Faut-il interdire les réseaux sociaux aux ados ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 37 %Attaque 33 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:59OuverteRéponse partielle
Pourquoi ne pas retarder au plus tard l'accès des réseaux sociaux ?
- 5:43OuverteRéponse partielle
Dans quelle mesure l'arrivée des réseaux sociaux a coïncidé avec l'augmentation des dépressions chez les ados ?
- 6:49OuverteRéponse directe
Quelles sont les méthodes utilisées par les prédateurs sur les réseaux sociaux ?
- 9:58OuverteRéponse directe
Plutôt que d'interdire, quel est le rôle des parents dans l'éducation aux réseaux sociaux ?
- 11:27OuverteRéponse directe
Comment inverser la tendance où 8 parents sur 10 ne savent pas ce que font leurs enfants sur Internet ?
- 13:11OuverteRéponse directe
Entre 13 et 14 ans, faut-il l'accord des parents pour ouvrir un compte sur un réseau social ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:11InvitéFait
« C'est un fléau. Les réseaux sociaux pour les ados sont un fléau. »
- 0:34InvitéFait
« Un rapport a été remis il y a six mois au président Macron pour encadrer la pratique des réseaux sociaux selon les âges. »
- 0:41InvitéFait
« Ça va de l'interdiction pure et simple avant trois ans jusqu'à l'usage de réseaux dits éthiques à partir de 15 ans. »
- 0:48InvitéFait
« On va donc parler ce soir de cyberharcèlement et d'adultes prédateurs qui envoient des messages sexués à des enfants. »
- 5:56InvitéFait
« Il n'y a aucune étude aujourd'hui qui prouve que c'est exactement ça. »
- 6:10InvitéFait
« En 2010, l'explosion des réseaux sociaux, c'est notamment grâce aux smartphones et aux téléphones intelligents. »
- 6:43InvitéFait
« Il n'y a pas une affaire en ce moment de détournement de mineurs ou d'agressions sexuelles qui n'inclut pas à un moment les réseaux sociaux. »
- 11:27InvitéChiffre
« 8 parents sur 10 reconnaissent ne pas savoir ce que font leurs enfants sur Internet. »
- 13:15InvitéFait
« Entre 13 ans et 14 ans, il faut l'accord des parents pour ouvrir un compte sur un réseau social. »
- 16:27InvitéChiffre
« On a en moyenne à peu près 400 appels par jour avec des pics selon les actualités qui peuvent aller jusqu'à près de 1000 appels par jour. »
- 17:20InvitéFait
« Elon Musk, le nouveau patron de X, ex-Twitter, a supprimé des milliers d'emplois essentiellement parmi les modérateurs. »
- 23:54InvitéFait
« Pas d'écran avant 3 ans et puis à partir de 15 ans, vous proposez un réseau éthique. »
- 31:53InvitéFait
« c'est un des premiers trucs que je dis aux parents : même pour eux-mêmes, couper les notifications. »
- 32:15InvitéFait
« c'est bien stimuler un système de plaisir et de récompense, la dopamine fonctionne à plein tube. »
- 32:53InvitéFait
« la volonté politique, si elle fait tâche d'huile au niveau des états, elle peut parfaitement inverser les tendances. »
- 34:06AuditeurFait
« on avait une limite de temps : 30 minutes les week-ends et 10 minutes par jour pendant la semaine. »
- 35:25InvitéFait
« depuis l'an dernier, la loi propose une majorité numérique à l'âge de 15 ans. »
Temps de parole
- Invité50 %
- Invité 219 %
- Invité 37 %
- Invité 46 %
- Auditeur5 %
- Auditeur 24 %
- Invité 54 %
- Auditeur 33 %
≈ 0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Inter. France Inter. Le 18-20, Eric Delvaux.
C'est un fléau. Les réseaux sociaux pour les ados sont un fléau. Ça, c'est le point de vue du Premier ministre australien qui envisage d'en interdire l'accès aux adolescents de son pays. Alors, on verra ce soir si les réseaux sociaux ne se résument qu'à un seul fléau. Mais la question du contrôle mérite en revanche d'être posée en France également. D'ailleurs, un rapport a été remis il y a six mois au président Macron pour encadrer la pratique des réseaux sociaux selon les âges. Ça va de l'interdiction pure et simple avant trois ans jusqu'à l'usage de réseaux dits éthiques à partir de 15 ans.
On va donc parler ce soir de cyberharcèlement et d'adultes prédateurs qui envoient des messages sexués à des enfants. Entre attirance et répulsion, on verra aussi comment s'y prennent les plateformes pour nous rendre toujours plus dépendants, parfois même jusqu'à l'addiction. Nos invités nous diront donc ce soir quels sont les dégâts possibles et comment apprendre à se méfier des réseaux, se méfier des amis sur la toile qui ne nous veulent pas toujours du bien. On attend donc vos questions, vos témoignages. Le standard est ouvert.
Le téléphone sonne, 0145 24 7000.
Avec un premier appel, Adeline, bonsoir. Oui, bonsoir. Vous nous appelez de Feucherole dans les Yvelines. Quelle est votre question ou témoignage ?
Oui, alors justement, je suis maman d'un adolescent de 13 ans, super pop, qui a grandi en Australie de 0 à 5 ans, justement. C'est rigolo par rapport à votre annonce. Et d'une petite fille de 8 ans. Et donc en fait, pour moi, il est vraiment vital de retarder au maximum l'accès aux réseaux sociaux. Parce que je considère que c'est l'arbre qui cache la forêt, la forêt de la fiction idyllique, utopique, l'annihilation du libre-arbitre, la paresse, le rejet de la différence, la compétition qui est mieux que la coopération et la surconsommation.
Et que j'ai peur que ça ne les prépare pas à devenir des citoyens épanouis, citoyens du monde, qui doivent faire face à, justement, des changements climatiques, géopolitiques énormes. Et que toutes les valeurs d'effort, de résilience, d'acceptation de l'autre, de bienveillance, tout ça, en fait, on l'a dans la réalité et pas dans la fiction. Donc, voilà, c'est pour moi que c'est un enjeu sociétal, vital. Les enfants peuvent vous le dire.
Merci de ce témoignage qui pose bien, effectivement, le décor du thème de ce soir. Pour vous répondre, trois invités. Amine Benyamina, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes psychiatre, président de la Fédération Française d'Addictologie, co-président du comité d'experts qui a été mandaté par Emmanuel Macron sur la place des écrans dans le quotidien des jeunes. Votre rapport est paru il y a six mois avec vos recommandations, on va en reparler. Invité également, bonsoir, Cookie Calcaire. Bonsoir. Vous êtes l'auteur du roman graphique intitulé Les réseaux sociaux et nos ados, paru aux éditions Stankys.
Un livre avec pas mal d'humour, d'ailleurs, d'analyse aussi, de conseils pour chacun, les plus jeunes comme les plus vieux. Et vous êtes aussi, je le précise, ça a du sens dans votre parcours. Vous êtes aussi concepteur de jeux vidéo et puis nous serons en ligne tout à l'heure avec Justine Atlan. Vous êtes déjà là peut-être, Justine Atlan, bonsoir. La directrice générale de l'association e-enfance qui existe depuis 20 ans et qui travaille sur le thème qui nous intéresse ce soir, c'est-à-dire les réseaux sociaux et nos ados. La première question de notre auditrice posait la question de savoir pourquoi ne pas retarder au plus tard l'accès des réseaux sociaux.
Je vous pose la question, Amine Benyamina, vous avez participé à ce rapport rendu il y a six mois au chef de l'État. Pour vous, pas d'écran avant trois ans, de toute façon. Après, c'est plus subtil. Oui, parce que l'interdiction telle que vous l'avez exprimée à travers le titre de cette émission, notamment pour les jeunes, est finalement source de curiosité. Et combien même en déciderait d'interdire, je vous fiche m'oublier comme dirait l'autre, de pouvoir y arriver. Je pense que le plus important, c'est la mesure et la régulation.
D'abord, avant tout, je pense qu'il est utile de rappeler que l'outil digital, qui est le support des réseaux sociaux, est un outil d'émancipation extrêmement important. Il y a des côtés positifs, on va en parler en fin d'émission. Et donc, ça, c'est extrêmement important de le rappeler. Mais le plus important, c'est, on se rend compte, vous l'avez dit tout à l'heure, des pays qui ont tout misé sur les réseaux sociaux, sur le digital comme l'Australie ou la Scandinavie, font une marche arrière parce qu'on se rend bien vite compte qu'il y a un effet pervers absolument redoutable. Ce qui est important, c'est d'expliquer pourquoi il faut apprendre à utiliser l'outil digital.
Vous ne remettez pas les clés d'un véhicule à un adolescent quand il a 18 ans sans qu'il ait appris à conduire. Et bien, c'est un aspect des choses qu'on a totalement oublié. Et puis, pourquoi ? Parce qu'on était sur le versant tout est bon concernant l'outil digital et le numérique. Et puis, 20 ans après, on se rend compte qu'il y a des effets qui sont cités par tout le monde. On a le sentiment qu'il y a une vague qui vient de nous réveiller tous, parents, adultes, jeunes et moins jeunes. Et parce que derrière cet effet de masse, il y a des effets pervers, notamment les prétateurs, la captation, la commercialisation de l'attention. C'est tout ça qui est important à rappeler.
Cookie Calcaire, je rappelle que vous êtes l'auteur du roman graphique intitulé « Les réseaux sociaux et nos ados ». L'arrivée des réseaux sociaux sur les téléphones mobiles, ça date de 2010. Dans quelle mesure ça a coïncidé avec l'augmentation des dépressions et autres tentatives de suicide chez les ados ? Alors, c'est des statistiques qui sont difficiles à mettre vraiment en face de façon réelle. Il n'y a aucune étude aujourd'hui qui prouve que c'est exactement ça.
Ceci dit, c'est quand même une belle coïncidence, ou malheureusement, c'est une grosse coïncidence, qui fait qu'en 2010, l'explosion des réseaux sociaux, c'est notamment grâce aux smartphones et aux téléphones intelligents, puisque tout d'un coup, on passe tous de juste regarder Facebook ou MySpace à l'époque sur notre ordinateur, au bureau ou chez nous, à l'avoir tout le temps à la poche. Et c'est vrai qu'on voit au même moment, à travers plein de pays, une vague énorme. Alors, certains parlent de plus de 70%, mais on sait que c'est gros, sur l'impact du nombre de dépressions et de tentatives de suicide chez les adolescents.
Est-ce qu'on a une idée, cookie-calcaire, des méthodes qu'utilisent les prédateurs, on va en parler beaucoup de ce mot ce soir, les prédateurs qui cherchent des proies sexuelles parmi les enfants connectés aux réseaux sociaux ? Alors, ils n'ont pas de technique très très complexe, c'est plutôt une absence de régulation de la part des plateformes. Je pense que c'est surtout qu'on leur a laissé faire ce qu'ils voulaient, et que c'était une plateforme très facile à détourner pour justement aller faire des agressions ou tenter des pièges.
Je pense qu'il n'y a pas une affaire en ce moment de détournement de mineurs ou d'agressions sexuelles qui n'inclut pas à un moment les réseaux sociaux, l'utilisation des réseaux sociaux. Il y a un peu d'avancée. Il limite maintenant le fait qu'on ne puisse pas envoyer un message à n'importe qui. On n'aurait qu'un seul message maintenant, on ne peut pas parler pendant des semaines et des semaines à n'importe qui. Mais c'est très très lent et c'est surtout très très en retard en fait. Amine Benyamina, vous écrivez que le niveau d'exposition des enfants à des contenus portographiques et violents est alarmant.
Oui, parce qu'on a eu des témoignages quand même de la police sur les réseaux sociaux, on a eu des témoignages évidemment de personnes qui s'occupent des jeunes, on a eu des témoignages d'associations et on a été époustouflés par la violence avec laquelle ces témoignages nous ont été livrés. Et donc on avait une petite idée comme nous tous, parce qu'évidemment la presse fait son devoir et nous informe, mais on a appris des choses terribles pendant des mois d'audition au cours de la commission, c'est la raison pour laquelle... Quand vous dites terrible, on ne va pas rentrer trop dans le détail, parce que c'est effectivement... Mais c'est sur quel ressort ?
Le ressort c'est la séduction, c'est la culpabilité, la dépression, et puis des idées suicidaires, parce que les personnes, les jeunes, les enfants, vraiment des enfants, sont enserrés dans une relation qui devient une relation d'emprise, avec l'impossibilité de se confier à leurs parents, aux adultes, aux enseignants, et la séduction c'est finalement de se supprimer ou bien de renoncer à vivre. Des conséquences dramatiques, lorsqu'elles ne sont pas aussi fortes, quelles conséquences pour un enfant qui est en pleine construction sexuelle ?
Alors évidemment, si vous prenez ce sujet, on a affaire finalement à une majoration des problèmes qui peuvent déjà exister, on ne va pas dire que l'outil numérique ou le réseau social va être à l'origine de dépression ou d'anxiété, mais il peut y avoir des éléments de cette nature, et puis on a affaire à des profils qui peuvent être vulnérables ou fragiles, qui essayent de trouver des solutions dans les réseaux sociaux, qui finalement trouvent plutôt des problèmes, des dangers des prédateurs, parce qu'ils exposent des choses sans retenue et sans prudence. Donc on est sur des choses de cette nature surtout. On va aller au standard 01 45 24 7000. Vanessa est en ligne, bonsoir. Oui, bonsoir.
Je vous remercie de prendre mon appel, et puis je voulais aussi remercier France Inter, qui est une radio que j'apprécie énormément depuis de nombreuses années. C'est très gentil ça. Oui, je voulais intervenir sur ce débat, parce que je suis moi-même maman de deux adolescents de bientôt 17 demain, et d'un autre qui va bientôt avoir 16 ans au mois d'octobre. Donc effectivement, les réseaux sociaux ont toujours été une problématique au cœur de nos débats familiaux. Mais moi, dans tout ce que j'entends, ce qui m'interpelle un petit peu, c'est quand même plutôt que de vouloir interdire à tout va, sur des normes vraiment restrictives, c'est finalement quid de la responsabilité des parents.
C'est-à-dire, où est le parent dans son rôle éducatif sur à la fois l'Internet, ce que c'est, les sites sur lesquels on peut aller. Quand on voit le nombre d'enfants aujourd'hui qui ont des smartphones dans les mains alors qu'ils ont 3 et 4 ans, le nombre d'enfants qui peuvent avoir accès à Internet via des tablettes, via ordinateur, quid du contrôle parental ? Comment reposer dans ce débat le fait que les parents, peut-être là-dessus, ne font pas office justement de rôle de formation, d'éducateur, de sensibilisation ? Merci beaucoup.
J'entendais votre interlocuteur sur la pédopornographie, etc., criminalité qui est énorme, mais à un moment, quand les enfants, ils jouent en ligne, par exemple, sur des jeux, ça veut dire qu'ils le font sans surveillance, qu'il n'y a pas de contrôle. Quid du parent ? On sait que certains fournisseurs d'Internet peuvent mettre des contrôles parentaux, donc moi, ça me questionne, en fait, sur, plutôt que de vouloir interdire à tout va, reposer aussi le rôle, qu'est-ce que c'est qu'un parent dans son rôle d'éducation, et en particulier sur les réseaux sociaux ? Qu'est-ce que c'est qu'un rôle de parent ?
On va soumettre votre commentaire et votre question aussi sur le rôle des parents, Cookie Calcaire. 8 parents sur 10 reconnaissent, ne pas savoir ce que font leurs enfants sur Internet. Comment est-ce qu'on peut inverser cette tendance, ce constat ? Alors, effectivement, moi, c'est beaucoup ce que j'entends quand je fais des ateliers. Je fais beaucoup d'ateliers avec des parents dans des écoles. C'est comme ça que le livre est né, d'ailleurs. Et c'est beaucoup ce qu'ils me racontent. Ils ne savent pas, c'est un peu une boîte noire. C'est aussi à cause des téléphones.
Encore une fois, le passage sur les petits écrans dans la poche de nos ados est complètement différent de avant quand c'était sur l'ordinateur du salon. Effectivement, il y a un manque d'intérêt. Ils ont l'impression qu'ils n'y connaissent rien. Ils ont l'impression que c'est un monde, déjà, qu'eux-mêmes ont du mal à contrôler. La plupart des adultes, moi y compris, je n'ai pas un rapport. J'ai un rapport un peu amourgaine avec les réseaux. Oui, c'est ça qui est paradoxal. C'est qu'il faudrait que les parents apprennent à leurs enfants à contrôler un outil, le réseau social, que les enfants maîtrisent mieux que les parents. Donc, c'est un peu ambiguë, la quadurature.
Et c'est sûr qu'à partir de là, pour répondre à l'auditrice, c'est certain qu'il y a une responsabilité de la part des parents, mais c'est demandé énormément. Il n'y a pas vraiment de questions à se poser sur, par exemple, le contenu pédopornographique. Les parents ne devraient pas être là pour dire non, il n'en faudrait pas. De toute façon, les plateformes ne font pas leur travail aujourd'hui de couper ce genre de contenu. Moi, je fais beaucoup le parallèle avec la télévision, par exemple.
La télévision a mis plus de 50-60 ans à se réguler pour être sûr qu'on trouve quand est-ce qu'on passe des contenus pour adultes, à quelle heure, quand est-ce qu'on passe des dessins animés pour les enfants. Avoir ces règles-là, qui sont des règles aujourd'hui qui nous paraissent extrêmement évidentes, mais qui ont mis des années et des années et des décennies à se mettre en place. Les plateformes, aujourd'hui, n'ont pas fait ce travail et pour moi, c'est un vrai défaut. Amine Benyamina, aujourd'hui, entre 13 ans et 14 ans, il faut l'accord des parents pour ouvrir un compte sur un réseau social. Est-ce qu'on sait d'ailleurs s'il y a beaucoup de triches ? Beaucoup, c'est plutôt la règle.
D'ailleurs, les parents eux-mêmes trichent parce qu'ils ont besoin de remettre ce device qu'on appelle cet outil entre les mains des enfants parce qu'il y a des boucles WhatsApp à l'école, parce que si je ne l'ai pas, moi, je suis un peu isolé, je ne peux pas échanger. Le besoin de communiquer, c'est la force, d'ailleurs, des réseaux sociaux. C'est de ne plus se sentir seul. On en parlera à la fin de l'émission. C'est très difficile de faire aussi la part des choses. Je le répète, cet outil social, ces réseaux sociaux sont d'abord et avant tout une avancée pour les parents. C'est une manière, une émancipation, une ouverture vers l'extérieur.
Et c'est derrière ces dehors plutôt positifs que l'on voit se nicher la prédation. Et puis, ça a été dit, et c'est très vrai, l'outil est plus maîtrisé par les enfants que par les parents. Combien même ils ont l'expertise de pouvoir faire le tri, c'est quasiment un travail à plein temps. C'est quand même une mobilisation, vous l'avez bien posé la question, qui doit être la mobilisation de tous. Les parents ont une responsabilité sur la précocité avec laquelle ils remettent cet outil entre les mains de l'enfant. Mais à partir d'un certain âge, ce sont des conflits très importants.
Un préadolescent, un adolescent qui a 14, 15 ans, 16 ans, c'est très difficile de lui retirer le téléphone ou bien c'est très difficile de lui interdire de télécharger certaines applications. On va retourner au standard. 01, 45, 24, 7000. François est en ligne du Tarn. Bonsoir François. Oui, bonsoir. Quelle est votre question ou votre témoignage ? Oui, en fait, je voulais juste dire que je n'ai pas forcément l'impression que ce soit toujours seulement les ados qui soient vulnérables face aux réseaux sociaux ou sur Internet.
Je pense notamment aux aînés, aux boomers, on va dire, qui ne sont pas forcément mieux lotis dans leur approche Internet, notamment que les jeunes sont nés avec, ont grandi avec et savent faire preuve souvent de pas mal de discernement au final sur les réseaux.
Et alors que je vois par exemple mon père, il est souvent sur Telegram, souvent sur des sites de fake news, il m'envoie des liens de fake news tout le temps et je passe mon temps en fait à essayer de débunker débunker les trucs qui m'envoient et du coup, il se trouve très vulnérable en fait par rapport à ça et je me dis que si ces aînés-là ne sont pas capables de faire preuve de beaucoup de discernement sur les réseaux ou sur Internet, je ne vois pas comment ils peuvent vraiment bien faire de la prévention auprès des plus jeunes non plus. Et ça montre encore l'importance des parents et l'éducation qu'il faut qu'ils donnent à leurs plus jeunes enfants au plus tôt.
Nous sommes en ligne à présent avec Justine Atlan. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes la directrice générale de l'association e-enfance. Ça fait 20 ans que votre association travaille avec les écoles mais aussi directement avec les compagnies Meta, X-Twitter, X donc, pour faire supprimer des contenus dangereux pour les jeunes. Justine Atlan, c'est tous les jours que vous signalez aux modérateurs des plateformes des comptes, des contenus inappropriés quand il s'agit d'enfants ? Tout à fait. C'est tous les jours sur le numéro 38 que nous opérons, effectivement.
On a en moyenne à peu près 400 appels par jour avec des pics selon les actualités qui peuvent aller jusqu'à près de 1000 appels par jour et qui nous amènent pour certains appels qu'on reçoit à devoir signaler directement au service de modération des réseaux sociaux que vous avez cités mais aussi d'autres comme Snapchat, TikTok, Télégramme et autres. Télégramme et autres, voilà, des contenus, effectivement, qui circulent sur leur réseau qui ont été produits et qui peuvent nuire effectivement aux jeunes.
Donc, ça peut être des comptes ou des contenus qui sont illégaux mais qui ne sont pas nécessairement illégaux aussi qui considèrent qu'ils peuvent être préjudiciables à des mineurs en tout cas qui nous sont signalés comme tels et donc, on leur demande de les bloquer, de les supprimer et pour la plupart, il faut reconnaître qu'ils sont relativement réactifs. Ah bon, je suis étonné de ça. Réactifs ? Quand on sait qu'Elon Musk, le nouveau patron de X, ex-Twitter, a supprimé des milliers d'emplois essentiellement parmi les modérateurs, le service modérateur de X qui gère la suppression des messages, c'est tout de même un parcours du combattant pour supprimer un message aujourd'hui sur X ?
Alors, X, effectivement, est le plus mauvais élève. Il était déjà avant qu'Elon Musk arrive, mais c'est sûr que ça n'a pas arrangé les choses. Donc, effectivement, X reste une plateforme qui manifestement a plutôt choisi un positionnement quasi marketing d'être un lieu où tout est possible et rien n'est interdit. Et effectivement, voilà, la baisse de la qualité de la modération qui a été déjà constatée. On a toujours un questionnement sur les réels moyens de modération qui étaient derrière Twitter. Et c'est vrai que là, Elon Musk, je dirais, elle a l'avantage d'être totalement transparent sur son ambition de le faire. Exactement.
Mais pour le reste, les autres plateformes ont développé effectivement d'une coordination avec certains acteurs comme nous.
Il faut savoir que la réglementation européenne qui s'appelle le DSA prévoit maintenant de façon obligatoire qu'il y ait dans chaque pays ce qu'on avait appelé des signaleurs de confiance qui sont des intermédiaires en fait que nous sommes nous au 3018 qui permettent justement de faire plus rapidement supprimer les contenus que vous et moi quand on est des utilisateurs lambda pour qui effectivement c'est vraiment la croix et la bannière et il faut évidemment que ça s'améliore mais ces signaleurs de confiance intermédiaires sont censés avoir une relation directe avec les plateformes et pouvoir les faire supprimer des contenus beaucoup plus rapidement ce qui est notre cas.
Ceux qui vous appellent au 3018 est-ce que vous vous contentez entre guillemets de faire vouloir enfin faire supprimer les messages et les contenus inappropriés ou est-ce qu'aussi vous êtes un peu une caisse de résonance est-ce que vous accompagnez un peu ceux qui sont dans le désarroi et qui subissent peut-être du cyber harcèlement vous les accompagnez aussi ou pas ?
Bien sûr c'est notre vocation c'est pour ça d'ailleurs qu'on n'est pas juste une plateforme de signalement on est vraiment un numéro d'appel ça peut dire que derrière le numéro il y a des vraies personnes qui sont des psychologues ou des juristes qui répondent directement aux jeunes ou aux parents qui nous appellent et effectivement la vocation du 3018 c'est de ne pas demander aux gens après de rappeler d'autres numéros ou d'aller sur d'autres plateformes c'est de pouvoir effectivement être pris en charge complètement sur tous les aspects du problème qui nous posent donc parfois il n'y a que des problématiques en ligne parfois il y a des problématiques derrière qui dépassent effectivement le numérique et qui peuvent être scolaires, familiales, sociales, juridiques enfin voilà malheureusement il y a plein d'aspects Merci à vous Merci beaucoup Justine Atlan directrice générale de l'association e-enfance faut-il supprimer les iPhones les écrans aux enfants face au danger cyber harcèlement notamment sur les réseaux sociaux c'est le thème ce soir du Téléphone Son
France Inter le Téléphone Son
01 45 24 7000 Jackie est à Nîmes bonsoir Jackie Bonsoir France Inter et encore bravo pour vos émissions on n'arrête pas de vous le dire mais c'est tout à fait On prend, on prend on est content Alors j'ai une question très simple c'est quand même incroyable que juste il y ait des vidéoclubs ou des des DVD en location dans les boutiques il y avait toujours un espace réservé et il fallait donner une carte d'identité et ça jusqu'à la fin des vidéos donc quand internet est arrivé effectivement sur les smartphones donc les smartphones en 2010 donc ça fait très récent et je ne comprends pas l'irresponsabilité mais véritablement parce que tout a été dit par des intervenants très très intéressants mais l'irresponsabilité sociétale l'irresponsabilité des pouvoirs publics et l'irresponsabilité des parents qui laissent un téléphone portable dans la main des enfants un smartphone avec la vidéo ouverte sur le monde entier avec toutes les atrocités et les meilleures choses mais toutes les atrocités et le porno qui la nuit sous les draps allument ils sont fatigués ils ont des problèmes donc de compréhension un petit peu de la vie de la vie réelle à cause de ça les prédateurs etc enfin bref il y a une régulation qui n'est absolument pas faite qui est absolument incroyable lorsqu'on sait que des enfants de 3 ans ou 4 ans ils ont parfois un téléphone dans la poche Merci Jackie on va soumettre ce point de vue à nos invités Cookie Calcaire je rappelle que vous êtes l'auteur du roman graphique intitulé Les réseaux sociaux et nos ados Jackie parlait d'irresponsabilité des services publics vous qui avez un peu et même beaucoup approché ce thème dans quelle mesure est-ce qu'on peut évaluer cette irresponsabilité ?
Alors je pense que c'est le cas il faut avouer aussi que c'était la première fois dans l'histoire de la tech qu'on était en face d'un phénomène comme ça comparé justement à des vidéoclubs ou à des choses qui étaient plus locales là en 2000-2010 entre 2000 et 2010 quand les réseaux sociaux sont arrivés c'était des compagnies qui étaient devenues mondiales il n'y avait pas d'état derrière qui pouvait vraiment les gérer et c'était un peu la première fois qu'on était dans ce cas de figure donc ça a pris tout le monde un peu de cours effectivement ce n'est pas une excuse pour avoir mis 20 ans pour s'y intéresser ça commence à bouger l'Europe est quand même en tête de liste sur les gouvernements qui veulent faire bouger les choses et mettre en place des réglementations je suis tout à fait d'accord sur la différenciation très importante qu'il doit y avoir entre un mineur et un majeur en tant qu'utilisateur il y a plein d'autres parties de la tech moi je travaille dans les jeux vidéo par exemple c'est aujourd'hui très important de faire des comptes pour enfants et on est obligé de prendre en compte l'âge de nos utilisateurs pour ne pas les exposer au même contenu je ne comprends pas aujourd'hui qu'effectivement ça n'aille pas plus vite et qu'on oblige les réseaux sociaux à se mettre dans le même dans le même carcan Amine Benyamina je vous pose la question également à vous je rappelle qu'il y a 6 mois vous avez remis au chef de l'état un rapport sur la place des écrans chez les jeunes un rapport d'ailleurs remarquablement intitulé à la recherche du temps perdu parmi vos 29 recommandations compte tenu de ce qu'on a dit ce soir laquelle vous semble indispensable à mettre en place au plus vite je pense que le plus important c'est de rappeler la nocivité des écrans chez les enfants on a vu quand même des cas d'enfants qui avaient des téléphones et des écrans quasiment à moins de 3 ans je pense que les bornes qu'on a proposées elles doivent être rapidement mises en place 3 vous les avez rappelées tout à l'heure pas d'écran avant 3 ans et puis à partir de 15 ans vous proposez un réseau éthique c'est quoi un réseau éthique ?
ce qu'on appelle un réseau éthique c'est un réseau pour lequel il y a un effet il y a de la modération du contenu pédagogique ou sportif tout ça évidemment il est surveillé les parents savent de quoi il s'agit il est émis et il s'arrête dans le temps c'est tout ça bon évidemment il faut le chercher l'idée ce n'est pas d'interdire l'interdiction je vous le rappelle c'est quand même la meilleure façon de pouvoir attirer l'attention chez les jeunes je voudrais répondre à ce qui a été dit par l'auditeur tout à l'heure qui me semble utile et important alors pour le coup ça permet de comprendre on a une conjonction de plusieurs facteurs d'abord c'est tôt en 2010 plutôt c'est récent et puis entre 2010 et 2024 la technologie a explosé en matière de qualité on est passé de la 0G à la 5G sur des contenus qui étaient comprimés on était au départ sur la création ou bien l'invention d'une technique qui est fantastique et d'un système dont on ne voyait pas le côté pervers ou le côté nocif et puis de fil en aiguille lorsqu'on a commencé à avoir les choses s'installer les prises de conscience se mettent en place depuis que cette commission a été mise en place que le rapport a été remis c'est la première fois qu'une commission de cette nature a été installée par un président de la république on a été sollicité par beaucoup de pays pour ma part j'avais été sollicité et mes collègues aussi de la commission par des étrangers l'Australie on a auditionné des parlementaires européens on a eu le ministre suédois de la santé il y a une prise de conscience qui est importante et je pense que c'est un temps qui n'était pas qu'il était difficile de comprimer cette prise de conscience est importante maintenant il faut avoir en tête une chose importante c'est qu'on a derrière ce phénomène en 14 ans il a créé un monstre de capitalistes en quelque sorte les plateformes les mastodontes gagnent un argent fou ce sont des multinationales qui en a puissance qui sont des suprapuissances supra-étatiques contre lesquelles on ne peut gagner que lorsqu'on est très solide sur le plan juridique très solide sur ce qu'on propose on n'est pas assez solidement juridique de plus en plus tout à l'heure on a parlé du DSA de l'EMA c'est quand même une avancée fantastique portée par la France il y a des choses sur lesquelles on doit avancer l'imputabilité des maladies mentales et addictives sur les autres c'est pas encore gagné la définition même de l'addiction à l'écran ne veut rien dire c'est comme si vous parlez d'une addiction à la bouteille alors qu'en vérité c'est le contenu qui est important l'alcool c'est tout ça sur lesquelles on doit avancer et puis surtout je rappelle et je le redis les parents ils sont accablés les parents sont accablés il faut les aider en première ligne il faut leur faire de la pédagogie leur donner des clés pour pouvoir s'aider et aider leurs enfants et Léonore bonsoir
oui bonsoir merci de prendre mon appel
vous êtes dans le Var
oui tout à fait alors moi j'avais simplement une remarque à faire je trouve que l'image de la femme qui est transmise bien souvent sur les réseaux sociaux n'est pas un modèle à suivre ni pour les jeunes filles ni un reflet de la réalité pour les jeunes garçons et je trouve que justement cette image de la femme cette place de la femme qui est véhiculée par un certain nombre d'influenceuses et sur un certain nombre de réseaux sociaux est quelque chose de vraiment délétère pour nos jeunes et pour nos ados et en particulier des jeunes adolescentes qui sont en pleine quête d'elles-mêmes
pour préciser votre propos on ne parle pas simplement des vidéos porno qui sont accessibles trop facilement chez des enfants en âge de construction sexuelle vous parlez de quelle image en général sur les réseaux sociaux de la femme ?
je parle plutôt de l'image de l'influenceuse qui va simplement en fait être comment je pourrais dire ça on va dire un emballage sexy pour vendre des produits qui réduit la femme finalement à quelque chose de joli d'agréable à regarder mais on ne va pas aller chercher plus loin
Cookie Calcaire je vous soumets cette question vous qui avez rédigé ce roman graphique les réseaux sociaux et nos ados l'image de la femme elle en prend un coup régulièrement cette image alors oui malheureusement je pense que c'est aussi le résultat des plateformes qui sont devenues effectivement complètement des machines à pub donc c'est devenu l'équivalent de la publicité moi ce roman graphique je l'ai écrit avec ma petite soeur qui a 20 ans de moins que moi donc que j'ai accompagné à l'époque où elle rentrait dans les réseaux sociaux parce que j'avais aussi besoin d'un point de vue de quelqu'un de plus jeune d'une autre génération parce que je suis un boomer j'utilise pas du tout les réseaux sociaux comme elle les a utilisés et je n'étais pas dans les mêmes dangers qu'elle et effectivement j'ai bien vu l'impact que ça peut avoir sur son estime de personnel sur son corps sur son c'est prouvé aujourd'hui que les réseaux sociaux et l'abus des réseaux sociaux donnent de la dysmorphophobie pour nos enfants c'est à dire qu'ils ne regardent plus leur corps de la même façon c'est une montée grandissante du business de la chirurgie esthétique d'adolescentes et de jeunes femmes qui vont chez des chirurgiens demander à ressembler à leur filtre je pense que la comparaison que je donne toujours c'est que moi à l'époque où j'étais au collège ou au lycée principalement mon anxiété de comparaison se faisait par rapport aux beaux gosses ou aux mecs cool du lycée mais il y en avait un ou deux ce qui est difficile pour nos ados aujourd'hui c'est qu'on leur demande de se comparer à des millions d'autres jeunes femmes ou jeunes filles ou jeunes hommes qui ont tous l'air parfait parce qu'en plus ils ont sorti leur meilleur setting avec leur meilleur filtre etc.
donc c'est très très dur Amine Benyamina notre auditrice parlait des influenceuses et de leur impact sur les ados cette économie de captation vous l'associez à des prédateurs là encore ?
pas forcément mais c'est une économie qui est terrible parce qu'il y a des algorithmes qui sont taillés sur mesure par rapport à vous et donc on capte en quelque sorte votre attention et une fois que votre attention est captée on vous propose des produits on vous propose des produits des personnes cela dit c'est pas forcément une mauvaise chose autant qu'on me signale des produits que je cherche à acheter plutôt que des produits qui ne me concernent pas du tout oui mais vous êtes vous perdez une forme de liberté d'une certaine manière et puis vous restez finalement dans le même périmètre et dans la même sphère qu'est la vôtre il n'y a pas d'ouverture on s'enferme un peu voilà donc c'est ça qui pose problème Cookie Calcaire comment s'y prennent les réseaux sociaux pour nous garder en ligne toujours plus longtemps avec des vidéos qui s'ouvrent sans cesse par exemple oui il y a eu l'autoplay effectivement sur les vidéos qui est arrivée il y a quelques années mais là les éléments de base en termes de tech il y a eu le scroll infini alors ça ça a été vraiment scroller on va dire ce que ça veut dire c'est avec son index faire défiler les pages et les pages c'est ça avant les réseaux sociaux il y avait une fin aux pages il y avait un fond comme quand vous lisiez un livre ou quand vous regardiez un film les réseaux sociaux ont eux inventé le fait que ça ne s'arrête jamais comme dans le bol exactement je parle d'une expérience qui a été faite sur des bols où on proposait des bols de soupe à des personnes et la moitié des bols étaient truqués et en fait c'était un bol infini où on mangeait de la soupe et la personne n'avait pas le sentiment d'avoir mangé plus que ça complètement ils ne s'en rendaient pas compte et donc c'est vraiment ce scroll là ça a été hyper important et c'est un point culminant de l'arrivée des réseaux sociaux et il y a aussi les notifications qui ont été un moyen d'entrer extrêmement violemment dans notre quotidien et de ramener les gens dans les réseaux le plus souvent possible on va en parler 30 secondes de ces notifications c'est désormais quasi un réflexe pavlovien la notification qui résonne sur le téléphone de l'enfant et d'une autre pourquoi pas aussi c'est probablement nous l'associons à une récompense oui c'est un système de jackpot c'est quelque chose qu'ils ont utilisé et récupéré effectivement des théories de Pavlov c'est du conditionnement pur et dur c'est d'ailleurs moi je donne plusieurs conseils assez pratiques dans mon livre et dans mes ateliers c'est un des premiers trucs que je dis aux parents même pour eux-mêmes couper les notifications aller dans les réseaux sociaux quand vous avez envie mais ne les laissez pas rentrer dans votre quotidien et c'est la voie ouverte et je rappelle Amine Benyamina que vous êtes président de la fédération française des dictologies ça nous amène tout droit à l'addiction absolument parce que c'est bien stimuler un système de plaisir et de récompense la dopamine fonctionne à plein tube c'est la cloche de Pavlov exactement Ronan nous appelle vous êtes à Aix-en-Provence bonsoir Ronan non Ronan n'est pas là comment est-ce qu'on apprend je disais tout à l'heure aux parents les questions reviennent beaucoup avant cela peut-être une question aussi sur l'anonymat il suffirait parfois de lever l'anonymat non pour éviter de voir se répandre autant de haine et de cyber harcèlement complètement les trolls l'anonymat évidemment sous couvert d'une liberté absolue on voit bien tout ce qui est en train de s'opérer je pense que la volonté politique si elle fait tâche d'huile au niveau des états elle peut parfaitement inverser les tendances et limiter les effets pervers liés à cet outil qui rappelons-le a fait avancer un certain nombre de choses mais il a été perverti c'est devenu un outil de captation on le rappelle un outil qui est porté par des grandes majors qui font de l'argent et qui cible des jeunes parce que il y a en plus une loi finalement qui s'établit lorsqu'on est jeune et si on n'est pas in si on n'a pas ça on est exclu on est exclu de la communauté Ronan on a retrouvé Ronan à Aix-en-Provence bonsoir
oui bonsoir messieurs bonsoir moi je voulais intervenir sur le sujet de la modération et de l'intervention des parents et la surveillance des parents puisqu'on a entendu des témoignages tout à l'heure qui disaient qu'il fallait avoir une responsabilité parentale moi je suis parent on a une grande fille maintenant et elle a été éduquée justement avec un contrôle parental d'un éditeur je ne sais pas si on peut citer qui n'est pas la pomme croquée et donc qui fonctionnait très bien elle devait nous demander par le téléphone quelles applications elle pouvait installer ou pas sur son téléphone on avait une limite de temps 30 minutes les week-ends et 10 minutes par jour pendant la semaine tout ça pendant la phase de lycée c'était pas très jeune donc elle a accepté pour pouvoir avoir un smartphone elle a accepté ses contraintes pour son âge et donc elle n'a pas été confrontée à des choses qui auraient pu être traumatisantes comme la pornographie ou des images violentes ça on a surveillé et ça s'est plutôt bien passé le problème qu'on a rencontré nous ça a été le fait qu'elle ait accès à des informations plutôt simples et safe mais par contre qui étaient fausses et elle n'a pas appris elle n'apprenait pas à vérifier ce qu'elle lisait moi c'est ça qui m'a vraiment posé problème avec l'accès à internet ou l'accès aux réseaux sociaux ou quoi parce que la surveillance finalement on peut la faire mais par contre éduquer des gamins à réfléchir à ce qu'ils voient et comprendre ce qu'ils font et se faire leur propre opinion nous on a eu l'impression qu'elle buvait qu'elle buvait juste ce qu'elle voyait et sans analyse c'est cet apprentissage-là
qui est difficile à faire merci de ce témoignage Ronan la seule question la seule réponse qu'on peut peut-être avoir à votre témoignage c'est le rôle des parents accompagnés toujours accompagnés et toujours informés une dernière question il nous reste moins d'une minute Amine Benyamina pour les ados de 15 ans vous préconisez donc des réseaux éthiques 15 ans depuis l'an dernier la loi propose une majorité numérique à l'âge de 15 ans pourquoi est-ce que ce n'est pas encore en vigueur ça ?
c'est très compliqué d'aller faire la police dans les maisons ou bien dans le privé mais il faut le rappeler je pense que ce qui est utile notamment notre rapport même s'il n'est pas s'il ne se transforme pas en une loi quasi martiale dans les foyers c'est que pour les parents ils peuvent le télécharger sur le site de l'Elysée il y a un certain nombre de choses de bon sens qui leur permettent de pouvoir et les éléments les référentiels des éléments qui permettent de pouvoir avancer les choses sur les 29 propositions les parents vont dire ben écoute j'ai lu sur le rapport ou voilà il faudrait que tu fasses ceci ou cela et ça nous permet peut-être d'aller non pas sur des incantations parentales mais sur des choses qui ont un sous-bassement scientifique et vos propositions vos 29 propositions on peut les lire où ?
ben vous allez vous télécharger sur le site de l'Elysée vous avez le rapport vous mettez un rapport écran enfant et on trouve les propositions les 29 propositions merci à tous pour vos témoignages merci aux invités pour vos éclairages les auditeurs ont remarqué qu'ils étaient très pertinents je rappelle le numéro de téléphone à appeler en cas de contenu inapproprié sur les réseaux sociaux le 30 18 merci à tous et bonne soirée et bonsoir Patricia Martin bonsoir Eric Delvaux ma chère Patricia ce sera vers 20h10 l'heure philo votre émission sur quel thème ce soir ?
ça va chauffer du côté des neurones puisque nous allons parler des femmes philosophes et j'ai le grand plaisir de recevoir de sacrés esprits Geneviève Fraisse et Laurence Hansenlog à tout à l'heure Patricia à tout à l'heure après les petits bateaux qui répondront ce soir à cette question
bonjour je m'appelle Léa j'ai 13 ans et je voulais savoir est-ce qu'on invente des nouveaux comptes parce qu'on dirait qu'ils sont tous vieux et qu'on a toujours les mêmes voilà merci de votre réponse au revoir à tout à l'heure