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interviewBLAST (sur YouTube)· 30 septembre 2022 6 min

RETRAITES : MACRON HAUSSE LE TON, LA RUE RÉPOND

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

On veut la retraite, on veut la retraite, on veut la retraite à 60 ans ! Aujourd’hui le mot d’ordre c’est augmenter les salaires, pas l’âge de départ à la retraite. On n’arrivera pas à stopper cette contre-réforme que sur les bancs de l’Assemblée.

Emmanuel Macron peut faire toutes les menaces qu’il veut, de 49-3, de dissolution ou d’autres, nous sommes prêts. Bonjour à tous. La bataille pour la réforme des retraites a-t-elle commencé ?

Emmanuel Macron vient d’annoncer que le projet était reporté à janvier 2023 et une sacrée bataille parlementaire s’annonce. Projet de loi, motion de censure, 49-3, le mot "dissolution" a même été prononcé. En attendant, les partenaires sociaux ne comptent pas rester sur la touche.

Aujourd’hui à Paris c’était la première grande mobilisation contre le projet de loi. Alors on est allés dans le cortège pour voir dans quel état d’esprit étaient syndicalistes et politiques. C’est parti.

Inflation, salaires, pouvoir d’achat, les raisons de colère sont nombreuses en cette rentrée. Il y a tellement de choses qu’à l’arrivée on ne sait pas par quel bout commencer. Je crois que ce qui compte c’est que les gens aient un pouvoir d’achat suffisant pour simplement vivre.

Vivre, élever ses enfants, pouvoir sortir, pouvoir se distraire. Mais le mot qui est sur toutes les lèvres, c’est la retraite et son report à 65 ans. On veut notre retraite, on veut notre retraite.

Aujourd’hui, quand on voit les départs en retraite, quelqu’un qui part à la retraite, s’il n’a pas minimum 1400 euros net, il ne vit pas. On a passé tout notre temps, toutes nos années à travailler, on aimerait bien quand même à 60 ans être libres et faire ce qu’on veut quand même. Ce n’est pas grand chose ce qu’on demande.

Actuellement je suis étudiant, et si les travailleuses et les travailleurs partent à la retraite plus tard, ça veut dire pour nous les jeunes on n’aura pas de place dans le monde du travail. Alors que déjà c’est difficile de trouver un emploi. A l’appel des organisations syndicales, plus de 200 manifestations avaient lieu à travers la France ce jeudi.

A Paris, la CGT revendique plus de 40 000 manifestants, et effectivement, le cortège était d’ampleur. Un premier rendez-vous réussi pour les organisateurs. Aujourd’hui c’est un rendez-vous important, il y a beaucoup de monde dans la rue, il y a encore plus de monde en grève.

Donc oui, si on veut gagner des choses il faut que ça soit le début de quelque chose qui continue. La revendication principale aujourd’hui, ce sera plus les retraites, la vie chère, l’inflation ? Aujourd’hui le mot d’ordre c’est augmenter les salaires, pas l’âge de départ à la retraite.

Je crois que ça résume bien la situation. En tous les cas nous c’est comme ça qu’on envisage cette journée comme le début d’une mobilisation globale dont on aura besoin à la fois contre la vie chère et pour rappeler que le seul moyen d’augmenter le pouvoir d’achat, qui est l’expression vachement à la mode en ce moment, c’est d’augmenter les salaires et les revenus en prenant sur les profits, et puis aussi pour montrer notre détermination au gouvernement. La stratégie, c’est d’établir un rapport de force qui sera en capacité de faire reculer le pouvoir en place, qui a l’air, en effet, déterminé pour faire passer, si j’ai bien compris, sa contre-réforme sur les retraites, s’il le fallait même en force.

Ca signifie donc qu’on n’arrivera pas à stopper cette contre-réforme que sur les bancs de l’Assemblée. L’Assemblée, justement, était là. Enfin… les forces de la Nupes, venues montrer leur détermination.

Nous avons fait échouer une première fois la première réforme des retraites qu’ils voulaient faire en 2020. C’était il y a seulement deux ans, et les Français sont intelligents, ils se rappellent pourquoi ils ne veulent pas travailler plus longtemps. Ils se rappellent qu’un quart des Français les plus pauvres sont déjà morts à l’âge de 62 ans, c’est-à-dire l’âge de la retraite actuelle.

Et surtout, ils voient bien que certains milliardaires, certains patrons du CAC 40, sont en train de s’enrichir comme jamais et qu’on ne leur demande absolument rien. Donc, nous allons avoir une résistance implacable sur cette question. Et Emmanuel Macron peut faire toutes les menaces qu’il veut, de 49-3, de dissolution ou d’autres, nous sommes prêts.

Et la dernière fois nous avions contribué à côté d’un mouvement social historique où deux millions de personnes étaient descendues dans la rue, nous avions contribué à faire échouer cette réforme des retraites. Nous étions à l’époque 17 parlementaires insoumis. Nous avions déposé 22 000 amendements.

Il se trouve que maintenant nous sommes 75. Nous sommes prêts. Le matin, le président a précisé sa méthode pour sa réforme, la méthode dure.

Si les discussions autour du projet de loi piétinent en janvier, il sortira le 49-3 voire la dissolution de l’Assemblée. Une menace qui n’effraie pas vraiment l’opposition. Cette attitude-là est absolument ridicule.

Par ailleurs, on n’a pas peur d’une dissolution. Si elle doit arriver, on repartira en campagne, on sait le faire, on l’a montré. Je crois qu’il ne le fera pas sur ce coup-là, sur le coup d’une colère sociale je veux dire.

Pour lui, pour sa majorité, je pense que ce serait absurde. Mais cela dit, s’il le fait, on est là il n’y a pas de problème. Une bataille des retraites, thème fondateur de la gauche qui est peut-être aussi l’occasion pour elle de recoller les morceaux.

D’abord on n’a pas de polémiques entre nous, on a que des débats, et ils sont sains. Et sur la réforme des retraites, on va se mettre d’accord sur une réforme progressiste, en tout cas je le souhaite. Nous avons des éléments de divergence, des nuances, montrons que nous sommes capables de les aplanir et de porter ensemble un projet de réforme des retraites progressiste.

Que ce soit sur les pavés de la rue ou les dalles de l’Assemblée, chacun compte maintenir la pression sur l’exécutif jusqu’en janvier. L’hiver 2023 s’annonce chaud, politiquement et socialement.