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InterviewBFM TV (sur YouTube)· 15 juin 2024ContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & international

Mise à l'écart des investitures LFI: l'interview en intégralité d'Alexis Corbière

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Vous ne vous y attendiez pas du tout ? Comment vous avez réagi quand vous avez vu que vous n'étiez pas investi dans votre circonscription ?

  • 1:00FerméeRéponse directe

    Est-ce que Jean-Luc Mélenchon, avec cette décision de ne pas vous investir, aide le Rassemblement national ?

  • 2:00FerméeRéponse partielle

    Vous restez un insoumis ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Mais sur la suite, vous dites, on va construire autre chose. Oui, il le faut. Mais ça va passer par quoi ?

  • 4:00FerméeRéponse directe

    Vous n'avez pas parlé de Mélenchon depuis hier soir ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Alexis CorbièreFait
    « On ne peut pas s'indigner à ce qu'on évince comme ça des humoristes et faire avoir ce genre de pratiques. »
  • 1:30Alexis CorbièreChiffre
    « Il y a 23 millions d'abstentionnistes qui ne sont pas allés voter dimanche dernier. »
  • 2:30Alexis CorbièreChiffre
    « Jean-Luc m'écoute, il a apporté beaucoup. Il a rassemblé 7,7 millions de voix, 22%. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Une image qui n'a même pas 24 heures. C'était à la Maison de la Chimie. Tout allait bien à gauche.

Le nouveau Fonds populaire était lancé. Les partis de gauche unis pour partir à l'assaut des législatives. Tout allait bien jusqu'à la fin de soirée.

On apprenait que chez les Insoumis, au moment des investitures, plusieurs députés et non des moindres sortants n'étaient pas réinvestis par le mouvement. Ils sont considérés en interne comme des opposants à Jean-Luc Mélenchon. Parmi eux, il y a Daniel Simonnet, il y a Raquel Garrido, il y a vous, Alexis Corbière.

Vous êtes député sortant LFI de Seine-Saint-Denis. Vous ne vous y attendiez pas du tout ? Comment vous avez réagi quand vous avez vu que vous n'étiez pas investi dans votre circonscription ?

Imaginez qu'à 23h, sans un coup de fil, vous découvrez un tableau et quand vous regardez, il n'y a plus votre nom. On ne vous a pas expliqué pourquoi. Je crois que dans aucune entreprise privée, ou du moins dans les plus brutales, on fonctionne comme ça.

Et je dis à mes amis, souvent de gauche, qui dernièrement ont défendu un humoriste de Radio France qui a été évincé, on ne peut pas s'indigner à ce qu'on évince comme ça des humoristes et faire avoir ce genre de pratiques. Mais je garde l'esprit clair. Ce qui est important, vous l'avez dit, c'est ça.

Le grand événement depuis ce qui s'est passé, la dissolution, la menace que l'extrême droite prenne le pouvoir, c'est ça le grand événement. Et dans les grands moments, on ne se comporte pas mesquillement. Mais d'abord, il y a une bonne réaction.

Les forces politiques se sont rassemblées, on fait un programme, il y a une dynamique qui se met à neuve. La victoire est possible. Il y a 23 millions d'abstentionnistes qui ne sont pas allés voter dimanche dernier.

Si on les mobilise, si on mobilise une partie, 4-5 millions, on peut gagner. On peut éviter que l'extrême droite, que Jordan Bardella...

Est-ce que Jean-Luc Mélenchon, avec cette décision de ne pas vous investir, aide le Rassemblement national ? Il ne faudrait pas. Mais c'est irresponsable.

C'est irresponsable. Alors qu'il faut tous aller au combat, être unis, jeter les vieilles rancunes à la rivière, profiter d'une occasion pour, en quelque sorte, mesquinement...

Vous savez, au moment où la grande course se met à neuve, vous avez un petit croche-patte pour dire « ceux-là, je les dégage », parce que ça ne sera pas remarqué. Ou alors on veut m'enfermer dans l'idée que je défendrais des sièges. Mais moi, je défends un principe.

On ne change pas la société. On ne rend pas la société plus démocratique avec des pratiques antidémocratiques. On ne dénonce pas le 49-3.

Ce n'est pas crédible si on fait ça dans son propre mouvement. Donc je dis à mes amis insoumis que, haut les cœurs, nous restons tous insoumis. Déjà, Claire, j'appelle à voter pour toutes les candidates et les candidats du Front populaire.

Ce sont des femmes et des hommes extraordinaires. C'est vraiment ce qu'il y a de meilleur. Il y a des syndicalistes...

Et vous avez pas voté pour vous, Alexis Corbien ? Attendez. Déjà, que tous mes copains croyaient bien qu'il faut que vous meniez la campagne.

Et vraiment, il ne faut pas que ces incidents, ces pratiques débiles vous posent un problème. Mais précisément, à partir de là, moi, dans ma circonscription, et les cinq collègues qui sont concernés, qui faisaient entendre une volonté plus démocratique, possibilité de débat...

Qui étaient critiques vis-à-vis du chef. En fait, disons-le clairement, c'est une sanction parce que vous avez osé critiquer Jean-Luc Mélenchon. Évidemment, une volonté de Jean-Luc Mélenchon et que de lui, qui a été mise en exécution par je ne sais pas qui.

D'ailleurs, je ne sais même pas qui. Mais effectivement, c'est un rôle...

Vous éprouvez quoi comme sentiment vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon ? Ce n'est pas le sujet à l'heure actuelle. Qui, c'est le sujet en l'heure actuelle ?

Non, mais je veux dire, moi, vous savez, en plus, je suis un grand sentimental. Je suis militaire avec lui depuis 27 ans. J'ai fondé beaucoup de choses.

J'étais à ses côtés. J'ai eu du plaisir à mener des campagnes à ses côtés. C'est peut-être un homme qui pouvait être très grand à un moment donné.

Là, c'est riquiqui. Ça ne correspond pas au moment. Alors que l'extrême-là peut prendre le pouvoir, c'est petit.

Je ne peux pas le dire autrement. Bon, mais surtout, qu'est-ce qu'on va faire ? Avec mes amis, on va se présenter, évidemment.

On va être élu pour participer à ce Front populaire, pour que les députés unitaires participent à ce Front populaire. Si vous êtes élu, vous irez au groupe LFI à l'Assemblée nationale ? Non, je parle du groupe Front populaire.

Moi, je ne sais pas qui va être élu. Là, j'ai bien compris que la manière dont le groupe LFI se comporte pose un petit problème. Mais je vais lancer un appel, vous allez me poser la question, à mes LFI qui allaient être élus.

Et je souhaite que vous soyez les plus nombreux possibles. Réglez ce problème. Pas là, dans la campagne, mais une fois élus.

Parce que les prochains, sinon, c'est vous. On ne peut pas accepter ce genre de météo. Réglez le problème, ça veut dire se débarrasser de mes enfants.

Il faut garder le meilleur de la France insoumise. Je reste un insoumis. Le programme est de mon...

Vous restez un insoumis ? Non, mais je reste un insoumis idéologique, j'entends. Mais est-ce que vous restez au parti LFI ?

J'ai bien compris que là, les pratiques qui sont là, me disent « va-t'en dehors, on ne veut pas de discussion ». Mais il va falloir construire autre chose, différemment. Mais d'abord, ça passe par la victoire de nos candidatures, qui démontrera que quand on prend le peuple de gauche à témoin, c'est notre ligne plus démocratique, plus unitaire qui l'emporte, plutôt que des petits coups dans un coin.

Et après, évidemment, c'est passionnant. J'ai envie de dire, c'est l'occasion aussi de refonder un peu les choses à travers cette dynamique. C'est-à-dire qu'il faudra que des groupes plus larges, je n'en sais rien, c'est possible qu'au sein du mouvement insoumis et des députés élus, vont faire la campagne pour être élus.

Et les amis, si je peux vous aider, je le ferai. Mais une fois qu'ils seront élus, ils n'accepteront pas ce genre de pratique. Il y a François du Fin, Alexis Corbière, qui utilise un mot qui n'est pas anodin.

Il parle de sectarisme. Bien sûr. Il y a ce côté mouvement sectaire chez les insoumis tels qu'ils sont actuellement.

Indiscutablement, ceux qui ont fait ce sale coup sont des sectaires, des petits sectaires, qui ne correspondent pas à l'idée que je me fais de la gauche, de l'écologie, donc on va pour l'émancipation, le libre débat. Ça ne donne pas envie de voter pour eux, en tout cas, quand on dit ça. La petite équipe, ce n'est pas eux les candidats, d'accord ?

Ce petit appareil ou ce petit groupe qui a fait ça. Mais les candidats, les femmes et les hommes qui sont candidats, ce n'est pas ça. Eux, ce sont des gens qui ont un grand cœur, qui ne sont pas d'accord avec cette pratique.

Écoutez, moi, je le répète, je reste lucide par rapport aux choses. Évidemment, je ne peux pas laisser passer ça. Parce que c'est une question éthique.

Nous avons besoin d'éthique en politique. et on a besoin que ce que nous faisons soit un peu conforme à notre projet de société. On ne vend pas la VIème République et la démocratie si on a des petites pratiques de principauté, si je puis dire, monégasque.

On a compris votre colère et on aimerait se projeter...

Mais je ne suis pas en colère ! Je ne suis pas en colère, je suis déterminé. On a compris votre détermination et aussi le sentiment que vous éprouviez vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon.

Mais sur la suite, vous dites, on va construire autre chose. Oui, il le faut. Mais ça va passer par quoi ?

Est-ce que ça va passer par la construction d'un nouveau parti ? Est-ce que ça va passer par un rapprochement avec le parti socialiste, avec les écologistes, avec les communistes ? Déjà, l'existence du Front populaire, le fait qu'il existe, nous démontre que face à l'extrême droite, on est dans un moment stratégique où il faudra garder cette alliance.

Ce n'est pas un truc uniquement pour une élection. Le moment est tel qu'on est bloc contre bloc, deux blocs en dynamique. Ce n'est pas la NUPES, ça doit être plus...

De mon point de vue. Donc il faudra qu'on ait des pratiques de discussion de tous les partis pour que toutes les composantes restent ensemble. Donc là, il y a quelque chose qui doit exister, se pérenniser.

Et moi, je serai là-dedans. Où exactement ? Je n'en sais rien.

Vous avez cité le nom de François Ruffin. C'est une personnalité qui, manifestement, permet une forme de consensus à ce stade. Moi, j'ai aussi une très bonne relation avec Clémentine Autain.

Il y a des bons insoumis qui peuvent être des facteurs d'agrégation de ce que nous sommes. C'est-à-dire rejoindre un nouveau parti ou on crée un autre ? Mais vous me posez là.

Pardon, j'ai appris à 23 heures que je n'étais plus un insoumis. Donc laissez-moi le temps de la réflexion. Ça fait longtemps qu'il y a des divisions en interne.

Oui, mais moi, je ne suis pas un scissionniste. Je suis un unioniste. D'accord ?

Et précisément, ce travail d'union m'était reproché. C'est-à-dire que je pensais, et la responsabilité était souvent partagée, que la division de la NUPES devait amener à ce que nous, qui étions la colonne vertébrale de la NUPES, nous créions les conditions que la NUPES se perpétue. Et je trouve que parfois, des tweets, des machins, notamment de Jean-Luc Pélanchon, n'aidaient pas à cela.

Traiter l'un de doriotiste, l'autre de tu vas capituler. Il est devenu le handicap de son mouvement. Je n'en sais rien.

Ce que j'observe, oui, je veux dire, il a apporté beaucoup. Si Jean-Luc m'écoute, il a apporté beaucoup. Il a rassemblé 7,7 millions de voix, 22%.

Donc, d'un certain point de vue, moi, j'ai été fier de militer à ses côtés. Je ne règle aucun compte. Maintenant, le moment historique dans lequel on est, qui n'est jamais arrivé depuis 1945, l'extrême droite peut prendre le pouvoir par les urnes, doit nous amener à être impeccable, nickel, tous en dynamique.

Et ce genre de pratiques irresponsables ne correspond pas au moment. Les gens qui ont fait ça n'ont aucune compréhension historique du moment dans lequel on est. Ils croient que c'est un moment où on peut faire des petits coups.

Ils ne souhaitent peut-être pas la victoire, même sincère, du Front populaire. C'est fou d'imaginer ça. – Oui, c'est des mots qui sont forts. – Non, non, mais on revient à des choses simples.

Amnick, il m'écoutait. On vote pour les candidats du Front populaire. Quelles que soient ces mesquineries, oubliez-les d'un certain point de vue dans les autres circonscriptions.

Votez, c'est des belles personnes. Ensuite, dans les circonscriptions d'Hendrik Davy, de Frédéric Mathieu. Hendrik Davy, c'est un Marseillais.

Frédéric Mathieu, il est à Rennes. – On va parfois faire le tour des circonscriptions. – Non, mais c'est important.

Raquel Gérédon, il est à Saint-Sémy et Daniel Simon, il est à Paris. Votez pour nous parce que vous aurez des députés plus unitaires, plus unionistes. Et on en aura besoin dans ce Front populaire qui sera victorieux. – Merci beaucoup. – Vous n'avez pas parlé de Mélenchon depuis hier soir ? – Ça fait un petit moment qu'il ne me parle plus. – Bon, écoutez, c'est une autre campagne en tout cas qui commence pour vous désormais.

Plus solitaire sans doute, loin du soutien des Insoumis. – Ah non, je ne crois pas. On est en dynamique, on a fait un gros meeting de 350 personnes vendredi. – Vous n'aurez pas le soutien logistique des Insoumis, mais en tout cas, la campagne continue pour vous mettre. – J'ai une investiture, l'investiture populaire, et c'est celle-là qui m'apprécie le plus. – Demain, le dépôt des candidatures d'Anne Bélé.

Merci beaucoup Alexis Corbière. – Merci beaucoup. – Merci beaucoup.

Mise à l'écart des investitures LFI: l'interview en intégralité d'Alexis Corbière — Alexis Corbière · Pourquijevote