Présidence LR : un deuxième tour ouvert ? - Bruno Retailleau - C à Vous - 05/12/2022
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Bruno Retailleau, vous sembliez être au courant d'ailleurs de la venue de cette main-d'œuvre canadienne.
- 0:28FerméeRéponse directe
Et vous dites que c'est la faute à François Hollande et à Emmanuel Macron ?
- 1:19OuverteRéponse partielle
Entre temps, il y a eu des candidats de la droite à l'élection présidentielle.
- 3:20RelanceRéponse partielle
Non, mais pour revenir à cette question, ce n'est pas la faute d'Emmanuel Macron et de François Hollande, c'est de la faute de tous les responsables politiques qui n'ont pas assez développé la politique nucléaire en France.
- 4:28OuverteRéponse directe
Pour revenir aux petits calculs électoraux, vous êtes donc qualifié depuis hier soir pour le deuxième tour des élections à la présidence du Parti des Républicains.
- 4:52OuverteRéponse partielle
Vous lui tendez la main, même si vos relations ont toujours été assez fraîches.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:04Invité politiqueFait
« Je l'ai dénoncé lorsque, devant la Première Ministre, nous avons eu au Sénat un débat. »
- 0:13Invité politiqueFait
« Ce n'était pas le texte de loi, mais un débat sur la politique énergétique. »
- 0:31Invité politiqueFait
« Ils ont une énorme responsabilité. Écoutez, ils ont une énorme responsabilité parce que tous les deux ont abandonné la filière nucléaire. »
- 0:37Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron a accéléré d'ailleurs, puisque François Hollande avait dit, on ne fermera Fessenheim que lorsqu'on ouvrira Flamanville. »
- 0:45Invité politiqueFait
« Total, on a fermé Fessenheim et on a ouvert Sainte-Avold, qui va cracher dans l'atmosphère. »
- 0:53Invité politiqueFait
« Des gaz à émission à effet de serre, ça sera absolument terrible. »
- 0:56Invité politiqueFait
« Astrid, moi j'étais très favorable au projet Astrid. Astrid, ça permettait justement de réutiliser les déchets nucléaires. »
- 1:08Invité politiqueFait
« Grâce à Astrid, on avait une économie circulaire du nucléaire. »
- 1:14Invité politiqueFait
« Tout comme d'ailleurs Lionel Jospin, un peu plus, il y a 20 ans, avait abandonné Super Fénix. »
- 1:27InvitéPromesse
« qui promettait, qui proposait de rallonger la durée de vie des centrales jusqu'à 60 ans, »
- 1:33InvitéFait
« mais à aucun moment qui ne proposait de créer de nouveaux réacteurs, de relancer la construction de centrales. »
- 1:50InvitéPromesse
« on va construire de nouveaux réacteurs. »
- 1:54InvitéFait
« aucun candidat ne prévoyait, n'avait dit dans la campagne de 2017, on va construire de nouveaux réacteurs. »
- 2:01Invité politiqueFait
« Et au moins, il prévoyait de repousser, si je comprends bien, parce que je n'ai pas la mémoire. »
- 2:10Invité politiqueFait
« Quand Emmanuel Macron est venu, et que sur nos télévisions, il a justifié la fermeture de Felsenheim. »
- 2:16Invité politiqueFait
« Il a dit, voilà, Felsenheim, il y avait un inconvénient, c'est que Felsenheim est à la frontière avec l'Allemagne. »
- 2:21Invité politiqueFait
« Et grosso modo, on l'a arrêté parce qu'il fallait s'aligner avec la stratégie allemande. »
- 2:26Invité politiqueFait
« Et c'est terrible, ça veut dire que c'est bien la question de la souveraineté énergétique. »
- 2:29Invité politiqueFait
« Je pense que le nucléaire doit être la colonne vertébrale de base, »
- 2:40Invité politiquePromesse
« J'ai moi-même fait des propositions sur un service public de l'effacement. »
- 2:58Invité politiqueFait
« En 20 ans, l'effacement pour les particuliers, je ne parle pas des grandes entreprises. L'effacement, si vous voulez, c'est quand, moi j'ai par exemple un régime, un contrat Tempo. »
- 3:04Invité politiqueFait
« Or, aujourd'hui, on a des compteurs intelligents. »
- 3:11Invité politiqueChiffre
« avec un kilowatt-heure effacé qui serait rémunéré, gagner l'équivalent d'au moins deux Flamanville, deux EPR. »
- 3:36Invité politiqueFait
« Nous avons au Sénat, je dois vous le dire, refusé en 2015, lorsque Ségolène Royal, sous François Hollande, nous a présenté un texte qui proposait de plafonner à 50% de notre mix énergétique, justement, la source nucléaire. »
- 3:56Invité politiqueFait
« On veut une énergie bon marché, pilotable et décarbonée, décarbonée, c'est-à-dire le nucléaire. »
- 4:02Invité politiqueFait
« Qu'ensuite, on fasse du photovoltaïque, que l'on fasse de l'éolien et qu'on fasse du méthane, enfin du biogaz, oui, mais on a toujours été très constant et ces décisions-là ont été prises par Hollande et par Emmanuel Macron. »
- 4:14Invité politiqueFait
« Pourquoi ? Parce que tout simplement, ça a été sacrifié sur l'autel des petits calculs électoraux. »
- 4:22Invité politiqueFait
« C'était simplement pour avoir l'accord avec les Verts, avec Hollande, et pour avoir le ministre Hulot à son gouvernement, l'éphémère ministre Hulot au gouvernement d'Emmanuel Macron. »
- 4:56Invité politiqueFait
« Moi, ce que je veux d'abord, c'est important qu'il y ait deux tours, »
- 5:08Invité politiquePromesse
« Et que je sois élu au second tour. »
- 5:26Invité politiqueChiffre
« Eh bien, je gagne. Je suis devant. Donc, il y a 5 500 voix qui nous séparent. »
- 5:37Invité politiqueFait
« Et moi, je me bats vraiment pour imposer deux idées. »
- 5:40Invité politiqueFait
« Je me bats pour imposer cette idée du rassemblement, »
- 5:43Invité politiqueChiffre
« parce que je pense que quand on fait moins de 5 % à l'élection présidentielle, »
- 5:50Invité politiqueFait
« Si on veut toujours cliver plus, on terminera dans une cabine téléphonique. »
- 5:59Invité politiqueFait
« la deuxième idée pour laquelle je me bats, c'est de mettre de côté les égaux, »
- 6:05Invité politiqueFait
« de se consacrer à une refondation à partir du débat d'idées. »
- 6:07Invité politiqueFait
« Et cette idée de l'obsession présidentielle, cette idée de désigner un candidat en 2023, »
- 6:21Invité politiqueFait
« Or, moi, ce que je veux, c'est dire aux Français demain le projet de société qu'on veut leur proposer. »
- 6:29Invité politiqueFait
« Moins d'impôts, d'accord. Mais la droite, ce n'est pas seulement l'autorité de l'État. »
- 7:01Invité politiquePromesse
« qu'on crée un nouveau droit pour les enfants handicapés, pour qu'il y ait une pension de reversion pour les enfants handicapés, »
- 7:21Invité politiqueFait
« Nous sommes un parti, le parti gaulliste. Le parti gaulliste, c'est l'incarnation de l'État-nation. »
- 7:26Invité politiqueFait
« Or, l'État est tellement bureaucratisé qu'il est devenu impuissant et la nation française est morcelée, est archipélisée par le communautarisme. »
- 7:37Invité politiquePromesse
« Et pour ça, moi, je veux redonner la parole et un droit de vote aux militants. »
- 7:45Invité politiqueFait
« Et ensuite, patriote, parce que je pense que la France, c'est important. »
- 7:55Invité politiqueFait
« On a trop laissé ce terme à d'autres que nous. Alors que le mot patrie, c'est un mot gaullien, c'est un mot de droite. »
- 8:00Invité politiqueFait
« Si je devais d'ailleurs définir la droite, j'utiliserais sans doute le mot de transmission. »
Temps de parole
- Bruno Retailleau81 %
- Présentateur13 %
- Invité6 %
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Bruno Retailleau, vous sembliez être au courant d'ailleurs de la venue de cette main-d'œuvre canadienne.
Absolument. Je l'ai dénoncé lorsque, devant la Première Ministre, nous avons eu au Sénat un débat. Ce n'était pas le texte de loi, mais un débat sur la politique énergétique. Et je lui avais dit, regardez quel paradoxe. Il y a quelques décennies, les Américains venaient en France pour voir nos centrales, qui était un fleuron français, même mondial. Et désormais, on importe des ouvriers, si j'ose dire, américains, pour faire les travaux de base dans nos centrales nucléaires.
Et vous dites que c'est la faute à François Hollande et à Emmanuel Macron ?
Ils ont une énorme responsabilité. Écoutez, ils ont une énorme responsabilité parce que tous les deux ont abandonné la filière nucléaire. Emmanuel Macron a accéléré d'ailleurs, puisque François Hollande avait dit, on ne fermera Fessenheim que lorsqu'on ouvrira Flamanville. Et ça ne s'est pas passé comme ça. Total, on a fermé Fessenheim et on a ouvert Sainte-Avold, qui va cracher dans l'atmosphère. Des gaz à émission à effet de serre, ça sera absolument terrible. Astrid, moi j'étais très favorable au projet Astrid. Astrid, ça permettait justement de réutiliser les déchets nucléaires. L'inconvénient du nucléaire aujourd'hui, vous le savez bien, c'est l'entreposage des déchets nucléaires.
Grâce à Astrid, on avait une économie circulaire du nucléaire. Patrick Cohen l'a d'ailleurs très bien dit. Tout comme d'ailleurs Lionel Jospin, un peu plus, il y a 20 ans, avait abandonné Super Fénix.
Entre temps, il y a eu des candidats de la droite à l'élection présidentielle.
Absolument, j'ai regardé les programmes de 2017, Bruno Retailleau, dont celui de François Fillon, qui promettait, qui proposait de rallonger la durée de vie des centrales jusqu'à 60 ans, mais à aucun moment qui ne proposait de créer de nouveaux réacteurs, de relancer la construction de centrales.
– Alors, ça m'étonne. – J'ai vérifié. – Écoutez, peu importe. – Ah si, si, ça importe. – Je pense que, en tout cas, notre famille politique…
– François Fillon, candidat à l'élection présidentielle en 2017, n'avait pas prévu un programme nucléaire.
– Nous avons toujours, aucun candidat ne prévoyait, n'avait dit dans la campagne de 2017, on va construire de nouveaux réacteurs.
– Et au moins, il prévoyait de repousser, si je comprends bien, parce que je n'ai pas la mémoire.
– Et de ne pas respecter le plan, l'abaissement à 50% du mix nucléaire dans le mix électrique.
– Le reportage l'a bien posé cette question. Quand Emmanuel Macron est venu, et que sur nos télévisions, il a justifié la fermeture de Felsenheim. Il a dit, voilà, Felsenheim, il y avait un inconvénient, c'est que Felsenheim est à la frontière avec l'Allemagne. Et grosso modo, on l'a arrêté parce qu'il fallait s'aligner avec la stratégie allemande. Et c'est terrible, ça veut dire que c'est bien la question de la souveraineté énergétique. Je pense que le nucléaire doit être la colonne vertébrale de base, qui est ensuite pour un rôle d'appoint des énergies renouvelables tout à fait, qui est des économies. J'ai moi-même fait des propositions sur un service public de l'effacement.
Parce que vous voyez en 20 ans, l'effacement pour les particuliers, je ne parle pas des grandes entreprises. L'effacement, si vous voulez, c'est quand, moi j'ai par exemple un régime, un contrat Tempo. Vous avez des jours rouges, des jours bleus, voilà. Et ça coûte plus cher quand c'est un rouge rouge, etc. Eh bien, en 20 ans, ça a été divisé par 10, ce que rapporte justement cet effacement. Or, aujourd'hui, on a des compteurs intelligents. Et grâce à ces compteurs intelligents, on pourrait, sur la base du volontariat des Français, avec un kilowatt-heure effacé qui serait rémunéré, gagner l'équivalent d'au moins deux Flamanville, deux EPR. Vous vous rendez compte ?
Non, mais pour revenir à cette question, ce n'est pas la faute d'Emmanuel Macron et de François Hollande, c'est de la faute de tous les responsables politiques qui n'ont pas assez développé la politique nucléaire en France.
Vous ne pouvez pas dire ça. Franchement, ma famille politique a toujours assumé la filière nucléaire. Nous avons au Sénat, je dois vous le dire, refusé en 2015, lorsque Ségolène Royal, sous François Hollande, nous a présenté un texte qui proposait de plafonner à 50% de notre mix énergétique, justement, la source nucléaire. Nous l'avons refusé et nous avons toujours eu une position qui était constante. On veut une énergie bon marché, pilotable et décarbonée, décarbonée, c'est-à-dire le nucléaire.
Qu'ensuite, on fasse du photovoltaïque, que l'on fasse de l'éolien et qu'on fasse du méthane, enfin du biogaz, oui, mais on a toujours été très constant et ces décisions-là ont été prises par Hollande et par Emmanuel Macron. Pourquoi ? Parce que tout simplement, ça a été sacrifié sur l'autel des petits calculs électoraux. C'était simplement pour avoir l'accord avec les Verts, avec Hollande, et pour avoir le ministre Hulot à son gouvernement, l'éphémère ministre Hulot au gouvernement d'Emmanuel Macron.
Pour revenir aux petits calculs électoraux, vous êtes donc qualifié depuis hier soir pour le deuxième tour des élections à la présidence du Parti des Républicains. Éric Ciotti est en tête, Aurélien Pradié est troisième. Pour l'instant, Aurélien Pradié ne donne pas de consigne de vote. Vous lui tendez la main, même si vos relations ont toujours été assez fraîches. Il vous a notamment reproché de partager la gamelle droitière avec Éric Ciotti.
Non, je l'ai eu au téléphone, après, c'est lui qui cela concerne. Moi, ce que je veux d'abord, c'est important qu'il y ait deux tours, puisqu'on nous avait beaucoup expliqué qu'il y aurait sans doute qu'un tour, que ce serait plié rapidement. Donc, c'est une bonne nouvelle qui est deux tours. Nos électeurs... C'est une bonne nouvelle que Éric Ciotti ne soit pas élu au premier tour. C'est... Je traduis. Et que je sois élu au second tour. Voilà, Patrick Cohen. Donc, moi, je pense que c'est important. Vous savez, si vous enlevez d'ailleurs les deux fédérations dont on est originaire, la Vendée d'un côté, pour ma part, et si vous enlevez la fédération des Alpes-Maritimes...
Et alors, vous gagnez. Eh bien, je gagne. Je suis devant. Donc, il y a 5 500 voix qui nous séparent. C'est d'ailleurs très, très peu.
C'est-à-dire que toutes les Alpes-Maritimes votent pour que vous soyez élu, c'est ça ?
Non, ce n'est pas ce que je veux dire. Simplement, 5 500 voix, c'est très peu de choses. Et moi, je me bats vraiment pour imposer deux idées. Je me bats pour imposer cette idée du rassemblement, parce que je pense que quand on fait moins de 5 % à l'élection présidentielle, si on veut toujours... Oui, absolument. Si on veut toujours cliver plus, on terminera dans une cabine téléphonique. On n'a d'ailleurs plus beaucoup dans nos villages des cabines téléphoniques. Et puis, la deuxième idée pour laquelle je me bats, c'est de mettre de côté les égaux, de se consacrer à une refondation à partir du débat d'idées.
Et cette idée de l'obsession présidentielle, cette idée de désigner un candidat en 2023, ça va nous tétaniser, on va recommencer les divisions autour de la présidentielle, et on oubliera de travailler le fond, on oubliera de travailler les idées. Or, moi, ce que je veux, c'est dire aux Français demain le projet de société qu'on veut leur proposer. Il y a tellement de changements. Et on doit être bien entendu sur le régalien. Moins d'impôts, d'accord. Mais la droite, ce n'est pas seulement l'autorité de l'État. Bien sûr, c'est nécessaire. Et moins d'impôts, c'est beaucoup d'autres choses. La dimension sociale, elle est importante.
Vous voulez créer un grand parti de droite populaire et patriote qui, selon vous, manque à la France. Populaire, patriote, c'est aussi la définition que se donne le Rassemblement national. C'est leur positionnement que vous leur niez ?
Non, mais écoutez, si vous faites ça, à ce moment-là, on est pétanisé. Non, mais je vais vous répondre. Je pense que quand on est militant de la droite, on est militant de la France. La France, c'est une nation. Une nation, c'est une solidarité. Moi, je propose, par exemple, dans le débat sur la réforme des retraites, qu'on crée un nouveau droit pour les enfants handicapés, pour qu'il y ait une pension de reversion pour les enfants handicapés, parce que les parents d'enfants handicapés, lorsqu'ils vieillissent, souvent, ils vieillissent la peur au ventre de savoir que deviendra, quelles seront les ressources de l'enfant handicapé.
Donc, ce que je veux dire, c'est que cette notion de nation, elle est fondamentale. Nous sommes un parti, le parti gaulliste. Le parti gaulliste, c'est l'incarnation de l'État-nation. Or, l'État est tellement bureaucratisé qu'il est devenu impuissant et la nation française est morcelée, est archipélisée par le communautarisme. Donc, je pense que c'est important qu'on soit populaire. Et pour ça, moi, je veux redonner la parole et un droit de vote aux militants. J'en ai marre que les chapeaux à plumes décident de l'avenir pour le collectif. Et ensuite, patriote, parce que je pense que la France, c'est important. On a trop laissé, voyez, votre question, elle est finalement révélatrice.
On a trop laissé ce terme à d'autres que nous. Alors que le mot patrie, c'est un mot gaullien, c'est un mot de droite. Si je devais d'ailleurs définir la droite, j'utiliserais sans doute le mot de transmission. C'est aussi cette transmission, transmission d'une patrie, transmission d'un héritage, mais aussi d'une volonté d'aller de l'avant.
Bruno Retailleau