Antoine Pelissolo, psychiatre : "Il faut déstigmatiser les maladies mentales"
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nous ferons de la santé mentale la Grande Cause Nationale 2025 c'est l'engagement pris par Michel Barnier Premier ministre le 1er octobre dernier dans l'émicycle un engagement salué par les experts tant l'urgence est là deux chiffres pour s'en convaincre 13 millions c'est le nombre de personnes qui souffrent d'un trouble psychique chaque année en France 150 milliards première cause de dépense de santé dans notre pays c'est le coût direct et indirect de la santé mentale femmes et hommes jeunes et vieux sont concernés par ces problématiques qui vont la souffrance psychosociale ordinaire malad psychiques avéré comme la dépression les psychoses les addictions en passant par les souffrances au travail ou encore lescoanxiété et notre système de santé à bout sououf ne peut répondre à cette détérioration de l'état de santé mental de la population mais quelle est exactement la situation aujourd'hui comment en est-on arrivé là pourquoi les mesures prises se sont-elles révélées insuffisantes et que faire maintenant pour inverser cette tendance et protéger les personnes en souffrance pour répondre à toutes vos questions notre invité est le professeur Antoine pelissolo [Musique] Antoine pelissolo bonjour bonjour merci d'être avec nous vous êtes psychiatre chef du service de psychiatrie du CHU Henri Mondor professeur de psychiatrie à l'université de créteille et adjoint au maire de cette ville je rappelle votre dernier ouvrage coécrit avec cé Massini c'est les émotions du dérèglement climatique paru en septembre 2021 c'était chez flamarion avant qu'on entre dans le fond du sujet j'aimerais savoir quelle a été votre réaction immédiate à l'engagement de Michel Barnier et bien plutôt une réaction très très positive évidemment parce que c'est une une cause que nous portons tant que professionnel mais aussi avec les usagers un certain nombre de d'acteurs depuis longtemps en fait pour des raisons vraiment d'urgence qui a alors un premier intérêt un peu symbolique on va dire mais c'est quand même important les symboles même politiquement de dire on en fait une priorité en tout cas on met sujet sur la place publique sur dans le débat public alors que c'est un sujet par définition qui est souvent tabou sous le tapis donc ça bon vraiment positif en parler la grande cause c'est surtout de la communication et et c'est toujours bon à prendre en terme de en effet d'information de vulgarisation j'espère que ça peut libérer la parole et puis surtout augmenter le niveau de connaissance de tout le monde parce qu'on on y reviendra sûrement on a besoin de cette cette connaissance puis on espère surtout des moyens quand même en plus hein pour la psychiatrie mais c'est un sujet en plus et bien on en parler alors bien sûr les maladies mentales les troubles psychiques ont toujours existé la situation c'est néanmoins indéniiablement dégradé en décembre 2022 selon l'enquête de santé publique France 24 % de la population française présentait un état anxieux 17 % un état dépressif c'est quand même respectivement 11 et 7 points de plus par rapport au niveau avant l'épidémie de covid-19 avant qu'on revienne là-dessus écoutz ce témoignage de Morgan dans le téléphone son c'était le 14 mars dernier sur France interre ça a été très difficile donc sortir du confinement où là moi j'ai vraiment craqué en fait en quelques semaines en quelques mois en fait ça a été un trouble de l'anxiété généralisée une dépression qui a été diagnostiquée médicamentation j'ai commencé à faire des arrêts de travail à répétition et cetera donc ça a été de plus en plus dur jusqu'à ce que j'aille voir un psychiatre en fait que j'ai eu beaucoup de mal à trouver aussi effectivement à l'époque parce qu'on était très nombreux alors l'insuffisance de médecin on va y revenir hein mais cette aggravation de la situation après le covid on l'explique comment c'est quoi c'est le confinement c'est la peur de ce virus du vaccin des mesures de distanciation c'est quoi sûrement un mélange mais beaucoup quand même en effet la les ruptures de liens sociaux comme on l'a dit dès le début des des confinements avec ces risquesl une rupture dans le parcours de vie et et beaucoup plus sensible évidemment chez les jeunes adolescents et étudiants qui ont été quand même vraiment fracturés dans leur dans leur évolution beaucoup sont sont bien remis et heureusement mais on voit encore des séquelles alors ce qui est inquiétant c'est que pour certaines en tout cas certains âges et les enfants par exemple il y a encore des aggravations moi j'ai fait encore des chiffres de santé publique France de ce mois-ci qui montrre qu'il y a plus d'idées suicidaires notamment et et d'anxiété que l'année dernière pour cet trangeage alors ça varie d'un mois à l'autre mais la tendance reste élevé donc il y a eu la pandémie avec ces ces vraies fractures il y a eu il y a un contexte anxiogène de toute façon qui persiste pour plein de raisons c'est ça il y a effectivement vous citez cette enquête de santé publique elle date d'avril 2024 donc effectivement très récente où on monre que 14 % des collégiens et 15 % des lycéens ont un risque important de dépression et que 24 % des lycéens ont eu des pensées suicidaires dans l'année ce qui est énorme alors il y a aussi donc en dehors du covid effectivement l'éco-anxiété il y a l'angoisse certainement liée à la situation géopolitique et cette anxiété certainement majorée par l'accès sans filtre aux informations très anxiogènes sur les réseaux sociaux c'est un cocktail de tout ça oui alors les moi je pense que la formation il faut la donner euh les guerres le climat économique bon c'est dur en ce moment mais je pense pas que il y a 20 ou 30 ans avant çaait ça aurait été plus simple mais en effet il y a un effet d'amplification de caisse de résonance des réseaux sociaux de ce côté-là qui est plutôt négatif des les teres je pense qu'il y a d'autres côtés qui peut être positif on pour en reparler donc il y a il y a vraiment un effet actualité et surtout perspective donc vous parliez de du climat B je pense que c'est un sujet de plus pour les jeunes générations qui se rajoutent au poids de l'environnement et puis il y a surtout moi je pense dans le même temps on l'a dit tout à l'heure pendant la pandémie la rupture du lien social mais ça persiste quand même en grande partie on a moins de défense communautaire familiale qui a quelques décennies parce que la société a changé et c'est ça qu'il faut compenser autrement la première cause de souffrance toute façon qu'elle soit maladie mentale parce qu'on essaie de différencier maladie mentale et santé mentale c'est c'est compliqué mais c'est quand même deux choses différentes mais dans les deux cas ce qui fait souffrir le plus c'est l'isolement et on a on dit toujours des épidémies d'isolement et et dans nos villes il y a même très peuplé il y a des personnes qui sont seules et pour lesquelles vraiment le poids de la solitude est très fort alors on parle effectivement des jeunes mais en l'occurrence l'isolement la solitude la précarité ça concerne beaucoup les personnes âgées euh en souffrance également oui aussi alors c'est encore différent mais personnes âgées il y a en effet la solitude il y a la dégradation de l'état physiologique et on sait qu'il y a des liens très fort entre bah le cerveau le vieillissement et l'état de bien-être donc c'est un sujet à part entière qu'on voilà dont on s'empare depuis quelques temps en psychiatrie qui était pas le cas avant donc charge supplémentaire on va dire alors pour la bonne cause mais c'est ça qui fait que on accumule les les missions et en effet souvent négligé alors je pense que on a créé par exemple dansun autre spécialité une sous-spécialité qui est la psychiatrie du sujet âgé justement pour s'occuper de de ces questions qui ont beaucoup de spécificités euh autre trouble aussi j'avais pas dire récent mais semi-récent la souffrance au travail aujourd'hui est reconnu à l'origine de souffrance mentale le burnout comme on peut l'appeler qui aussi apparaît charger effectivement d'autres patients voilà alors c'est là c'est un bon exemple de la petite différence qu'on peut faire entre psychiatrie et santé mentale je dira de la population qui est liée à essentiellement des difficultés d'adaptation au monde et là en l'occurrence au monde du travail donc l'épuisement professionnel si on définit une catégorie qui est pas encore complètement consensuelle mais le burnout c'est vraiment l'épuisement professionnel qu'on pourrait différencier de la dépression même si souvent ça se ressemble avec l'idée que la souffrance vient vraiment de du contexte et de la charge de travail qui est adapté et en gros l'élément central souvent c'est la perte de sens au travail et avec des personnes très investies mais qui se retrouvent dans une situation de d'épuisement parce que n'ayant pas les moyens ou n'ayant pas le résultat qu'elles attendent de de leur travail souvent pour les autres donc en effet un champ supplémentaire alors celui-là théoriquement il faut des spécialistes parce que c'est aussi une question très spécifique d'adaptation au travail et surtout changer le travail quoi pour pour facil pour éviter cette souffrance quand on parle de cette dégradation de la santé mentale est-ce qu'on constate une in égalité sociale salariale face à cela ah c'est majeur le facteur alors les facteurs d'environnement de vie sont majeurs comme pour la santé en général mais encore plus pour la santé mentale et il y a des il y a énormément de données qui montrent que le risque de maladie mentale est multiplié par au moins deux ou trois en fonction du niveau de pauvreté du niveau ça va souvent avec l'isolement dont je vous parlais tout à l'heure mais quand même la précarité économique toutes les toutes les ressources économiques et et professionnel aussi sont sont en cause et c'est pour ça qu'il y a des inégalités territoriales qui sont massives et qu'il faut à tout prix compenser et que pour l'instant on ne compense pas du tout c'est plutôt l'inverse euh dans les zones de faible niveau socio-économique on a plus de souffrance on a des euh dès la la petite enfance hein le fait de pas pouvoir donner des conditions de de croissance affective notamment et et dans tous les à tous les niveaux dès la petite enfance on crée des fragilités qui vont s'exprimer ensuite et on cumule dans ces cas-là tous les problèmes dans les quartiers notamment alors il y a les quartiers précaires il y a les un certain nombre de régions aussi rural qui peuvent être un peu dans la même situation d'isolement mais malheureusement le problème dans ces cas-là c'est qu'il y a une double peine il y a aussi un manque d'accès au à des soins parce que c'est des quartiers où il y a encore moins de professionnels qu'ailleurs on va parler tout de suite effectivement donc c'est plus de 2 millions de français et de Français qui sont pris en charge par les services psychiatriques tous les ans servicees où on manque de soignants de lit et d'argent et hors hôpital où doivent aussi absolument existé prise en charge et prévention on va en parler la situation est tout aussi dramatique on y revient tout de suite France Culture carnet de santé Marina carer d'encos la carnet de santé donc consacré aujourd'hui à la dégradation de la santé mentale en France santé mentale qui sera donc grande cause nationale en 2025 c'est le professeur Antoine pelissolo psychiatre qui est avec nous pour en parler notre système de santé global hein se porte mal la santé mentale et en plus le parent pauvre de ce système l'offre de soins s dégrad premier élément il y a une pénurie professionnelle comment on l'explique alors c'est vraiment le fruit de l'histoire de l'histoire du système de santé dans son ensemble bon on a tous entendu parler du numerous closus donc une réduction drastique du nombre de médecins formés et donc mécaniquement du nombre de spécialistes et des psychiatres et puis au niveau des soignants parce que c'est un autre aspect important les infirmiers notamment mais là aussi des restrictions là plutôt budgettaire qui ont conduit à ça et une perte d'attractivité secondaire et avec un cercle vicieux plus c'est dur on a du mal à attirer les les professionnels alors ce perte d'activité perte de sens bien sûr oui oui alors perte de sens notamment dans toutes les structure où historiquement il y a eu une très belle psychiatrie en France dès les années 60 70 où on avait on avait construit des des équipes très expertes alors qui ont eu leurs défauts et on a dû remettre en cause un certain nombre de choses mais en tout cas il y avait une culture de la transmission de la psychopathologie de la réflexion de l'accompagnement qui s'est perdu parce que d'une part on a supprimé un diplôme infirmier de psychiatrie qui a été supprimé dans les années 80 parce qu'on voulait on voulait rendre les choses transversales à toute la santé et c'est tout à fait bénéfique par ailleurs mais malheureusement la psychiatrie s'est un peu enfermée sur elle-même et on s'est éloigné du reste de la santé pendant des décennies donc on je crois qu'il faut voir aussi notre responsabilité la responsabilité beaucoup du côté de l'institution médicale qui a toujours négligé et clairement la santé mentale donc c'est pour ça qu'on se bat nous maintenant pour mettre ça sur le la place publique mais il y a eu petit à petit de moins d'attractivité moins de poste alors vraiment moi je vais je vais avoir j'espère un message quand même plus positif on on arrive à avoir des vocations beaucoup de jeunes ont la vocation pas tous hein tout le monde peut pas être passionné par en interna c'est choisi alors c'est choisi notamment toutes les régions par exemple la région parisienne où on sent que les conditions de travail sont quand même attractives dans certains lieux c'est pas partout mais ça peut l'être dans lesquels la formation est de bonne qualité en tout cas il y a une richesse et en tout cas tous les postes d'interne de de la région parisienne sont pris c'est pas le cas dans toutes les régions et je peux vous dire au quotidien moi je travaille avec à peu près une trentaine d'internes tous les ans dans mon service on a remis des diplômes là aux 100 psychiatres formés cette année alors c'est pas beaucoup hein 100 pour la région parisienne parce qu'il y a énormément de post vacant et de départ mais bon l'intérêt c'est que ils étaient tous passionnés par ce qu'ils font et vraiment aucun regret de ce choix-là donc on a beau dire oui c'est pas attractif et nous c'est vrai qu'on met en lumière les difficultés qu'on rencontre mais il faut à tout prix aussi qu'on parle de ce qui marche bien et c'est un métier passionnant dans lequel il y a énormément de satisfaction personnelle humaine et donc quand on met le doigt dedans enfin quand on voir on a envie de le faire et c'est nous la solution c'est à tout prix de de de donner accès et de former les plus jeunes de de montrer ce que c'est que la psy et une fois qu'il le voit beaucoup sont sont passionnés donc je suis plutôt optimiste pour l'avenir mais là on est dans une situation critique où on a ouvert plein de portes on a dit il faut consulter il faut parler de la santé mentale et c'est passé je pense dans dans dans le grand public c'est passé notamment chez les jeunes parce qu'on nous dit maintenant les ados c'est plus un problème de dire je vais voir uns enfin il y a pas de réponse en face et malheureusement il y a pas assez de réponse en face donc on est au milieu du gay là il y a y a décalage il y a depuis plusieurs décennies aussi un sous-financement chronique he des établissements de psychiatrie euh les conséquences c'est à tous les niveaux c'estàd c'est dans les services d'hospitalisation c'est aux urgences c'est partout c'est toute la chaîne en effet c'est dès les premières consultations quand quelqu'un vous dit bah je voudrais voir quelqu'un comme on dit c'est saturé vraiment c'est saturé aussi bien dans le public que dans le privé et donc il faut trouver des moyens en passant par son médecin traitant et et ça il faut qu'on y travaille c'estàd que toute façon vous avez parlé des 13 millions de personnes qui ont besoin de enfin en tout cas qui ont des difficultés psy psychiques les psychiatres ne seront jamais suffisants pour 13 millions de personnes donc il faut une graduation des des démarches mais c'est saturé dès les consultations dès l'hospitalisation quand c'est nécessaire la plupart de nos services sont suroccupés c'està-dire des choses qu'on ne fait pas en cardiologie d'habitude on rajoute pas des lits nous on rajoute des lits parce que il faut accueillir tout le monde et que c'est souvent en urgence et puis alors surtout moi je trouve quelque chose qu'on néglige souvent mais un peu technique mais on a besoin aussi de de ce qu'on appelle le médicosocial handicap psychique parce que beaucoup de personnes ont quand même une dépendance et ont besoin d'être accompagné même en terme de lieu de vie et la plupart de de ces personnes ne trouvent pas de solution il on a fermé beaucoup de liit en psychiatrie et on n pas compensé par des foyers c'est ça qui manque et vraiment s'il y a un message à faire passer il faut créer des places dans les foyers parce que spécialiser parce que sinon ces personnes sont soit dans la rue les plus gravement malades soit dans des services de psychiatrie qui ont pas cette vocation là nous on garde souvent nos patients pendant des mois voir des années vraiment des années comme avant les asiles mais parce que juste on ne sait pas où les adresser et évidemment ça ça occupe des places pour d'autres et puis surtout c'est pas un lieu de vie fait pour ça un hôpital donc là il y a une urgence de créer des milliers de places dans des foyers par ailleurs mais est-ce que pour ça pour ces foyers pour la psychiatrie pour les hôpitaux on peut dire quand même qu'il a sousjacant à tout cela un désinvestissement chroniques de la puissance publique oui bon l'hôpital été sousfinancé de depuis des années et encore plus en effet la la la psychiatrie publique bon pour des raisons là encore une fois un peu politique institutionnell c'est toujours après la santé mentale c'est toujours après le reste moi je le vois au quotidien dans mes dans dans ma vie hospitalière il y a eu je vous disait la responsabilité de la psychiatrie qui s'est qui s'est volontairement un peu exclu du reste bon et ça c'est on on revient là-dessus maintenant pour pour avoir des une psychiatrie qui est vraiment dans le système de santé mais il y avait vraiment toujours d'autres urgences et au quotidien c'est c'est souvent le cas euh et donc c'est à la fois le sous-investissement par exemple dans les locaux parce que très souvent les CT des services ont été négligés alors que c'est un outil majeur le lieu de vie enfin le lieu de même d'accueil de des patients et puis dans le personnel notre ressource principale c'est des ressources humaines et comme on sait que quand il faut réduire des crédits ben on on réduit ceux des des des ressources humaines parce que il faut faire des économies et malheureusement on a on a moi je je fais la comparaison j'ai un peu d'ancienneté ça fait à peu près 30 ans que je fais de la psychiatrie dans le service où je travaille où j'avais été interne il y a il y a pas mal d'années on a moi je pense proportionnellement alors j'ai pas les chiffres exacts mais deux fois moins par exemple d'infirmiers que ce qu'on avait avant pour faire la même chose et à une époque on pouvait accompagner les personnes dans leur vie extérieure quand c'était nécessaire prendre en soin correctement éviter les mesures un peu trop cooheritive mais ça on peut pas le faire quand on est à tension en permanente sur les notamment sur les soignants alors en 2018 et en 2021 il y a des mesures qui ont été prises par le gouvernement Macron pour reconstruire notre système de santé mentale des mesures que beaucoup jugent tardives et insuffisante maintenant il faut agir largement et massivement on en parle tout de suite France Culture carnet de santé Marina carrer d'encos un carnet de santé donc consacré à la santé mentale à la situation inquiétante dans notre pays au mesure nécessaire à prendre rapidement pour protéger notre population en souffrance émission préparée par ancller Bazin avec la réalisation Thomas just Alexandre Dang à la technique et éedouard Rubinstein à la vidéo pour en parler donc Antoine pelissolo qui est psychiatre aujourd'hui c'est l'ensemble du système de soin en psychiatrie qu'il faut repenser refinancer pour le rendre plus accueillant et efficace pour les usagers plus attractif et vivable pour les professionnels on va voir comment mais d'abord je voulais revenir sur deux mesures annoncées par Emmanuel Macron durant son premier quinena euh il y en a deux que je trouvais pertinentes la première c'était la création d'un numéro national de prévention du suicide le 3114 c'était indispensable c'est pas parfait ah c'est jamais parfait mais vraiment c'est un exemple quand même de d'avancée réelle alors je peux vous dire qui a été porté par la profession hein c'est des collègues psychiatres qui ont euh euh proposé ce ce modèle qui est un peu qui existe dans beaucoup d'autres pays de réponses téléphoniquequ immédiate pour des gens qui sont en souffrance aigu et on sait qu'on évite des suicides comme ça c'est-à-dire que en ayant euh une possibilité d'être écouté à ce moment-là et ensuite d'être orienté donc ça a été fait dans de bonnes condition avec toute une équipe qui peut faire quasiment un diagnostic et puis ensuite suite orienté donc c'est uneé alors je crois qu'aujourd'hui ça monte encore en charge mais c'est jamais alors c'est jamais suffisant mais c'est quand même un un élément le problème c'est que dans dans le dans les soins psychiatriques il faut prévoir beaucoup beaucoup de dispositifs et çaen est un parmi d'autres et évidemment c'est pas avec ça qu'on va soigner les personnes c'est juste répondre à la crise suicidaire et en plus essayer d'orienter les personnes mais les moyens qu'on met dans cette mission là qui est importante les moyens sont assez élevés par définition on les met pas ailleurs et enfin c'est pas une question juste de moyens c'est une question de ressources humaines là là un des défauts du des plans précédents c'est que comme ça été un peu sapoudré j'allais dire là enfin sur des dispositifs à chaque fois pertinents il y a une feuille de route qui a été notamment pris en en main par nos collègues le professeur bellvier de manière quand même très très utile avec beaucoup de propositions mais chaque fois qu'on crée des dispositifs notamment intéressants et intéressants pour les professionnels mais ça déséquilibre système donc si on met pas des moyens supplémentaires nettement accrus dans l'ensemble du système on voit que on crée des déséquilibres et les soins courants les urgences les ce qu'on appelle la psychiatrie de secteur qui qui crée une un maillage général sur le le territoire est souvent en pris en défaut quand l'attractivité se fait ailleurs donc c'est vraiment un problème d'ensemble et ce qu'on attend nous c'est un plan vraiment général qui ne soit pas que des des objectifs comme ça ponctuels qui ont leur intérêt mais de réarmer l'ensemble du système on vient tout de suite mais juste autre mesure que qui était pertinente qui était la création d'un dispositif baptisé mon psy qui remboursait des consultations de psychologues alors sur prescription médicale est-ce que le fait de passer par un médecin c'était pas un frein alors c'était très débattu moi j'ai a participé depuis le début à ces à cette construction et et on pensait et moi je pensais je pense encore un peu que c'est bien que le médecin traitant soit dans la boucle comme on dit mais en fait on s'est aperçu dans la pratique et les psychologues l'avaient dit depuis le début ça risquait de décourager de de limiter l'acè bon donc là gros progrès supplémentaire je pense que ça c'est aussi une avancée de pouvoir avoir un accès direct et surtout des meilleures rémunérations parce que c'était aussi un des des une des limites importantes donc ça on en a vraiment besoin ça fait des là aussi des décennies qu'on disait il y a des psychologues qui ont un rôle majeur pour les états pas forcément les plus sévères mais qui qui occasionnent une forte demande d'accompagnement il y a beaucoup de psychologues en France qui sont formés qui était un peu sous-utilisé entre guillemets c'est pas très joli mais parce que pas assez de poste dans le public et pas de remboursement bon ça c'est une avancée qui là aussi ne suffira pas mais il fallait le faire et j'espère que ça va monter en charge globalement donc il faut vraiment agir on va voir un peu les différentes mesures il faut déjà réenchanter hein cette discipline pour former plus de psychiatres de psychologues on fait quoi déjà il faut de l'argent il faut revaloriser les sal faut créer des PO alors les salaires ça joue un rôle mais alors par exemple je parlais des internes c'est clair que la psychiatrie n'est pas dans la dans les premières disciplines du du hpade de l'internat malheureusement c'est souvent les les premières disciplines c'est celles qui rapporent le plus en tout cas dans le privé et ça on y peut rien c'est comme ça mais je peux vous dire on peut très bien vivre en étant psychiatre donc ça sera jamais un frein total mais c'est plutôt l'attractivité intérêt du travail surtout conditions de travail malheureusement il y a des psychiatres qui ne souhaitent pas travailler à l'hôpital et s'installer alors qu'on a vraiment besoin d'eux dans les hôpitaux donc il faut améliorer le sens au travail dans ces équipes et je pense qu'on peut y arriver mais avec vraiment une réflexion de fond sur sur quel sens euh on donne à ces équipes et souvent c'est là aujourd'hui il y a des régions où c'est un peu la catastrophe parce queil y a quasiment plus de professionnels et et c'est là qu'il faut mettre un vraiment un je dirais un effort très très important sur les zones les régions et je pense aussi aux quartiers encore une fois les quartiers les plus défavorisés je pense que là on il y a un retard énorme sur la prise en compte des fragilités pour rebâtir des équipes et encore une fois les médecins il y en aura alors ça va augmenter petit à petit parce que on a plus d'étudiants maintenant mais ça va prendre du temps mais il faut une volonté et une priorisation et j'espère que ça sera le sens de cette de cette année grande cause pour dire ben c'est pas toujours à la fin quoi Lasi il faut aussi quasiment de mettre une priorité alors il faut aussi s'appuyer euh sur d'autres disciplines euh les infirmiers les travailleurs sociaux les médiateurs de santépère tous ces gens-là il faut les les impliquer et effectivement considérer qu'ils sont essentiels dans cette prise en charge c'est vrai alors on a élargi en effet des nouveaux métiers les les fameux médiateurs qui sont des en fait des anciens patients qui ont pu être établi et et et pouvoir servir un petit peu d'intermédiaire entre les soignants et et les patients pour tout ce qu'on appelle notamment l'éducation thérapeutique donc les infirmiers c'est essentiel les aides soignants aussi dans les services les psychologues enfin il y a des équipes et ça on on connaît ça depuis le très longtemps dans les CMP on travaille en multidisciplinaire il y a pas de sujet là-dessus et c'est vraiment ça qui fait aussi c c'est les centres médico-psychologiqu oui pardon qui qui vraiment souvent c'est ça qui donne envie d'ailleurs envie de travailler ensemble on pourrait faire un peu la même chose dans des consultations privé en ville parce que ça ça aurait aussi un sens privé ou public a différentes façons de le faire et alors moi je crois beaucoup aussi surtout à la formation des non professionnels spécialisés c'est-à-dire tous les intervenants psychosoaux enfin notamment sociaux qui interviennent en amont dès l'éducation donc il a le secteur éducatif mais tout ce qui est activités social activités associativ dans lesquels il y a de l'entraide possible et et et il y a pas de mystère pour les millions ou voir les dizaines de millions de personnes qui ont à un moment donné des difficultés il faut qu'il y ait des réseaux qui soient pas que les professionnels parce que ça ne suffira pas et donc faire monter en connaissance euh la population générale dès l'enfance je pense qu' nous on dit depuis longtemps il faudrait qu'il y ait des cours de psy dès l'école quoi parce que c'est des connaissances de base qui qui ont un intérêt en terme de de connaissance de santé publique et puis après tous les professionnels il faut appliquer l'éducation nationale pour pouvoir repérer tous C G en souffr il faudrait mais alors l'éducation nationale c'est un autre un autre sujet massif mais là je parle en tout cas l'adjoint au maire est-ce que c'est important effectivement cette implication al c'est ce que je vous disais vraiment c'est un sujet de la cité la santé mentale on peut pas dissocier la santé mentale des individus en fait de l'état de fonctionnement de la communauté et ça va dans les deux sens quand les personnes vont pas bien la communauté va pas bien le pays va pas bien et à l'inverse c'est va aussi on l'a dit donc il faut impliquer tous tous les acteurs et vraiment ça commence en effet dès l'école et des enfin toutes les les tous les intervenants pour qu'il y ait du dépistage précoce pour essayer de de pas laisser dérivé des situations complexes et ça on y arrive quand il y a un une connaissance un repérage et ensuite des solutions parce que derrière c'est il suffit pas de repérer il faut pouvoir trouver des solutions et puis juste quand même que chacun se sente concerné moi je trouve moi j'utilise souvent le terme de colibripsy dans ces cas-là c'est chacun fait sa petite chose auprès d'une personne qui va peut-être en tirer bénéfice éventuellement pour d'autres aussi et et et ça c'est vraiment déconnaissan une une une information vraiment vous disais le ce qu'on appelle l'intelligence émotionnelle ça peut servir à dépister des choses et à répondre autrement et à faire de la prévention parce que il faut agir le plus en amant possible un chiffre qui est assez étonnant un tiers des Français associent les troubles mentaux au mots danger et faiblesse une stigmatisation des malades qui entraînent certainement un retard à leur prise en charge il faut vraiment une prise de conscience collective il faut lutter contre tous ces tabout toutes ces idées qui entourent ces malades voilà alors ça c'est un des objets principaux de la communication de la formation c'est la déstigmatisation l'autostigmatisation c'est la bon c'est la honte he que ressente malheureusement parfois les personnes qui ont des des troubles parce que elles ont l'impression qu'elles sont les seules et surtout elles ont l'impression de d'être responsabl de leur état et ça il faut vraiment lutter contre ça parce que les maladies mentales c'est des maladies alors moi j'aime pas dire comme les autres parce que c'est pas complètement comme les autres mais des maladies et on peut on n'est pas responsable de ces maladies donc il y a à la fois de la honte et de la peur parce qu'il y a aussi plein d'imagerie ancestrale sur la maladie mentale et vraiment là il y a un énorme chantier qui avance moi je trouve depuis 20 ans on a fait beaucoup de progrès mais il faut continuer pour que il y ait pas ce rejet des des personnes en souffrance et au contraire de l'entraide de la reconnaissance et que chacun se sente en droit par exemple de consulter quand il pense qu'il en a besoin pour éviter que ça aille de de mal enfin que ça aille de pire en pire et de trouver pour prouver parce que le vrai message en plus que je voudrais dire c'est qu'on a des solutions c'est qu'on sait plutôt bien soigner maintenant beaucoup de troubles psychiques pas toujours de manière miraculeuse et définitive mais en tout cas on obtient des très bons résultats c'est ça qui est très frustrant qu'on a l'impression de qu'on sait faire mais qu'on peut pas toujours faire suffisamment mais en même temps c'est enrichissant et je vous dis la vocation qu'ont beaucoup les les jeunes c'est de se dire je peux agir par moi-même en PS on a à la fois une fonction de diagnosticque qu'on fait soi-même on est une espèce de radiologue de de la pensée et puis on est soi-même thérapeutique quand on va jusqu'à la psychothérapie donc le traitement c'est soi-même donc ça c'est motivant et je pense que ça peut là aussi attirer beaucoup de de de personnes mais est-ce qu' est-ce qu'on prévient assez non bien sûr la prévention c'est quand même un outil indispensable dans votre spécialité bien sûr alors le problème c'est que ça passe par l'ensemble de la société et c'est l'importance de s'impliquer dans le social aussi parce que les déterminant de la santé mentale par exemple il y en a un qui est massif et on comprend pas bien pourquoi c'est qu'il y a plus de troubles psychiques en ville qu'à la campagne alors ça peut être la concentration des populations ça peut être des facteurs environnementaux aussi hein le bruit la pollution on sait que ça joue et cetera mais en tout cas il y a il y a une influence possible de l'environnement et donc il faut prévenir par l'alimentation par l'activité physique par évidemment le lien social bon c'est passionnant mais c'est un champ très large et ça dépasse le seul rôle des médecins parce que on peut pas nous agir sur tous ces déterminants là merci beaucoup d'avoir été avec nous pour répondre à toutes ces questions des informations parce qu'on peut vous entendre professeur péiss solo sur le Podcast de France Culture votre cerveau où on s'interroge enfin vous interrogez sur le fonctionnement de l'anxiété dans notre cerveau à partir du 6 novembre il y aura toujours dans cette collection votre cerveau un podcast où l'on parlera des effet de la dépression avec le psychiatre Hugo Botman prochaine émission je recevrai Philippe Charlier Charlier médecin légiste anthropologue etvec qui nous verrons en quoi la médecine légale sert la justice sert également l'histoire et on parlera avec lui zombie à propos d'une émission d'une d'une exposition absolument passionnante qui a lieu actuellement au kbranly et on parlera de son premier roman qui est passionnant et magnifique voilà c'est pour aujourd'hui c'est à peu près tout