Sébastien Huyghe, député apparenté Ensemble pour la République du Nord | La politique et moi
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %
Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse directe
Vous êtes apparu sur le devant de la scène politique le 16 juin 2002. Comment avez-vous vécu cette victoire surprise ?
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Vous aviez prévu de retourner à votre travail le surlendemain de l'élection. Vous n'aviez pas anticipé ce qui allait se passer ?
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Tous ces médias qui vous appellent, les caméras qui vous attendent, comment l'avez-vous vécu ?
- 1:45OuverteRéponse directe
Votre slogan "Un homme neuf de chez nous, proche de nous" a-t-il fait la différence ?
- 2:15OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous a poussé à prendre votre carte politique à 16 ans ?
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La campagne de 2008 à Lille a été très dure. Quelle leçon en avez-vous tirée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Chiffre
« Il y avait une chance sur cent de l'emporter face à Martine Aubry, qui était un monstre politique, dans une circonscription qui votait à plus de 60 % à gauche, traditionnellement, depuis toujours. »
- 1:00Fait
« C'est grâce aux 35 heures de Martine Aubry que j'ai pu prendre des RTT pour faire campagne contre elle. »
- 3:00Fait
« Il n'y avait pas de programme, aucune machine de guerre et ont planté des poignards dans le dos. »
- 4:30Fait
« J'avais l'extrême droite et l'extrême gauche. Je savais que pour le Nouveau Front Populaire, ce serait la même candidate que la France Insoumise. »
- 6:45Promesse
« Il serait un excellent candidat, il pourrait l'emporter. »
- 7:15Fait
« La première valeur, c'est servir. Et donc, je suis au service de mes concitoyens. »
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La vie politique, ce sont parfois les montagnes russes. Mon invité a connu des hauts et des bas, des victoires surprises et de lourdes défaites. Il est aujourd'hui un des députés les plus expérimentés de l'Assemblée.
Il est apparenté au groupe Ensemble pour la République. Générique (...) Bonjour Sébastien Huyghe. -Bonjour. -Alors vous êtes apparu sur le devant de la scène politique le 16 juin 2002.
Ce jour-là, vous avez créé la surprise en battant Martine Aubry aux élections législatives. Revoyons cela en images. -Quant aux adversaires de Martine Aubry, ils célèbrent à leur façon la défaite de l'ancien ministre.
Leur poulain vient de gagner tout jeune, 32 ans à peine, inconnu en politique. Il y a quelques semaines encore, personne n'aurait misé sur sa victoire. Hier, il n'était encore qu'un simple clerc de notaire.
Ce matin, un peu groggy, Sébastien Huyghe savoure sa toute nouvelle notoriété. -Je réalise que j'ai été élu député, mais bon, on va voir ce que ça signifie dans les jours à venir. En tout cas, je ferai de mon mieux pour remplir la mission qui m'a été confiée hier. -Alors vous dites : "J'ai été élu député, mais on va voir ce que ça signifie dans les jours à venir." Vous avez été totalement pris de court, vous n'étiez pas préparé à cette victoire ? -C'est-à-dire qu'en fait, il y avait une chance sur cent de l'emporter face à Martine Aubry, qui était un monstre politique, dans une circonscription qui votait à plus de 60 %à gauche, traditionnellement, depuis toujours.
J'avais dit à mes militants, il n'y a qu'une chance, mais on va la tenter et on va essayer de mettre le pied dans la porte. C'est ce qui s'est produit. -Au point que vous aviez prévu de retourner à votre travail le surlendemain de l'élection.
Vous n'aviez pas anticipé ce qui allait se passer ? -Bien sûr, j'avais pris mes congés et mes RTT. C'est l'ironie de l'histoire.
C'est grâce aux 35 heures de Martine Aubry que j'ai pu prendre des RTT pour faire campagne contre elle. Et c'est comme ça... -Que tout a commencé pour vous. -...s'est produit. -Du jour au lendemain, vous vous êtes retrouvé un peu à la une de tous les médias, pas les médias régionaux, les médias nationaux.
Plusieurs ministres vous ont appelé pour vous féliciter. Là, on voit tous les articles de presse qui vous ont été consacrés, comme le tombeur de Martine Aubry. Je crois que vous vous êtes même retrouvé invité par Jacques Chirac à l'Elysée.
Comment le jeune clerc de notaire que vous étiez a vécu ce changement d'univers radical et soudain ? -Je l'ai pris avec beaucoup de sérénité. J'espère ne pas avoir attrapé la grosse tête.
Mais ce ne sont pas les échos que j'ai eus des gens qui me connaissaient depuis longtemps. -Mais tous ces médias qui vous appellent, les caméras qui vous attendent quand vous sortez de voiture pour arriver au siège de votre parti, tout ça, vous l'avez bien vécu ? -Oui, je me suis dit : "Ca fait partie du jeu et maintenant, il va falloir faire attention de ne pas dire de bêtises." C'est surtout ça. -Vous aviez fait votre campagne face à Martine Aubry en vous présentant comme "le petit gars du coin".
On voit là votre affiche, "Un homme neuf de chez nous, proche de nous." C'est ça qui a fait la différence pendant cette campagne ? -Oui, un slogan que j'ai inventé parce que je m'étais dit qu'il faut faire du positif.
Le slogan est positif, mais en creux, c'était quand même une critique de Martine Aubry parce que tout ce que j'étais, elle n'était pas. -Alors, on a évoqué cette victoire surprise de 2002. Vous êtes engagé dès l'âge de 16 ans.
Alors, c'était au sein du Parti républicain. Qu'est-ce qui vous a poussé à prendre votre carte aussi jeune ? -C'est une anecdote.
C'est le grand frère d'un ami qui m'avait emmené à une réunion politique dans le Nord, du Parti républicain, réunion publique, et puis il y avait des gens à la tribune qui se sont exprimés, et ensuite il y a eu un dialogue avec la salle, et je trouvais que dans la salle, les gens qui étaient là allaient dans le sens de ce qui avait été dit à la tribune. Et moi, du haut de mes 16 ans, je n'étais pas d'accord avec ce qui avait été dit, donc j'ai levé mon doigt et j'ai exprimé mon avis. Je me souviens que juste après, un petit grand-père qui prend la parole et qui dit : "Moi je suis d'accord avec ce qu'il a dit le petit jeune".
Et d'autres l'ont suivi, nous ont suivi dans notre position. Et je me suis dit : "Si je n'avais pas osé prendre la parole à ce moment-là, peut-être que les autres ne l'auraient pas fait. Et ça m'a bien plu. -C'est comme ça que tout a commencé.
Votre vie politique n'a pas été faite que de victoires ; En 2008, vous avez été désigné tête de liste de l'UMP aux municipales à Lille. Et là, ça s'est très mal passé pour vous. Martine Aubry a pris sa revanche en vous infligeant une lourde défaite.
Quelle leçon avez-vous tirée de cette défaite et de cette campagne ? -Ca a été une campagne très, très dure parce que la machine lilloise s'est mise en route. -Du côté de Martine Aubry, vous voulez dire ? -Oui.
Avec tous les leviers d'une grande ville. Elle utilisait ses services, elle utilisait tout. Elle avait aussi, je pense, une taupe dans mon équipe qui disait où j'allais aller.
Et très bizarrement, 24 heures avant, elle allait à l'endroit où j'allais aller. -Quand vous évoquez la taupe, c'est pour ça que vous avez dit après votre défaite : "Il n'y avait pas de programme, aucune machine de guerre et ont planté des poignards dans le dos." Vous avez été trahi par votre propre camp sur cette campagne ? -Oui, je pense qu'il y avait quelqu'un qui... -Mais au-delà de cette taupe, vous n'avez pas forcément eu tout le soutien que vous espériez de la part des responsables de la droite locale ? -C'est clair qu'il y avait aussi certains élus qui auraient voulu être à ma place, candidat face à Martine Aubry.
Et donc, voilà, eux aussi n'ont pas... -Ils ont un peu savonné la planche. -...que moi, on va dire. -Vous avez subi une autre défaite, alors beaucoup plus tard, c'était aux législatifs de 2022.
Battu dès le premier tour. Alors que vous aviez enchaîné comme cela 10 ans de mandat à l'Assemblée. Du jour au lendemain, tout s'est arrêté pour vous, c'est une chose qu'on évoque assez peu, ça le retour, comment dire, à la vie civile, quand on a connu une vie publique après des années de vie publique, ça a été compliqué pour vous ? -C'est-à-dire que...
Je savais à chaque fois que c'était des CDD de cinq ans. Et que normalement, la première fois, ce n'est pas moi qui ai gagné, c'est surtout Martine Aubry qui avait perdu. Et la logique aurait voulu qu'au bout de cinq ans, je sois battu.
Et à chaque fois, j'ai gagné. -Et quand ça s'arrête alors ? -En 2022, il y a eu un petit grain de sable.
C'est-à-dire que moi, j'étais pour qu'il y ait une coalition avec Emmanuel Macron et que dès le premier tour... -Vous, membre des Républicains, pour une coalition... -Avec En Marche ou Renaissance.
Et donc, je l'avais dit dans des réunions politiques à Paris, et ça avait fuité dans la presse, et quand j'ai annoncé ma candidature aux locales, on m'a étiqueté Macron compatible. Et comme il y a eu un candidat macroniste au premier tour face à moi, qu'on m'avait affublé de Macron compatible, mes électeurs de droite anti-Macron, mes électeurs de gauche anti-Macron n'ont pas voté pour moi, ce qui m'a fait chuter. -Ce que vous vouliez faire en 2022, vous l'avez fait en 2024, vous avez été investi par Renaissance, devenu Ensemble pour la République, tout en restant membre des Républicains.
Et là, vous faites votre "come-back". Vous êtes aujourd'hui apparenté au groupe Renaissance. Pourquoi ce changement de famille politique ? -Ce n'est pas un changement.
D'abord, après la défaite de 2022, j'étais en train de tourner la page de la vie politique. J'étais encore conseiller régional dans les Hauts-de-France. Donc, je finissais mon mandat et je m'orientais pour plutôt ne plus me présenter à aucune élection.
J'étais installé comme notaire, ici, à Paris et donc ce n'était plus dans mes intentions, on va dire, de me représenter, il ne faut jamais dire "fontaine". Et quand il y a eu la dissolution et que l'extrême droite était aux portes du pouvoir, je ne pouvais pas rester les bras croisés. Et j'ai d'ailleurs quelques-uns de mes amis qui m'ont appelé pour me dire : "Sébastien, sur une campagne de quatre semaines, il n'y a pas le temps pour trouver un candidat et le faire connaître.
Donc c'est toi qui as le plus de chances pour battre le RN sortant. -Ainsi, vous êtes revenu sur le devant de la scène ? -J'y suis retourné.
Il y avait une condition. J'avais l'extrême droite et l'extrême gauche. Je savais que pour le Nouveau Front Populaire, ce serait la même candidate que la France Insoumise.
Et qu'en face, j'avais le candidat d'extrême droite sortant. Donc, pour avoir une chance de gagner, il fallait que je sois le seul candidat de l'arc républicain. -En quelques mots juste, vous avez bénéficié du Front républicain en 2024 avec le désistement de votre adversaire.
Vous aviez refusé de le faire en 2022, alors qu'elle était confrontée au Rassemblement National, Aujourd'hui, avez-vous changé d'avis ? -Non, moi, je pense toujours qu'extrême droite et extrême gauche, LFI c'est extrême gauche, désolé, communautaristes, antisémites. Donc, l'extrême droite et l'extrême gauche, pour moi, c'est équivalent.
Et donc, il n'y en a pas un meilleur que l'autre. Donc, j'avais dit que je ne voulais pas choisir entre la peste et le choléra. Je n'ai rien demandé pour le deuxième tour.
Ils ont pris leurs responsabilités. Moi, j'ai pris les miennes. Et moi, ce qui était important, c'était de battre l'extrême droite et de l'empêcher d'accéder au pouvoir. -Vous êtes aujourd'hui un des députés les plus expérimentés de cette Assemblée.
Est-ce que la vie parlementaire a beaucoup changé depuis votre premier mandat en 2002? -Oui, ça a beaucoup changé. -En mieux ?
En moins bien ? -Non, je pense que ça s'est dégradé. C'est-à-dire qu'en 2002, il y avait un vrai respect des parlementaires les uns vis-à-vis des autres.
Aujourd'hui, j'ai le sentiment qu'un certain nombre de parlementaires ont du mal à avoir une tenue qui soit digne de la fonction. Ce qui a fait beaucoup de mal au Parlement et à l'Assemblée en particulier, c'est l'interdiction du cumul des mandats. Et un certain nombre de ténors de l'Assemblée ont préféré rester maire de leur commune, président de leur Conseil régional ou départemental, plutôt que d'être parlementaire.
Et on a perdu en richesse, à la fois d'expérience, mais aussi de stature d'un certain nombre de politiques dans l'hémicycle. Donc ça, je le regrette fortement. -Vous avez été très présent dans les médias à une époque, notamment en 2012.
Vous étiez porte-parole de Nicolas Sarkozy pendant sa campagne présidentielle. Puis, vous êtes devenu porte-parole de l'UMP. Et depuis, vous êtes beaucoup plus discret dans les médias.
Pourquoi ? Il y a une raison à ça ? -C'est difficile à dire.
Je sais bien que dans le job d'élu, il y a faire et il y a faire savoir. -Vous n'avez pas toujours été très à l'aise avec le faire savoir. Vous aviez expliqué en 2008 que s'il fallait monter sur les tables pour haranguer la foule, vous le feriez, même si ce n'était pas trop votre truc.
Mais vous étiez prêt à aller un peu contre votre nature. C'est ce qu'on comprenait dans votre phrase. -Oui...
Vous êtes bien informé. C'est vrai que ce n'est pas ma nature de me pousser en avant, mais comme en politique, c'est ce qu'il faut faire je prends le taureau par les cornes pour y aller, mais c'est vrai que je n'ai pas un naturel à me mettre en avant de prime abord. -On va passer à notre quiz, parce que c'est la fin de cette émission.
Vous devrez compléter, à votre guise, les phrases que je vais vous proposer. Si Xavier Bertrand se présente en 2027... -Il serait un excellent candidat, il pourrait l'emporter. -Vous avez été assez proche de lui, à un moment, quand même. -C'est ce que je viens de dire. -Vous le soutiendrez ? -Bien sûr. -Ah, d'accord.
Dans un couple, quand on fait tous les deux de la politique, il faut...
Parce que c'est votre cas... -Il faut bien s'entendre.
La politique, ce n'est pas la vie privée, mais il se trouve que j'ai une chance formidable. On est toujours en phase politiquement avec Valérie. -Valérie Debord, qui est elle-même ancienne députée et aujourd'hui... -On s'est connus sur les bancs de l'Assemblée et aujourd'hui, elle est première vice-présidente de la région Grand Est. -Enfin, grâce au scoutisme, je... -Je suis imprégné des valeurs du scoutisme. -En politique, ça vous apporte quelque chose ? -La première valeur, c'est servir.
Et donc, je suis au service de mes concitoyens. Et donc, c'est vraiment les valeurs du scoutisme qui m'ont porté à la politique. -Merci beaucoup, Sébastien Huyghe, d'être venu dans La Politique et moi.
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Sébastien Huyghe