtant c'est poulaillé encore une fois on finit par avoir des verticales entières qui disparaissent et pour lesquelles en fait on n'arrête pas de consommer on consomme simplement de la nourriture importée avec des standards qui sont inférieurs aux nôtres on a un problème on est bancal dans notre réflexion

1:16:20
Invité

Frédéric ? on est un peu schizophrène mais non la loi Dupont j'en pense pas grand chose elle est sans doute très bien pour répondre à des objectifs immédiats donc effectivement pour les betteraviers de l'acétamipride et puis voilà ça assurera ça assurera les récoltes d'ici deux ans ou trois ans

1:16:35
Présentateur

mais est-ce qu'elle est symptomatique dans des problèmes des agriculteurs aujourd'hui de dire c'est autorisé ailleurs c'est interdit chez nous il n'y a pas de solution l'interdiction sans solution ça marche toujours pas

1:16:46
Invité

le problème c'est que les solutions on ne les a pas cherchées

1:16:49
Locuteur 4

c'est pas vrai Frédéric c'est pas vrai c'est pas vrai c'est juste que il faut faire les points avec les instituts techniques et même avec l'INRAE l'INRAE reconnaît elle-même que les solutions l'agronomie qu'on les a cherchées

1:17:03
Invité

il y a des impasses techniques par exemple sur le glyphosate moi j'aime pas les pesticides je fais une petite digression la loi du plan en fait elle répond pas à une demande sociale qui est de se passer des pesticides on en pense ce qu'on veut mais la société va vers une société sans pesticides bon bref l'acétamipride j'en sais rien le problème c'est que l'acétamipride fait vivre une culture la betterave qui est avant tout exportatrice et qu'est-ce qu'elle rapporte à la société là je me place sur un niveau très large quasi philosophique elle rapporte quoi ? du sucre raffiné qui rend les gens obèses qui coûte très cher à la sécu

1:17:34
Locuteur 4

elle produit aussi de l'éthanol qui permet de garantir une forme de souveraineté énergétique c'est quand même pas totalement bien

1:17:42
Invité

qui va pouvoir peut-être effectivement abreuver nos avions à hauteur de 6% d'ici 2030 bon peut-être peut-être sur le glyphosate par exemple enfin le problème il est que le débat il est maniché on est ou pour ou contre les pesticides ce que je constate moi et pour rebondir sur ce que disait de Normandie sur la question des sols les sols ça va être vraiment le point fondamental de notre avenir les gardiens des sols sont les agriculteurs si tant est qu'ils les laissent couverts en permanence et qu'ils ne les labourent quasiment plus et pour cela à un moment ou un autre il leur faut utiliser quoi ?

du glyphosate et pour l'instant il y a une impasse technique on ne peut pas être contre parce qu'on ne sait pas les agriculteurs dits en conservation des sols dont les bénéfices agronomiques sont super ils ne peuvent pas faire autrement sauf certains que je connais mais on les compte sur les doigts des deux mains peuvent pas faire autrement qu'utiliser du glyphosate là il y a une impasse technique il faut continuer à chercher peut-être sans doute qu'on ne pourra jamais se passer du glyphosate mais il faut dire les choses telles qu'elles sont aux agriculteurs et ne pas leur dire ne pas leur faire croire qu'avec la loi du plomb ils pourront continuer à utiliser dans 20 ans 30 ans 40 ans 50 ans des pesticides c'est faux

1:18:42
Locuteur 4

c'est faux c'est pas ce que dit la loi du plomb c'est une loi dérogatoire

1:18:46
Présentateur

avec un usage temporaire

1:18:48
Locuteur 4

on ne parle pas de réintroduire l'acétamipride qui a été interdit je le rappelle par la loi et non pas par les autorités sanitaires c'est important de le rappeler c'est la loi qui l'a interdit ça ne dit pas ça ça dit on a 3 ans dans lesquels on va continuer à autoriser sur certaines cultures et dans certaines conditions alors visiblement de manière pas assez restrictive puisque c'est ce que dit le conseil constitutionnel exactement

1:19:07
Invité

c'est pas borné

1:19:08
Locuteur 4

le conseil constitutionnel quand il censure ses dispositions sur l'acétamipride dans la loi dite du plomb 1 il ne dit pas jamais c'est inconstitutionnel il dit vous n'avez pas suffisamment borné le problème c'est pas la même chose et d'ailleurs le conseil constitutionnel techniquement fournit une feuille de route d'où la loi du plomb 2 voilà et il dit juste et d'ailleurs Julien Denormandie était là et il sait extrêmement bien de quoi il parle parce qu'il a fait passer une première loi dérogatoire sur l'acétamipride pour la betterave qui était extrêmement bien bornée et sur laquelle il aurait probablement fallu calquer le débat de du plomb 1 voilà parce qu'il avait trouvé le chemin législatif pour quelque chose d'extrêmement restrictif et dans le temps et dans les filières et dans l'espace

1:19:48
Présentateur

on va terminer juste sur la question des sols il y a la question des sols il y a la question de l'eau on en parlait avec le président de la région Bretagne les sols de certains territoires qui sont gorgés d'eau depuis ces derniers jours Julien Denormandie là aussi il avait travaillé sur le Varenne de l'eau pour l'agriculture sur la question de comment on capte cette eau il nous dit c'est pas pour ou contre les bassines ça dépend de l'état du sol il y a des endroits où il faut des bassines parce que l'eau déborde et va à la mer il y a des endroits où il n'en faut pas parce qu'il faut remplir les nappes phréatiques c'est comme ça qu'il faut aborder la question Frédéric ?

1:20:20
Invité

évidemment il faut aborder cette question de deux façons un, la première réserve d'eau de surface sur la planète c'est ni les lacs ni les rivières ni les fleuves c'est les sols 60% de l'eau de surface est dans les sols mais des sols encore une fois des sols typiquement de prairies donc si vous voulez de la flotte il faut bouffer de la viande je caricature il adore faire ça j'adore faire ça la deuxième chose c'est que oui par endroit il faudra de l'eau et d'ailleurs c'est dans le 12ème programme des agences de l'eau en Occitanie où la demande en eau est la plus forte il est acté de créer des retenues collinaires des retenues de substitution simplement il faut que ce soit discuté avec la population il faut que ce soit discuté avec une seule question cette eau va servir à quoi ?

je termine si c'est pour produire encore une fois je caricature du maïs qui va à l'exportation ça ne sert à rien parce que ça reviendrait exporter de l'eau chez nous de la même façon qu'acheter des fraises du Maroc revient à les soutirer de l'eau des nappes phréatiques qui sont en train de se tarir au Maroc donc on utilise l'eau d'irrigation pour quoi ? pour quel usage ?

ça répond à quelle demande de la société et ça répond à quelle demande d'avenir pour l'agriculture si irriguer c'est pomper dans les nappes au maximum pour produire de l'agriculture haute valeur ajoutée sur un temps très court ça ne sert à rien du tout il faut préserver une ressource qui est de plus en plus rare je renvoie au rapport au rapport de l'ONU qui montre que même en France et les agences de l'eau en sont la démonstration même en France on aura des problèmes d'accès à l'eau demain donc il va falloir partager le gâteau

1:21:39
Locuteur 4

en fait il faut aussi reposer la question c'est un tabou en France parce qu'on revient à notre idée du départ les français adorent leur agriculture à partir du moment où elle n'a pas envie de produire donc on a quand même un problème il faut rappeler la nécessité d'une production agricole l'agriculture c'est pas juste du décor et de l'entretien des haies c'est aussi de l'alimentation qu'il faut produire en quantité et en qualité suffisante donc il faut se poser la question et pour moi il y a un des états généraux de l'eau à faire il y a des états généraux des moyens de production à faire et il y a des états généraux à faire sur une sorte de programmation de nos besoins alimentaires l'agriculture et l'alimentation c'est pas déconnecté l'un de l'autre entre les deux il y a un moyen qui s'appelle la transformation qu'il ne faut pas oublier parce qu'on ne pourra pas tout aller en circuit court et il y a quand même des industries en France qui ont besoin de transformation les céréales on ne les mange pas à la cuillère jusqu'à preuve du contraire il y a une industrie de transformation au milieu il ne faut pas l'oublier et ça fait partie de notre souveraineté alimentaire

1:22:35
Présentateur

justement on va terminer ce sujet en parlant de la question des revenus et des marges commerciales il y a une commission d'enquête en ce moment au Sénat sur ce sujet elle auditionnait hier le patron de Carrefour Alexandre Bompard qui répondait à Annie Gennevar la ministre de l'agriculture qui il y a quelques jours dans le Parisien a un peu fustigé la grande distribution et les a appelés à ne pas faire trinquer les agriculteurs on écoute Alexandre Bompard On laisserait entendre que les distributeurs opèrent avec des marges indues qu'ils abuseraient qu'ils auraient un comportement mortifère je vous le dis ce n'est ni sérieux ni responsable ni très respectueux de notre métier il ne peut donc y avoir aucune de ces prétendues opacités dont j'entends parfois parler au sujet de la distribution qui aurait des marges je n'ai jamais compris ce pluriel plein de sous-entendus ma marge est connue elle est bien plus faible que dans d'autres secteurs mon résultat net ce qu'il me reste à la toute fin c'est moins de 1% de mon chiffre d'affaires 10 fois moins que les industriels c'est pas vrai Emmanuel question un peu novice de ma part à l'experte que vous êtes j'ai l'impression que tous les ans au moment du salon de l'agriculture on est dans les mêmes discussions sur les marges commerciales les distributeurs qui disent non on ne fait pas de marge les agriculteurs qui disent mais nous les distributeurs on n'a pas le revenu qu'on voulait et Galim qui visiblement n'a pas totalement résolu le problème pourquoi on en est là ?

1:24:03
Locuteur 4

Alors en fait c'est pas totalement exact comment dire on a ce débat chaque année au salon de l'agriculture parce que ça coïncide avec notre grand rituel franco-français de la négociation commerciale qui est un truc qui n'existe que chez nous qui ne marche pas mais qu'on continue à faire parce que c'est du théâtre et c'est mortifère vraiment enfin je veux dire il faut arrêter ce truc là il y a un moment il faut arrêter ce truc là dans tous les autres pays européens on négocie les prix au long de l'année en fonction et de cours et de conditions de production et de volume chez nous on fait une espèce de rituel qui dure entre un et deux mois selon les tailles des entreprises et qui braque absolument tout le monde donc c'est mon avis il y en a ras-le-bol ce truc c'est administré il faut arrêter je pense que c'est pas totalement juste de dire que ça n'a pas servi l'agriculture on a en tout cas pris conscience que la matière première agricole il y a un moment où elle n'est pas négociable parce qu'il y a des conditions de production des coûts de production qui sont là et qu'on ne peut pas renier en permanence donc il y a quand même ce sujet a été remis sur la table et globalement c'est moins les agriculteurs qui râlent là sur les revenus que le maillon intermédiaire ce maillon oublié de la transformation agroalimentaire alors encore une fois transformation agroalimentaire c'est pas un gros mot les industries agroalimentaires en France c'est 98% de PME de petites boîtes c'est pas juste des grandes multinationales on les compte sur les doigts des deux mains en gros quand même il y a des très très grands puis il y a beaucoup de petites boîtes qui font de la transformation et sans lesquelles on ne se nourrira pas et c'est elles en fait qui sont sous pression la pression c'est un peu déporté du monde agricole à ces PME de transformation agroalimentaire et ça va très très très très mal très très mal pour le coup elles ont un outil de production qui est obsolète qui n'a pas investi et ça ne va pas bien

1:25:44
Présentateur

30 secondes Frédéric

1:25:46
Invité

vous devez penser ce que j'en pense on a 390 000 exploitants un bon millier de PME face à en gros 5 centrales d'achat qui font la pluie et le beau temps il ne faut jamais oublier que le secteur agricole est le seul dans le monde économique qui ne fixe pas ses propres prix voilà il découvre son prix quand la grande distribution ou éventuellement un industriel ou une coopérative lui donne la facture voilà un précédent rapport parlementaire qui date de 5-6 ans parlait de raquettes je ne fais que relire et ce n'est pas moi qui le dit parlait de raquettes oui on en est là donc on peut brûler des pneus on peut accuser l'OFB les écolos les journalistes Bruxelles d'être la cause de tout la première cause c'est ça

1:26:22
Locuteur 4

il faut quand même juste une dernière chose nous en tant que consommateurs on est responsable on paye en France notre alimentation bien moins chère que dans nos pays européens et on a l'impression que c'est hors de prix c'est moins cher ici

1:26:32
Présentateur

et justement on ne peut pas parler agriculture sans parler des bons produits de notre terre or alors on n'a pas pu aller au salon mais du coup on fait venir le salon à nous Stéphane vous étiez Stéphane Duguay vous étiez au salon de l'agriculture avec nous lundi on vous a vu vous nous avez fait saliver avec votre dégustation de produits vous avez promis de nous les ramener chose promis chose due exactement c'est du salaire le salaire que j'ai goûté le salaire que j'ai goûté lundi qui est produit par le gars quand bon donc c'est Nathalie qui m'a fait goûter ça elle travaille avec son mari la famille de son mari traite des vaches salaires

1:27:03
Invité

depuis 5 générations et ce fromage là ils le font depuis les ans attention ça glisse

1:27:06
Présentateur

ça va tout le monde donc je vais vous laisser le goûter vous allez me dire ce que vous en pensez je vous ai vu le goûter lundi ça m'avait l'air effectivement très très bon

1:27:14
Invité

voilà et normalement ça a un goût de noisette et d'herbage m'a-t-elle dit

1:27:18
Présentateur

ce fromage là

1:27:19
Locuteur 4

c'est vrai que c'est un goût de noisette c'est le salaire qui fait pas peur

1:27:26
Présentateur

et donc c'était aussi très très bon jeu de mots

1:27:29
Locuteur 4

c'était aussi une manière de montrer

1:27:33
Invité

les produits issus des bovins qui étaient les grands absents de ce salon rappelons-le puisqu'il n'y avait pas de bovins à cause de la dermatose nodulaire

1:27:40
Présentateur

effectivement et que vous nous avez fait des alors c'est très bon

1:27:42
Invité

ah oui super bon

1:27:44
Présentateur

bravo famille à travers l'écran lundi on était un peu frustrés on conseille aussi à nos téléspectateurs qui du coup seront frustrés aussi ce salaire et au salon de l'agriculture qui se tient jusqu'à dimanche merci beaucoup Stéphane avec plaisir merci beaucoup Emmanuel Ducroux merci Frédéric Danuay d'avoir été avec nous merci à tous de nous avoir suivis on se retrouve demain très bonne journée Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour chez vous retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat