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DébatC à vous (sur YouTube)· 3 juin 2019 20 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalImmigration & asileSolidarités & famille

Quelle droite après Wauquiez ? - C à Vous - 03/06/2019

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 69 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:07OuverteÉludée

    Et vous, vous feriez quoi à la place de Laurent Wauquiez ?

  • 0:25ComplaisanteRéponse partielle

    J'espère que j'aurai aussi démissionné.

  • 2:52RelanceRéponse directe

    Laurent Wauquiez n'avait d'autres choix que de démissionner ?

  • 3:43OuverteRéponse partielle

    Il était grave, des faits affectés hier soir parce qu'il a compris que les Français ne l'aimaient pas ?

  • 5:09OuverteRéponse directe

    Semi-retraite, vous vous dites qu'il fait un calcul personnel ?

  • 7:35FerméeRéponse partielle

    Est-ce que vous avez regretté à un moment donné d'avoir enfilé le Gilet jaune, Laurent Wauquiez ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:54Invité politiqueFait
    « Ces élections c'est un échec. »
  • 2:50InvitéFait
    « La stratégie, je cours après le Front National et je récupérerai des électeurs que nous a volés le Front National, ça a été un échec. »
  • 3:10InvitéChiffre
    « 8% quand on est un parti qui a gouverné, qui aspire à gouverner, c'est quand même une déculottée. »
  • 3:31InvitéFait
    « de mentir une fois sur deux quand il ouvrait la bouche. »
  • 4:20InvitéFait
    « il était unanimement détesté. »
  • 5:28Invité politiqueFait
    « Souvenez-vous, en 99, Nicolas Sarkozy a démissionné, et puis voilà, il est devenu président de la République, il est revenu. »
  • 8:37Invité politiqueChiffre
    « Victoire dès le premier tour, le 10 décembre 2017, avec 75% des suffrages face à deux candidats, Florence Portelli et Maël Decalan, assez inconnus du grand public. »
  • 9:24Invité politiqueFait
    « ça ne peut tout simplement pas être un espace de liberté. »
  • 9:26Invité politiqueFait
    « Le bullshit médiatique, l'expression est restée. »
  • 10:04Invité politiqueFait
    « Moi, ma conviction, c'est que quand vous faites ça, vous n'avez à l'arrivée plus aucune forme de crédit. »
  • 11:49Invité politiqueFait
    « Je n'accepte pas que ce débat-là nous soit proposé par toute petite tranche, en nous ayant expliqué d'abord que c'était seulement le mariage pour tous, en nous expliquant maintenant aujourd'hui que ce sera seulement la procréation médicalement assistée pour des couples de même femmes, c'est-à-dire l'enfant sans père. »
  • 12:10Invité politiqueFait
    « Tout ceci a un nom, c'est l'eugénisme. »
  • 12:16Invité politiqueFait
    « Tout ceci a été fait par un régime, c'est le nazisme. »
  • 15:45InvitéChiffre
    « il y a 27% des électeurs de Fillon en 2017 qui ont voté pour Macron aux européennes. »
  • 15:52InvitéChiffre
    « Et sur le côté identitaire, ils ont été bouffés par le Rassemblement national. Il y en a 18% qui sont partis. »

Temps de parole

  • Laurent Wauquiez30 %
  • Invité25 %
  • Invité 213 %
  • Invité 310 %
  • Invité 49 %
  • Invité 57 %
  • Invité 64 %

2,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Depuis dimanche soir et la cuisante des fêtes de la liste des républicains aux européennes, les appels à la démission se sont multipliés. Et vous, vous feriez quoi à la place de Laurent Wauquiez ?

0:10
Laurent Wauquiez

J'espère que j'aurai aussi démissionné.

0:15
Invité

Si j'étais à sa place et vu la situation, sans doute je le ferais. Il faut tout changer parce que les républicains ont parfaitement leur place dans le paysage politique français. Mais Laurent Wauquiez et tous les autres.

0:25
Laurent Wauquiez

Lorsque j'ai été, à l'époque j'étais président du parti mis en cause, dans des conditions d'ailleurs assez ignobles, et heureusement que la justice m'a totalement innocenté depuis, je n'ai pas voulu prendre ma famille politique en otage et j'ai donc pris mes responsabilités en démissionnant. Mais on ne change pas un président qui perd ? Dans la logique gaulliste, c'est au président lui-même d'en tirer des conclusions.

0:46
Invité

Laurent Wauquiez s'était lui donné trois ans pour proposer une nouvelle voie et faire renaître l'espoir. Il n'aura finalement pas tenu plus d'une semaine.

0:54
Laurent Wauquiez

Ces élections c'est un échec. Ce n'est pas facile, mais il faut le reconnaître avec humilité, c'est un échec. On a fait cette campagne tous ensemble. Mais c'est moi qui suis le président de notre famille. Et au fond, pour le dire assez simplement, les victoires elles sont collectives. Les défaites elles sont solitaires. C'est comme ça. Et il faut que je prenne mes responsabilités. Ma décision ce soir, c'est une décision qui est mûrement réfléchie. J'ai décidé de prendre du recul. Et pour répondre à votre question, je me retire de mes fonctions de président des Républicains.

1:30
Invité

Une démission qui crée plus de problèmes qu'elle n'en résout. On pose ce soir la question à Gérard Davé, grand reporter au Monde. Jean-Michel Apathy, d'Europe 1 et célèbre d'eau, en attendant l'arrivée de Geoffroy Lejeune, un peu en retard, directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles. Bonsoir Jean-Michel Apathy, bonsoir Gérard Davé, bienvenue à tous les deux. Merci de votre présence. Laurent Wauquiez, poussé vers la sortie, a donc démissionné hier soir en direct sur TF1, tirant les conséquences du score de la liste Bellamy aux Européennes.

Une pérésina qui l'a privée de toute autorité, pour reprendre votre expression, Jean-Michel Apathy, l'occasion aussi d'une séance d'autocritique et d'introspection.

2:13
Laurent Wauquiez

Quand vous traversez une épreuve comme ça, évidemment que vous vous remettez en question. On n'a pas une armure. Il y a des choses qui vous blessent, comme tout le monde. Et il y a des choses sur lesquelles je me suis dit, mais pourquoi cet écart entre ce que je suis et l'image qui est donnée ? Sans doute que parfois je suis trop dur. C'est comme ça en tout cas que les gens l'ont perçu. Ce que je voudrais juste qu'ils comprennent, c'est qu'au fond de moi, ce n'est pas de la dureté, c'est de la détermination. C'est juste, je ne veux pas rester silencieux quand j'ai le sentiment que les choses vont mal. Alors je préfère dire, quitte à déplaire. Ça m'a valu des critiques, sans doute.

2:52
Invité

Laurent Wauquiez n'avait d'autres choix que de démissionner, non seulement à cause du score de dimanche, mais aussi parce qu'il a pris acte qu'il y avait un problème entre lui et les Français, un problème de personnalité majeure ? Oui, d'abord il y avait un problème entre lui et les Français, parce que la stratégie, je cours après le Front National et je récupérerai des électeurs que nous a volés le Front National, ça a été un échec. 8% quand on est un parti qui a gouverné, qui aspire à gouverner, c'est quand même une déculottée. Une bérésina. Oui, une bérésina, une déculottée, c'est tout ce que vous voulez en tout cas, c'est un problème.

Et puis alors c'est vrai que Laurent Wauquiez a donné le sentiment à un an et demi, puisque ça fait un an et demi qu'il est vraiment sur le devant de la scène en tant que président des Républicains, de mentir une fois sur deux quand il ouvrait la bouche. Donc la politique c'est une affaire de confiance, lui on ne peut pas dire qu'il a réussi à la créer. Il était grave, des faits affectés hier soir parce qu'il a compris que les Français ne l'aimaient pas ? Il a ressenti ça finalement ? Oui, je pense qu'il a ressenti, mais je ne suis pas dans sa tête. En revanche, ce que je peux dire, c'est que ce qu'il a ressenti aussi, c'est surtout que ses collègues politiques ne l'aimaient pas.

Et pour lui, c'est encore plus gênant. C'est-à-dire que tout le long de l'enquête qu'on a faite avec Fabrice Lhomme dans le livre La haine, que vous avez juste à côté de vous, on a fait une enquête dans laquelle on a rencontré bon nombre de ses collègues politiques. Et il n'y en a pas un seul qui nous a dit quelque chose de sympathique sur Laurent Wauquiez. Parce qu'on préparait justement une interview de Laurent Wauquiez, on voulait comprendre ce que les gens pensaient de lui dans son propre parti. Il était unanimement détesté. Pour quelles raisons ? Par sa personnalité.

Par exemple, un exemple tout simple, c'est quand il a fait son fameux discours caché à l'ONM de Lyon, dans lequel il parle du bullshit. Ce passage-là, quand il parle de Sarkozy, quand il dit que Sarkozy mettait des micros contre ses ministres, ce n'est pas passé chez les Sarkozy, ce qui sont encore très nombreux. Et si vous voulez, ce que disait Jean-Michel juste avant est tout à fait vrai. C'est-à-dire qu'il y a une forme de fec chez lui qui ne passait pas, y compris chez ses collègues politiques. – Il fait un calcul personnel aussi. Parce qu'être le président d'un parti qui pèse 8,5% aux européennes… – En partant, il fait un calcul personnel, vous voulez dire ?

– En se disant qu'il peut reconstruire notre histoire et revenir plus tard, repartir de zéro ? – Peut-être que l'homme politique pense toujours qu'il peut rebondir. Mais enfin, si Laurent Wauquiez rebondit, c'est que vraiment, il a des ressorts cachés. Enfin, là, il part très atteint. D'ailleurs, Wauquiez, Laurent Wauquiez, tout le monde s'en moque un peu maintenant, c'est la suite qui compte. Ce ne sera pas un acteur de la reconstruction des Républicains. D'ailleurs, je ne sais même pas qui sera l'acteur de la reconstruction des Républicains. – On va revenir à ce problème, oui. – Oui, parce que c'est sans doute le plus grave problème. Personne ne pleure à Laurent Wauquiez.

Personne ne va aller au puits envelés pour lui dire « il revient ».

5:22
Laurent Wauquiez

– Il a un petit sac de fidèles qui disent « Souvenez-vous, en 99, Nicolas Sarkozy a démissionné, et puis voilà, il est devenu président de la République, il est revenu. »

5:32
Invité

– Et donc, Laurent Wauquiez est le prochain président de la République. – Non, pas le prochain. – En tout cas, il était présenté il y a quelques années comme l'enfant prodige de la droite Pierre. – Ah ben, avant d'être le mal-aimé, disait le monde cet après-midi, il a été effectivement l'enfant prodige. Mal-aimé, on peut passer assez vite, parce que d'abord, vous allez y revenir, Antoine, et puis qu'il n'y a pas grand monde qui le regrette. Pourtant, tout avait si bien commencé.

On peut même dire qu'en 2004, quand il succède à Jacques Barrault, qui lui laisse la place, puisque Barrault, Jacques, est nommé à la Commission européenne, il devient député de la Haute-Loire, et on pense que c'est vraiment l'enfant prodige qui va être un homme qui va compter. Le garçon a un sacré CV, il a fait normal sup'ébriamment, il est agrégé d'histoire, il a fait Sciences Po comme on fait son lit, et il est sorti major de l'ENA en 2001, et bien entendu, il maîtrise alors en 2004, toute la boîte à outils de la com' de l'an 2000, regardez-le pour sa deuxième télé en 2004.

6:26
Laurent Wauquiez

A 29 ans, Laurent Wauquiez, le plus jeune député de France,

6:28
Invité

comme Jacques Barrault, il y a 30 ans, était le Benjamin Lémicycle. Il est entré en politique en 2002 comme suppléant de Jacques Barrault. Pour cette première journée, en tant que député, Laurent Wauquiez n'a pas sacrifié sa traditionnelle course à pied dans les subois du Vivard et l'Union.

6:42
Laurent Wauquiez

C'est important d'avoir une bonne condition physique ? Oui, c'est très important, ça permet de garder l'équilibre. Après des semaines de campagne, c'est une nouvelle vie qui commence, il faut réaliser. Fatigué, c'est sûr, mais en même temps très heureux de la confiance que me fait la Haute-Loire, et puis qu'elle m'ait suivi sur ma campagne de terrain sans attaque personnelle. Maintenant, il va falloir s'organiser, j'ai du mal à réaliser que je deviens député.

7:07
Invité

Alors évidemment, une semi-retraite à 44 ans, on se dit, mais où est-ce que ça n'a pas marché ? Il faudra sans doute, vous l'avez évoqué les uns et les autres déjà, il faudra que cet homme intelligent apprenne à nous prendre un peu moins pour des ballots. Par exemple, je prends un tout petit exemple, mais c'est anecdotique, mais signifiant. Pourquoi une parka rouge, pour ne pas l'embêter, pour les goûts et les couleurs ? Sauf qu'un jour, il explique, je suis le plus grand, une parka rouge, on voit que moi sur les photos, donc il nous prend pour des ballots. François, Geoffroy, le jeune nous a rejoint. Bonsoir, merci de votre présence ce soir.

Semi-retraite, vous vous dites qu'il fait un calcul personnel. C'est dans votre édito sur LC que vous expliquiez qu'il songe toujours à la présidence de la République, la raison pour laquelle il se met en retrait, en partie. C'est l'un de ses calculs. Il a compris deux choses, à mon avis, dans cette histoire. Premièrement, il avait pris le parti un peu à l'ancienne pour devenir candidat à la présidentielle. Là, il réalise qu'un parti à 8%, finalement, ce n'est pas le meilleur tremplin pour devenir président de la République. Donc, ça ne sert à rien de le garder. C'est beaucoup d'ennuis pour pas grand-chose.

Puis la deuxième chose, je crois qu'il a compris dans ses élections européennes et une autre chose, c'est ce dont vous parliez à l'instant, c'est que finalement, il y a un problème personnel sur lui. C'est-à-dire que les gens l'accusent d'insincérité. Alors, nous, on ne peut pas vraiment le quantifier, mais ça revient tout le temps dans les discussions. Donc, il se dit à un moment donné, je ne peux pas raconter l'histoire du mec qui prend les Républicains en 2017 et qui devient président en 2022. Il faut raconter autre chose. Donc, il se met en retrait pour essayer de moins agacer les gens, à mon avis. Une démission qui conclut.

Un an, cinq mois et 23 jours d'une présidence totalement ratée, Antoine ?

8:32
Laurent Wauquiez

Oui, Laurent Wauquiez a pu croire quelques instants que son mandat serait réussi, en tout cas que son mandat commençait bien. Victoire dès le premier tour, le 10 décembre 2017, avec 75% des suffrages face à deux candidats, Florence Portelli et Maël Decalan, assez inconnus du grand public. Mais les problèmes sont arrivés très rapidement pour lui. Dans les jours qui ont suivi, certains cassiques du parti ont pris leur distance. Alain Juppé, on va y revenir. Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, pour ne citer qu'eux. Une situation qui ne va pas s'arranger, mais vraiment pas, après l'enregistrement et la diffusion des propos qu'il tient devant des étudiants de l'EM Lyon.

Vous y faisiez référence, Gérard, d'avez tout à l'heure, l'école de commerce de Lyon. La moindre interface qui sort par le moindre élève, là pour vous, ça se passera très mal. Si on veut que ce lieu soit un lieu de liberté, il faut que tout ce que je dis reste entre nous. Donc pas de quitts, pas de postes sur les réseaux sociaux, pas de transcription de ce que je dis. Parce que sinon, ça ne peut tout simplement pas être un espace de liberté. Et ce que je vais vous sortir sera juste le bullshit que je peux sortir sur un plateau médiatique. Le bullshit médiatique, l'expression est restée. Le ton est donné, évoquiez des fourrailles.

De la Sarposie, il en était arrivé au point où il contrôlait les téléphones portables de ceux qui rentraient en Conseil des ministères. Il les mettait sur l'écoute pour pomper tous les mails, tous les textos, et vérifier ce que chacun de ses ministres disait au moment où on rentrait en Conseil des ministères. – Alain Juppé, qui est une personnalité éminemment respectable, il a totalement cramé la caisse. C'est-à-dire que Bordeaux, il a fait des miracles, Bordeaux est génial, c'est très bien géré, mais il a fait exploser les impôts, et il a fait exploser la dépense publique, et il a fait exploser l'endettement.

Moi, ma conviction, c'est que quand vous faites ça, vous n'avez à l'arrivée plus aucune forme de crédit. – Juppé, mauvais gestionnaire, Sarkozy, espion en chef, Wauquiez s'isole à la tête des Républicains à cause de ses déclarations. Vous y faisiez référence tout à l'heure, exercice de plus en plus autoritaire également du pouvoir. C'est ce que lui reproche ceux qui travaillent avec lui au plus près, à commencer par Virginie Calmel, qui à l'époque est numéro 2 des Républicains. Elle fait part de ses réticences, et elle finit par être renvoyée en juin 2018. Départ fracassant, et sur le plateau de cet avou, une explication sans équivoque.

10:33
Invité

– Un numéro 2, comme vous le dites, il doit adhérer à la ligne, ça c'est… Ou alors il devient une caution ou un alibi. Je ne peux pas être une caution et un alibi de choses qui me heurtent. Je suis de droite, je ne suis pas d'extrême droite.

10:48
Laurent Wauquiez

– Calmel Sparty, Wauquiez est seul en première ligne, la reconstruction de la droite qu'il avait promis se fait attendre, et les militants au micro de Tancred Bonora commencent à douter. – Laurent Wauquiez avait prévu le retour de la droite il y a moins d'un an. – Oui, oui. – On est où là ?

11:03
Invité

– Ça vient, ça va venir. – C'est long ? – C'est un petit peu long à mon goût.

11:09
Laurent Wauquiez

– Comment elle va la droite pour vous aujourd'hui ? – On est un peu malade quand même, je pense. – Macron, il n'est pas bête, il a récupéré les meilleurs. Édouard Philippe, le maire. – Il ne reste pas grand monde du coup chez les Républicains.

11:21
Invité

– Et moins bon, on va dire. – Vous miseriez sur Laurent Wauquiez comme cheval ? – Oui, oui, oui. – Beaucoup d'argent ? – Oui, je miserais, non, pas beaucoup d'argent, mais je miserais quand même. Ça vous amuse, là.

11:36
Laurent Wauquiez

– Mauvais pari pour ce militant qui sentait quand même que l'affaire était mal engagée. Les Républicains étaient en train de se recroqueviller sur des thèmes très conservateurs. Illustration en novembre 2018, Laurent Wauquiez parle de la PMA devant des militants de sens commun. – Je n'accepte pas que ce débat-là nous soit proposé par toute petite tranche, en nous ayant expliqué d'abord que c'était seulement le mariage pour tous, en nous expliquant maintenant aujourd'hui que ce sera seulement la procréation médicalement assistée pour des couples de même femmes, c'est-à-dire l'enfant sans père. Et cet engrenage mènera nécessairement à la marchandisation des gamètes.

Tout ceci a un nom, c'est l'eugénisme. Tout ceci a été fait par un régime, c'est le nazisme. – Lié à la PMA, l'eugénisme et au nazisme, cela ne passe pas du tout pour de nombreux militants et électeurs des Républicains. Wauquiez défenseur d'une ligne de plus en plus conservatrice et identitaire, Wauquiez soupçonné d'insincérité. On y revient depuis l'épisode de ce bullshit médiatique, soupçon confirmé lors de la mobilisation des Gilets jaunes.

12:35
Présentateur

– Est-ce que vous avez regretté à un moment donné d'avoir enfilé le Gilet jaune, Laurent Wauquiez ?

12:39
Laurent Wauquiez

– Je n'ai jamais enfilé le Gilet jaune.

12:41
Présentateur

– Ça m'a apporté un soutien au mouvement ?

12:43
Laurent Wauquiez

– J'ai apporté mon soutien et je ne renie rien de ça. – Pourquoi avoir menti ? – J'ai échangé avec un groupe de Gilets jaunes qui m'a demandé de le porter. Ce que j'ai accepté, pour marquer mon soutien, j'avais oublié cet incident. – J'avais oublié un oubli, dit Laurent Wauquiez. À la lumière de tous ces événements, Jean-Michel, est-ce que la démission de Laurent Wauquiez

13:00
Invité

n'était pas écrite d'avance ? – Elle était écrite. Ceci dit, François-Xavier Benhamy aurait fait 15%, il n'aurait pas démissionné. C'est les électeurs qui poussent Laurent Wauquiez dehors, c'est les électeurs qui disent, en s'éparpillant entre le Rassemblement national, la République en marche, les petites listes, parce que l'électorat de droite, on ne sait pas trop où il est passé, qui disent à Laurent Wauquiez, c'est terminé avec toi. Plus personne, avant Laurent Wauquiez, ne faisait pas l'unanimité, donc après, évidemment, il avait tout le monde contre lui. Mais quand même, l'histoire de Laurent Wauquiez, c'est l'histoire du refus de Valérie Pécresse de prendre la tête des Républicains.

Un parti de gouvernement, il doit être dirigé par quelqu'un qui est capable de gouverner, pas par un troisième couteau. L'histoire des Républicains… – C'est un troisième couteau, Laurent Wauquiez. – Non, non, non, non, non. L'histoire des Républicains, c'est l'histoire de gens qui ne veulent pas se confronter pour prendre la tête des Républicains. Donc Valérie Pécresse, elle n'a pas le courage de le faire, Xavier Bertrand n'a pas le courage de le faire, donc il reste Laurent Wauquiez qui le fait. Mais dès que ça tourne mal pour Laurent Wauquiez, évidemment, il n'a aucun soutien, bien sûr.

Mais c'est la suite qui est importante, parce que les Républicains sont en train de continuer à creuser leur propre tombe. Ils vont mettre un syndic de faillite, genre Retailleau, à la tête des Républicains, et ça, ça ne va pas. Parce qu'un parti de gouvernement doit être dirigé par quelqu'un qui est capable d'incarner une sensibilité, d'en incarner la diversité. – Qui est capable d'incarner cette diversité ? – Soit Pécresse se confronte au suffrage des militants, Bertrand qui est à l'extérieur, voilà. Ceux qui peuvent se dire présidentiables.

Vous prenez tous les partis européens dans les démocraties qui sont comme les nôtres, celui qui dirige le parti de gouvernement est quelqu'un qui est réputé être candidat à l'élection majeure. Et les Républicains, depuis Nicolas Sarkozy, fuient cette responsabilité. Voilà, ben, donc du coup, ils ont... Laurent Wauquiez a beaucoup de défauts, mais Laurent Wauquiez est aussi tributaire d'une situation qui fait que le débat chez les Républicains n'est pas un débat bien ordonné et bien mené. – Un désastre qui s'organise depuis un certain temps, Gérard Davet, depuis 2012.

– Oui, quand on l'a rencontré il y a environ un mois et demi, deux mois avec Fabrice Lhomme, Wauquiez nous disait qu'il en était encore aujourd'hui à penser les plaies de l'épisode Copé-Fillon qui date d'il y a cinq ans. – 2012, oui, bien sûr. – Oui, oui, et donc il en était encore à penser ça. Il nous disait, concrètement, on a totalement oublié les idées et on en est arrivé à une guerre des chefs qui fait qu'on a disparu ou on va disparaître. C'était assez prémonitoire quand on y pense. Et aujourd'hui, c'est ce qui se passe aujourd'hui encore.

15:23
Laurent Wauquiez

– Ce n'est pas la guerre des chefs qui l'a tué, c'est les idées au contraire.

15:25
Invité

– Les deux, les deux. – La guerre des chefs et la guerre… – Jean-Fran Lejeune. – Je suis d'accord avec Patrick Cohen, c'est surtout les idées en fait. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, moi je pense que le vrai échec de Laurent Wauquiez, c'est un échec stratégique. C'est-à-dire qu'il avait décidé de refaire une droite qui se disait vraiment de droite, qui était en gros réformiste et identitaire, qui est un peu l'ADN traditionnel, classique de la droite. Sauf que sur le réformisme, ils ont été bouffés par Emmanuel Macron. Je rappelle quand même qu'il y a 27% des électeurs de Fillon en 2017 qui ont voté pour Macron aux européennes.

Et sur le côté identitaire, ils ont été bouffés par le Rassemblement national. Il y en a 18% qui sont partis. À la fin, c'est cette espèce de nasse qui est en train de se vérifier aujourd'hui. Et aujourd'hui, moi je ne vois pas, je ne crois pas, quels que soient les personnages, si vous voulez que ce soit Pécresse, Retailleau, Gérard Larcher, c'est fini. Peut-être pas ad vitam aeternem. Mais aujourd'hui, là, d'ici 2022, je ne vois pas qui pourra concurrencer Macron sur le côté réformiste et Marine Le Pen sur le côté identitaire. Je ne vois pas, ça n'existe pas. Sur TF1 à 20h, Laurent Wauquiez démissionne.

Deux heures plus tôt, Marion Maréchal Le Pen sortait de son relatif silence médiatique sur LCI. Malheureusement, et je le regrette, aujourd'hui, le Rassemblement national ne peut pas capter à lui seul l'ensemble des personnalités politiques, des élus ou même des électeurs. Pour différentes raisons. Parce que c'est vrai qu'après tout, dans les grandes familles de droite, il y a des différences notables, parfois même dans le rapport à l'Europe, même parfois sur l'économie. Tout le monde n'a pas exactement les mêmes solutions.

16:38
Présentateur

Alors pourquoi ça bloque ?

16:39
Invité

Et tout le monde n'est pas amené à fusionner. Ce que je crois, en revanche, indispensable, c'est que demain puisse émerger, je l'espère, de cette débâcle des Républicains, un secourant de droits qui se structure, qui puisse demain accepter le principe d'une grande coalition avec le Rassemblement national en gardant ses spécificités. Le message est clair. Pour battre Emmanuel Macron en 2022, il faudra une nom des droites. Et ça, c'est presque un tabou que vient de briser Marion Maréchal Le Pen. Mais personne ne l'a remarqué. C'est assez étonnant, à part vous ce soir. Mais en fait, la vérité, c'est que...

On entend ce qu'elle dit sur les Républicains, mais tout le monde est d'accord pour dire qu'ils sont au fond du trou. Mais elle dit également que le Rassemblement national ne peut pas gagner tout seul. Elle assassine sa tante. Marine Le Pen. Là, le passage que vous montrez, c'est une critique de... Enfin, c'est un constat de la limite du travail que peut faire Marine Le Pen. La marque Le Pen n'est pas une marque qui permet l'union des droites. Alors, sans doute... Ni l'élection présidentielle. Ni l'élection présidentielle. Jusqu'à là, personne ne l'avait dit. Ça, je ne suis pas d'accord.

Je pense que l'élection présidentielle, si un candidat a de la stature, il amènera tout le monde derrière lui. Et ce que suggère, elle ne le dit pas, mais c'est que peut-être la marque maréchale un jour pourra le faire. Quand même, elle ne vient pas là parce qu'elle est directrice d'école, comme elle nous le dit. Enfin, on n'est quand même pas des gamins de la quatrième. Quand on l'entend, de la quatrième... Pas de la quatrième république, mais de la quatrième au niveau du collège. On comprend quand même qu'elle a envie d'être celle qui va recomposer la droite.

Et quand on l'écoute attentivement pendant toute l'heure d'interview, elle a quand même, elle aussi, une base conservatrice qui est aussi une limite.

18:09
Laurent Wauquiez

Elle se dit de droite, contrairement à sa tante.

18:11
Invité

Oui, elle se dit de droite et pas d'extrême droite. C'est ce que vous voulez dire ? Non. Sa tante ne se dit pas d'extrême droite non plus. Elle revendique son positionnement de droite. De droite ? C'est très important. C'est une droite très conservatrice, un peu archaïque à certains égards. Ça pourrait être la droite. Le nationalisme. La droite, c'est un truc compliqué. Et s'il faut réunir la droite, il faut trouver quelqu'un de central. Je ne suis pas sûr qu'avec l'Église de l'Ouberté... Elle pourrait être une personnalité centrale. J'en ai pas mal parlé avec elle, y compris depuis qu'elle a quitté la vie politique. Elle le souhaite. Justement, c'est là où Jean-Michel se trompe.

Peut-être qu'elle le souhaite, mais en fait, elle n'y arrive pas. Il faut comprendre qu'elle a un problème, un nœud psychologique à trancher vis-à-vis de sa tante. Elle l'a expliqué hier. Elle ne voudra jamais, elle n'osera jamais l'affronter parce qu'elle ne veut pas être celle qui va refaire le duel familial, vous savez, comme le père et la fille. Elle l'a dit d'ailleurs hier. Et en fait, je pense qu'elle n'y arrivera jamais. J'ai entendu Marine Le Pen, elle me l'a dit à moi un jour sur RTL. Mon père, arrêtez d'y toucher. Jamais j'y toucherai, moi. C'était en 2014, en 2015, on lui a coupé la tête. Pour l'instant, j'ai raison. Ça va vite, les histoires de famille. On est d'accord.

Pour l'instant, vous avez raison. C'est vrai, ça peut aller vite sur Ardabel, les histoires de famille. Ah bah oui, parce que la politique, ça reste une matière éminemment humaine et c'est ça qui est tout à fait d'ailleurs passionnant pour nous les observateurs. Il a été victime de son positionnement idéologique qui n'était pas bon. Mais dans son dos, il sentait d'ores et déjà le souffle de la haine. Et ça, ça n'aide pas non plus à être très serein par rapport à son positionnement idéologique. Marion Maréchelle Le Pen qui n'a pas voulu dire pour qui elle avait voté aux Européennes hier. Mais moi, je sais pourquoi. Elle a dit du bien pendant une heure à la présence de l'année Bellamy.

Elle a voté pour la présence de l'année Bellamy, Geoffroy Lejeune. Vous ne l'avez pas posé la question ? Non, je vous promets. Et avant, d'accord. Honnêtement, je vous l'aurais dit en plus. Oui, bien sûr. Je vous raconte tout. A chaque fois que je viens ici,

19:56
Laurent Wauquiez

je vous raconte tout. En tout cas, et symétriquement, Laurent Wauquiez n'a jamais voulu dire pour qui il avait voté au second tour de la présidentielle. Absolument.

20:01
Invité

Et on peut déduire du fait que Marion Maréchelle n'ait pas voulu dire pour qui elle avait voté qu'elle n'avait pas voté pour Marine Le Pen. On peut en déduire quand même. Parce que sinon, c'est facile de dire qu'elle n'a pas adoubé les choix de la campagne, etc. Ce qui veut dire que ça marque une différence énorme.

20:13
Laurent Wauquiez

À cinq minutes d'intervalle, elle a dit qu'elle était toujours adhérente du Rassemblement national et elle n'a pas voulu dire pour qui elle avait voté le dimanche des européennes. Bien sûr.

20:21
Invité

Vous restez tous les trois avec nous. On va continuer à commenter l'actualité politique.