C'EST TRÈS GÊNANT DE DEVOIR PARTICIPER AU CASTING D'E. MACRON - J. ODOUL (FRANCEINFO)
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51 jours, toujours pas de Premier ministre. On va parler des hypothèses parce qu'elles défilent, ces hypothèses. Mais d'abord, à qui la faute ?
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Pourquoi il s'en satisferait ?
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Peut-être ce qui lui déplaît quand même, c'est qu'effectivement, tout est bloqué.
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Mais j'en viens quand même aux partis. Pourquoi est-ce que partout ailleurs en Europe, les partis, ils savent créer des coalitions, ils savent s'entendre sur un programme de compromis ?
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Pourquoi est-ce qu'on n'y arrive pas en France ?
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Oui, mais je parle quand même d'une forme de surenchère des partis.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« La responsabilité, elle incombe au Président de la République. »
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« C'est lui qui a voulu cette situation. »
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« Parce que ça ne déplaît pas, Emmanuel Macron, d'être seul aux commandes. »
- 1:38Invité politiqueChiffre
« Nous, le Rassemblement national, nous avons rassemblé 11 millions d'électeurs sur des idées extrêmement claires, sur un programme de rupture par rapport à 7 ans de macronisme. »
- 1:50Invité politiqueFait
« Le message des élections européennes, qui ont placé la liste de Jordan-Mardella largement en tête, le message des législatives avec une défaite cinglante pour le camp macroniste. »
- 2:03Invité politiqueFait
« Et on fait, le président de la République fait comme s'il ne s'était rien passé et qu'il fallait balayer le résultat des urnes. »
- 2:32Invité politiqueFait
« On a toujours été extrêmement clairs. »
- 2:50Invité politiqueChiffre
« Nous sommes les représentants de 11 millions de Français. »
- 3:58Invité politiqueFait
« La ligne rouge, c'est effectivement, nous ne voulons pas de gouvernement de gauche et d'extrême-gauche, nous ne voulons pas de la politique du Front populaire qui serait dévastatrice pour les Français. »
- 4:06Invité politiqueFait
« Et nous disons plus de sécurité, plus d'immigration, plus de pouvoir d'achat, le respect de nos électeurs aussi. »
- 4:50Invité politiqueFait
« Il y a une affaire de politique, il y a une affaire de décence et de respect. »
- 5:01Invité politiqueFait
« Xavier Bertrand a été outrancier, a été même immonde avec les électeurs du Rassemblement national, qu'il n'a eu de cesse d'insulter, qu'il n'a eu de cesse de stigmatiser depuis de nombreuses années. »
- 6:01Invité politiqueFait
« Alors, je vous rappelle aussi que Michel Barnier a changé dix mille fois d'idées, de positionnement politique. »
- 6:20Invité politiqueFait
« Michel Barnier est un européiste, il l'a toujours été. »
- 8:54Invité politiqueChiffre
« Le Rassemblement National, avec ses 11 millions d'électeurs, avec ses 143 députés, avec nos alliés, est incontournable. »
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Bonjour Julien Audoul. Bonjour. 51 jours, toujours pas de Premier ministre. On va parler des hypothèses parce qu'elles défilent, ces hypothèses. Mais d'abord, à qui la faute ? Est-ce qu'il n'y a pas une responsabilité des partis qui font preuve vraiment d'une forme d'immaturité politique ?
La responsabilité, elle incombe au Président de la République. C'est lui qui a voulu cette situation. C'est lui qui en est le principal et le seul responsable. C'est lui, je pense, d'ailleurs, qui se satisfait de cette période de blocage politique et institutionnel. On voit bien que ça ne déplaît pas.
Pourquoi il s'en satisferait ?
Parce que ça ne déplaît pas, Emmanuel Macron, d'être seul aux commandes. Ça ne lui déplaît pas que le Parlement soit au repos. Ça ne lui déplaît pas de ne pas avoir de Premier ministre dans les pattes. Je pense que ça fait partie aussi de sa conception solitaire, individualiste, personnelle du pouvoir. Mais il faut que ça s'arrête parce que c'est les Français qui attendent des résultats.
Peut-être ce qui lui déplaît quand même, c'est qu'effectivement, tout est bloqué. Il n'y a pas un seul projet de loi, il n'y a pas une seule annonce.
Je pense que ce sont les Français qui sont déçus, frustrés et dans l'attente qu'il se passe quelque chose. Emmanuel Macron, lui, encore une fois, il a voulu cette situation. Il a été le responsable, l'arbitre, le chef d'orchestre du blocage qu'il a entretenu, qu'il a mis en scène. Et aujourd'hui, très clairement, ce sont les Français qui sont perdants.
Mais j'en viens quand même aux partis. Pourquoi est-ce que partout ailleurs en Europe, les partis, ils savent créer des coalitions, ils savent s'entendre sur un programme de compromis ? Pourquoi est-ce qu'on n'y arrive pas en France ?
Ça, il faudrait poser la question à nos dirigeants. Nous, le Rassemblement national, nous avons rassemblé 11 millions d'électeurs sur des idées extrêmement claires, sur un programme de rupture par rapport à 7 ans de macronisme. Parce qu'il ne faut pas oublier le message des élections. A la fois le message des élections européennes, qui ont placé la liste de Jordan-Mardella largement en tête, le message des législatives avec une défaite cinglante pour le camp macroniste. Donc il faut un changement de cap, un changement de politique. Et on fait, le président de la République fait comme s'il ne s'était rien passé et qu'il fallait balayer le résultat des urnes. Ce n'était pas acceptable.
Oui, mais je parle quand même d'une forme de surenchère des partis. Prenons le Rassemblement national, par exemple. Au départ, vous dites, vous êtes plutôt souple. Vous dites, oui, c'est la prérogative du président de la République de choisir son Premier ministre. Vous êtes même souple sur la proposition Cazeneuve. Et puis tout d'un coup, vous durcissez vos conditions. Pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ?
Non, on ne durcit pas nos conditions. On a toujours été extrêmement clairs. Et Marine Le Pen, si.
Vous posez des conditions. Aujourd'hui, vous dites, OK pour un gouvernement politique, mais quelqu'un qui traite l'immigration, la sécurité, qui met sur la table aussi la proportionnelle intégrale.
C'est tout à fait normal. Nous sommes les représentants de 11 millions de Français. Et au-delà de ces 11 millions de Français, de tous les Français qui veulent un changement radical de politique, il y a une majorité de Français qui veut la proportionnelle, qui veut être mieux représentée, qui considère qu'aujourd'hui, nos institutions, notre démocratie, est à bout de souffle. La proportionnelle est un moyen. Une majorité de Français veut des politiques beaucoup plus fermes sur l'immigration, sur la sécurité.
Juste sur cette affaire de proportionnelle intégrale, ça veut dire que si demain, après-demain ou la semaine prochaine, parce qu'on ne s'avance plus sur les calendriers, quelqu'un arrive dans sa besace avec la proportionnelle intégrale, de quelques parties qui viennent, vous direz OK.
Mais bien sûr.
Et à contrario, s'il ne vient pas avec ça, vous direz non. Vous direz non à toutes les propositions si ce n'est pas sorti de cette proportionnelle intégrale.
Mais vous savez, puisque vous êtes une observatrice attentive de la vie politique, depuis deux ans, le Rassemblement national est pragmatique. Il n'est pas sectaire. Il regarde au cas par cas les textes qui vont dans le sens de l'intérêt national. Et nous avons soutenu des textes qui n'étaient pas issus de notre camp depuis deux ans. Et nous disons la même chose. Nous avons des conditions, nous avons des lignes rouges. La ligne rouge, c'est effectivement, nous ne voulons pas de gouvernement de gauche et d'extrême-gauche, nous ne voulons pas de la politique du Front populaire qui serait dévastatrice pour les Français.
Et nous disons plus de sécurité, plus d'immigration, plus de pouvoir d'achat, le respect de nos électeurs aussi, parce que nos électeurs ont été maltraités verbalement depuis le mois de juillet. Et ce n'est pas acceptable dans une démocratie mature. Et puis la proportionnelle, bien évidemment.
Donc ça, c'est une condition. S'il n'y a pas dans la besace du nouveau Premier ministre cette proportionnelle intégrale, vous direz non, quel que soit son camp.
Tout à fait.
Je reviens à votre liste de conditions. Lutte contre l'immigration, l'insécurité qui protège les classes populaires. Xavier Bertrand, il peut parfaitement s'inscrire là-dedans. Pourquoi est-ce que vous le censurez ? Est-ce qu'il n'y a pas une affaire de personne plus qu'une affaire de programme ?
Non, il n'y a pas une affaire de personne. Il y a une affaire de politique, il y a une affaire de décence et de respect. Mais Xavier Bertrand a été outrancier, a été même immonde avec les électeurs du Rassemblement national, qu'il n'a eu de cesse d'insulter, qu'il n'a eu de cesse de stigmatiser depuis de nombreuses années. Il faut se rappeler les mots extrêmement durs. Quand il avait dit qu'il avait brisé la mâchoire du Rassemblement national au régional, Xavier Bertrand est l'antithèse du Rassemblement qu'il faut pour la France.
Donc il y aurait une censure automatique pour ce personnage qui, encore une fois, est un homme de droite de pacotille, qui est un macroniste bontain, qui a soutenu aussi...
Dans sa région, il fait beaucoup pour les classes populaires.
Qui a appelé à voter communiste aux élections législatives, il faut quand même se le rappeler, pour faire barrage au Rassemblement national. Donc Xavier Bertrand, cette option, évidemment, inenvisageable pour nous.
Deuxième option, Michel Barnier, parce que c'est le nouveau nom à la mode. Après, les modes passent vite, je vous le concède.
C'est un recyclage de mode.
Je vous rappelle que Michel Barnier, il prônait il n'y a pas si longtemps, c'était en 2022, un moratoire sur l'immigration. Ça devrait vous séduire. Est-ce que vous censurez Michel Barnier ?
Alors, je vous rappelle aussi que Michel Barnier a changé dix mille fois d'idées, de positionnement politique. La position que vous évoquez était celle d'une campagne, la primaire. Oui, mais enfin, il l'a dit, il s'avait fait du remous à l'époque. Une primaire qui s'est faite très à droite, d'ailleurs qui avait été remportée par Éric Ciotti, notre allié aujourd'hui. Michel Barnier est un européiste, il l'a toujours été. Il est pour l'Union européenne de Bruxelles, il est pour le mondialisme. C'est quelqu'un qui a participé des pertes de souveraineté de notre pays. Donc il faut savoir quelle politique il défendrait.
Ah, donc vous ne dites pas non, il n'y a pas une censure automatique comme avec Jérôme Bertrand.
Je dis aussi, les Français veulent du changement et veulent du renouvellement. Je me rappelle qu'en 1985, Michel Barnier était sur une affiche du RPR à l'époque contre François Mitterrand. Je venais de naître, ça fait 39 ans. Je pense que nous pouvons aussi avoir d'autres options que Michel Barnier.
Donc si je vous résume, vous ne dites pas non, censure automatique comme avec Xavier Bertrand, mais vous n'êtes pas chaud bouillant.
Il n'y a pas évidemment le même passif qu'avec Xavier Bertrand. Mais après, il faudra regarder quelle est la politique, parce que derrière le casting, ce qui intéresse les Français, c'est quelle décision pour le quotidien. Qu'est-ce qui va améliorer la sécurité ? Qu'est-ce qui va renforcer le pouvoir d'achat ?
Je vous propose un deuxième nom, ou troisième, plus jeune, puisque vous voulez quelqu'un de jeune. David Lysnard, le maire républicain de Cannes. Alors lui, il est plutôt à la droite de son camp. Est-ce que là aussi, c'est la censure automatique ou est-ce que vous lui laissez sa chance ?
Vous voyez quand même que ce petit jeu est très gênant. – Ah oui, c'est gênant pour vous, pour moi. – Non, non, mais de participer au casting d'Emmanuel Macron, si vous voulez, on peut faire la Reine des Neiges, on peut faire le Roi Lion aussi. – Mais j'en ai d'autres à vous proposer. – Mais oui, non, mais je y ai une liste qui est infinie.
– Mais David Lysnard, est-ce que vous dites, bah tiens, c'est plus moderne que Michel Barnier ?
– Mais quelle sera la politique et les engagements qui seront pris devant les Français ? Quelle sera la ligne directrice de ce prochain gouvernement ? Vous savez, qu'il soit grand, petit, qu'il porte un pantalon, une jupe, qu'il soit blond ou brun ou autre, ça n'intéresse pas les Français. Ce que veulent les Français, c'est déjà de l'action politique et c'est que le gouvernement corresponde peu ou prou, je ne dis pas à 100%, aux orientations qui sont plébiscitées par les Français et notamment aux résultats des législatives qui ont voulu un message de rupture.
– D'accord, mais David Lysnard, vous ne dites pas non.
– Non, je ne sais pas. – Vous dites trop non. – Non, ce n'est pas à nous, mais vous savez, on n'est pas sur un podium à regarder les uns et les autres, on n'est pas le jury d'Emmanuel Macron. Nous, ce que vous voulons, c'est que les Français étaient le gouvernement d'action.
– Est-ce que vous n'êtes pas aujourd'hui, je le disais en introduction, l'arbitre des élégances, justement, celui qui peut faire ou défaire une majorité ? Est-ce que vous n'avez pas conscience de ça ?
– Ce qui est vrai, nous l'avons toujours dit au soir du second tour des législatives, c'est que le Rassemblement National, avec ses 11 millions d'électeurs, avec ses 143 députés, avec nos alliés, est incontournable. – Incontournable. Alors on a voulu nous mettre de côté, on a voulu nous enterrer un peu trop tôt, comme d'habitude, mais bon, ça fait 150 fois. Le résultat, c'est que nous sommes incontournables, d'une part, pour déposer une motion de censure, pour soutenir un gouvernement ou pas, pour faire passer des textes. Rien ne peut se faire sans le Rassemblement National. Il faut que le prochain gouvernement et Emmanuel Macron en tiennent compte.
– Avec François Bayrou à sa tête, Jean-Louis Borloo, ça, ce serait RN compatible ?
– Ce qui serait RN compatible, c'est surtout ce qui serait franco-compatible avec le peuple français, avec ses aspirations et ses attentes. Je vous le dis, ces lignes rouges et ses positions et ses propositions, elles sont indispensables pour que nous ne censurions pas automatiquement un gouvernement qui irait dans un sens contraire de celui des intérêts des Français.
– Les insoumis ont déposé une procédure de destitution visant Emmanuel Macron. Est-ce que vous allez la soutenir ?
– Quelle hypocrisie quand même des insoumis. Les insoumis qui ont appelé à voter deux fois pour Emmanuel Macron, en 2017 et en 2022, qui ont fait une grande alliance avec Emmanuel Macron dans des législatives, qui se sont désistés pour des candidats macronistes, qui étaient bien heureux d'être dans la même coalition que le parti macroniste et aujourd'hui qui nous fait un petit numéro de claquette pour dire « Regardez, on va appellerer un président ».
– Mais est-ce que vous allez la voter ? Ça va arriver au bureau de l'Assemblée ? Après ça ira peut-être dans l'hémicycle ? Vous votez pour ou contre cette destitution ?
– Nous ne sommes pas dans le cirque. Emmanuel Macron, et nous souhaitons destituer sa politique dans les urnes, nous souhaitons une rupture, nous souhaitons l'alternance politique et démocratique que nous incarnons.
– Mais vous ne voterez pas cette motion de destitution, clairement.
– Mais nous ne sommes pas, encore une fois, dans les illusions, nous ne sommes pas aussi, excusez-moi l'expression, mais dans le foutage de gueule des insoumis, qui après avoir voté Emmanuel Macron, cherchent à le destituer. Nous, nous sommes cohérents, nous sommes des opposants, des opposants de A jusqu'à Z. Nous ne fluctuons pas en fonction des événements et en fonction de nos avantages.
– Donc pas de motion de destitution, mais en revanche, un appel à la démission du président ?
– En tout cas, la démission du président fait partie des outils constitutionnels qui permettrait de débloquer une crise. Là, aujourd'hui, la situation politique, elle est bloquée pour un an, avec cette Assemblée nationale inédite. On voit bien que le président de la République est un élément bloquant. Après, encore une fois, c'est sa responsabilité devant les Français.
– Merci beaucoup, Julien Audoul. – Merci à vous.
– Merci beaucoup, Alix-Alic-Doudaguet, votre invité, Julien Audou, d'avoir été avec nous dans laatoitie.
– Sous-titrage ST' 501 – Sous-titrage Société Radio-Canada
Julien Odoul