E. MACRON : LE MÉPRISANT DE LA RÉPUBLIQUE
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 90 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Promesse
« Nous ne voulons pas de 49-3. Nous souhaitons transformer notre majorité relative en majorité absolue sur le texte des retraites. »
- 3:00Fait
« Emmanuel Macron a très clairement fait planer la menace d'une dissolution en cas de vote négatif demain. »
- 5:00Chiffre
« 2 millions de retraités actuels qui ont une retraite qui est inférieure à 1 200 euros verront leur retraite majorée à 1 200 euros brut par mois. »
- 6:00Chiffre
« 73% des Français interrogés considèrent que le gouvernement n'a été ni clair, ni transparent sur le contenu de la réforme. »
- 7:00Fait
« la réforme des retraites n'a pas du tout été au cœur de la dernière campagne présidentielle. »
- 11:00Chiffre
« Il y a un Français sur deux, un salarié sur deux, qui fait des heures supplémentaires. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Quelle est maintenant la route qui est devant nous ? Eh bien, il faut pouvoir conforter ce vote positif des sénateurs hier soir. Il y aura une étape importante ce mercredi, puisqu'il y aura ce qu'on appelle une commission mixte paritaire.
Là, on est quand même dans une commission paritaire qui est surréaliste, c'est-à-dire qu'ils sont extrêmement contents d'eux. Ils se félicitent mutuellement. À savoir qu'il y aura des députés, des sénateurs, de la majorité présidentielle et des oppositions qui seront réunis et qui vont chercher ensemble un consensus sur la base du texte qui a été adopté hier.
Tout le monde a compris que c'est un truc à huis clos, préparé en amont. Ils se sont déjà mis d'accord. On a un film qui nous est déroulé pendant toute la journée, mais la fin du film est déjà connue à l'avance, en réalité.
Nous ne voulons pas de 49-3. Nous souhaitons transformer notre majorité relative en majorité absolue sur le texte des retraites. Et nous nous sommes donnés les moyens de le faire en faisant évoluer progressivement notre projet.
Ce que peut vous dire BFMTV ce soir, c'est qu'à l'occasion de cette réunion à l'Élysée avec donc Elisabeth Borne, Emmanuel Macron, Olivier Dussopt, le ministre du Travail et Franck Riester, le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Emmanuel Macron a très clairement fait planer la menace d'une dissolution en cas de vote négatif demain. Depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République française en 2017, on a l’impression de passer beaucoup de temps à répéter qu’il ment effrontément, et que les membres du gouvernement mentent aussi. L’explication est assez simple : ce n’est pas une impression.
On passe réellement beaucoup de temps à le répéter, pour la simple et bonne raison que depuis son élection à la présidence de la République française en 2017, Emmanuel Macron ment effectivement effrontément et que les membres du gouvernement mentent aussi. Il est par conséquent difficile pour ne pas dire impossible de commenter leur interminable règne sans redire et redire encore, inlassablement, à chaque fois qu’ils nous racontent de nouvelles craques, que les macronistes sont des menteurs compulsifs, Olivier Véran, je vous cite vous-même, vous étiez invité le 11 janvier ici à cette place-là. Salhia Brakhlia vous demande le minimum de pensions, de combien va-t-il être augmenté ?
Vous répondez, il va être augmenté en moyenne de 100 euros par mois. Et là, le chiffre est impressionnant, dites-vous. Quand je disais tout à l'heure, et c'est vous qui parliez, que le seul risque que prenaient les retraités, c'est d'avoir leur pension actuelle augmentée, c'est ça.
C'est donc pas un risque, c'est une chance. 2 millions de retraités actuels qui ont une retraite qui est inférieure à 1 200 euros verront leur retraite majorée à 1 200 euros brut par mois. Vous venez dire le contraire à l'instant. et, de plus en plus, comme nous le constatons désormais jour après jour, des insulteurs professionnels.
Il n'y a pas un bras d'honneur, il y en a deux, mais accompagnés de paroles à chaque fois, qui sont… Mais de quoi il parle ? Mais oui, ça… Mais enfin, monsieur le ministre, de quoi vous parlez exactement ? Vous avez fait deux bras d'honneur, c'est ce que vous êtes en train de dire à l'Assemblée ?
On pourrait ainsi prendre, une à une, chaque déclaration faite par Emmanuel Macron depuis le début de son règne, et démontrer qu’elle était presque toujours mensongère : on parle quand même ici de quelqu’un qui avait promis de faire barrage aux idées de l’extrême droite mais qui, depuis six ans, ne cesse, au contraire, de lui adresser d’incessants signes de connivence. Le maréchal Pétain a été pendant la Première guerre mondiale aussi un grand soldat. On parle de quelqu’un qui a osé déclarer qu’il n’était pas du tout « le président des riches » au moment précis où il diminuait le montant de l’aide personnalisée au logement et supprimait l’impôt de solidarité sur la fortune et qui ne cesse, depuis, de prendre aux pauvres pour donner aux riches.
Et cetera, et cetera, et cetera. Je pense que je n'ai jamais été ça. Je sais d'où je viens.
Je viens d'une famille à Amiens, justement de médecin hospitalier, une grand-mère enseignante. Donc je sais d'où je viens et quelles sont mes valeurs. Mes valeurs ne sont pas celles d'un président des riches.
Bien sûr, le mensonge, en politique politicienne, n’est pas exactement nouveau : avant Macron, d’autres l’ont pratiqué avec beaucoup d’application et de détermination à commencer par les socialistes qui avaient promis, avant l’élection de François Mitterrand, de « changer la vie », mais qui ont plutôt changé d’avis immédiatement après son élection. Mais avec les macronistes, c’est autre chose. Avec eux, nous sommes entrés dans une tout autre dimension.
Apprêtez-vous à entrer dans une nouvelle dimension, qui ne se conçoit pas seulement en termes d'espace, mais où les portes entrebaillées du temps peuvent se refermer sur vous à tout jamais. La quatrième dimension. Pour Macron et les membres du gouvernement et de la majorité, en effet, le mensonge n’est plus seulement une composante parmi d’autres du discours politicien : il est depuis bientôt six ans un mode de gouvernement à part entière en même temps que la marque de leur ahurissante arrogance, et du gigantesque mépris que leur inspire la population française.
Car il ne faut pas s’y tromper : quand ces gens ne prennent même plus la peine d’essayer de faire preuve d’un minimum de véritable pédagogie gouvernementale et se contentent, pour conduire leurs affaires, d’aligner les bobards les plus énormes, ils n’essaient pas seulement de nous faire avaler des contre-vérités dont ils savent évidemment que nous les identifions pour ce qu’elles sont. Ils nous signifient aussi, et surtout, qu’ils nous prennent pour des imbéciles précisément parce qu’ils continuent à nous mentir alors même qu’ils savent que nous sommes parfaitement conscients qu’ils nous montent des bateaux. Que nous ne sommes pas dupes de leurs tromperies.
En somme : leurs mensonges sont des insultes directes et répétées à notre intelligence. La mesure sur les carrières longues annoncée par Elisabeth Borne. Personne n'y comprend plus rien, et même avec le beau tableau de BFM.
C'est simple, hein. Non mais écoutez, c'est terrible. Oui, non mais je suis d'accord, on ne comprend pas grand-chose.
Le seul truc qu'on comprend, c'est qu'il y a un truc qui ne tourne pas rond. Résultat, chaque modification de ce texte très technique le rend encore plus cryptique. Et les Français sont très méfiants. 73% des Français interrogés considèrent que le gouvernement n'a été ni clair, ni transparent sur le contenu de la réforme.
Et depuis que ce peuple qu’ils dédaignent si fort leur remontre, sondage après sondage, qu’il ne veut décidément pas de leur misérable réforme des retraites : ces injures sont devenues quotidiennes et chaque fois plus extravagantes, comme nous venons encore de le constater au cours des derniers jours. Comme toujours : l’exemple de la réécriture de la réalité et du mépris absolu est venu du plus haut sommet de l’État. La semaine dernière, Emmanuel Macron a ainsi lâché, avec son insolence habituelle, une nouvelle bordée de contre-vérités particulièrement ahurissantes.
Il a d’abord expliqué, dans une lettre adressée aux syndicats qui lui avaient écrit pour regretter une nouvelle fois qu’il ne réponde pas aux « mobilisations massives » contre la réforme des retraites, qu’il ne «sous-estim(ait) » ni « le mécontentement » populaire dont ces organisations syndicales se font « le porte-parole », ni « les angoisses exprimées par de nombreux Français inquiets de ne jamais avoir de retraite », Il a ajouté que « le gouvernement » était comme toujours « à (leur) écoute pour avancer dans le dialogue ». Mais que la réforme était nécessaire, et d’autant plus légitime qu’elle avait été « au cœur de la campagne présidentielle » de 2022. Puis il a déclaré lors d’un échange avec des journalistes, qu’il y avait eu autour de cette réforme « un temps de négociations syndicales », puis « un temps de travail de l’exécutif », puis enfin « le temps parlementaire à l’Assemblée et puis maintenant au Sénat », et qu’il souhaitait quant à lui respecter ce « temps parlementaire ».
Là, c’est très simple : tout est faux. Quelle indignité. Contrairement à ce que prétend Emmanuel Macron : il nie complètement le « mécontentement » et les « angoisses » des Français, puisqu’alors même qu’ils sont une écrasante majorité à lui redire, semaine après semaine et sondage après sondage, qu’ils ne veulent pas d’une réforme profondément inique, il s’obstine quant à lui à répéter qu’il est déterminé à la mener jusqu’à son terme.
Contrairement à ce qu’il prétend, le gouvernement n’est bien sûr pas « à l’écoute » des syndicats : c’est même précisément pour se plaindre de ce refus de les entendre qu’ils lui ont écrit. Contrairement à ce qu’il prétend mais il est vrai qu’il aurait tort de se gêner, puisque jamais les journalistes qui recueillent ces propos ne lui font immédiatement remarquer qu’ils sont faux et mensongers : la réforme des retraites n’a pas du tout été au cœur de la dernière campagne présidentielle. Enfin, contrairement à ce qu’il prétend, Macron, loin de respecter le « temps parlementaire » nécessaire au débat sur cette réforme, a tout fait, au contraire, pour empêcher ce débat en limitant drastiquement sa durée à l’Assemblée nationale, puis en imposant un vote bloqué au Sénat.
Chacune des phrases écrites et prononcées la semaine dernière par Emmanuel Macron était donc inexacte : c’est une assez remarquable performance, même pour lui. Un champion du monde. Mais ces prouesses sont autant d’incitations pour les membres du gouvernement et de la majorité, qui semblent eux aussi s’être lancés, depuis quelques jours, dans ce qui ressemble d’assez près à une course au mensonge le plus grossier.
Le 5 mars, on se le rappelle, l’excellent Olivier Dussopt, ministre du Travail, qui a dû lire attentivement 1984 ce roman de George Orwell dans lequel un pouvoir totalitaire modifie le sens des mots pour récrire la réalité, expliquait sans rire que la réforme des retraites, qui n’est soutenue que par la droite dite républicaine, était « une réforme de gauche ». Le 12 mars, Olivier Véran, ministre délégué chargé du Renouveau démocratique et porte-parole du gouvernement, aiguillonné par tant d’audace, a quant à lui déclaré : « Nous devons aller au bout de notre réforme des retraites, il en va de l’avenir de notre modèle social. » Une phrase : deux énormes bobards.
Tu mens ! Tu mens ! Tu mens !
Il ment ! tu mens ! Car bien sûr, dans la vraie vie, rien, à part l’obsession maladive d’un président ivre d’orgueil, n’oblige le gouvernement à « aller au bout » d’une réforme dont plus de 70 % des Français – et plus de 90 % des actifs – ne veulent absolument pas.
Et bien sûr, et contrairement, là encore, à ce que soutient Olivier Véran, cette réforme ne protège pas du tout l’avenir de notre modèle social : elle contribue, au contraire, après tant d’autres, à le défaire encore un peu plus. D’autres membres du gouvernement tiennent semble-t-il à montrer qu’ils savent aussi mentir par omission : c’est ce que fait Gabriel Attal, ministre délégué aux Comptes publics, lorsqu’il proclame que « dans le débat parlementaire, l’alternative à (la) réforme proposée par la gauche » consiste à « augmenter les impôts », en proposant « de la CSG en plus sur les retraites à partir de 1 600€ de pension » et « des taxes sur les heures supplémentaires ». Il y a une alternative qui s'est dessinée à l'occasion de ces débats parlementaires.
C'est celle de financer notre système de retraite en augmentant les impôts. C'est ce qu'a proposé l'opposition de gauche. Ils ont proposé d'augmenter la CSG pour les retraités à partir de 1600 euros par mois.
Ils ont proposé de surtaxer les heures supplémentaires. Il y a un Français sur deux, un salarié sur deux, qui fait des heures supplémentaires. Cela serait « injuste », selon Gabriel Attal, qui essaie donc, pour mieux occulter les cruautés de son gouvernement, d’imputer à la gauche des vilenies imaginaires.
Car en fait d’« impôts » supplémentaires, la gauche suggère surtout, pour le cas où il faudrait vraiment trouver de quoi combler un très hypothétique déficit des retraites de 12 milliards d’euros en 2027, d’augmenter de quelques tout petits pourcents la taxation du capital auquel les macronistes, depuis 2017, n‘ont cessé d’offrir de somptueux cadeaux fiscaux. Quand on voit que le même jour, il y a Elisabeth Borne qui annonce la réforme des retraites, et dans les échos de mon ami Bernard Arnault, on trouve en page 27, dividendes records pour le CAC 40, 80 milliards d'euros. Donc en tout cas, il y a une somme d'endroits où on peut aller chercher de l'argent.
Mais le chef de l’État et ses ministres semblent avoir perdu tout contact avec la réalité ou peut-être est-ce simplement que leur mépris du peuple a cru dans de telles proportions qu’ils se sentent désormais autorisés à ne plus tenir aucun compte des faits, et qu’ils considèrent qu’ils peuvent impunément imposer une réforme qui va contraindre des millions de salariés pauvres à travailler plus pour ne pas gagner plus, en expliquant très sérieusement aux futures victimes de cette exaction que c’est pour leur bien qu’elle leur est infligée. Aie confiance, crois en moi Dans la belle manif parisienne du samedi 11 mars, qui a de nouveau réuni 300 000 personnes, un jeune membre du dynamique cortège de tête a brièvement quitté le défilé pour écrire sur un mur : « Qui sème la pauvreté récolte des enragés. » C’est très finement observé.
Emmanuel Macron