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Podcast / conversationFrance Culture (sur YouTube)· 5 février 2024 8 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Que reste-t-il de l'assurance chômage ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 30 %Défensif 70 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Vous revenez sur la suppression de l'ASS et son remplacement par le RSA, quel est le sens de cette mesure ?

  • 2:00FerméeRéponse partielle

    Le RSA est-il moins élevé que l'ASS ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Quels sont les impacts concrets de la réforme de l'indemnisation chômage ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Comment l'État a-t-il pris le contrôle de l'assurance chômage ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:00Bruno PalierFait
    « en 2017 Emmanuel Macron a annoncé qu'il voulait changer l'esprit de l'assurance chômage pour la rendre universelle »
  • 6:00Bruno PalierFait
    « on est passé de cotisation salarielle payé sur les salaires à de la CSG contribution sociale généralisée »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

les matins de franceculture Guillaume Herner Marguerite Caton je vous salue bonjour Guillaume bonjour à tous vous revenez ce matin sur le discours de politique générale du Premier ministre et la suppression de l'ASS l'allocation de solidarité spécifique sur laquelle on est passé un peu vite la crise agricole battant son plein pourtant la fin de cette allocation destinée aux chômeurs de très longue durée souvent âgé et son remplacement par le RSA n'est pas anodin c'est un pas de plus dans la réduction des droits sociaux des chômeurs tout particulièrement un mouvement que Bruno palier va nous aider à décrypter bonjour monsieur bonjour vous êtes politiste directeur de recherche au CNRS vous venez de publier au presse de sciencep un bel ouvrage collectif que c'eston du travail alors le RSA n'est pas moins élevé que laallocation de solidarité spécifique quel est le sens de cette mesure annoncée par le Premier ministre et quel impact aura-t-elle alors la suppression de la location de solidarité spécifique elle a pour conséquence première donc de de faire passer les personnes qui le le touchaient c'est c'està-dire des personnes qui avaient été en fin de de droit d'allocation au chômage de les faire passer au RSA revenu de solidarité active qui formellement est un peu plus élevé puce qu'il est à 607 € aujourd'hui alors que la S est à 545 mais en fait les conditions pour accéder au RSA sont plus strictes que les conditions pour accéder à la loocation de solidarité spécifique notamment on prend en compte les revenus du conjoint alors que pour l'ISS c'est une une prestation liée à sa situation euh au chômage et donc on ne prenait pas en compte les les revenus du conjoint donc ça c'est la première chose ça sera plus difficile de l'avir la deuxième chose c'est que ça n'ouvre pas de droit à la retraite le RSA alors que la loocation de solidarité spécifique ça le fait c'est d'ailleurs la raison qu'a mis en avant Gabriel àal pour supprimer l'ASS c'est que c'est des prestations de solidarité et on ne peut pas gagner des droits à retraite autrement que par le travail soit dit en passant on gagne des droits en retraite autrement que par le travail notamment pour le fait d'avoir eu des enfants notamment ou pour le fait d'être une épouse veuve d'un mari qui avait une une retraite donc je ferme la parenthèse mais on a là une une contradiction finalement on va se retrouver avec des personnes qui vont avoir moins de revenus plus de difficultés et surtout plus de temps avant de pouvoir toucher leur retraite à tau plein en tout cas puisque le l'ASSS continuait d'ouvrir des droits ce qui permettait de partir en retraite un peu plus tôt oui et peut-être un troisième point c'est aussi que laasss était versé par l'État tis que le RSA relève des départements donc l'état refile aussi la charge de manière général Bruno palier il déclaire que la volonté du gouvernement est que l'inactivité soit la moins rémunératrice possible dans l'objectif d'atteindre le plein emploi deux réformes de l'indemnisation ont déjà eu lieu la dernière rentrée en vigueur il y a tout juste un an module la durée d'indemnisation selon l'état du marché de l'emploi est-ce que vous pouvez nous expliquer le principe et peut-être en faire un premier bilan alors le le principe c'est que euh quand ça va mieux il y a moins de raison de rester au chômage et que donc il faut réduire la durée de l'indemnisation du chômage pour inciter les chômeurs à reprendre un emploi puisqu'il y en a plus dans la mesure où le chômage baiss ça c'est sur le papier euh concrètement ça veut dire que euh en gros pour euh les personnes de moins de 53 ans on avait une allocation chômage qui du qui pouvait durer jusqu'à 2 ans à peu près et on est maintenant à 18 mois c'est-à-dire qu'on a réduit de 25 % la durée de l'allocation chômage alors ça c'est rgle générale c'est beaucoup plus complexe quand on regarde les différents cas de figure des des personnes concernées puisque 18 mois c'est le maximum mais en fait le mode de calcul de la durée de la location chômage dépend de combien de mois vous avez travaillé dans les deux dernières années toujours est-il que la conséquence c'est de mettre la pression pour accepter des emplois y compris dans ce qu'on appelle les métiers en tension c'est-à-dire des métiers où les employeurs n'arrivent pas à trouver des salariés on le sait c'est la restauration le tourisme l'agroalimentaire et cetera qui sont des des secteurs dans lesquels les rémunérations sont très basses les conditions de travail sont très difficiles les horaires sont décalés et souvent on a des contrats précaires c'està-dire des contrats courts voire de l'intérim et donc il s'agit d'accepter et de forcer à accepter les les chômeurs des emplois de très mauvaise qualité qui pour le coup d'une part ne vont pas permettre de désmicardiser puisque c'était l'objectif de Gabri la tal mais on va forcer à prendre des emplois qui restent au SMIC et on va les forcer à prendre des emplois de mauvaise qualité de mauvaises conditions de travail ce qui va pas résoudre un des problèmes centraux nous dit-il du Premier ministre à savoir de convaincre les classes moyennes notamment les moins aisées de ne plus voter pour le rassemblement national vous voulez dire qu'il y a une contradiction entre l'objectif de plein emploi affiché par le Premier ministre et la dégradation progressive des des rémunérations et des conditions de travail lié en fait en partie à cette baisse de l'indemnisation du chômage c'est c'est ça Bruno per c'est moins une contradiction que une stratégie de baisse du chômage ou de plein emploi par le bain c'est-à-dire que on incite les gens à à choisir en fait c'est pas vraiment un choix mais être obligé de prendre des emplois de mauvaise qualité plutôt que de rester au chômage sous prétexte que on aurait ce que les économistes appellent du chômage volontaire qui est permis par le fait d'avoir des allocations chômage trop généreux sans remettre en cause les problèmes fondamentaux qui sont des problèmes du travail des conditions de travail de la rémunération qui explique en partie pourquoi des métiers sont attention mais qui explique aussi pourquoi beaucoup de Français sont à satisfait de leur travail il ont par exemple manifesté contre la réforme des retraite en disant il est hors de question de continuer à travailler 2 ans de plus dans ces conditions ce qu'il faut que vous nous expliquiez Bruno Pier c'est aussi comment l'État a réussi à mettre la main sur l'assurance chômage moi dans ma tête c'est un système autonome géré par les partenaires sociaux enfin du moins c'était le principe en en 1958 et ce n'est visiblement plus du tout le cas à l'heure actuelle alors ce qui se passe c'est que on a encore une situation où les partenaires sociaux c'est-à-dire les organisations patronnales et syndicales sont censé négocier pour arriver à des décisions concernant la durée le montant des indemnités et cetera mais ces négociations sont de plus en de plus en plus encadrés il faut que les résultats des négociations soient en ligne avec les grandes orientations du gouvernement et ses politiques d'emploi et si jamais les décisions des partenaires sociaux ne sont pas en ligne alors le gouvernement met le régime le le système deassurance chômage en régime de carence c'est-à-dire qu'il prend la main et c'est le cas depuis 2019 où c'est le gouvernement qui décide alors ce qui s'est passé en fait c'est que en 2017 Emmanuel Macron a annoncé qu'il voulait changer l'esprit de l'assurance chômage pour la rendre universelle c'est-à-dire que pas seulement les salariés puissent en bénéficier mais aussi les travailleurs indépendants et que des gens qui démissionnaient avec un projet puissent aussi toucher une assurance chômage une allocation chômage donc il y avait un sentiment de de progrès qui correspondrait à l'évolution du du marché du travail et pour se faire comme c'est une prestation universelle il a changé le mode de de cotisation de financement de l'assurance chômage on est passé de cotisation salarielle payé sur les salaires à de la CSG contribution sociale généralisée que tout le monde paye cétait censé être un gain du pouvoir d'achat pour les salarés permis effectivement puisque il y a eu une baisse des cotisations de 1,4 % ce qui a permis un petit g mais surtout on a changé le mode de financement c'est maintenant quelque chose qui s'approche de l'impôt et donc l'état dit bah je suis fondé à à décider des choses en tout cas si vous n'arrivez pas à à vous mettre d'accord et on voit effectivement que l'État met énormément la pression sur le système d'assurance chômage pour aller dans la ligne de sa stratégie de réduction du chômage et de plein emploi par le bas merci merci beaucoup pardon Bruno palier je rappelle que vous êtes politiste et directeur de recherche au CNRS merci